mercredi 27 juin 2007

"jPod" (Douglas Coupland)

Au début des années 90, j'avais adoré "Generation X" et surtout "Microserfs", dans lesquels Coupland avait su capter à merveille le cynisme résigné des jeunes diplômés dans un marché du travail en crise, la perte de repères, de valeurs et d'idéaux qui les faisait sombrer dans une certaine forme d'apathie et les empêchait de devenir vraiment adultes. Par la suite, j'ai lu à peu près tout ce qu'il avait écrit. Et je n'ai accroché sur aucun autre de ses bouquins, à part "Girlfriend in a coma" dont le postulat science-fictionnesque était traité de manière intéressante. Mais quand j'ai vu sur la 4ème de couv de son petit dernier qu'il s'agissait d'une "suite officieuse à Microserfs", je n'ai pas résisté à l'envie de l'acheter.
Grosse déception. Les héros de "jPod" sont comme les bonshommes en Lego qui les représentent sur la couverture de l'édition américaine, ou ces personnages des jeux vidéo qu'ils créent: une liste de quirks qui ne prend jamais vraiment vie. Impossible de s'attacher à eux. Si le but de l'auteur était de faire ressentir le vide qui les habite, c'est parfaitement réussi. A part ça, histoire rocambolesque (dans la lignée de "All families are psychotic"), exercices de style lourdauds et une fausse bonne idée de Coupland : se mettre en scène lui-même en se montrant sous un jour exécrable. Bref, un bouquin pas du tout indispensable.

Halléluiah

La gynéco n°3 P.R. n'a même pas cherché à me retirer mon stérilet à vif. Après le récit de mes mésaventures, elle m'a directement proposé l'anesthésie générale. J'aurais préféré locale mais il paraît que ça ne suffirait pas. Donc, je me fais opérer le 16 juillet. Ce qui va me foutre en l'air une journée entière de boulot, caramba! Tant pis: je suis motivée pour en finir. Un seul bémol: je dois enlever mon piercing... Ce qui signifie presque à coup sûr qu'il va se reboucher, comme feu mon piercing du nez dont j'avais enlevé le bijou à peine vingt minutes.

lundi 25 juin 2007

Egouttoir de fille de mauvaise vie


Ami lecteur, sauras-tu retrouver l'intrus parmi les objets en train de sécher dans ma cuisine après un week-end de retrouvailles enfiévrées?

La crise qui faillit être 1/3

Quand j'ai éclaté en sanglots à la vue d'un orque, j'ai bien été obligée d'admettre que quelque chose ne tournait pas rond.
Ca faisait déjà trois semaines que j'écoutais "Erase" en boucle sur mon iPod en regardant le sud des Etats-Unis défiler par la vitre du Highlander. Trois semaines que des regrets aigus venaient parasiter les pensées qui auraient dû être réservées à un autre. J'ai d'abord voulu croire que c'était le contexte qui ravivait de mauvais souvenirs. Et puis ces larmes, immédiates, débordantes. Ces images qui ne me lâchaient plus.
J'avais au moins une certitude à laquelle me raccrocher. Je ne voudrais sous aucun prétexte être encore avec lui. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre; je suis infiniment plus heureuse et épanouie sans lui, ça ne fait pas le moindre doute. Je n'étais pas en train de souhaiter qu'il me revienne.
Alors pourquoi je n'arrêtais pas de penser à lui, et pourquoi c'était comme un coup de couteau dans le coeur à chaque fois?
La fierté humiliée, bien que réelle et toujours vivace, ne suffisait pas à expliquer ça. C'était comme si, à la lumière de sa trahison finale, je revoyais toute notre histoire sous un jour nouveau. Comme si je revivais chacune des occasions où je m'étais donné du mal pour lui faire plaisir, chacun des sacrifices que j'avais consentis - spontanément ou contrainte et forcée - pour être avec lui, chacune de mes vaines tentatives pour l'atteindre. Et comme si je réalisais enfin à quel point j'étais à côté de la plaque, à quel point je vivais mon histoire toute seule dans mon coin, à quel point c'était sans espoir. Je pleurais sur le sort de cette fille aveuglée par ses sentiments, qui était en train de perdre son temps et de gaspiller ses efforts, de sombrer dans la dépression nerveuse quatre mois par an et dans un ennui morose les huit autres pour essayer de s'attacher un homme inaccessible. Un homme qui dormait dans le même lit qu'elle mais restait à jamais hors de sa portée.
Mais ça faisait quand même plus d'un an qu'on était séparés, et après une période où ma douleur semblait s'être tassée, voilà que le fantôme de mon ex revenait inopportunément à la charge. Pourquoi?

samedi 23 juin 2007

La déclaration d'amour du jour

"I'm madly in love with you ma pauv' Lucette".
N'est-ce pas que j'ai une chance folle?

vendredi 22 juin 2007

Epique épique et colégram

Lever 13h39. J'ai plus baisé ces deux derniers jours que les deux dernières années de ma vie commune avec l'Homme. Si vous me croisez aujourd'hui IRL, ne vous demandez pas d'où vient mon sourire béat.

Ma carte postale de la honte

Même en vacances, je n'arrête pas d'écrire. Je griffonne un journal de voyage dans la voiture ou le soir avant de m'endormir. J'inonde mon amoureux de mails et de textos. J'envoie à ma famille et à mes amis des cartes postales soigneusement choisies. Dans ces conditions, je ne pouvais que participer au "concours des cartes postales de la honte" organisé par Manu Larcenet: d'abord ça m'amusait de fouiller les tourniquets des boutiques de souvenirs en quête d'illustrations de mauvais goût, et puis c'était une bonne occasion de dire à cet auteur de bédé toute l'affection que j'ai pour (au moins) deux de ses séries. Le résultat est , dans le blog qu'il a spécialement consacré à ce concours. Je n'en suis pas peu fière, même si je reconnais que la raidorée surpasse de loin tous mes efforts.

mardi 19 juin 2007

Voilàààà c'est finiiii

Contrairement à ce que je craignais, le voyage du retour s'est bien passé. La demoiselle chargée de l'enregistrement des bagages à LAX n'a pas cillé face aux 30 kilos et quelques de mon sac. Les dix heures de vol sont passées assez vite malgré de fortes turbulences au-dessus du Canada, qui ont fait vomir une partie des passagers de l'avion, mon voisin de derrière qui voulait m'interdire de baisser mon fauteuil au prétexte que ça allait lui broyer les jambes (alors que c'était un nain d'1m72) et le fait que comme d'habitude je n'ai pas pu dormir. Le père de Kris et le patron d'Autre Moi nous attendaient à Roissy; le rapatriement à Pétardtown s'est donc fait sans trop de problèmes.
Ce matin, Autre Moi m'a déposée gare de Lyon, où une employée m'a indiqué le quai de mon TGV avant qu'il soit annoncé. J'ai donc pu monter à bord tranquillement. Le trajet de quatre heures m'a paru ridiculement court à côté de nos déplacements de ces trois dernières semaines. A l'arrivée, j'ai pris les ascenseurs de la gare pour éviter les escaliers, puis un taxi qui m'a ramenée chez moi. Au final, je n'ai eu que quelques minutes d'efforts à faire pour gravir deux étages avec mon monstrueux bagage. J'ai retrouvé mes chats en bonne santé et l'appartement très peu saccagé; un coup d'aspirateur et un autre de serpillère et il ne devrait plus rien y paraître.
Voyage suivant: le Japon en septembre avec mon amoureux.

Alpha female + beta male

Il est probablement tombé amoureux d'elle parce qu'elle était brillante et ambitieuse - beaucoup plus que lui. Et puis au bout de quelques années, il s'est mis à percevoir ce qui l'avait d'abord attiré chez elle comme une menace envers sa virilité. Faute de se sentir à la hauteur de cette femme, il a fini par la tromper avec une autre plus quelconque mais en admiration devant lui: une qu'il pouvait éblouir, une qui validait ce qu'il était au lieu de lui filer des complexes sur un plan intellectuel/professionnel/social.
J'extrapôle peut-être sur l'histoire de Ségo et François. J'exagère à peine celle de mon ex et moi. Dieu sait pourtant que je ne la ramenais pas et que j'essayais toujours de le mettre en valeur dans ses accomplissements à lui. Pourquoi les hommes se sentent-ils à ce point en compétition avec nous? Ils doivent avoir une bien piètre opinion d'eux-mêmes pour penser que leur contribution à un couple se réduit à un salaire ou une carte de visite.

mercredi 13 juin 2007

Pour une fois, la blonditude de la journee n'est pas de moi

La scene se passe dans l'apres-midi a Sedona, charmante petite ville touristique situee non loin du Grand Canyon, dans l'Arizona.
Vendeur blond peroxyde (a la vue d'Autre Moi): Ooooh, j'adore votre flamant rose!
Autre Moi: Gni?
Vendeur: Oui, votre tatouage.
Autre Moi: Ah. En fait, c'est un dodo.
Vendeur: Un dodo? Kezako?
Moi: Un oiseau originaire de l'ile de la Reunion, qui n'existe plus aujourd'hui.
Vendeur: Comment ca se fait?
Moi: Ben ils ne volaient plus parce qu'ils etaient trop gras et les gens du coin les ont tous attrapes pour les bouffer.
Vendeur: Affreux affreux affreux. Notez, je mange du poulet. Et donc votre amie en avait un?
Moi: Euh les dodos ont disparu depuis deux siecles. Je sais bien qu'elle fait un peu defraichie, mais quand meme.

mardi 12 juin 2007

Au risque de me faire detester par Hawk...

Cet apres-midi, j'ai fait du cheval dans Monument Valley.
Bon d'accord, au bout de dix minutes de trot, mes genoux endommages par un accident de ski m'ont lachee. Impossible de me dresser dans les etriers pour suivre le mouvement; resultat je me suis tape le cul pendant toute la fin de la balade (une heure et demie, quand meme). De retour au coral, au lieu de descendre elegamment comme je savais le faire jadis, je me suis laissee tomber comme une crepe sur mes pauvres jambes flageollantes qui ont bien failli ceder en touchant le sol, et depuis je marche comme John Wayne. Sexy, isn't it? A mon avis, demain, il faudra me transporter en brancard a roulettes. Mais ca en valait definitivement la peine :)

lundi 11 juin 2007

Je vais bien ne t'en fais pas

Apres plus de 4000 miles en voiture, nous avons juste failli mourir ecrabouilles par un poids lourd quand Kris a grille un feu rouge sur le periph de San Antonio, et tomber en panne d'essence en plein desert (la ou les portables ne fonctionnent pas) un peu avant la frontiere du Nouveau Mexique.
Parce que l'humour noir ne nous fait pas peur, nous avons imagine un film d'horreur a la Hitcher ou nous peririons tous sous les coups d'un serial killer. Nous avons meme choisi les acteurs qui joueraient nos roles. Autre Moi a opte pour Neve Campbell, a qui elle ne ressemble pourtant pas plus que ca, sous pretexte qu'elle s'en sortait generalement a la fin de ce genre de film; Junior a rejete Salma Hayek (trop petite), Penelope Cruz (trop vieille) et Jennifer Lopez (trop pouffe) pour jeter son devolu sur Katie Holmes; il a ete decide a l'unanimite feminine que Kris ne pouvait etre interprete que par Adam Sandler; quant a moi, comme d'habitude, j'ai ecope de Janeane Garofalo, que j'aime beaucoup mais qui n'est pas le summum de la sexitude.
Pour faire un succes au box office, j'ai quand meme peur qu'il nous manque une blonde. J'aurais bien propose Paris Hilton, mais elle est en prison en ce moment, comme toutes les chaines de tele americaines ne cessent de nous le rappeler. Nous suivons ses mesaventures judiciaires avec une fascination melee de degout: n'y a-t-il vraiment pas d'autres sujets plus importants auxquels consacrer des emissions speciales tous les jours depuis une semaine?

dimanche 27 mai 2007

Conversation dans un avion

Kris: (...) C'est super cher.
Moi: Pas grave j'adore faire des cadeaux aux gens que j'aime.
Kris: Ca tombe bien, j'ai tres envie du Vaio qu'on a vu tout a l'heure dans la pub.
Moi: Rectification: aux gens que j'aime et avec qui je couche.
Kris: On va dormir dans le meme lit pendant plus de trois semaines, tu pourrais au moins m'offrir l'ecran!

vendredi 25 mai 2007

La première gaffe des vacances

Je suis partie traverser les Etats-Unis d'est en ouest au volant d'une Chevrolet Trailblazer. J'ai tout prévu : le petit sac à troutrous pour laver les sous-vêtements sans qu'ils se mélangent à ceux de mes compagnons, le spray anti-moustiques tropicaux pour ne pas me faire bouffer toute crue dans les Everglades, la souris de Blanco pour corriger les fautes dans mon journal de bord au fur et à mesure, les adresses de tous les gens auxquels je dois envoyer des cartes postales, la liste détaillée des produits Origins que je dois racheter parce qu'ils coûtent moitié moins cher sur place, un paréo pour planquer ma cellulite au bord de la piscine, les chargeurs de mon téléphone portable, de mon appareil photo, de mon camescope, de mon iPod et de ma tondeuse à foufoune. Toute fière de moi que j'étais en arrivant gare de Lyon (avec deux heures et demie de retard, mais ceci est une autre histoire qui sera racontée ailleurs plus tard).
- Je crois que c'est la première fois que je n'oublie absolument rien, ai-je annoncé triomphalement à Autre Moi.
- Bien sûr, tu as pensé à ton permis de conduire, m'a-t-elle répliqué comme si c'était une évidence et pas une question.
C'est là que j'ai blêmi.

Ce n'est qu'un au revoir...

This is it, people! I'm leaving. Retour en France le 18 juin. Dans l'intervalle, soyez sages. J'ai laissé les clés du blog de Régis à Hawk, donc il y aura des updates réguliers. En ce qui concerne ce blog-ci et mes carnets de voyage, je tâcherai de publier les commentaires éventuels et de rajouter des petits textes chaque fois que j'aurai accès à internet (toujours ma question numéro un quand on arrive dans un hôtel pour la nuit: y a-t-il une connexion client?)
Bien sûr, Régis part avec moi. Bien sûr, il va poser dans pleins d'endroits magnifiques et de situations délirantes. Bien sûr, en rentrant je ne saurai plus où donner de la tête entre toutes mes photos à publier/scrapper et mon carnet de voyage à mettre en forme. C'est l'jeu ma pauv' Lucette. Je vous embrasse tous (oui, oui, je suis à ce point délirante d'enthousiasme). A très vite.
PS: Ah oui, j'oubliais. Pour le livre que je peinais à terminer... J'AI FINI J'AI FINI J'AI FINI. [Ce cri de victoire de la traductrice en fin de tâche vous a été offert par Armalite.]

Les adieux déchirants (ou pas) d'Armalite et de l'AFKAMTLM

Hawk dit :
je te souhaite un super voyage, tu le mérites bien
Hawk dit :
et va en paix parce que tu es aimée

(Romantique hein? Attendez la suite...)

Hawk dit :
on va se dire bonne nuit
Hawk dit :
et s'aimer fort fort fort pendant la nuit
Armalite dit :
"on" c'est toi et ton oreiller?
Hawk dit :
sotte
Hawk dit:
mais je te pardonne
Armalite dit :
moi j'en ai quatre hé hé hé
Armalite dit :
gang bang de coussins
Armalite dit :
ah mais toi aussi maintenant
Hawk dit :
moi aussi figure-toi, une folle m'en a fait installer deux de plus
Armalite dit :
fuck you ^^
Hawk dit :
anytime ^_^

jeudi 24 mai 2007

Sors de ma tête Paul

J'aime Paul Auster parce que peu d'écrivains savent sonder l'âme humaine aussi bien que lui.
"Une conscience raffinée à l'excès, une prédisposition à se sentir coupable face à ses désirs entraînaient cet homme de bien à des comportements curieusement sournois, qui déniaient ses propres qualités. Tel est, à mon avis, le noeud de la catastrophe. Il acceptait les faiblesses de tout le monde, mais pour lui-même il exigeait la perfection, une rigueur quasi surhumaine jusque dans les actions les plus insignifiantes. Il en résultait une déception, une conscience accablante de son humaine imperfection, qui l'amenaient à plus de rigueur encore dans ce qu'il exigeait de sa conduite, ce qui à son tour donnait lieu à des déceptions encore plus écrasantes. S'il avait appris à s'aimer un peu mieux, il n'aurait pas eu un tel pouvoir de provoquer le malheur autour de lui. Mais Sachs se sentait assoiffé de pénitence, avide d'assumer sa culpabilité comme celle du monde entier et d'en porter les marques dans sa chair."
(extrait de "Léviathan")

mercredi 23 mai 2007

Vacances J-3 : les échanges de textos (suite)

AUTRE MOI: Quelle heure à Orly vendredi soir?
MOI: Demande à la personne que tu vas chercher. Moi j'arrive gare de Lyon à 17h21.

mardi 22 mai 2007

Vacances J-4 : les échanges de textos

AUTRE MOI: Junior et Autre Moi, môman conseille d'emporter du sirop de pommes reinette.
MOI: Euh, elle a peur qu'il n'y ait pas d'eau potable aux Etats-Unis?
AUTRE MOI: Non, c'est pour que vous alliez aux toilettes :)
MOI: Tu parles de nos problèmes de transit à ta mère. Génial.
***
MOI: Est-ce que l'un d'entre vous a mes billets d'avion?
KRIS: Billets électroniques (nos passeports). On voyage écolo nous madame!
MOI: Et le carburant de l'avion, il est électronique aussi?
KRIS: On t'a pas prévenue? C'est les passagers qui pédalent et courent pour faire tourner les réacteurs. T'as encore de bonnes bases de sport?

lundi 21 mai 2007

Notre nouveau gouvernement

Parce que ça fait au moins dix jours que j'ai pas parlé de politique, je voudrais juste dire que je suis un peu rassurée par la composition du gouvernement Fillon. Bien sûr, les ministères concédés à la gauche au nom de l'ouverture sont ceux dont le domaine d'action appartient traditionnellement au président. Bien sûr, on trouve des Sarkozystes purs et durs (Hortefeux, Bertrand, Dati...) aux ministères-clés du programme avec lequel Sarko s'est fait élire. Mais entre les deux, il y a aussi des gens de droite compétents et modérés comme Borloo, Alliot-Marie ou Bachelot. Espérons que cela suffira à établir un sain équilibre.

Road trip annuel: J-5

Encore un peu sonnée par mon week-end, je me suis remise au travail d'arrache-pied ce matin. Il me restait, à ce moment-là, très exactement 100 pages à traduire et un peu plus à relire avant jeudi soir. A combiner avec les préparatifs d'avant-départ: ma valise est pratiquement bouclée, mais il faudra songer à distribuer clés et instructions aux gardiens de chats, à faire le ménage avant de partir, à régler préventivement tous les problèmes administratifs qui pourraient surgir pendant les quatre semaines suivantes, voire à acheter des dollars qu'aucune banque de mon village ne veut me vendre. Et puis éventuellement à tester mon nouvel appareil photo. Bref la semaine va être bien remplie et je n'aurai pas volé mes vacances. Mes compagnons de voyage semblent également sur les rotules après une année de boulot épuisante. Mais, prédit Junior, "bizarrement, samedi matin, on pètera tous la forme!". Et elle n'a sans doute pas tort :)

Vous voulez vraiment savoir pourquoi je l'aime?

Parce que personne ne m'avait jamais regardée avec ces yeux-là.
Ni répété que j'étais belle avec toute la sincérité du monde alors que je me recroquevillais de dégoût face à mon image.
Personne n'avait encore su vaincre mes résistances les plus tenaces et me faire avouer les faiblesses que je cache depuis toujours.
Ni réussi à me dévoiler les siennes sans que je prenne mes jambes à mon cou.
Personne ne s'était donné à moi aussi complètement ni ne m'avait inspiré la confiance nécessaire pour lui rendre la pareille.
Personne n'avait si bien allié la douceur et la violence, le romantisme le plus pur et le libertinage le plus débridé.
Personne ne s'était jamais autant intéressé à ce que je pense, à ce dont je rêve, à la manière dont je fonctionne et à celle que je suis vraiment sous les apparences dont je me drape.
Personne ne m'avait donné la permission d'être moi, sans la moindre contrainte ni le moindre jugement.
Personne n'avait mis tant d'obstination à faire fonctionner notre histoire, tant de bonne volonté à surmonter les obstacles et à dépasser les accrochages douloureux.
Personne n'avait fait de moi son alpha et son oméga, pas pour combler un vide mais juste parce que d'après lui j'en valais la peine.
Personne n'avait pensé à nous avant de penser à lui.

dimanche 20 mai 2007

The shortest week-end ever

Commencé vendredi vers 16h30 à l'aéroport et fini dimanche 11h10 devant la gare. Nous n'avons eu qu'une journée complète à passer ensemble, mais nous avons réussi à y mettre beaucoup de choses.
De longs câlins matinaux, ces moments délicieux où on fait l'amour encore à moitié endormis et qui semblent ne durer que quelques minutes de pure sensualité paresseuse alors que l'horloge égrène bel et bien des heures entières. Un lever tardif, suivi d'une préparation rapide (59,4 kilos dit ma balance, youpi!) et d'une descente à la "bonne boulangerie" du village: croissants, pains au chocolat, tartes aux fraises individuelles pour le midi - et tiens, une livre des premières cerises de la saison chez le marchand de primeurs voisin. Au retour, deux-trois photos à la sauvette sur les rails de chemin de fer. Petit déjeuner sur le balcon avec les chats qui tapent l'incruste, un moment de pur bonheur. Les oiseaux chantent, le ciel est d'un bleu idyllique, la chaleur tempérée par une brise primesautière et "mon" arbre veille sur nous. Table débarrassée, on s'installe dehors avec une rallonge et nos deux portables face à face. L'album de Mika sur iTunes pour les indispensables vitamines musicales du week-end. On surfe ou blogue chacun de son côté, en levant juste les yeux pour se sourire de temps en temps. L'univers file droit.
Déjeuner d'une salade de crudités et de pain aux olives, puis départ en ville pour un petit après-midi de shopping. Je trouve une place de parking gratuite du premier coup pas loin du centre commercial, c'est un signe. Darjeeling, joli ensembe mauve avec de la dentelle blanche. Sephora pour la miraculeuse Advanced Night Repair d'Estée Lauder. Fnac : razzia de bouquins (essentiellement pour préparer le voyage au Japon), et puis tant pis je craque et je le prends ce petit numérique Casio rose bien moins encombrant et bien plus simple que le gros Samsung compliqué que m'avait offert l'Homme. Il n'y a pas grand-monde à la caisse (fait rarissime un samedi), alors Hawk en profite pour faire poser les vendeuses avec Régis. Encore un mug Pirates des Caraïbes au Disney Store et c'est l'heure d'aller manger.
Grosse déception en arrivant sur ma place préférée: elle a été entièrement refaite. Exit le sol inégal, les murets couverts de verdure qui délimitaient les petites terrasses des restaurants et les mûriers centenaires qui formaient une voûte végétale enchanteresse. A la place, des dalles beige rectangulaires, une fontaine aseptisée, deux rangées de jeunes platanes bien alignés avec pas une feuille qui dépasse. L'uniformisation proprette à son pire, celle qui tue le caractère et le charme des choses. Délicieux repas tout de même, mais à l'intérieur du bistrot car je refuse de manger dehors dans ces conditions. Tartines de pain Poilâne divines, et en dessert, une crème brûlée aux Carambar avec deux cuillères.
Retour maison. La soirée prend alors une drôle de tournure, pas celle qu'on imaginait ni qu'on voulait. Mais on parle - longtemps, de choses importantes, et j'aime notre bonne volonté, notre sincérité, notre confiance. Si elles n'effacent pas l'amertume, elles agissent dessus comme un baume apaisant. Le lendemain matin, c'est toujours plus proches que nous nous re-éloignons.

vendredi 18 mai 2007

Encore raté

Ca devait être l'année où j'allais enfin être bien sur mes photos de vacances. Exit l'affreuse coupe et le pseudo-blond de 2005; pour une fois mes cheveux ressemblent à quelque chose. Exit une partie des kilos en trop qui me font systématiquement une tête de grenouille bouffie. J'ai même réussi à dénicher, pour crapahuter dans la nature comme en ville, des pantalons en toile qui ne me donnent pas l'air d'un Culbuto. Plus du "fond de teint spray spécial jambes: unifie comme un bas, transfert résistant, teints clairs/peaux de blonde" (je recopie l'étiquette) pour ne pas ressembler à une endive géante au milieu de mes compagnons de voyage déjà bronzés avant le départ, ces sales tricheurs. J'étais : parée.

C'était sans compter les moustiques des Everglades qui, selon Autre Moi, dévorent les gens tout crus malgré l'application de produits ad hoc pour les repousser. Sachant que dans une pièce contenant vingt personnes, c'est toujours sur moi que le misérable petit moustique européen choisit de festoyer, je vois déjà ma tête d'ici. Défigurée par les piqûres pendant un mois. Cheers.

jeudi 17 mai 2007

En route vers de nouvelles aventures!

La déception professionnelle de 2006, ça avait été l'arrêt de Série Préférée pour manque de rentabilité. La découverte du forum qui lui était consacré (et de toutes les choses adorables que les fans disaient sur mon boulot) ne m'avait qu'assez peu consolée.
La bonne surprise de 2007, c'est qu'un autre éditeur pour lequel je travaille déjà par ailleurs vient d'acheter les droits de la version comics et m'a proposé de faire la trad. Je suis ravie. Bien sûr ce n'est pas avec ça que je vais gagner ma vie, car ça représente un volume de texte très modeste. Mais... Ca fera une compétence de plus sur mon CV, et puis surtout, je devrais m'éclater à bosser dessus, ce qui est devenu assez rare ces dernières années.

lundi 14 mai 2007

Inside my fridge


Je sais bien que personne ne me l'a demandé, mais vu que bloguer des photos de l'intérieur de son frigo est top hype en ce moment, et que pour une fois y'a que des trucs sains dans le mien...

It's the final countdown

Je suis totalement abrutie (quel est l'enfoiré qui a dit "Ca change pas beaucoup"?). Depuis mon dernier retour de Bruxelles, je bosse comme une malade: je m'assois à mon bureau dès que je me lève, je ne le quitte que pour aller faire pipi, manger et monter me coucher. Je ne sais pas si mes parents et amis sont morts ou vivants, à l'exception de ceux - rares - qui m'envoient un texto par-ci par-là, et auxquels je ne trouve pas toujours le temps ou l'inspiration pour répondre. J'ai oublié ce que ça faisait de porter des vêtements autres qu'un pyjama et de respirer l'air du dehors. Je crois que mon dernier shampoing remonte à jeudi dernier; je vais bientôt savoir si les dreadlocks me vont ou pas. Je tourne en permanence sur les trois mêmes menus basses calories car en mettre au point un quatrième mobiliserait les quelques neurones que six mois de gym ont épargnés et dont j'ai besoin pour faire mon boulot un tant soit peu correctement. J'ignore totalement ce qui se passe dans le reste du monde, mis à part que notre futur président est en croisière à Malte sur le yacht de Bolloré, que Laure Manaudou, dans un juvénile élan amoureux, a plaqué son entraîneur tête-à-claques pour rejoindre son chéri en Italie, et que Lana a fini par épouser Lex pour protéger Clark, ce qui est vraiment trop inzuste. Mais je commence à entrevoir le bout du tunnel. Dans douze jours, quoi qu'il arrive (ou presque), je suis à Miami. Probablement avec la vivacité intellectuelle d'une écumoire, mais on ne peut pas tout avoir.

jeudi 10 mai 2007

J'arrête

C'est bon, j'en ai ras les couettes. 6 mois à, en moyenne, 2 séances de gym hebdomadaires, ça représente un investissement de plus de 120 heures pendant lesquelles j'ai perdu à peu près 17 grammes, 2 millimètres de tour de cuisses et 42 milliards de neurones morts d'ennui dans d'atroces souffrances. Des heures pendant lesquelles j'en suis arrivée à vomir le contenu intégral de mon iPod. Des heures pendant lesquelles j'aurais pu avancer dans mon boulot, voir mes amis, rattraper mon backlog de scrap, rédiger les textes qui me trottent dans la tête depuis des lunes ou faire diminuer la pile vertigineuse de bouquins qui s'entassent sur ma table de nuit.
Je ne nie pas les vertus potentielles du sport; si ça ne donne rien sur moi, je veux bien croire que c'est parce que je manque d'assiduité, parce que je ne force pas suffisamment ou que je fais les exercices de travers. Mais je déteste vraiment trop ça pour m'obstiner plus longtemps en l'absence de résultat visible. Tant pis. Petite et grassouillette je suis, petite et grassouillette je resterai. On ne peut pas lutter contre son destin.

mercredi 9 mai 2007

NouveauX blogS

J'y pensais depuis un petit moment; voilà, c'est fait! Je viens de créer un blog annexe réservé à mes carnets de voyage. J'y publierai les notes prises durant mes déplacements à l'étranger, des photos et/ou les pages de scrap réalisées avec les photos en question. Comme je viens de mettre ça en place en 5 minutes, c'est très rudimentaire, mais laissez-moi un peu de temps et j'en ferai quelque chose de sympa.
Par ailleurs, désormais, vous pourrez retrouver les aventures de Régis ici. C'est encore en chantier, mais là aussi, ça devrait bouger dans les semaines à venir. Au programme: réédition des anciennes bédé et photos, plus plein d'inédits! Merci encore à l'Ane pour le nom et pour les cartes postales autour du monde :)

mardi 8 mai 2007

C'était il y a un an


Lever 7h30. Le beau-frère d'Autre Moi passe nous chercher chez elle pour nous emmener à l'aéroport. Nous sommes tout contents d'avoir déjà nos places réservées (ensemble, donc) et une seule correspondance. 9h pour Paris-Chicago, 2-3h pour le changement et 2h30 pour Chicago-Denver. Le vol se passe assez agréablement malgré une panne du système vidéo (encore!). Je fais des grilles de sudoku - comme environ la moitié des autres passagers -, dévore "Biographie de la faim" d'Amélie Nothomb qui vient de sortir en poche et attaque "Je l'aimais" d'Anna Gavalda. Premier serrage de coeur avec l'histoire de cette femme qui vient de se faire larguer après des années de mariage sans trop comprendre pourquoi.

Puis le personnel de bord annonce que suite à une panne de générateur (celle-là même qui nous a empêchés d'avoir des vidéos), nous devons nous poser avant Chicago, à Toronto plus exactement. "We're treating this as a serious situation". Autre Moi est livide. Junior fait de son mieux pour la rassurer mais n'en mène pas large non plus. Kris masque son stress en réclamant "à manger et des femmes nues". Moi, ça va. Je suis fataliste. Après une manoeuvre d'approche assez bizarre, nous nous posons à Toronto. Des mécaniciens montent à bord et réparent l'avarie. Pendant ce temps, nous bénéficions enfin de la vidéo et regardons tous les quatre "Nanny McPhee" sur nos écrans individuels.

Au bout de deux heures, l'avion repart pour Chicago. Bien entendu, nous avons loupé notre correspondance. Mais les formalités sont assez vite expédiées, et nous rebookés (en éco+) sur un autre vol qui part à 18h50 au lieu de 16h45. Dans l'aéroport d'O'Hare (celui où Soeur Cadette passe si souvent quand elle est en déplacement pour son boulot), je fais une provision de journaux de fille: Us Weekly (Denise Richards en couv), Red Book, For Me et Elle. Je retire $500 en liquide pour les frais communs et les petites dépenses et avale précipitamment une salade de pâtes. Le Chicago-Denver n'est pas très long. Nous sommes séparés et coincée entre deux inconnus, je me contente de lire.

Lorsque nous atterrissons à Denver, il est déjà 20h30 heure locale, et il fait nuit. Une navette d'Alamo nous emmène au parking du loueur, où un employé bouché me soutient qu'on n'a pas pu régler à l'avance le supplément jeune conducteur pour Junior. Il finit quand même par entendre raison. La Chevrolet Malibu qu'on nous attribue ne plaît pas à Junior, et surtout, le coffre arrive tout juste à accommoder nos quatre sacs (en retirant le hayon). C'est Autre Moi qui s'y colle courageusement pour le premier tour de conduite. Le problème, c'est que notre plan Mapquest part de l'aéroport et pas de chez le loueur, qui se trouve à une bonne distance. Nous nous perdons immédiatement, faisons demi-tour en acquittant deux fois un péage pour rien, demandons notre chemin dans un motel, tournons une bonne demi-heure dans le même quartier désert en quête d'un hôtel qui semble ne pas exister. Nous sommes debout depuis près de 24h, nous ne connaissons pas le code de la route américain et nous n'y voyons absolument rien. Devant un Blockbuster fermé, je finis par alpaguer un Black super sympa qui connaît bien la ville et m'apprend que nous nous trouvons complètement à l'opposé de là où nous voulons aller. Avec son aide, nous parvenons à rejoindre le centre de Denver. Nous apercevons même notre hôtel sur la droite de la route, mais la sortie est loin et nous nous re-paumons en essayant de le rejoindre.

Vers minuit heure locale, enfin, nous nous garons sur le parking du Best Western. Autre Moi est restée admirablement calme alors que je commençais vraiment à angoisser (conduire m'a toujours fait flipper, mais là!). Douche rapide mais extrêmement bienvenue. Mes produits de beauté se sont renversés dans ma trousse de toilette et tout mon sac de voyage empeste CK Summer. Un texto de l'Homme achève de me ratatiner le moral. En réponse à mes messages sur nos déboires aériens et routiers, conclus par un mélodramatique "C'est un cauchemar", il écrit: "Ouais, les Dalton au Nouveau Monde ;) Espérons que la suite sera mieux". Il sort d'où ce smiley clin d'oeil pourri? Il croit que ça y est, on est séparés depuis trois jours et il peut déjà faire comme si on était juste de bons potes?
Argh.
- extrait carnet de voyage, Road Trip USA 2006, lundi 8 mai 2006

lundi 7 mai 2007

Le changement quand même

Il ne reste plus qu'à digérer la déception et voir ce que donnera notre nouveau gouvernement. Je ne suis pas optimiste mais une fois n'est pas coutume, j'espère de tout coeur que j'ai tort. Et c'est la dernière chose que je dirai sur le sujet pour le moment, avant de n'avoir plus un seul ami de droite. (Question: comment une fille aussi branchée politique que moi s'est-elle débrouillée pour avoir un entourage composé à 80% de partisans du camp d'en face? Ca fait partie des grands mystères de la vie.)
De cette élection, je voudrais juste retenir que les Français se sont mobilisés comme jamais auparavant, que des tas de gens qui ne votaient pas jusque là ont développé une conscience citoyenne et fait le nécessaire pour qu'on entende leur voix. Même si cette voix a une tonalité différente de la mienne, je considère que c'est un pas en avant pour la démocratie. Parce qu'un peuple concerné est un peuple qui s'informe, un peuple qui se laisse moins facilement manipuler et qui est davantage en mesure de choisir sa destinée.
D'un point de vue purement personnel, la victoire de Sarko a quand même eu un effet positif immédiat. Elle a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du manque, le déclic qui a fini par avoir raison de mes réticences naturelles. Hier soir alors qu'on skypait devant la télé, je me suis entendu dire à Hawk: "Après les vacances au Japon, je viens vivre à Bruxelles." Et ce n'était pas juste par dépit, encore moins pour me conformer à la boutade idiote que j'avais faite dans ce blog il y a quelques semaines - puisqu'on ne trouve de toute façon pas de chocolat Cailler en Belgique ;) Je réalisais simplement que je ne voulais pas être loin de Celui que j'aime quand il se passait quelque chose d'important dans ma vie, quelque chose qui me touchait profondément. Que j'avais envie de tout partager avec lui, le bon comme le mauvais. Que sans lui et pour la première fois de mon existence, moi qui ai toujours été si fière de mon indépendance, je me sentais incomplète, amputée d'une partie essentielle de moi-même. Que j'en avais fini de me protéger par principe et que j'étais prête à conjuguer ma vie à la première personne du pluriel.
Les modalités pratiques, on en discutera cet été, quand mon actuelle charrette boulot sera derrière moi et que je me sentirai requinquée par un mois de vacances avec mes amis-de-droite-que-j'aime-fort-même-si-on-n'est-d'accord-sur-rien (mais alors, rien du tout). Il faudra que je passe aux impôts et que je contacte l'AGESSA pour connaître les conséquences fiscales et administratives d'une résidence principale déclarée en Belgique. Dans tous les cas, je pense garder l'appart du Midi de la France comme résidence secondaire où venir prendre le soleil régulièrement, retrouver mes racines et les quelques amis qui me restent dans la région, m'isoler pour pondre au calme le roman-phare du 21ème siècle, ce genre de choses. Et puis dans quelques années (5, par exemple...), si Hawk parvient à devenir free-lance, on pourra toujours se rapatrier ici.
Entre temps, les chats m'accompagneront à Bruxelles, où nous chercherons un appartement plus grand que l'actuel duplex-pour-un de Hawk, et si possible doté d'une salle de bain avec murs. Avantage supplémentaire: ça m'obligera à revoir sérieusement à la baisse ce que je considère comme le minimum d'affaires indispensable à mon bien-être (car il est hors de question que je déménage un 38 tonnes de bouquins et de fringues). Ce sera une parfaite occasion de m'orienter vers la vie matériellement plus légère à laquelle j'aspire depuis un moment et ne parviens pas à me résoudre pour cause d'encroûtage dans mes vieilles habitudes.
Voilà, je ne sais pas si le 6 mai aura marqué un tournant significatif pour la France, mais symboliquement il restera le jour où j'ai décidé de changer de vie.

dimanche 6 mai 2007

Les lendemains qui déchantent

C'était la troisième fois que je votais pour des élections présidentielles. Mon candidat n'a jamais été élu. Et c'est la première fois que ça me touche à ce point. Chirac, je ne l'avais pas choisi, mais il me paraissait relativement inoffensif. Je me disais qu'il ne ferait pas la politique que j'espérais mais que bon, gauche tradi ou droite tradi, ça restait blanc bonnet et bonnet blanc.
Là, en voyant le visage de Sarko s'afficher sur mon écran à vingt heures - et même si le résultat était déjà officieusement connu depuis deux bonnes heures -, j'ai senti les yeux me piquer. On peut bien me dire que ce n'est pas lui qui gouvernera directement, qu'il reste les législatives pour rectifier un peu le tir, je suis juste consternée de voir que les valeurs qui sont les miennes ne signifient rien pour 53% de l'électorat français.
Ségolène Royal, pour qui je n'ai pas d'affection particulière, a fait un beau discours de perdante, digne et positif. Elle affichait le sourire immense des gens très émus qui se retiennent de pleurer. J'avoue qu'elle m'a touchée sur ce coup-là.
Quant au discours de Nicolas Sarkozy... Dans la bouche de quelqu'un d'autre (quelqu'un dont je n'étais pas persuadée qu'il mentait comme un arracheur de dents), le début m'aurait assez bien plu. Et puis il a eu cette phrase (je cite de mémoire): "Je vais redonner la priorité au travail, à l'autorité et à la morale". Et mon sang s'est glacé dans mes veines.
Pour moi le travail n'est pas une valeur: juste un mal nécessaire. Et avec la monstrueuse augmentation de la productivité moyenne due, entre autres, à l'électronique et à l'informatique, il devrait l'être de moins en moins. L'objectif désormais devrait consister à répartir le plus équitablement possible celui qui existe, et non à pousser les malheureux qui se tuent déjà à la tâche à faire encore des heures sup ou à repousser l'âge de la retraite à 70 ans pendant que les capitalistes se tournent les pouces et vivent des produits d'une infâme spéculation.
L'autorité, j'ai rien contre tant qu'elle est juste. C'est-à-dire, la même pour tout le monde. Et qu'elle ne consiste pas d'un côté à "nettoyer les banlieues au Karcher" et de l'autre à fermer les yeux sur les magouilles des élus UMP ou à bâillonner les média qui n'abondent pas dans leur sens. Je suis entièrement pour le fait d'inciter les gens à respecter le code de la route, à ne pas frauder le fisc, à ne pas s'agresser les uns les autres. Par contre, je ne pense pas que toutes les méthodes soient bonnes pour faire régner l'ordre. Je crois plutôt que le désordre est toujours le symptôme d'un problème qu'il vaudrait mieux régler par la prévention que par la répression.
Quant à la morale... Laissez-moi rire. C'est moral de renvoyer chez eux manu militari des gens qui ont fui leur pays d'origine parce qu'ils y crevaient de misère ou y risquaient la mort pour des raisons politiques? C'est moral de faire licencier le patron d'un grand hebdo parce qu'il a osé ne pas être d'accord avec vous? De toute évidence, monsieur Sarkozy et moi ne partageons pas la même définition de ce concept. Pour lui, la moralité consiste sans doute à courber l'échine devant le pouvoir établi et à ne jamais le remettre en cause quelques exactions qu'il puisse commettre. En gros, à être un mouton. De préférence blanc et hétérosexuel. Ouvrez la bouche et dites "bêêêh".
Je l'avais promis, je le fais. D'ici la fin de l'année, j'habiterai Bruxelles.

Pas de miracle dominical

Poulpy dit :
je ne sais pas si ton homme t'a prévenu
Poulpy dit :
mais Sarko est bel et bien passé
Poulpy dit :
53% apparemment
Armalite dit :
aaaaaaaaaaaaargh
Armalite dit :
putain putain putain
Poulpy dit :
voila quoi
Poulpy dit :
tu peux déménager maintenant
Armalite dit :
excuse-moi une minute je vais me suicider
Poulpy dit :
fais je t'en prie

vendredi 4 mai 2007

Lendemain de changement de programme

...J'ai du mal à boire mon thé. J'aurais jamais cru que c'était si lourd, une tasse pleine. Ni que l'évier de la cuisine était à une distance aussi considérable de ma chaise de bureau. Je suis : à moitié paralysée par mes crampes.

jeudi 3 mai 2007

Caliméro comes and goes

La soirée d'hier a été plus que morose.
Je n'ai pas pu regarder le débat Ségo-Sarko parce que je n'avais pas fini mon boulot de la journée. Mais je ne suis pas optimiste: sauf miracle, on va se taper le micro-despote pendant les 5 prochaines années.
A peine un kilo et demi de perdu en six mois de sport et un mois de régime: à quoi ça sert que Ducros il se décarcasse, mmh? Mon abonnement au club de gym se termine dans dix jours, je suis assez peu motivée pour le renouveler; quant au régime il risque de joliment me pourrir les vacances.
Tracassée par le problème du fichu stérilet: encore combien de temps avant qu'on me l'enlève, combien de boîtes de Doliprane vidées juste pour pouvoir fonctionner normalement dix jours par mois? Reprendre la pilule suffira-t-il à régler mon problème d'endométriose? Vais-je enfin trouver quelqu'un pour m'expliquer les tenants et les aboutissants de cette fichue maladie que je traîne depuis des années? (...Vous le saurez en lisant le prochain épisode de la Grande Saga De Mon Stérilet.)
Ici, c'est la Toussaint. Oui oui, en plein mois de mai. Gros orages qui me font peur, pluies diluviennes et moins dix degrés d'un coup au thermomètre. Pendant ce temps, on se croirait en août à Bruxelles. On dirait que le ciel me fait des appels de phare: "Mais qu'est-ce que tu attends pour déménager?"
Hawk me manque. Tout le temps. C'est la première fois de ma vie que j'ai vraiment envie de vivre avec quelqu'un, la première fois que je suis dans un trip totalement fusionnel. Et comme de bien entendu, ce n'est pas possible, ou en tout cas pas dans un avenir proche.
J'avoue : l'espace de quelques heures, je me suis apitoyée sur moi-même.
Mais je suis Wonder Woman oui ou non?
Alors ce matin, je suis allée chez la diététicienne faire un point. Mon alimentation est nickel, m'a-t-elle dit, le problème c'est que je fais de la rétention d'eau. Donc elle m'a prescrit d'arrêter le sel et d'adopter les gélules de pissenlit (chers co-voyageurs aux US, préparez-vous à faire de nooombreux arrêts pipi sur la route). Si ça ne marche pas, il faudra regarder du côté de mon système lymphatique. Bon.
Ensuite j'ai foncé à la gym et, profitant de ce que c'était presque désert à cette heure-là, j'ai topé le coach star de la salle et j'ai réclamé un vrai programme adapté à mon cas. Moi qui commençais à trouver ça trop facile et à m'ennuyer ferme, je suis ressortie deux heures plus tard en nage, avec mal à des muscles dont j'avais quasiment oublié l'existence. Re-bon.
Tertio, après m'être un peu renseignée à droite et à gauche, j'ai pris rendez-vous chez une gynéco qui exerce en clinique et qui pourra, si elle le juge nécessaire, me retirer le Maudit Machin sous anesthésie locale. Je ne la vois que fin juin et il faudra sans doute une deuxième visite pour l'extraction elle-même, mais je crois que je tiens le bon bout (si je puis dire.) Encore plus mieux.
A part ça, il pleut toujours à verse, Sarko se profile toujours à l'horizon dominical et mon chéri est toujours super loin, mais je suis que Wonder Woman, pas encore le maître du monde pour commander au climat, foudroyer les dictateurs en puissance et modifier les lois de la physique. Dommage, vraiment.

mercredi 2 mai 2007

Y'a vraiment des jours où je rêve d'être un homme

Gynéco alternatif n°1: marmonne de façon incompréhensible, me donne des instructions incomplètes, paume mon compte-rendu d'opération, me fait répéter tout mon historique médical à ma seconde visite, ne me suggère de lui-même aucune solution à mon problème (mais admet que celle que je propose en désespoir de cause pourrait convenir), me charcute et quand je hurle, me rabroue : "Je vous ai à peine touchée", ne me laisse pas le temps de lui poser des questions, me facture 48 euros chacune de mes deux visites (soit un dépassement d'honoraires pris en charge par la Sécu de deux fois 25 euros), sans avoir réussi à faire ce pour quoi je suis venue le voir.
Gynéco alternatif n°2: part faire je ne sais quoi en m'abandonnant 5 minutes à poil sur sa table d'examen, me dit que je peux aller faire pipi avant qu'il s'occupe de moi et se ravise une fois que ma vessie est vide parce que du coup on ne voit plus rien à l'écho, me demande d'écarter les genoux au-delà de l'humainement possible pour qui n'est pas contorsionniste. Quand je lâche un "aaah putain!" bien senti parce qu'il est en train de me faire mal, m'ordonne froidement de ne pas jurer au prétexte que ça ne se fait pas et que ça ne diminuera pas ma douleur, puis me menace de tout arrêter si je recommence. Laisse effectivement tomber au cri de douleur suivant alors que je suis prête à tout supporter pour que ce foutu machin sorte enfin de moi. Me passe un savon comme si j'étais une gamine hystérique et me facture 55 euros.
Si j'avais vraiment eu de la présence d'esprit, je lui aurais coupé les couilles avec sa foutue pince et je lui aurais dit que ça ne servait à rien de hurler, ça ne diminuerait pas sa douleur.
Comme je n'ai pas eu de présence d'esprit sur ce coup-là, je suis juste sortie de son cabinet en sanglotant tout ce que je savais et en le traitant de connard devant les patientes qui attendaient leur tour dehors.
Bilan de la journée, mon stérilet est toujours en place et je ne peux pas retourner voir d'autre gynéco avant deux mois vu que mes prochaines règles tomberont pendant mes vacances aux US.
Et dimanche Sarko est président.
Semaine de merde.

Du chat comme obstacle à l'amour

Chaque fois qu’il faut se quitter, c’est un déchirement. Je ne le supporte plus.
Tout le monde nous demande quand l’un d’entre nous va déménager pour se rapprocher de l’autre. La décision n’est pas si évidente à prendre.
Professionnellement, c’est moi qui ai (de loin) le plus de facilité pour bouger, puisque je peux exercer mon activité n’importe où sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit ; alors que Hawk est salarié et aurait sans doute du mal à trouver du boulot dans mon coin.
Matériellement, c’est l’inverse : Hawk est locataire d’un appartement qu’il souhaite quitter de toute façon et n’a que très peu d’affaires personnelles – des meubles Ikea dépourvus de valeur sentimentale, quelques caisses de bouquins, de DVD et de fringues. Quant à moi, je suis propriétaire d’un duplex que j’adore et d’une quantité invraisemblable d’objets divers et variés, dont une bibliothèque sur mesure qui était un rêve d’enfant, pèse douze tonnes et demi, doit remplir un camion à elle seule et serait extrêmement difficile à caser ailleurs.
Je n’ai plus vraiment d’attaches sentimentales là où je suis, et j’aime beaucoup Bruxelles même si le climat de la Belgique m’effraie un peu. Hawk a toute sa vie à Bruxelles mais aime suffisamment le midi de la France pour penser qu’il s’y plairait.
Après avoir, pendant 7 ans, tout décidé en fonction de quelqu’un d’autre, j’éprouve une répugnance fondamentale à recommencer même si la situation et la personne impliquée sont très différentes. De son côté, Hawk a encore des problèmes personnels à résoudre avant d’entreprendre un gros chantier comme la mise en place d’une vie commune.
Bref, pour l’instant, c’est le statu quo.
Il existerait bien un moyen de rendre l’attente supportable. Je pourrais facilement me permettre de passer une semaine sur deux à Bruxelles avec lui : une solution intermédiaire qui concilierait harmonieusement les différents paramètres du problème.
A l’exception de mes chats.
Je ne peux pas les laisser seuls quinze jours par mois. Etre Exquis accepte de passer s’occuper d’eux à l’occasion, mais je ne veux pas abuser de sa gentillesse. La voisine à qui je pense les confier pendant mes prochaines vacances est très âgée et commence à sucrer les fraises. Une garderie si souvent serait désagréable pour eux et me coûterait les yeux de la tête. Je pourrais tenter de les faire adopter par quelqu’un d’autre, mais ils se font vieux et ne vont probablement pas tarder à nécessiter des soins vétérinaires réguliers – autant dire que ce serait un cadeau empoisonné. J’ai pensé les confier à mes parents qui habitent désormais la campagne en proposant de régler tous les frais afférents à leur entretien ; hélas, il paraît que des animaux se font écraser tous les jours devant chez eux, et mes chats n’ayant jamais vécu dehors, ils iraient sans doute se jeter sous les roues de la première voiture qui passerait. Il est bien entendu hors de question que je les abandonne sur le bord de la route ou me décharge d’eux dans une association où ils finiraient leur vie au fond d'une cage.
Mais si j’avais su qu’un jour mes chats seraient un pareil obstacle à ma vie amoureuse, je ne suis pas sûre que je les aurais adoptés.

dimanche 29 avril 2007

samedi 28 avril 2007

31% des Français dormaient en cours d'histoire

Profitant du marasme économique et des tensions sociales qui règnent dans son pays, un petit bonhomme charismatique se fait élire à la tête d’une des premières puissances mondiales en promettant d’employer tous les moyens nécessaires, si radicaux soient-ils, pour redresser la situation et assurer le retour d’une prospérité partagée. Ses méthodes s’annoncent peu recommandables ; quoi qu’il prétende dans ses discours, il est évident que de nombreuses catégories de population ne sont, à ses yeux, pas concernées par la notion de « prospérité partagée ». Bien au contraire, il considère que ce sont elles qui font obstacle à la bonne marche de l’économie nationale, et que c’est en les éliminant d’une façon ou d’une autre que l’on ramènera la croissance et le plein emploi.
Mais l’électeur s’en fiche. Que lui importe le sort des boucs émissaires officieusement désignés par le dictateur en herbe, du moment que leur neutralisation peut améliorer son petit confort personnel ? Que lui importe que, crise économique et sociale ou pas, son sort reste plus enviable que celui des neuf dixièmes de la population de la planète ? Il ne partagera pas son bout de gâteau, et surtout pas avec qui est trop différent de lui par sa race, sa religion ou sa sexualité. Il continuera à veiller jalousement sur ses privilèges et à fermer les yeux sur les brutalités policières, les rafles et les mille autres façons dont on bafouera les droits de l’homme sous son nez.
Nous ne sommes pas en Allemagne un jour de mars 1933, mais en France le 6 mai 2007. Dans le pays où, sur le fronton de toutes les mairies, on peut lire « liberté, égalité, fraternité ». Dans le pays où, aujourd’hui, j’ai honte d’être née.

dimanche 22 avril 2007

A voté

Je sais. Qu'une altermondialiste de coeur finisse par voter à droite (fût-ce au centre-droite), c'est assez affligeant. Mais avant de ricaner ou de me conspuer (selon vos propres tendances politiques), suivez mon raisonnement:

Les derniers sondages donnaient, pour ce premier tour, Sarkozy en tête, suivi par Royal et Bayrou. Il paraît donc vraisemblable que le second tour verra un face-à-face Sarko-Royal ou Sarko-Bayrou. Dans le premier cas, j'imagine que les voix de Bayrou au premier tour se répartiront à peu près également entre Sarko et Royal, et que Sarko l'emportera donc (d'autant qu'il bénéficiera du report des voix de l'extrême-droite, qui sera plus important que celui des voix de l'extrême-gauche pour Royal). Dans le second cas, je pense que Bayrou conservera toutes ses voix du premier tour et récupèrera en plus celles de Royal et de l'extrême-gauche. Ce qui devrait lui permettre de l'emporter. En tout cas, ça lui donnerait de meilleures chances qu'à Royal.

Je souhaite un gouvernement de gauche. Malheureusement, je souhaite davantage NE PAS avoir Sarkozy comme président. La logique m'a donc poussée à donner aujourd'hui ma voix à François Bayrou. Avec un profond écoeurement. Quand on choisit comment voter sur des critères stratégiques plutôt qu'idéologiques, c'est qu'il y a vraiment quelque chose de pourri en république de France.

samedi 21 avril 2007

Présidentielles, J-1

Le premier tour des élections présidentielles a lieu demain et je ne sais toujours pas pour qui voter.
Voter utile - c'est-à-dire, dans mon cas, non POUR Ségolène Royal mais CONTRE Nicolas Sarkozy - c'est participer à maintenir un statu quo immobiliste, entériner l'apathie politique qui est la plaie de notre pays à un moment où les fondements même de notre structure socio-économique ont besoin d'être remis en question de toute urgence.
Voter contestataire - pour Marie-George Buffet ou Olivier Besancenot qui sont les seuls à défendre des idées à peu près similaires aux miennes, même si le modèle de société qu'ils visent me semble totalement irréaliste dans le cadre d'une économie mondialisée -, c'est prendre le risque de voir 2002 se reproduire et qu'il n'y ait même pas un(e) candidat(e) de gauche au second tour. Au vu des derniers sondages, ça revient à donner la victoire sur un plateau à Sarkozy.
Au final, je me demande si je ne vais pas tout simplement m'abstenir. C'est bien la première fois qu'une telle idée me traverse l'esprit. J'ai toujours fait partie de ces gens qui tannent les autres pour les inciter à aller voter, qui assènent des "Si vous exprimez pas votre opinion quand on vous la demande, faudra pas râler après!". Mais je commence à me dire que le droit de vote est une liberté bien illusoire quand on ne nous laisse le choix qu'entre la candidate Peste et le candidat Choléra. Et que quelque part, voter revient à cautionner un système qui me fait gerber.

vendredi 20 avril 2007

[Note à moi-même, re: PLL]

Tomes 3 et 4 même pas encore écrits, mais à mon avis, solution de l'énigme: le corbeau sait tout parce qu'il a trouvé le journal intime d'AD dans les vieilles affaires que MSG a déposé sur le trottoir au début du tome 1. Je penche pour CB et PT, les deux ex-meilleures amies de MV, qui ne font qu'une brève apparition dans la préface du tome 1 et dont on n'entend plus jamais parler ensuite alors que tous les autres jeunes reviennent sans cesse. Elles habitent le bon quartier, elles suivent probablement une partie des mêmes cours que les quatre héroïnes, et le fait qu'elles soient deux expliquerait l'ubiquité apparente du corbeau. On peut supposer qu'elles cherchent à se venger de la clique qui s'est tant moquée d'elles autrefois et du fait que MV les a laissées tomber pour devenir amie avec HM. Dans ce cas, AD n'aurait pas été assassinée, mais se serait tout bêtement tuée en tombant dans la fosse. Cette explication satisferait à un certain nombre de règles du genre: présentation des "coupables" dès le début, envoi sur plusieurs fausses pistes (le meurtre présupposé, le fait que le corbeau soit une seule et même personne). A vérifier quand l'auteur aura pondu la deuxième moitié de la série.

jeudi 19 avril 2007

"And it's taken you so long to find out you were wrong..."

Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Le profil à cause duquel je l'avais surnommé Lambert à l'époque de la pub pour la Micra. La cicatrice profonde qui barrait sa joue gauche, celle qui aurait défiguré quelqu'un d'autre et ne faisait que le rendre plus séduisant. Les cheveux qui dès qu'ils dépassaient un demi-centimètre de longueur commençaient à faire des épis indomptables sur le dessus. Le regard brun foncé pas très expressif et si souvent fermé les derniers temps. La bouche volontiers rieuse qui s'ouvrait sur des dents trompeusement bien plantées mais rongées par la plongée sous-marine. Le menton un rien pas assez fort; les sourcils châtain clair à la ligne trop faible, comme un reste d'enfance qui s'attarde sur la figure. Les traits que j'avais vus s'empâter au fil des ans et qui le faisaient ressembler chaque jour un peu plus à son père.
*
Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Il m'assaille à tous les détours de mes journées, dans chaque méandre de mes rêves. Il est dans les pages de mes albums photo; il me suprend alors que je passe en revue les clichés que je garde dans la boîte à carreaux bleus et verts, ceux qui n'ont trouvé de place nulle part mais que je ne me résous pas à jeter parce qu'ils racontent quand même une histoire. Il surgit sans crier gare dans les lieux où nous avons vécu ensemble, où la passion flamboyante du début a insensiblement cédé la place à l'ennui et à l'incompréhension. Il continue à me hanter alors que je suis depuis longtemps convaincue qu'on a bien fait de se séparer, que je suis beaucoup plus heureuse sans lui.
*
Je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Parfois je me demande comment il aurait fallu s'y prendre pour que ça fonctionne, quels efforts supplémentaires j'aurais pu faire - moi qui ai, à tort ou à raison, l'impression de lui avoir déjà tellement donné. Je ne parviens pas à le détester; je le connais trop bien pour ne pas lui trouver des excuses, pour ne pas lui accorder l'indulgence à laquelle je suis naturellement si encline. Je sais tout le mal qu'il y a à savoir sur lui, et mon coeur se tord quand même à la vue de son image. Pas de sa personne physique. L'homme que j'ai (rarement) en face de moi ces jours-ci n'est plus celui que j'ai aimé; un an de vie non partagée l'en sépare, et le gouffre ne cesse de s'agrandir. Depuis ce matin de mai où j'ai dit que je partais et où il n'a rien fait pour me retenir, j'ai pris un autre chemin, un chemin sur lequel je vole plus que je ne marche. Je n'ai aucune envie de revenir en arrière.
*
Pourtant je n'arrive pas à me sortir son visage de la tête. Le visage de quand on s'est rencontrés et que j'étais un des piliers du club d'aïki. Le visage de nos pérégrinations en Corse, en Italie, en Autriche et au Japon. Le visage des dîners entre amis sur la terrasse, enveloppés par le parfum entêtant du jasmin et baignés par la lumière faiblissante du couchant. Le visage de la naissance de sa filleule dont il est fou et qui le vénère. Le visage exultant penché au-dessus de sa dernière création culinaire qui embaumait toute la maison, ou concentré face à l'ordinateur quand il se battait contre Photoshop. Curieusement, je ne revois jamais le visage dur de nos rares disputes, d'une froideur et d'une tristesse infinies, ni le visage indifférent, au regard ailleurs, des derniers mois. Il faut croire que j'ai la mémoire sélective. Et en l'occurrence, ma capacité à ne retenir que les bons souvenirs ne me sert pas vraiment.

mercredi 18 avril 2007

Toutes les femmes de sa vie

Dans la nuit d'avant-hier à hier, avant que mon téléphone me réveille à une heure indue, j'ai rêvé que l'Homme venait me faire des confidences sur sa nouvelle copine: ce qu'il lui trouvait, comment ça avait commencé entre eux, leurs premiers petits problèmes de couple, etc. Moi, j'étais affreusement mal à l'aise. Je me disais que ce n'était plus mon histoire, qu'il devait me laisser tranquille maintenant, que je voulais juste l'effacer de ma vie.
Aussi étrange que ça puisse paraître, dans la réalité aussi, je me moque complètement de savoir qui est sa nouvelle copine et comment ça se passe entre eux. Quand j'ai appris que nos histoires s'étaient chevauchées, je me suis seulement demandé si je la connaissais, si c'était une de mes ex-copines de l'aïkido. A partir du moment où j'ai découvert que non, je me suis totalement désintéressée de la question. Ce n'est même pas une démarche consciente, un effort déployé pour ne pas sombrer dans le masochisme en retournant le couteau dans la plaie. Je n'éprouve tout simplement aucune curiosité vis-à-vis de cette fille.
Vous me direz que c'est très bien comme ça et que vous ne voyez pas ce que ça a d'étrange. Le truc, c'est que les deux hommes qui ont le plus compté dans ma vie jusqu'à présent étaient déjà en couple quand j'ai commencé à sortir avec eux. Et que durant toute la partie illégitime de notre relation, j'ai été totalement obsédée par l'Autre. A quoi ressemblait-elle? Comment parlait-elle, comment bougeait-elle, comment s'habillait-elle, comment lui faisait-elle l'amour? Quels étaient ses goûts? Quels points communs avions-nous, à part d'aimer le même genre de mec?
Aujourd'hui encore, je ne m'explique pas cette fascination. Je voulais peut-être jauger ma rivale pour me donner les meilleures chances de l'"éliminer" et de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'elle. Freud dirait sans doute qu'il faut voir là une expression de mon homosexualité latente, celle qui goûtait secrètement le fait de partager son homme, fût-ce de manière décalée dans le temps - comme si baiser avec lui c'était aussi baiser avec elle par procuration. Troisième hypothèse, c'était une bête pulsion compétitive, un besoin de s'assurer qu'elle n'était pas "mieux" que moi. Allez savoir...
La dernière fois que je suis passée chez Ikea et que j'ai aperçu l'ex-femme de l'Homme au loin (plus mignonne et plus piercée que jamais), j'ai eu envie d'aller la voir et de lui dire "Tu sais quoi? Finalement, il m'est arrivé la même chose qu'à toi". Il me semblait que c'était une petite victoire qu'elle méritait de savourer.
Mais vis-à-vis de sa nouvelle copine, je n'éprouve qu'une indifférence absolue.

Gare aux blondes mal réveillées

Hier matin, 5h50. Un bip tonitruant me tire de mon sommeil le plus profond. Hébétée, j'ouvre un oeil. J'ai reçu un message vidéo sur mon portable. Les VIP sont en voiture, ils me font coucou et me disent qu'il ne reste plus que X jours avant notre départ aux USA.
Première pensée: Non mais quels enfoirés! Ils savent bien qu'à cette heure-ci, je dors!
Deuxième pensée: Euh qu'est-ce qu'ils foutent en bagnole en pleine nuit un jour de semaine?
Troisième pensée: Et pourquoi il a l'air de faire jour dehors? Y'a pas tant de décalage horaire que ça entre Paris et chez moi...
Quatrième pensée: ZzzzzzZzzzzz
En me levant quatre heures plus tard avec encore des idées de vengeance plein la tête, j'ai réalisé que SFR avait tout simplement dû me livrer en retard un message envoyé le week-end, pendant que j'étais en Belgique. Mais l'espace de quelques instants, j'avoue que j'ai haï mes amis assez fort.

mardi 17 avril 2007

Le bal des vampires


Very glop:
- La possibilité de se faire coiffer et maquiller sur place pour une somme modique
- Mon amoureux. Juste trop beau avec sa chemise de pirate, son pantalon en cuir et sa gueule peinte en noir et blanc.
- Les costumes délirants de certains participants (et la gentillesse avec laquelle ils ont accepté de poser avec Régis)
- Le vaste espace de Tour & Taxis qui évitait tout danger de suffocation (ma hantise principale dans ce genre de soirée)
- La musique du DJ qui avait visiblement les mêmes goûts que moi (vieux tubes des 80's, un soupçon de goth et le reste de rock bien lourd; j'ai manqué un old favorite de ma période aixoise, "Body count's in the house", mais c'était pour une bonne cause ^^)
- Le timing impeccable des vigiles qui nous ont aperçus Hawk et moi entre deux remorques vers 4h du matin. "Vous ne pouvez pas rester là" "Justement on s'en allait", ai-je répondu en froissant mon Kleenex.

Not so glop:
- Ma robe de vampire sur laquelle je n'ai pas arrêté de marcher parce qu'elle était trop longue de 15 ou 20 cm. Essayez de pogoter sur "Smells like teen spirit" en tenant une immense jupe d'une main, vous m'en direz des nouvelles.
- Mon maquillage absolument affreux qui me faisait une tête de poisson lune (par contre j'ai beaucoup aimé la coiffure; c'était la première fois qu'on me crêpait les cheveux et ça donnait pas mal du tout)
- Le mal au ventre qui m'a empêché de profiter de toute la première partie de la soirée (la prochaine fois je tâcherai de ne pas oublier mes médicaments)
- L'absence de têtes connues - j'aurais bien aimé voir Phil-que-la-fête-avait-entraîné-à-Lille, Baud en loup-garou, Sophie avec son costume de squelette tout pourri, Poulpy avec un déguisement improvisé pour 14 euros, et maintenant que j'y pense Klopo aurait été impec en Comtesse Bathory

Verdict:
A refaire l'an prochain de manière un peu plus organisée maintenant que je sais à quoi m'attendre.

lundi 16 avril 2007

Un long dimanche de fiançailles

Mettre le réveil à 10h même si c'est dimanche, pour ne pas perdre la moitié d'une de ces journées rares et précieuses qu'on passe ensemble. Et puis paresser au lit jusqu'à midi trente en se faisant des câlins; n'en sortir qu'à regret pour remédier aux gargouillis stéréophoniques de nos estomacs. Se croiser dans la salle de bain. Se sourire. Ne pas dire grand-chose - juste apprécier de partager ces petits gestes quotidiens.
Aller bruncher à l'Amour Fou. Hésiter devant le menu: qu'est-ce qui concilie le mieux gourmandise et diététique? Savourer thé, jus de fruits pressés et salade Penjab (lui) ou croque végétarien (moi) avec des soupirs de bien-être. Goûter le calme dominical du lieu et même l'indolence des serveuses. En profiter pour photographier les bêtises de Régis.
Descendre à pied jusque chez Filigranes, dans une chaleur estivale tout à fait incongrue pour l'endroit et la saison. Regretter de ne pas s'être habillés plus légèrement. Respirer à fond; même l'air a le goût du soleil. Penser que ça serait quand même drôle de commencer à bronzer à Bruxelles mi-avril. Se dire que la vie est bien belle parfois.
Passer deux heures à flâner parmi des milliers de livres. Se perdre et se retrouver au détour d'un rayon. Se chuchoter des souvenirs et des mots doux inspirés par les ouvrages qui nous entourent. Pousser des petits cris de joie devant nos trouvailles - un manuel de photo longtemps cherché en vain et récemment réédité, une série d'une mangaka adorée dont on n'espérait plus qu'elle soit traduite en français. Feuilleter des bouquins à une table de l'indoor café en sirotant un jus de fruits, sans rien dire - juste, de temps en temps, lever les yeux et s'adresser un sourire qui signifie "Tu es bien?" "Oui, je suis bien".
Aller finir l'après-midi au Parc du Cinquantenaire. Faire poser Régis parmi les tulipes sous le regard amusé des amoureux allongés non loin de là. S'arrêter quelques minutes pour écouter des musiciens qui font un boeuf près de l'arche. S'assoir sur une pelouse et s'affaler l'un contre l'autre. Essayer de faire des auto-portraits de famille avec Régis et avoir toujours un détail qui cloche sur la photo. Rajouter le Parc du Cinquantenaire sur la liste des endroits où "là, c'est fait".
Rentrer à la maison. Avoir une discussion d'adultes très sages autour d'un repas très sage. Puis jeter la Sagesse aux orties avec ses soeurs la Décence et la Normalité et ne pas voir passer la soirée. S'endormir à regret car demain matin, il faudra se séparer.

samedi 14 avril 2007

14 avril 1997

Je marche dans Manhattan à côté de Shawn. Arrivée de France la veille, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit malgré le décalage horaire. Trop d'angoisse et de fébrilité. Autour de moi, la ville ne dormait pas non plus; à peine était-elle assoupie. Les doubles vitrages de l'hôtel étouffaient les sons de la rue plusieurs dizaines d'étages en contrebas, mais je sentais l'électricité dans l'air, vibration ténue qui m'agaçait les nerfs et ne m'autorisait pas le repos.

Première sortie en plein jour, le choc. C'est le milieu de la matinée et les trottoirs sont toujours plongés dans l'ombre tant les immeubles alentour culminent haut. Même si je suis habituée aux paysages urbains, les avenues rectilignes et interminables créent des perspectives cubistes vertigineuses, entièrement nouvelles pour moi. Je suis frappée par la diversité des visages que je croise: Blacks, Blancs et Latinos semblent mélangés à égales proportions. C'est la première fois que je me balade dans un endroit où le type caucasien n'est pas la norme. Et puis les gens sont si pressés; les femmes en tailleur chic et baskets se hâtent vers leur bureau, le regard rivé droit devant elle, une expression déterminée sur le visage.

Aujourd'hui je vais dévaliser une boutique de comics dans laquelle je raflerai tous les back issues d'une série formidable que j'ai découverte il y a peu de temps, "Strangers in Paradise". Je lirai les premières confessions de David et de Katchoo assise à la terrasse d'une buvette de Central Park, après avoir visité le zoo où j'entendrai parler français au détour de chaque cage. Je me ferai asperger par Marvin le Martien dans le cinéma 3D au dernier étage du Warner Store. J'ouvrirai des yeux d'enfant émerveillée chez FAO Schwartz. Le soir, j'assisterai à une représentation de Cats à Broadway, et bien que transportée par le spectacle, j'aurai du mal à garder les yeux ouverts jusqu'au bout. En sortant, je roulerai encore quatre heures avant d'arriver dans la petite ville de Pennsylvanie où j'habiterai désormais et où je passerai une année mémorable - pas forcément dans le bon sens du terme.

Mais tout ça, je ne le sais pas encore. Le nez en l'air, je me remplis de Manhattan, tellement absorbée par ma contemplation que j'en oublie de prendre la moindre photo malgré l'appareil niché au fond de mon sac. Je suis prête à refaire ma vie dans un pays où je mets les pieds pour la première fois et où je ne connais personne d'autre que mon guide, rencontré "en vrai" la veille seulement. Je pense à Soeur Cadette à qui je ne souhaiterai pas son anniversaire cette année. Je pense à l'homme près duquel j'avais juré de rester jusqu'à ce que la mort nous sépare et que je viens pourtant de laisser derrière moi. Mon avenir s'étend devant moi comme une immense page blanche et je ne sais pas ce qui l'emporte de l'excitation ou de la peur.

jeudi 12 avril 2007

4%, c'est maigre...


create your own visited country map

...Mais c'est sûr qu'en retournant toujours dans les mêmes pays je vais avoir du mal à augmenter mon score. Quoi que... Si le projet "VIP in Hong-Kong" se concrétise, il va faire un bond d'un coup!
Piqué chez Volto.

Les disparus de la blogosphère

Je viens de procéder à une nouvelle épuration de ma liste de liens... Exit les blogs dont les auteurs n'ont pas posté depuis deux mois ou plus. Ca me fait toujours bizarre de me séparer ainsi de gens auxquels je m'étais attachée sans les connaître pour de vrai. J'aimerais savoir ce que deviennent Malice, Joraël, Emilie de Chicken Suicide, Poupoule ou Jujuly.
La petite Canadienne ex-droguée, ex-prostituée, ex-dealeuse dont j'ai commencé à lire le blog quand elle avait 17 ans et de gros ennuis dans la rue, que j'ai suivie pendant sa grossesse accidentelle et même encouragée à garder son bébé quand elle ne savait pas encore ce qu'elle allait faire, que j'ai vue déployer des efforts énormes pour essayer de se ranger et de mener une vie normale malgré les démons du passé qui la poursuivaient - j'aimerais savoir qu'elle s'en est sortie, qu'elle a vaincu la fatalité et qu'elle continue à écrire avec la poésie hargneuse qui la caractérisait.
L'ex-jeune cadre dynamique tombeur de filles, que j'aurais sûrement trouvé imbuvable dans la vraie vie mais qui avait une écriture surprenante d'intelligence, de sensibilité, de rage et de cynisme, a cessé de poster après un licenciement assez brutal - depuis, je me demande si cet accident de parcours l'a poussé à se remettre en cause et à privilégier ses tendances artistiques plutôt que l'appât du gain.
Les trois autres, je ne me fais pas de souci pour eux, ce sont des gens bien équilibrés, mais leurs coups de gueule ou de coeur, leur humour et la finesse de leur observation du quotidien me manquent. C'est ça aussi, la blogosphère: s'attacher à la trajectoire de personnes qui peuvent disparaître du jour au lendemain sans laisser d'adresse.

mardi 10 avril 2007

La dernière de Sarko

A quinze jours des élections présidentielles, Sarko ne cesse d'enchaîner les bévues. Voilà maintenant qu'il déclare que la pédophilie serait un comportement inscrit dans les gènes - théorie qu'aucune démonstration scientifique ne vient étayer, et qui d'un point de vue idéologique ouvre la porte à toute sorte de débordements orwelliens. Personnellement, ça m'arrange qu'il s'enfonce tout seul, même si je crains que ça ne l'empêche pas de passer. Mais combien de braves gens mal informés ou manquant d'esprit critique vont prendre ses propos sur ce sujet pour argent comptant?

Les contrarions ont encore frappé

Samedi dernier j'ai eu la flemme de me traîner à la gym. Je me suis dit que c'était pas grave, que je rattraperais cette semaine.
Hier, lundi de Pâques, salle fermée (comme quoi les sportifs peuvent être plus feignasses que les employés de Carrefour qui, lui, était ouvert).
Aujourd'hui, mon genou gauche refuse de plier et proteste douloureusement chaque fois que je monte ou descend un escalier. Tout ça parce qu'hier je l'ai, de manière tout à fait involontaire et néanmoins extrêmement brutale, cogné contre le dossier d'une chaise dont j'ai ensuite copieusement insulté la génitrice pendant deux bonnes minutes.
Et vendredi matin, je prends le train pour Bruxelles.
Quand est-ce que je vais les caser les deux séances de gym hebdo que la diététicienne m'a bien recommandé de maintenir, mmmh? A quoi ça sert que j'essaie de perdre du poids si l'univers a décidé que j'allais les garder, mes 7-8 kilos en trop? Et est-ce qu'on peut danser déguisée en vampire dans un fauteuil roulant sans être ridicule?

lundi 9 avril 2007

Solitude

C'est un magnifique lundi de Pâques. Le fond de l'air est encore un peu frais mais le soleil déjà radieux. Il fait un temps à se promener dans la campagne en donnant la main à son amoureux et en riant de sentir une brise légère rabattre ses cheveux sur sa figure. Un temps à rouler dans une voiture pleine d'amis qui chantent à tue-tête vers un concert pourri dans un endroit improbable. Un temps à déjeuner en famille sur une terrasse et à végéter la moitié de l'après-midi vautré sur son fauteuil en tenant une conversation décousue. Bref, un temps à partager avec ceux qu'on aime.
Moi, ceux que j'aime sont à Bruxelles, à Paris, à Toulouse, et puis aussi à Lyon, à Nantes, à Lille, au Puy-en-Velay, à Besançon... Comme eux, les morceaux de mon coeur se retrouvent éparpillés à travers la France - voire au-delà - pendant que je reste ici. Et que je souffre de leur absence.
Peut-être que j'aime trop de gens. Peut-être que s'ils étaient moins nombreux, j'arriverais à prendre la décision de déménager pour me rapprocher d'eux. Mais là... Me rapprocher de qui? De l'homme dont je suis dingue et sans lequel je ne supporte plus de dormir? Des amis qui sont comme des extensions de moi-même et me manquent tel un membre fantôme quand je ne les ai pas vus depuis trop longtemps ? De ma famille à laquelle je tiens fort fort fort et de sa dernière addition qui est en train de grandir beaucoup trop vite loin de moi?
La vie file à toute allure; elle est infiniment fragile et je suis écartelée entre ceux qui donnent un sens à la mienne.

Régis (se) fait chier

Regisenvoiture

J'aime un optimiste désintéressé

Armalite dit :
à ce rythme-là
Armalite dit :
avant la fin de l'année on a un album entier
Armalite dit :
on le vend à un éditeur
Armalite dit :
il cartonne
Armalite dit :
on se fait des couilles en or
Armalite dit :
on devient plus célèbres que jk rowling
Hawk dit :
puis uglydoll nous fait un procès de violation de copyright et on est sur la paille
Armalite dit :
nan parce que l'éditeur se sera arrangé avec lui au préalable pfff t'es nul
Armalite dit :
et comme on aura contribué au succès de la marque en france
Armalite dit :
on aura des royalties dessus en plus!!!!!
Hawk dit:
ah d'accord
Armalite dit :
mais comme on sera déjà assez riches
Armalite dit :
on en fera don à une asso caritative
Armalite dit :
car on est des artistes à la base, pas des méchants capitalistes
Hawk dit :
ha bon?
Armalite dit :
si si
Armalite dit :
répète après moi
Armalite dit :
"l'argent ne m'intéresse pas"
Armalite dit :
et tâche d'avoir l'air un peu plus convaincant steuplé

La barrière de la langue culture

Armalite dit :
les deux seuls régis que j'ai connus dans ma vie étaient d'affreux bonnets de nuit
Hawk dit :
???
Hawk dit :
tu donnais des noms à tes bonnets de nuit?
Hawk dit :
les godes je comprends, mais les bonnets de nuit...
Armalite dit :
mais nan, ça veut dire des types ennuyeux à mourir

dimanche 8 avril 2007

Le fou-rire du week-end

Astral s'est fait une fracture du pénis. Si si, ça s'appelle comme ça malgré l'absence d'os. Il paraît qu'on a dû l'opérer pour remédier à son hémorragie interne et que depuis, il est tout bleu de la taille aux genoux. Il a dû raconter des bobards à son boulot pour justifier son hospitalisation sans qu'on se foute de sa gueule jusqu'à la fin des temps. C'est sûrement très douloureux, mais... On s'entend pas assez bien lui et moi pour que la compassion l'emporte sur l'hilarité. J'en ris depuis deux jours.

Je veuxxxx...

...Ca. Parce que même si ça ne paye pas forcément de mine, c'est le siège le plus confortable et le plus versatile du monde. Une invention belge (tiens tiens). Et en plus, il existe en rose. Testé vendredi soir chez Korrigan et Framboise. J'aurais voulu ne plus jamais me lever tellement j'étais bien vautrée là-dedans.

"Avant qu'il ne soit trop tard"

Ca commence comme une énième comédie sur la crise de la trentaine. Une bande de vieux potes de fac se réunit pour la dernière fois dans le chalet de montagne d'une des leurs, qui vient de le vendre car elle part s'installer à San Francisco. Au cours d'une mémorable soirée de fête, les langues se délient, les vérités enfouies remontent à la surface et chacun fait le bilan de sa vie jusque là.
Sauf que... Ce film ne joue pas du tout dans le registre de l'humour, mais dans celui des constats qui font mal, des illusions brisées, des sentiments qui blessent. J'avais gardé le souvenir d'Emilie Dequenne apaisant ses douleurs menstruelles avec un sèche-cheveux dans "Rosetta"; elle est ici absolument parfaite en croqueuse d'hommes qui s'assume. Magistrale quand elle assène leur quatre vérités à chacun de ses amis dont la vie sentimentale part en quenouille avant de poursuivre, des larmes dans la voix:
- Ah ils peuvent bien ricaner Greg et Vincent quand on leur parle de notre belle amitié. Ce soir on a tous fait notre show. Avec moi dans le rôle de la super salope. Je suis peut-être pas regardante en ce qui concerne mon cul, mais moi mon coeur je le respecte. Je dis pas "je t'aime, je t'aime plus". Moi je dis "je te baise, je te baise plus". Et mes sentiments, je les ai toujours gardés pour vous. A l'époque on rêvait tous de refaire le monde, et vous voyez pas que c'est le monde qui est en train de nous refaire?"
Frédéric Diefenthal est nickel aussi, décidément un acteur plein de sensibilité quand il ne se commet pas dans "Taxi". J'aurais juste aimé que le film se termine quand il part sur sa moto, plutôt que par un happy end un peu facile qui détonne avec le ton de l'heure et demie précédente. Mais ceci mis à part, "Avant qu'il ne soit trop tard" m'a beaucoup touchée; je ne comprends pas qu'il ait fait aussi peu de bruit au moment de sa sortie en salle. Mention spéciale à la superbe BO de Syd Matters et Archive, mélancolique à souhait.

samedi 7 avril 2007

3 ans déjà...

Avant-hier, ça a fait trois ans que j'ai commencé à bloguer. Trois ans pleins d'amitié intense, de bas et de hauts spectaculaires en amour, de voyages magnifiques, de bouleversements familiaux, de mon premier vrai problème de santé, d'une foultitude de pages de scrap dont je suis assez fière, et surtout d'une profonde évolution personnelle. Trois ans au fil desquels le but de "Le temps n'est rien", puis de "Le rose et le noir" a pas mal évolué. De simple journal extime, mon blog est devenu un moyen partager un peu plus de ma vie avec les gens que j'aime - d'approfondir, maintenir ou recréer des liens avec ceux qui sont tout près de mon coeur mais trop loin de mes yeux. Et le bonus auquel je ne m'attendais absolument pas: il m'a permis de rencontrer Hawk sans qui je n'imagine plus la suite. Merci qui?

Juste merveilleux


vendredi 6 avril 2007

Jusqu'ici tout va bien

...Mais ça irait encore mieux si je n'avais pas passé toute la soirée d'hier à chasser les oeufs de Pâques sur A Cherry On Top au lieu de bosser. Parce que là, j'ai le poignet droit quasi paralysé et une journée et demie de travail à caser dans les deux tiers d'une.

jeudi 5 avril 2007

Au pain (complet) sec et à l'eau


Et voilà, je sors de chez la diététicienne. Verdict de la balance à impédence: 4 kilos de gras et 3 kilos de flotte en trop. Je visais entre moins 6 et moins 8 kilos, donc apparemment j'avais tout bon. Pour le reste, le programme qu'elle m'a fait, c'est très exactement ce qu'on trouve dans tous les magazines féminins qui proposent des régimes à peu près sensés - et ce que je me serais fixé toute seule, à part peut-être que j'aurais été moins précise au niveau des quantités. Néanmoins, faire la démarche d'aller voir une pro, la payer 40 euros la séance et y retourner tous les mois pour un bilan m'incitera à un suivi plus rigoureux.
Ces derniers jours, histoire d'éviter toute tentation, j'avais vidé mon frigo des plats préparés, crèmes au chocolat et autres cochonneries qu'il contenait. En sortant de chez la diététicienne, je suis donc passée chez Carrefour pour faire un plein. Résultat ci-dessus. En plus ça m'a coûté moins cher que mes courses hebdo habituelles. Maintenant, il faut voir l'effet que la privation d'îles flottantes, de chocolat chaud/petits beurres, de tourte australienne et de risotto aux champignons va produire sur mon moral. Et si un mois de vacances aux US ne va pas me couper net dans mon bel élan.

mardi 3 avril 2007

Page tournée, livre fermé

Je viens juste de raccrocher mon téléphone après avoir souhaité une bonne continuation à l'Homme.
Il m'a appelée à 8h30. Evidemment je dormais encore. "T'es une grande malade," m'a-t-il lancé en riant en guise d'entrée en matière. Ca commençait bien. Les lambeaux de mon sommeil interrompu m'ont empêchée de monter immédiatement au créneau. Il m'a dit qu'il venait de trouver mon mail, qu'il était en train de rassembler les affaires que j'avais laissées chez lui et qu'elles seraient devant ma porte cet après-midi. J'ai répondu: "Je te rappelle dans une heure". Et j'ai raccroché.
Dix minutes à me sentir moche, mesquine, radine. Dix minutes à me demander où j'allais bien pouvoir foutre tout ce bordel et ce que j'allais en faire. Dix minutes à m'interroger sur la façon dont je devais réagir. Puis la réponse s'est imposée d'elle-même. J'ai rappelé sans attendre davantage.
Il ne pouvait y avoir qu'une seule issue à notre conversation. Malgré toutes les erreurs que j'ai commises en gérant ma relation avec l'Homme, notre rupture et ses conséquences, je n'ai jamais dévié d'une certaine ligne de conduite. Oui, j'ai caressé des idées de vengeance - vandalisme et dénonciation pour n'en citer que quelques-unes. Mais j'ai toujours su que quelle que soit l'ampleur de ma déception, de mon chagrin, de ma colère, il était des choses auxquelles je ne m'abaisserais pas. Pas par respect pour lui: par respect pour moi. Ca m'aurait peut-être soulagée sur le coup. Mais j'aime assez pouvoir me regarder dans la glace le matin. Me dire que je n'ai pas à rougir de ma conduite, que je n'ai pas laissé mes émotions aussi justifiées soient-elles me faire commettre des actes méprisables. Ne pas traîner de remords irrémédiables, de honte ineffaçable.
J'ai dit à l'Homme: "Ce que je veux vraiment, ce n'est pas récupérer mes affaires. Ce que je veux vraiment, c'est que tu me parles. Que tu m'expliques pourquoi tu t'es conduit comme ça avec moi. Que tu t'excuses de m'avoir traitée sans le minimum de respect dû à quelqu'un avec qui tu avais quand même vécu sept ans. Ca fait presque un an qu'on est séparés et qu'à cause de ton silence, je ne parviens pas à tourner la page."
On est restés au téléphone pendant 50 minutes. Bien sûr il n'est toujours pas très doué pour parler de sentiments, bien sûr il a d'abord cherché à justifier sa conduite en me rappelant mes propres torts qui sont réels. J'ai insisté doucement, en argumentant sans m'énerver. Et il a fini par me dire qu'il était désolé. Que notre histoire avait vraiment compté pour lui. Qu'on avait passé des moments géniaux avant que ça commence à merder. Qu'il avait aussi pas mal souffert pendant les derniers mois avant notre rupture. Qu'il avait laissé traîner parce qu'il n'était pas sûr, qu'il ne savait pas si ça ne pouvait pas redémarrer entre nous. Que pour lui aussi, c'était un échec douloureux.
Et c'était tout ce que j'avais besoin d'entendre pour refermer enfin ce livre-là. Que notre histoire n'avait pas été un mensonge, que je n'avais pas vécu si longtemps à côté d'un parfait étranger, que je n'étais pas si stupide et lui pas si insensible.
J'ai beaucoup pleuré, mais c'était des larmes de soulagement autant que de tristesse. Je faisais enfin le deuil de notre couple défunt depuis presque un an.
Nous avons échangé des nouvelles. Je lui ai dit que j'avais un nouveau copain qui habitait à Bruxelles, que mes parents avaient déménagé à Toulouse, que je m'étais remise au sport, que mon endométriose avait récidivé et que j'angoissais un peu à cause de ça. Il m'a dit qu'il avait été opéré de polypes pré-cancéreux il y a quelques mois, qu'il avait démissionné du poste qu'il occupait à la ligue régionale d'aïkido, qu'il avait (enfin!) pris sa carte d'électeur pour pouvoir voter aux présidentielles.
Nous avons fait la paix. Je suis en paix. J'ai fini par avoir la seule chose que je voulais, la seule chose dont j'avais besoin. Et je l'ai eue sans renier ce que je suis. Le reste, je m'en fous. Ca passera en pertes d'exploitation.

La boulimie d'Angie

J'aime beaucoup Angelina Jolie à la base, mais je viens de lire qu'elle envisage d'adopter un quatrième enfant (ce qui lui en fera donc cinq avec sa fille biologique). Apparemment elle aurait déjà "choisi" une fillette du Soudan et espèrerait la ramener chez elle avant l'été. Même si je ne pense que du bien de son engagement humanitaire et si je trouve très chouette son idée de créer une tribu originaire des quatre coins du monde, j'ai un peu l'impression qu'elle fait l'acquisition de ses mômes comme moi d'une énième robe Cop Copine - vue dans le catalogue et commandée sur un coup de foudre. Si altruistes que soient ses motivations, je trouve ça un peu perturbant.

lundi 2 avril 2007

Trop bonne, trop conne : le proverbe se vérifie une nouvelle fois

Chaque fois que je crois avoir refermé le dossier "l'Homme" - en avoir définitivement fini avec lui et surmonté ma déception -, une nouvelle révélation se charge de me détromper.
Avant-hier, j'ai décidé d'écrire au tribunal d'instance pour expliquer notre cas et, plaidant la mésinformation par un site gouvernemental, demander s'il n'était pas possible d'antidater la rupture de notre PACS ou de prendre toute autre mesure rectificative. Afin d'appuyer ma requête, j'ai envoyé un mail à l'Homme réclamant l'adresse de la page où il avait pêché ses infos erronées. J'ai reçu une réponse curieusement évasive: "Euh je ne me rappelle plus trop mais je vais chercher". Depuis, plus rien.
Gentille et naïve mais pas entubable à l'infini, j'ai procédé à mes propres recherches. Bilan: le site du gouvernement est à jour. Et même s'il ne l'était pas en mai dernier (ce dont je doute), des dizaines d'autres pages web datées de fin 2005 ou début 2006 mentionnent la fameuse mesure qui changeait tout pour nous. Moralité, l'Homme ne s'est même pas donné la peine de se renseigner. C'était la seule chose dont je lui demandais de s'occuper, de manière assez logique puisqu'après tout il était l'instigateur de notre séparation. Et même ça, il n'a pas daigné le faire.
Je viens de lui envoyer un courrier assez froid pour lui demander de quelle façon il comptait me dédommager pour ça et pour toutes les choses que je lui ai laissées par bonté d'âme parce qu'à l'époque, j'ignorais quel enfoiré il était. Je ne me fais pas d'illusions; il va sûrement nier et tenter de me faire croire qu'en réalité tout est ma faute. Mais je veux au moins qu'il sache que je ne suis pas dupe de son petit numéro de type irréprochable et de tous les mensonges qu'il m'a servis.
Je me demande bien quelle est la prochaine surprise qu'il me réserve. Dans six mois ou un an, je vais peut-être apprendre qu'il a eu un enfant caché pendant que nous vivions ensemble, qu'il me trompait avec ma meilleure amie ou qu'il est recherché par le FBI pour escroquerie en série. Allez savoir.
Si quelqu'un d'entre vous a une batte de baseball et une furieuse envie de voir ce qu'elle peut faire à des rotules ou des tibias humains, qu'il m'envoie un mail.

dimanche 1 avril 2007

Régis est un goinfre


[Dans les jours à venir, d'autres aventures de Régis en bédé: "La première sortie en voiture de Régis", "Régis dans un arbre perché" et "Le petit frère de Régis".]