jeudi 31 juillet 2008

Food for thought


Je ne suis pas particulièrement portée sur le sucre, mais je ne sais pas résister à un dessert savoureux - surtout s'il mélange une pâte au beurre, une crème pas trop écoeurante et un bon goût de fruits. Je garde ainsi un souvenir ému du monstrueux gâteau au citron mangé à Vienne chez Demel, du strawberry shortcake du Planet Hollywood ou, plus récemment, du délicieux cheesecake au coulis de framboise servi chez Tommy's, à Toulouse.

Parmi mes plaisirs londoniens les plus crapuleux figurait également le strawberry & banana scrunch préparé par un minuscule fast-food végétarien de Neal Street. Mais n'étant pas retournée au Food for Thought depuis 2002, je n'osais espérer qu'il soit encore là dans une ville où les commerces indépendants ont, hélas, bien souvent une durée de vie limitée. Peu à peu, ils sont remplacés par l'une ou l'autre franchise, et toutes les capitales du monde finissent par se ressembler affreusement. Le matin, on prend son café chez Starbucks; on achète ses vêtements chez Gap ou H&M avant d'aller faire le plein de cholestérol au MacDo ou au KFC, et le soir, on va voir un blockbuster américain dans un mégaplex. Quand mondialisation rime avec uniformisation, je trouve ça désolant.

Cette fois, néanmoins, j'ai eu de la chance. Non seulement le Food for Thought était toujours là, mais mon fameux scrunch figurait encore au menu pourtant assez restreint! J'ai commandé, pour l'accompagner, un ragoût espagnol à base de pois chiches, d'aubergines, de tomates, de pommes de terre et de fromage de chèvre - un pur régal -, tandis que Hawk optait pour le tofu aux légumes. Pour une fois, il n'y avait pas la queue dans l'escalier et à travers la moitié de la rue; nous avons même réussi à dénicher une table pour quatre à laquelle personne d'autre n'est venu squatter avant notre départ. Après une matinée de shopping en demi-teinte, ce repas est arrivé à point pour me rasséréner. Si on m'avait dit qu'un jour, la bouffe serait ma principale source de satisfaction lors d'un séjour à Londres, je ne l'aurais pas cru; et pourtant...

mercredi 30 juillet 2008

Postcrossing

Les pays lointains vous font rêver? Vous aimez écrire et recevoir du courrier dans votre boîte aux lettres (la vraie!)? Vous pratiquez une autre langue que le français? Faites comme moi: inscrivez-vous sur le site de Postcrossing! Le principe est très simple: vous vous créez un profil, vous réclamez l'adresse d'un correspondant, vous lui envoyez une carte postale de votre choix comportant un petit message + le numéro d'identification qu'on vous a fourni, et vous attendez la carte postale qu'un autre correspondant va vous envoyer de son côté. Lorsque vous l'avez reçue, vous entrez son numéro d'identification sur le site, qui marque le lieu d'origine sur une mappemonde personnalisée, et vous pouvez recommencer depuis le début! Pour les nouveaux inscrits, il est possible d'avoir jusqu'à 5 cartes en transit simultanément (ce nombre augmente avec l'ancienneté). Je trouve cette idée absolument géniale, et ma première carte est déjà prête à partir pour... le Luxembourg. OK, on peut faire plus exotique :) La prochaine fois sans doute!

PS: Pour les non-Belges, ma carte représente une des neuf boules de l'Atomium, le plus célèbre monument national. (Non, ce n'est pas le Manneken Pis comme tout le monde semble le croire dans ma famille!)

PPS: Ceci est mon 1000ème post sur ce blog. Que de temps passé à raconter ma vie! ^^

"The Dark Knight"

J'ai bouffé des comics de super-héros pendant une bonne douzaine d'années. Jusqu'ici, leurs adaptations au cinéma m'avaient toujours déçue. Les X-Men? Le premier était vaguement regardable, sans plus. Les 4 Fantastiques? Mouah ah ah. Daredevil? J'ai failli m'endormir devant tellement je m'ennuyais. Elektra? J'en aurais pleuré de voir ce qu'ils avaient fait à ma super-héroïne préférée (OK, à égalité avec Shadowcat). La Ligue des Gentlemen Extraordinaires? J'ai passé deux heures à me demander ce que Sean Connery était venu faire dans cette galère. Quant aux précédents Batman, j'avais vu les deux avec Michael Keaton et celui avec Georges Clooney et même si, n'ayant jamais lu la série, je ne pouvais crier à la trahison, ils ne m'avaient pas franchement laissé un souvenir impérissable. Mais depuis des mois que j'entendais parler de la performance inouïe de Heath Ledger dans "The Dark Knight" et de la noirceur globale du film, ça avait fini par m'intriguer. Comme Hawk mourait d'envie de le voir, hier soir à 20h05 (ou plutôt 20h15, car nous n'avions pas vu passer le temps pendant notre dîner chez Exki), nous avons été nous mettre au frais dans la grande salle de l'UGC Toison d'Or pendant les 2h20 que dure le film.

Oui, ce 5ème opus de la série des Batman est d'une noirceur absolue. Il ne se résoud pas à sacrifier des enfants (un des grands tabous du cinéma américain), et ses scènes de violence bien que nombreuses ne sombrent jamais dans le gore - encore que la vision d'Harvey Two-Face m'ait donné des frissons de dégoût. Mais de bout en bout, il dégage une atmosphère de morne fatalité, comme si malgré tous les efforts de quelques hommes profondément bons, la ville de Gotham était condamnée à vivre sous un règne de crime et de terreur. Les tragédies s'enchaînent, de plus en plus choquantes, et bien loin de se conclure par une lueur d'espoir, le film s'achève sur une note sombrissime, donnant l'impression que ses protagonistes s'enfoncent irrémédiablement dans les ténèbres.

Les acteurs sont tous remarquables. Loin du bouffon grotesque interprété par Jack Nicholson, Heath Ledger campe un Joker halluciné, une machiavélique et effrayante incarnation de la notion de chaos. Il sera extrêmement difficile de lui succéder. Christian Bale est un homme chauve-souris tourmenté à souhait, bien plus crédible que tous ses illustres prédécesseurs. Gary Oldman prouve une fois de plus son talent en nous émouvant avec un personnage qui, confié à un autre acteur, aurait facilement pu devenir fallot. Aaron Eckhart se tire à merveille de son rôle de chevalier blanc déchu. Maggie Gyllenhall, seule femme du casting, joue les demoiselles en détresse sans mièvrerie. Morgan Freeman, délectable en Q black, hérite de la plupart des (rares) traits d'humour du scénario.

Bref, aussi incroyable que ça puisse paraître, "The Dark Knight" est un film que je recommanderais même aux non-amateurs de héros encapés pourvu qu'ils aiment les drames bien ficelés.

mardi 29 juillet 2008

"Street & Studio" à la Tate Modern Gallery

J'aime l'art moderne et notamment la photo ; aussi, quand Hawk a exprimé son envie d'aller voir cette exposition à la Tate Modern Gallery où je n'avais jamais mis les pieds, il ne lui a pas été très difficile de me convaincre de le suivre.

"Street & Studio: an urban history of photography" rassemble des oeuvres d'une multitude d'artistes: certains très connus, comme Helmut Newton, Henri Cartier-Bresson, Diane Arbus, Richard Avedon, Cecil Beaton, Cindy Sherman ou Nobuyoshi Araki; d'autres dont je n'avais jamais entendu parler. Elle vise à "explorer le portrait urbain à travers le développement parallèle de ses deux sites les plus importants: la rue et le studio", et à mettre en évidence "le dialogue continuel entre eux depuis le début du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui".

Programme ambitieux. Trop, peut-être. Personnellement, je n'y ai vu qu'une collection hétéroclite de clichés d'un intérêt variable, sans lien apparent entre eux. J'ai été frappée par le contraste entre les deux types dominants de portraits en studio: les "gueules cassées", personnages abîmés par la vie exerçant une fascination presque morbide sur le spectateur, et les aristocrates ou les stars de cinéma, mises en scène avec une débauche d'artifices. En réalité, bien que plusieurs photos aient retenu mon attention, je n'ai eu de véritable coup de coeur que pour une seule d'entre elles, oeuvre d'un certain Giorgio Sommer baptisée "Mangiatori di maccheroni" ("Les mangeurs de macaroni"):



J'aime son côté bon vivant exagéré, presque grotesque, qui tranche très fort avec le sérieux du noir et blanc.

L'exposition se conclut, dans la dernière de ses onze salles, par une projection vidéo montrant des adolescents de Liverpool qui se tortillent devant une caméra avant de sortir danser en boîte. La vacuité de leur expression, la vulgarité de leur tenue, cette gamine de treize ou quatorze ans buvant de la bière au goulot avec un air bovin sur fond de musique techno: je me suis dit que le monde avait décidément bien changé en un petit siècle, et pas seulement du point de vue des moyens techniques utilisés pour en fixer des images...

lundi 28 juillet 2008

"Stomp" au New Ambassadors

C'est une comédie musicale sans scénario, sans paroles, sans instruments, sans costumes et quasiment sans décors. Pourtant, "Stomp" enthousiasme son public depuis maintenant 17 ans.

La première fois que j'en ai entendu parler, c'était par Shawn qui mourait d'envie de le voir. "Mmmh ça consiste en quoi?" avais-je demandé. "C'est des gens qui font de la musique en tapant sur des poubelles". Autant dire que sa réponse ne m'avait pas convaincue. D'ailleurs, au final, nous avions été voir "Cats". J'en rêvais depuis des années, et au deuxième rang de l'orchestre dans une salle de Broadway, j'ai passé une de meilleures soirées de ma vie malgré la fatigue due au décalage horaire et au fait que je n'avais pas dormi la nuit précédente.

Puis j'ai oublié "Stomp" jusqu'à ce que Hawk et moi commencions à préparer notre récent week-end à Londres. De tous les spectacles à l'affiche dans le West End, celui qui le tentait le plus était "Spamalot"; celui qui me tentait le plus était "Wicked". Il a fallu faire un compromis. Le fait que "Stomp" soit toujours à l'affiche onze ans après mon séjour aux USA m'a intriguée. Et puis les critiques étaient dithyrambiques. Nous nous sommes mis d'accord: si nous trouvions des tickets pas trop chers aux kiosques de Leicester Square, nous irions voir "Stomp".

Tickets nous avons trouvés. Pour vendredi soir, à £24.50 (plus £2 pour les frais de carte de crédit) au lieu de £45 par personne. Un peu avant 20h, après avoir galéré un chouïa pour trouver le New Ambassadors, nous avons donc pris place dans une salle très petite: à vue de nez, environ 400 personnes entre le parterre et le balcon. Et le spectacle a commencé.

"Stomp", ce sont donc huit artistes - musiciens, danseurs et comédiens à divers degrés - qui font des percussions avec des objets du quotidien: balais, boîtes d'allumettes, briquets, poubelles, tuyaux en plastique, scies à dents, éviers... Ils sont habillés comme des clodos; ils ne s'expriment que par onomatopées, et c'est absolument formidable. D'abord, la performance musicale est remarquable (et pas du tout ennuyeuse ni répétitive comme je le craignais). Le public est régulièrement invité à participer, surtout dans le final, et il s'exécute avec enthousiasme. Ensuite, la mise en scène met en valeur les points forts de chacun des performers et fait admirablement ressortir leur personnalité individuelle. L'un d'eux, apparemment très en-dessous du niveau des autres, sert de bouc émissaire à ses camarades et d'élément comique tout au long du spectacle. J'ai ri à m'en faire mal au ventre, et tout le reste de la salle avec moi.

En sortant du New Ambassadors, je pensais à la surenchère de décors, de costumes et de lumières qui caractérise les comédies musicales de ces dernières années - ou, plus simplement, à la débauche d'effets spéciaux qui, dans les films d'action, sert souvent à masquer l'indigence du scénario. "Stomp" prouve qu'il est possible de faire de l'art (et du bon) avec des moyens extrêmement limités. A condition, évidemment, d'avoir un minimum de talent.

dimanche 27 juillet 2008

Hard Rock Café London vs. Rose & Crown

Une visite à Londres ne pouvait être complète sans un passage au Hard Rock Café - the original one, celui où tout a commencé en 1971 quand Eric Clapton a fait cadeau de sa guitare au propriétaire du pub dans lequel il était toujours fourré afin de réserver "sa" table à l'année. J'y étais déjà allée une fois, en février 1993, lors de mon premier séjour à Londres, avec Denis, Rémi et le reste de la bande chez qui je squattais pendant quinze jours.

Sur les photos de la soirée (bien avant l'ère du numérique), j'ai les cheveux noirs et une coupe à la Louise Brooks que je venais d'adopter après un passage chez le coiffeur de Topshop, où j'avais sacrifié en une fois l'immense chevelure qui me tombait dans les reins. Autour du cou, je porte un ruban de satin noir sur lequel est cousu une ankh en argent. Je suis en plein dans ma période goth.

Quinze ans plus tard, je reviens au Hard Rock Café originel avec des cheveux roux, un bête jean et des Converse. Ouais, on change. Mon sens de l'orientation ne s'est pas amélioré, cependant, et je ne me souviens pas du chemin - juste du fait que le resto se trouve derrière Buckingham Palace. Mais j'ai l'adresse et un plan, ça devrait suffire, non?

Ben, non. Hawk et moi passons une première fois dans Old Park Lane sans trouver de numéro supérieur au 17 alors que le HRC est censé se trouver au 150. Un aimable chauffeur de taxi nous renvoie dans la direction que nous venons d'explorer, et cette fois, en cherchant bien, nous découvrons... Ca.


Gni? OK, c'est le tout premier HRC et il n'a pas forcément le côté grandiose des établissements franchisés qui ont suivi, mais quand même! Dans mes souvenirs, il faisait face à la Tamise et il avait une vraie devanture... Au bout d'un couloir obscur, nous nous heurtons à une porte vitrée verrouillée. Pourtant, il est 13h; l'intérieur est allumé et on entend de la musique. Etrange.

Finalement, c'est un jeune couple de clients potentiels qui nous donne la solution de l'énigme: la véritable entrée se trouve dans l'avenue perpendiculaire. Et elle est bien fidèle à l'image que j'en avais gardée, à un détail près: la foule massée devant. "Une heure dix d'attente", nous annonce l'hôtesse - un gros rouquin barbu. Je suis dépitée. "Et si on veut juste boire un verre au bar?" "Dans ce cas, vous pouvez y aller".

Nous entrons. L'intérieur a été refait; je trouve le nouvel aménagement limite claustrophobique. Le resto est minuscule comparé à tous les autres HRC que j'ai visités ces quinze dernières années; c'est à peine si on peut circuler entre les tables, et les différents niveaux accentuent encore l'exiguïté des lieux. Nous ressortons aussi sec.

Je me dis: "Tant pis, je vais me consoler en faisant une razzia à la boutique". Erreur. Car devant le Rock Shop voisin, il y a, tenez-vous bien, une file d'attente d'une bonne centaine de mètres sur le trottoir. Faire la queue pour entrer dans un magasin: même pour moi, c'est un concept nouveau. Je pensais que ça n'existait que dans les pays en guerre ou récemment convertis au capitalisme.

La faim monte. La mauvaise humeur aussi. Par chance, juste à côté du HRC, il y a le Rose & Crown, un de ces pubs anglais où je déplorais n'avoir pas le temps d'aller durant ce séjour.


Nous déjeunerons donc là: bangers and mash pour moi (des saucisses un peu grillées sur de la purée maison arrosée d'une sauce à l'oignon rouge), fish and chips pour Hawk, avec une demi-pinte de cidre et de la limonade pour arroser le tout. Cadre traditionnel, personnel affable, nourriture délicieuse et roborrative: que demander de plus? Peut-être que la queue devant le Rock Shop se soit résorbée le temps que nous terminions notre déjeuner.

Hélas, mes voeux n'ont pas été exaucés. La frustration (et la main anatomique acquise par Hawk lors de notre passage à la Tate Modern Gallery) m'inspire cette photo vengeresse.


Hard Rock Café London: 0 - Rose & Crown: 1

jeudi 24 juillet 2008

Le mot de la faim

HAWK (s'adressant à Copernique): Ben comment ça se fait que t'as de la viande sur le dos ?
MOI (à Hawk): Hier en cuisinant, tu as bien réussi à te mettre de la sauce au saté sur l'oreille... Elle aura voulu faire comme Papa.

Londres, enfin!

Le boulot est fini. (Enfin, j'ai rabioté 5 pages sur ma ration quotidienne, mais je me rattraperai pendant le mois prochain qui devrait être exclusivement studieux.)
Les antibiotiques prescrits par le véto sont achetés, et nous avons donné la clé de l'appartement à Sophie la Sauveuse qui tiendra compagnie aux chats demain soir.
Le panier à linge sale est était vide avant que je fasse le tri parmi les innombrables fringues à moi entassées sur la rambarde de la mezzanine.
Le colis de fournitures de scrap en souffrance chez Taxipost a été récupéré. Le livreur habituel (celui qui tire toujours la tronche et ne connaît que trois mots de français: "dix euros" et "signature") doit être en vacances; son remplaçant est si jovial que j'espère qu'il ne rentrera jamais.
Ce matin, Chouchou est allé chercher nos billets d'Eurostar. Nous partons à 6h59 et il faut être à la gare une demi-heure avant pour le check-in. Glups. Mes vacances m'auront décidément jetée hors du lit à des heures indues cet été.
Je viens de faire mes bagages. Objectif: le plus léger possible pour ne passer à l'hôtel qu'en fin d'après-midi. Dans mon petit sac à dos Nike rouge, il y a donc: un parapluie pliant (la météo prédit 23 à 27° pour les jours qui viennent, mais le climat anglais est farceur); un caraco pour la nuit, une culotte et une paire de chaussettes propres (pas de T-shirt de rechange ni de gilet car je compte faire une razzia chez Topshop dès mon arrivée); un sac de sport vide pour le shopping du retour; mon appareil photo; mon indispensable journal de voyage avec adresses, plans, stations de métro les plus proches, etc; ma carte d'identité, ma carte bleue, ma carte de la STIB, un peu de cash; mes médocs, ma brosse à dents, un tube de dentifrice, une lingette démaquillante individuelle, un peu de crème teintée dans un pot minuscule. Point.
Nous peaufinons le programme des deux jours à venir.
Vendredi sera consacré à mes magasins incontournables: Topshop, donc, mais aussi Paperchase (pour la papeterie), Forbidden Planet (pour les comics et les goodies fantasy/SF/ciné), The Tea House (qui vend de superbes théières en céramique anglaise et où j'ai déjà acheté plusieurs modèles de mon envahissante collection) et le méga-Waterstone de Picadilly Circus pour Chouchou (je me laisserai peut-être également tenter par quelques bouquins; tout dépendra si je suis déjà chargée comme une mule à ce stade, mais je ne me fais pas beaucoup d'illusions!). Entre-temps, nous aurons je l'espère pu goûter chez Fortnum & Mason et récupérer des places pour une comédie musicale le soir. Sinon, nous prendrons le temps de dîner dans un des restos indiens de Bayswater et de traîner dans le centre commercial Whiteleys jusqu'à sa fermeture tardive.
Samedi matin, nous irons explorer la Tate Gallery avant de nous diriger vers le Hard Rock Café pour un déjeuner probablement tardif (et une razzia à la boutique attenante, of course!). Nous hésitons encore sur l'activité culturelle et/ou touristique qui pourrait occuper le reste de notre après-midi. Retour par l'Eurostar de 19h34. Dimanche nous trouvera sûrement en train de trier nos centaines de photos et de bloguer fiévreusement nos impressions.

mercredi 23 juillet 2008

Journée à jeter

Alors que je suis déjà stressée à mort parce que nous nous sommes levés honteusement tard ce matin, que je croule sous le boulot et que je dois ramener Copernique chez le véto à 17h30, le propriétaire de l'appartement, qui compte vendre, téléphone à Hawk pour l'informer qu'il débarque à 18h00 avec vingt acheteurs potentiels. Il rouspète en apprenant que nous ne serons pas là avant 18h30, mais accepte de nous attendre (de toute façon, il n'a pas vraiment le choix). Le ménage n'est pas fait, le rangement non plus, mais après tout je ne brigue pas le prix de la Fée du Logis 2008. Fin des visites à 20h, ce qui signifie que notre soirée est bousillée d'avance puisqu'il nous restera encore une heure chacun de Wii Fit à caser. Et voilà qu'au moment où je me remets à bosser après le déjeuner, un olibrius décide de tester (looonguement) son alarme de bagnole dans ma rue. Aaaaaaaargh.

mardi 22 juillet 2008

Shanalogic

Site marchand découvert grâce à un post d'Anne-So dans son blog "Cachemire et soie" (que je vous recommande chaudement pour sa plume toute en élégance subtile et la beauté délicate de ses photos), Shanalogic vend un tas de babioles girly-cute ou punk-rock absolument craquantes, ayant pour point commun d'avoir été fabriquées par des artisans indépendants. C'est un super moyen de soutenir de petits créateurs tout en s'offrant des choses jolies, originales et pas chères.

Exemple: cette robe-tunique hippocampe gris anthracite, qui m'a coûté à peine $30. En plus, le S me va impec (les marques américaines taillent toujours grand), ce qui est excellent pour mon moral. Elle est toute légère, super portée sur un jean avec des sandales compensées, et elle existe dans plein d'autres motifs: clés, lapin, colibris, corbeau, etc.

Comme prévu, Chouchou me trouve craquante dans mon T-shirt coeur qui hésite entre le gore et la mignonnitude avec sa couleur Malabar et ses manches princesse. Pour $18, je n'allais certainement pas me priver de son sourire ravi quand je l'ai essayé devant lui. My work here is done :)

Le mug, j'en cherchais un grand depuis que la anse de mon Mademoiselle Héloïse s'est fendue, il y a plusieurs mois déjà. Ce modèle illustré de têtes de mort gribouillées me ravit. Je l'ai pris violet à l'intérieur, mais il existe en d'autres couleurs.

Pendentif onigiri, pour la petite touche japonaise. (J'ai déjà dit que je voulais désespérément retourner à Tokyo?) En plus, ça ne se voit pas sur les photos, mais le motif est monté sur un très gros domino absolument ravissant lui aussi, de sorte qu'on peut le porter retourner. Ce qui nous fait deux bijoux pour le prix d'un; elle est pas belle la vie?

Enfin, moi qui suis toujours en train de dresser des listes, j'ai craqué pour cet adorable bloc-notes illustré d'une pieuvre.

Maintenant, j'ai très envie de ce pendentif et de celui-là... Si l'un de vous meurt d'envie de me faire un cadeau, qu'il n'hésite pas :)

PS: Shanalogic est assorti d'un blog dans lequel sont publiées les photos des clients satisfaits portant leurs achats. Chouette idée, je trouve; d'ailleurs, il n'est pas impossible que je leur envoie une de celles que Chouchou a prises de moi avec mon T-shirt coeur.

PS2: Il va sans dire que ce post n'est en aucun cas sponsorisé. Je ne suis pas une de ces "blogueuses influentes" à qui on propose plusieurs centaines d'euros pour rédiger un article promotionnel de quelques dizaines de lignes. Et même si je l'étais, j'aime à croire que je n'accepterais de parler que de choses qui me plaisent vraiment.

PS3: Hum. D'un autre côté, ça dépendrait sans doute de l'état de mes finances comparé au nombre de modèles que je convoite dans la dernière collection Chie Mihara.

PS4: En fait, c'est aussi bien que je ne sois pas une blogueuse influente, parce que je tarderais pas à virer Alain Delon au Japon.

PS5: A ce propos, j'ai déjà mentionné que je mourais d'envie de retourner à Tokyo?

lundi 21 juillet 2008

Je vis avec un comique

Quand je lui demande de rajouter de l'essuie-tout sur la liste des courses,
voilà ce que ça donne...


dimanche 20 juillet 2008

Copernique est malade

Hier en début d'après-midi, alors que nous émergions péniblement de notre sieste réparatrice, Hawk m'a signalé sur un ton inquiet qu'on sentait tous les os de Copernique à travers sa fourrure. Je l'ai palpée: en effet, elle était décharnée. Ses vertèbres et ses côtes saillaient de manière effrayante, alors qu'en temps normal elle est plutôt du genre grassouillet. A bien y réfléchir, elle n'avait quasiment pas réagi à notre arrivée et semblait apathique depuis lors. Deux explications potentielles m'ont surgi à l'esprit: un très gros coup de stress dû à notre absence et à la privation de vrais contacts humains pendant dix jours, ou une maladie foudroyante genre cancer. Le fait qu'elle m'ait déjà fait une dermite nerveuse lors de mes vacances de Noël il y a quelques années, couplé à l'appétit honorable avec lequel elle a attaqué la petite boîte de viande que je lui ai aussitôt ouverte, m'ont poussée à croire que la première hypothèse était la bonne.

Je restais tout de même très inquiète et ne voulais pas attendre mardi pour l'emmener chez le véto (demain, c'est la fête nationale en Belgique). J'ai donc cherché le nom du praticien de garde ce dimanche, et Hawk et moi y avons emmené Copernique à l'instant. C'était un monsieur d'un certain âge, basé dans les beaux quartiers et infiniment plus rassurant que l'allumée à qui je m'étais adressée quand Scarlett avait eu un problème en novembre. La bonne nouvelle, c'est que Copernique n'a pas de température et ne présente à première vue aucun symptôme alarmant hormis sa spectaculaire perte de poids. Le véto pense comme moi qu'elle a cessé de s'alimenter en réaction à notre absence; il a tout de même suggéré une prise de sang pour vérifier qu'il n'y avait pas de problème caché. Résultat demain ou après-demain, selon que le labo d'analyses bosse les jours fériés ou pas. En attendant, il lui a fait une injection pour doper son métabolisme et accélérer sa récupération. J'espère que ça suffira - d'autant qu'on part encore deux jours en fin de semaine...

samedi 19 juillet 2008

Toulouse, juillet 2008

Bourdon

Le réveil a sonné tout à l'heure à 4h20. Je m'étais couchée vers 1h30 et avais passé les deux heures suivantes à pleurer dans le noir; du coup je n'étais pas encore entrée dans ma phase de sommeil profond et j'ai réussi à me tirer du lit sans trop de difficulté - renfilé les vêtements de la veille, bu un thé vite fait, bouclé la valise: tant pis pour la douche et le reste, nous nous en occuperons à notre arrivée à Bruxelles. Soeur Cadette voulait se lever pour nous dire au revoir, mais apparemment elle pionce du sommeil du juste (ou en tout cas, de l'analyste financière qui bossait encore quatre jours après le début de ses vacances officielles). Dans le fond, j'aime autant; ça m'évite des adieux potentiellement pathétiques.

Le voyage se déroule sans histoire; dans l'avion à la clim réglée sur une température arctique, je somnole sous une couverture aimablement fournie par Brussels Airlines. En plus d'être crevée, j'ai un affreux mal de ventre d'origine indéterminée. Système digestif gravement perturbé par les excès alimentaires de la semaine, mauvaise période du mois, sommatisation, manque de sommeil: ce ne sont pas les causes potentielles qui manquent. A l'aéroport de Zaventem, nous mettons une demi-heure à récupérer notre valise. Dehors, il fait gris, froid et pluvieux. Le 71 nous passe sous le nez au moment où nous sortons de la gare centrale - pourquoi changer les bonnes vieilles habitudes?

En arrivant chez nous, nous découvrons que le voisin auquel nous avons confié la garde des chats a réussi à les maintenir en vie pendant dix jours. Toute la semaine, j'ai eu des visions cauchemardesques de Scarlett et Copernique gisant mortes de soif sur le tapis du salon. Apparemment, il les a nourries et abreuvées, mais guère plus. L'appartement est un champ de bataille: une grosse demi-douzaine de crottes devant le bac à litière, quelques vomis artistiquement disposés sur le lino et le tapis, un autre vomi et surtout trois énormes pipis sur le canapé. Or, il n'y a rien de plus tenace que l'odeur de l'urine de chat. Nous voulions nous écrouler sur notre lit; nous devons commencer par faire le ménage et descendre le futon saccagé sur le palier de l'entresol en attendant le prochain passage des éboueurs. Cheers.

vendredi 18 juillet 2008

"Kung Fu Panda"

Hawk et moi aurions aimé le voir en V.O. ("En vélo? Pourquoi vous vouliez le voir en vélo?" s'est étonné Attila lorsque nous le lui avons dit.) Manque de bol, toutes les grandes salles bruxelloises ne le passent qu'en V.F. Itou les salles toulousaines quelle que soit leur taille. Confrontés à l'alternative "ne pas voir Kung Fu Panda" ou "voir Kung Fu Panda en V.F.", nous avons opté pour la deuxième solution en pensant que ça ferait une sortie familiale sympa. C'est donc avec Soeur Cadette, David et Attila que nous nous sommes rendus hier après-midi au Gaumont de Labège pour la séance de 15h50, après avoir engrangé encore quelques milliers de calories dans une excellente pizzeria de Balma. (Les tulipes à la mousse chocolat blanc/citron vert étaient une tuerie, mais la Wii Fit nous les fera payer cher la semaine prochaine!)

Honnêtement, je ne peux pas dire que "Kung Fu Panda" soit au niveau de "Wall-E", le chef d'oeuvre d'animation de l'été 2008, ne serait-ce que parce qu'il est beaucoup plus superficiel dans le choix des thèmes et leur traitement. De toute évidence, il vise un public très jeune - Attila a ri comme une baleine pendant l'essentiel de la séance. Cela dit, nous les adultes n'étions pas en reste. Et pour une fois, comme l'a fait remarquer David, on nous a épargnés les références envahissantes à la pop-culture américaine. "Kung Fu Panda" ne m'a ni interpelée ni émue, et il ne restera pas dans les annales de mes grandes expériences cinématographiques, mais il m'a fait passer un très agréable moment de détente et c'est tout ce que je lui demandais.

jeudi 17 juillet 2008

Le repas-fromage


1 - Brécou (brebis) *****
2 - Palet de Lespinasse (chèvre) *
3 - Emmental de roche (vache) ****
4 - Reblochon (vache) ****
5 - Saint-Marcellin (vache) ****
6 - Tommette des Corbières (brebis) *****
7 - Brie de Meaux (vache)
8 - Salers de garde (vache) ****
9 - Trou du Cru (vache) **
10 - Boulette d'Avesnes (vache) *
11 - Fourme de Montbrisson (vache) *****
12 - Roquefort ( brebis) ****

Un plateau de fromages préparé par le meilleur affineur de Toulouse. Un bon pain rustique avec une croûte craquante et une mie dense. Un petit Gaillac rouge dans un joli verre à pied. Une soirée agréablement tiède sur une terrasse à la vue dégagée. Une famille rassemblée autour d'une grande table en tek.

Le bonheur, c'est simple comme un repas à huit mille calories.

mardi 15 juillet 2008

Blonditude runs in the family

La scène se passe dans la cour intérieure d'un restaurant de la cité médiévale de Carcassonne. Attila, 7 ans, a jacassé tout l'après-midi et les quatre adultes qui l'accompagnent commencent à être légèrement soûlés. Ses parents menacent de lui retirer 10 centimes de sa tirelire pour chaque mot supplémentaire qu'il prononcera. Au bout de quelques minutes, Attila se trémousse sur sa chaise avec un air si misérable qu'ils lui accordent cinq mots gratuits.
ATTILA, scandalisé par leur radinerie: Cinq mots?!?
SA MERE, impitoyable: Ah, ben tu viens déjà d'en gaspiller deux.
SON PERE, comptable de métier: Ouais, du coup, il ne t'en reste plus que quatre.

Feu d'artifice du 14 juillet à Carcassonne


Une heure et demie d'attente sur le Pont-Neuf au milieu d'une foule de plus en plus dense - d'abord assis, puis debout lorsque nous en avons marre de nous faire piétiner par des gens qui ignorent l'usage du mot "pardon". Attila joue au casse-briques 3D sur l'iPod nano de Hawk; je bouquine jusqu'à ce que la lumière devienne vraiment trop faible; Soeur Cadette regrette à voix haute (et en ne plaisantant qu'à demi) de ne pas avoir emmené son ordinateur portable pour bosser un peu; Hawk photographie la foule et David nous a depuis longtemps faussé compagnie pour gagner un endroit qu'il estime mieux situé.

Vers 22h30, enfin, les dernières traces d'indigo disparaissent à l'horizon derrière nous, et les premières fusées jaillissent dans l'obscurité qui recouvre la cité médiévale. Un choeur d'exclamations émerveillées s'élève dans leur sillage. Des pissenlits rouges font pleuvoir leurs pétales sur nous; des saules pleureurs vert vif inclinent leurs branches au bout desquelles fleurissent des étincelles jaunes et bleues pareilles à des boules de Noël; des comètes jaunes traversent le ciel en se tortillant ainsi que des serpents électriques; des nuages de particules d'or explosent au-dessus de nos têtes; des ellipses imbriquées viennent encadrer la lune presque pleine, dessinant le logo d'une fédération spatiale imaginaire; des cascades d'étincelles violettes et argentées se déversent le long des remparts. Au milieu de tout ça, une épaisse fumée envahit la cité dont les murs se mettent à rougeoyer, comme rongés de l'intérieur par des braises ardentes. Pendant le bouquet final, chacune des détonations qui se succèdent en rafale élargit un peu plus mon sourire jusqu'à ce que j'aie l'impression d'avoir le visage fendu d'une oreille à l'autre. L'espace d'une minute, une extraordinaire débauche d'étincelles multicolores fait reculer la nuit.

dimanche 13 juillet 2008

"The end of Mr. Y"


De Scarlett Thomas, j'avais précédemment lu "Bright young things", sorte de "Dix petits nègres" revisité à la sauce "Loft Story" dont la conclusion en queue de poisson m'avait un peu laissée sur ma faim, et "Going out" sur le road trip d'un ado allergique à la lumière qui n'était jusqu'alors jamais sorti de sa chambre. Je n'avais pas terminé le second, mais je devais reconnaître à l'auteur une imagination fertile et un style efficace à défaut d'être très travaillé. Il y a quelques mois, la couverture de "The end of Mr. Y" et sa tranche noire ont attiré mon attention lors d'une visite chez Cook & Book. Comme il ne faisait pas partie de mes priorités de lecture, j'ai attendu un peu avant de l'attaquer. Mais dès que je m'y suis mise, j'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à le lâcher avant la fin.

Ariel Manto, jeune femme au passé agité et au comportement auto-destructeur, prépare une thèse sur les expériences de la pensée. Un jour, elle découvre dans une bouquinerie le dernier ouvrage soi-disant maudit d'un obscur auteur qui la fascine. Le héros de ce livre, que la préface présente à demi-mot comme la fictionnalisation de faits réels, voyage dans une dimension qu'il appelle la troposphère, et par l'intermédiaire de laquelle il peut entrer dans la tête d'autrui - devenir en quelque sorte un passager clandestin dans l'esprit des gens qui l'entourent. Bien entendu, la curiosité d'Ariel la pousse à tenter de reproduire l'expérience. Le résultat est assez vite concluant, et la jeune femme se retrouve accro à la troposphère dont elle explore avidement les règles et les limites. Mais pendant qu'elle lâche prise sur sa vie dans le monde réel, elle réalise que des individus peu recommandables sont sur sa trace - prêts à tout pour récupérer le livre maudit.

"The end of Mr. Y" est un roman inclassable qui réussit à mélanger avec bonheur science-fiction et esotérisme, références littéraires et physique (bien) vulgarisée, avec une pincée de sexe déviant pour relever le tout. J'ai adoré son héroïne atypique et son scénario imprévisible jusqu'à la fin. Il est disponible en français sous le titre "La fin des mystères".