samedi 25 août 2007

Comment nous avons failli aller voir Hairspray

Jeudi soir, pensant faire des économies sur le prix prohibitif des places de cinéma, je prends à l'UGC Toison d'Or une carte de 5 places valable en semaine uniquement. A 28,40 euros, ça vaut le coup, et puis on a trois mois pour l'utiliser - alors même avec les vacances au milieu et moi qui ne reviens pas avant le 23 octobre, ça devrait aller. Sauf que juste après avoir payé, la caissière me précise avec un grand sourire: "...Et elle est valable jusqu'au 22 octobre." Je m'étais juste trompée d'un mois. Bon.
Histoire d'en profiter quand même ensemble, nous décidons avec Hawk d'aller voir Hairspray ce soir, à la séance de 19h15. Après des courses chez Carrefour pour nous équiper en nécessaire à chats, nous speedons un peu pour finir, moi le traitement de photos en retard sur son Photoshop Elements, lui le repas du soir à mettre au frais pour le trouver tout prêt lorsque nous rentrerons avec des estomacs qui crient famine. Nous partons en retard, en espérant qu'il n'y aura pas trop la queue et que nous ne manquerons que les bandes-annonces.
A mi-hauteur de la Chaussée d'Ixelles, Hawk s'immobilise.
"On est samedi. La carte n'est pas valable aujourd'hui."
Retour au bercail. Ca branche quelqu'un, une soirée Super Mario?

vendredi 24 août 2007

Mission accomplie

...Mais j'y ai passé la journée. Et il reste encore 7 autres mondes.

"Naissance des pieuvres"

Ca commence un peu comme "L'effrontée": une ado gauche, taciturne et physiquement anodine flashe sur la blonde brillante vers laquelle convergent tous les regards. Elle fait tout pour l'approcher et devenir son amie, mais le rapport déséquilibré qui se développe entre elles n'est qu'une forme de servitude.
Puis le véritable sujet du film se précise: la naissance du désir chez trois adolescentes. Marie est fascinée par Floriane à laquelle elle se cramponne en silence et sans trop comprendre ce qu'elle attend d'elle; elle sait juste qu'elle ne supporte pas de la voir avec des garçons. Anne encore gamine dans sa tête est encombrée par un corps malgracieux, avide de faire ses premières expériences et vaguement amoureuse du petit ami de Floriane. Floriane souffre de sa beauté autant qu'elle en joue: toutes les filles hormis Marie la jalousent, tous les garçons ne pensent qu'à coucher avec elle, et elle traîne une réputation de salope alors qu'elle hésite encore à sauter le pas. Chacune à sa façon est encombrée d'elle-même; chacune à sa façon en devient tour à tour pathétique et cruelle.
J'ai rarement vu de film qui dépeigne aussi bien les tourments affectifs et hormonaux de l'adolescence. Les trois jeunes comédiennes livrent une performance à fleur de peau, et le traitement du sujet pourtant casse-gueule est remarquable de sensibilité pudique - ce qui ne m'a pas empêchée de me sentir gênée, comme prise en flagrant délit de voyeurisme pendant certaines scènes. L'ensemble sonne incroyablement juste, à un point presque dérangeant. J'ai retrouvé beaucoup des douleurs de ma propre adolescence à travers les personnages d'Anne et de Floriane, et une fois de plus je me suis réjouie que tout ça soit très loin derrière moi.
Mais le plus chouette dans ce film, c'est que Hawk est venu le voir avec moi et qu'il l'a aimé aussi. Avoir quelqu'un avec qui échanger ce genre d'impressions à la sortie du cinéma, ça n'a pas de prix.

mercredi 22 août 2007

Flying to Brussels

Pour ne pas changer, mon vol avait une heure de retard. Jetairfly est très fort sur les tarifs, pas sur la ponctualité. Dans la salle d'embarquement, il ne devait pas faire plus de quinze degrés; j'étais transie avec mon T-shirt à paillettes. J'ai attendu si longtemps que j'avais déjà fini mes trois magazines au moment de monter à bord. Dans l'avion, je me suis retrouvée assise à côté d'un gros monsieur transpirant dont la masse empiétait sur mon espace vital, et qui lisait un quotidien en menaçant de m'écraser son coude sur le nez chaque fois qu'il tournait une page. Lorsque je lui en fait la remarque, il m'a superbement ignorée. (Question pour nos amis belges: devinez en quelle langue était rédigé son journal?) La batterie de ma DS m'a lâchée alors que j'arrivais péniblement au milieu du tableau 4 du premier monde de New Super Mario. J'ai été prise de mal au ventre et de fringale au beau milieu du vol - mon repas de midi était déjà loin et mes médicaments en soute. Mais tout ça, je m'en fichais: au bout du voyage, il y avait Hawk.

lundi 20 août 2007

What I did last night

J'espère pour elle que la princesse Peach a toujours rêvé d'épouser une tortue avec une crête de punk rouge. Parce que si elle compte sur moi pour réussir à la tirer des griffes de Bowser avant la ménopause, elle risque d'être déçue.

dimanche 19 août 2007

Bruxelles 21-26/08/2007: to-do list

* faire le plein de chocolat et de soupes chinoises
* boucler le programme des vacances au Japon
* retourner au bookstore dont j'ai oublié le nom et acheter un autre set de mots aimantés
* aller voir "Naissance des Pieuvres"
* profiter du Photoshop Elements de Hawk pour finir de traiter mes photos des USA
* s'équiper en nécessaire à chats (caisse, litière, croquettes)
* envoyer une carte d'anniversaire à Choupi
* traduire 30 pages et en relire 60
* éplucher le catalogue Ikea 2008 qui vient juste de sortir, pour se donner des idées
* des câlins plein plein plein
[On notera l'ordre de mes priorités... D'abord la bouffe, puis les vacances. Le travail vient beaucoup, beaucoup plus loin. Et le sexe en dernier, je sais. La faute au Lutényl qui me pourrit la libido :( ]

Ulterior motive

Personne ne s'en doute encore, mais l'une des raisons pour lesquelles je déménage en Belgique à la rentrée, c'est de me faire la main avant de prendre le contrôle de l'univers. Un pays dépourvu de gouvernement depuis 70 jours devrait être un terrain d'entraînement idéal.

samedi 18 août 2007

Apportez-moi la tête du Prince Charmant

Inconsciemment, j'ai passé toute ma vie d'adulte à chercher le Prince Charmant. Il fallait qu'il soit grand, costaud et bronzé, avec le cheveu Loréal et le sourire Pepsodent, doté d'un métier classique ainsi que d'un mental stable et solide. L'humour, l'intelligence, la culture étaient bienvenus mais optionnels. Résultat, j'ai désigné Homme de ma Vie un spécialiste du jeu de mots à deux balles pour qui la règle de trois était un mystère aussi insondable que la concordance des temps. Accessoirement, quelqu'un qui n'était pas tant stable et solide que monolithique dans son mode de pensée ; quelqu'un qui, de ce fait, ne m'a accordé qu'une place très restreinte dans sa vie. Mais son profil et son cul m'hypnotisaient. Son flegme me rassurait. Sa normalité, espérais-je, allait déteindre sur moi. Au final, elle n'a fait que m'éteindre.
J'ai toujours accepté - voire cultivé - mes petites excentricités et mon côté rebelle. Oh rien de bien méchant: j'ai tourné le dos à mes études et opté pour un statut de travailleuse indépendante alors que je viens d'une famille de fonctionnaires, couché à gauche à droite et eu un parcours sentimental chaotique alors que mes proches étaient plutôt du genre à considérer le sexe comme un truc indissociable de l'amour et à se caser avec leur premier partenaire, traîné dans toute sorte d'endroits louches et consommé maintes substances illicites (mais jamais en quantité ni à une fréquence inquiétante). En 95, j'ai même voté Balladur au premier tour. Un moment d'égarement comme j'en ai eu beaucoup d'autres.
Mais à côté de ça, je ne m'entourais que de gens sains et équilibrés, de gens qui savaient où ils allaient dans la vie, de gens qui suivaient les sentiers balisés pendant que je batifolais et m'égarais dans la cambrousse. Résultat, je me sentais constamment inadéquate - une cheville carrée qui s'obstinait à fréquenter des chevilles rondes et s'étonnait de ne pas trouver de trou à ses mesures parmi elles. Je me positionnais contre tout ce dans quoi j'avais été élevée; pourtant j'y revenais toujours d'une façon ou d'une autre, je continuais à l'utiliser comme l'étalon auquel je me jaugeais. Pas étonnant que j'aie passé le plus clair de mon existence à me sentir défectueuse.
L'échec absolu de ma relation avec l'Homme m'a forcée à remettre en cause le choix de mes amours, et même de mes amis. Aujourd'hui, je suis avec quelqu'un que j'aurais jadis considéré comme un crapaud: il n'atteint pas le mètre quatre-vingts, ses cheveux ne sont plus qu'un lointain souvenir, son enfance a été saccagée et son équilibre psychologique conquis de haute lutte, ma carrière est un long fleuve tranquille à côté de la sienne, et ses antécédents sexuels me ravalent au rang d'oie blanche. Mais c'est un crapaud merveilleux qui me fait rire plus que n'importe qui au monde, un crapaud que ses blessures ont doté d'une empathie et d'une tolérance quasiment sans bornes, d'un jugement très sûr sur autrui et d'une immense douceur, un crapaud qui marche à fond dans mes délires au lieu de les observer de loin avec une mine narquoise ou consternée, un crapaud dont le corps s'emboîte parfaitement avec le mien, un crapaud qui sait gérer mes humeurs et me prendre comme je suis sans pour autant se laisser marcher sur les pieds, un crapaud qui a fait de moi sa priorité et qui me le prouve chaque jour. Du coup, j'ai cessé de vouloir être une princesse. Grenouille déjantée, ça me correspond beaucoup mieux.

vendredi 17 août 2007

Mère sucre les fraises

Extrait d'une conversation téléphonique avec ma mère:
ELLE: Tu vas habiter où à Bruxelles?
MOI: Avec mon copain.
ELLE: Mais il a un appartement?
MOI: ...Non, il vit dans la rue.
ELLE: Ben je sais pas, il aurait pu habiter encore chez ses parents.
MOI: A nos âges???

jeudi 16 août 2007

On est des M&M's tout le monde nous aime!


Armalite dit :
rho chui classe avec mon sac quand même
Armalite dit :
mais chauve, très chauve
Kris dit :
mais non, mais non ^^
Armalite dit :
j'ai la permission de poster ça sur mon blog ?
Kris dit :
c'est pour faire ressortir le lustrage de ta cacahuète
Kris dit :
sûr, fais en ce que tu n'en veux ^^
Armalite dit :
le lustrage de ma cacahuète? mdrrr
Kris dit :
c'est open bar
Armalite dit :
mais pas pour lustrer ma cacahouète hein
Armalite dit :
(je vais en rire longtemps de celle-là)
Kris dit :
ça dépend qui veut lustrer la cacahuète de qui... bref on s'égare là ^^
...Vous aussi, devenez un M&M's!
(De gauche à droite: moi, Junior, Autre Moi et Kris, mode vacances on)

mercredi 15 août 2007

Une page de pub pour la bonne cause

Le coton est l'une des industries les plus polluantes pour la planète. Or, la plupart des femmes utilisent facilement 3 ou 4 Demak'Up par jour pour se nettoyer le visage. Imaginez la quantité de coton que ça représente sur toute une vie...
Il existe pourtant un moyen très simple d'y remédier: les lingettes démaquillantes lavables! D'un côté, un tissu à bouclettes qui exfolie doucement; de l'autre, de la laine polaire qui caresse la peau. Après utilisation, on passe en machine à 40° et le tour est joué!
Ca fait plusieurs mois que j'utilise ce produit et je suis totalement conquise. J'en ai acheté deux douzaines parce que je ne fais pas non plus tourner ma machine à laver tous les jours. Ca m'a coûté une vingtaine d'euros, et j'en ai probablement pour des années d'utilisation. Au prix du paquet de Demak'Up, c'est un geste aussi bon pour votre portefeuille que pour la planète! En vente chez Maternature.

Où on reparle de ma vieille copine Fleur

Hier, j'ai reçu le faire-part de naissance de la fille de Fleur. Le prénom pourtant original me disait quelque chose. J'ai mis une bonne minute à le replacer: c'est celui de l'héroïne de "La nuit des temps" de Barjavel. Puis je me suis souvenue que Fleur avait lu et adoré le bouquin quand elle était au collège.
J'avais cessé de l'appeler après le jour de l'an 2006, quand elle se lamentait parce qu'elle s'était fait plaquer par un mec auquel elle ne tenait même pas. Marre de ses déboires amoureux et de passer mon temps à l'écouter gémir. Les gens qui vont toujours mal tendent à me fatiguer assez vite. Et puis en novembre, j'étais tombée par hasard sur elle dans un magasin. On avait dîné ensemble; elle m'avait annoncé qu'elle était enceinte de son nouveau copain, avec qui elle sortait depuis à peine plus de six mois. Elle était radieuse. J'ai vraiment espéré que cette fois serait la bonne pour elle. Son histoire était jolie; elle redonnait de l'espoir à mon coeur meurtri. A l'époque, je commençais tout juste à sortir avec Hawk et bien que déjà mordue, je n'osais pas croire que notre relation puisse évoluer et durer.
Je viens d'appeler Fleur pour prendre de ses nouvelles. La conversation n'a pas duré très longtemps, car Melle Barjavel commençait à manifester sa faim en bruit de fond. Je me disais qu'on pourrait peut-être dîner ensemble un soir, mais Fleur et l'homme de sa vie sont en plein travaux (qu'ils réalisent eux-mêmes) avant déménagement, et Fleur reprend le boulot à la fin du mois. On a convenu d'attendre mon retour de vacances. Je suis plus déçue que je ne l'aurais cru. Sans doute parce que, égoïstement, j'avais envie de me shooter du bonheur de gens qui ont très vite surmonté les obstacles affectifs et matériels que j'abats avec beaucoup plus de lenteur en ce moment. Même si leur plan de vie n'est pas du tout le même que le mien.

lundi 13 août 2007

Je suis inquiète pour mes neveux

Voilà ce que mon beau-frère m'envoie quand il s'ennuie au boulot:

Inquiétant, non?

dimanche 12 août 2007

Si quelqu'un a un bon score en TOC c'est le moment de me filer un coup de main

Je ne retrouve plus ma bague celtique. La dernière fois que je l'ai portée, c'était à Bruxelles lors de mon avant-dernier passage. Quand je suis rentrée chez moi, elle n'était pas dans mes bagages, et Hawk me dit qu'il ne l'a pas vue chez lui non plus. Peut-être refera-t-elle surface le jour où je ne m'y attendrai plus - à la faveur d'un déménagement, par exemple.
En attendant, elle me manque. D'abord parce que c'était ma préférée - je l'avais achetée à San Francisco l'an dernier, dans Haight Ashbury. Ensuite parce que désormais, mon pouce ne rencontre que du vide lorsqu'il tente machinalement de faire tourner quelque chose autour de mon majeur gauche. Ca m'avait fait le même coup avec l'annulaire après mon divorce: je continuais à essayer de tripoter une alliance qui n'était plus là.
Pour me consoler, il me reste juste cette photo prise par Hawk fin juin. Heureusement qu'il a l'habitude de mitrailler tous mes petits détails.

samedi 11 août 2007

Le grand ménage

J'aime à dire que les possessions matérielles ne m'intéressent pas, que je préfère dépenser mes sous en expériences plutôt qu'en objets.
Ce n'est que partiellement vrai. Certes, j'ai investi dans un modeste duplex de 60m² alors que j'aurais pu m'offrir une maison avec jardin. Certes, je n'ai pas le goût des voitures de luxe (ni même des voitures tout court), non plus que des gadgets à la mode sur lesquels la plupart de mes contemporains se jettent la bave aux lèvres. Grosso modo, les signes extérieurs de richesse me laissent suprêmement indifférente... A l'exception, sans doute, des chaussures et des sacs griffés - ma plus grande faiblesse.
Pourtant, je me sens encombrée par mes affaires. J'ai depuis toujours deux frayeurs irraisonnées : les incendies et l'amnésie, parce qu'ils détruisent les souvenirs tangibles ou non et qu'il m'a toujours semblé que je n'étais que le produit de mon vécu. Que sans preuves de mon passé, je ne serais personne dans le présent. Mais ça fait longtemps qu'une toute petite partie de moi aspire à voir flamber l'endroit où je vis (en mon absence, ça va de soi) juste pour se sentir libérée de cette montagne de choses qui me paralysent.
Car c'est un fait: les possessions matérielles enchaînent. Il faut les stocker, les entretenir, les déplacer. Bien longtemps après leur acquisition, elles continuent à coûter indirectement de l'argent, du temps et de l'énergie. Et elles restreignent les mouvements. Lorsque j'ai acheté mon appartement, j'ai accepté l'idée de me retrouver plus ou moins prisonnière d'un lieu en contrepartie de la sécurité affective que cela me procurerait: savoir que j'étais enfin chez moi, dans un cocon que je pourrais modeler à ma guise. J'ai, en quelque sorte, choisi de satisfaire mon besoin de stabilité au détriment de mon besoin de liberté.
Beaucoup de choses ont changé dans ma vie depuis. Il y a quinze mois, lorsque je me suis séparée de l'Homme, j'ai envisagé une première fois de me transplanter. Mais il n'y avait pas d'endroit précis où j'aurais aimé m'installer, et surtout je répugnais à quitter mon nid douillet. Parce que je m'y plaisais, et aussi parce que ce Xième déménagement s'annonçait encore plus chiant que les autres: compliqué par la nécessité de revendre un bien immobilier, d'en chercher un autre à acheter et de faire coïncider les deux événements.
J'ai opté pour la solution de facilité. Je suis restée, moitié mécontente de m'encroûter dans une ville où je n'avais plus rien à faire ni personne à aimer, moitié satisfaite de ne pas devoir chambouler mon existence une fois de plus.
Puis Hawk est arrivé dans ma vie. Et au fil des mois, une évidence s'est imposée: ma priorité, c'était d'être près de lui, quoi qu'il puisse m'en coûter. Mon seul foyer, c'était ses bras. Si je devais construire quelque chose, ça ne pourrait être qu'avec lui.
Restait à vaincre des réticences très fortes et à solutionner une foule de problèmes matériels. Se lancer dans une expatriation, que de prises de tête en vue pour une travailleuse indépendante comme moi, qui galérait déjà avec l'administration de son propre pays! Rien que d'y penser, je sentais poindre une migraine tenace, une de celles qui vrillent les tempes et contre lesquelles l'Efferalgan demeure impuissant. Que faire de l'appartement: le garder comme résidence secondaire au mépris du bon sens financier, le mettre en location pour couvrir partiellement le remboursement de mon crédit immobilier ou le revendre pour réinvestir en Belgique? Et mes meubles tous assortis entre eux, notamment la bibliothèque de mes rêves qui aurait beaucoup de mal à trouver sa place ailleurs que dans la pièce pour laquelle elle avait été conçue, sans parler du coût vraisemblablement prohibitif de son déplacement?
Bien sûr, il était possible de temporiser, de prendre une location à Bruxelles avec Hawk sans rien changer à mon statut en France, histoire de voir si je m'habituais à la vie en Belgique et si notre cohabitation se passait bien. Le cas échéant, il aurait tout de même fallu faire le grand saut tôt ou tard, et j'avoue que cette perspective m'angoissait follement.
Je ne me suis pas fixé de plan précis. J'ai laissé s'écouler les semaines en espérant qu'une solution finirait par se présenter à moi.
Et c'est ce qui est en train de se passer. J'ai commencé à envisager des moyens de faciliter la transition (par exemple, m'adresser à un conseil juridique et fiscal pour régler au mieux la partie administrative), à imaginer des réponses concrètes à mes questions matérielles (comme la location de l'appartement meublé en saison pour couvrir mes frais sans me départir de la possibilité de redescendre dans le Midi). Je me rends compte que si j'évite de me mettre la pression, mon aptitude naturelle pour l'organisation et ma capacité à inventer des solutions de vie sur mesure prennent facilement le dessus. Tout n'est pas encore arrêté pour autant, mais les obstacles contre lesquels je butais jusque là sautent un à un.
Parallèlement, une chose assez curieuse est en train de se produire. Je me détache peu à peu de tous ces objets sans lesquels je pensais ne pas pouvoir être heureuse. Je ne relirai ni ne consulterai jamais les deux tiers des livres qui composent ma bibliothèque, alors à quoi bon les garder? Pour épater les gens qui viennent chez moi? Ce serait cher payer quelques instants de fierté mal placée. Ma garde-robe est pleine à craquer de fringues, de chaussures et de sacs dont je ne porte pas le quart. Je n'utilise réellement qu'un dixième des fournitures de scrap que j'entasse sur mes étagères comme un écureuil stockerait des noisettes pour l'hiver. De quoi ai-je peur, que tous les fabricants du monde mettent la clé sous la porte et cessent de produire des nouveautés? Je ne parle même pas des ustensiles de cuisine flambant neufs conservés dans l'hypothèse improbable où je déciderais de me lancer dans la confection de muffins maison - alors qu'on peut en acheter de délicieux déjà tout faits. Et ces souvenirs dont j'ai oublié jusqu'à la provenance, ou qu'il m'est désormais pénible de regarder? Ces disques vinyles de mon adolescence que je ne peux plus écouter faute de platine, ces cassettes vidéo que je ne peux plus regarder faute de magnétoscope?
J'ai entrepris un grand nettoyage. Je suis en train de revendre ma collection de comics US sur eBay, avec une partie de mes bédés, de mes mangas et de mes autres bouquins. Après ça, j'attaquerai les fournitures de scrap, et à la rentrée, je ferai le vide dans ma garde-robe. Je ne veux conserver que des objets utiles ou chers à mon coeur. Tout le reste, comme on dit, doit disparaître. Et quand j'aurai nettoyé mon espace, je ferai de même avec mon budget pour supprimer les dépenses inutiles et voir ce qu'il est possible d'envisager ou non en termes de style de vie.
Chaque jour, je me sens un peu plus libre, un peu plus légère.

vendredi 10 août 2007

Le mystère Harry Potter en français

A la lecture de cet article signalé par Egogramme, je me pose pas mal de questions:
- Comment quelqu'un (à plus forte raison un ado de 16 ans) a-t-il pu traduire un bouquin aussi gros en à peine deux semaines? Il n'est fait mention nulle part de la qualité de son oeuvre, mais quinze jours, c'est le temps qu'il aurait fallu ne serait-ce que pour taper l'intégralité du texte dans un logiciel de traduction automatique!
- Pourquoi tombe-t-il sous le coup d'une violation de la propriété intellectuelle? Le texte est désormais disponible pour le grand public; n'importe quelle personne capable de lire l'anglais peut en prendre connaissance. Alors, à partir du moment où il ne vend pas sa traduction, je ne situe pas bien le problème.
- Comment se fait-il que le traducteur officiel ait eu connaissance du texte en même temps que les lecteurs lambda, alors que la version française doit sortir en octobre et qu'il faut compter un délai de fabrication de deux mois minimum? N'aurait-il pas pu travailler sur épreuves en signant une clause de confidentialité (une pratique sinon courante, du moins existante dans le milieu de l'édition)?
- Et pourquoi, POURQUOI, ce n'est pas moi la traductrice officielle de Harry Potter? A l'origine, les enchères pour les droits français de la série avaient lieu entre Gallimard et un autre éditeur pour lequel je travaillais, et qui avait prévu de me confier le boulot s'il l'emportait. Mais voilà: il n'a pas mis assez de sous sur la table. Je pense que c'est la plus grosse opportunité manquée de ma vie (même si je n'y suis personnellement pour rien).

jeudi 9 août 2007

51, rue M***

Le chauffe-eau est une diva capricieuse; tantôt il refuse de démarrer pour cause de pression insuffisante, tantôt il coupe l'arrivée d'eau chaude au bout de cinq minutes, de préférence quand je suis trempée sous la douche avec la tête pleine de shampoing. L'escalier est si tarabiscoté qu'il faut l'attaquer du pied droit pour ne pas se retrouver obligé de tricoter des pattes à mi-hauteur (et pour hisser une étagère Ikea emballée jusqu'à la mezzanine, je ne vous raconte pas la gymnastique!). Aucun mur ne sépare la chambre de la salle de bains et des toilettes, d'où une promiscuité visuelle, sonore et olfactive assez moyennement glamour. La chasse d'eau fuit, et le bac de douche aussi: dès qu'on éclabousse l'extérieur, ça coule dans la cuisine en dessous. Le lino jaunâtre du salon est tout simplement immonde, et très difficile à camoufler malgré l'achat de deux grands tapis en bambou. Le plancher de la mezzanine craque épouvantablement au milieu, de sorte qu'il est impossible à un informaticien salarié se levant à 5h du mat' de ne pas réveiller sa copine traductrice indépendante qui pioncerait bien tranquillement jusque vers 9h. Le verrou de la porte d'entrée est une blague; il a d'ailleurs déjà été défoncé d'un simple coup de pied et le propriétaire ne s'est toujours pas décidé à le changer. Les fenêtres immenses sont pourvues de rideaux mochissimes mais tellement hors dimensions que ça coûterait un pont de les remplacer, et que les nouveaux ne trouveraient jamais leur place dans un autre appartement. Il n'y a pas de placards, juste deux tringles à vêtements riquiqui dans un coin biscornu.
Cet appartement, c'est tout juste si j'en aurais voulu à l'époque où j'étais étudiante. Pourtant, j'y suis plus heureuse que je ne l'ai jamais été ailleurs.

vendredi 3 août 2007

"Ratatouille"

Juste irrésistible.

"Un corps parfait"

En avril, je décidai de me mettre au régime pour me délester enfin des kilos qui m'empoisonnaient la vie. J'allai jusqu'à solliciter l'aide d'une diététicienne. Les premières semaines, la perte de poids fut lente mais régulière. J'adoptai une alimentation équilibrée, à mille lieues des régimes spectaculaires qui produisent des résultats ultra-rapides mais éphémères (et au prix de quelles privations!). Et j'eus bientôt le plaisir de revoir un 5 en premier chiffre sur ma balance. Psychologiquement, c'était un cap très important pour moi. Puis il y eut les vacances aux Etats-Unis où je repassai brièvement dans les 6. A mon retour, j'annulai le rendez-vous suivant chez la diététicienne au prétexte que ça ne servait à rien d'aller la voir tant que je n'avais pas repris mon poids pré-voyage.
Depuis... rien. Je ne suis pas retournée voir cette brave dame, et mon poids oscille constamment autour des 59,5 kilos. J'ai trouvé un mode d'alimentation qui me convient, d'une part à cause de ses effets physiques positifs (au-delà de l'aspect pondéral), d'autre part parce qu'il ne me force jamais à m'affamer. Je pourrais sans doute faire quelques efforts supplémentaires mais... Quand je me regarde dans la glace, je n'ai plus jamais envie de dire "beurk". Entendons-nous bien, je n'ai pas non plus envie d'appeler Elite et de m'enquérir de la date du casting pour la prochaine couv' de Cosmo. Mais je me sens pleine d'indulgence envers mon corps. Je vois ses petits défauts, et tout ce qu'ils m'inspirent c'est une tendresse résignée. Je vois aussi ses qualités, et je comprends un peu mieux ce qui peut attirer mon amoureux. Il faut dire que tout ça, c'est grâce à lui. Difficile de continuer à se vomir quand quelqu'un vous regarde avec autant de désir que si Gisele Bundchen était un vulgaire boudin à côté de vous, vous répète sans cesse que vous êtes belle avec des trémolos d'émerveillement dans la voix et vous prouve sa sincérité en passant son temps à vous mitrailler avec son appareil photo.
Il y a plein de filles en surpoids que je trouve magnifiques. Au nom de quel orgueil mal placé refuserais-je d'admettre que ce qui s'applique à elles peut également s'appliquer à moi? Les brindilles à la Kate Moss sont de superbes portemanteaux, mais d'un point de vue physique elles me laissent totalement froide; celles qui m'inspirent des fantasmes interdits aux moins de 18 ans ont toujours des seins, des hanches, un cul rond et un petit ventre moelleux - alors pourquoi Hawk ne pourrait-il pas avoir tout le temps envie de moi même avec 5 kilos de trop? Et surtout, comment une fille intelligente et parfaitement capable de voir au travers de la dictature de la minceur (moi, donc) a-t-elle quand même pu s'y laisser prendre si longtemps? Si tout le temps et l'énergie que nous passons à nous préoccuper de notre poids était consacré à quelque chose de plus utile ou tout simplement de plus agréable, mesdemoiselles, nous aurions déjà trouvé un vaccin contre le Sida, envoyé l'une d'entre nous sur Vénus ou mis au point le tissu révolutionnaire capable de remodeler nos courbes à l'envi.
Je laisse le mot de la fin à Eve Ensler avec un extrait de son dernier livre "Un corps parfait". "Dites aux faiseurs d'images, et aux vendeurs de magazines, et aux chirugiens esthétiques, que vous n'avez pas peur. Que ce qui vous effraie, c'est la mort de l'imagination, de l'originalité, de la métaphore, de la passion. Et soyez téméraires, aimez votre corps, arrêtez d'essayer de le réparer: il n'a jamais été cassé."

jeudi 2 août 2007

Le rituel des courses

Il sait que Delhaize ne vend pas le thé en sachet que j'affectionne. Que pour le matin, il me faut des yaourts bulgares et des fruits - de préférence des fraises, même si elles sont hors de prix en cette fin de saison. Que le midi, j'aime manger des poivrons farcis ou du bami goreng. Que ma boisson de choix, c'est le Coca light, et mon coupe-faim, les Wasa au sésame. Que si je fais un détour au rayon biscuits, c'est pour ravitailler Etre Exquis en speculoos. Que je finis toujours la visite au rayon presse pour embarquer le dernier Gaël et le dernier Lou (quand il n'a pas déjà eu la délicate attention de l'acheter avant mon arrivée et de le poser sur l'étagère des toilettes).

Je sais qu'il prend des briquettes de lait de soja nature ou à la vanille, des Grany ou des petits beurre emballés par trois pour ses petits creux, des jus de fruits mélangés (dits "jus fun"), des yaourts aux fruits 0%, du pain à graines pour faire ses tartines, de la soupe bio quand il veut dîner light. Que mes emplettes de chocolat à ramener en France, stockées provisoirement dans son frigo, menacent de réveiller le Cookie Monster en lui. Que si on décide de se faire une bonne petite bouffe à la maison, il préparera un risotto aux pleurottes et à l'huile de truffe ou des linguine avec du pesto di ricotta et des "râpures" de parmesan dont nous consommons tous deux des quantités inhumaines. Que si, par contre, on se résigne à être sage, ce sera escalopes de poulet et poelée de légumes surgelés au wok.

Je sais que si c'est mon tour de payer, le CKD va mettre une éternité à accepter ma carte Visa parce qu'ici la plupart des gens payent avec BanContact. Que la caissière va me demander si on a la carte de fidélité - et que désormais, je pourrai répondre par l'affirmative. Que les articles s'accumuleront au bout du tapis roulant plus vite que Hawk ne parviendra à les ranger dans sa poussette de mémé. Que sur le chemin du retour, on se sourira bêtement, enchantés par ce petit rituel d'un quotidien qu'on ne partage pas encore. Un jour, peut-être, on se chamaillera pour savoir à qui c'est le tour d'aller faire les courses, et on expédiera ça en solo comme une corvée. Pour l'instant, chaque chaque bribe de vie à deux nous est précieuse.

lundi 30 juillet 2007

Traces de lui

Petit à petit, je me débarrasse de toutes les traces de lui.
D'abord l'appareil numérique Samsung trop encombrant et trop compliqué pour moi, le dernier cadeau qu'il m'a fait quelques mois avant de commencer à me tromper. Je l'ai donné à mon père, le fan de modes d'emploi. Il était ravi.
Ensuite, les autres cadeaux, ceux qu'il m'avait offerts les premières années, quand il essayait encore de me faire plaisir. La parure collier et boucles d'oreilles Agatha en cristal rose et vert, que je n'aimais pas et que j'ai dû mettre une fois. Le sac Lancel rose Malabar, very cute mais pas du tout pratique. Ca se revend très bien sur eBay.
La bague avec un minuscule rubis en forme de coeur et les clous d'oreille assortis, je les ai donnés vendredi soir à sa filleule. Ce sont des bijoux qui conviendront très bien à une gamine de cinq ans. Pour une femme de trente, c'était juste d'un nunuche absolu.
L'immonde nounours en peluche acrylique blanche qui tenait un coeur marqué "je t'aime" entre les pattes, et que j'avais reçu pour le premier Noël passé ensemble chez mes parents (à l'époque, il vivait toujours avec sa femme), a échoué dans une poubelle peu après notre rupture. Le joli pendentif rose et la chaîne en or reçus le Noël d'après, en revanche, sont toujours dans ma boîte à bijoux. C'était un chouette cadeau: normal, c'est moi qui l'avais choisi.
[En fait la seule fois où il a vraiment été inspiré, c'est pour le petit Minolta rouge qui était un appareil parfait pour moi. Mais je reconnais que ce n'est pas évident de me faire des cadeaux: j'ai des goûts super pointus et les moyens d'acheter moi-même ce qui me fait envie dès que ça sort en magasin.]
Je ne peux pas jeter tous les albums photo sur lesquels il figure - juste éviter de les regarder en attendant que ma rancoeur s'estompe, ce qu'elle tarde à faire comme les lecteurs de ce blog auront pu le constater. Mais je commence à envisager de revendre cet appartement qu'il m'avait aidé à repeindre, dont son pote menuisier a fabriqué la bibliothèque sur mesure, et surtout qui se trouve à un kilomètre à peine de chez lui. Il me semble que je n'aurai vraiment tourné la page que lorsque je n'aurai plus à craindre de tomber sur lui en faisant mes courses chez Champion ou en allant chercher un recommandé à la Poste.

dimanche 29 juillet 2007

"Harry Potter and the deathly hallows"


Autant après la lecture de "Half-blood prince", je m'étais précipitée sur internet malgré l'heure tardive pour rédiger mes commentaires immédiatement, autant je suis bien embêtée après avoir fini "The deathly hallows" cette nuit. Je ne suis même pas foutue de dire si j'ai aimé ou non dans l'ensemble.

Je savais que ce dernier roman de la série ne se déroulerait pas dans le cadre habituel de Hogwarts, mais j'imaginais quelque chose de plus... rythmé et équilibré dans la narration. En fait, les deux premiers tiers du bouquin sont une succession d'affrontements violentissimes et de looooongs chapitres où il ne se passe rien, et où on s'ennuie presque autant que les jeunes héros dans leur tente au fond des bois. Tous les horcrux manquants sont récupérés et détruits à la va-vite sur la fin, après des mois de glandouille à se demander où ils pourraient bien être. L'action exclusivement centrée sur Harry, Ron et Hermione nous prive de tous les personnages secondaires qui faisaient le charme de la série.

Heureusement, cela s'arrange pendant la très épique et très dramatique bataille de Hogwarts qui oppose la flotte des jeunes Rebelles à sang bouillonnant aux forces de l'Empire menées par le sinistre Empereur les apprentis magiciens, leur famille, leurs amis et leurs profs (bref, tous les gentils de la série) aux Death Eaters menés par Voldemort en personne. Là, on a vraiment droit à un moment d'une grande intensité dramatique qui culmine, comme les lecteurs attentifs et un minimum futés s'y attendaient, par le sacrifice d'Harry.

Qui culmine, mais qui ne se termine pas. Et c'est bien là pour moi la principale faute du livre. Car tel un scénariste des X-Men, JK Rowling se débrouille pour justifier la résurrection de son héros. D'accord, elle emploie un argument construit à partir de détails intégrés dans son histoire depuis plusieurs tomes, et donc vaguement crédible. Mais d'un point de vue littéraire, je trouve que ça manque de courage et de cohérence. (Accessoirement, ça donne l'impression que Rowling accumule les morts de personnages secondaires pour compenser le fait qu'elle va épargner les trois principaux.)

Pour moi, Harry devait mourir en même temps que Voldemort. Ca aurait été une conclusion beaucoup plus forte, au lieu du mièvre épilogue 19-ans-après dont l'auteur nous gratifie: ils se sont tous mariés entre eux, ils ont eu plein d'enfants choupinets auxquels ils ont donné les prénoms des disparus, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Après 400 pages au rythme heurté et 200 autres très intenses, je suis vraiment déçue que la fin tombe à plat de la sorte.

PS: Bien contente de voir que j'avais raison pour Snape, et un peu perturbée par l'étrange attirance que ce personnage exerce sur moi.

L'hospitalité selon Christine


samedi 28 juillet 2007

Cette aumônière

Cette aumonière a représenté entre 12 et 14 heures de travail minutieux.
Elle a été réalisée par Christine (l'inaccessible amour de l'Homme et, accessoirement, la femme de son meilleur ami) à l'occasion de la confirmation de son fils Raf, qui avait lieu le 27 mai dernier.
A cette date, je me trouvais aux Etats-Unis. Je n'aurais de toute façon pas été invitée car l'Homme assistait à l'événement avec sa nouvelle copine, et Christine savait très bien que j'aurais refusé de les côtoyer.
Mais une aumônière avait tout de même été réalisée pour moi et, m'a dit Raf hier soir, "après celle de mon parrain, c'est la première que j'ai mise de côté". J'ai également appris que les deux douzaines d'aumônières brodées et cousues par Christine comportaient trois motifs différents: une bougie, un calice et une colombe, et que la bougie était le motif réservé aux VIP.
Alors même si je déteste les dragées, je vais la garder précieusement, cette aumônière.

La fille d'après

Elle vit dans ce qui a été mon décor pendant sept ans, au milieu des meubles que j'ai aidés à choisir. Elle dort comme un bébé malgré la canicule grâce à la clim que j'ai payée pour moitié, pendant que je suffoque toutes les nuits dans ma mezzanine sous les toits. Elle profite de la déco que j'ai faite, des heures que j'ai passées à traquer des objets japonisants alors que ce n'est pas du tout mon style. Ou bien elle déteste et se demande comment tout remplacer petit à petit. Elle a probablement vu les photos de mes vacances en Italie, en Autriche et au Japon, et à tous les coups elle s'est dit que j'étais petite, grosse et mal coiffée. Elle connaît certainement par coeur la liste de mes défauts, les manifestations de mon insupportable déprime hivernale - bref, tous les reproches que l'Homme avait à m'adresser et dont il s'est servi pour justifier le fait de me tromper avec elle. Elle a dû aussi entendre, souvent, que j'étais une des personnes les plus intelligentes et les plus cultivées que l'Homme connaissait, que j'avais un boulot génial et que je gagnais super bien ma vie; et elle l'a sûrement entendu quand il s'efforçait, mine de rien, de la faire se sentir inférieure pour prendre plus d'ascendant sur elle. Elle doit connaître les détails de ma vie sexuelle des sept dernières années mais tout ignorer des véritables raisons pour lesquelles les choses ont périclité entre l'Homme et moi à ce niveau (car ça m'étonnerait qu'il se soit vanté de n'avoir jamais réussi à me faire jouir). Elle doit, notamment, croire que j'étais une de ces rares femmes qui détestent les cunni - alors qu'en fait, je détestais juste ceux de l'Homme. A moins qu'elle soupçonne la vérité en lumière de sa propre expérience. Elle a dû entendre parler de mes problèmes d'endométriose, de mes rapports passionnels avec ma famille, des vacances avec mes amis parisiens pour lesquelles je délaissais l'Homme (il aura sûrement oublié de préciser que lui-même me délaissait pour ses stages d'aïkido, et que j'avais proposé de lui payer le voyage s'il voulait nous accompagner aux USA la première année). Elle marche dans mes pas et commettra sans doute les mêmes erreurs que moi.
D'elle, je sais juste qu'elle s'appelle S***, qu'elle a une fille d'une douzaine d'années et une Clio grise, et que c'est une élève de l'Homme. Depuis hier, je connais aussi sa tête. Elle a un gros nez, un bronzage exagéré et un faux blond à peine plus réussi que le mien dans le temps. Je me serais assez bien passée de la voir en photo, mais ça n'a suscité en moi aucune jalousie, aucune rancoeur. Que pourrais-je reprocher à cette fille? D'avoir les mêmes goûts et les mêmes méthodes que moi? Ce serait de la pure hypocrisie. La seule chose que j'éprouve pour elle, en fait, c'est une vague pitié. Elle sait presque tout sur mon passé, mais moi je peux prédire son avenir.

vendredi 27 juillet 2007

Another one bites the dust

J'apprends à l'instant que ma scrapeuse préférée (celle dont les créations me rendraient malade de jalousie si elles ne laissaient pas transparaître une personnalité aussi fun et aussi originale) est en train de divorcer. Elle doit avoir... 25 ans à tout casser, et elle était avec son mari depuis une dizaine d'années. Elle lui consacrait de nombreuses pages disant combien ils étaient faits l'un pour l'autre - de véritables âmes soeurs. J'ignore pour quelle raison et à l'initiative duquel des deux ils se séparent, mais je trouve ça infiniment triste. Bien sûr on peut imaginer qu'à l'âge où ils se sont rencontrés, aucun des deux n'avait réellement vécu sans l'autre et que cela a fini par leur peser. C'est le danger qui menace tous les bébés couples. D'un autre côté, les gens plus âgés sont, eux, menacés par leurs ratages antérieurs et par le cynisme qui peut en découler. Je ne crois pas qu'il y ait d'âge idéal pour se trouver, ni qu'on puisse prédire avec certitude que tel couple durera ou non. Je suis juste admirative de la réaction d'Elsie, qui reste toujours aussi gaie et positive malgré ses déboires conjugaux. Et je lui souhaite, non pas de tourner la page très vite (car il est certaines blessures que seul le temps peut cicatriser), mais de puiser dans son art et dans l'amour de ses proches la force nécessaire pour continuer à tenir le coup jusqu'à ce qu'un nouveau chapitre de sa vie commence à s'écrire de lui-même.

jeudi 26 juillet 2007

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer...

...pourquoi je ne parviens pas à recharger ma DS Lite achetée aux USA, même en utilisant un adaptateur universel pour la brancher sur ma prise française? Le voyant censé passer au vert reste désespérément éteint, et ma batterie tout aussi désespérément vide. Moi pas comprendre.

mercredi 25 juillet 2007

Le marque-page

Janet, une amie américaine que l'Homme n'avait pas vue depuis vingt ans, devait venir l'été dernier en stage de formation dans la ville voisine de celle où nous habitions. Bien entendu, l'Homme a proposé de l'héberger. Je n'étais pas ravie à la pensée qu'une inconnue squatte chez moi quinze jours durant. D'abord, je ne suis pas très sociable. Ensuite, les longues lettres que nous recevions chaque année pour Noël me laissaient supposer que Janet et moi n'aurions pas grand-chose en commun. Entre ses grosses lunettes de geek, son mari coiffé comme au début des années 80, ses deux enfants à dents du bonheur, son job de prof de français et sa maison paumée au fin fond du Maine, je pressentais que Janet devait être une personne très gentille et absolument soporifique - du moins, selon mes critères.
En juillet, deux mois après notre séparation, je suis passée chez l'Homme pour récupérer quelques affaires. Janet séjournait alors chez lui, mais se trouvait en cours à cette heure-là. Ignorant que nous n'étions plus ensemble, elle avait apporté un petit cadeau pour moi. "Mais tu vas probablement détester", m'a prévenue l'Homme. Et il m'a tendu un marque-page brodé au point de croix.
Ca a été le coup de la table de salon, bis. Je l'ai fixé, incrédule. Comment quelqu'un qui avait vécu avec moi pendant 7 ans pouvait-il ignorer que rien ne me touche autant qu'un cadeau fait main, et que je suis toujours en train de lire en parallèle une demi-douzaine de livres dont je me refuse à corner les pages?
J'ai laissé sur le lit de la chambre d'ami un petit mot dans lequel je remerciais chaleureusement Janet pour son adorable attention. Depuis, son marque-page a rejoint dans le tiroir de ma table de nuit les quatre ou cinq autres que j'utilise en permanence: le publicitaire à l'effigie d'une série-fétiche que j'ai traduite pendant longtemps; l'étoile, le chat et le croquemitaine dorés embossés sur bristol de couleur que j'ai achetés chez Trait, à Toulouse. Les bords s'effilochent un peu, et la rose brodée sous mon prénom est assez désuète, mais j'ai une tendresse particulière pour lui. Il représente un lien ténu entre moi et une fille que je ne rencontrerai jamais, et avec laquelle j'aurais peut-être réussi à établir un pont malgré nos différences.

lundi 23 juillet 2007

Encore une malédiction de gaspillée

Après vérification, il semblerait que ni Amazon ni la Poste ne soient responsables de l'absence de Harry Potter n°7 dans ma boîte.
Parce qu'il se pourrait qu'en fait, euh... J'aie tout simplement oublié de le commander.

Moody's blues

Je me suis réveillée ce matin avec une migraine atroce et une nausée de femme enceinte de deux mois. Comme si j'avais passé la soirée d'hier à me pochetronner au lieu de boire un bête Orangina au ciné. Il commence à faire vraiment très chaud chez moi; ce n'est pas la canicule de l'an dernier mais c'est suffisant pour me faire fonctionner au ralenti.
- Bouge de chez toi, sors, me conseille Hawk.
- Si je sors je vais dépenser des sous, et je te rappelle que je suis grave fauchée en ce moment.
- Va te mettre sur la plage avec un bouquin.
- Bonne idée pour pas avoir chaud. Et merci de me rappeler que j'ai toujours pas reçu mon Harry Potter.
Oui: avoir mal à la tête me rend sarcastique. Enfin, je veux dire, encore plus que d'habitude.
J'attends toujours les résultats de l'analyse du polype qu'on m'a enlevé la semaine dernière. Et je stresse un peu. J'ai du mal à croire à mon bonheur actuel; je passe mon temps à guetter la catastrophe qui va tout démolir. Genre, une chimio de six mois qui me clouera chez moi, me mettra en faillite bancaire et me fera perdre ma libido en même temps que mes cheveux. Je me vois déjà obligée d'aller vivre chez mes parents, éloignée à tout jamais de Hawk et de Bruxelles, chauve, bouffie et anéantie par la douleur (car contrairement à ma copine Brigitte qui a surmonté tout ça en pure warrior, je suis une mauviette absolue).
Hawk me manque affreusement. J'ai mis si longtemps à le trouver; la vie est si courte et si fragile... Il me semble que chaque jour passé loin de lui est un jour perdu. J'ai des échéances assez précises pour mon déménagement, mais les circonstances font que je dois attendre encore quelques mois. J'ai l'impression que ma vie restera en suspens jusque là, que je me contenterai de bosser et de pourvoir aux tâches du quotidien comme si j'étais anesthésiée ou absente à moi-même.

"2 days in Paris"


C'est LE film de Julie Delpy: elle l'a écrit, réalisé, monté, produit, elle a casé une de ses chansons en générique de fin et elle interprète le rôle principal. Ou dois-je dire: elle se joue elle-même? Parce qu'il y a des névroses, des expériences, des amertumes qui sentent très fort le vécu perso. D'ailleurs c'est simple, à côté d'elle, j'ai l'air d'une fille facile à vivre. (Seul mon amoureux peut réellement apprécier la portée de cette phrase et se fendre d'un mono haussement de sourcils dubitatif.)

Je suis allée voir "2 days in Paris" hier soir, avec Framboise, dans le dernier ciné mainstream indépendant de la ville. Les mégaplex Pathé ont lentement forcé les autres salles à fermer. Et le Gamma, qui était toujours blindé de monde du temps de mon adolescence, fait désormais pitié à voir avec sa moquette élimée, ses distributeurs de boisson à moitié vides et ses fauteuils dépourvus de porte-gobelet. Nous étions seules à cette séance, et nous n'avons aperçu aucun autre client dans le hall et les escaliers. Triste.

Pour le film, c'est l'histoire d'un jeune couple, elle française, lui américain, qui passe comme le titre l'indique 2 jours à Paris. Pas de chance, ils ne cessent de croiser des ex de la fille, et le garçon commence assez vite à se poser des questions. La famille gentiment casse-couilles de la fille ne fait rien pour arranger l'ambiance. Les différences culturelles se chargent d'achever le garçon. Et Daniel Brühl que j'adore fait une apparition en ange altermondialiste incendiaire. Voilà, c'est à peu près tout. L'intérêt du film repose sur les dialogues très justes et l'observation grinçante des situations intimes à un couple. Il fait inévitablement penser à "Before sunset" avec la même Julie Delpy, qui a décidément trouvé son créneau. Surtout, il m'a rappelé l'importance de la communication au sein d'un couple, et la chance que j'ai d'être avec quelqu'un qui est prêt à discuter de tout sans se braquer.

Maintenant, je voudrais voir: "The Bubble" (hélas déjà disparu des écrans dans ma ville), "Naissance des Pieuvres" qui sort mi-août et "Ratatouille" parce que mon amoureux m'a promis que ça allait être terrible.

dimanche 22 juillet 2007

Grrrrr

Au lieu de passer ce dimanche à dévorer les aventures d'un jeune sorcier, je le consacre à traduire les aventures d'une jeune sorcière. La peste soit d'Amazon et de la Poste qui ne m'ont pas livré "Harry Potter and the Deathly Hallows" hier. La moitié du monde civilisé connaîtra la fin de la série avant moi.
[ETA: bénie soit Wikipédia, je vais pouvoir cesser de fouiller frénétiquement internet et reprendre une activité normale en attendant mon bouquin.]

samedi 21 juillet 2007

Copycat

En consultant le blog inscrit juste après le mien et celui de Baud à Persoweb, quelle n'est pas ma surprise de reconnaître l'auteur... Et plus encore de voir que certains de ses posts ressemblent méchamment aux miens. Je ne parle pas des chaînes auxquelles la moitié de la blogosphère a répondu, mais de concepts à moi comme la photo de bord de lavabo mêlant sextoys et objets du quotidien, la mise en scène d'une peluche-mascotte ou les instantanés de 5 ans en 5 ans. On dit que l'imitation est la forme la plus sincère de la flatterie. Mais je n'ai plus de contacts avec cette personne depuis deux ans et demi; j'ignorais même qu'elle me lisait (ou me lisait encore). Alors, j'avoue que ça me fait un peu bizarre.

On n'arrête pas le progrès

Etre écolo et accro aux sex toys n'est pas incompatible. La preuve? Il existe maintenant des vibromasseurs rechargeables à l'énergie solaire. I kid you not.

Voyage au Japon: le budget

Avion (déjà payé): 850€
Pré-acheminement (déjà payé): 185€
Japan Rail Pass: 300€
Métro hors JRP: 20€
Ryokan: 500€
Hôtel Paris + repas du soir + navette: 100€
Musée Ghibli: 15€
Autres visites : 80€
Bouffe: 300€
Cartes postales: 50€
TOTAL hors shopping: 2400€

Ma petite case

Bien avant que Renaud écrive une chanson moqueuse sur eux, j'admettais me reconnaître à moitié dans le profil des bobos (ou "bourgeois bohèmes" pour les gens qui auraient vécu dans une caverne ces cinq dernières années). L'autre moitié - le côté branchouille très codifié, un poil snob intellectuellement - me faisait grincer des dents, sans doute parce qu'il représentait quelque chose que je n'aimais pas chez moi et dont j'essayais très fort de me détacher.
Mais les sociologues sont des gens infatigables, sans cesse à l'affût des nouvelles tendances et prêts à tout pour qu'aucun individu n'échappe au rangement dans une petite case. Et cette fois, j'avoue qu'ils ont accouché d'un profil qui me correspond à 85,7% (soit 24 questions sur les 28 du test). Voilà, j'ai mon étiquette: je suis une créative culturelle.
En même temps, ça pourrait être pire: avec les études que j'ai faites, j'étais bien partie pour devenir une sale yuppie :)

jeudi 19 juillet 2007

mercredi 18 juillet 2007

Voyage au Japon: les préparatifs continuent...

Dimanche 23 septembre, nous visiterons le musée du studio Ghibli, lieu mythique pour les fans de japanimation (dont Hawk et moi faisons partie en bons geeks que nous sommes).
A ce stade de nos vacances, notre shopping devrait déjà nous avoir menés à la limite des 20 kilos de bagages par personne autorisés dans l'avion. Dans la boutique de souvenirs, le choix sera forcément cornélien et les négociations âpres. "Non, mon coeur, tu n'as pas besoin d'une maquette grandeur nature du Château dans le Ciel." "Je te préviens: c'est le Totoro en peluche géant ou moi."

mardi 17 juillet 2007

Caliméro is back, and he's not a happy camper

Mes parents ne m'ont toujours pas appelée. Moyennant quoi, cet après-midi, je me suis quand même déplacée jusqu'à la ville voisine pour porter à réparer une des figurines Swarovski de ma mère (un renard qui a perdu sa queue). Je ne réclame pas la canonisation, mais est-ce trop demander que mes géniteurs s'inquiètent un peu de ma santé? Apparemment oui. C'est la deuxième fois d'affilée qu'ils oublient que je me fais opérer. Je les appellerais bien moi-même mais je me connais, j'ai peur que mes mots dépassent ma pensée.
A la boutique Swarovski, j'ai vu Kiki qui m'a invitée à manger la semaine prochaine. Je suis partagée entre le fait que je les aime vraiment, elle et sa famille, et le fait qu'en me rappelant l'Homme, ils me renvoient chaque fois à mon amertume et à ma rancune. Je sens bien qu'ils évitent de parler du sujet tabou, et du coup c'est comme un fantôme omniprésent entre nous. Peut-être devrais-je couper les ponts avec eux.
Sinon, je flippe à l'idée que le polype retiré hier soit en fait un début de cancer du col de l'utérus. Je téléphonerai à ma gynéco demain pour l'interroger sur la question. Je sais qu'elle n'a pas réclamé d'examen supplémentaire, mais mon dernier frottis (qui était nickel) date d'il y a cinq mois et demi, et il peut s'en passer des choses en cinq mois et demi.
L'AGESSA (la sécu des traducteurs littéraires) vient de me prélever un montant plus de trois fois supérieur à ce qui est indiqué sur mon échéancier mensuel. Après demande d'explication par mail, on me répond que ce montant correspond à la somme de trois cotisations différentes (de deux sortes et sur deux années, une truie n'y retrouverait pas ses petits). Aucun des chiffres additionnés ne ressemble même de loin à ce qui est indiqué sur mon échéancier. Ca fait un sacré trou dans mon budget déjà mis à mal par deux grands voyages en six mois, et surtout je crains que ça se reproduise au trimestre prochain. Déjà que j'étais hyper tendue niveau trésorerie...
Le seul chouette truc de la journée, c'était Persepolis que je suis allée voir au ciné. Dessin animé en 2D, noir et blanc, avec environ deux images par minute. Autant dire que techniquement, on est loin d'une production Pixar. Et c'est merveilleux. Parfois tragique, parfois drôle, toujours émouvant et débordant d'humanité. Il y avait longtemps qu'un film ne m'avait pas arraché une petite larmichette.

Voyage au Japon: le financement

Et au moins, les WC publics sont d'une remarquable propreté au Japon. Parce qu'en France, même pour gras de thunes, ça ne serait pas une activité touristique envisageable.
(Lien signalé par Klopo)

lundi 16 juillet 2007

La saga de mon stérilet - suite et fin (j'espère)

L'infirmière qui me descend au bloc s'appelle Stéphanie. Elle me fait penser à ma tante Jacquie: quinze ans de moins et blonde au lieu de rousse, mais même cheveux outrancièrement décolorés et en pétard, même bronzage orangé, même carrure de pioupiou, même voix éraillée de grosse consommatrice de Camel et même façon gouailleuse de parler. Aux pieds, elle porte des Crocs vert pâle, et je ne peux m'empêcher de penser à Junior qui, pendant tout le voyage aux USA, a hésité à en acheter des roses pour les mettre au travail. Elle a cinq piercings dans le cartilage des oreilles et un sur le côté de la lèvre supérieure. Quand elle me demande, comme une demi-douzaine d'autres personnes l'ont fait avant elle ou le feront jusque dans la salle d'opération, si j'ai bien enlevé mon vernis à ongles et mes bijoux, je ne lui laisse pas le temps de finir:
- Oui, et mon piercing aussi.
- Oh, vous en avez un où?
Sans répondre, je pousse sur l'intérieur de ma lèvre inférieure avec ma langue pour mettre mon labret en évidence. Elle hoche la tête d'un air entendu. Je ne précise pas que j'ai eu toutes les peines du monde à l'enlever ce matin avant de prendre ma douche à la Bétadine, et que je crains de ne pas pouvoir le remettre après l'opération: à quoi bon?
Pour compenser l'angoisse des hôpitaux que j'ai héritée de mon père, je joue les patientes modèles. Je dis poliment bonjour à tout le monde. Je souris beaucoup. Je ne me plains pas, même quand je grelotte de froid au bloc en attendant mon anesthésie. Je plaisante sur l'absence de glamour de ma situation. Je remercie pour chaque petit geste visant à améliorer mon confort. Je n'ai pas besoin de me forcer: tout le personnel est d'une exquise gentillesse, depuis l'infirmière en chef grisonnante jusqu'au jeune stagiaire empressé (il est, avec mon anesthésiste, le seul homme que j'aperçois dans le service).
La piqûre dans le dos de la main est désagréable mais brève, malgré la gêne qui subsistera jusqu'à ce qu'on m'enlève le cathéter. Loin de la brûlure dévorante de la dernière fois, le passage du liquide anesthésiant ne m'occasionne qu'un picotement intérieur. On ne me demande pas de compter à rebours: le produit a à peine atteint mon coude que je m'endors, masque à oxygène sur la figure, fesses au-dessus du vide, mollets et pieds calés dans d'étranges moon-boots de caoutchouc mousse.
Je me réveille une heure et demie plus tard. Vague mal au ventre, difficulté à reprendre mes esprits, bouche pâteuse parce que rien bu depuis la veille, mais à part ça tout va très bien. Vers 10h30, l'infirmière Stéphanie me remonte du bloc en pestant contre une de ses collègues qui tire la tronche et lui rend son bonjour du bout des lèvres lorsque nous la dépassons dans un couloir.
Je somnole encore une heure dans un box. Ma gynéco vient me voir et me demande comment ça va. Je lui dis que je ne souffre quasiment pas. Elle m'explique qu'elle m'a bien retiré mon stérilet, et qu'elle a également procédé à un curetage rapide car j'avais un polype dans le col de l'utérus. Encore un peu hébétée, je ne pense pas à lui demander si c'est une récurrence normale de mon endométriose ou une excroissance pré-cancéreuse, mais comme elle ne parle pas d'analyse et me conseille juste de revenir la voir dans trois mois pour faire un point sur mon traitement, j'imagine que ce n'est rien de grave.
- Si vous le désirez, on pourra alors envisager la pose d'un nouveau stérilet, achève-t-elle.
En plus d'être douce et rassurante, je constate que cette dame a beaucoup d'humour.
A 11h30, on m'apporte une collation: un yaourt à la fraise, une compote de pommes, des sablés Chamonix à l'orange qui ont pour moi le goût de l'enfance et une infâme gaufrette au chocolat-noisettes. Laitage, fibres, féculents - le service restauration respecte à la lettre les bases de la diététique.
Je bouquine un peu en attendant l'heure de ma sortie. Je termine le hors-série d'AnimeLand consacré aux shojô et le numéro d'août de Company que j'avais entamé hier dans l'avion. Après avoir eu la permission de me rhabiller et de passer en salle d'attente, je poursuis la lecture du roman de Stephen Clarke qui bien que d'une valeur littéraire quasi-nulle me force souvent à me retenir pour ne pas éclater de rire.
A 14h10, Etre Exquis passe me chercher. Nous nous arrêtons à la pharmacie et chez Champion où je fais quelques courses, puis il me ramène chez moi. Et s'étonne en voyant mon canapé lit déplié dans le salon:
- Qu'on fasse chambre à part quand on vit à deux, je peux comprendre; mais quand on vit seul...
Ah ah ah. J'explique que c'était pour ne pas avoir à négocier le raidissime escalier de ma mezzanine pendant que je suis encore à moitié dans le coltar.
- Ah. Bonne idée, convient-il.
Je suis une fille or-ga-ni-sée. Sur la table basse roulante, j'ai posé quatre ou cinq magazines féminins et la télécommande de mon lecteur de DVD. Assise en tailleur sur mon sac de couchage ouvert en deux, je mange un bami goreng avec des baguettes en regardant l'épisode 16 de Desperate Housewives S2. Puis je m'enfile Biba d'un trait. Pour un peu, je prendrais goût à ce concept de convalescence.
Mes parents ne m'ont pas appelée. Je suppose qu'ils ont encore oublié que je me faisais opérer aujourd'hui.
Je n'ai pas tenté de remettre mon piercing. Il symbolisait une certaine étape de ma vie, une phase transitoire qui se trouve justement terminée depuis ce week-end. La prochaine fois que je marquerai mon corps, ce sera de manière définitive avec un troisième tatouage.

dimanche 15 juillet 2007

Trying not to be grumpy

Déjà, ce n'est pas drôle de devoir quitter mon amoureux après dix jours de cohabitation intenses, à l'image du temps sur Bruxelles: maussade en début de semaine, radieux sur les trois ou quatre derniers jours. Mais si en plus, c'est pour me lever à 6h demain matin, me taper trois quarts d'heure de bus avec les masses laborieuses et me faire opérer à une heure où d'ordinaire, je dors encore... Ca devient carrément punitif.

Rainy July in Brussels


Je veux bien essayer de manger proprement, mais parfois on n'est pas aidé

(Ce message juste pour prouver que ça y est, je maîtrise les fonctions basiques de Picasa et un minuscule bout de Photoshop)

vendredi 13 juillet 2007

Parce que le cinéma est un bon endroit où se réfugier quand il pleut dehors

Je n'avais pas mis les pieds dans un cinéma depuis octobre dernier - une période d'abstinence record pour moi qui avait l'habitude d'y aller deux ou trois fois par mois. Oui mais j'avais négligé de renouveler l'abonnement qui me permettait de payer les places 5 euros chez Pathé, et à 10 euros la place tarif normal, je ne prends pas le risque d'aller voir un sombre navet.
Je me suis un peu rattrapée cette semaine en y allant deux fois coup sur coup avec mon chéri. "Shrek 3" était, comme l'annonçaient les critiques, bien inférieur aux deux précédents malgré quelques bons moments. J'ai été déçue par la fin très convenue réservée à ce personnage si politiquement incorrect au départ: les enfants, y'a que ça de vrai, bla bla bla. Passons.
Quant à "Harry Potter et l'Ordre du Phénix"... C'était, de toute la série, le livre que j'avais trouvé le plus faible - beaucoup de longueurs et une intrigue qui tenait moyennement la route. Et de façon symétrique par rapport à "Harry Potter et la Coupe de Feu" - mon livre préféré, qui avait fourni à mon goût le plus mauvais des films -, "Harry Potter et l'Ordre du Phénix" est mon film préféré jusqu'ici. Déjà, la scène d'ouverture est tournée presque comme dans un film d'auteur et donne immédiatement le ton: sombre, mais moins étouffant que dans le bouquin. La nécessité de tout faire tenir en deux heures de pellicule amène le réalisateur à supprimer les scènes chiantes et non indispensables au développement de l'histoire. Le côté geignard et irrascible du héros, bien qu'évoqué, ne revient pas sans cesse sur la table. L'actrice qui joue Dolores Umbridge est impeccable en nazie rose bonbon, et celle qui interprète Luna Lovegood, juste craquante. La noirceur globale de ce cinquième opus est contrebalancée par davantage d'humour que dans le livre. Bref, une très bonne cuvée globalement.
Et en plus pour une fois, j'ai réussi à le voir en VO :)

J'aime les chaînes

4 emplois que j'ai fait dans ma vie
- négrillon dans "Aïda"
- testeuse pour le CNRS
- vendeuse d'assurances-vie
- chef de rayon charcuterie-traiteur
4 films que je regarderais encore et encore
- Breakfast at Tiffany's
- Space cowboys
- Blade runner
- Point break
4 endroits où j'ai vécu
- Dans un studio envahi par les cafards et les souris, juste au-dessus d'un resto mexicain, à Toulouse
- Dans l'arrière-boutique d'un magasin de JdR, à Aix-en-Provence
- Dans un ravissant duplex sous les toits qui donnait sur les quais de la Loire, à Nantes
- Au sous-sol d'une maison en colocation à Lancaster, Pennsylvanie
4 séries/émissions que je regarde
- Desperate housewives
- The L word
- Veronica Mars
- Gilmore girls
(les) 4 (derniers) endroits où je suis allée en vacances
- la Toscane (2002)
- Vienne, Autriche (2004)
- Tokyo et Kyoto (2005)
- l'ouest et le sud des USA (2005, 2006, 2007)
4 trucs que je fais à chaque fois que je vais sur le net
- regarder si j'ai de nouveaux commentaires sur mes blogs
- voir si mon chéri a posté sur son blog (et ce, même si j'ai déjà vérifié un quart d'heure plus tôt et que ce quart d'heure, il l'a passé à faire la sieste ou à discuter avec moi sans jamais approcher son ordi à moins de trois mètres)
- lire les derniers messages parus sur le site d'un de mes éditeurs (qui compte quelques membres avec un esprit encore plus tordu que le mien - respect)
- pas à chaque fois mais souvent: lire les potins people sur Glamour Daily Gossip; commander des bouquins sur Amazon, des fournitures de scrap sur A Cherry on Top, des fringues Cop Copine sur eBay, des produits écolo chez Maternature, des sex toys sur Good Vibrations ou des tirages photo sur mypix
4 mets que je ne mangerais pour rien au monde
- des sushis
- des abats, à part le foie et les ris de veau
- des coquillages, à part les coquilles Saint-Jacques
- des trucs très épicés
4 endroits où j'aimerais être en ce moment
- quelque part où on n'est pas en novembre comme chez mon amoureux, et où il ne fait pas 40° comme chez moi
- à Toulouse avec ma famille - parents, soeur, beau-frère, neveux
- à Lyon avec ma famille - oncle, tante, cousins et enfants des cousins
- en week-end chez la marraine de Régis (à défaut, je vais lui expédier son filleul pour une semaine de vacances)

jeudi 12 juillet 2007

Entre les deux mon coeur balance

...Et si je me faisais les deux?
Après tout, cette année, j'ai déjà raté Pink et Aerosmith à Bercy, Olivia Ruiz deux fois - bientôt trois parce que j'ai pas envie d'aller seule aux Voix du Gaou -, Mika dont le concert était sold out quelques heures après la mise en vente des places, et je ne parle même pas d'Iron Maiden, de Metallica, de Placebo et de tous les autres. Evidemment, Vanessa c'est pas tout à fait le même style que Bruce Dickinson ou Brian Molko, mais ça me consolera un peu.

mercredi 11 juillet 2007

Objectif Tokyo

Comme beaucoup des gens qui nous connaissent tous les deux auront déjà pu le voir sur le blog de Hawk, nous préparons activement notre voyage au Japon en septembre. Nous avons déjà fait le plus gros, à savoir réserver nos billets d'avion et les ryokan dans lesquels nous logerons.
Reste à déterminer ce que nous ferons de nos journées sur place.
Pour une fois, je serai avec quelqu'un qui a la même conception du tourisme que moi: c'est-à-dire, qui préfère se balader au hasard, observer les gens et photographier des détails du paysage urbain plutôt que d'enchaîner les visites culturelles "oligatoires". Nous avons convenu de nous fixer un quartier à explorer chaque jour, de noter deux ou trois choses qui nous intéressent dans le coin et de laisser faire l'humeur du moment pour tout le reste.
Nos listes d'envies respectives contiennent pas mal d'endroits en commun, notamment le studio Ghibli et un love hotel de Shibuya où je n'aurais jamais pu aller avec l'Homme - et j'ai rien contre le DIY, mais seule dans un love hotel... Comment dire, c'est quand même un peu du gaspillage.
A côté de ça, je risque de traîner Hawk dans un poil trop de magasins à son goût (quoique...), et parce que je suis une fille adorable, je l'accompagnerai dans sa quête de la statue de Godzilla sans rouspéter.
Mais sauf typhon intempestif, ce séjour-là devrait être assez proche de mes vacances idéales. Et puis Hawk et moi avons tous deux assez envie de nous retrouver seuls à l'autre bout du monde pendant quinze jours.
Nous partons dans à peine plus de deux mois. Il est urgent que je rafraîchisse mon japonais: six ou sept ans après l'arrêt de mes cours, je me souviens assez bien des structures grammaticales, mais je n'ai plus que très peu de mots de vocabulaire à mettre dedans.

mardi 10 juillet 2007

Harry, un ami qui vous occupe bien

Si le monde était bien fait (ou si j'avais eu un soupçon de présence d'esprit quand ma nouvelle gynéco et moi avons fixé une date), je me serais fait opérer une semaine plus tard. Et j'aurais pu combiner ma récupération d'anesthésie générale à la lecture de l'ultime Harry Potter.

Je me souviens encore d'avoir attaqué le tout premier sur les gradins du gymnase de Saint-Martin-de-Crau. On était en janvier 2000. A l'époque, l'Homme et moi venions juste d'entamer une liaison clandestine et pour passer un dimanche avec lui, je l'avais accompagné à un stage d'aïkido réservé aux hauts gradés. Pendant que deux douzaines de gugusses en pyjama blanc et jupe-culotte bleu marine s'agitaient sur le tatami en contrebas, j'ai ouvert mon édition anglaise à couverture souple et je me suis plongée dans les aventures du petit sorcier à la cicatrice en forme d'éclair. Dès les premières phrases, j'ai été captivée. Quand les autres élèves de notre club sont arrivés deux heures plus tard pour participer au cours des ceintures de couleur, je n'avais aucune envie d'aller me changer. Je voulais rester là dans ma bulle et dévorer la suite de l'histoire.

J'ai lu les tomes 2 et 3, déjà sortis en anglais, dans la foulée. Au mois de juillet, j'ai glissé le tome 4 fraîchement paru - et jubilatoirement massif - dans ma valise avant de partir en Haute-Loire. Je m'étais portée volontaire pour veiller sur mon grand-père pendant les vacances de son auxiliaire de vie. Dans la journée, une fois les tâches ménagères expédiées (ce doit être l'unique fois de ma vie où j'ai repassé, et ce n'était même pas pour moi, admirez l'abnégation!), je m'installais à la table de la salle à manger pour bosser sur mon portable Toshiba pendant que Doudou regardait la télé avec son casque. Et le soir, dans la chambre où ma soeur et moi dormions quand nous étions enfants, je lisais jusqu'à ce que mes yeux me brûlent de fatigue. Cette fois, au moins, je n'étais pas obligée de me planquer sous les couvertures avec une lampe de poche. La première nuit, je n'ai relevé la tête qu'au lever du soleil.

J'ai savouré les tomes 5 et 6 vautrée sur le canapé de chez l'Homme, en les faisant durer le plus possible. J'ai été déçue par "L'Ordre du Phénix" et rassurée par "Le Prince de Sang-Mêlé". En attendant la sortie du tome 7, j'ai comme tout le monde échafaudé mes théories et fait mes prédictions sur la fin de la série (en fait Snape est un gentil; Harry meurt en éliminant Voldemort). D'ici quinze jours, je saurai si j'avais vu juste ou non.

A côté de ça, j'attends de recevoir le tome 2 des Gentlemen Bastards de Scott Lynch. Et je dois déjà avoir une vingtaine de bouquins qui attendent sur ma table de nuit. Plus environ 200 photos à scraper. Normalement, c'est pas cet été que je commence à m'ennuyer dans la vie.

vendredi 6 juillet 2007

Pieds froids

J'ai un avion pour Bruxelles ce soir à 22h30.
Et je ne suis pas du tout sûre de le prendre.

jeudi 5 juillet 2007

[sad monster]

Je n'ai plus confiance en personne.
Encore moins en l'avenir.
Avant l'Homme, j'étais quelqu'un d'obstinément optimiste, persuadée que tout finirait par s'arranger pour moi et que le meilleur restait à venir.
Mais je viens de passer sept ans avec quelqu'un que je prenais pour le type le plus fiable du monde. Droit, honnête, solide comme un roc. Et j'ai réalisé, trop tard, que c'était un lâche, un menteur, un insensible qui n'avait fait que se servir de moi pendant tout ce temps. Moi qui me targue d'être si psychologue, je me suis laissée berner dans les grandes largeurs par un mec dont le QI devait péniblement atteindre la moitié du mien.
Donc mon jugement ne vaut rien, et même les gens que je crois sincèrement attachés à moi peuvent me trahir sans que j'aie rien vu venir.
J'ai essayé de construire quelque chose avec l'Homme, même si ce n'était pas une famille ou un foyer traditionnel. J'ai tenté de créer une relation sur mesure pour nous deux, un espace où chacun conserverait sa liberté tout en faisant de l'autre sa priorité n°1. Résultat: je n'ai jamais dépassé le 3 ou 4 sur sa liste (après l'aikido, sa maison et probablement la femme de son meilleur ami), et aujourd'hui, je ne crois plus qu'il me soit possible de placer une foi aussi aveugle en quelqu'un d'autre.
Je ne pourrai plus jamais cesser de me protéger, de considérer que je ne peux compter sur personne d'autre que moi. Mon amoureux, mes amis auront beau me donner toutes les preuves de dévouement qu'ils voudront, je continuerai à les soupçonner d'être capables de se retourner contre moi n'importe quand.
Et ça m'empêchera de construire quoi que ce soit de durable ou de profond avec qui que ce soit.
Ce qui me désole, parce que je n'ai jamais eu autant envie de stabilité qu'en ce moment.

mercredi 4 juillet 2007

Maître du monde: le stage d'entraînement

Comme Somebaudy, je viens de créer ma mini-ville. Allez y faire un tour pour l'aider à grandir :)

J'veux pas dormir à l'hôpital

Petit moral aujourd'hui... J'ai dû me lever à 7h30, et même pas parce que c'était le premier jour des soldes dans mon département, mais parce que j'avais rendez-vous à la clinique pour une consultation avec mon futur anesthésiste. Mauvaise nouvelle: non seulement il faut que quelqu'un vienne me récupérer à la sortie après mon opération (pour ça, je m'étais déjà assuré le concours d'Etre Exquis), mais il faut aussi que quelqu'un passe la nuit avec moi! Et ça, je ne vois pas trop comment ça va être possible. Je pourrais demander à mon père de faire l'aller-retour depuis Toulouse, mais j'aurai tellement les boules s'il refuse ou traîne les pieds ("Ben, ça m'arrange pas trop...") que je n'ose pas. J'ai donc le choix entre risquer de passer la nuit seule chez moi ou dormir à l'hôpital. Je vais sans doute opter pour la première solution. Mais ça renforce le malaise que je traîne depuis un petit moment, cette impression d'avoir tout raté/rien construit, ce sentiment de solitude au quotidien... En même temps, je crois que je suis incapable de vivre autrement.

A mes lecteurs américains

Vous qui venez me lire tous les jours ou presque depuis le Massachussetts, New York ou le New Jersey, j'aimerais bien savoir qui vous êtes et comment vous êtes tombés sur ce blog. A l'occasion, faites-moi un coucou dans les commentaires, ça me ferait plaisir! :)

mardi 3 juillet 2007

Strangers in Paradise: final issue!

Depuis plusieurs mois déjà, j'appréhendais la fin de cette série qui m'a si fort marquée - le seul comic que j'ai continué à acheter bien après avoir laissé tomber les super-héros de mon adolescence. J'ai commencé à lire SIP alors que j'habitais à Nantes et que j'étais mariée, installée dans une vie que je croyais tracée jusqu'à la fin; je le termine douze ans plus tard, dans le sud de la France, après que ma route ait fait un nombre incroyable de détours et que j'aie renoncé à voir au-delà du prochain virage. Je me suis très souvent retrouvée dans les doutes et les volte-faces de Francine, dans le parcours cahotique et le tempérament passionné de Katchoo. Je me suis attachée à ces personnages, les plus expressifs, les plus humains, les plus réalistes (malgré une histoire qui ne l'était pas toujours) de la bande dessinée à ma connaissance. J'avais tellement hâte de savoir quelles épreuves Terry Moore allait encore leur faire subir que sitôt mon exemplaire acheté en magasin ou reçu par la Poste, je lâchais tout pour le dévorer immédiatement. De nombreux métros me sont passés sous le nez pendant que je lisais sur le quai de la station Cluny-La Sorbonne; de nombreuses corvées ménagères ont été laissées en plan juste après le passage du facteur. Moi qui suis très peu émotive face aux oeuvres de fiction, j'ai pleuré plus souvent à cause de SIP que de n'importe quel bouquin ou film. Je m'attendais donc à ce que ce soit les grandes eaux à la lecture de ce dernier numéro.

Et puis non. Tout se termine bien (du moins, si on considère que David est mort quelques numéros auparavant). Dans une conclusion digne d'une romcom hollywoodienne, les deux héroïnes achètent une maison ensemble et s'aperçoivent qu'elles sont enceintes simultanément; Katchoo récupère une fortune monstrueuse; tout le monde pardonne à tout le monde; Casey et Tambi sortent ensemble - une liaison qui survient de manière un peu trop brusque et pas assez crédible à mon goût; et comme par miracle les parents bigots de Francine acceptent que leur fille se mette en ménage avec une autre femme. Même les quatre dernières pages qui se veulent super émouvantes tombent un peu à côté de la plaque pour moi. Katchoo décidant d'écrire leur histoire, c'est une manière si convenue de boucler la boucle! Je suis peut-être juste une grincheuse qui ne supporte pas les happy ends...

"There's a golden thread connecting everything we do - it strings the days together and is easily seen when we look back at where we've been. I always thought the thread was purpose - a self-defining core -, but I was wrong. When I look back now, all I see is love. Francine... Tambi... Casey... David... Their love carried me through a life of pain that, if not for them, would have consumed me. If not for them, I would be lying in Darcy's grave. I would be scattered across Veronica's field. I would be the ashes in Lindsay's hotel room. There's only one reason I'm still here: I'm here because I am loved."

dimanche 1 juillet 2007

~~CONFIRMATION DE RÉSERVATION~~

Merci d'avoir choisi Japan Airlines pour effectuer votre réservation de voyage.
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VOTRE SÉLECTION DE VOLS
Numéro(s) de confirmation de la compagnie : Japan Airlines SD5NAK
État du billet : billet électronique à traiter
---------------------------------------Paris à Tokyo---------------------------------------
Vol 1 - mardi, 11 septembre 2007 État : confirmé Départ : 19:05 - Paris, France - Charles De Gaulle,terminal 2F Arrivée : 13:55+1jour(s) - Tokyo, Japon - Narita,terminal 2 Compagnie aérienne : Japan Airlines JL406 Type de tarif : Economique avec restrictions Avion : Boeing 777-300 Bagage : 20 kilo(s) par voyageur
---------------------------------------Tokyo à Paris---------------------------------------
Vol 1 - mardi, 25 septembre 2007 État : confirmé Départ : 14:15 - Tokyo, Japon - Narita, terminal 2 Arrivée : 19:45 - Paris, France - Charles De Gaulle,terminal 2F Compagnie aérienne : Japan Airlines JL415 Type de tarif : Economique avec restrictions Avion : Boeing 777-200/300 Bagage : 20 kilo(s) par voyageur
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PAIEMENT ET BILLET DU VOL
1 701,06 EUR - total pour tous les passagers Billet : Billet électronique (sélectionné en tant que document d'identification)
Cette fois c'est sûr: sauf jambe cassée ou rupture d'ici là, en septembre, mon amoureux et moi serons ensemble au Japon. *coeur* *coeur* *coeur*
J'ai juste une inquiétude: comment je vais faire avec seulement 20 kilos de bagages autorisés?

samedi 30 juin 2007

Deux filles dans la ville


Avant de sortir, on se croise dans sa salle de bains pour les dernières retouches maquillage. Je lui vante les mérites de l'Advanced Night Repair d'Estée Lauder; elle remarque que mon parfum vient de chez Guerlain et attrape le flacon pour vérifier ce que c'est exactement; je lui montre mes nouvelles lingettes démaquillantes réutilisables; elle me promet que le gel nettoyant Normaderm de Vichy est la solution à tous mes petits problèmes de peau. Je nous regarde dans la glace et je suis infoutue de dire si un étranger repèrerait tout de suite qu'on est soeurs. Bien sûr, je ne peux pas m'empêcher de nous comparer physiquement. La conclusion est la même qu'il y a six mois, un an, dix ans: j'ai de plus beaux cheveux mais niveau silhouette elle l'emporte haut la main. Je ne suis pas vraiment jalouse, juste un peu envieuse. On ne peut pas lutter contre la génétique.

On prend ma Twingo, plus facile à garer que son paquebot roulant. Je conduis doucement parce que je ne connais pas le chemin. On laisse la voiture au terminus de la ligne A et on finit le trajet en métro jusqu'à Esquirol. On déjeune chez Bapz, le salon de thé où l'on va ensemble à chacun de mes passages sur Toulouse. Il est 13h et on a petit-déjeuné en se levant, mais tant pis: on prend un brunch. Jus de pamplemousse frais, oeufs brouillés et scone, salade, fruits, croque jambon-fromage-tomate. Elle qui répugne à changer ses habitudes tente le thé glacé - et déteste. Moi qui adore goûter des trucs nouveaux, je m'en tiens au Soleil Vert que je connais bien. Je la fais poser avec Régis sur les genoux. Elle râle un peu pour la forme, comme si vraiment je n'étais qu'une gamine puérile avec son doudou, mais finit par se prêter au jeu et noue même une serviette en papier autour de cou de Régis.

Rassasiées, on se dirige vers la rue de Rome et vers la boutique Trait dont on raffole toutes les deux à cause de ses carnets colorés, ses albums photos délirants et sa papeterie ludique. Pour une fois je suis raisonnable et me contente de quelques cartes postales originales à envoyer à mon amoureux. Pendant qu'elle s'attarde dans l'adorable librairie pour enfants/magasin de jouets Milan, je fais une collecte de babioles délicieuses à la Droguerie. "C'est pourquoi faire?" demande-t-elle, quand elle me rejoint, en regardant ma provision toute fraîche de rubans et d'appliques. Je fais un geste vague. "Scraper, customiser mes fringues... Je ne sais pas encore mais je trouverai". "Décidément, tu as pris toute la fibre artistique de la famille", constate-t-elle pour la centième fois.

On passe ensuite aux choses sérieuses: les soldes ont commencé mercredi, et les magasins de fringues nous tendent les bras. En plus, inexplicablement, il n'y a presque personne en ville. Pour faire d'une pierre plusieurs coups, on commence par les Galeries Lafayette. On file droit vers le même rayon; Cop Copine et IKKS sont deux de nos trois marques préférées respectives (sa troisième: Comptoir des Cotonniers; ma troisième: One Step). On fouille les portants, on décroche tout ce qui nous plaît et on fonce vers une cabine libre. Elle essaie d'abord. Je la prends en photo pendant qu'elle se tord le cou pour s'inspecter vue de derrière en râlant, comme toutes les filles du monde, que ce miroir ne l'arrange vraiment pas, et que cette robe portée avec des Converse ne donne rien du tout. Moi je trouve ça super mignon mais il est vrai que si on se sert assez souvent chez les mêmes fournisseurs, on n'a pas franchement le même style. Disons qu'elle fait dans la sobriété de bon goût et moi dans le mélange des genres.

Comme elle n'a presque rien bu ce midi, elle meurt de soif. On s'arrête pour boire un verre dans un café bio qui me fait un peu penser à Exki. Elle prend un Coca light et moi, en souvenir des vacances qui viennent de s'achever, une vraie limonade. On discute de mes amours. Elle demande quand je lui amènerai Hawk. Je la préviens prudemment qu'il est très différent de tous les hommes avec qui j'ai été jusqu'ici. "En même temps, vu les hommes avec qui tu as été jusqu'ici, ça peut être qu'une amélioration", ironise-t-elle. Je sais ce qu'elle reprochait à mon ex et je ne peux que lui donner raison. J'insiste sur le fait que Hawk est quelqu'un d'assez... décalé, comme l'a décrit Framboise qui l'a rencontré le week-end dernier. "Mais j'adore les gens décalés", affirme-t-elle. Connaissant beaucoup de ses amis, je suis un peu sceptique, et néanmoins persuadée qu'elle abordera Hawk avec un esprit ouvert.

On reprend notre tournée. Mes parents nous appellent en fin d'après-midi, pendant qu'on est dans la galerie Saint-George: ils nous attendent chez elle depuis un moment et commencent à s'impatienter. Elle leur propose de rester manger et dit qu'on commandera des pizzas. L'idée leur plaît. Evidemment, je vais gaffer pendant le repas et traiter la chemisette rose de mon père d'"immonde". Evidemment, ce sera ma mère qui la lui aura achetée; elle sera vexée comme un pou et ça gâchera quelque peu la soirée. Pas autant cependant que le fait de devoir conduire David aux urgences à minuit. Mais là tout de suite, je suis juste contente que ma soeur ait envie de prolonger un peu cet après-midi shopping ensemble.

mercredi 27 juin 2007

Ce que je me dis

Je me dis qu'il faut encore que je fasse la pression de mes pneus avant de prendre la route demain.
Je me dis que ça serait bien de partir le plus tôt possible pour ne pas arriver en pleine nuit et cumuler le handicap de ma mauvaise vue à celui de mon sens de l'orientation lamentable.
Je me dis qu'il faudrait peut-être que j'achète un GPS (mais pas maintenant car je viens de faire les comptes des vacances et... glups).
Je me dis que la première phrase de mon père, après "bonjour ma fille", sera sûrement pour me faire remarquer que ma Twingo est épouvantablement crade.
Je me dis que je suis contente que Soeur Cadette ne bosse pas vendredi et ait proposé de déplacer son rendez-vous chez le coiffeur pour passer la journée avec moi.
Je me dis que mon nouvel appareil numérique risque de pas mal chauffer ce week-end et que je suis déjà débordée de photos à scrapper mais tant pis.
Je me dis que je risque de ne pas reconnaître Cahouète tellement ça pousse vite à cet âge-là.
Je me dis que six mois sans voir ma famille c'est beaucoup trop long.