vendredi 2 mai 2008

Le dilemme du jour

Avant-hier, chez Douce Gynéco, je me répands en louanges sur le Lutényl, médicament qu'elle m'a prescrit il y a un an pour lutter contre mon endométriose: "Je n'ai quasiment plus mal la semaine de mes règles, et jusqu'ici, je n'ai constaté aucun effet secondaire." "Alors, on continue comme ça jusqu'à la ménopause!" me répond-elle gaiement.
Aujourd'hui, chez Merveilleux Généraliste, après un rappel de vaccin et un examen rapide pour vérifier que mon torticolis n'était pas le symptôme d'une tumeur du cerveau, je demande une recommandation pour un dermatologue. "Parce que ça fait six mois que j'ai le front couvert d'horribles taches de vieillesse, et je trouve qu'il est encore un peu tôt pour ça". Un bref coup d'oeil et le verdict tombe: "Ce ne sont pas des taches de vieillesse, c'est ce qu'on appelle un masque de grossesse..." "QUOIIIII?" "...Et qui peut survenir soit quand on est enceinte, soit quand on prend un produit fortement dosé en hormones comme le Lutényl."
Horribles maux de ventre une semaine par mois et curetage sous anesthésie générale tous les deux ans, ou tête de vieille pomme tavelée nécessitant trois couches de fond de teint pour ne pas faire quarante ans de plus que mon âge réel? Entre les deux, mon coeur balance...

Les jours se suivent...

...et ne se ressemblent pas.

jeudi 1 mai 2008

Embellie vespérale

(...Je sais, je suis nulle en titres.)
Hier après-midi, j'avais rendez-vous à la clinique où je suis née et où j'ai subi mes trois opérations sous anesthésie générale pour une visite de contrôle qui m'angoissait légèrement. Une heure d'attente dans un couloir stérile à lire le Glamour américain (pour moi) ou à découvrir le Mah-Jong sur DS (pour Hawk). Et au final, le verdict rassurant de ma gynéco: mon endométriose semble sous contrôle et je n'ai pas plus de risque que n'importe qui de développer un cancer du col de l'utérus. Je ressors de là le pas bien plus léger. Comme pour se mettre au diapason de mon humeur, la pluie a cessé de tomber et le ciel commence à se découvrir.
Nous faisons un tour au centre commercial. Premier magasin à droite: la FNAC. Hawk s'offre une bédé hommage à Gotlib tandis que je note le titre d'un roman japonais à acheter quand il sortira en poche. Nous regardons les appareils photos numériques: les deux nôtres doivent être changés, mais nous n'avons pas trop les sous en ce moment. Tant pis, ça attendra. Premier magasin sur la gauche: un Go Sport où nous faisons l'emplette d'un tapis de sport pour les exercices de gym sur Wii Fit. Nous cherchons aussi un pantalon de yoga pour homme, mais en vain. Apparemment, si tu es muni d'une paire de gonades, tu n'as le choix, pour faire du sport les fesses couvertes, qu'entre des moches survêtements ou des shorts de footballeur XXL. En même temps, un hommes avec des jolies fesses qui se dandine devant moi en boxer moulant, je trouve ça assez sexy, donc ce n'est pas demain la veille que je lance ma propre ligne pour pallier ce manque. Deuxième magasin sur la droite: je craaaque pour les adorables ballerines Volcom repérées le mois dernier; elles sont disponibles dans ma pointure, very Elise Flannigan, et elles passent en machine. "En plus, 58 euros, c'est même pas cher", commente Hawk dont les critères financiers diffèrent étonnamment selon qu'il s'agit de mes dépenses ou des siennes.
Bon, on ne va pas continuer à faire toute la galerie en achetant un truc dans chaque boutique: il doit y en avoir 150, dont une demi-douzaine de bijouteries; ça risque de faire cher à la sortie. Un petit tour chez Carrefour pour prendre de quoi petit-déjeuner jusqu'à vendredi et la réouverture de Champion, et il est déjà l'heure de rejoindre Etre Exquis au salon de thé.
Quand nous émergeons à l'air libre, le soleil a fait son retour, et Hawk peut étrenner les lunettes de soleil qu'il vient de s'offrir. Cette fois, nous nous sentons vraiment en vacances. Amatrice de températures modérées (je ne supporte ni la chaleur ni le froid), je savoure la brise tiède en poussant de petits soupirs de bonheur. Etre Exquis est particulièrement élégant aujourd'hui avec ses Olivers People et sa veste en tweed. Hawk et moi commandons un goûter crapuleux: une tranche de brownie presque fondant au milieu, une autre de cake et une de brioche toastée, plus une madeleine, le tout maison et accompagnée de beurre, de marmelade artisanale et de fromage blanc vanillé. Pas difficile de comprendre pourquoi cet assortiment porte, sur la carte, le nom de "tant pis, je ne dîne pas ce soir". Nous arrosons tout cela avec un délicieux thé vert parfumé.
Vers 18h40, c'est parfaitement repus que nous remontons vers la gare pour mon rendez-vous épilation. Je laisse Hawk (et ma DS) à une terrasse de café avant de monter chez mon esthéticienne. Je la trouve rayonnante: elle a un nouveau petit ami de dix ans plus jeune qu'elle, absolument merveilleux mais... qui part s'installer en Thaïlande pour 3 à 5 ans fin mai. Je la félicite de n'avoir pas hésité à sortir avec lui quand même: tous les petits bouts de bonheur sont bons à prendre, et on ne sait jamais quelles surprises réserve la vie. En sortant de chez elle, Hawk et moi nous précipitons à la gare routière et attrapons de justesse le bus qui va nous ramener à Monpatelin à temps pour la Nouvelle Star.
L'émission terminée, nous mettons en place la Wii Fit pour notre séance de gym quotidienne. A une heure et demie du matin, nous sommes encore en train d'imiter un arbre ou une chaise, de courir sur place, de boxer le vide, de nous tortiller pour maintenir une demi-douzaine de cerceaux virtuels en l'air et de nous trouver extrêmement mignons déguisés en pingouins. Demain, le réveil risque d'être tardif...

mercredi 30 avril 2008

Nouvelle Star - 5ème prime en direct de Baltard

Les huit candidats encore en lice ouvrent l'émission en interprétant "Toute la musique que j'aime". Tiens, ils ont tous des guitares, même ceux qui ne sont pas musiciens. "Eux aussi, ils ont dû s'entraîner à Guitar Hero", commente Hawk.
Ce soir, Lio est coiffée comme Elisa Legrand (la méchante de Candy, pour ceux de mes lecteurs nés après les années 70). Elle porte un gilet super décolleté qui laisse voir tout son soutif. A mon avis, la styliste a repompé le look de la copine parisienne de Julie. Manoeuvre a changé de lunettes et tombé la veste, pour une fois; j'aime bien sa chemise à tête de mort. Dédé et Sinclair sont désespérément sobres et non-coiffés.
Jules ("Calling you"): Il faudrait qu'on m'explique pourquoi les gens qui ne comprennent pas l'anglais s'obstinent à chanter dans cette langue. Personnellement, ça me gâche tout le plaisir que je pourrais prendre à les écouter. Bon, là, même en français, les grimaces de Minipouss me donneraient envie de lui claquer le beignet, donc je ne perds pas grand-chose.
Lucile ("J'traîne des pieds"): Sur MSN, ils titraient aujourd'hui: "Lucile, favorite pour l'élimination?". Ce qui m'a étonnée, car Ycare et Kristov me paraissent nettement plus en danger. Bref. Sa prestation de ce soir est quelconque; il faut dire que la chanson ne se prête pas à des exploits vocaux ou interprétatoriaux. Par ailleurs, et bien que ça n'ait aucun rapport, je lui trouve le mollet étonnamment dodu pour une petite chose comme elle.
Duo Jules/Ycare (You never can tell"): Je n'écoute rien, je suis focalisée sur la hideur des mocassins blancs de Jules.
Benjamin ("A song for you"): Ne connaissant pas la chanson, je ne peux pas m'offusquer de ne pas la reconnaître sous la débauche habituelle d'arrangements. Benjamin est très bien, intense, puissant et retenu à la fois. Lio en a presque la larme à l'oeil. Il est brun, taiseux juste ce qu'il faut, et d'après ce que je lis sur le net depuis quelques semaines, il émeut autant la minette à peine pubère que la ménagère de moins de 50 ans. Probablement de la graine de finaliste.
Kristov ("Confidences pour confidences"): Il en fait des tonnes, c'est juste horrible. Le jury le descend en flammes; ça me fait presque de la peine pour lui.
Duo Amandine/Benjamin ("C'est comme ça"): J'adore les collants rayés mais honnêtement, ça n'arrange pas le cuissot. Le son est pourri, on ne les entend pas du tout. Dommage, ils bougent bien et ce duo de favoris aurait pu tout déchirer.
Cédric ("Eteins la lumière"): Une fois de plus, il reprend une chanson que j'adore; une fois de plus, il ne me convainc pas en rocker. Le jury n'est pas d'accord avec moi, mais il a le droit d'avoir mauvais goût.
Duo Lucile/Thomas ("Unchained melody"): Je n'aime pas du tout l'arrangement et Thomas chante trop haut à mon goût; par contre, Lucile est bien. A mon avis, la styliste de l'émission a eu un prix de gros sur les robes coupées comme des sacs à patates.
Ycare ("Le vent de l'hiver"): C'est une semaine impaire, donc Ycare est bien. Par contre, je me permets d'insister: ça fait quelques morceaux qu'on n'entend presque plus les candidats chanter; que fiche l'ingénieur du son? Dédé est en baisse de régime cette année, mais Manoeuvre a apparemment décidé de reprendre le flambeau du jury qui se fait remarquer: la tradition est sauve.
Duo Cédric/Kristov ("Femme libérée"): Ils sont habillés en symétrique, que c'est meugnon. Leur version est sympatoche.
Thomas ("Come undone"): Il faudrait qu'il arrête de sourire à la Jack Nicholson sur une chanson qui ne s'y prête pas vraiment. Sinon, son interprétation est rock et puissante. Même allongé, il envoie un max. Et puis le cheveu mi-long, rhââââ. Et le pantalon en cuir, glups. Juste glups. Je suis à deux doigts de fantasmer sur un môme qui a moins de la moitié de mon âge. Je devrais peut-être m'inquiéter...
Amandine ("Against all odds"): Mais que fait-elle? Elle se mélange dans les paroles; elle agite la main comme si elle était atteinte de la maladie de Parkinson; je n'aime pas son rythme saccadé ni le ton sur lequel elle a pris cette chanson que j'adore. C'est bien la première fois que je lui collerait un rouge. Je suis trèèès déçue. Surprise: le jury l'encense; Dédé la compare à du fromage de canut; Lio a la voix brisée par l'émotion; Manoeuvre trépigne dans son siège. Je ne comprends rien à la musique. Heureusement que je gagne bien ma vie comme traductrice parce que jury de la Nouvelle Star, de toute évidence, ne fait pas partie des reconversions professionnelles envisageables pour moi.
Tous les candidats ("Umbrella"): Drôle de choix mais leur version me plaît bien.
Bon, mon choix est fait depuis un moment: Kristov doit partir. Je le trouve absolument inodore et sans saveur.
...Le public est d'accord avec moi. Virginie Efira demande une dernière déclaration à l'éliminé: "J'ai envie de faire caca". Euh, OK.

Les vacances commencent bien

Hier, le chef de bord n'avait pas le plan d'occupation du train et ne pouvait pas nous attribuer deux places côte à côte; nous avons dû changer de sièges trois fois au fur et à mesure que nous étions chassés par des gens munis de réservations. Puis notre TGV est arrivé avec dix minutes de retard, soit juste assez pour que nous rations le bus censé nous conduire jusqu'à Monpatelin; nous avons attendu le suivant une grosse demi-heure (avec, pour la moitié d'entre nous, une envie de pipi urgente). Enfin, "Le diable s'habille en Prada", DVD choisi pour terminer la journée en douceur, était encore plus nul que le bouquin dont il s'inspirait. Bon.
Ce matin, nous nous levons sous un ciel couvert alors qu'hier il faisait 25° et un soleil éclatant. Je crains que la météo bruxelloise nous ait suivis jusqu'ici. Nous partons faire les courses au village sous une pluie battante. Le temps de parcourir les 500 mètres qui nous séparent de la Poste, nous sommes ruisselants malgré nos parapluies. Le guichetier me remet un énorme colis qui occupe la moitié du chariot initialement prévu pour contenir nos provisions de la semaine. Au lieu de poursuivre vers Champion, nous rebroussons donc chemin vers la maison afin de déposer ledit colis.
Arrivée là, je me rends compte que le super sac en cuir tout neuf qui m'a coûté un rein est trempé, tout comme mon chariot en toile de jute, ravissant mais fort peu pratique. Ce dernier laisse en outre derrière lui de grosses taches de peinture bleu marine. Tant pis pour les courses, nous tiendrons sur mes réserves jusqu'à vendredi - car évidemment, demain est l'un de seuls jours fériés de l'année où Champion n'ouvre pas le matin. J'aimerais d'ailleurs qu'on m'explique pourquoi on fête le travail en chômant; c'est un principe que je n'ai jamais compris.
Et ce n'est pas terminé! Cet après-midi, déluge ou pas, il faut aller en ville pour mon rendez-vous chez la gynéco et ma séance de dépoilage. Seule consolation: quoi qu'il advienne, nous goûterons avec Etre Exquis dans mon salon de thé préféré.
...A moins, évidemment, que les hommes en noir l'aient fermé cette semaine pour travaux ou quelque chose dans le genre.

lundi 28 avril 2008

Vacances j'oublie tout

Yesssssss! J'ai terminé de bosser il y a une heure et Hawk vient juste de rentrer du boulot; nous voici officiellement en vacances pour une semaine ! Demain, nous prenons le train pour le sud de la France avec une très grosse valise.
D'accord, ce n'est pas (encore) Copenhague, Prague ou Barcelone. D'accord, il faudra quand même que je travaille deux grosses demi-journées pendant notre séjour. D'accord, je dois caser deux rendez-vous médicaux rapides mais un poil angoissants, ma séance de torture mensuelle chez l'esthéticienne, le règlement par téléphone de quelques problèmes administratifs et la rédaction de ma 2042 de l'an dernier avec l'Homme-ce-Traître. D'accord, on ne pourra pas aller à Nice et sans doute pas non plus à Aix comme on pensait le faire le mois dernier. Nos sorties seront donc limitées à Monpatelin et à la grande ville voisine.
Mais on s'en fout.
A nous les grasses matinées crapuleuses qui se prolongent jusqu'en début d'après-midi, les déjeuners au soleil sur le balcon, les promenades main dans la main au bord de mer, les photos en vêtements légers sous un beau ciel bleu, les goûters en terrasse de mon salon de thé préféré, les sessions Wii Fit avec plein de place autour (et au-dessus...) pour faire les exercices, les bains moussants bien mérités en duo, les petits plats mitonnés amoureusement avec des légumes frais, les soirées DVD vautrés sur le canapé. Le mélange parfait d'activités plaisantes et de douce indolence.

dimanche 27 avril 2008

Wii Fit: l'heure de vérité

D'abord, quelques tests pour situer ma condition physique. Ca commence bien: mon centre de gravité est placé de manière quasi-parfaite, 50,2% à droite et 49,8% à gauche. Je sens que ce jeu va me plaire. La pesée, maintenant. Je ne me fais pas d'illusions: je sais que mon IMC doit taper dans les 26 et quelques. "Vous êtes en surpoids", m'annonce la balance board. Le dernier mot est écrit en rouge pour bien signifier que c'est GRAVE. Oui, bon. Maintenant, mon âge Wii Fit. Comment ça, 44 ans??? J'en ai 7 de moins et je suis dans une forme qui me paraissait honorable il y a encore cinq minutes. Hawk est mort de rire. Il déchante assez rapidement quand, son tour venu, le verdict tombe: IMC supérieur à 27 et âge Wii Fit 46 ans, soit 8 de plus que son âge réel. Alors qu'il fait du sport deux à trois fois par semaine. Je suis vengée. Tout de même, nous avons payé 90 euros pour nous faire insulter par une machine. Pas de doute, nous sommes masos. Mais nous ne devons pas être les seuls, vu les ruptures de stock massives sur le jeu dès le lendemain de sa sortie.

"Etant donné que vous êtes en surpoids, ce serait peut-être une bonne idée de faire de l'exercice pour ramener votre IMC à un chiffre correct", nous dit la balance board. Elle ne rajoute pas "espèce de gros lard", mais elle le pense si fort que nous l'entendons. En même temps, nous n'avons pas acheté le jeu pour le laisser dans un placard, donc allons-y: fixons-nous des objectifs de perte de poids et attaquons l'entraînement.

Quatre activités sont proposées: aérobic, gym, équilibre et yoga. L'aérobic, ça va peut-être faire un peu violent pour une première fois, et je n'ai pas hyper envie de courir sur place dans mon salon. Essayons la gym. Je tombe de la balance board au premier exercice; je n'arrive même pas à débuter le second (les pompes et moi, ça a toujours fait deux); le troisième est ridiculement facile et je ne retire aucune gloire de mon bon score; le quatrième me donne enfin l'occasion de triompher: 100 points et la mention "abdominaux d'acier", mwa ha ha; quant au cinquième, c'est le développé, un vieux classique des salles de muscu qui ne me pose pas vraiment de problème. Bilan global: j'ai une trèèèès grosse marge de progression sur certains exercices, mais je pense qu'en les répétant régulièrement et en augmentant petit à petit le nombre de répétitions, je ne devrais pas tarder à voir des résultats.

Testons maintenant les jeux d'équilibre. Au foot, mon Mii n'est pas très réactif; je laisse passer pas mal de ballons et prends plein de baskets dans la figure. Score: 18 points à la première tentative, 29 à la seconde. Hawk se moque. Dix minutes plus tard, il fait respectivement 6 et 18 points. Who's laughing now? Au parcours de ski, je loupe 7 portes à la première tentative et 2 à la seconde. Hawk se re-moque. Et re-fait des scores pire que les miens une fois son tour venu. Non, sa cheville pourrie et mes X années de danse classique ne constituent en aucun cas une explication et encore moins une excuse.

Il me faut quelques essais pour trouver la bonne position de saut à ski; mine de rien, elle doit finir par bien muscler les cuisses. Le jeu de billes est fun et j'arrive au niveau 5 sans trop galérer (par contre, il me manque toujours une demi-seconde pour le terminer, aaargh!). En funambule, je boucle le parcours à ma deuxième tentative avec seulement 2 centièmes de marge sur le chrono, ouf! Bilan de la catégorie: des exercices amusants et d'autres beaucoup moins; les différents niveaux de difficulté doivent les rendre assez efficaces à long terme.

Le yoga, j'en ai fait un peu il y a... pfiou, longtemps. J'ai encore de beaux restes et, toute fière de mon titre de "yogi" décerné par le jeu, j'exécute une petite danse de la victoire sur la balance board. Mais Hawk passe après moi; il fait les positions de travers et il en oublie de pratiquer la respiration abdominale; pourtant, il obtient de meilleurs scores que moi sur certains exercices. La machine, bien que sophistiquée, ne peut pas prendre en compte tous les paramètres. Je pense que sur le yoga notamment, le jeu peut créer des défauts de posture assez fâcheux, voire nuisibles.

Ce petit défaut mis à part, je suis conquise par la Wii Fit. C'est un très bon moyen de pratiquer une activité physique amusante et variée, à son rythme et surtout, sans sortir de chez soi. En plus, le suivi précis des progrès techniques et de la courbe de poids semble super motivant. Autrement dit, c'est LE truc que j'attendais depuis des années. Je n'aurai donc aucune excuse pour ne pas en faire régulièrement. D'autant que là, Hawk est en train de danser en slip mauve au milieu du salon parce qu'il vient de réussir le parcours à ski, et rien que ça, ça devrait suffire à me motiver pour pousser les meubles tous les soirs.

samedi 26 avril 2008

Finally, spring!

Ca y est, le printemps se décide enfin à montrer le bout de son nez à Bruxelles! Cet après-midi, après un passage chez Schleiper pour agrandir nos collections respectives de crayons (moi: aquarellables aux couleurs de sorbets, Hawk: noirs de différentes duretés) et un autre à la Fnac City 2 pour que j'achète de quoi lire (je n'accroche pas DU TOUT à "Royaume Désuni" de James Lovegrove dont j'avais pourtant adoré "Days"), nous sommes allés nous poser au soleil sur un banc du Parc Royal. En fait, sur trois bancs successivement. Nous en avions choisi un premier idéalement situé, mais quand je suis revenue de la buvette avec ma gaufre au chocolat et la glace vanille/fraise de Hawk, un couple avec poussette avait profité de mon absence pour squatter honteusement la moitié sur laquelle je comptais m'allonger, la tête posée sur les cuisses de Hawk. Nous nous sommes donc déplacés du côté du belvédère où les bancs étaient jonchés soit de crottes de pigeons, soit d'emballages vides - alors qu'il y a des poubelles partout dans le parc, c'est vraiment abusé. Après avoir mangé notre goûter en vitesse, nous avons déambulé dans les allées jusqu'à trouver un troisième et dernier banc vide bien qu'essentiellement à l'ombre. J'y ai dévoré les 34 premières pages de "This book will save your life", un roman acheté un peu au pif juste parce que l'illustration de couverture me plaisait. Bonne pioche: c'est bien écrit et l'histoire s'annonce intéressante. Je portais encore un petit blouson en cuir par-dessus mon T-shirt à manches longues, mais la plupart des filles vautrées sur les pelouses face à nous avaient les bras dénudés. J'ai hâte de pouvoir recommencer à sortir sans veste et sans collant, voire (soyons fous!) avec des chaussures ouvertes.

vendredi 25 avril 2008

Chacune sa solution

...Dans ma famille, on a un problème récurrent
avec les noix de cajou et le manque de pilons.

mercredi 23 avril 2008

Nouvelle Star - 4ème prime en direct de Baltard

Le jury est déjà assis; du coup pour ce qu'on en voit, Lio pourrait aussi bien être à poil du bas. Mais elle a un bustier noir sexy juste ce qu'il faut et une coiffure sortable, halléluiah! Par contre, il faudrait qu'on m'explique pourquoi Virginie Efira porte un noeud papillon défait. Le T-shirt bleu canard de Sinclair forme un contraste, euh, intéressant avec ses cheveux. Dédé arbore une chemise en satin bleu électrique bien tapageuse; quant à Manoeuvre, c'est officiel: vestimentairement, il est resté coincé dans les années 80.
Tiens, Amandine et Benjamin passent en dernier, ce qui tendrait à confirmer la théorie selon laquelle on case toujours les favoris en fin d'émission.
Lucile ("What you're waiting for"): Un peu juste vocalement mais pour l'instant, c'est de toutes ses performances celle que je préfère. "Une Mylène Farmer avec de la gaieté", commente assez justement Dédé.
Cédric ("Emmenez-moi"): Toujours bof. Pour moi sa voix est juste trop lisse; il lui manque du grain, une fêlure, quelque chose de personnel. Mais il rajeunit assez bien la chanson de Charles Aznavour.
Trio Benjamin/Amandine/Thomas ("What a wonderful world"): La styliste qui n'a pas pu se lâcher sur Lio s'est visiblement vengée sur Amandine; elle lui a collé une sorte de toile de tente satinée informe qui lui arrive à mi-cuisses devant et tout juste sous les fesses derrière. A part ça, ils sont fantastiques tous les trois. Vraiment. Ils modernisent la chanson sans trop s'éloigner de l'original et leurs trois voix bien qu'assez différentes s'accordent super bien. Vais-je finir par changer d'avis sur Benjamin? Mmmh...
Ycare ("Un homme heureux"): Décidément, il est capable du meilleur comme du pire. Primes 1 et 3, génial; primes 2 et maintenant 4: total à côté de la plaque. Ce soir, j'ai trouvé sa voix fausse fausse fausse. Mais comme dit Hawk, le truc qu'on ne peut pas lui reprocher c'est de manquer de sincérité.
Sian ("Jardin d'hiver"): Décidément, les chanteurs morts ont la cote cette saison. Je trouve qu'elle chante un ou deux tons trop bas, mais on la sent moins coincée, plus naturelle, ce qui est un progrès. Le jury adore; je crois que Dédé a une érection.
Tous les candidats ("Can't take my eyes off of you"): Je n'aime pas du tout cette version neurasthénique du morceau.
Jules ("Bad"): Il a du mal avec les paroles. Et moi j'ai toujours autant de mal avec lui, sa mèche à la ouaneuguène et sa tête d'E.T. Je lui reconnais cependant beaucoup d'aisance scénique.
Kristov ("Mon fils, ma bataille"): Je n'arrive pas à me faire à l'idée que s'il reste, sa copine va accoucher toute seule, et que malgré ça, elle lui a donné sa bénédiction pour participer à l'émission. Personnellement, si je m'apprêtais à expulser une pastèque par mes régions inférieures, je voudrais que le responsable soit là pour morfler aussi. Deux ou trois phalanges broyées me sembleraient un châtiment minimum. En plus, qu'est-ce qu'il choisit comme chanson ce soir? L'équivalent musical de "Kramer contre Kramer". Pitié, que le public fasse un bon geste et le renvoie au chevet de sa copine.
Thomas ("Je dis aime"): Rhôôôô putaiiiiin il est bon. Je le préfère dans un registre rock déjanté, mais franchement, il assure comme une bête. Super étonnant vu son jeune âge. Et son sourire en coin, waouuuh! Si j'avais 18 ans, je serais amoureuse de lui. La meilleure prestation de ce prime jusqu'ici, et de loin! Lio dit la même chose que moi, et malgré ses 42 (ou 43?) ans et sa demi-douzaine de mômes, on sent que Thomas lui fait un bête d'effet à elle aussi.
Trio Lucile/Jules/Kristov ("La groupie du pianiste"): Bored now.
Amandine ("Rehab"): Elle prend pas trop de risques sur ce coup-là: la chanson semble avoir été écrite pour sa voix. Rien à dire, mais ce n'est pas sa prestation la plus émouvante de mon point de vue. Dédé sort ses références littéraires; par contre, il ferait bien de réviser sa géographie: Toulouse n'est pas précisément sur la Méditerranée.
Trio Cédric/Sian/Ycare ("La liste"): Non non non non non.
Benjamin ("New soul"): La chanson me gonfle grave et l'interprétation me laisse de marbre. Je vois son talent mais il ne me touche pas. Je reste donc sur mes positions: mes favoris sont Amandine et Thomas.
Et maintenant, Cindy Sander. Mais si, souvenez-vous: "Céline Dion c'est Céline Dion, et Cindy, c'est Cindy". N'empêche que la petite esthéticienne strasbourgeoise aura eu ce qu'elle voulait: elle est sur la scène de Baltard, et elle chante.
...Oh mon Dieu. Nous sommes au début des années 80. La veste à paillettes, le T-shirt rose pétard, le texte nian nian-revanchard, la gestuelle théâtrale. C'est un pur carnage artistique. Et il va y avoir un single. Note à moi-même: ce n'est pas le moment de me mettre à écouter la radio.
And now, le résultat. Je dirais adieu Ycare ou Kristov, mais je n'ai pas le profil des spectateurs qui envoient des SMS à un euro pièce.
Ah ben tiens, c'est Sian qui est virée. Juste au moment où elle commençait à faire quelque chose de bien. Bon en même temps, ça lui pendait au nez depuis le premier prime; elle en aura fait quatre, ce n'est pas si mal.

"Dirt" saison 1

Ca commence par une scène d'exposition ratée, qui enfonce des portes ouvertes de la manière la plus racoleuse et la moins fine possible. Ca se poursuit par deux ou trois épisodes assez méchants et cyniques pour retenir l'intérêt, mais pas assez originaux et fouillés pour susciter un enthousiasme sans bornes. Et puis tout à coup, la saison prend vraiment son envol et s'achève beaucoup trop tôt, laissant le spectateur sonné dans son fauteuil.

Lucy Spiller est rédactrice en chef de "Dirt Now", un magazine people à scandales. Présentée tout d'abord comme la garce ultime, dénuée de scrupules et incapable d'éprouver le moindre sentiment, elle révèle petit à petit des nuances qui l'humanisent quelque peu: son amitié indéfectible (et a priori incompréhensible) pour Don le photographe schizophrène, son attachement vis-à-vis de son frère cadet, et surtout la blessure jamais refermée provoquée par le suicide de son père quand elle avait quinze ans. Oui, Lucy est prête à tout, y compris au chantage et à la manipulation la plus odieuse, pour obtenir une couverture qui fera vendre. Non, elle ne se soucie absolument pas des conséquences dévastatrices de ses actes sur les célébrités qu'elle a prises pour cibles. Mais dans toute la série, c'est le seul personnage qui assume entièrement ses actes, sans jamais se dérober ni se chercher des excuses. Elle fait preuve à cet égard d'un courage et d'une volonté dont les gens qui l'entourent sont tristement dépourvus, si bien qu'elle finit par forcer l'admiration du spectateur à défaut de sa sympathie.
Bien loin de la Monica Geller affreusement complexée qu'elle incarna pendant dix ans dans "Friends", Courteney Cox, qui co-produit la série avec son époux David Arquette, se taille ici un rôle à la mesure de son talent d'actrice et de son physique sublime, à mi-chemin entre sirène et vampire. Elle crève littéralement l'écran.

Mais la véritable bonne surprise de "Dirt", c'est Don Konkey, le photographe incarné par Ian Hart (aperçu auparavant dans "Harry Potter à l'école des sorciers", où il jouait le professeur Quirrel). Don est, comme il le répète au début de chaque épisode en voix-off, un "schizophrène fonctionnel", c'est-à-dire qu'il peut vivre normalement à condition de prendre les médicaments prescrits par son docteur. Ce qu'il ne fait pas toujours, car il déteste leurs effets secondaires. Jamais je n'avais vu la folie montrée à l'écran de façon aussi réaliste, à la fois poignante et effrayante. En plus d'être crédible et très touchant, son personnage apporte à la série une profondeur dont elle manquerait cruellement sans lui. Don est l'ancrage de Lucy, son pendant et son équilibre; il révèle le côté humain de sa rédactrice en chef et amie cependant que lui-même bascule dans une démence hallucinatoire difficile à concevoir pour la plupart des gens.

A côté de ces deux improbables "héros", les autres protagonistes paraissent bien fades et surtout bien faibles de caractère. Les hommes en particulier sont tous méprisables: Brent, l'éditeur distingué qui craque à la moindre pression et vient pleurer dans les jupes de Lucy pour qu'elle lui sauve la mise; Leo, le frère cadet qui commet une vengeance minables puis en rejette lâchement la faute sur sa soeur; Holt, l'acteur en quête de gloire qui se laisse entraîner sans beaucoup de résistance dans une spirale de mensonge aux conséquences désastreuses. Et je ne cite que les personnages récurrents, car chaque épisode contient son lot de minables en tous genres qui ne font que passer.

L'ambiance délétère de Hollywood est, je trouve, particulièrement bien rendue. Les people de la série sont prêts aux pires bassesses pour rester ou revenir sur le devant de la scène - y compris à briser la réputation d'autrui ou à mettre en scène leur propre vie. Leur soif de reconnaissance à tout prix les rend veules et méprisables. La célébrité ne me faisait déjà pas rêver avant de voir "Dirt"; là, je crois que je suis tout à fait vaccinée! Mon seul regret, c'est qu'à cause de la grève des scénaristes, la saison 2 ne compte que 7 épisodes au lieu des 13 prévus. Et qu'elle ne soit pas encore sortie en DVD.

mardi 22 avril 2008

La vérité toute nue sur l'épilation du maillot brésilien

Armalite dit :
en ce moment tout ce que j'ai de l'agneau c'est la toison ha ha ha
Armalite dit :
faut vraiment que je me trouve une esthéticienne à bruxelles
M&M's dit :
ce qui est ardu parce que... ?
Armalite dit :
as-tu déjà tenté ce rituel barbare qu'est l'épilation du maillot brésilien?
M&M's dit :
eh bien, je suis RAVIE que tu lances ce sujet de conversation
M&M's dit :
parce que... eh bien... nan
M&M's dit :
j'y pensais récemment
M&M's dit :
quand mon épilady a failli m'assassiner
Armalite dit :
je n'ai qu'une chose positive à dire en faveur de cette pratique
Armalite dit :
après ça, l'accouchement doit te paraître une promenade de santé
Armalite dit :
et il se trouve que j'ai réussi à trouver une esthéticienne à monpatelin qui me fait ça sans que je hurle à la mort
M&M's dit :
si ça dure longtemps, ça peut valoir le coup
M&M's dit :
donc question... à quelle fréquence tu le fais?
Armalite dit :
ah parlons-en de la durée!
Armalite dit :
les dix premiers jours, un entrejambe de bébé, le bonheur total
Armalite dit :
et les jours 11 à 13: tu te grattes comme une forcenée
Armalite dit :
parce que les poils essaient de crever la peau et que chez moi du moins, ils ont du mal
Armalite dit :
ensuite, jours 14 à 21 ou 30 (selon la vitesse de repousse) : ton minou a le look barbe de trois jours
Armalite dit :
donc en gros j'ai vue vie sexuelle torride dans la semaine et demie après mon rv chez l'esthéticienne
Armalite dit :
les jours 11 à 13 mon copain ne m'approche qu'au péril de sa vie
M&M's dit :
lol
Armalite dit :
(mais il peut réclamer une p'tite pipe, j'suis pas chienne)
Armalite dit :
les jours 14 à 30 c'est contorsions savantes pour cacher la zone problématique
Armalite dit :
"et si je m'asseyais sur toi mais de dos?"
Armalite dit :
"boa non merci pas de cunni aujourd'hui je veux juste m'occuper de toi"
Armalite dit :
tu vois l'idée
M&M's dit :
et en + tu passes pour la fille généreuse qui fait passer l'autre avant
M&M's dit :
ingénieux!
Armalite dit :
et ouééééééé
Armalite dit :
vingt-deux ans d'expérience feront toujours la différence
Armalite dit :
par contre il faut quand même dire
Armalite dit :
qu'au bout d'un certain nombre de fois les poils se clairsèment
Armalite dit :
là j'en ai plus qu'un sur deux qui repousse
Armalite dit :
je pense que je devrais être tout à fait chauve du minou d'ici la ménopause

samedi 19 avril 2008

Parfois, je hais mes amis

Nous avions quelques courses à faire cet après-midi. Le ciel me paraissait bien gris pour une promenade, et j'avais déjà consacré trois demi-journées de cette semaine à mon shopping personnel, mais Hawk tenait à acheter du déodorant, des chaussettes, des caleçons, une planche à découper, un économe et un valet de douche (!). Nous avons donc décidé de descendre la Chaussée d'Ixelles jusqu'à la Porte de Namur en nous arrêtant chez Di, H&M, Casa et autre Blokker.
A peine mis le pied dehors, je sens quelques gouttes commencer à tomber. Il fait onze degrés; je porte encore ma petite parka kaki avec son col en fausse fourrure alors qu'il y a deux semaines, je me baladais dans Monpatelin en manches de T-shirt. Difficile de ne pas déprimer dans ces conditions...
La séance de courses est morose et partiellement infructueuse. Au retour, pour me consoler, j'achète une des délicieuses brioches de Sucré-Salé dans l'intention de la boulotter avec un Empire des Trois Soleils. Je suis en train de finir mon thé quand mon GSM sonne. C'est Etre Exquis, qui veut me remercier de mes conseils. La dernière fois que nous nous sommes vus, il m'a demandé quelle était LA marque de lunettes de soleil hypissime en ce moment. J'ai répondu Oliver Peoples. Aucun magasin n'en faisait du côté de Monpatelin; il en a donc commandé une paire sans la voir au préalable, en me faisant une confiance aveugle.
"Je les ai reçues avant-hier, m'annonce-t-il, et je ne me lasse pas de les regarder tellement elles sont belles." Je hasarde un: "Elles ne seraient pas mieux sur ton nez, à te protéger du soleil?" Et là, il achève mon moral déjà sévèrement entamé en répliquant: "Ben figure-toi qu'il fait tellement chaud ici qu'elles me font limite transpirer."
Argh.
Vivement le 29.

Après la séance de rangement du samedi matin

MOI: C'est quand même plus pratique d'avoir tous les livres de cul sous la main, non?
HAWK: Ah ben c'est sûr que c'est mieux que d'avoir tous les livres de main sous le cul.

Je les aime nombreux et variés

Je les consomme sans distinction de genre, avec un appétit qui frôle la boulimie, et j'aime m'en faire plusieurs à la fois. Non, je ne parle pas de partenaires sexuels (tss tss, que vous avez l'esprit mal tourné...) ni même de tablettes de chocolats, mais de livres.

Il y a d'abord le livre de sac, qui doit être un poche pas trop épais pour que je ne craigne pas de l'abîmer en le trimballant partout. C'est celui que je sors dans le train ou l'avion après avoir fini mes magazines, dans les cafés quand je vais boire un verre seule ou dans la salle d'attente du docteur si je n'y trouve que des Femme Actuelle d'octobre 1987. Comme je peux passer plusieurs semaines sans y toucher, j'évite de choisir des page-turners dont on a envie de connaître la suite immédiatement. Un recueil de nouvelles tel que le "Petit éloge des grandes villes" de Valentine Goby ou un essai du style "King-Kong théorie" de Virginie Despentes convient très bien.

Il y a ensuite le livre de toilettes qui aide à prendre son mal en patience durant les périodes de transit laborieux. A l'instar du livre de sac, sa lecture est sporadique, bien qu'avec des occurrences plus rapprochées. J'aime jeter mon dévolu sur des mangas découpés en chapitres; derniers en date, "Quartier lointain" de Jiro Taniguchi à Bruxelles et l'intégrale de "Maison Ikkoku" à Monpatelin. Là, j'envisage d'attaquer les "Microfictions" de Régis Jauffret, un énooorme recueil de cinq cents nouvelles ultra-courtes (deux pages maximum).

Il y a enfin les livres de chevet, qui sont généralement au nombre de deux: un gros roman que je lis le soir avant d'éteindre la lumière et, pour les jours où je sens que mon attention est limitée, un beau livre de photos, un guide pratique, voire une bande dessinée. Dans la première catégorie, je termine "Wizards at war" de Diane Duane avant d'entamer "Royaume désuni" de James Lovegrove; dans la seconde, j'ai récemment adoré "Cancer and the city" de Marisa Marchetto.

Et vous, vous lisez quand, quoi et comment?

vendredi 18 avril 2008

Survival instinct

HAWK, me décrivant une fille que je ne connais pas: Elle ne s'aime pas beaucoup parce qu'elle est assez ronde.
MOI: Ronde comment, comme moi?
HAWK: Un peu plus. Et surtout, ronde liquide.
MOI: Gni?
HAWK: Oui, tu sais, le genre mou qui déborde de partout.
MOI: Ah. Et moi, je suis ronde comment?
HAWK, probablement mû par son instinct de survie: Ronde dure.

L'Oulette

Mardi soir, en banlieue parisienne. Nous avions convenu que JC me ferait à manger chez lui; comme il était en train de repeindre l'intérieur de sa maison, il a préféré m'emmener au restaurant. "On va aller à l'Oulette; tu connais?" Euh, oui. C'est là que nous avions (très bien) mangé avec B. la dernière fois que nous étions sortis tous les trois, en août 2006. J'étais séparée de l'Homme depuis quelques mois et relativement sereine. Bien sûr, c'était avant d'apprendre à quel point il m'avait trahie et prise pour une truite. Bref. Je gardais un bon souvenir de l'endroit, tant pour la cuisine que pour l'atmosphère, et il n'a pas fallu insister beaucoup pour me convaincre d'y retourner.

Situé non loin de Bercy, l'Oulette fait de la cuisine qualifiée d'"inventive", c'est-à-dire plus originale que la moyenne des restaurants. Après avoir dîné deux ou trois fois aux Magnolias, je trouve ça assez classique - et néanmoins délicieux. Pour l'apéro, JC et moi prenons tous les deux un cocktail maison à base de deux liqueurs de fruits et d'un vin pétillant - ça change un peu de mon éternel kir royal, mais pas tant que ça non plus. J'enchaîne sur une compression de foie gras et de magret de canard avec sa gelée de betterave, absolument divine. Puis, parce que j'adore ça et n'en ai pas mangé depuis une éternité, des ris de veau aux asperges vertes, cuits et assaisonnés à la perfection. Enfin, comme rien ne me tente vraiment dans les desserts (je ne suis pas très sucré), j'opte pour une assiette de fromages succulents avec le pain aux noix et le très bon vin rouge que nous a conseillé le sommelier. Je conclus en réclamant un thé vert et ai la bonne surprise de voir arriver sur la table du Fujiyama Mariage Frères, mon préféré.

Nous passons un chouette moment dans ce resto, entre expérience culinaire comme je n'en partage guère qu'avec JC (personne d'autre, dans mon entourage, n'a à la fois les moyens et le goût de sortir dans ce genre d'endroit) et conversation à bâtons rompus. Après avoir discuté travail pour nous chauffer un peu, nous réussissons à évoquer notre chère absente avec émotion mais sans céder à la facilité des larmes. Nous parlons franchement des aspects les plus douloureux du deuil - et aussi de l'humour noir que l'on peut trouver dans certaines situations. Nous nous comprenons, je crois.

C'est JC qui prend l'addition, donc je ne la vois pas. A vue de nez, je dirais qu'il y en a pour un peu plus de 100 euros par personne. Bien sûr, ça peut paraître cher; mais honnêtement, ça les vaut. Le personnel de l'Oulette est attentif et discret à la fois, la salle conviviale sans être bruyante, la cuisine savoureuse et les portions très bien calculées pour apaiser la faim sans que le client ressorte de table avec l'impression qu'il va exploser. La carte propose aussi bien de la viande que du poisson, et pour les budgets plus modestes il y a un menu à 51 euros vin compris. Si vous avez envie de vous faire un bon resto en amoureux ou de fêter quelque chose, l'Oulette ne devrait pas vous décevoir.

L'Oulette, 15 place Lachambeaudie, 75012 PARIS

mercredi 16 avril 2008

Nouvelle Star - 3ème prime en direct de Baltard

A peine le temps de rentrer de la gare du Midi et d'avaler une soupe aux champignons que déjà, me revoilà devant ma télé avec mon ordi sur les genoux pour faire le commentaire du prime de ce soir en direct.
Virgine Efira a une coiffure Belle des Champs; Lio porte une vraie robe qui lui descend plus bas que les fesses (mais pas vraiment jusqu'aux genoux, faut pas exagérer non plus); je commence à rêver de pousser Sinclair sous une tondeuse et qu'est-ce que c'est que ce smoking ridicule; Manoeuvre se prend pour Jeanne Mas en rouge et noir; Dédé est toujours Dédé.
Les candidats attaquent avec une chanson de Pink. Je n'aime pas les exercices de groupe; je trouve qu'on n'entend personne au final.
Pas de bol, ce soir tous mes préférés passent dans la deuxième moitié de l'émission.
Jules attaque avec le "Syracuse" d'Henri Salvador. Lio ferme les yeux de bonheur; cette fois, elle a dû fumer son pétard avant le prime. Je trouve que la chanson ne va pas du tout à Jules: un crooner de 17 ans, ça ne fait pas très crédible.
Sian, la candidate belge comme Christine Massy ne cesse de nous le rappeler, nous fait la chanson probablement la plus reprise de tous les temps avec "My Way": "I will survive". Plus souriante que d'habitude, mais sa voix me touche toujours aussi peu et je trouve qu'elle ne dégage pas grand-chose. Elle ferait une bonne chanteuse de piano bar, sans plus. Sinclair a raison: elle a la technique, mais pas l'émotion.
Kristov, notre miraculé de la semaine dernière, reprend "Aline". Sa prestation est honorable.
Duo Sian/Amandine sur "Diamonds are forever". La black en blanc et la blonde en noir: la styliste ne s'est pas foulée. Totalement hors de son registre, Amandine se balade et, une fois de plus, elle est juste sublime. Sérieusement. Je pense que cette fille réussirait à m'émouvoir en chantant l'annuaire des Postes.
Ycare s'essaie à "It's oh so quiet" de Björk. Un choix courageux et original. L'orchestration est jazzy, ça va plaire à Dédé. Ycare fait son zébulon sans jouer sur le registre du trop d'émotion comme la semaine dernière. J'aime. Le jury aussi; il récolte quatre bleus.
Lucile n'a pas été échaudée par la mésaventure d'Axelle; elle nous fait rien moins que "La vie en rose". Avec sa petite voix de gamine? Hum. Je suis d'accord avec Lio: elle minaude. Et se prend trois rouges.
Thomas a choisi (ou on lui a imposé, je ne sais pas bien) "Bittersweet symphony", morceau chargé de souvenirs pour moi. Je trouve qu'il chante trop fort et en forçant exagérément son accent. Sa prestation ne m'emballe pas. Bien que je l'apprécie énormément, je voterais comme Dédé sur ce coup-là.
Trio Julien/Ycare/Kristov sur "Les playboys": ils s'amusent, c'est mignon.
Benjamin interprète "Madame rêve". Et sur cette chanson que j'adore, il réussit à me toucher pour la première fois. Même s'il aurait pu se lâcher un poil plus. Lio est subjuguée; elle ressemble à un lapin pris dans les phares d'une voiture.
La minute inutile: le raisin sec est aussi l'ennemi d'Amandine; dans mes bras, mon amie, ma soeur!
Cédric reprend "I've got you under my skin"; ça lui va mieux que les chansons des prime précédents. Lio en mouille sa culotte.
Cette semaine, c'est sur "Say it ain't so" que Julien souffre. Car bon, j'aime bien ce garçon, mais il semble toujours en train de peiner sur les toilettes. Ca serait bien qu'il arrête les grimaces. Mince alors, Dédé dit tout pareil que moi!
Trio Lucile/Thomas/Cédric, "Comme un boomerang": très sympa, avec un côté "Jules et Jim" pour ajouter à la tonalité sulfureuse de l'original.
Amandiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine! Hum. Pardon. "Ne me quitte pas". Décidément, ils tapent dans les poids lourds du répertoire ce soir. Amandine chante d'une voix très différente, dans laquelle son éraillure transparaît à peine, fugacement, comme si elle ne pouvait pas l'empêcher de remonter à la surface. Je ne sais pas quoi en penser, d'autant que je vomis le morceau. Manoeuvre est très clair, en revanche: si Dédé continue ses critiques, il lui tape dessus.
Duo Benjamin/Jules, "I'm just a gigolo". Eux aussi, ils s'amusent, et le résultat n'est pas désagréable.
Pronostic, hmmm... Hawk et moi on se débarrasserait de Sian sans l'ombre d'une hésitation, belgitude be damned.
NOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOON! C'est Julien qui est viré! Je suis dégoûtée. J'espérais très fort qu'il ferait partie du dernier carré. Mais c'est vrai que ses prestations des deux dernières semaines étaient décevantes. Bouhou.

Paris en avril

dimanche 13 avril 2008

"La consolante"

Comme des millions de lecteurs, j'avais adoré "Ensemble c'est tout" pour ses personnages cabossés par la vie mais tellement humains et attachants, la façon dont petit à petit ils se construisaient un univers plein de fantaisie et de tendresse, les dialogues qui sonnaient tellement vrai, la narration qui prenait de charmantes libertés avec les principes littéraires. Quatre ans plus tard, je n'ai guère hésité à acheter le nouveau roman d'Anna Gavalda dès sa sortie, ce que je fais rarement: les grands formats sont très chers et prennent trop de place dans ma bibliothèque déjà fort encombrée. "Miam, me suis-je dit, plus de 600 pages, voilà de quoi me régaler pendant plusieurs longues soirées."

J'ai lu "La consolante" cette semaine, et malheureusement il m'a beaucoup déçue. J'ai eu un mal fou à m'intéresser à son héros, ce presque quinquagénaire bouffé par son boulot d'architecte, coincé dans une relation moribonde et hanté par le souvenir d'une femme fantasque qu'il aima jadis. Pendant les deux tiers du livre, j'ai attendu qu'il fasse autre chose que ressasser interminablement ses souvenirs. Du coup, la nouvelle histoire d'amour pliée dans les 200 dernières pages m'a paru trop précipitée - bâclée, même. On peut arguer que le personnage, après avoir perdu autant de temps, était enfin mûr pour une action prompte et décisive; mais si ça peut, à la limite, tenir la route psychologiquement, ce n'est pas très satisfaisant pour le lecteur qui aurait préféré passer plus de temps avec la famille joyeusement bordélique des Vesperies qu'avec Anouk et son désespoir existentiel. Quant à la fin, elle tient du happy end un peu trop bien ficelé où tous les problèmes s'arrangent d'eux-mêmes comme par miracle.

Mais surtout, ce qui m'a empêchée d'apprécier "La consolante", c'est cette habitude absolument exaspérante qu'a l'auteur d'omettre le sujet de ses phrases. Quand c'est le même personnage qui accomplit toute une suite d'actions, ça passe assez bien. Mais dès que la scène comporte plusieurs protagonistes, ça gêne la compréhension: on ne sait plus qui fait quoi, et ce procédé, au lieu de fluidifier le texte, produit l'effet contraire en obligeant le lecteur à revenir en arrière pour essayer de visualiser les choses. Je n'ai pas le souvenir d'avoir trouvé ça si pesant dans "Ensemble c'est tout"; là, ça vire au tic d'écrivain et c'est juste pénible.

J'ai bien conscience qu'il doit être très difficile d'enchaîner après un succès aussi phénoménal que celui d'"Ensemble c'est tout", mais pour moi, "La consolante" ne tient pas ses promesses. Mention "petit bonheur", toutefois, à l'apparition fugace de deux des héros du roman précédent - un joli clin d'oeil adressé aux lecteurs fidèles.