mardi 8 avril 2008

Guitar Hero III 666

Guitar Hero est un jeu diabolique.
Pas seulement parce qu'au final, notre version américaine nous sera revenue au même prix qu'une version européenne pour un jeu qui ne passe qu'en noir et blanc sur notre télé (et croyez-moi, distinguer les touches bleues et jaunes juste d'après leur place, c'est pas évident du tout à partir du mode medium où ça commence à défiler assez vite).
Pas non plus parce qu'il a failli être la cause indirecte de notre séparation le week-end dernier.
Et même pas parce que le dernier niveau se déroule en enfer, où on doit battre Satan en duel pour débloquer l'ultime morceau.

Non, si Guitar Hero est un jeu diabolique, c'est parce que...
D'abord, dedans, y'a la musique que j'aime: pas du blues, donc, mais du bon vieux rock bien lourd, celui que je n'entends jamais ni la à radio, ni à la télé, ni dans les magasins ou les bagnoles des copains. Notamment quelques morceaux mythiques pour moi, à savoir "Rock you like a hurricane" de Scorpion, "Welcome to the jungle" des Guns'n'Roses et... "The number of the beast" d'Iron Maiden.
(Puis aussi "Radio song" de Superbus qui fait ressortir mon côté fille sautillante on-dit-que-je-suis-chiante, mais chuuut!)
Ensuite, la guitare. C'est un peu comme si elle était ensorcelée. Dès que je l'ai entre les mains, c'est plus fort que moi, j'avance les hanches, je penche le buste en arrière, je donne des petits coups d'épaule pour accompagner les accords: bref, je m'y crois complètement. L'esprit du rock'n'roll me possède. Malheureusement, il ne descend pas plus bas que les poignets. J'ai donc la totale attitude et des performances techniques risibles. Story of my life...

Ce jeu, je vous jure, c'est pire que le crack. Une fois commencé, impossible de s'arrêter. Les doigts crampent sur le manche et ripent sur la strum bar, les yeux brûlent et larmoient à force de fixer l'écran, les notes se brouillent et dansent une sarabande effrénée ponctuée de couacs de plus en plus nombreux, et pourtant rien n'y fait. Il faut jouer encore un morceau, essayer d'obtenir un streak encore plus long ou un pourcentage encore plus proche du 100. "Allez, juste une petite dernière..." Refrain bien connu des alcooliques et des drogués.
Pendant ce temps, le four s'obstine à refuser de cuire le tian à la provençale, mais ce n'est pas grave: on va engloutir pommes de terre et aubergines à moitié crues en vitesse pour pouvoir se remettre à jouer dès la dernière bouchée avalée. Et on abandonnera une énorme pile de vaisselle sale en remettant son nettoyage aux calendes grecques - date approximative à laquelle on estime qu'on arrivera à enchaîner trois ou quatre notes en mode expert.
Le pire, c'est que nous avons déjà contaminé Phil H et Julie (qui se débrouillent bien mieux que nous, mais on va dire que c'est parce qu'ils sont djeûns), et qu'à mon avis, Soeur Cadette et son mari seront les prochains sur la liste.
Beware of Guitar Hero!!!

lundi 7 avril 2008

Le petit bonheur imprévu du lundi matin

Ce matin en me connectant sur le site de ma banque pour consulter mes dernières opérations, j'ai eu la surprise d'y trouver un virement d'Editeur Préféré au titre du "relevé des ventes décembre 2007". Sauf erreur de la comptable, ça signifie qu'un ou plusieurs des bouquins que j'ai traduits pour eux ont rattrapé le montant de l'avance qui m'avait été faite et commencé à générer des droits d'auteur supplémentaires. En quatorze ans de carrière, c'est la toute première fois que ça m'arrive. Et par un heureux hasard, le montant est, à 25 euros près, le prix du sac Gérard Darel ultra-cher que je me suis offert il y a dix jours (celui qui est aux pieds de Charlotte sur la photo de gauche). Apparemment, il y a un bon Dieu pour les shopaholics ^^
[EDIT: Bon bon, autant pour moi, en fait ce sont des droits de prêt que l'éditeur me répercute. C'est moins gratifiant, mais ça se dépensera tout aussi bien.]

dimanche 6 avril 2008

Môdite de l'anniversaire (éternelle rengaine)

Je trouvais ça étrange qu'une de nos méga disputes explosives soit tombée un jour où on ne fêtait rien.
(Par ordre chronologique, les trois précédentes avaient eu lieu:
- pour Halloween
Puis j'ai réalisé. J'avais démarré "Le temps n'est rien" le 5 avril 2004. Hier était donc mon quatrième anniversaire de blog.
Hawk aura bientôt 38 ans. Nous allons devoir redoubler de prudence. Jusqu'au 24 avril, les seuls sujets de conversation admis à la maison seront les menus de la semaine ("pour la soupe de ce soir, je prends tomate/mascarpone ou potiron/carottes/orange?"), la météo bruxelloise ("c'est bien agréable de revoir enfin le soleil après cet hiver interminable, tu ne trouves pas?") la couleur de mon vernis à ongles ("tu me préfères en Satin Noir de Chanel ou en Rouge Tango d'Estée Lauder?") et le choix des DVD à regarder ("séquence beuuurk avec Nip/Tuck, nostalgie avec Buffy ou drame chez les people avec Dirt?").

La nuit porte conseil

Opération rapatriement en France annulée. Je répète: opération rapatriement en France annulée.
Reprise de l'activité bloguesque normale dès que nous serons remis de nos émotions.

samedi 5 avril 2008

Sitôt arrivée, sitôt repartie

L'aventure bruxelloise s'achève ici.
Le blog "Moody & Cookie" également.
Merci à tous ceux qui nous ont suivis.

vendredi 4 avril 2008

Dans la série "mes démêlés avec la poste belge"...

Aujourd'hui, 43 minutes d'attente pour m'entendre dire, en arrivant au guichet, que mon colis censé être au bureau de Flagey depuis hier se balade encore quelque part dans le système de distribution, et que je suis invitée à repasser à partir de lundi.
Grrrrrrr.
Sur une note plus positive, ça doit bien faire trois mois que Taxipost n'a égaré ni renvoyé aucun de mes paquets en provenance des USA.

A quelque chose malheur est bon

Parce que mon carnet de santé restait muet sur la question, j'ai feuilleté il y a quelques jours mon agenda 1998 pour vérifier si j'avais bien effectué mon rappel de vaccin DTPolio cette année-là.
Il faut savoir que j'archive ma vie de toutes sortes de manières. Il y a eu pendant presque 25 ans un journal papier que mon premier blog est venu remplacer; il y a quantité de carnets de voyage et d'albums de scrapbooking commémorant les occasions importantes; il y a enfin, depuis le début des années 90, des agendas distincts du Filofax que j'utilise tous les jours, et sur lesquels je note non pas ce que j'ai à faire mais ce que j'ai effectivement fait. J'y colle mes tickets de cinéma ou de spectacle, les cartes des restos dans lesquelles je vais, les étiquettes de mes fringues préférées et tout un tas d'autres memorabilia.
Dans celui de 1998, donc, à la date du 2 octobre, j'ai trouvé la mention "cours d'essai aïkido". Et une semaine plus tard, un article découpé dans la feuille de chou locale, avec une photo en noir et blanc de l'Homme en train de faire une prise dont j'ai oublié le nom. Dessus, il a les cheveux coupés très courts, un air concentré et un visage moins marqué que dans mes souvenirs. Il allait fêter ses 32 ans. Il devait se marier l'été suivant - ce qu'il s'est gardé de me dire jusqu'au mois de mai, quand sa copine a débarqué un soir à la salle. Evidemment, entre-temps, j'étais devenue tellement accro que ça n'a même pas réussi à me décourager. S'en est suivi le désastre sur lequel je me suis déjà longuement répandue ici.
Je me rappelle avoir hésité jusqu'à la dernière minute à aller faire ce fameux cours d'essai. La saison était déjà commencée et j'ai horreur d'arriver en retard par rapport aux autres. Il ne devait pas faire très beau ce jour-là et j'avais sans doute la flemme de sortir de chez moi. Je pensais aussi que l'aïkido serait un art martial trop soft pour moi. Finalement, je me suis secouée. Et à l'instant où mon regard s'est posé sur le prof, j'ai su que j'étais foutue.
Si je pouvais revenir en arrière, resterais-je chez moi ce jour-là? Je suis tentée de dire "un immense OUI" Lio-staïle. Avec le recul, cette relation ne m'a vraiment pas apporté grand-chose et j'y ai perdu beaucoup. Mais sans ce plantage monumental, me serais-je rendu compte que le profil de mec qui me faisait craquer depuis toujours (solide comme un roc, et à peu près aussi bavard et sensible) était à l'opposé de ce qui me convenait? Aurais-je su voir et accepter que Hawk et moi étions faits l'un pour l'autre? Sans doute pas. Si ça se trouve, on ne se serait même jamais rencontrés...

mercredi 2 avril 2008

En direct de Baltard

Je suis chez moi, le ventre plein de tartines poulet/gouda/moutarde, bien calée dans Chloé le canapé transexuel. Ce soir c'est la première émission de la Nouvelle Star à Baltard et je me la joue "je commente en direct".
Virgine Efira est mignonne comme tout et de plus en plus à l'aise. Les années précédentes, elle en faisait un peu trop, là je la trouve juste dans le ton.
Le jury: Lio a une choucroute sur la tête et Sinclair n'a pas été chez le coiffeur depuis trop longtemps. Philippe Manoeuvre me rappelle Titi avec ses lunettes de soleil; je ne vais pas tarder à le prendre en grippe. Dédé est toujours Dédé.
N°1, Sian ("Fever"): je ne suis pas fan de la chanson, et son interprétation manque un poil de sexitude, mais en même temps c'est bien de changer un peu et de la jouer soft. Une chose est sûre, vocalement elle se balade.
N°2, Kristov ("Help"): il a du courage de s'attaquer à un classique et il se la joue ludique, ce qui me paraît un bon choix. Mais je ne raffole pas des crevettes en slim à barbichette et lunettes d'intello.
Un quintet rapide sur "La lettre" de Renan Luce; quatre gars à la guitare et une fille paumée au milieu. Ca me fait juste penser que je voulais écouter l'album.
N°3, Benjamin ("This is a man's world"): il ressemble à Beaver Casablancas dans Veronica Mars et ça me perturbe. Vocalement il assure comme une bête, mais son univers musical ne me touche pas.
N°4, Fred ("Le temps des fleurs" - enfin je crois): j'adore la chanson, j'aime la façon dont il l'interprète, mais son jeu scénique est beaucoup trop nerveux à mon goût. Le jury n'aime pas, il se prend 2 rouges.
N°5, Thomas (un morceau de Franz Ferdinand que je ne connaissais pas mais qui me plaît beaucoup): lui je ne l'avais même pas vu pendant les sélections, et je lui trouve un physique mou consensuel, mais sous ses dehors un peu fades, ouaaaah! Il déchire. A suivre.
N°6, Lucile ("J'envoie valser"): elle est très mimi, mais bof. Juste bof.
Trois filles et deux gars sur "Imagine". Au risque de me faire lyncher par les puristes, les Beatles m'endorment.
N°7, Julie (encore un classique dont j'ignore le titre): la chanson me gonfle, sa voix me gonfle, j'aimerais bien qu'elle s'en aille ce soir même si ça doit faire de la peine à sa mamie.
N°8, Cédric ("Vertige de l'amour"): sa voix n'a ni la gouaille ni le relief de celle de Bashung, et je ne le trouve pas crédible dans son trip rocker alors qu'il fait tellement gendre idéal. Par contre, le jury adhère à fond.
N°9, Julien ("U-turn"): un de mes chouchous des sélections, et en plus il vient de la même ville que moi. Sa voix me scotche; je trouve ça incroyable de pouvoir exprimer autant d'émotions déchirantes à son âge. En plus c'est l'un des rares candidats qui ne me fait pas grincer des dents quand il chante en anglais. Je le veux, je le veux, je le veux.
N°10, Cindy ("Divine idylle"): disons juste que si le public ne la garde pas, je ne me jetterai pas par la fenêtre. Lio traite la chanson de mièvre; dire que je la trouvais sympa jusqu'ici...
N°11, Amandine ("Nothing compares 2 U"): elle se mélange un peu dans les paroles, mais je la trouve juste sublime dans le genre écorchée vive. Une espèce de Courtney Love plus timide que trash. Elle reçoit une ovation bien méritée. Si elle n'arrive pas dans les quatre derniers, je mange ma télécommande.
N°12, Axelle ("L'hymne à l'amour"): pas vue pendant les sélections. Elle ressemble vaguement à l'ex-femme de l'Homme. Pas vraiment le coffre de Piaf mais une jolie voix limpide et de l'émotion. Ca ne suffit pas au jury qui la fracasse.
Trois garçons à la guitare et deux filles qui se dandinent sur "Dis-moi" des BB Brunes. Cette année, à part Amandine, il n'y a que les gars qui jouent d'un instrument, on dirait. La chanson me laisse de marbre.
N°13, Jules ("Toxic"): il reprend une chanson de fille à la Julien Doré. Vocalement rien à redire, mais il est statique et... depuis le début, je ne le supporte pas. Il a une tête d'E.T., une attitude de branleur et une coiffure qui me donne juste envie de sortir mes ciseaux. Par contre, le jury est en extase.
N°14, Clément ("Pomme C"): je le vois pour la première fois. La chanson ne me bouleverse pas, lui non plus. Peut dégager en ce qui me concerne. En ce qui concerne le jury - qui l'assassine avec 4 rouges -, aussi.
N°15, Ycare ("Le chanteur"): aux sélections il avait l'air à moitié cinglé, et en plus il reprend le tube qui a fait connaître mon idole d'adolescence. Je suis prête à le haïr, mais raté: c'est très bien. Très très bien.
Maintenant, les pronostics. Moi, je vire Clément, Cindy, Julie, Lucile et Cédric. Mais je pense qu'Axelle et Fred risquent de partir et Cédric et Julie de rester. Verdict après une page de pub...
Les six candidats ayant obtenu le moins de votes sont: Sian, Fred, Clément, Cindy, Axelle et Julie. Le jury va sauver Sian c'est sûr...
Ah ah j'avais raison presque sur toute la ligne.
A la semaine prochaine si Dieu et Voo le veulent bien.

En avance d'un an sur la hype

En couverture de Voici cette semaine: Angelina Jolie et Brad Pitt s'apprêtent à acheter une maison à Eygalières, ce charmant petit village provençal où Hawk et moi avions passé mon anniversaire l'an dernier. Le mas sur lequel ils auraient jeté leur dévolu se trouve face à la chapelle Saint-Sixte où nous avions pris des photos de Régis, et donc probablement juste à côté du Mas du Pastre dont les roulottes risquent fort de se voir prises d'assaut par les touristes désireux d'apercevoir du people. Dommage pour le charme tranquille du coin, qui risque fort de devenir le St-Tropez des Alpilles.

mardi 1 avril 2008

Message d'intérêt général

MONSIEUR TOUT-LE-MONDE EST UN FOURBE
QUI JOUE A LA WII SANS LA LUMIERE DE SA VIE

My taylor is rich, and my dentist is mean

En 1998, quand je me suis réinstallée dans ma ville natale après de nombreuses années d'absence, j'ai demandé autour de moi si quelqu'un connaissait un bon dentiste. Une amie d'Etre Exquis m'a recommandé le sien en me disant: "Son cabinet est juste à côté de chez toi, et tu verras, il est bonnard, il chante en te soignant!".
Je n'ai personnellement jamais eu droit à une sérénade. Mais le docteur Jacques E. me fait mal le minimum syndical; il est charmant et toujours de bonne humeur (excepté en 2006 où sa femme venait de le quitter et où nous avons vitupéré ensemble contre nos ex respectifs), si bien que dix ans plus tard, je lui confie toujours mon détartrage annuel.
Ce matin donc, j'arrive chez lui un peu inquiète.
- Il y a quelques jours, j'ai découvert une tache brune assez grosse sur une de mes dents de devant, j'espère que c'est juste de la coloration alimentaire et pas une carie.
- On va voir ça tout de suite, allongez-vous.
Le docteur Jacques E. saisit un instrument et gratte la dent incriminée.
- Ah non. C'est pas de la coloration alimentaire. C'est une carie. Et puis une belle, en plus. (Il l'examine avec un froncement de sourcils concentré.) Bien profonde.
Je déglutis.
- Vraiment?
Il hoche la tête.
- Oui. Et les caries comme ça, c'est galère à soigner.
Il laisse passer un instant de silence durant lequel je me recroqueville sur moi-même.
- C'est toujours plus grave que ce qu'on pourrait croire... les caries du premier avril.
Aaaaargh. Je m'étais pourtant juré de ne pas me faire avoir cette année!
Bien sûr j'ai traité le docteur Jacques E. de méchant, méchant homme. Il a répliqué que ça n'était pas une bonne idée de l'insulter pendant qu'il avait la fraise à la main. Je me suis immédiatement tue.
L'avantage, c'est que j'étais tellement soulagée que le détartrage m'a paru bien moins pénible que d'habitude.

dimanche 30 mars 2008

Sweet Sunday afternoon

A 13h02, j'étais à poil dans la baignoire en train de rincer ma teinture "rouge intense" quand j'ai réalisé.
L'unique bus que je pouvais prendre pour aller cet après-midi chez C&C passait à 13h17.
Un quart d'heure pour finir de me doucher, essorer mes cheveux dégoulinants, enfiler une tenue vaguement cohérente (T-shirt Harley Daytona + Levis à dragon + boots de moto), étaler une couche de Diorskin Pure Light, mettre un peu de mascara noir et deux pschitt d'Orange Magnifica, transvaser mes affaires de mon sac précédent dans le Gérard Darel tout neuf que je viens de payer un rein, localiser un bouquin et un rouge à lèvres, retrouver le Tupperware dans lequel C&C m'avaient fait emporter des lasagnes il y a plusieurs mois déjà, attraper mon blouson au vol et courir jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche.
J'y suis arrivée. Le cheveu encore trempé comme si je sortais de la piscine, le maquillage pas fini, mais j'y suis arrivée.
Ca valait le coup de me dépêcher. Sans ça, j'aurais raté l'occasion de m'entendre dire "mon Dieu, mais tu es plus belle et plus rayonnante à chaque fois que je te vois" (visiblement j'ai le coup de main pour appliquer du rouge cerise pétasse dans un bus en marche), de manger de délicieuses crêpes avec du sucre à la framboise (du vrai avec les grains qui craquent sous la dent et pas le machin impalpable qu'ils utilisent en Belgique), de me faire battre sur la Wii au bowling et au tennis par une fillette de cinq ans et demi (no comment), de découvrir la cote actuelle des toutes premières cartes Magic dont je me suis débarrassée il y a plus de dix ans (mon Shivan dragon s'échange désormais pour 85 euros, argh!), de faire des dessins au feutre et de recevoir en échange un superbe portrait de moi avec des mains violettes (mais des cheveux pile de la bonne teinte et deux coeurs tout choupinets au-dessus) et de dîner de pizza 4 fromages maison à une heure où je peux encore espérer la digérer avant d'aller dormir.
C&C et leurs enfants sont l'un des très rares bonheurs qui me font dire que je n'ai pas tout à fait perdu les sept ans passés avec l'Homme.

samedi 29 mars 2008

Panne des sens

Très peu de temps après que je sois venue m'installer à Bruxelles, un problème de santé inopiné a fait que notre vie sexuelle jusque là extrêmement intense est tout d'un coup passée au quasi point mort. Imaginez une Ferrari qui ne peut subitement plus rouler qu'en première et vous aurez une petite idée de l'effet produit.

Or, le couple que je forme avec Hawk s'est fondé sur nos libidos hypertrophiées et passablement tordues. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui me faisaient redouter la vie à deux. La familiarité et la disponibilité engendrant fatalement une forme d'ennui, je craignais soit qu'on parte dans des délires de plus en plus intenables pour entretenir le désir à toute force, soit qu'on retombe dans l'apathie qu'on avait tous deux connue sur la fin avec nos précédents partenaires. Et qu'on réalise qu'au-delà de notre merveilleuse entente sexuelle, on n'avait finalement pas grand-chose en commun.

C'est tout le contraire qui s'est produit. Oh bien sûr, la frustration n'a pas manqué de pointer le bout de son nez et de provoquer un ou deux accrochages. Mais dans l'ensemble, la situation nous a surtout permis de nous rendre compte que le sexe n'était qu'une toute petite partie de ce qu'on partageait. Que nos sentiments ne dépendaient que très peu de ce que nos corps pouvaient se faire ou non. Que notre relation n'était pas juste basée sur le cul, mais aussi sur l'écoute, la compréhension, le respect des blessures et des blocages de l'autre, un besoin constant de se parler et d'échanger des idées, une envie commune de créer, une dynamique qui fait ressortir le meilleur de chacun de nous et nous donne envie d'avancer en tant que couple et qu'individus.

Et même si je me serais bien passée de le découvrir de cette façon, savoir cela est immensément rassurant.

vendredi 28 mars 2008

L'inconnu(e) du 29

Hier à la sortie de la gare SNCF, j'ai pris le bus pour finir le trajet jusqu'à Monpatelin. Il était presque vide quand je suis montée dedans; j'ai donc réquisitionné les deux places derrière le chauffeur: celle contre la vitre pour mettre ma valise par terre et mon ordi + mon gros sac à main sur le siège, et l'autre pour poser mon séant.
Deux stations plus loin, le bus subit un assaut de lycéens fraîchement sortis de cours. Il ne reste pas une seule place de libre quand je vois monter une personne de sexe indéterminé à l'allure extrêmement étrange. Longs cheveux clairsemés, tire-bouchonnant sur les épaules et hésitant entre le gris et le jaune. Visage aux traits a priori masculins; un oeil gonflé et à demi fermé; joues rouges; dentition abîmée. Sweat-shirt XXL à message humoristique. Jupe informe en molleton marron. Jambes nues; celle de gauche ne semble avoir ni cheville ni talon. Chaussettes de laine grise tire-bouchonnées sur Converse basses rouges ayant connu des jours meilleurs.
J'entends cette personne expliquer au chauffeur qu'elle ne peut pas rester debout dans un bus en mouvement, et ce que je redoutais arrive: elle se tourne vers moi en souriant et demande d'une voix aussi masculine que ses traits: "Pardon mademoiselle, je peux me mettre à côté de vous?" Je pousse donc mes bagages pour me tasser sur le siège contre la vitre. Comme ma valise occupe toute la place au sol, je me retrouve dans une position très inconfortable, les jambes de biais à demi sur le siège côté allée. Et toute ma cuisse droite pressée contre la cuisse gauche de mon voisin (ou ma voisine, allez savoir). En temps normal, déjà, je déteste la proximité physique avec des inconnus. Là, je priais carrément pour que cette personne descende le plus vite possible.
Pourtant, l'exiguité des sièges mises à part, elle ne me dérangeait en rien. Elle ne sentait pas l'alcool, n'avait pas d'odeur corporelle déplaisante, s'exprimait tout à fait correctement et n'a pas cherché pas à engager la conversation avec moi (mon cauchemar dans les transports en commun). J'ai essayé de définir ce qui me mettait si mal à l'aise. Son handicap physique, un petit peu. Sa mise de SDF, un petit peu aussi. Mais dans le fond ce qui me perturbait le plus, me semble-t-il, c'est que j'étais incapable de la ranger dans une case. Homme ou femme? Aucune idée. Trop propre pour vivre dans la rue. Trop mal attifée pour quelqu'un de "normal". Trop normale dans son comportement et ses paroles pour être soûle ou dingue.
Je ne pouvais pas lui coller d'étiquette, donc elle me faisait vaguement peur. Alors que depuis toujours je prétends vomir le conformisme et prôner l'individualité à tout prix.
Sur ce coup-là, franchement, j'ai eu honte de moi.

jeudi 27 mars 2008

Projets pour la semaine

- Profiter de l'absence de distractions dans Monpatelin pour bien entamer la trad du tome 4 de Série Sympa
- Aller chez Champion faire un stock de tous les trucs indispensables à ma survie que je ne trouve pas au Delhaize Flagey, à savoir: Lipton vert aux agrumes, 5 baies (et pas "sinkbêêêh" à la belge), crème de marrons mangeable, strips Nivéa et eau démaquillante de la marque que j'aime
- Boucler ma déclaration de revenus 2007 et entrevoir l'Homme-ce-traître juste le temps de la lui faire signer
- Expédier mon détartrage annuel chez le dentiste (je déteste qu'on me touche les dents, raison de plus pour prévenir plutôt que guérir)
- Faire mon rappel de vaccin DTpolio chez Gentil Généraliste; en profiter pour lui toucher deux mots de mon torticolis persistant et de mes angoisses actuelles pour voir s'il me prescrit des médocs rigolos
- Déjeuner avec Etre Exquis au super salon de thé où on goûte d'habitude, pour changer un peu
- Passer chez Etam Lingerie claquer les 80 euros de chèques fidélité que je viens de recevoir; un pyjama supplémentaire et une paire de pantoufles qui ne puent pas (ou à défaut des chaussettes à semelle antidérapante) seraient les bienvenus
- Tâcher d'éviter la crise cardiaque quand l'employé(e) de ma mutuelle m'annoncera à combien je dois porter mes cotisations mensuelles pour bénéficier d'indemnités journalières décentes en cas d'arrêt de travail prolongé
- Regarder "Le grand journal" le plus souvent possible, "Pékin Express" mardi soir et "La Nouvelle Star" mercredi: ma chouchoute Amandine sera à Baltard!
- Essayer d'aller dîner chez C&C (mais quand?)
- Faire le ménage en prévision de la venue de Hawk (*heart* *heart* *love* *kiss*) à la fin du mois prochain

Bulletin météo comparatif

Bruxelles: 0° dehors, pluie et vent, mais appart délicieusement douillet.
Monpatelin: 18° dehors, grand soleil, mais appart glagla et impossible à chauffer.
Je ne peux juste pas gagner.

mercredi 26 mars 2008

Le plus beau cadeau de l'univers

...Et en plus, il va le faire avec moi!!!
*heart* *heart* *heart*

La journée commence bien

J'ai été réveillée une première fois vers 7h par une attaque-éclair de Scarlett sur mon pied droit qui dépassait malencontreusement de la couette.
J'ai été réveillée une deuxième fois vers 9h par un coup d'interphone qui m'a fait sortir sur le balcon en T-shirt et culotte, par 0° dehors, pour voir qui c'était. Réponse: quelqu'un qui cherchait Mme Fabbri. Il n'y a pas de Mme Fabbri dans l'immeuble.
J'ai été réveillée une troisième fois vers 10h par la sonnerie de mon portable belge. C'était mes parents qui voulaient me souhaiter un joyeux anniversaire.
A ce stade, j'ai pensé qu'il valait mieux me lever.

mardi 25 mars 2008

"The Spiderwick chronicles"

Pour une fois, je suis allée voir un film tiré d'un roman de fantasy sans avoir lu le bouquin avant; je n'avais donc pas de point de comparaison ni d'attentes particulières à part passer un bon moment. Et de fait, un bon moment j'ai passé. Parce que l'aventure qui arrive aux jeunes héros, c'est plus ou moins celle dont je rêvais quand j'étais petite. Tous les éléments étaient réunis: un manoir poussiéreux plein de recoins et de secrets, un mystérieux grimoire aux illustrations alléchantes, un lutin domestique râleur, un souterrain à l'entrée dissimulée, des fées croquignolettes, des monstres dégoûtants des crapauds plein de bave écroulés de rire en contemplant d'autres épaves (JJG, sors de ce corps!) , un vol à dos de griffon... Le tout très bien réalisé et sans autre prétention que faire retomber le spectateur en enfance. En ce qui me concerne, objectif atteint. Seul problème: maintenant, je ne veux plus me trouver un T3 à Ixelles mais une jolie vieille maison dans les bois, et je me dis qu'aller faire ses courses chez Carrefour en créature mythologique plutôt qu'en Ford Cambio, ça serait quand même vachement plus classe.