dimanche 12 octobre 2008

"Des roses et des orties"

Je me plaignais récemment de n'avoir pas eu la main heureuse avec mes derniers achats de CD. Pas découragée, j'ai hier fait l'emplette à la Fnac du dernier Cabrel dont Olive m'avait dit le plus grand bien. Même si je n'ai pas accroché sur ses deux albums précédents, j'ai une immense affection pour cet artiste discret et profondément humain, qui ne fait jamais la une des journaux à scandale mais s'engage dans son coin pour les choses qui lui importent et mène une vie en accord avec ses valeurs - c'est si rare de nos jours! A la sortie de "Des roses et des orties", j'avais vu son passage au Grand Journal de Michel Denisot où il avait dévoilé "La robe et l'échelle", le premier extrait de ce nouvel album. Je l'avais trouvé délicieusement sensuel et nostalgique - malgré son côté petite balade toute simple, un morceau très abouti au niveau du texte comme de la musique.

Et bien, le reste de l'album est encore meilleur, bourré d'émotion, de sagesse et de révolte intelligente. Cabrel n'est pas un donneur de leçons; il n'essaie pas d'imposer une quelconque vérité, mais il pose les bonnes questions. La seule chose qu'il prêche, c'est la fraternité - sans moralisation aucune - comme une nécessité évidente, une évidence nécessaire. Pas de rimes faciles, de verbiage enflammé ou de formules choc chez lui: seulement des mots justes pour peindre des situations poignantes avec toute la délicatesse et la poésie qui le caractérisent. Dans "Des roses et des orties", il y a aussi de l'humour, de la tendresse, une formidable lucidité et beaucoup de douceur de vivre. Un grand album, peut-être le meilleur de Cabrel à ce jour malgré la place particulière que "Samedi soir sur la Terre" occupera toujours dans mon coeur.

samedi 11 octobre 2008

Sale semaine pour Soeur Cadette

Je pensais avoir passé une mauvaise journée hier. Et puis ce matin, Soeur Cadette m'appelle et m'annonce que David et elle ont été cambriolés dans la nuit de mardi à mercredi pendant qu'ils dormaient du sommeil du juste. A leur réveil, ils ont eu la (mauvaise) surprise de s'apercevoir que quelqu'un avait fracturé une porte-fenêtre et volé l'ordinateur portable de David, la Wii avec tous ses accessoires, le sac de Soeur Cadette, la superbe sacoche flambant neuve qu'elle venait d'offrir à David et... leur voiture principale, un genre de paquebot noir monté sur roues dont j'ai oublié la marque.

Bien entendu, ça tombe au plus mauvais moment possible: David vient de reprendre ses études, et Soeur Cadette ne saura pas avant plusieurs mois si on lui accorde la promotion qui lui permettrait d'avoir une voiture de fonction. Bien entendu, même avec les factures, l'assurance ne leur remboursera pas la valeur intégrale des biens dérobés. Bien entendu, régler la paperasserie entraînée par ce cambriolage va leur compliquer la vie et leur bouffer un temps qu'ils n'ont absolument pas. Mais ce qui me rend livide, c'est qu'ils étaient là quand ça s'est passé. Heureusement qu'ils ont tous le sommeil lourd! Je ne veux même pas imaginer qu'il ait pu arriver quelque chose à l'un d'eux.

Soeur Cadette est d'un fatalisme admirable; elle se dit que c'est passé, qu'ils sont tous vivants, et que si ça doit se reproduire, ben ça se reproduira. A sa place, je serais hystérique. Je pesterais un maximum à propos des soucis matériels occasionnés, mais surtout, je me sentirais violée, même plus en sécurité chez moi. Je ne supporte pas de ne pas contrôler mon environnement à 100%, de réaliser que des événements désagréables peuvent se produire sans que je les ai vus venir et sans que j'aie réussi à les empêcher. L'impuissance, l'incertitude, la vulnérabilité me sont des états intolérables. C'est pour ça que, entre autres choses, je me refuse à habiter en maison ou en appartement au rez-de-chaussée: par peur des effractions (et un peu des inondations). Et que je me réjouis que la porte de notre nouvel appartement bruxellois soit blindée.

vendredi 10 octobre 2008

La malédiction électrique


Je n'avais déjà plus de lumière dans mon bureau pour cause de douille plafonnière déficiente. Ce matin, alors que je branchais mon ordinateur portable pour me mettre à travailler, une grosse gerbe d'étincelles est sortie de la prise - bientôt suivie d'une chouette odeur de cramé. J'ai essayé d'allumer la lampe branchée sur la même multiprise: nada. Et je ne peux pas changer le bloc multiprises parce qu'il est branché derrière ma jolie bibliothèque sur mesure, celle qui pèse deux tonnes et qui est montée de façon que seul son concepteur peut la démonter sans tout casser. Donc, j'ai dû fouiller frénétiquement les tiroirs en quête d'un autre bloc que j'ai branché dans le coin opposé de la pièce; j'ai maintenant des fils électriques noirs en travers du carrelage blanc, c'est du plus bel effet. Et comme celui de la minuscule lampe de bureau que j'utilisais pour bosser le soir n'est pas assez long, je devrai me réfugier dans le salon à partir de la tombée de la nuit. J'ai l'impression que des esprits malins essaient de me chasser de chez moi, ou au minimum de m'empêcher de bosser :(

Edit 10h20: Il y a cinq minutes, mon portable affiche l'avertissement "batterie faible". Et s'éteint dans la foulée. Je suis catastrophée. La surcharge électrique a dû griller mon bloc alimentation. Et il n'est pas du tout dit que la Fnac de Monpatelin en ait un en stock. Que faire, que faire? Si je ne peux ni bosser ni me connecter à internet ni utiliser mon ordi pour quoi que ce soit d'autre, autant rentrer à Bruxelles par le premier train.
A tout hasard, je tente quand même de brancher mon portable dans le salon et de le rallumer. Ca fonctionne. J'en déduis (mais qu'est-ce que j'y connais, hein?) que c'est le plomb de mon bureau qui a dû sauter. J'ouvre le tableau électrique. Quelques-uns des plombs sont étiquetés "cuisine" ou "couloir", mais évidemment, il n'y a pas de mention "chambre RDC". De toute façon, je n'ai pas de plombs de rechange, et même si j'en avais, je ne suis pas trop certaine de la procédure à suivre. Il doit falloir couper le courant, mais du diable si je sais comment. Bref, j'ai appelé Etre Exquis et laissé un appel au secours sur sa messagerie. J'espère qu'il ne tardera pas trop à me recontacter.

Edit 11h10: Etre Exquis m'a rappelée. Et vivement conseillé de faire venir un électricien, vu que l'une des prises problématiques se trouve cachée derrière un meuble et risque de mettre le feu en cas de pépin. Par chance, il a pu m'en recommander un avec lequel il bosse souvent. Au vu des circonstances, le type a accepté de passer dans l'après-midi, et j'imagine qu'il me fera payer un prix correct. Néanmoins, c'est une dépense que je n'attendais pas, à un moment où je n'en avais vraiment pas besoin.
Cerise sur le gâteau, je reçois à l'instant un mail de Chouchou m'informant que pour des raisons trop longues à expliquer ici, mais imputables partiellement à Belgacom, partiellement à Voo et partiellement à son ex (!), l'obtention de notre connection internet va nous coûter quelque chose comme 350 euros de frais fixes de base, plus un abonnement mensuel à une ligne fixe dont nous n'avons pas besoin. N'en jetez plus, la cour est pleine (et les comptes sont vides).

Edit 16h45: Bon, l'électricien vient de partir avec un chèque de 35 euros seulement et ma gratitude éternelle. Apparemment, l'orage d'avant-hier a produit une surcharge au niveau de mon bloc multiprise, d'où le flash de ce matin qui a fait fondre un truc à l'intérieur. Le bloc a été nettoyé et fonctionne de nouveau. Quant à ma douille de plafond, elle n'a jamais été cassée: mon ampoule à économie d'énergie a bel et bien grillé, comme je l'avais supposé de prime abord, et l'ampoule ordinaire par laquelle j'ai tenté de la remplacer était déjà morte - d'où ma conclusion erronée. J'en suis quitte pour racheter un fusible (celui du bureau a sauté, et l'électricien n'en avait pas de ce modèle dans sa camionnette) et une nouvelle ampoule à culot à vis. L'un dans l'autre, je m'en tire plutôt bien.
De son côté, Chouchou est parvenu à raisonner son ex et à faire valoir ses droits auprès des différents fournisseurs concernés. Le coût de l'opération va donc rester raisonnable; pour le délai, en revanche, nous n'avons aucune garantie. Je touche du bois.

jeudi 9 octobre 2008

J'adooore!

Le mois dernier, les VIP (mes potes avec qui j'ai fait trois road trips aux USA en 2005, 2006 et 2007) sont repartis, sans moi, se faire un circuit "côte ouest", depuis Los Angeles jusqu'à Vancouver en passant par Seattle. Sur le chemin du retour, ils sont retournés à un endroit que nous avions visité ensemble il y a deux ans. Et aujourd'hui, je reçois ce mail d'Autre Moi avec photo jointe:

Bonjour Autre Moi,

Je t'ai trouvé un truc sympa, durant les vacances, pour ton nouvel appart !!! Une piscine !!!!J'espère qu'elle vous plaira. Bisous,

Moi

(Il faut bien regarder le nom sur le petit panneau au premier plan.)

mercredi 8 octobre 2008

Il pleut sur Monpatelin

Je me suis réjouie trop vite hier. Ce matin, un coup de sonnette m'a tirée de mon sommeil. J'ai ouvert un oeil vitreux en me demandant pourquoi mon foutu facteur passait à 6h du matin. Sauf qu'en fait il était 9h20, mais avec un ciel uniformément gris pâle qui déversait des trombes d'eau sur mon cher patelin. J'ai espéré que ça s'arrangerait dans la journée, d'autant que je devais retourner à la Poste avant 15h. Que nenni. Au contraire, ça n'a fait qu'empirer. En tout début d'après-midi, le courant a même sauté dans mon immeuble. Et ça fait une bonne heure que je sursaute à chaque gros éclair qui déchire les nuages.
Je n'avais pas spécialement l'intention de faire une grande promenade ou de me mettre à bronzer sur mon balcon une fois mon travail terminé, mais quand même... Je me retrouve un poil à court d'activités pour la fin de journée. Je n'ose pas m'exposer au déluge assez longtemps pour me traîner jusqu'à l'arrêt du bus qui me conduirait au centre commercial voisin. La lumière naturelle est trop faible pour que je poursuive l'archivage photo de mes vieux albums de scrap, ou que je shoote mes Blythe avec leurs nouvelles tenues.
Oh, et je n'ai plus de lumière électrique dans mon bureau. J'ai d'abord cru que mon ampoule à économie d'énergie avait grillé, et je pestais solidement vu qu'elle était censée tenir dix ans. Mais en la remplaçant par une ampoule ordinaire, je n'ai obtenu qu'un clignotement faiblard avant extinction. Le problème doit venir de la douille, et ce n'est pas comme si j'en avais une de rechange à la maison - ou comme si je savais la changer sans m'électrocuter. Règne donc en ce moment dans mon bureau une atmosphère moyennageuse à souhait. Je crois qu'il ne me reste plus qu'à me réfugier sur mon divan avec un chocolat chaud, quelques madeleines longues achetées à prix d'or au Huit à Huit et le dernier livre d'Ali Edwards reçu ce matin.

"Croisière Cosmos" et "Odi's blog 1.0"

Tous les mois quand je suis à Monpatelin, je m'offre une petite virée à la Fnac du coin. Je flâne dans les rayons en balayant du regard les nouveautés empilées sur les tables. Parfois, la couverture de l'un d'eux attire mon attention. Je m'en saisis et le feuillette pour voir si ma première impression se confirme ou pas. Malgré ça, il m'arrive d'avoir des déconvenues, des livres que j'abandonne au bout de quelques dizaines de pages. Mais la pioche du mois dernier a été majoritairement bonne. Si "Chroniques Wallonnes" n'a pas tenu ses promesses, la "Croisière Cosmos" d'Olivier Texier m'a fait passer un excellent moment. Cette histoire d'extra-terrestres capturés par un vaisseau humain qui se retrouvent brusquement seuls à bord manie avec bonheur l'humour déjanté, à la frontière entre l'absurde et la satyre. Je recommande.

Autre découverte du mois de septembre: "Odi's blog 1.0". Ne vous fiez ni au titre geekesque, ni à l'illustration de couverture peu accrocheuse: cette bédé sans paroles est un petit bijou de poésie fantasque. Chaque situation de la vie quotidienne est métamorphosée par l'imagination galopante de l'héroïne. Elle surfe sur sa planche à repasser, se propulse depuis son rocking chair sur un trapèze, skie sur sa glace à la vanille, débusque les gnomes planqués dans les cageots de pommes de terre, torée des escargots géants et grimpe jusqu'aux portes du Paradis en empruntant les escalators d'un grand magasin. Ce bouquin est une gourmandise savoureuse, à déguster très lentement pour la faire durer le plus longtemps possible.

mardi 7 octobre 2008

Recette pour retrouver sa joie de vivre

Prendre l'avion à Bruxelles vêtue d'un T-shirt, d'un gros pull et d'un blouson en cuir doublé, avec aux pieds des chaussettes épaisses dans des boots de moto.
Quelques minutes avant l'atterrissage, entendre le pilote annoncer: "We wil soon be landing in Monpatelin, where the temperature outside is 25°".
Se dépêcher d'ôter le pull à titre préventif et le fourrer dans son sac.
Dès la sortie de l'aéroport, regretter d'avoir emporté un stupide bonnet et pas de lunettes de soleil.
A peine arrivée chez soi, ressortir les orteils (blafards et non-vernis, bouh!) à l'air dans une paire de tongs.
Savourer la balade jusqu'à la Poste et l'accent chantant des guichetières.
Profiter de ce que le Huit à Huit de la place de l'église est ouvert pour acheter des Perles de Lait, des madeleines longues et du Coca Light. Dire "Merci" avec un grand sourire à la caissière qui s'extasie sur le joli caddie à roulettes en toile de jute. Préciser tout de même que la peinture coule en cas de grosse pluie.
Sur le chemin du retour, s'arrêter chez le primeur pour prendre "deux belles tomates bien mûres - des grosses. Vous me mettrez aussi un concombre, un pamplemousse rose et... oh, une patate douce, je n'en ai pas mangé depuis si longtemps!". Dire "Merci" avec un sourire amusé à la marchande qui s'extasie sur le joli caddie à roulettes en toile de jute. Préciser, etc.
Songer que la conversation des petits commerçants et la qualité de leurs produits valent bien la différence de prix avec, mettons, un supermarché Colruyt.
Rentrer chez soi d'un pas léger, léger.

lundi 6 octobre 2008

Jamais plus jamais


Ce soir, j'ai subi mon deuxième grand traumatisme de la journée. Non, ça n'a pas été d'apprendre (tout à fait incidemment) que l'éditrice de Maudite Série avait encore changé, ni de découvrir que la précédente ne m'avait pas réglé ma dernière facture avant son départ et que par conséquent je risquais de me retrouver bientôt à découvert de la bagatelle de 7000 euros, le mois même où je dois régler en une fois l'intégralité de mes impôts sur le revenu de l'an dernier. Non, ça n'a pas été non plus de recevoir de la part de l'Homme un mail dénué d'intelligence autant que d'humour - sept ans de vie commune m'ont donné amplement le temps de m'habituer à ces minuscules défauts. Non, je ne suis pas encore sous le choc des piètres performances que je viens de faire durant ma première séance de Wii Fit depuis deux ou trois semaines. Simplement, Chouchou m'a emmenée faire les courses chez Colruyt.

Il m'avait pourtant prévenue que le magasin de la rue Gray était minimaliste et déprimant. Minimaliste? En ce qui concerne le choix des produits et le soin accordé à leur présentation, sûrement. Pour ce qui est de la quantité de clients plantés immobiles au milieu des allées, du volume sonore auquel ils s'expriment et de la verdeur du langage qu'ils emploient, je dirais plutôt qu'on verse dans le généreux, limite foisonnant. Déprimant? Le mot est un peu faible. Au fil des rayons, Chouchou m'a vue me décomposer lentement. Un summum a été atteint en bout de parcours avec les bacs à surgelés dont il faut soulever le couvercle pour voir le contenu: des sacs de crasses panées sans marque vendues au kilo. A ce stade, je n'étais même plus en état de m'émouvoir de l'étrangeté des caisses où un employé debout transvase le contenu de votre chariot dans un autre chariot vide avant de vous envoyer charger vos sacs recyclables sur le parking du magasin.

"Tu reviendras avec moi chez Colruyt, un jour?" m'a demandé Chouchou, penaud, sur le trajet du retour. Et c'est avec la plus parfaite sincérité que j'ai répondu d'une voix blanche: "Même pas si Dieu me prête vie jusqu'à 127 ans".

Un réveil tout en douceur

A 7h47, un hululement strident m'arrache en sursaut aux bras de Morphée, où je récupérais béatement des efforts de la semaine passée. Hein, quoi? C'est la fin du monde? Hagarde et le coeur battant la chamade, je me lève en cherchant de mes yeux embrumés par le sommeil la source du bruit coupable. Ce n'est pas le réveil de Chouchou, et pas non plus mon GSM réglé pour sonner à 8h. En fait, ça semble provenir de la salle à manger. Etrange.

Je tourne un moment tel un poisson dans son bocal avant de réaliser que le son qui me déchire les tympans provient d'au-dessus la porte d'entrée. Plus exactement, du détecteur de fumée dont j'avais tant apprécié la découverte lors de l'état des lieux - moi qui redoute les incendies comme la peste. J'attrape l'escabeau demeuré non loin; je grimpe dessus en vacillant et me hâte de presser sur l'unique bouton visible. Le hululement se tait. Par acquit de conscience, je jette un coup d'oeil par la fenêtre et un autre dans le couloir pour m'assurer qu'il n'y a pas de fumée ou autre trace de carbonisage imminent. Que dalle. Je retourne me coucher en pestant.

A 8h, mon GSM sonne. Je l'éteins.

A 8h07, le hululement infernal reprend. Je me relève. Je regrimpe sur l'échelle. Je repousse sur le bouton. Je re-vérifie qu'il n'y a toujours pas d'incendie dans l'immeuble. Et je retourne me coucher en pensant à ce vieil épisode de "Friends" où Phoebe avait des problèmes semblables avec le détecteur de fumée de son appartement. Elle finissait par le réduire en miettes à coups de marteau, et il continuait quand même à sonner.

A 8h27, re-belote. Cette fois, je suis prête à recourir à la solution Bouffay en cas de nécessité. Par chance, avant que je me souvienne que j'ai rangé les outils sous l'évier de la cuisine, je parviens à localiser le compartiment piles. Je le retire et me demande s'il est bien la peine que je retourne me coucher. Bon allez, juste cinq minutes.

A 10h48, je rouvre un oeil. Ah. Elles se sont un chouïa prolongées, les cinq minutes. Mais au moins, le détecteur de fumée s'est tu.

dimanche 5 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 12

Le grand jour est arrivé. Nous avons appris en milieu de semaine seulement (!!!) que Chouchou bosserait ce samedi, où nous avions prévu de faire le gros de notre déménagement - c'est-à-dire les meubles. Nous avons de la chance dans notre malheur: il fait 6h-14h, ce qui lui permet quand même de rameuter ses potes pour l'après-midi. J'ai porté beaucoup, beaucoup de cartons sans me plaindre, mais pour déplacer une machine à laver de 90 kilos, je ne suis pas de taille. C'est un travail d'homme. Ou au minimum, de femme avec moins de 25% de masse graisseuse et des bras de plus de 12 centimètres de long.

N'allez pas croire pour autant que j'ai décidé de jouer les tire-au-flanc en ce début de week-end. A 8h, je suis debout pour préparer les derniers cartons. A 10h, je retrouve la propriétaire au bas de notre nouvel immeuble pour la remise de la clé de la cave, que l'ex-locataire lui a seulement restituée hier. A 10h30, je retrousse mes manches et attaque le montage des grandes Besta.

Très vite, je me heurte à un problème que tous les heureux propriétaires de bibliothèques Ikea visualiseront aisément. Après avoir assemblé, en position couchée, le bas du meuble, les deux côtés et la séparation du milieu, je dois glisser dans les rainures prévues à cet effet le mince contreplaqué censé servir de fond. Problème: pour ne pas tenir de place dans le carton, ce contreplaqué est articulé au milieu. Donc, au lieu de se tenir bien raide une fois à l'horizontale, il plie légèrement - ce qui fait qu'il est impossible de le pousser tel quel dans la rainure du bas du meuble. Pour pouvoir l'insérer correctement, il faudrait le tenir par en-dessous et le guider/tirer à l'extrémité inférieure tout en continuant à le pousser à l'extrémité supérieure. Piece of cake dans le cas d'une petite Besta, comme je le découvrirai un peu plus tard. Dans le cas d'une grande, qui fait 1m90 de haut (contre à peine 1m54 pour moi, je le rappelle), c'est juste impossible.

En désespoir de cause, je tente une manoeuvre hyper périlleuse pour l'intégrité physique du meuble - et, accessoirement, pour la mienne: relever ce qui, pour le moment, est une planche de 1m20 de large à laquelles sont fixées, par une seule extrémité, trois planches de 1m90 de haut. Saint-Ikea doit être avec moi aujourd'hui, car j'y parviens sans autre dommage qu'une mémorable suée. En position verticale, j'arrive enfin à faire rentrer mon contreplaqué dans la foutue rainure. Et, pas bête, j'assemble le haut du meuble perchée sur un escabeau au lieu de le coucher à nouveau.

Tout de même, je n'ose compter sur la vigilance de Saint-Ikea, qui doit avoir bien d'autres ouailles à surveiller en ce week-end pluvieux de début d'automne. Pour le montage de la deuxième grande Besta, j'essaie une autre tactique. J'assemble le bas, les côtés et la partition rainure vers le haut plutôt que vers le bas, comme indiqué par la notice (voir photo). Puis je glisse le contreplaqué presque jusqu'au bout, et pour pouvoir le guider sur le dernier centimètre crucial, je rampe à l'intérieur de la bibliothèque retournée. Sur les coudes, à la Rambo. Une fois en place, je me retourne prudemment sur le dos. Du bout des doigts, je tente de tirer le contreplaqué tandis qu'avec mes orteils fléchis, je le pousse à l'autre extrémité. La manoeuvre est parfaitement ridicule, et parfaitement couronnée de succès.

Après ça, tout me paraît risiblement simple. Je vide mes cartons d'affaires de scrap et nos caisses de bouquins, de DVD et de CD dans les Besta fraîchement montées. Je range quelques trucs dans la cuisine et la salle de bain. Le meuble télé est encore en kit dans ses cartons auxquels je n'ai pas touché, mais il est 14h20 et je n'ai pas déjeuné ce matin faute de vaisselle restante rue M***. Je frôle l'hypoglycémie.

Aux grands maux les grands remèdes: je vais étrenner le Mamma Roma local. C'est un endroit merveilleux, beaucoup plus grand que celui de la place Flagey, avec des tables bien moins serrées et un immense comptoir abritant un choix de pizzas assez considérable. En plus, il y a de la patate à l'huile de truffe, ma préférée. Résultat: je me goinfre. Mais hey, je l'ai bien mérité.

De retour à l'appartement, je suis en train de fignoler mon rangement quand un concert de "youyouyouyouyou" s'élève à l'extérieur. Je regarde par la fenêtre. Oh oh. Apparemment, il y a un mariage... euh, juif, je dirais, un peu plus bas dans l'avenue. Et les voitures des invités sont garées en double file des deux côtés, bouchant le passage. Quelques conducteurs mécontents klaxonnent et font gronder leur moteur, mais en vain. Je ne vois vraiment pas comment Chouchou va réussir à se garer à moins de 200 mètres de la maison. Et 200 mètres avec une machine à laver de 90 kilos à bout de bras, c'est au moins 195 de trop.

Finalement, l'embouteillage se dissipe cinq ou dix minutes avant le débarquement de Chouchou, d'eBry, de Mr. Ping et de Joli Dragon qui ont gentiment accepté de nous filer un coup de main pour le transport des encombrants. Je les regarde monter nos tatami, nos futons et notre grande table avec une immense satisfaction. Pour ma part, j'ai les jambes si douloureuses que c'est tout juste si je les soulage d'un carton d'oreillers. La machine à laver descend dans la cave/buanderie. Et voilà, notre déménagement est quasi terminé!

Après le départ de nos aides, la soirée se passe au ralenti. Nous sommes épuisés mais très heureux de l'allure prise par notre nouveau logis. La toile cirée "alphabet" commandée à prix d'or chez Cath Kidston donne la touche multicolore nécessaire pour réveiller la pièce et lier visuellement nos autres éléments de déco. Je suis ravie de sortir enfin des cartons tout un tas de brols accumulés au cours des derniers mois en vue de ce moment: par exemple, l'oiseau en bois et le petit vase design rapportés de Copenhague. Nous dînons frugalement sur un coin de table - deux tranches de jambon, un peu de stoemp aux épinards. A 22h15, nous sommes couchés dans notre nouvelle parure de lit Hulda Rund orange et blanche. Bien que crevée, je mets énormément de temps à m'endormir. Je suis trop excitée. Notre premier vrai "chez nous", enfin!

samedi 4 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (2ème partie)

17h00: Dans le parking d'Ikea. Si nous avançons le siège passager au maximum, les grandes Besta rentrent pilent poil à l'arrière de notre mini-van. Vive Cambio, et vive Chouchou qui m'avait affirmé sans trembler "qu'il avait l'oeil et que ça devrait passer". A quoi ça tient, tout de même, d'éviter une engueulade: trois pauvres centimètres... en moins.
17h15: A force de pousser par derrière et de tirer sur les côtés, nous avons chargé tous nos achats. Il ne reste plus qu'à rentrer dans le centre de Bruxelles en pleine heure de pointe un jour de pluie.
17h50: Un bête camion de livraison est garé devant notre nouvel immeuble. Je lui envoie des ondes si furibardes qu'il dégage dans la minute.
17h55: Nous soulevons le premier colis (sur deux) de la première grande Besta (sur deux). Oh la vache. Mais elles pèsent combien de tonnes, ces étagères?
18h00: Nous arrivons péniblement au palier du premier étage (sur deux). Pour manoeuvrer le colis de deux mètres de long, nous devons le verticaliser et le traîner ainsi jusqu'à la volée de marches suivante.
18h04: J'ai la position haute - Chouchou m'ayant affirmé que le poids était plus important en bas, ce qui semble logique - et je sens mes bras s'allonger de seconde en seconde. D'ici la fin du déménagement, je suis le sosie de Cheetah.
18h08: Crever d'une crise cardiaque à 37 ans, ce serait vraiment moche.
18h12: Pour le transport du colis suivant, je réclame à tenter la position basse. N'en déplaise à Chouchou et à la loi de la gravité, c'est en fait bien plus léger à ce bout-là. Je fanfaronne: "Ah! Comme ça, je peux t'en porter des dizaines, de grandes Besta!"
18h15: ...Ou pas.
18h30: Les étagères sont en haut. Restent les deux colis du meuble télé.
18h35: Quand je pense qu'on n'a même pas la télé-distribution... Il nous sert à quoi, notre poste, au juste? Ah, oui: à faire de la Wii Fit pour être en forme, musclés et pas essoufflés au bout de trois minutes en cas d'effort physique soutenu. Ca vaut vraiment le coup de se trimballer un meuble à peine plus léger qu'un bébé éléphant.
18h50: Et moi qui pensais qu'on aurait le temps de monter les étagères ensemble avant de rendre le mini-van. Ah ah ah. Nous devons le rendre à 20h, et il faut encore faire un aller-retour à notre ancien domicile pour déménager les chats.
19h20: J'enferme Scarlett et Copernique complètement paniquées dans la salle de bains de notre nouvel appartement avec toutes leurs petites affaires. Je suis désolée de les abandonner là pour la nuit, mais demain en notre absence l'agent immobilier va encore faire visiter le taudis (maintenant qu'on s'en va, n'ayons plus peur des mots) de la rue M*** à un troupeau de malotrus, et je ne veux pas prendre le risque que quelqu'un leur marche dessus ou qu'elles profitent de la porte perpétuellement entrouverte pour se sauver.
19h25: "Tu n'as pas le temps de faire un détour par la rue M*** pour me déposer avant d'aller rendre le mini-van, dis-je à Chouchou. Tant pis, on va direct à la station Cambio de Thieffry et pour une fois, je rentrerai avec toi en métro."
19h47: Nous sommes garés à Thieffry. Dès que Chouchou a fini de remplir les documents du véhicule, je sors dans la nuit et le froid (moins de 8 degrés, quand même...). Comme il tarde à m'imiter malgré sa portière ouverte, je m'impatiente. "Tu fais quoi?" "Euh... Je cherche ma carte Cambio.
19h49: "Alors, cette carte?" "Euuuuh... Je crois que je l'ai oubliée rue M***."
19h50: Un coup de fil au standard Cambio nous confirme nos craintes: sans carte, pas moyen de verrouiller le véhicule que l'on rend. Nous devons repasser par notre soon-to-be-ex domicile. Bon. Ben l'avantage, c'est qu'au final, je n'aurai pas eu à me taper les transports en commun et les intempéries.
20h10: Nous arrivons au rond-point en bas de la rue M***. Dans mon immense mansuétude, je propose à Chouchou: "Tu n'as qu'à me laisser là, ça t'évitera de devoir faire demi-tour plus haut". Dont acte.
20h11: Je suis à mi-chemin de la porte d'entrée de cet affreux, affreux, affreux immeuble quand une pensée me frappe. Je redescends la rue en courant et en agitant les bras. "Chouchou! La carte!".
20h12: Trop tard. Chouchou s'éloigne sans un regard pour moi dans son rétro.
20h13: "Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Chouchou. Je ne suis pas joignable pour le moment, bla bla bla."
...Au final, en entendant la sonnerie de son GSM, Chouchou a percuté et immédiatement rebroussé chemin.
Moralité: déménager, c'est crevant pour les muscles ET pour les neurones.

vendredi 3 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (1ère partie)

14h30: Chouchou passe me prendre à la maison avec le mini-van Cambio loué près de son travail. Direction l'Ikea d'Anderlecht pour acheter nos nouvelles étagères, woohoo! Malgré toute la fatigue des derniers jours, je suis d'une humeur de rêve.
14h40: C'est quoi ce gargouillis dans mon estomac? Ah oui. Avec tout ce que j'ai eu à faire ce matin en plus de mon boulot, j'ai oublié de manger.
14h45: J'ai mal au coeur. Pourtant Chouchou conduit souple, mais en ville il y a toujours trop d'à-coups pour moi.
15h: Nous entrons sur le Ring.
15h10: Nous ressortons du Ring: Chouchou l'a pris dans le mauvais sens.
15h15: Je suis blême et je me concentre pour ne pas vomir.
15h30: Nous nous garons enfin dans le parking souterrain d'Ikea. Je suis d'une humeur de dogue.
15h40: Sur le chemin de la cafète, nous croisons deux employées que nous interrogeons au sujet des financements en plusieurs fois. Comme pour le système bancaire, c'est dix fois plus compliqué ici qu'en France. Bon, ben je vais payer comptant; ça simplifiera le problème.
15h41: J'ai envie de bouffer quelqu'un.
15h45: A défaut de quelqu'un, je vais prendre une dizaine de boulettes suédoises. Je n'en ai pas mangé depuis... pfiou, bien dix ans. La dernière fois, c'était à l'Ikea de Marseille avec Etre Exquis - celui de Monpatelin n'avait même pas encore ouvert.
15h57: Je n'aime toujours pas la confiture d'airelles, mais manger me requinque un peu. Chouchou peut désormais m'adresser la parole sans risquer que je lui arrache la tête avec les dents.
16h: Nous nous lançons dans l'exploration du niveau meubles.
16h10: Nous testons les canapés. Finalement, le Karlstad nous paraît plus confortable que le Ektorp. Et il est moins cher. Et il existe des combinaisons un poil moins encombrantes que le modèle que nous visions. Bon, on va embarquer la doc et on verra plus tard.
16h15: Meuble télé repéré. Numéro de place et d'allée noté.
16h20: Au stand information, on nous indique que les étagères désirées sont toutes disponibles dans la finition et la quantité que nous désirons. La journée s'améliore.
16h25: Ca ira pour les meubles car l'heure tourne; descendons maintenant à l'étage des brols en tous genres.
16h30: Le tapis de bain que j'avais repéré sur le site internet n'est pas en stock dans la bonne couleur, et de toute façon il est trop petit. Argh.
16h32: Au rayon rangement, il n'y a pas de boîtes à archives (mais j'avais bien dit à Chouchou qu'il faudrait aller les chercher chez Schleiper; qui c'est qui avaitencore raison, mmh?).
16h34: Je ne trouve pas de drap housse deux places dans le fouillis du rayon literie. La chouette housse de couette à grosses bulles oranges sur fond blanc a en fait des bulles blanches sur fond orange en version deux places. J'aime moins, mais tant pis: je ne peux vraiment plus voir nos motis japonais en peinture. Je l'embarque.
16h40: Aux luminaires, Chouchou repère des spots identiques à ceux des anciens locataires (qui ont laissé des traces noires au plafond de notre pièce à vivre). Nous en prenons deux pour camoufler les taches.
16h45: Nous passons dans les immenses allées de rayonnages métalliques pour charger nos étagères. Les grandes Besta sont en deux colis d'1m90 de long, et la vache qu'elles sont lourdes! Ca va être coton à monter jusqu'à notre deuxième étage avec juste mes petits bras et mes biceps en Flamby à un bout.
16h50: Nous nous avançons vers les caisses. Pour une fois, il n'y a pas trop de monde. Une employée nous happe au passage et nous dirige vers une caisse self-scan. Je ne suis pas contente.
16h52: Je n'arrive pas à scanner quoi que ce soit. Apparemment, ma main tremble trop.
16h53: Une employée ne souffrant pas de la maladie de Parkinson (ou n'ayant pas les membres tétanisés par plusieurs jours de déménagement préalable) scanne mes achats pour moi. Elle oublie la petite Besta à 55€ qui se trouve tout en bas du chariot, coincée et dissimulée par ses grandes soeurs.
16h55: La caisse self-scan m'a fait gagner 55€, je suis super contente.
16h56: Nous redescendons au parking. Maintenant, la question à mille (anciens) francs: les grandes Besta vont-elles rentrer dans notre mini-van? Réponse au prochain épisode...

jeudi 2 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 10

Voilà, nous avons les clés de notre nouvel appartement depuis mardi 15h. Durant ces deux derniers jours, nous avons déménagé en mini-van Cambio une bonne cinquantaine de caisses et de cartons tous plus lourds et encombrants les uns que les autres. Moi qui, pas plus tard que la semaine dernière, me récriais sur un forum littéraire que l'e-book ne passerait jamais par moi, j'avoue que je commence à lui entrevoir des avantages insoupçonnés jusque là. C'est avec des membres tétanisés par la montée et la descente de 4 x 25 étages (estimation à la louche, vu que Chouchou et moi nous sommes partagé le travail) que je rédige ce post. Je n'ai pas touché à la Wii Fit depuis vendredi dernier, mais je pense que John l'entraîneur à coiffure variable serait d'accord avec moi pour affirmer que "cet exercice tonifie le haut des bras" et que côté step, je remplis largement mes quotas journaliers.

Et encore, nous n'avons pour l'instant transporté que nos bouquins, notre linge, nos affaires de cuisine et de toilette - mais pas l'ombre d'un meuble. Les mesures prises mardi nous ont dissuadés d'emporter notre meuble télé et nos étagères Expedit, inadaptés à l'espace mural dont nous disposerons désormais. Demain après-midi, nous aurons donc la joie, l'honneur et l'insigne avantage de nous taper une virée Ikea pour acquérir un meuble télé et des étagères Besta (ainsi qu'une parure de lit, un tapis de salle de bain, des boîtes à archive, éventuellement des luminaires et quelques babioles dont nous ne savons pas encore que nous en avons absolument besoin). Nous en profiterons pour faire un repérage au rayon lit et pour nous renseigner sur la dimension et le poids des colis qui composent notre futur canapé. A terme, nous ne devrions conserver de l'appart actuel que nos quatre chaises et la grande table qui nous sert de bureau. En attendant, il va quand même falloir déménager notre canapé - fort heureusement léger et maniable - et le maudit futon dans lequel nous dormons. Les tatami ne rentrent pas dans les mini-vans Cambio, ce qui fera un problème de plus à résoudre. On n'en est plus à ça près...

Côté positif, quand même: l'appartement a été entièrement repeint juste avant notre arrivée; nous aurons désormais un congélateur à tiroirs et un lave-vaisselle (choses qui manquaient cruellement rue M***), ainsi qu'un visiophone et une porte blindée. Fini la hantise des cambriolages! Je suis totalement amoureuse de nos quatre penderies; dans mon immense mansuétude, j'en ai même laissé deux à Chouchou pour son usage exclusif! Par contre, j'ai réquisitionné deux des trois placards de la salle de bain, mais vu le nombre des produits dont nous nous tartinons respectivement chaque jour, j'imagine que personne n'osera me contester ce droit. La cuisine est bourrée de rangements, dont une bonne partie me sera néanmoins inaccessible sans escabeau. Tant pis, nous percherons sur les étagères supérieures les choses dont nous ne nous servons jamais - genre le robot-ménager grâce auquel on pense qu'on va faire plein de trucs, et dont on se sert royalement une fois tellement il est chiant à nettoyer. Les plaques de cuisson sont en vitro-céramique: plus besoin de me battre (et de me brûler) avec l'allume-gaz chaque fois que je cuisine à la sauteuse. Par contre, le plan de travail est tout petit et je ne pourrai plus exposer ma jolie collection de boîtes Valérie Nylin et Yves Blayo, snif! Nous aurons enfin des toilettes avec une porte, même s'il faudra toujours passer par la chambre pour les atteindre. Et nous n'avons de vis-à-vis ni sur l'avant, ni sur l'arrière de l'immeuble, ce qui nous évitera de devoir mettre des rideaux. Dernier point positif, et non des moindres: la propriétaire, une Flamande énergique, compétente et bien carrée, pour qui "une parole est une parole". Apparemment, elle fait partie des fournisseurs de la cour royale belge, ce qui signifie que je ne suis peut-être plus qu'à deux degrés de séparation du roi Albert II!

mercredi 1 octobre 2008

"How I met your mother" saison 3

J'avoue: si, l'an dernier, j'ai commandé en DVD la saison 1 de "How I met your mother", ce n'est pas à cause des quelques critiques élogieuses que j'en avais lues, mais parce qu'Alyson Hannigan jouait dedans et qu'elle me manquait grave depuis la fin de "Buffy".

Les tout premiers épisodes de la série m'ont déçue. Oui, le principe de base était accrocheur: en 2030, un père de famille raconte à ses enfants adolescents comment il a rencontré leur mère. Mais dès la fin de l'épisode pilote, on apprend que la fille dont il vient de tomber fou amoureux en 2005 est juste restée une très bonne amie vingt-cinq ans plus tard. A partir de là, bien entendu, toute la question est de savoir: qui Ted finira-t-il par épouser? Dieu sait qu'il cherche, le bougre. Et qu'il a le profil du petit ami idéal: drôle, romantique, attentionné et pourvu d'un job sympa. D'ailleurs, au début, il en paraît presque fallot. Surtout à côté de ses amis: Barney le tombeur, Marshall et Lily le "vieux couple" plein d'idiosyncrasies charmantes. Bref, je trouvais à tout ça un goût de "Friends with a twist". Pire, ça ne me faisait pas rire du tout. Au bout de trois épisodes, j'ai failli décrocher. Mais comme je n'avais rien d'autre à regarder à l'époque, j'ai continué. Et vers l'épisode 4 ou 5, j'ai commencé à me marrer. Un peu. Puis beaucoup.

Arrivée au bout de cette première saison, je m'étais suffisamment attachée aux personnages pour commander la seconde. Qui était meilleure. Après ça, j'ai dû attendre la suite presque un an. Deux choses m'ont aidée à patienter: le site SpoilerFix et le film "Forgetting Sarah Marshall", écrit et interprété par Jason Segel (le Marshall de la série), qui y confirme son indéniable talent de comique.

J'avais commandé la saison 3 sur Amazon. Elle ne sort que la semaine prochaine. Mais entre-temps, Poulpy nous a copié sa version téléchargée (je ne télécharge pas moi-même mais si quelqu'un a déjà commis l'infraction, autant que j'en profite ^^). Et comme nous avons grand besoin de détente en ce moment, voilà quatre soirs que nous scotchons dans notre lit devant mon ordi portable - pour une fois que je me réjouis d'avoir un écran 17"! Nous avons déjà visionné 18 épisodes, et la tendance se confirme: "How I met your mother" est sur une pente ascendante. Au lieu de s'essouffler, la série devient de plus en plus hilarante. Exemple: dans un flashback, Ted, Marshall et Lily fument des joints à la fac. Sauf qu'en guise de métaphore, ils disent qu'ils "mangent des sandwichs" - et c'est bien ce qu'on les voit faire à l'écran. Si quelqu'un survient dans leur chambre pendant qu'ils se livrent à cette activité coupable, ils écrasent précipitamment le sandwich fautif dans un cendrier. Quand ils se sentent particulièrement stoned, ils disent d'un air ravi "ouah, il était drôlement épicé ce sandwich"! (Bien entendu, raconté, c'est moins drôle.) J'ai également adoré l'épisode-gigogne où les amis de Ted tentent, en lui remémorant leurs anecdotes de relations foireuses, de lui prouver que ce serait une mauvaise idée de sortir avec son docteur. Et puis Barney est de plus en plus tête-à-claques; impossible de compter le nombre de ses répliques-cultes. Je suis vraiment navrée qu'à cause de la grève des scénaristes, cette saison 3 ne contienne que 20 épisodes au lieu de 22: ça veut dire que ce soir, c'est fini. Et qu'après, y'en a plus jusqu'à l'automne prochain.

mardi 30 septembre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 9

Cette fois c'est parti: nous avons rendez-vous aujourd'hui à 16h pour faire l'état des lieux de notre nouveau logis. Nous nous y rendrons avec une fourgonnette pleine de nos vêtements, pour pouvoir vider directement les cartons dans la penderie et repartir avec. Un deuxième voyage en début de soirée devrait nous voir apporter nos plus petites étagères et une partie de nos bouquins. Je me suis déjà fait mal au dos en descendant sept caisses de vêtements de la mezzanine; je n'ose imaginer dans quel état je serai à la fin de la semaine. C'est qu'il y a quand même deux étages (abrupts, avec des marches étroites) à descendre ici, et deux autres à monter là-bas. J'avais l'impression que nous avions assez peu d'affaires mais... quand il faut tout transbahuter d'un coup, c'est toujours trop lourd et trop encombrant. Néanmoins, si tout se passe comme prévu - c'est-à-dire selon le planning que je viens de mailer à Chouchou -, nous passerons notre première nuit dans le nouvel appartement samedi ou dimanche.

Et c'est là que les choses vont légèrement se corser. Car outre le rangement, qui prendra du temps mais constitue une activité plutôt plaisante pour moi, nous allons être confrontés à une cruelle absence de connection internet. Tout bien considéré, l'Internet Everywhere ne nous convient pas : limité à 2MB de téléchargement par mois, or rien qu'avec les photos nous en consommons entre 6 et 13, et chaque MB supplémentaire est facturé 30€, gloups! Nous allons donc attendre la visite d'un technicien pour savoir combien nous coûterait un raccordement au réseau ADSL et choisir entre ça et une ligne fixe. Dans les deux cas, le branchement ne sera pas immédiat. J'ai des sueurs froides rien que de m'imaginer plusieurs jours, que dis-je, plusieurs semaines (plusieurs mois?) sans internet à domicile. D'autant que ce n'est pas comme si je pouvais me connecter du bureau! Il va falloir trouver un endroit équipé du wifi aux alentours de la place Jourdan pour pouvoir quand même aller surfer un peu. Mais si je ne poste plus après le 14 (date à laquelle je rentrerai de Monpatelin), vous saurez pourquoi.

Edit à 12h53: Chouchou m'apprend à l'instant que suite à l'état des lieux avec le précédent locataire, la proprio du nouvel appartement souhaite faire venir une femme de ménage et des peintres! Elle dit que ça peut être fait dans la journée de demain, mais j'ai comme un doute... Pour tout arranger, nous ne connaissons toujours pas l'emploi du temps professionnel de Chouchou pour le mois d'octobre, donc nous ne sommes même pas certains qu'il sera libre dimanche pour absorber le décalage causé par cet imprévu... Cette fois c'est officiel: je suis en train de criser.

Boulgour à l'italienne



Par personne, et par ordre de dépose dans l'assiette, il faut:
- 1 cuillère à soupe de vinaire balsamique mélangée à 2 cuillères à soupe d'huile d'olive, du sel et du poivre
- 70 à 80g de boulgour sec, cuit selon les instructions sur le paquet et laissé refroider
- 2 tranches de prosciutto (ou autre jambon sec italien) coupées en petits morceaux
- 1 poignée de tomates séchées coupées en petits morceaux
- 1 poignée de copeaux de parmesan
- 10 à 12 mini-asperges vertes cuites à la vapeur et laissées refroidir.
Ce plat peut se consommer tiède ou froid, selon le goût et la patience des convives!
Bon appétit.

lundi 29 septembre 2008

"American elf" vs "Chroniques wallonnes"

Voici deux recueils de BD basés sur le même principe: produire chaque jour un strip autobiographique en noir et blanc pendant une assez longue période (l'expérience de Fifi s'étale sur un an, celle de James Kochalka se poursuit depuis maintenant plus d'une décennie). Chacun d'eux a un titre qui situe géographiquement son origine et laisse à penser que son contenu reflètera quelque chose de la culture du pays dans lequel vit l'auteur.

La ressemblance s'arrête à peu près là. Kochalka pratique un dessin très simple et non réaliste: il donne une apparence d'elfe à sa femme et à lui-même ou représente un de ses amis sous les traits d'un chien. Bien qu'il soit parfois sujet à des pannes d'inspiration, celles-ci sont assez rares et il parvient généralement à les traiter sous un angle humoristique. Il a par ailleurs une vie assez riche pour produire des anecdotes intéressantes: outre son job de dessinateur, qui l'amène à se déplacer très souvent dans des conventions à travers le monde entier, il appartient à un groupe de rock dont il est le chanteur et avec lequel il effectue des tournées, parfois jusqu'en Suède. Il semble aussi avoir une vie sociale assez riche, avec de nombreuses interactions familiales et pas mal de soirées entre potes. Ainsi, on suit cette autobiographie dessinée avec amusement et petit à petit, on s'attache à son auteur, si colérique et immature qu'il se dépeigne parfois.

Gros contraste avec la vie de Fifi le Wallon. Son recueil m'a fait de l'oeil sur une table de la FNAC à cause de son titre, de son format agréable et de son dessin plus réaliste et beaucoup plus recherché que celui de Kochalka. Mais la lecture de "Chroniques wallonnes" m'a bien déçue. Plus d'un jour sur deux, l'auteur se représente assis à sa table de travail en train de se plaindre qu'il n'a pas d'idée. Le reste du temps, on le voit déambuler en monologuant dans les rues de sa ville. S'il a une petite amie, il ne la montre jamais; s'il a des potes, il les cache bien; s'il a de l'imagination, il se garde de nous la faire partager. L'essentiel de son existence semble se passer vautré devant sa télé avec une pizza. Parfois, il rouspète parce qu'il fait mauvais, parce qu'il est malade ou parce que son ordinateur a encore planté. Et c'est tout. Beaucoup trop peu, donc, pour tenir 365 pages sans lasser le lecteur. Dommage, car je lui trouve un coup de crayon vraiment sympathique.

dimanche 28 septembre 2008

Je suis triiiiiiiste

Ce midi, pendant que nous déjeunons au Balmoral avec Ingrid (une lectrice de nos blogs qui a très gentiment proposé de nous passer des cartons pour notre déménagement), nous nous apercevons qu'elle et moi partageons une passion pour Leonard Cohen. Je lui dis ma tristesse de n'avoir pu me procurer de place pour le concert de Bruges le 12 juillet dernier. Elle me raconte que non seulement elle y était, ayant acheté ses tickets 5 minutes après la mise en vente sur internet, mais qu'elle a trouvé ça génial. "Mais il repasse bientôt à Forest National", ajoute-t-elle. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Tiendrais-je une chance de réaliser mon vieux rêve (la dernière, sûrement, car il s'agit de la tournée d'adieu de l'artiste - et encore ne l'a-t-il entreprise que parce qu'il était ruiné par son manager)?

Rentrée à la maison, je me précipite sur mon ordi. Hélas, trois fois hélas! Le concert est sold out. Les rares places en circulation, sur eBay par exemple, ne se trouvent pas à moins de 300 euros les deux (sachant que leur valeur nominale est comprise entre 40 et 80€, je me demande s'il ne serait pas possible de gagner ma vie en achetant des tas de billets pour des spectacles courus et en les revenant cinq fois plus cher que je ne les ai payés!). A un autre moment, je me serais fait plaisir même à ce tarif. Mais avec le déménagement juste avant et toutes les dépenses qu'il va entraîner... Mon rêve s'envole. Tant pis, je me contenterai de me repasser les CD de Léo en boucle.

Maigre butin

Hier après-midi, comme Chouchou travaillait (il avait vraiment la semaine la plus merdique possible niveau boulot), qu'il faisait soleil et que je craignais que ce soit une des dernières belles journées de l'année, je suis sortie me promener. Enfin, soyons honnêtes: faire les magasins pour trouver deux-trois sapes de saison à me mettre sur le dos. Et bien après avoir descendu la chaussée d'Ixelles et remonté la rue Neuve en fouillant toutes les boutiques pas trop chères du coin, je suis rentrée avec trois sacs à peine, donc un de la Fnac qui ne contenait que des bouquins et ne compte donc pas, et un autre de chez Etam lingerie. J'ai bien trouvé, chez Pimkie, un petit blouson marron qui devrait combler le vide actuel de ma penderie entre les vestes en toile d'été et les anoraks fourrés, mais pour le reste... Malgré des vitrines alléchantes, je n'ai rien vu qui me plaise, qui ne me donne pas l'air enceinte de triplés et qui cadre avec mon style de vie.

Il faut dire qu'une fois de plus, la consommatrice lambda est particulièrement gâtée cet automne. L'an dernier à la même époque, je vitupérais contre les pulls sans manches. Ma plainte a dû être entendue en haut lieu: cette année, la tendance s'est généralisée aux manteaux. Franchement, à quoi sert un manteau qui ne tient chaud que jusqu'aux coudes? C'est à peu près aussi utile que si on inventait une culotte qui ne couvre pas les fesses. Pardon, ça existe déjà - ça s'appelle un string. Je reste également perplexe devant la mode des pantalons carottes et des sarouels: ça va à qui, ces horreurs? Aux filles très bien foutues, sûrement. Mais elles seraient beaucoup plus jolies avec... je sais pas moi, à peu près n'importe quoi d'autre. Côté chaussures, les derbies reviennent en force. Ce n'est pas vilain, mais je ne me vois pas avec ça aux pieds. Et oui, lectrice, lecteur, il existe quand même des catégories de godasses que je me refuse à porter (ou à acheter juste pour le plaisir de les regarder). Personne ne me verra jamais avec des mocassins, des espadrilles, des plimsols, des Crocs ou des sandales en caoutchouc qui se ferment par scratch. Le bon sens - ainsi que mon 1,54 m et mes mollets de footballeur - voudrait que je fasse également l'impasse sur les ballerines, mais j'ai du mal.

Le butin est maigre, donc. En même temps, un bon tiers de ma garde-robe n'a encore dû voir la lumière du jour qu'entre le magasin où je l'ai achetée et la penderie où je l'ai enfermée quelques heures plus tard. Il devrait donc être possible de renouveler mon look sans faire de folie avant les soldes d'hiver. Ca tombe bien: j'ai un appart à meubler et je doute qu'Ikea accepte de me sponsoriser à titre gracieux.

Galerie Tage Andersen


Le premier jour de notre récent voyage en Europe du Nord, après une matinée de shopping assez peu typiquement danoise, c'est ici que nous avons éprouvé notre premier coup de coeur: à la boutique/galerie d'art floral Tage Andersen, chaudement recommandée par le Cartoville (un des rares city guides en français sur Copenhague). L'entrée coûte 40 DKK, soit environ 5€. Mais la visite les vaut largement tant l'endroit est enchanteur. On se croirait dans un conte de fées, un mini-Brocéliande recréé en intérieur. L'exiguité des lieux et leur disposition tarabiscotée ajoutent encore à leur charme. Un paon se promène languissamment dans une petite cour; des poissons s'ébattent dans une fontaine moussue, et on ne serait pas surpris d'apercevoir un lutin caché derrière l'une des étonnantes compositions végétales ou une fée voletant au-dessus des bouquets de fleurs exotiques. Détail agréable: aucun panneau n'interdit de prendre des photos, et personne ne surveille ce que font les visiteurs; nous ne nous somme donc pas privés pour mitrailler chaque recoin, avant de ressortir à regret. Il paraît que Tage Andersen expose partout dans le monde; je vais guetter ses prochains déplacements et s'il ne passe pas trop loin de Bruxelles, nous essaierons sûrement d'aller voir ça!
Tage Andersen, Ny Adelgade 12, du lundi au samedi, de 10h à 18h (19h vendredi, 15h samedi).