dimanche 18 novembre 2007

Mon Graal d'hiver

Depuis vendredi, il caille sévère à Bruxelles (surtout pour les gens qui se baladent en jean troué). J'ai apporté mes fringues les plus chaudes quand je suis venue m'installer ici, mais à l'allure où le mercure dégringole, elles ne vont pas suffire longtemps. Hier après-midi, j'ai donc entraîné Hawk dans une quête de pulls que je pensais boucler assez rapidement rue Neuve.
Naïve que je suis!
D'abord, j'oubliais que je ne supporte pas le contact de la laine, et que tout ce qui comporte plus de 15% de lambswool, d'angora ou même de cachemire est donc absolument exclus. A même la peau, il me faut du coton ou du synthétique, point. Et si je commence à superposer les couches, je me transforme très vite en Bibendum Michelin. Exit donc 80% des pulls proposés en magasin.
Ensuite, les décideurs de tendance sont de plus en plus sadiques. Ou alors, ils dessinent des fringues pour la Vénus de Milo. Quelqu'un peut me donner une raison valable de fabriquer des pulls sans bras? Si on porte un pull, c'est parce qu'on se gèle. Si on se gèle, on se gèle partout - on n'est pas entouré par une bulle de froid qui s'arrête miraculeusement aux épaules.
De l'épopée shoppingesque d'hier après-midi, il ressort que trouver un pull avec manches et pas en laine, c'est presque aussi difficile que se chausser chez Sacha (à dire plusieurs fois très vite) quand on fait du 35. Finalement, j'ai réussi à dégoter un col roulé beige tout doux en polyamide/acrylique/élasthane chez Etam, plus un col en V tabac (pour les garçons, tabac = sorte de marron) chez Camaïeu. Plus basique que rock'n'roll, mais pour l'instant ma préoccupation première c'est de ne pas mourir de froid.

Une dédicace chez Brüsel

Ca devait bien faire cinq ans que je n'étais pas allée à une dédicade d'auteurs de BD. J'en avais pourtant accumulé des tonnes pendant ma période nantaise. Ces derniers temps, j'y attachais si peu d'importance que j'ai même revendu, par erreur et à un prix bradé, quatre de mes albums comportant des dessins originaux (les deux premiers Lanfeust de Troy, le tome 3 du Prince de la Nuit et l'Encyclopédie des Lutins de Pierre Dubois). Mais un couple de dessinateurs que nous aimons beaucoup, Hawk et moi, dédicacait chez Brüsel vendredi après-midi, et Hawk n'avait jamais participé à ce genre d'évènement. C'était l'occasion ou jamais.
C'est Hawk qui m'a fait découvrir "Fraise et chocolat", la bédé dans laquelle Aurélia Aurita, une jeune Française de 25 ans, raconte sa vie sexuelle avec un auteur de 20 son aîné dont elle partage la vie au Japon. Le dessin était brouillon mais expressif, l'approche totalement nature et décomplexée, la manière de raconter, tantôt hilarante et tantôt très touchante. J'ai beaucoup aimé. Peu de temps après, j'ai acheté un bouquin appelé "L'apprenti japonais", qui évoquait notamment les frasques sexuelles de son auteur, un certain Frédéric Boilet, au Japon. J'ai vite fait le rapprochement entre les deux.
Or donc, Frédéric Boilet et Aurélia Aurita étaient vendredi après-midi de passage chez Brüsel. J'ai retrouvé le public typique des dédicaces: 90% de nerds à fort taux de pilosité faciale, possédant une connaissance encyclopédique de l'oeuvre des auteurs qu'ils sont venus rencontrer. Pour un peu je me serais crue dans un des clubs de jeux de rôle de mon adolescence, avec tous ces ados boutonneux capables de réciter à l'envers l'immense liste des sorts contenue dans le Player's Handbook d'AD&D. Mais je m'égare.
Nous avions emmené Régis à la dédicace. J'ai demandé à Frédéric Boilet et Aurélia Aurita s'ils voulaient bien poser avec lui. Ils se sont exécutés avec gentillesse. Puis Aurélia Aurita a jeté un coup d'oeil au monstre en peluche que son chéri venait de lui coller entre les pattes et s'est exclamée:
AURELIA AURITA: Oh, c'est un Ugly Doll!
MOI, toute fière: Absolument.
FREDERIC BOILET: Un quoi?
AURELIA AURITA: Un Ugly Doll.
FREDERIC BOILET: Connais pas.
MOI, toujours prête à rendre service: Cherchez pas, c'est un truc de jeune.
FREDERIC BOILET, qui ne fait pas ses 47 ans malgré un hideux jean brodé de fleurs comme il n'est plus acceptable d'en porter depuis les années 70: Ah, ben dans ce cas...
Un peu plus tard, un jeune homme tend à Frédéric Boilet une bédé que je reconnais.
MOI: Oh, c'était de vous, 3615 Alexia? Ouah. C'est super vieux...
FREDERIC BOILET, imperturbable: Oui, ça a dix-sept ans.
MOI, réalisant que je viens de gaffer deux fois en moins de cinq minutes: Hum, si ça ne dérange personne je crois que je vais me taire.
Frédéric Boilet n'est pas rancunier; nous avons discuté un assez long moment avec lui tandis qu'Aurélia Aurita papotait joyeusement avec ses fans (si joyeusement, en fait, qu'il lui fallait un quart d'heure pour chaque dédicace et que mon tour a mis des plombes à venir). Pour une première dédicace, Hawk est vraiment bien tombé.

jeudi 15 novembre 2007

Scarlett: bulletin de santé

Je viens de recevoir un coup de fil de mon étrange vétérinaire belge. Les analyses révèlent que les transaminases de Scarlett sont presque revenues à la normale grâce au Fumachol; pour plus de sûreté elle me conseille de poursuivre le traitement encore un mois. Quant à l'abcès, s'il n'a pas guéri d'ici quinze jours, il sera possible d'opérer pour enlever la glande infectée, qui n'a apparemment rien d'indispensable. Me voici un peu rassurée. Maintenant il va falloir faire le forcing pour que Scarlett prenne bien ses médicaments (le cirque pour lui faire avaler ses antibiotiques hier soir!) et qu'elle mange afin de retrouver son poids de forme.

mercredi 14 novembre 2007

The weird belgian vet

Le docteur Eliane Dornet d'Alzius du Prélat possède toute la finesse aristocratique que son nom à rallonge laisse supposer. Cheveux châtain mi-longs sobrement tirés en arrière, pâleur anti-fashion que ne vient rehausser aucun maquillage, pull en laine beige, jupe au genou grise, bottes noires et, seule touche de fantaisie dans sa mise, une écharpe rose vif. Son cabinet est situé au rez-de-chaussée d'un immeuble bourgeois dont ses appartements privés occupent sans doute les autres étages, vue la disposition des lieux. En revanche, elle n'a pas de secrétaire. Ni de machine à carte de crédit. Ni de balance pour peser les animaux qu'on lui amène à soigner. Ni de médicaments ou d'aliments à vendre en direct à ses clients, "parce que ça prend trop de place et que ça fait trop de bazar". Elle dit HIV à la place de FIV et ne semble pas prendre très au sérieux le sort de Scarlett. Quand je lui dis que ma pauvre puce ne mange presque plus depuis quelques semaines, elle concède nonchalamment qu'elle la trouve maigre. Mais que c'est peut-être la faute du vilain abcès ouvert que j'ai repéré hier soir sur son arrière-train, et qui doit lui faire un mal de... chien chaque fois qu'elle va à selle (ce qui pourrait la décourager d'ingurgiter quoi que ce soit). En réponse à ma question, elle admet avec une indifférence limite guillerette que oui, ça pourrait être le début d'une longue suite de problèmes de santé sans autre issue probable qu'une euthanasie ou une mort lente et douloureuse. Je suis partagée entre l'ahurissement et l'envie de gifler le docteur Eliane Dornet d'Alzius du Prélat.

mardi 13 novembre 2007

Respirer l'aluminium c'est pas mon truc

Désoeuvrée après une journée de boulot qui m'a un peu lessivé le cerveau (j'ai déjà dit combien je haïssais les scènes de navigation à voile, et plus encore celles d'attaques ou de tempêtes en mer?), je suis retournée faire un tour sur le forum des filles qui va bientôt fermer. De là, je suis passée sur la page MySpace de la Chouchoute. Coïncidence amusante: le nom d'artiste qu'elle s'est choisi est le nom de famille, pas si répandu que ça, d'Etre Exquis. Pour le reste... J'ai écouté les deux titres qu'elle a faits en solo, et je n'aime ni l'un ni l'autre. Le premier a des paroles indigentes et une musique banale; je trouve qu'il est à jeter direct. Le second témoigne d'une plus grande recherche musicale, mais son rythme heurté ne m'a pas convaincue; le texte fait dans le cliché et la rime facile, et la voix de la Chouchoute, que je trouve pourtant magnifique, sonne limite nasillarde par moments. Du coup je n'ai aucun regret d'avoir raté son concert à Ste-Maxime le lendemain de mon départ pour Bruxelles. J'avais toujours eu l'intention de suivre sa carrière solo malgré les disputes intestines du FC; j'étais même impatiente que le groupe se sépare pour l'entendre faire ses preuves toute seule et... Franchement, ses choix professionnels me déçoivent.

lundi 12 novembre 2007

Life in Brussels: the reality check

Je pensais que le climat me déprimerait. D'abord, il fait moins froid et moins pluvieux que je ne m'y attendais: juste un vrai temps d'automne avec un ciel souvent couvert, une température qui avoisine les 10°, de petites averses assez fréquentes mais aussi quelques chouettes éclaircies, comme hier matin pendant que nous brunchions au Balmoral avec Chou et Julie. J'ai pris l'habitude de ne jamais sortir sans mon bonnet rayé, de porter des chaussures qui ne craignent pas les flaques et de marcher tête baissée pour ne pas que mes lunettes soient trempées trop vite.
Je craignais que la promiscuité de la vie dans un appartement sans murs me tape rapidement sur le système. Mais non. Je suis désormais blindée contre tous les bruits de toilettes existants... ou presque (notre amour résistera-t-il à la première gastro de l'hiver?). A part ça, j'adore bosser côte à côte avec Hawk, chacun devant son ordi sur la grande table Markör avec une théière japonaise pleine de Fujiyama entre nous et un chat qui tente plus ou moins subtilement de taper l'incruste. J'adore la facilité avec laquelle on accorde nos rythmes de vie, nos besoins et nos envies. J'adore qu'on ait du plaisir à faire même les trucs les plus bêtes ensemble, au lieu de peiner à trouver des sorties qui ne soient pas un immense sacrifice pour l'un d'entre nous comme c'était le cas avec mon ex.
J'avais peur de me languir de mon appart et du Midi de la France malgré mon affection pour Bruxelles. Même pas. De tout ce que j'ai pu laisser là-bas, très peu de choses me manquent, et j'en rapporterai une bonne partie lors de mon prochain aller-retour en avion. Si me retrouver à mille kilomètres de la plupart de mes possessions matérielles m'affecte, c'est de façon très positive. En l'absence de distractions, je peux enfin me concentrer sur ce que j'ai envie de faire et profiter réellement du peu que j'ai sous la main (même si à l'allure où j'écume les boutiques, ce "peu" risque de ne pas le rester longtemps).
J'appréhendais que notre vie sexuelle soit frappée par ce curieux mal qui semble affecter tous les couples cohabitants: plus on a l'autre sous le nez et sous la... main, moins on en profite. Comme si le désir se nourrissait surtout de l'éloignement et des absences, comme si la trop grande disponibilité d'une chose tuait l'envie qu'elle suscite - ou, plus prosaïquement, comme si les mille et unes exigences d'un quotidien partagé étaient vouées à prendre le pas sur les aspects plus "fun" de la relation. Sur ce point-là, je n'avais pas complètement tort. D'un autre côté, la nature désormais plus spontanée, plus improvisée de nos rapports facilite une détente que je n'avais encore jamais atteinte avec mes partenaires précédents.

dimanche 11 novembre 2007

Ce que l'on risque à s'asseoir à côté de moi quand je meurs de faim et que ma commande tarde à arriver


Dimanche matin...

...Pas mis de réveil, ouvert un oeil à dix heures, rendez-vous pour aller bruncher à onze, grosse difficulté à sortir du lit.
HAWK (avec une détermination feinte mais louable): Bon allez, il faut se lever.
Coup d'oeil réprobateur sous les draps.
HAWK (sévèrement): Non, c'est pas à toi qu'on parle.

mardi 6 novembre 2007

Les Belges c'est rien que des copiteurs, et prétentieux en plus


Fin d'après-midi pluvieux dans le quartier du Châtelain. Alors que Hawk et moi longeons la rue du Bailli en rentrant la tête dans les épaules, la vitrine d'une galerie d'art attire mon attention. Ce format carré décliné en quatre tailles, ces présentoirs individuels par artiste avec toiles classées en ordre de grandeur décroissant, ces cadres en bois naturel ou teinté... Bon sang, mais c'est un Carré d'Artistes bruxellois. Je me tords le cou pour déchiffrer l'enseigne à travers mes lunettes ruisselantes. Ah non, tiens, ça s'appelle Dérapages. Poussée par la curiosité, j'entre et me dirige vers le vendeur - châtain-blond, pas rasé de l'avant-veille, petites lunettes rectangulaires, carrure de haricot vert et look faussement négligé.
MOI: Excusez-moi, juste une question: vous êtes la branche belge de Carré d'Artistes?
HARICOT VERT A LUNETTES: Euh non, en fait on leur a "emprunté" le concept de la galerie. Sauf que nous, on ne fait pas de la déco: on propose les oeuvres de vrais artistes.
Ah ben ça doit être pour ça que chez Carré d'Artistes j'ai toujours envie de repartir avec une demi-douzaine de toiles alors que là y'a pas un seul truc qui m'a plu.

lundi 5 novembre 2007

Moody&Cookie

En bons No-Life que nous sommes, Hawk et moi lançons un énième blog. Le principe est simple: le quotidien d'un couple vu à travers les yeux de chacune de ses deux moitiés, sous la forme d'une photo par jour. Les photos peuvent représenter n'importe quoi, même - et surtout! - des détails apparemment insignifiants de notre quotidien; le seul impératif que nous nous sommes fixé est de ne jamais montrer de gens de manière à ce qu'ils soient identifiables. La forme est plus dépouillée que celles de nos blogs/carnets intimes actuels, et pas nécessairement moins révélatrice mais plus difficile à décoder. Quant à la date de départ, c'est celle du début de notre cohabitation bruxelloise, soit le samedi 27 octobre. Venez nous voir et dites-nous ce que vous en pensez!

Je suis bâlâde

Depuis samedi soir, j'ai mal à la gorge et les sinus vaguement pris. Hawk me bourre amoureusement de Sedergine, des comprimés effervescents qui ont un goût affreux. Chaque fois je geins "C'est pas booon" et je bois en faisant un maximum de grimaces à la "Calvin-devant-ses-épinards", mais je dois reconnaître que pendant les heures qui suivent, la douleur disparaît presque... Pour revenir à la charge le soir ou dans la nuit. J'espère que je ne suis pas en train de couver la même saloperie qui m'a mise KO quinze jours l'hiver dernier. Si encore il faisait un froid de canard à Bruxelles, je comprendrais que j'aie attrapé mal, mais là, on a juste un temps d'automne normal, avec ciel couvert et température autour de 10-12 degrés. Enfin, si jamais ça empire, ça me donnera l'occasion de tester ma carte de sécurité sociale européenne Ameli - étant donnée la mauvaise grâce que la CPAM de mon domicile français a mise à me la faire parvenir, autant qu'elle serve à quelque chose.

samedi 3 novembre 2007

Première semaine bruxelloise

Je sais: c'est rare que je reste si longtemps sans poster. Mais cette première semaine à Bruxelles a été aussi chargée que mouvementée. Il a quand même fallu sortir cent cinquante feuillets de traduction d'un bouquin 1/qui se passe en mer et donc regorge de termes techniques sur la navigation à voile 2/dont chaque page compte environ deux ou trois mots tellement archaïques que plus aucun dictionnaire, papier ou en ligne, ne les mentionne. Parfois le sens peut être déduit d'après le contexte, et parfois pas. Il a également fallu surmonter un gros accrochage qui m'a vue prendre la porte de l'appartement et ne rentrer que cinq heures plus tard, après avoir hésité à passer la nuit à l'hôtel. Du coup, il a fallu consacrer toute la soirée suivante à s'expliquer et se réconcilier. Il a fallu ranger les dernières acquisitions et s'organiser au niveau pratique. Et puis il a aussi fallu préparer la mise en ligne d'un futur blog-photo commun [très bientôt sur vos écrans] et se ménager quelques moments de détente comme une fin d'après-midi au bar de Filigranes avec Chou et Julie, la découverte d'un chouette recueil de comics ("The devil's panties" de Jennie Breeden) ou le visionnage du début de la saison 2 de "How I met your mother". Aujourd'hui 17h, ma semaine est enfin terminée, mais Hawk bosse encore jusqu'à 22h. Le week-end sera court, alors que nous avons des millions de choses à faire, notamment tester une partie des bonnes adresses bruxelloises trouvées dans le numéro de novembre de Gael - à mon avis le meilleur féminin belge de très loin. J'aimerais prendre le temps de parler de l'affection grandissante que m'inspire Bruxelles, mais il me reste encore 150 photos du Japon à traiter sur Photoshop. Une autre fois, sûrement.

lundi 29 octobre 2007

Checklist d'installation à Bruxelles

Me rapatrier rue M*** avec 40 kilos de bagages dont un chat pas franchement rassuré: check.
Faire une croix sur le câlin de bienvenue parce qu'il faudra se lever tôt le lendemain: check.
Dégoter une robe de chambre bien moelleuse et qui ne me donne pas l'air d'un bibendum: check.
Déjeuner en vitesse à l'Exki de la Porte de Namur et fourrer dans mon sac le yaourt bio pour lequel je n'ai plus d'appétit: check.
Faire un arrêt imprévu chez Six et dénicher une chaussette de portable avec des fraises dessus: check.
Avoir affaire à des vendeurs désagréables chez Vanden Borre et manquer se faire confisquer sa carte Visa pour rien: check.
Trouver un arbre à chat rouge pas cher du tout chez Tom & Co: check.
Faire le plein de boîtes rigolotes signées Valérie Nylin chez Z'Art: check.
Constater qu'on a bien carburé et que comme il n'est pas trop tard, on peut aller faire un tour en ville: check.
Vouloir comparer les prix de Sterling Books et d'Amazon mais ne pas trouver les bouquins dont on a noté les prix à titre de référence: check.
Fouiller un peu les rayons de Brüsel et repartir avec le tome 2 de "Moi je" d'Aude Picault: check.
Rater le 71 d'un cheveu et devoir attendre le suivant longtemps dans le froid: check.
Faire des courses chez Delhaize à la plus mauvaise heure possible, celle où les files d'attente aux caisses s'étirent sur la moitié de la longueur du magasin: check.
Fêter mon arrivée avec un risotto aux pleurottes amoureusement préparé par Hawk: check.
Re-faire une croix sur le câlin du samedi soir parce que beaucoup trop crevés tous les deux: check.
Régler le réveil pour 7h30 le dimanche matin en se consolant à la pensée qu'on passe à l'heure d'hiver dans la nuit: check.
Etrenner le nouveau grille-pain Phillips pour les tartines du matin (Hawk: beurre allégé et confiture de cerise, moi: jambon de Paris et Leerdammer light): check.
Prendre le métro jusqu'à l'Ikea d'Anderlecht et attraper la nausée pendant le voyage: check.
Hésiter assez longuement dans le choix d'une table de salle à manger et d'une chaise de bureau: check.
Etre dépitée par la rupture de stock de l'étagère Babord: check.
Se consoler avec des donuts et un Pepsi tout en lorgnant sur l'infâme hot-dog de Hawk: check.
Manquer mourir de trouille dans la camionnette Taxi Vert qui n'a pas de ceintures de sécurité passager et dont le chauffeur enfreint le Code de la Route tous les 200m: check.
Se coltiner un plateau en bois massif de deux mètres sur un dans un escalier raide et étroit: check.
Constater que même si on maîtrise à donf le montage de meubles Ikea, ça prend toujours plus de temps que les "5 minutes" optimistiquement prévues.
Décoller pour aller manger chez Sucré-Salé vers 15h: check.
Complimenter la serveuse blonde sur son diadème de princesse et oublier de lui demander où elle l'a acheté: check.
Se retenir de traiter d'insconsciente la femme de la table d'à côté qui dit que si son chien est en bonne santé, c'est parce qu'il mange exactement la même chose qu'elle: check.
Se repasser avec Hawk un monstrueux bol de soupe aux épinards et au chèvre frais parce que la table est trop large et nous trop maladroits pour manger dedans en même temps: check.
Descendre à pied jusqu'à Filigranes sur les boulevards déserts: check.
Pousser des cris de joie en découvrant toute une pile du "Gotham handbook" de Sophie Calle et Paul Auster sur lequel on désespérait de mettre la main un jour: check.
Dégoter avec peine une table libre dans un coin du café indoors et découvrir à la faveur de l'obscurité tombante la statuette joliment éclairée de la cour intérieure: check.
De retour à l'appartement, ranger mes fringues et autres affaires pendant que Hawk ramène à sa maman la valise qu'il lui avait empruntée: check.
Dîner modestement d'un bol de soupe bio au poulet thaï et de deux tranches de pain aux 7 céréales grillé: check.
Travailler côte à côte avec chacun son ordi portable sur notre belle grande table toute neuve: check.
Aller se coucher trop tard pour envisager une séance galipettes: check.
-> Résultat du week-end: appartement quasi-méconnaissable, mais au prix d'une libido un chouïa frustrée. Nous nous rattraperons cette semaine en testant la solidité de notre belle grande table toute neuve :)

Paranoïa

Je l'ai rencontré pour la première fois à l'aéroport de T/H l'hiver dernier, au comptoir d'enregistrement de JetAirFly. Le vol pour Bruxelles était une fois de plus en retard et nous pestions solidement tous les deux. 1m90 bien passé, cheveux bruns et drus, menton carré, nez volontaire, teint bronzé et voix forte: il ressemblait, me suis-je dit, à ce dont Manu aurait probablement l'air dans une dizaine d'années.
Je l'ai revu dans le même aéroport vendredi dernier, cette fois flanqué d'une épouse blonde un peu grassouillette et d'une tripotée d'enfants dont un garçonnet à lunettes qui n'a cessé de s'enquérir du nom de mon chat et sa soeur plus âgée qui le sermonnait sur un ton de petite maman. Des habitués du va-et-vient Belgique/Midi de la France, ai-je pensé fièrement avec l'impression que je venais moi aussi d'entrer dans un club un peu select.
Là où j'ai halluciné, c'est quand j'ai recroisé toute la famille hier au rayon BD de Filigranes. Un soupçon m'est venu: et s'ils étaient eux aussi des aspirants maîtres du monde en train d'espionner la concurrence potentielle?

samedi 27 octobre 2007

Divergence d'intérêts

Joli Dragon: Et pourquoi vous voulez aller à Prague?
Moi: Parce que c'est romantique.
Hawk (simultanément): Parce que c'est plein de porn stars.

vendredi 26 octobre 2007

De bon présage

En mettant la dernière main à mes bagages, j'ai retrouvé ma bague préférée.
Départ de chez moi dans moins de quatre heures.

jeudi 25 octobre 2007

Sur le départ

Et voilà. Plus qu'un dodo dans mon appart avant de partir à Bruxelles. Copernique (chat femelle n°2) s'y trouve déjà, un peu paniquée par le brusque changement d'environnement et plus crampon que jamais: elle refuse de quitter les genoux de Hawk même quand il est assis sur sa chaise suédoise en pente. Scarlett (chat femelle n°1) ne pouvant pas prendre de calmants à cause de sa maladie du foie, le voyage s'annonce méga fun. Je me vois déjà traverser l'aéroport de Zaventem avec ma boîte à chat au bout d'un bras, mon ordi faussement portable au bout de l'autre et un bagage à main (mal nommé pour le coup) sur le dos. Et arrivée au tapis roulant, récupérer ma valise de 22 kilos pile. Appelez-moi la mule humaine. Ce week-end, il faudra se précipiter dans un magasin dont j'ai oublié le nom pour acheter une machine à laver et un four, puis chez Ikea pour trouver une table, une chaise de bureau et quelques bricoles supplémentaires nécessaires à mon petit confort. Et la semaine prochaine, j'attaquerai une chouette période de boulot durant laquelle je devrai traduire en un mois et demi ce qui normalement m'en prend deux et demi, voire trois.
Ne vous y trompez pas: malgré les bouleversements matériels divers et variés, je suis super excitée d'habiter bientôt Bruxelles aux trois-quarts temps. A moi les fins d'après-midi pluvieux devant un thé fumant au Comptoir Florian, les brunchs à l'Amour Fou ou chez Sucré-Salé, les après-midi dominicaux à bouquiner chez Filigranes, la prochaine soirée SM à la Porte des Sens, les grasses matinées crapuleuses avec Hawk, les aller-retour d'une journée ou d'un week-end sur Paris pour une virée shopping, un déjeuner de boulot, une expo photo ou un salon littéraire. A moi aussi la certitude que si le climat devient un peu dur à supporter, je peux toujours retourner faire le plein de soleil dans le Sud de la France. J'ai toujours eu envie de vivre entre deux endroits très différents et complémentaires; je ne pensais pas que ce rêve se concrétiserait un jour.

Et puis je suis ravie des changements qui m'ont été inspirés par ce semi-déménagement.
- La vente de ma Twingo, d'abord: je n'ai jamais aimé conduire, et pour le peu que je roulais avec, cette voiture achetée neuve me revenait très cher en crédit et en assurance. Finie la hantise de trouver un endroit où se garer, de n'avoir pas de pièces pour le parcmètre, de dépasser le temps de stationnement autorisé, de me faire tamponner par un(e) maladroit(e). Je recommencerai à me déplacer en transports en commun et en taxi. Au pire, je louerai une bagnole pour quelques jours.
- Ensuite, le vide que j'ai fait dans mon appart, et qui m'a permis non seulement de récupérer assez de sous pour financer mon déménagement, mais aussi de mieux m'y retrouver dans une garde-robe et une biblio/CD/DVDthèque qui avaient pris des proportions grotesques. C'est drôle, hein, mais depuis je me sens aimée pour de vrai, mes crises de shopping compulsif et mon besoin d'entasser des collections d'objets ayant tous la même utilité ont totalement disparu. Maintenant, si j'achète un truc, c'est parce que j'en ai vraiment besoin ou vraiment envie, parce qu'il a une fonction réelle à remplir dans ma vie (même si cette fonction n'est que de me donner du plaisir quand je le regarde). C'est sûrement l'un des aspects les plus positifs de ma relation avec Hawk, la disparition de cette boulimie qui me laissait toujours un énorme sentiment de vide après coup... et pas juste au niveau du compte en banque.
- Corollaire du précédent: je n'ai plus l'impression de devoir enfermer toute ma vie en un même lieu dont j'ai peaufiné l'aménagement afin d'obtenir ce que j'estime être la perfection en la matière. Car le problème avec la perfection, c'est qu'elle est figée. Tout changement ne peut être que négatif. Résultat, j'avais des sueurs froides chaque fois que quelqu'un venait chez moi et commençait à déplacer des objets ou même simplement à faire des plis sur le dessus de canapé. Je réalise que ça m'est passé ces derniers mois. Bien sûr, je ne lâcherais toujours pas deux enfants de moins de dix ans dans mon appart. Bien sûr, j'attacherai toujours une énorme importance à l'esthétique de l'endroit où je vis. Mais j'ai quand même gagné en souplesse, en adaptabilité par rapport au contexte matériel. Je suis désormais prête à accepter qu'au lieu d'être circonscrite dans une seule grande boîte dont je maîtrise le moindre détail, ma vie se partage entre deux boîtes dont une où je ne prendrai que 50% des décisions. Et heureusement, parce que demain... Je suis à Bruxelles avec Hawk :)

mercredi 24 octobre 2007

Je devrais peut-être m'inquiéter

Chou dit :
si vous voulez, je passerai jeter un coup d'oeil à la porte quand même
Chou dit :
des fois, je peux faire des miracles
Armalite dit :
tu peux épaissir et consolider un battant de bois vermoulu/pourri?
Armalite dit :
je ne te savais pas des talents de serrurier ^^
Chou dit :
hum, disons que j'ai été jeune
Chou dit :
et que du coup, je connais bien les systèmes de protection
Armalite dit :
nooooooooooon?
Armalite dit :
misère lol
Armalite dit :
donc en gros en belgique je connais des détraqués mentaux, des détraqués sexuels et des délinquants
Armalite dit :
quel beau pays
Chou dit :
et des fois, ils sont les 3 en même temps
Chou dit :
c'est le paradis

mardi 23 octobre 2007

Elle est plantée face à nous...

Elle est plantée face à nous. Hésitante, perdue et si frêle. Elle ne doit pas mesurer plus d'un mètre quarante à présent. Tristement elle murmure: " Ah mais alors maintenant, j'ai le cafard que vous partiez."
Derrière elle, une demi douzaine d'autres vieilles femmes sont avachies devant un poste de télé dans le hall baigné par un magnifique soleil automnal. L'une d'elle dort dans son fauteuil roulant, la tête affaissée sur sa poitrine et la bouche grande ouverte. Les autres ont le regard vague des gens qui n'ayant plus rien à espérer se déconnectent de la réalité. Je crois que le son de la télé est coupé; en tout cas, je n'entends rien sinon sa voix qui me serre le coeur.
Elle a été très gaie pendant toute la visite. Elle a beaucoup ri et répété plusieurs fois "Ah, je suis drôlement contente que vous soyez là". Elle ne savait pas qui on était. S'en moquait un peu, sans doute. Elle ne nous a posé aucune question, ne m'a pas interrogée sur mon compagnon qu'elle voyait pour la premère fois ni sur le Japon d'où nous lui avions envoyé une carte postale. En revanche, elle s'est montrée intarissable sur son enfance. Sur sa mère qui travaillait si dur: "C'est pour ça qu'il faut que je rentre bientôt chez moi. Je ne peux pas la laisser seule trop longtemps. Elle est fatiguée et son bras lui fait mal en ce moment." Sur son père qui les avait abandonnées avec sa soeur et ne s'était plus jamais souciées d'elles, au point de ne "jamais rien leur offrir, pas même un bonbon". Elle l'a répétée maintes fois, cette expression; on sentait bien sa rancoeur d'avoir été l'unique fillette de son école privée de friandises. Et puis elle a encore évoqué son désir de retourner à la plage, de se baigner comme elle l'a fait pratiquement tous les jours de sa vie de retraitée jusqu'à ce qu'elle ne soit plus capable de sortir de chez elle.
La mer se trouve à moins de deux kilomètres de cette "bastide" où elle va finir ses jours. Elle ne la reverra jamais.
Lorsque nous avons voulu prendre congé, elle a d'abord tenté de nous retenir en nous offrant, avec une insistance dans laquelle perçait une pointe de désespoir, des chocolats de la boîte que nous lui avions apportée. "Je ne peux pas les garder, je vais bientôt rentrer chez moi, je risque de les oublier ici", a-t-elle marmonné, au bord de la panique. Puis elle nous a suivis dans le couloir tandis que nous nous dirigions vers l'ascenseur et que nous composions le code en priant pour qu'il arrive vite, nous épargnant une scène pénible.
Il n'y a pas eu de scène pénible. Une dernière étreinte maladroite, gestes empêtrés par les larmes qui montent aux yeux; une promesse de revenir qu'on ignore si on pourra tenir. Et dans l'ascenseur, en attendant que les portes se referment sur sa silhouette minuscule et résignée, deux questions sans réponse dans ma tête: "Comment est-ce que je peux la laisser là? Comment est-ce que je peux ne pas la laisser là?"

La fille de la planète Zglurb

LUI: En fait tu es une Zglurb.
ELLE: Oui, je suis venue sur Terre pour étudier Monsieur Tout-Le-Monde avant de le ramener sur ma planète. Prépare-toi à un choc. Là-bas, il n'y a pas de cinéma expressionniste allemand ni de films de zombies. Pas de McDo ni de Quick. Et le pire... Pas de sodomie.
LUI: Tu veux dire que depuis le début, quand on fait l'amour comme ça, en réalité je te brosse les dents?

dimanche 21 octobre 2007

La nouvelle ébouriffante du jour

Et comme l'a dit quelqu'un sur un forum que je préquente:
"It shows that there's no limit to what gay and lesbian people can do, even being a wizard headmaster."
---> J'ai essayé différents intonations pour celle là, et elles sont toutes drôles. Respect.

samedi 20 octobre 2007

Au palmarès des anniversaires pourris...

...le 19 octobre 2007 enfonce spectaculairement mes 35 ans. Parce que là au moins, j'avais plus ou moins compris ce qui m'arrivait et eu le temps de m'y préparer.

Même pas vrai

On râle constamment que tout a grave augmenté depuis le passage à l'euro. Et ben c'est même pas vrai. Le prix de la boîte de Clearblue a été divisé par deux en sept ans.

Les joies d'eBay

eBay c'est un peu comme les ordinateurs: formidable quand tout fonctionne bien, légèrement cauchemardesque dans le cas contraire.
Il y a les acheteuses qu'il faut relancer X fois alors que l'annonce spécifie: "Paiement sous 5 jours ouvrés". Celle qui dans ses mails me répète 3 fois en majuscules: "J'attends un envoi RAPIDE ET SOIGNE" et qui me demande comment ça se fait qu'elle n'ait pas encore reçu son colis alors que son chèque m'est parvenu le jour même.
Il y a les Italiens ou les Belges qui m'achètent des trucs alors que je n'ai pas coché l'option "Envoi à l'international". Les Français qui demandent si j'accepte le règlement par Paypal alors que toutes mes annonces précisent le contraire. Ceux qui voudraient payer en timbres (pourquoi pas en carottes et en poireaux?).
Plus spécifiquement, ces derniers temps, il y a la fille qui m'achète un jeu de tarot à 90 euros et qui, pour gratter deux-trois euros sur les frais de port, choisit l'envoi en lettre plutôt qu'en Colissimo, bien que j'aie prévenu dans mon annonce: "En cas d'envoi par lettre, je ne serai en aucun cas tenue responsable des pertes et dégradations causées par la Poste". Elle ne reçoit pas son tarot. Et elle me colle un litige auprès d'eBay - en m'assurant que ça ne prêtera pas à conséquence pour moi, que c'est juste pour faire jouer le programme de protection des acheteurs et obtenir un remboursement. Je suis un peu sceptique sur le fait qu'eBay distribue des sous sans aucune contrepartie, mais je ne peux pas l'empêcher de procéder. Bien entendu, eBay menace de fermer mon compte alors que j'ai quelque chose comme 350 évals de vendeuse, toutes positives.
Et ce matin, au saut du lit, je trouve une nouveauté dans ma boîte à messages: l'acheteuse qui prétend que la besace Longchamp "neuve et authentique" que je lui ai vendue il y a dix jours est une imitation - on le lui a dit dans une boutique de la marque. Indignée, je lui réponds aussitôt que j'ai moi-même acheté ce sac dans le corner Longchamp d'un grand magasin après l'avoir vu dans plusieurs autres points de vente, que certes le cuir a un aspect inhabituel mais que c'est justement ça qui m'avait attirée, qu'il s'agit d'un modèle datant de plusieurs saisons déjà et que la vendeuse à qui elle s'est adressée ne doit pas bien connaître les collections précédentes. Mais quelque part, c'est ma parole contre celle d'une incompétente anonyme.
Enfin heureusement, après trois mois de tri intensif, mon appart est désormais vide de trucs inutiles.

jeudi 18 octobre 2007

Le divorce du petit Nicolas

Un fils d'immigré hongrois qui veut jeter les immigrés dehors, un ardent défenseur de la famille qui s'apprête à divorcer pour la seconde fois... Le moins qu'on puisse dire c'est que notre président ne gouverne pas par l'exemple.

mercredi 17 octobre 2007

WOOHOOOOOOOOOOO

j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo
*s'arrête pour reprendre son souffle*
...
*recommence à courir dans tous les sens*
je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain

mardi 16 octobre 2007

Je hais l'administration française, opus n°36896

La Poste a trouvé le moyen d'inverser deux bordereaux de Colissimo. Résultat: la personne qui m'a acheté un sweat à capuche Ralph Lauren sur eBay s'est retrouvée avec un sac à main Zara, et celle qui m'a acheté un sac à main Zara n'a toujours rien reçu alors que les paquets ont été expédiés le 11 et que l'envoi est normalement garanti en 48h. Bien sûr, qui se tape l'échange de mails avec les clientes déçues et les négociations foireuses avec le bureau de Poste? Oui, c'est Bibi. Qui n'a pratiquement rien d'autre à foutre cette semaine: juste la trad d'une bédé de 120 pages, la relecture d'un manuscrit de 800 feuillets, la vente de sa voiture, l'empaquetage d'un nécessaire de survie en milieu bruxellois et la mise au point d'un plan B pour son déménagement qui va sans doute être reporté par la force des choses. Sans parler du nettoyage des diverses flaques de vomi généreusement dispensées par un chat malade du foie. Grrrrrr.
Enfin, parce qu'il fallait bien une bonne nouvelle pour contrebalancer les contrariétés des derniers jours, je vais traduire la novellisation de la suite cinématographique la plus attendue de l'année 2008, avec accord de confidentialité jusqu'à la sortie du film et tout le tralala. Hawk cherche déjà un moyen de me faire parler. J'espère qu'il va Il peut bien inventer les pires sévices, je ne dirai rien :)

lundi 15 octobre 2007

Je hais l'administration française, opus n°36895

Parce que toute journée parfaite doit se payer... Ce matin, je reçois un coup de fil de l'Homme. En voyant son nom s'afficher sur l'écran de mon portable, je me dis: "Tiens, il va oser protester pour l'affaire du véto - presque une semaine après?" Et puis non. C'était pour me prévenir que les impôts avaient prélevé ma taxe d'habitation sur son compte et m'expliquer le patakès de régularisation qui allait suivre.
Dans la foulée, j'ai découvert que le Trésor Public comptait me réclamer une deuxième fois la redevance, après m'avoir curieusement sommée de la payer une première fois à titre professionnel le mois dernier. Bilan: j'ai passé une heure et demie au téléphone pour résoudre le mystère avec deux services et trois personnes différentes, et il faut encore que j'envoie deux courriers séparés pour obtenir que la situation revienne à la normale dont elle n'aurait jamais dû s'écarter.
J'adore les impôts: quand on leur demande un truc (au hasard, un changement d'adresse), ils mettent un an et demi à le faire, et uniquement après qu'on ait fini par menacer de se suicider de désespoir; quand on ne leur demande rien, ils prennent des initiatives qui sortent d'on ne sait où et n'ont aucune raison d'être. Et bien entendu, c'est au contribuable de perdre du temps et de l'énergie à essayer de rectifier leurs erreurs.
A la fin du mois prochain, il faut que j'écrive au service de l'impôt sur le revenu pour demander l'arrêt des prélèvements mensuels conjoints avec l'Homme sur mon compte et faire repartir un contrat séparé pour moi toute seule. Wish me luck.

dimanche 14 octobre 2007

Une journée ordinaire et presque parfaite

Samedi 13 Octobre. C'est le week-end. J'ai décidé de me prendre une journée de repos - la première en deux semaines et demie - après avoir fini hier la traduction de PLL3 et avant d'attaquer demain celle de la bédé tirée de Série Préférée. Pourtant, je me lève à 7h20. Hors de question de mettre en péril l'habitude miraculeusement prise depuis le retour du Japon, alors que je m'étais résignée à vivre décalée jusqu'à la fin de mes jours. J'apprécie le fait d'avoir des journées plus longues et plus productives, de profiter davantage du soleil et de ne pas me sentir cotonneuse en permanence.
Comme d'habitude, je démarre doucement avec une énorme chope de thé vert aux agrumes que je sirote en surfant sur internet depuis mon canapé - mon wifi ne fonctionne toujours pas et je suis obligée de rester à proximité de ma Livebox. Ce n'est pas si gênant que ça en définitive: ça m'oblige à limiter mes incursions sur le web aux moments où je ne suis pas en train de bosser dans mon bureau, au lieu de faire un tour sur mon blog/eBay/le forum de mon éditeur toutes les deux pages de trad.
Quand j'ai fini, il est encore tôt. J'en profite pour prendre un glorieux bain chaud en laissant poser dans mes cheveux le masque Kérastase rose qui coûte un rein le pot de 200 ml. Pour masquer l'odeur des canalisations qui, malgré une intervention au Destop dans la semaine, continuent à refouler, j'ai allumé une bougie senteur marine. Je flotte.
S'habiller. Mmmh. J'ai mis mon T-shirt Harley de Daytona Beach au linge sale hier soir... Et si j'étrénais le Cop Copine asymétrique acheté en soldes à Toulouse cet été? Vendu. Et zou, direction la Poste pour envoyer une montagne de Colissimo - toutes les affaires que j'ai vendues sur eBay ces derniers jours. Hawk me répète sans cesse combien l'état du corps et celui de l'esprit sont liés. Chez moi, c'est plutôt état du lieu de vie et état de l'esprit qui fonctionnent en phase, et ça l'était déjà bien avant que les magazines féminins commencent à nous bassiner avec le feng shui. Si les choses sont propres et ordonnées autour de moi, elles le sont aussi dans ma tête. Depuis le début de l'été, je trie et me débarrasse méthodiquement de tous les objets que je n'utilise pas et dont la possession ne m'apporte aucun plaisir. Ainsi ma garde-robe a-t-elle enfin pris des proportions humaines (elle ne contient plus que de quoi habiller trois filles au lieu de six). Et j'ai viré énormément de choses qui me rappelaient l'Homme, à commencer par la totalité des cadeaux qu'il m'avait fait. J'attends maintenant que mes souvenirs immatériels disparaissent avec.
Vers 11h, je pars pour la ville voisine avec un coffre chargé à ras bord de bédés et de livres de poche que je veux refourguer à mon bouquiniste habituel. Pour une fois, je n'ai pas trop de mal à trouver une place près de son kiosque. Nous bavardons aimablement pendant qu'il fait le compte et me paye en liquide. Puis je vais me garer au parking voisin qui a la bonne idée d'offrir les deux premières heures de stationnement le samedi. Je passe voir Kiki à la boutique et redépense aussitôt une partie de mes sous pour acheter un ravissant pendentif Swarovski. On ne se refait pas. L'avantage, c'est que ça pèse beaucoup moins lourd et prend beaucoup moins places que les intégrales du Vagabond des Limbes, de Yoko Tsuno, de Largo Winch, de Percevan et de Valérian agent spatio-temporel dont je viens de me délester.
Un petit tour au grand magasin d'arts plastiques. Je cherche une colle spécifique, qu'ils n'ont pas. Mais ils ont reçu les lettres en bois qui me manquaient pour un projet en suspens depuis plusieurs mois. Je prends aussi de nouveaux pinceaux pour peinture acrylique (je n'arrive jamais à les nettoyer correctement et les bousille donc assez vite) et une grande feuille de papier-moleskine pour faire de la reliure.
Dans la rue d'en-dessous, je retrouve Etre Exquis pour déjeuner aux Enfants Gâtés, un restaurant dont nous avons été parmi les premiers clients il y a dix ans, quand nous nous sommes rencontrés. Nous parlons de la vitesse à laquelle le temps a passé, des erreurs que nous referions ou pas, des raisons pour lesquelles, bien qu'il soit un garçon merveilleux et une de mes personnes préférées au monde, je n'aurais pas pu rester avec lui même si je n'avais pas rencontré l'Homme. Dehors, le soleil brille, la température est douce et l'air juste piquant comme il faut. C'est une magnifique journée d'automne, et je la savoure à sa juste valeur. Je sais que bientôt, je passerai les trois quarts de mon temps dans une ville à la météo pourrie. Cette pensée ne m'effraie pas; elle me pousse seulement à profiter de l'instant présent au maximum.
En ressortant, je dis au revoir à Etre Exquis et vais reprendre ma voiture pour me garer au centre commercial où j'ai quelques courses à faire. Un peu de lingerie sexy mais confortable chez Darjeeling. Un adorable pull Kana Beach rouge clair, en tricot tout doux et très chaud, avec une capuche, des étoiles violettes sur les manches et une paire de cerises sur la poitrine. Deux nouveaux jeux pour ma DS: Final Fantasy et Simcity. La Fnac, décidément de plus en plus mal approvisionnée, n'a pas le livre de photos que je cherchais. Tant pis, je le commanderai sur Amazon.
Quand j'arrive chez moi, il est 16h à peine passées. Je dépouille mon courrier du jour. Chic, j'ai reçu le petit sac Sequoia beige acheté sur eBay et le dernier Glamour américain. Goûter d'un chocolat chaud et d'une dizaine de biscuits Brossard (ce midi, je n'ai mangé qu'une entrecôte frites/salade, et Etre Exquis m'a piqué la moitié de mes frites pour aller avec ses penne au gorgonzola).
Un peu avant 18h, on sonne à l'interphone. C'est un couple d'âge mûr qui vient regarder ma Twingo. Avant de rentrer, je lui ai fait la totale à la station de lavage automatique, et Twiggy brille de mille feux. Mille feux vert chelou, donc, mais la dame a l'air de beaucoup aimer la couleur. Le diagnostic du mari tombe: "bon ben elle est impeccable et c'est exactement ce qu'on cherche". Je sens venir un "mais". "J'attends une rentrée d'argent la semaine prochaine. Je vous rappelle quand je l'aurai." Je préviens que je déménage le 26. Il me dit que ça devrait être bon. Je croise les doigts. L'autre couple intéressé ne m'a toujours pas rappelée pour fixer de rendez-vous; l'annonce sur eBay ne donne rien pour le moment et je crains de plus en plus de devoir retarder mon départ à Bruxelles.
Vautrée sur le canapé avec les chats autour de moi, j'épluche Glamour. Une petite sonnerie me prévient que Hawk vient de se connecter à MSN. Nous chattons une grosse heure. Il me manque affreusement, surtout le soir. Au Japon j'ai pris l'habitude de dormir contre lui, de synchroniser nos rythmes, et à ma grande surprise j'ai adoré ça. Peut-être que je ne suis pas si nulle pour la vie de couple, en fin de compte. Peut-être que c'était juste une question d'atteindre une certaine maturité et de choisir la bonne personne.
Je suis sur le point d'aller me coucher après cette journée parfaite quand je reçois un mail de la correctrice de l'avant-dernière trad que j'ai rendue. Elle me renvoie mon fichier (qui compte quelque chose comme 800 pages) pour révision avant retour à l'éditeur... lundi. Euh, non. Ca va pas être possible. Du coup je m'endors super tard, tiraillée entre la réalité objective de mon planning et la conscience professionnelle qui exige de moi que je fasse le maximum pour satisfaire mes donneurs d'ouvrages. Et avec la pensée que demain, l'Homme aura 41 ans et que ce sera le deuxième anniversaire qu'il fêtera sans moi.
Le feng shui c'est rien que des conneries.

vendredi 12 octobre 2007

1 joint, 450 euros

Un stage obligatoire et payant (450 euros, rien que ça!) pour tous ceux qui se feront choper en train de consommer du cannabis: c'est la nouvelle mesure géniale dont vient d'accoucher notre non moins génial gouvernement.
Mais réjouissons-nous: les alcooliques, eux, pourront continuer à se bourrer la gueule en toute impunité. Tant pis si ça les rend agressifs - si ça les pousse à terroriser, voire à violenter leur entourage pendant que le petit fumeur de joint plane dans son coin sans emmerder personne.
C'est que voyez-vous, le pinard, c'est une tradition en France. Et puis surtout, à la différence des drogues douces ou autres, ça remplit les coffres de l'Etat. Faut pas déconner: la santé publique, c'est important, mais quand même pas autant que le pognon ou la moralité telle que définie par une certaine classe bien pensante.

mercredi 10 octobre 2007

L'anti-poussette de mémé

J'ai pas encore vendu ma Twingo mais, en fille super organisée que je suis, j'ai déjà prévu de quoi aller faire des courses quand je repasserai dans le Sud de la France et que j'aurai plus de coffre de voiture pour charier mes yaourts bulgares, mon Coca light et mes petits Lu.


Kawai, desu ne?
Cette anti-poussette de mémé et tout un tas d'autres gadgets ridiculement craquants se trouvent ici.

To sleep; per chance, to dream not

Un an et demi qu'on est séparés et il continue à me hanter. La nuit, je fais des rêves bizarres ou poignants qui me perturbent pour toute la journée suivante. Le jour, des dizaines de détails, d'endroits ou de situations le font ressurgir inopinément dans ma mémoire. Il ne se passe quasiment pas une heure sans que je pense à lui, sans que je revoie des scènes de notre vie commune, sans que je ressasse tout ce que j'aimerais lui jeter à la figure, sans que j'imagine la vie géniale qu'il doit mener maintenant qu'il est débarrassé de moi. Le fait que ma propre vie n'ait jamais été aussi chouette, que je sois hyper amoureuse de quelqu'un d'autre, que je n'aie aucune envie d'être encore avec lui ne change absolument rien à l'affaire. L'illogisme de mon obsession me flingue presque aussi sûrement que l'absence d'issue à ma rancoeur. Pourquoi revenir sans cesse sur une histoire bancale qui n'a déjà duré que trop longtemps et que je ne regrette même pas? La seule réponse que j'aie trouvé à cette question, c'est: à cause de son imposture. Parce qu'il s'est conduit comme un minable et qu'il refuse de l'avouer, qu'il continue à passer aux yeux de son entourage pour l'incarnation moderne du samouraï - guerrier courageux et irréprochable. Je crois que le seul moyen de rompre l'enchantement néfaste en lequel il me tient bien malgré lui, ce serait de le confronter publiquement à sa lâcheté et à sa faiblesse de caractère. Ce qui ne risque pas d'arriver, ne serait-ce que parce que ça se retournerait probablement contre moi - genre, il s'en tirerait avec l'image du pauvre gars persécuté par son ex psychotique. Alors, comment faire pour oublier cet homme qui avait déjà cessé de penser à moi longtemps avant que je parte chez lui?

mardi 9 octobre 2007

Journée de merde, journée de merde.

En allant chez le véto récupérer Scarlett que j'y avais laissée ce matin pour un détartrage sous anesthésie, j'apprends que la pauvre bête a des transaminases qui explosent tous les quotas: enregistrées à plus de 1200 alors que le taux normal se situe entre 12 et 130. Et encore, c'est peut-être plus, l'indicateur n'allait pas au-delà. Autrement dit, ma petite chérie a un problème de foie. Le véto a réclamé des analyses supplémentaires dont j'aurai les résultats jeudi; nous verrons alors ce qu'il faut envisager comme traitement. Il pense a priori qu'un changement d'alimentation et, peut-être, des hépato-réducteurs pourraient suffire à ramener ses transaminases à un taux plus raisonnable, mais bon, tant que je ne serai pas sûre je m'inquiéterai forcément. Elle n'est quand même pas toute jeune, ma puce. Je savais bien qu'un jour où l'autre les ennuis de santé commenceraient, mais on a toujours tendance à penser que ceux qu'on aime sont immortels.
Donc je sors de la salle de consultation, un peu ébranlée. Au comptoir de l'accueil, je règle ma facture et reprends rendez-vous pour jeudi avec la secrétaire. Derrière moi, j'entends discuter une mère et sa fille qui ont apparemment elles aussi amené un chat. La fille s'approche d'un présentoir situé à côté de moi. Je la vois de dos. Elle doit avoir une douzaine d'années; ses longs cheveux bruns et raides lui descendent jusque dans le creux des reins et... autour la taille, elle porte un sweat-shirt du club d'aïkido de l'Homme. Je me tourne vers la mère. Ces cheveux (mal) teints en blond, ce bronzage orange, ce nez en forme de patate... Ouaip, c'est bien elle. Je finis de régler ma facture et me dirige vers mes paniers à chat. Au passage, je lance un sourire crispé à Fausse Blonde.
- Vous ferez mes amitiés à l'Homme.
Je me penche pour attraper les paniers et entends une voix douce, un peu étonnée, me demander:
- Vous le connaissez?
Euh... Ou elle se fout de ma gueule, ou elle est pas physionomiste pour deux ronds, parce qu'elle a dû en voir quelques-unes, des photos de moi. A moins bien sûr que l'Homme ait effacé toute trace de ma présence dans sa vie (enfin, toute trace dépourvue de valeur pécuniaire, disons). Ce qui ne m'étonnerait guère de lui.
Je me redresse et, tandis que la secrétaire contourne son bureau pour venir m'ouvrir la porte de la clinique, je plante mon regard dans celui de Fausse Blonde.
- Oui. Je suis son ex. Celle à qui vous l'avez piqué.
Et je sors sans attendre sa réaction.
Et maintenant, je m'en veux. Pas de l'avoir agressée - même si je ne suis pas particulièrement en colère contre elle, j'ai bien le droit de lui caser une remarque aigre au passage, et puis je ne me voyais pas sortir de là sans marquer le coup. Non, je m'en veux de ne pas avoir ajouté: "Comme je l'avais piqué à son ex-femme et comme une autre vous le piquera un jour quand vous ne l'idolâtrerez plus suffisamment". Ca, ça aurait été assassin juste comme il faut, parce que dirigé davantage contre lui que contre elle.

J'ai rhabillé Gentle River




Ca change de sa tenue tyrolienne originale, n'est-ce pas ?

24 heures sans internet

Drame hier matin au réveil: impossible de me connecter à internet. Ma Livebox a pourtant l'air de fonctionner, mais mon ordinateur refuse de me montrer mon réseau (à plus forte raison de me permettre de l'utiliser). En un an et demi d'abonnement chez Orange, c'est la première fois que ça m'arrive; je vantais justement la fiabilité du service à Etre Exquis l'autre jour. Ca m'apprendra, grmpf. Donc, je décide de patienter en espérant que le problème se résoudra tout seul. C'est la tactique de l'autruche que j'emploie systématiquement en informatique, par opposition à la tactique qui consiste à essayer d'intervenir alors qu'on est une brêle et qu'on n'y connaît rien, ce qui reste encore le plus sûr moyen d'aggraver la situation. Evidemment, il y a toujours la solution d'appeler la hotline, mais le coût/minute et le temps d'attente moyen sont assez dissuasifs.
Je m'agite dans tous les sens pour oublier ma frustration et occuper les looongues heures que je passe normalement sur internet chaque jour. Résultat: lorsque je monte me coucher, mon appart est quasi nickel; il a retrouvé son aspect d'avant-que-je-me-mette-en-tête-de-déménager-en-Belgique-et-d'en-profiter-pour-faire-un-grand-vide-en-jetant-en-donnant-ou-en-revendant-sur-eBay-tout-ce-dont-je-ne-me-sers-pas-ou-plus. Mais conjuguée au problème "vais-je réussir à vendre la voiture avant le 26?", la pensée des mails qui doivent s'accumuler dans ma boîte me fait passer une très mauvaise nuit, durant laquelle l'Homme revient une fois de plus hanter mes songes et m'éveille en sursaut, complètement stressée, à 1h55 puis à 4h20.
Ce matin, toujours pas de connexion. Je craque et, vingt minutes avant l'heure prévue, appelle Hawk pour qu'il m'aide à résoudre le problème. Le diagnostic tombe rapidement: ma Livebox fonctionne, c'est mon wifi qui merde. Une première mesure de secours est rapidement mise en place: grâce à un câble éthernet dont je découvre à la fois la fonction et la présence chez moi, je me branche directement à ma Livebox. La conversation se poursuit sur Skype, ce qui 1/ coûte moins cher et 2/ me donne le plaisir de voir Hawk tout nu au saut du lit. Quelques tâtonnements plus tard, il est établi qu'une mise à jour a dû faire sauter mon wifi et que je vais probablement devoir réinstaller tout le bordel. Moi j'dis que c'est pas gagné.
En attendant, je réalise à quel point je suis devenue dépendante d'internet. Déjà, en vacances, je crise si je ne peux pas me connecter au moins tous les trois ou quatre jours; alors en temps normal... Presque toute ma vie est sur le web désormais. C'est là que je traite avec mes contacts professionnels, que je discute avec Hawk les soirs où l'on n'est pas ensemble, que je prends des nouvelles de la plupart de mes connaissances et raconte ma vie dans un blog. Bref, internet est quasiment devenu mon unique rapport au monde extérieur.

samedi 6 octobre 2007

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon (5)

Débrouillez-vous pour...
avoir votre quota de fibres et de vitamines
dans un pays où une grappe de raisin coûte 14 euros
et où les pommes sont si chères qu'on les vend à l'unité.

Shopping à l'aube blême

Il est A MOI, A MOI, A MOI!!!!
Par contre, ceci que je voulais offrir à Hawk est en rupture de stock... :(

vendredi 5 octobre 2007

jeudi 4 octobre 2007

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon (3)

Débrouillez-vous pour...
trouver le 5-16-2 Nishi Ikebukuro, ou toute autre adresse dans tout autre quartier de Tokyo.

mercredi 3 octobre 2007

Un après-midi avec Antonia Neyrins

J'ai hésité à y aller. Peur de ne pas réussir à me garer dans le quartier de la médiathèque ou de me faire bugner la voiture juste au moment où je dois la revendre. Peur que la personne de l'accueil m'ait mal renseignée sur le matériel à apporter et qu'on me demande de dessiner sur place. Peur de devoir faire la conversation à des gens que je ne connais pas, moi qui ai de grandes phases asociales qu'un rien de travers suffit à déclencher.
Finalement, je suis allée à l'atelier "Carnets de voyages" d'Antonia Neyrins. Cette artiste dont je suis le blog et les travaux publiés depuis quelques mois était exceptionnellement de passage dans ma ville aujourd'hui. C'était une occasion à ne pas manquer.
J'ai bien fait de me forcer à bouger. En plus de créer des carnets archi-vivants et beaux à tomber à la renverse, Antonia Neyrins est une personne exquise. Très difficile à photographier car toujours en mouvement. Intarissable sur le sujet de ses oeuvres dont elle parle avec une voix si douce et si passionnée qu'on pourrait l'écouter des heures durant. Beaucoup plus jolie en vrai que sur les photos de son blog - j'ai failli lui demander si elle se moquait de nous quand elle a dit qu'elle avait 43 ans, je lui en donnais facilement dix de moins. Hyper disponible pour écouter les petites histoires des autres, répondre à leurs questions ou dédicacer ses bouquins. Et puis, comment ne pas trouver sympathique une femme que ses parents ont poussée à faire prépa HEC/grande école de commerce, qui a la passion des voyages, qui fait des carnets depuis toute petite et qui a fini par lâcher son boulot "normal" pour se mettre à son compte en tant qu'artiste? Outres les similitudes de nos parcours, j'ai été charmée par la personne et par ses créations. Je regrette juste d'être actuellement trop prise par de bêtes problèmes matériels pour laisser libre cours à une inspiration débordante que ses carnets ont encore avivée.

mardi 2 octobre 2007

Twiggy for sale

Cet après-midi, j'ai pris mon courage à deux mains, mon téléphone dans l'autre et j'ai appelé un journal local pour mettre Twiggy en vente. L'annonce sera sur Internet vendredi et paraîtra dans l'édition papier de lundi prochain. Mine de rien, c'est le pré-signal du départ, la première chose vraiment concrète qui signifie que l'essentiel de ma vie ne sera plus ici pour les mois et probablement les années à venir. Comme tout premier pas vers un changement important, celui-ci s'est heurté à pas mal de réticences intérieures. Le côté "overthinker" angoissé et pinailleur que j'ai hérité de mon père ne cessait d'identifier des objections minuscules, des obstacles dérisoires mais aussi gênants qu'un caillou dans une chaussure. Par chance, le côté "freethinker" optimiste et fonceur que j'ai hérité de, euh, absolument personne dans ma famille a fini par prendre le dessus - et le téléphone avec, donc. Résultat bientôt, j'espère.

The last supper

Chouette soirée chez C&C hier, probablement la dernière avant longtemps puisque lors de mes prochains passages dans le Sud de la France, je n'aurai plus de voiture*. Ils avaient invité leur copine Séverine, lectrice assidue de Série Préférée qui paraît-il "rêvait de me rencontrer". Je ne peux rien refuser à mes fans, surtout quand ils sont officiellement au nombre de un. Mais les enfants étaient surexcités, surtout après la distribution des cadeaux du Japon; du coup pendant l'apéro je me suis retrouvée à jongler entre trois personnes qui essayaient de capter mon attention en même temps: la petite me montrait son classeur de dessins de Hello Kitty, le grand me parlait de ses cartes Magic parce qu'il sait que j'y ai joué il y a fort longtemps, et Séverine me posait des questions sur mon boulot. Ce n'était pas du tout désagréable même si j'ai assez peu l'habitude d'être sollicitée de la sorte. C&C et leurs gamins sont la seule famille traditionnelle que je fréquente (celle de Soeur Cadette exceptée), et j'avoue que je me sens bien avec eux même si ça ne me fait absolument pas changer d'avis sur la question des enfants et du mode de vie. Nous avons pas mal parlé de mon voyage au Japon; mes anecdotes racontées avec force gestes et grimaces les ont beaucoup faire rire, et j'ai réussi à ne pas dire du mal de l'Homme une seule fois pendant toute la soirée - que demande le peuple? Le repas terminé (un monstrueux plat de lasagnes, légèrement brûlées sur le dessus mais délicieuses; d'ailleurs ils m'en ont fait emporter un Tupperware!), j'ai étouffé un baîllement et annoncé qu'il était temps pour moi de rentrer. Au revoir chaleureux. Arrivée dans ma voiture, j'ai consulté l'horloge du tableau de bord. 21h17. Ouah. Je suis vraiment trop rock'n'roll.
* enfin, à condition que je me décide à mettre la mécanique en marche pour la vendre: plus les jours passent, plus je suis assaillie d'une multitude de petites angoisses organisationnelles.

dimanche 30 septembre 2007

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon (2)

Débrouillez-vous pour...
faire ce que vous avez à faire sans pourrir vos fringues
et avant d'avoir les cuisses tétanisées.
Bonne chance.

Pas si simple pour le touriste occidental de se balader au Japon

Débrouillez-vous pour... commander à manger.

Les apparences sont parfois trompeuses (2)

Ceci est un ascenseur.

Pincez-moi

C'est dimanche. Je suis debout depuis 6h50. Il est 10h30 et j'ai déjà fait la moitié de ma journée de travail.
...En fait je dois être encore dans mon lit et en train de rêver.

samedi 29 septembre 2007

SOS d'un salarié en détresse

Je reçois à l'instant ce SMS de Hawk, actuellement perdu dans la campagne belge profonde pour une journée de team building:
"Il pleut à verse. Nous avons fait du canoë et du quad dans la boue. Je vais vite m'établir comme indépendant."

Voyage au Japon: le bilan

J’étais très angoissée à la perspective de ce voyage. Peur de la météo catastrophique au Japon avant notre départ, peur d’arriver à Tokyo si crevée que ça me rendrait agressive et imbuvable, peur de me confronter aux souvenirs du séjour précédent… Peur, enfin, d’aller de désillusion en désillusion, de laisser mes vieux démons reprendre le dessus et saboter ma relation avec Hawk.
Mais il a fait soleil pendant quinze jours; le vol aller était direct et le timing idéal; les souvenirs n'ont repointé leur museau que pour pâtir de la comparaison avec ce que je vivais cette fois; les rares moments de tension ont vite été surmontés. Durant deux semaines, nous avons vécu en joyeuse harmonie. Nous étions sur la même longueur d'ondes la plupart du temps. Dans le cas contraire, l'un de nous consentait un petit sacrifice spontanément et sans le faire payer à l'autre de façon détournée.
Tout était si facile, si évident que je n'en reviens toujours pas. Moi qui ai passé mes deux expériences de vie de couple antérieures à me couper sur les arêtes de l'autre et à le rendre dingue avec mes propres aspérités, je fais enfin l'apprentissage de la douceur, du partage, de l'abandon. Et surtout, je ne me suis jamais autant amusée avec un amoureux. "Couples who play together stay together", dit un proverbe anglo-saxon. Je veux bien le croire.
C'était rien moins que le plus beau voyage de ma vie. Chaque journée a contenu son lot d'images marquantes, d'instants inoubliables, de fou-rires à s'en faire mal au ventre, de gestes tendres ou passionnés. Nous n'aurions pu rêver meilleure conclusion à notre première année ensemble, ni meilleur prélude à une vraie vie à deux.

vendredi 28 septembre 2007

Jet lag

Hier j'étais levée à 7h18; aujourd'hui j'ai fini par sortir de mon lit à 6h13 après avoir tourné et retourné sous ma couette pendant trois bon quarts d'heure sans parvenir à me rendormir. A ce train-là, c'est à l'envers que je vais récupérer mon décalage horaire.

jeudi 27 septembre 2007

Les Japonaises de Tokyo

Les Japonaises de Tokyo portent des micro shorts moulants avec des bottes sous le genou, ou de petites robes taille Empire sur des leggings noirs qui se terminent à mi-mollets par une grosse bande de dentelle. Elles déambulent les pieds en dedans, titubant sur de vertigineux talons pour s'approprier par la ruse les centimètres que la nature leur a refusés. Afin de s'occidentaliser, beaucoup teignent leurs magnifiques cheveux noirs en un châtain roux dépourvu de caractère. Mais leur poitrine menue, leurs hanches étroites, leurs membres déliés, leurs doigts fins et leur peau dorée demeurent indiscutablement asiatiques. Dans le métro ou la file d'attente des restaurants, elles pianotent à la vitesse de la lumière sur leur mobile auquel pend toute une grappe de breloques, dont certaines font deux fois la taille de l'appareil lui-même. Leurs sacs se répartissent en quatre catégories: les Vuitton, les cabas assez spacieux pour transporter un cadavre, les fourre-tout pleins de boucles dans le style bling-bling cher à Gucci, et les petites valises à roulettes. Leur visage peu expressif semble délicatement sculpté dans de la cire. Sous un soleil de plomb, elles trouvent encore le moyen de superposer un T-shirt et un gilet à manches longues sans paraître incommodées le moins du monde. Quadra à l'élégance sobre, punkettes androgynes ou Barbie nipponnes griffées de la tête aux pieds, les Japonaises de Tokyo sont un régal pour les yeux. Elles vont beaucoup nous manquer.

Voyage au Japon: le carnet de bord

Pour ceux que ça intéresse, j'ai commencé la publication de mes notes de voyage ici.

mercredi 26 septembre 2007

D'un vulgaire passeport comme illustration des différences culturelles entre les USA et le Japon



Autoportrait de couple barbouillé

Les apparences sont parfois trompeuses

Ceci est un tigre à dents de sabre.

Remerciement au dieu des grandes roues

...visiblement beaucoup plus difficile à offenser que celui des renards.

Devinette

Keskecé?

Flash info

Mes trente kilos de poupées Blythe, de magnets sushis, de breloques à téléphone, de peluches Totoro, de chaussettes rigolotes, de papeterie kawaï, de Kit-Kat aux parfums improbables, de T-shirts du Hard Rock Café de Yokohama et moi-même sommes bien rentrés. Attendez-vous à une avalanche de posts dans les jours à venir.

jeudi 20 septembre 2007

La vengeance du dieu renard

Depuis hier matin, mes mollets, le bas de mon dos, mes mains et mes avant-bras sont couverts de piqures d'insectes rouge vif qui me demangent atrocement. Donc je passe mon temps a me gratter et en plus d'etre moches de base, maintenant elles suintent. Je suis au top de ma sexitude.
De son cote, Hawk, a qui j'ai toujours envie la regularite metronomique de son transit intestinal, est afflige d'une mysterieuse et violente diarrhee qui lui donne des sueurs froides a la pensee de ne trouver que des toilettes a la japonaise (sorte de bidet incruste dans le sol, encore plus malcommode d'utilisation que le modele dit "a la turque") au moment de sa prochaine crise.
Bien sur on pourrait blamer les araignees des bois et un plat d'une fraicheur approximative. Mais je pense plutot que l'esprit tutelaire de Fushimi Inari-Taisha s'est offusque de voir deux gaijins faire des galipettes debout contre l'un de ses nombreux autels.

mardi 18 septembre 2007

Les meteorologues c'est rien que des gros menteurs

Depuis notre arrivee au Japon, le thermometre n'est pas descendu en dessous de 30 degres, et nous n'avons essuye une micro averse de trois minutes que hier soir vers huit heures alors que nous cherchions un resto dans Pontocho. Nous prenons au moins deux douches par jour et passons notre temps a suer a grosses gouttes. Nous arborons meme de petits coups de soleil sur la figure et les epaules (enfin, une seule epaule en ce qui me concerne pour cause de sac en bandouliere, ca va etre du plus bel effet sur les photos a poil du love hotel). Qu'on ne vienne surtout pas me dire que la meteorologie est une science exacte.

mardi 11 septembre 2007

Tâchons de voir le verre de la météo comme à moitié plein (plutôt que sur le point de déborder gravement)

C'est non sans une certaine appréhension que je me prépare à m'envoler pour Tokyo avec Hawk. La météo est infecte cette semaine au Japon, et j'ai été pas mal traumatisée par le Grand Désastre Toscan de 2002: une semaine de vacances en amoureux où il a plu sans discontinuer alors que l'Homme et moi étions en moto et logés en pleine cambrousse à des kilomètres de tout. Je me souviens de ma déception, de mon amertume et de la façon dont elles avaient achevé de pourrir l'ambiance déjà joliment plombée. J'aimerais bien ne pas rééditer cet exploit pour mon premier grand voyage avec Hawk.
Histoire de me consoler, je me dis que la météo nous forcera à passer un maximum de temps en intérieur (musées, love hotel, grands magasins - pas nécessairement par ordre de préférence) et limitera nos déambulations dans les jardins zen qui m'ennuient prodigieusement. Je me dis aussi que si j'arrive à ne pas faire ma mauvaise tête, ça peut devenir une aventure épique plutôt qu'une catastrophe totale. Comme je l'ai appris dans les pages d'un bouquin de David Burns en 97, comme Hawk me le rappelait hier soir sur MSN, si certains facteurs extérieurs échappent à notre contrôle, c'est à nous et à nous seuls qu'il appartient de choisir la façon dont nous y réagissons.
Sayonara les amis. Je vous retrouve le 26 si je n'ai pas été emportée par un typhon ou noyée dans la crue de la Sumida.

dimanche 9 septembre 2007

Boucle bientôt bouclée

"Entrer enfin dans le mile high club pendant la nuit à bord du Bruxelles-Tokyo. Voir ton regard bouffer le paysage par la vitre du Narita Express. Et l'hébétude sur ta figure en sortant de la gare d'Ikebukuro au milieu des immeubles, des néons et de cette marée de visages tous identiques. Descendre Takeshite dori en photographiant les lolita goth et en essayant des tenues improbables dans les magasins où elles s'habillent. Te traîner à Kiddy Land pour ajouter une (ou deux?) Blythe à ma collection pendant que tu te retiendras de râler que vraiment, je suis une môme. Aller visiter le studio Ghibli comme on va en pèlerinage. Tester les petits restos où les touristes ne vont jamais et où les proprios ne parlent pas un mot d'anglais. Ne pas bouffer un seul truc occidental de tout le séjour. Se prendre les embruns en pleine figure face à la mer dans le port de Yokohama. Se perdre parmi les collines que traversent les 40 000 portiques d'Inari et baiser debout contre un arbre au bord du lac désert. Se laisser hypnotiser par les lanternes écarlates dédiées aux esprits du temple de Gion. Prendre ensemble un bain à la japonaise; assembler nos corps et les salir dans la vapeur qui est censée les purifier. Marcher jusqu'à avoir les jambes en coton; se remplir du Japon par tous les pores."
J'ai envoyé cette liste à Hawk le 12 octobre de l'an dernier. A l'époque, c'était un pur délire: même si on se connaissait par blogs interposés depuis plus de deux ans, on ne s'était encore jamais rencontrés; on ne faisait que parler de cul et du Japon sur MSN. Mais d'ici quinze jours, si tout va bien, on aura réalisé la plupart des choses que j'énumérais alors.
La vie est décidément pleine de surprises. Et dans le lot, y'en a même des bonnes.

samedi 8 septembre 2007

En attendant les résultats de Persoweb

Maintenant que les votes sont clôturés, je peux bien vous le dire: vous n'auriez pas dû voter pour moi.
Ne me prenez pas pour une ingrate. J'ai été touchée par la constance des gens qui me connaissent à cliquer chaque jour sur mon icone Persoweb, et ravie que ce concours dont je n'attendais pas grand-chose m'apporte autant de lecteurs (mes visites journalières ont quasiment doublé depuis ma nomination).
Mais il y avait dans ma catégorie un blog qui enfonçait de loin tous les autres. Au premier abord, il n'est pas spécialement accrocheur: un template tout simple, pas d'avatar, de photos, de vidéos, d'animations ni de liens quelconques, hormis vers un très joli morceau de piano censé lui servir de "générique". Sa forme est extrêmement basique. Ce n'est sûrement pas la faute à la paresse ou à l'ignorance de ses auteurs; j'y vois plutôt une volonté de ne pas dénaturer ni détourner l'attention de son fond.
Le blog de Firmin est l'oeuvre de deux personnes, un grand-père de 85 ans et son petit-fils de 25 ans. Le premier a eu une vie très riche et brûle de transmettre ce qu'il a appris. Le second a eu l'idée de retranscrire leurs longues discussions sous forme de blog. L'idée est intéressante. La réalisation est carrément formidable. Le discours aurait pu être pontifiant et moralisateur, mais il évite ces écueils avec une facilité déconcertante. Tout ce qui en ressort, c'est un humanisme si profond, si ardent qu'il en devient presque militant. A l'heure où les valeurs de notre République sont allègrement bafouées - ou pire, récupérées et corrompues -, à l'heure où l'argent et la célébrité sont devenues des aspirations plus importantes que la justice ou la fraternité, le blog de Firmin devrait être considéré comme une oeuvre d'utilité publique.
Je conçois que mes petites divagations narcissiques puissent amuser ou émouvoir mes lecteurs et leur offrir cinq minutes de distraction quotidiennes. Mais les leçons de Firmin sont de celles que l'on peut, que l'on doit porter en soi toute une vie. Alors j'espère sincèrement que c'est son blog qui gagnera ce concours et recevra la publicité qu'il mérite bien.

vendredi 7 septembre 2007

Voyage au Japon: les inquiétudes de dernière minute

Quand Hawk m'a lancé un "chiche qu'on va au Japon tous les deux?" sur MSN, on n'était même pas en couple. Pourtant, j'ai répondu "oui, volontiers", parce que je ne connaissais pas des masses de gens susceptibles de m'accompagner dans ce voyage que j'avais envie de refaire à ma façon.
On a cherché une date potentielle. L'hiver est trop froid au Japon; le printemps est la saison idéale mais j'avais déjà prévu de partir aux USA avec les VIP en mai; l'été il fait une chaleur humide insuportable pour les Occidentaux; l'automne est la saison des typhons. Idéalement, il aurait fallu attendre avril ou mai 2008. Mais je sentais bien qu'échafauder des plans de voyage à dix-huit mois avec un type dont je ne savais pas encore trop bien ce qu'il était pour moi, ça faisait beaucoup trop loin. En un an, déjà, il pouvait se passer mille choses susceptible de foutre nos projets en l'air. Donc j'ai dit banco pour septembre 2007: le plus gros des chaleurs estivales serait passé, et avec un un peu de chance, on tomberait entre deux typhons - il ne devait quand même pas y en avoir tous les jours. Puis si ça se trouvait, d'ici là, nous ne nous parlerions même plus, alors pourquoi nous prendre la tête d'avance sur de bêtes problèmes de météo ?
Un an plus tard, Hawk et moi nous apprêtons à faire notre vie ensemble, le voyage au Japon est organisé dans les moindres détails, les billets d'avion non remboursables sont pris depuis deux mois et un typhon sévit sur Tokyo en ce moment même. Moi j'dis: ça sent le gaz.
La seule chose qui me console de ne pas avoir attendu mai 2008, c'est qu'on aurait eu deux chances sur trois de tomber sur l'Homme, sa nouvelle copine et les fidèles de sa secte sa bande de groupies ses élèves au Kimi Ryokan. Je vois d'ici l'ambiance des vacances. En fait je crois que je préfère le typhon. Et même un petit tremblement de terre par-dessus le marché.

jeudi 6 septembre 2007

Le déclin de la passion

Conversation MSN avec Hawk hier soir:
MOI: hey
LUI: hey
LUI: ava?
MOI: mwi
LUI: ohlà, pitimwi
MOI: je m'ennuie
LUI: je peux danser pour te distraire si tu veux
LUI: *m'envoie un smiley qui se trémousse la bite au vent*
MOI: hum
(Plusieurs minutes s'écoulent.)
MOI: bon ben je vais aller me coucher
LUI: alors bonne nuit
Voilà voilà... Y'a quelques mois, on se parlait au moins deux heures par jour sur Skype. On avait toujours des milliers de trucs à se dire. On essayait d'être raisonnables, mais on finissait systématiquement par se coucher beaucoup plus tard que prévu. Il manquait de sommeil parce que son boulot l'obligeait à se lever super tôt, et de mon côté je passais toute la journée comme dans un brouillard à attendre le moment de le retrouver.
Maintenant Skype c'est un soir sur trois, ça dure grand maximum une heure, il y a de grands blancs dans la conversation et pas parce qu'on se regarde avec des yeux de poissons morts d'amour. Et ce n'est pas le seul domaine dans lequel la passion commence à retomber.
Je sais qu'on ne peut pas rester perpétuellement shooté aux hormones qui vous submergent au début d'une relation amoureuse. Qu'il vient toujours un moment où l'autre cesse d'être votre unique préoccupation, votre alpha et votre oméga. Un moment où vous préférez mater le dernier épisode de "Lost" ou de "Heroes" plutôt que d'écouter le récit de sa journée très ordinaire. Un moment où un bon bouquin vous excite davantage qu'une partie de jambes en l'air car il a l'avantage de la nouveauté. C'est sans doute aussi bien - sinon, les couples passeraient leur vie à se regarder dans le blanc des yeux entre deux étreintes sauvages, et ils n'accompliraient pas grand-chose.
Mais pour moi, c'est toujours un cap difficile à passer: le cap où l'amour cesse d'être une évidence physique et devient quelque chose de plus raisonné. Pas encore une habitude vidée de sens, mais une étape plus avant sur le chemin qui peut mener à la décomposition. J'imagine le jour où je commencerai à chercher des excuses pour ne pas me coucher en même temps que l'autre, le jour où ses blagues ne m'arracheront plus qu'un soupir désolé, le jour où la simple vue d'un tube de dentifrice mal pressé me mettra en rogne contre lui, le jour où sa présence même me fera grincer des dents.
J'ai une vision bien pessimiste de l'amour et de la vie de couple, me direz-vous. C'est que jusqu'ici, mes relations ont toujours fini par se casser la gueule. Contrairement à ce que ce post pourrait laisser croire, je ne m'inquiète pourtant pas beaucoup à propos de ma future cohabitation avec Hawk. Je sais qu'on partage des choses fondamentales, qu'on est hyper complices dans nos délires, que la communication passe bien entre nous, qu'on s'implique tous les deux à fond dans notre histoire. On a des bases solides qui devraient nous permettre de construire un chouette avenir. Mais si puéril que ça puisse paraître, j'ai quand même un peu de mal à faire mon deuil de la passion.

lundi 3 septembre 2007

Vanessa, le retour


Tout à l'heure en voulant regarder "Malcolm" je suis tombée sur... un jeu débile présenté par Roland Magdane. Je n'en revenais pas que M6 me sucre la fin de la dernière saison de cette excellentissime série. Dépitée, j'ai zappé pour voir ce qu'il y avait sur les autres chaînes. Et je suis tombée sur le Grand Journal de Canal + avec en invitée d'honneur Vanessa Paradis, dont le dernier album sort aujourd'hui. (Cette fois, j'ai bien pensé à le pré-commander sur Amazon et devrais donc le recevoir après-demain).

Vanessa Paradis n'a pas une grande voix. Le seul de ses albums qui figure encore dans ma CDthèque, c'est le "Variations sur le même t'aime" que lui avait écrit Gainsbourg. Son "Bliss" familial m'avait, à deux chansons près, copieusement gonflée. La moitié de ses films sont des navets. Elle est la première à reconnaître qu'elle n'est pas une intello et qu'elle ne possède aucune culture. Elle s'exprime avec le genre de lenteur hésitante qui tend à m'exaspérer chez d'autres. En plus elle est naturellement blonde aux yeux verts, elle pèse genre douze grammes et elle irradie la béatitude par tous les pores.

Je devrais la détester, mais je l'adore. Parce qu'elle n'a pas la grosse tête malgré sa triple casquette de chanteuse/actrice/modèle pour Chanel, parce qu'on la sent émerveillée par sa chance et pas du tout imbue d'elle-même, parce que malgré des choix professionnels pas toujours judicieux, il y a dans tout ce qu'elle fait une grâce unique, une luminosité qui justifie qu'elle soit devenue une icône malgré sa médiocre production artistique. Si je devais me réincarner dans la peau d'une star, je voudrais être Vanessa.

dimanche 2 septembre 2007

Le look n'importe quoi

Lisant sur le forum de mon éditeur préféré la liste des emplettes qu'un jeunot audacieux du look venait de faire à Londres, je me suis remémoré les tenues les plus improbables avec lesquelles j'étais sortie. Les trois qui me reviennent à l'esprit en premier sont les suivantes; elles ont toutes été portées l'année de ma terminale pour aller au lycée.
- Une chemise vert sapin imprimée de petits cowboys avec un bolo-tie, une mini-jupe en feutrine à peu près du même vert, une chaussette rose fluo, l'autre jaune fluo, et aux mains inverses, une mitaine en dentelle jaune fluo et l'autre rose fluo. Je ne me souviens plus de ce que je portais aux pieds ni si j'avais des collants ou pas, et c'est fort dommage. Nous n'étions pas encore à l'ère du numérique et personne ne m'a prise en photo, c'est encore plus dommage.
- Un long tutu noir à fines bretelles. Sans rien dessus. En plein mois de décembre. On m'a beaucoup regardée ce jour-là. J'ignore si c'était parce qu'on hésitait à m'indiquer la direction de l'opéra de la ville ou à cause de l'effet tétons qui pointent avec le froid.
- Un pyjama à carreaux. Et non, ce n'était pas le jour de Mardi-Gras. J'avais juste décidé que ça me ferait gagner du temps et que de toute façon, un pantalon c'était un pantalon - dehors, dedans, quelles distinctions ridiculement petites-bourgeoises...
J'ajoute qu'à l'époque, j'étais coiffée comme Catherine Ringer dans le clip de Marcia Baila.
Et vous, des erreurs de look si monumentales qu'elles en deviennent drôles rétrospectivement?

La visite manquée

Ce sont les derniers jours du dernier été que je passe ici jusqu'à nouvel ordre. Et au lieu d'en profiter, je suis enfermée chez moi à me dépêcher de finir une trad que je dois rendre avant mon départ pour le Japon. Vendredi, je me suis levée tellement tard que je n'ai pas pu me résoudre à bosser; du coup je me suis préparée à une journée semi-glande semi-corvées diverses. Et puis en appelant Soeur Cadette vers 14h, j'ai appris que sa petite famille et elle étaient à Sanary en train de manger une crêpe et qu'ensuite ils allaient rendre visite à ma grand-mère dont la maison de retraite se trouve juste à côté. J'ai été prise, d'un côté, du regret de n'avoir pas décoincé plus tôt pour les accompagner et profiter d'eux que je vois si rarement, de l'autre, de la culpabilité d'avoir laissé passer cette occasion de rendre enfin visite à ma grand-mère.
En mai 2005, lors de mon premier séjour au Japon, mes parents m'avaient annoncé qu'ils venaient de changer ma grand-mère de maison de retraite. J'avais assez souvent l'occasion de passer à l'ancienne, située à côté d'un grand centre commercial. La nouvelle était beaucoup plus loin, dans un endroit que je ne connaissais pas. Or, j'ai un sens de l'orientation lamentable et une trouille terrible de me perdre en voiture. Mais je savais bien que c'était de fausses excuses pour ne pas y aller. La vérité, c'est que je ne supportais plus ces visites à ma grand-mère. Les maisons de retraite sont des mouroirs aseptisés dont le personnel à la gentillesse convenue et les pauvres efforts de décoration ne parviennent pas à masquer la finalité. Elles me renvoient à ma terreur, non pas de la mort, mais de la vieillesse solitaire qui m'échoiera si un accident ou une affreuse maladie ne m'emporte pas avant. C'était déjà la raison pour laquelle j'avais arrêté de faire du bénévolat chez les Petits Frères des Pauvres. Ma peur me pousse à perpétuer le comportement même que je trouve regrettable chez les adultes bien portants et dont je voudrais tant ne pas être victime plus tard. Stupide, je sais.
Si ma grand-mère était "juste" invalide physiquement, je ne crois pas que ça me poserait de problème. Mais depuis quelques années, elle a sombré dans une forme de douce démence dépressive. Peu m'importe qu'elle répète en boucle les mêmes histoires que je connais par coeur à force. En revanche, je ne supporte pas de la voir se mettre à pleurer, dire qu'elle veut rentrer chez elle, qu'elle ne pense qu'à se suicider pour échapper à tout ça. Comment réagir face à une telle détresse? Du coup, j'ai l'impression que mes visites lui font plus de mal que de bien - en remuant le passé et en lui rappelant qu'il existait une vie à l'extérieur des murs de sa maison de retraite. Mais peut-être est-ce juste une excuse supplémentaire que je me donne pour justifier ma lâcheté.
Je m'étais dit que j'irais lui rendre visite avec Soeur Cadette et sa famille, pour ne pas me retrouver seule face à elle. Et puis (inconsciemment ou pas?), j'ai laissé passer une occasion qui pourrait être la dernière. Dans dix jours je retourne au Japon. J'aurai revu Tokyo avant ma grand-mère.

vendredi 31 août 2007

Wanted

Un pachorex. Description: poisson qui nage dans les airs et peut se transformer, selon ses besoins, en autruche, en ours ou en lapin. Vu pour la dernière fois: dans mes rêves cette nuit. Verdict: l'alcool (deux vodka-pamplemousse hier soir) est néfaste à la qualité de mon sommeil.

Bons baisers de New York

Apprenant que Soeur Cadette et sa petite famille partaient une semaine à New York, j'ai réclamé une carte postale parce que, chaque fois que je voyage à l'étranger, je me promets de m'en auto-envoyer une en souvenir, et au final je ne le fais jamais. Et puis la dernière carte que Soeur Cadette m'avait envoyée de Barcelone était une superbe mosaïque de détails des oeuvres de Gaudi qui m'avait tant plu que deux ans après, elle trône toujours sous le sous-main transparent de mon bureau. M'en remettant à son bon goût, j'ai donc demandé "quelque chose d'original, hein, pas une vue de la Statue de la Liberté ou de l'Empire State".

Au second jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette aperçoit dans la vitrine d'un magasin NBC des cartes postales Heroes avec les personnages de la série dessinés façon comics. Nous avons regardé les trois premiers épisodes ensemble et elle connaît mon affection pour la bande dessinée. "Banco", se dit-elle. C'est le soir, le magasin est fermé. Qu'à cela ne tienne, il lui reste 5 jours pour repasser.

Le quatrième jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette revient au magasin NBC. Dont le vigile lui refuse l'entrée. "On ferme." "Mais... vous avez laissé passer les gens juste devant moi!", proteste Soeur Cadette. "On ferme", répète le vigile. "S'il vous plaît, je sais exactement ce que je veux, j'en ai juste pour une minute", plaide Soeur Cadette. "On ferme", s'obstine le vigile. Dépitée, Soeur Cadette fait demi-tour.

Le sixième jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette arrive au magasin NBC plus tôt dans la journée. Et apprend que les cartes postales Heroes ne sont pas à vendre, qu'il y en a juste un set dans la vitrine pour la déco.

L'avant-dernier jour de sa semaine à New York, Soeur Cadette m'achète la carte ci-dessus à Seaport Village. A sa décharge, ce n'est effectivement ni la Statue de la Liberté ni l'Empire State.