jeudi 30 novembre 2006

"Lily Love Peacock"

"Aujourd'hui, rien n'est plus facile que de passer pour une folle, une originale, une salope, une aventurière, un danger public. Il suffit d'être soi-même, d'être naturelle! Non seulement l'époque ne nous en fait pas voir de toutes les couleurs, mais elle préconise les tons discrets. Le terne pour tous. Et ceux qui détonnent, ceux qui se singularisent sont marqués par le sceau du danger. Comme chez les grenouilles tropicales, les chenilles ou les poissons: couleurs vives = attention poison!"

Comment aurais-je pu ne pas craquer pour une bédé qui commence par ces mots?

[Par contre, en parlant de bédé... Le dernier Thorgal est consternant. Les dessins de Rosinski ne ressemblent plus à rien et Van Hamme se foule de moins en moins pour les scénarios. Ca fait déjà quelques tomes que ça dure - et moi, sentimentale que je suis, je continue à les acheter parce que c'est la série par laquelle je suis vraiment venue à la bédé, et parce que j'étais grave amoureuse du héros à quinze ans. Tss tss.]

mardi 28 novembre 2006

Ma blonde intérieure sème ses affaires aux quatre vents

Laissés volontairement derrière moi à Bruxelles: une robe de vampire rouge et noire, les clés de mon collier à cadenas, quelques emballages de cadeaux et une poignée de Post-It.
Oubliée à Bruxelles: ma brosse à dents.
Oublié à Paris: le reste de ma trousse de toilette. Kicéki va pas pouvoir se maquiller ni se sécher les cheveux pendant les dix prochains jours?

Autre Moi a toujours réponse à tout

Autre Moi: Y'a plein de trucs à faire là-bas: balades, baignades, vélo...
Junior: Pffff, j'aime pas le vélo, ça fait mal au cul.
Armalite: Ouais, et si je dois avoir mal au cul, y'a intérêt à ce que ça soit pour une bonne cause.
Autre Moi: Et ben on t'enlèvera la selle.

Ca s'est passé vendredi soir à Bruxelles

Les protagonistes:
- 1 grand romantique parfaitement attendrissant qui me répète toute la soirée, avec un accent à couper au couteau, "la Belgique t'emmerde". Il ne boit que de l'eau pétillante et refuse qu'on lui serve des glaçons ailleurs que dans son verre. J'aime bien les gens qui sont fidèles à leurs principes, même quand les principes en question me sont totalement étrangers.
- 1 extra-terrestre blonde qui physiquement pourrait être la soeur jumelle de ma meilleure amie, mais qui de caractère ne ressemble à absolument personne (ou en tout cas, personne d'humain). Elle détient, avec son Kamasutra, le prix de l'anecdote la plus hilarante de la soirée, du mois et possiblement de l'année.
- 1 joker entreprenant qui essaie de me soûler avant même d'être sorti du parking de la gare du Midi, et dont la tactique de décapsulage utilisant le mobilier urbain n'est pas sans me rappeler celle d'un ami très cher. Nous n'arriverons jamais au bar où nous devions rejoindre les autres pour prendre un verre avant le resto.
- 1 improbable fiancée au regard qui pétille et au sourire craquant. Comment peut-on être aussi angoissée à l'intérieur et avoir une telle expression de Madone? Faire la queue ensemble dans les toilettes d'un bar gay n'était, je l'espère, que le prélude d'une amitié qui nous verra vivre des situations encore plus délirantes.
- 1 fumeuse insaisissable, la seule vraiment différente de ce que j'imaginais. Liberté de ton et d'esprit, réparties qui font mouche. Peu coûteuse à nourrir, elle se contente d'un quart de pizza et de quelques rondelles d'aubergine en guise de dîner. Mon seul regret de la soirée: que la fatigue et un taux élevé d'alcoolémie me dissuadent de donner suite à l'invitation qu'elle me fait en partant. Ce n'est que partie remise, j'espère.
- 1 arrivant tardif dont je ne dirai rien sinon qu'avec lui, les nuits sont aussi belles que les jours et réciproquement.

Les lieux:
- Le Divino, resto italien sympa/pas cher avec des serveuses bandantes et des toilettes qui se prêteraient bien à consommation immédiate d'amant-qui-vient-juste-d'arriver si d'autres gens ne manifestaient pas l'intention de les utiliser pour leur fonction première. Les gens sont d'un égoïsme...
- Le Belgica, bar hype où les rares hétéros perdus au milieu de la clientèle gay ne sont pas forcément les plus timides.

L'action:
Chaotique et irracontable.

Les photos:
Drôles et impubliables.

lundi 27 novembre 2006

Bilan partiel du week-end


- Ne pas se tenir la main en public
- Ne pas s'embrasser "juste parce que"
- Ne pas se vautrer sur l'autre pendant le film à la télé
- Refuser de me laisser attacher les mains dans le dos
- Refuser de me laisser baîllonner
- Me trouver systématiquement moche sur les photos
- Ne pas tomber amoureuse avant mes 40 ans
...Ca, c'est mort.

dimanche 26 novembre 2006

Et le septième jour, par la force des choses, il se reposa

Armalite: Je sens plus rien. Je crois que mon clito est mort d'épuisement.
(Eclats de rire)
Armalite: Blogable?
Hawk: Blogable.
Hawk: Heure du décès... 9h51.

jeudi 23 novembre 2006

Piercing, suite et fin



...Pour le moment du moins, car:
- en faisant des courses dans l'unique magasin goth de la région cet aprèm, j'ai trouvé des bijoux absolument délirants, entre autre des pointes bicolores rose/orange ou fuchsia/rose clair, donc il n'est pas dit que je ne finisse pas avec une collection dans laquelle piocher pour assortir à mes tenues
- cette nuit on m'a fait découvrir le pocketing, et j'avoue que le principe me séduit pas mal (même après avoir décuvé de la vodka-pamplemousse qui m'a fait accepter vers 5h du matin de partir me fiancer à Prague avec un quasi-inconnu pour la prochaine St-Valentin)

Après "le Belge est un garçon direct", "le Belge est un garçon culotté" (ou pas, parfois)

Baud dit :
tu as emballé tes pulls et tes non-culottes ?
Armalite dit :
je suis en train
Armalite dit :
mais pour l'instant y'a surtout de la lingerie dans mon sac ^^
Armalite dit :
va falloir que je prenne des trucs pour dessus aussi ^^
Baud dit :
là ça flotte - prends un parapluie
Armalite dit :
mais je veux pas qu'il pleuuuuuuuve
Baud dit :
tu nous faxes les billets de Thalys et on vient tous passer le week-end chez toi
Baud dit :
(sauf s'il va pleuvoir chez toi)
Armalite dit :
non seulement vous me squattez mais en plus faut que je vous paye le voyage? lol
Baud dit :
et que tu fournisses gîte et couvert of course
Armalite dit :
tant qu'à faire...
Baud dit :
on dormira tous dans le même lit (vous essaierez d'être discrets)
Armalite dit :
ah j'ai un canapé lit deux places
Baud dit :
vous y serez très bien

mercredi 22 novembre 2006

[Note to self]

Ne plus jamais regarder la photo 59 de mon dossier "2005-05 Japon". Surtout pas à deux heures du matin quand je suis en train de me demander si j'oserai encore aimer un jour. Tout mon mépris intellectuel, toute ma rancoeur sentimentale, toute ma frustration sexuelle n'y peuvent rien: à sa vue, j'ai toujours l'estomac qui se tord.

dimanche 19 novembre 2006

Une soirée à l'Embobineuse

Parce que c'était organisé par un pote de Framboise et parce que ça avait l'air fun dans le genre alternatif, j'ai pris mon courage à deux mains et suis partie hier soir à Marseille - une ville dans laquelle je n'ai jamais réussi à me repérer, à plus forte raison de nuit. Et j'ai bien fait. Premièrement, parce qu'y en a marre de laisser ma stupide absence de sens de l'orientation m'empêcher de sortir dans un rayon de plus de 15 kilomètres autour de chez moi. Deuxièmement, parce que même si on n'est pas restées très tard (l'allaitement ça fatigue et la fumée de clope, ça tue les yeux), ça valait vraiment le déplacement.
D'abord, le lieu. L'Embobineuse, une espèce de cave comme je n'en avais plus fréquenté depuis ma période aixoise, sert de QG à une association de déjantés comme je les aime: des gens qui dynamitent les préjugés sur l'art et la société.
Ensuite, le film que les Dead Sexy Inc. - un duo d'artistes créatifs tous azimuts, essentiellement musiciens mais pas que - a tourné pendant un road trip Los Angeles-New York juste avant la réélection de Georges Bush. Un constat sur les mentalités américaines mêlant leurs clichés de voyage avec des interviews de Monsieur Tout-Le-Monde (non, pas celui-là) et d'artistes underground. Bien foutu, bien réalisé, très intéressant. Une version plus longue devrait sortir dans le commerce d'ici fin janvier; je la pisterai sûrement. En attendant, ça m'a donné envie d'éditer et de monter le film du voyage de mai dernier, et de faire un truc plus abouti durant le prochain.
http://www.myspace.com/thedeadsexyinc
Après ça on a eu droit à un concert de Jive Biquette, musique un peu répétitive mais probablement assez planante à condition d'être sous influence de substances plus ou moins licites. Et puis un "exhibitionniste international" a commencé un numéro qui m'a laissée assez perplexe, mais comme nous sommes parties avant la fin je n'ai pas pu voir où il voulait en venir. Bilan de la soirée: un peu court, mais vraiment bien pour une (re-) première :)

A propos de Ségolène

Ségolène Royal sera donc la candidate officielle du PS aux prochaines élections présidentielles. Outre son absence de programme et ses vues conservatrices sur un certain nombre de sujets qui me tiennent à coeur, ce qui m'embête le plus dans cette histoire, c'est qu'il y a quelques mois, l'Homme m'avait parié qu'elle ne passerait jamais le barrage des éléphants de son parti, que j'avais affirmé le contraire, que j'avais ENCORE raison et que je peux pas faire ma petite danse de la victoire.

samedi 18 novembre 2006

Club de gym, ce que j'avais oublié

- Les filles se matent en douce dans les vestiaires pour vérifier qui a le plus de cellulite
- Les cours collectifs ont des noms ridicules - en l'occurrence: body power, body sculpt, total body conditionning, RPM, aero power, evolu dance, stretch & tone, etc.
- Le coach est systématiquement un bellâtre qui se croit obligé de faire du charme aux clientes, même quand ça crève les yeux qu'il est gay
- Les télés de la salle de muscu sont toujours branchées sur une chaîne câblée qui diffuse des clips de musique djeûne (merci mon Dieu pour l'invention du iPod)
- Les cinq premières minutes de cardio, j'ai l'impression que je vais mourir
- Le nombre de calories brûlées sur chaque machine est absolument ridicule au regard des efforts consentis
- Et malgré tout ça, on se sent vraiment bien à la sortie

vendredi 17 novembre 2006

Aussitôt dit, aussitôt fait

Me voici l'heureuse propriétaire:
- d'un abonnement de six mois dans une salle de fitness
- d'un rendez-vous avec un coach demain à midi pour établir un programme de remise en forme (en forme de fille qui rentre dans du 36, donc)
- d'une grande boîte de Milical au chocolat pour remplacer mes repas du soir - ce qui aura l'avantage de faire moins de cuisine et moins de vaisselle.
Kilos surnuméraires, vos heures sont comptées.

Objectif: BMI 22

J'ai arrêté le sport au printemps 2001. Le médecin appelé en urgence la nuit de Noël précédente, vers 5h du matin, pour cause de lumbago aigu, m'avait dit sévèrement: "A votre âge, vous croyez pas qu'il serait temps d'arrêter les acrobaties?" Exit donc la danse, et peu de temps après, exit l'aïkido parce que ça devenait une source de friction constante (pas du genre que j'aime) entre l'Homme et moi. Depuis... rien à part deux mois de tentatives pathétiques pour courir début 2005. De toute façon, je vivais avec quelqu'un qui ne me regardait pas et d'après mes analyses sanguines, j'étais en parfaite santé, alors pourquoi me contraindre à faire quelque chose dont je ne tirais aucun plaisir? Je savais m'habiller de manière à planquer les zones à problème, et il n'y avait pas de glace en pied chez l'Homme, donc aucun moyen de constater l'ampleur du désastre réel.

Sauf que l'ampleur du désastre réel, je viens juste de me la prendre dans la gueule avec les photos du week-end d'il y a deux semaines. Call me Ms. Moby Dick. C'est simple: on dirait que je suis deux, et cette fois ce n'est pas une allusion à ma personnalité changeante. Or, il se trouve qu'avoir des complexes physiques risque de compromettre assez fort mon, euh, style de vie prévisionnel pour les mois à venir. L'heure d'agir est venue. Ce matin en me levant (si tant est que midi passé soit encore le matin...), la première chose que j'ai faite, c'est appeler la salle-de-sport-du-centre-commercial-à-côté-de-chez-moi pour m'enquérir des horaires. J'y passerai en fin d'après-midi pour m'inscrire et préparer mon programme d'entraînement. Y'a dix kilos de gélatine blanche qui doivent virer d'ici mon prochain anniversaire.

5:55

5:55 AM, c'est très poétique quand c'est chanté par Charlotte Gainsbourg. Mais quand c'est l'heure à laquelle vous êtes réveillée en sursaut par un chat en train de vomir tripes et boyaux sur votre joli canapé Habitat... Not so much.

jeudi 16 novembre 2006

9,5 / 10

Les mots sont sortis de ma bouche tout seuls, sans que j'y aie réfléchi: "Ma vie n'a jamais davantage ressemblé à ce que je voulais qu'elle soit". Mes priorités sont définies depuis un moment déjà: passer du temps avec les gens que j'aime, voyager, créer. Je monte à Paris une fois par mois pour voir mes amis qui vivent là-bas. Je serai à Bruxelles le week-end prochain pour rencontrer des blogueurs avec qui j'ai une amitié virtuelle depuis plus de deux ans. Je passerai Noël à Toulouse avec ma famille, le Nouvel An avec ma bande de globe-trotters. Même dans ma petite ville d'attache, ma vie sociale n'a jamais été aussi animée - "trépidante" serait encore un peu exagéré, mais il y a vraiment du progrès. Les voyages? Un nouveau road trip américain l'an prochain, et peut-être deux semaines au Japon (bonus: avec des gens que j'aime, et en prenant des photos qui seront une occasion de créer - le parfait 3-en-1). J'écris tous les jours. Je brûle de me remettre à scrapper dès que j'aurai mis un peu d'ordre dans ma "to do list". Je remplis des carnets d'idées à concrétiser.
Au-delà de ce que je fais, c'est sans doute la première fois que je me sens vraiment en paix avec ce que je suis, que j'accepte mes paradoxes et ne me sens plus obligée de les dissimuler. J'ai toujours dit que le jugement des autres m'importait peu, et j'ai quand même passé le plus gros de ma vie à brider mes envies par peur d'être rejetée. En partant de chez l'Homme, j'ai l'impression d'avoir laissé derrière moi tous les masques que je m'étais fabriqués, le personnage que je m'étais composé pour essayer de mener une existence dans la norme. Et contrairement à ce que je craignais, mes proches ne sont pas partis en courant. Ils ne comprennent pas forcément ce que je fais, mais ils le respectent et c'est tout ce que je leur demande.
Je suis enfin en accord avec moi-même. Et plus que jamais convaincue que rien ne m'est impossible. Reste maintenant à savoir ce que je veux accomplir. Naviguer à vue, aussi agréable que ce soit, risque de ne pas me satisfaire longtemps. Après 2006 année de la résurrection, 2007 sera sans doute l'année où je me définirai un cap, un grand projet auquel consacrer toute cette belle énergie. Pour l'instant, j'avoue que je suis un peu dans le flou quant à la nature du projet en question. Ecrire un livre? Tentant, mais je n'ai aucun besoin de reconnaissance publique, ce qui risque de me priver d'une motivation capitale. Fonder une famille? Euh on avait dit que j'évitais, pis en plus seule ça risque d'être délicat. Entamer une carrière secondaire parallèlement à mon boulot de traductrice? Idée à creuser - comme l'engagement humanitaire ou l'installation à l'étranger. Pour peu que j'arrive à canaliser mes efforts et à lutter contre ma fâcheuse tendance à la dispersion, rien ne me paraît irréalisable.
Finalement l'Homme m'a rendu un fier service. Mais si je lui envoie des fleurs, il risque de ne pas comprendre... :)

mercredi 15 novembre 2006

Le plan pour le 24 au soir

"Nous disions donc: on va manger des boulettes au fromage nues devant un cuistot chinois chippendale qui cuisine du vomi"

Finalement, je crois que c'est moi qui ai peur :)

mardi 14 novembre 2006

Chronopost saga

Lundi 6: Coup d'interphone vers 9h30. Je ne suis qu'à moitié réveillée et Hawk est en train de me faire un truc assez intéressant. Je grogne "fuck" et ne me lève pas. Plus tard, je trouve dans ma boîte à lettres un avis de passage du facteur m'invitant à venir récupérer un Chrono dans mon bureau de poste habituel. Aujourd'hui, je n'en ai ni le temps ni l'envie. Je verrai plus tard dans la semaine.
Mardi 7: Pas envie de sortir.
Mercredi 8: Idem mardi 7.
Jeudi 9: Pas envie de travailler. J'en profite pour passer à la Poste où, comme raconté dans un message précédent, je vaque à diverses autres occupations et oublie totalement de récupérer le Chrono. Damned.
Vendredi 10: Je suis déjà sortie hier et je remets ça ce soir pour un resto. L'air du dehors, c'est comme toutes les bonnes choses, faut pas en abuser.
Samedi 11: Jour férié. Pas de regret: de toute façon, je me suis levée à midi.
Dimanche 12: Poste fermée.
Lundi 13: Idem mardi 7 et mercredi 8.
Mardi 14: Je déboule triomphante place de la Poste sur le coup de 15h30. Et me retrouve face à un magnifique rideau de fer sur lequel est scotchée une pauvre feuille de papier avec écrit au marqueur noir: "Fermeture exceptionnelle pour cause de grève le 14 novembre".
Quand mon éditrice appellera pour savoir où j'en suis de la relecture des épreuves qu'elle m'a expédiées en urgence il y a près de deux semaines, je devrai donc invoquer comme excuse, au choix: la luxure, la blonditude ou la fainéantise (la mienne et celle des fonctionnaires). J'avoue que dans certaines circonstances, mentir devient une option assez tentante...

lundi 13 novembre 2006

Non, votre navigateur ne voit pas tout à coup la vie en noir

...Je viens juste de passer une grosse heure à rebidouiller mon layout grâce à la nouvelle version de Blogger. Ca a été laborieux et je n'ai pas réussi à faire sauter les barres roses sur les côtés, mais à part ça je suis assez contente du résultat :)

La fatigue physique ne me vaut rien

J'ai pourtant passé un très bon week-end. Vendredi soir je suis allée dîner avec ma vieille copine Fleur. J'avais cessé de l'appeler depuis le premier de l'an où elle m'avait chouiné sur l'épaule une fois de trop - plaquée pour la énième fois par un gars dont elle n'était même pas amoureuse. Je l'ai recroisée totalement par hasard dans un magasin il y a deux semaines, rayonnante, épanouie et enceinte de l'homme de sa vie rencontré il y a six mois. Dans ces conditions-là, je voulais bien retenter un tête-à-tête de quelques heures. Je lui ai donné rendez-vous au resto où j'étais allée déjeuner avec Hawk dimanche dernier. Elle est arrivée un peu après moi; je l'ai attendue dehors, les pieds dans le sable, à regarder les lumières de la presqu'île scintiller au loin et le vent faire frissonner la surface de la mer noire comme de l'encre, en me disant que j'habitais quand même dans une bien belle région où je pouvais encore me balader en T-shirt à manches longues mi-novembre après la tombée de la nuit. La plage était déserte, la jetée aussi. Hawk me manquait.
Le dîner s'est bien passé. Fleur m'a gentiment reproché de ne pas l'avoir appelée après ma rupture avec l'Homme; j'ai répondu que quand j'allais mal, j'étais plutôt du genre à me replier sur moi-même (ou éventuellement à me soûler à la soirée d'aniversaire de la mère d'Autre Moi, mais ceci est une autre histoire que je vais feindre d'avoir oubliée). Elle m'a raconté son histoire avec son copain, l'impression qu'elle n'avait jamais aimé avant. Marrant, je crois me souvenir avoir déjà entendu ça dans sa bouche, plusieurs fois même; mais bon, elle était si heureuse que je ne voulais pas me montrer mesquine. Je lui ai parlé de mon histoire avec Hawk, ai glissé au passage que j'étais bi et que je n'envisageais de me remettre en couple que dans le cadre d'une relation ouverte. Je pensais la choquer, mais en fait pas tellement. On a rigolé du fait qu'elle ne pouvait absolument pas coucher avec quelqu'un sans en être amoureuse, mais qu'elle pouvait être amoureuse de deux personnes en même temps, alors que moi c'est plutôt l'inverse: j'aurais tendance à faire dans la libido polygame et les sentiments monogames. Bref. Je vais tâcher de l'inviter à la maison un soir où sa 8ème merveille du monde sera libre, avant qu'elle devienne trop baleinesque pour monter mes escaliers.
Samedi soir, anniversaire de Framboise dans un resto tahitien situé à l'autre bout de la même plage, et où je n'avais encore jamais mis les pieds. Korrigan a bien fait les choses: elle ne se doute de rien et il a même rameuté ses deux meilleurs potes qui vivent l'un à Marseille, l'autre à Nice. Je trouve ça absolument adorable de sa part. J'ai un peu de mal à me mettre dans le bain au début. On est beaucoup plus nombreux que je ne le pensais; la musique live, très forte, n'arrange pas ma migraine et l'affreux gamin qui braille pas loin de mon oreille droite non plus. Mais la bouffe est délicieuse et Framboise visiblement ravie; bien que n'ayant pas perdu son arrogance habituelle, Astral se montre parfaitement supportable; je suis contente de voir Dav' et de rencontrer sa copine; et l'une des deux danseuses tahitiennes a un profil de reine aztèque qui m'hypnotise totalement - encore plus que les ondulations de ses hanches, c'est dire. Je me maudis d'avoir encore oublié mon appareil photo.
Aujourd'hui, malgré une nuit plus que hachée (dormi de 3 à 6h du matin, puis de 9h à midi), je suis d'une efficacité redoutable dans mon boulot. D'habitude je tâtonne pas mal sur les débuts de bouquin, surtout ceux de la Maudite Série. Là, je pars sur les chapeaux de roue et les phrases coulent toutes seules ou presque. Pourvu que ça dure, parce que j'en ai pour jusqu'à fin janvier... Sur ma lancée, je me décide même à faire un peu de cuisine - pas grand-chose, juste des pâtes avec une sauce tomate aux champignons maison et un crumble aux pommes, mais je n'avais pas encore cuisiné pour moi toute seule depuis que je suis dans cet appart', donc c'est toujours un progrès.
Et puis ce soir, un blanc dans une conversation MSN. "Parle-moi", réclame Hawk. Au lieu de réciter la liste de tout ce que j'ai envie de lui faire - de la bonne pornographie de base qui n'engage pas à grand-chose -, je me surprends à lui avouer que j'ai peur, que j'ai conscience d'être vraisemblablement en train de foncer dans un mur avec lui et que ça ne m'empêchera pas de le faire quand même, mais que je redoute un peu l'impact et surtout l'après. Je ne regarde pas son visage à l'écran; je fixe la nuit dehors et c'est comme si je me parlais à moi-même. Je coupe la connexion tout de suite après, en m'en voulant à mort. Parce que cet instant de faiblesse n'est pas du tout représentatif de mon état d'esprit actuel en général, et aussi parce que je m'étais juré de lui foutre la paix avec ça. Voilà ce qui arrive quand on me répète en boucle "laisse tomber ta putain de carapace", "c'est pas possible d'être aussi insensible", "arrête de jouer les dures", etc. Quand je baisse ma garde, ça ne donne que des moments embarrassants pour tout le monde. C'est bad.