lundi 13 novembre 2006

La fatigue physique ne me vaut rien

J'ai pourtant passé un très bon week-end. Vendredi soir je suis allée dîner avec ma vieille copine Fleur. J'avais cessé de l'appeler depuis le premier de l'an où elle m'avait chouiné sur l'épaule une fois de trop - plaquée pour la énième fois par un gars dont elle n'était même pas amoureuse. Je l'ai recroisée totalement par hasard dans un magasin il y a deux semaines, rayonnante, épanouie et enceinte de l'homme de sa vie rencontré il y a six mois. Dans ces conditions-là, je voulais bien retenter un tête-à-tête de quelques heures. Je lui ai donné rendez-vous au resto où j'étais allée déjeuner avec Hawk dimanche dernier. Elle est arrivée un peu après moi; je l'ai attendue dehors, les pieds dans le sable, à regarder les lumières de la presqu'île scintiller au loin et le vent faire frissonner la surface de la mer noire comme de l'encre, en me disant que j'habitais quand même dans une bien belle région où je pouvais encore me balader en T-shirt à manches longues mi-novembre après la tombée de la nuit. La plage était déserte, la jetée aussi. Hawk me manquait.
Le dîner s'est bien passé. Fleur m'a gentiment reproché de ne pas l'avoir appelée après ma rupture avec l'Homme; j'ai répondu que quand j'allais mal, j'étais plutôt du genre à me replier sur moi-même (ou éventuellement à me soûler à la soirée d'aniversaire de la mère d'Autre Moi, mais ceci est une autre histoire que je vais feindre d'avoir oubliée). Elle m'a raconté son histoire avec son copain, l'impression qu'elle n'avait jamais aimé avant. Marrant, je crois me souvenir avoir déjà entendu ça dans sa bouche, plusieurs fois même; mais bon, elle était si heureuse que je ne voulais pas me montrer mesquine. Je lui ai parlé de mon histoire avec Hawk, ai glissé au passage que j'étais bi et que je n'envisageais de me remettre en couple que dans le cadre d'une relation ouverte. Je pensais la choquer, mais en fait pas tellement. On a rigolé du fait qu'elle ne pouvait absolument pas coucher avec quelqu'un sans en être amoureuse, mais qu'elle pouvait être amoureuse de deux personnes en même temps, alors que moi c'est plutôt l'inverse: j'aurais tendance à faire dans la libido polygame et les sentiments monogames. Bref. Je vais tâcher de l'inviter à la maison un soir où sa 8ème merveille du monde sera libre, avant qu'elle devienne trop baleinesque pour monter mes escaliers.
Samedi soir, anniversaire de Framboise dans un resto tahitien situé à l'autre bout de la même plage, et où je n'avais encore jamais mis les pieds. Korrigan a bien fait les choses: elle ne se doute de rien et il a même rameuté ses deux meilleurs potes qui vivent l'un à Marseille, l'autre à Nice. Je trouve ça absolument adorable de sa part. J'ai un peu de mal à me mettre dans le bain au début. On est beaucoup plus nombreux que je ne le pensais; la musique live, très forte, n'arrange pas ma migraine et l'affreux gamin qui braille pas loin de mon oreille droite non plus. Mais la bouffe est délicieuse et Framboise visiblement ravie; bien que n'ayant pas perdu son arrogance habituelle, Astral se montre parfaitement supportable; je suis contente de voir Dav' et de rencontrer sa copine; et l'une des deux danseuses tahitiennes a un profil de reine aztèque qui m'hypnotise totalement - encore plus que les ondulations de ses hanches, c'est dire. Je me maudis d'avoir encore oublié mon appareil photo.
Aujourd'hui, malgré une nuit plus que hachée (dormi de 3 à 6h du matin, puis de 9h à midi), je suis d'une efficacité redoutable dans mon boulot. D'habitude je tâtonne pas mal sur les débuts de bouquin, surtout ceux de la Maudite Série. Là, je pars sur les chapeaux de roue et les phrases coulent toutes seules ou presque. Pourvu que ça dure, parce que j'en ai pour jusqu'à fin janvier... Sur ma lancée, je me décide même à faire un peu de cuisine - pas grand-chose, juste des pâtes avec une sauce tomate aux champignons maison et un crumble aux pommes, mais je n'avais pas encore cuisiné pour moi toute seule depuis que je suis dans cet appart', donc c'est toujours un progrès.
Et puis ce soir, un blanc dans une conversation MSN. "Parle-moi", réclame Hawk. Au lieu de réciter la liste de tout ce que j'ai envie de lui faire - de la bonne pornographie de base qui n'engage pas à grand-chose -, je me surprends à lui avouer que j'ai peur, que j'ai conscience d'être vraisemblablement en train de foncer dans un mur avec lui et que ça ne m'empêchera pas de le faire quand même, mais que je redoute un peu l'impact et surtout l'après. Je ne regarde pas son visage à l'écran; je fixe la nuit dehors et c'est comme si je me parlais à moi-même. Je coupe la connexion tout de suite après, en m'en voulant à mort. Parce que cet instant de faiblesse n'est pas du tout représentatif de mon état d'esprit actuel en général, et aussi parce que je m'étais juré de lui foutre la paix avec ça. Voilà ce qui arrive quand on me répète en boucle "laisse tomber ta putain de carapace", "c'est pas possible d'être aussi insensible", "arrête de jouer les dures", etc. Quand je baisse ma garde, ça ne donne que des moments embarrassants pour tout le monde. C'est bad.

samedi 11 novembre 2006

Hélas, je crains qu'il ait raison...

Baud dit :
t'es pas encore au resto ?
Armalite dit :
euh il est 18h30
Armalite dit :
on mange pas avec les poules en france ^^
Baud dit :
la belgique t'emmerde !
Baud dit :
on est 10 millions
Baud dit :
je vais faire circuler ta photo
Baud dit :
tu vas voir l'accueil !
Armalite dit :
10 millions de personnes rien que pour moi à la gare du midi?
Armalite dit :
classe ^^
Baud dit :
mailto:all@belgium.be
Baud dit :
10 millions de regards noirs, de commerçants pas aimables, de taxis pas libres, de chambres d'hôtel pourries
Baud dit :
note que si tu viens de france, des commerçants pas aimables, ça va pas te dépayser

Sevrage

Deuxième nuit sans somnifères. Plus ou moins la même chose qu'hier: un temps fou pour m'endormir, plusieurs réveils pendant la nuit, des quintes de toux parce que ma gorge est toujours aussi douloureuse, et ce matin migraine + mal au ventre me signalent l'arrivée imminente de mes règles. Quand je pense que c'est samedi, que c'est la première journée où j'ai absolument rien à foutre depuis des mois et que je voulais en profiter pour aller me balader à Aix pendant qu'il fait encore un peu beau... Au lieu de ça, je vais rester roulée en boule dans mon lit à descendre un Doliprane 1000 toutes les deux heures et à prier le ciel pour une ménopause prématurée. O joie. Et ce soir j'ai encore un resto (le 5ème en dix jours, la semaine prochaine je vais pouvoir me mettre au bouillon clair le soir). Grmlmlmlmlml.

vendredi 10 novembre 2006

Aftermath

Première nuit sans somnifère depuis des mois. J’étais si fatiguée que je pensais m’endormir assez vite. C’était sans compter les images et les émotions qui se succédaient dans ma tête, le texte qui s’écrivait tout seul et réclamait à être couché sur papier. Je l’ai ignoré. Ses implications me faisaient peur. J’ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil, et je n’ai cessé de me réveiller tout au long de la nuit avant de finir par me lever vers onze heures du matin, aussi cassée que d’habitude, avec la dernière phrase de ma confession qui tournait en boucle dans mon esprit comme un mantra : « Et nous mettrons le feu au monde ».

Aujourd’hui j’attaque la traduction d’un nouveau bouquin. Etablir le glossaire demande des efforts de réflexion intenses mais brefs. Arrivée au tiers du boulot que je me suis défini pour la journée, je marque une pause. Dans la lumière limpide de ce début d’après-midi, je décide de me lancer. Je ne me sens pas particulièrement inspirée, et c’est sans doute mieux ainsi : ça m’évitera les débordements lyriques, ces exagérations littéraires auxquelles j’ai parfois la faiblesse de succomber et qui, se réverbérant en moi, accentuent encore mon état d’esprit. Je ne veux pas me faire de cinéma, juste regarder la vérité en face. Même si un accord tacite m’interdit de la partager.

Je ne porte pas de traces visibles du cataclysme de ce week-end. Mais ma gorge me fait toujours mal et mon âme est comme marquée au fer rouge.

jeudi 9 novembre 2006

La conversation MSN du jour

Armalite dit :
en plus en ce moment je baise international lol
Armalite dit :
ou du moins européen ^^
Anne Onym dit :
lol
Anne Onym dit :
dommage ça t'fait pas apprendre d'autres langues ^^
Armalite dit :
ah nan
Armalite dit :
mais keske ça me fait utiliser la mienne ^^

Y'a des priorités dans la vie

Après avoir bossé comme une malade ces derniers jours pour boucler le livre dont j'aurais dû finir la trad le week-end dernier, j'avais décidé de m'accorder un après-midi off et d'en profiter pour expédier quelques corvées, parmi lesquelles:
- Passer à la Poste chercher le Chrono contenant les épreuves du tome 3 de Maudite Série
- Photocopier (enfin!) l'avis d'imposition 2005 et mettre le double dans la boîte aux lettres de l'Homme
- Faire le plein du frigo à Carrefour

Je suis allée à la Poste. La photocopieuse était en panne. J'ai envoyé les trois paquets, la carte postale et les deux lettres qui devaient partir aujourd'hui. J'ai bavardé avec la gentille guichetière que j'aime bien. Et je suis ressortie en oubliant totalement le Chrono.

Puis j'ai rejoint Etre Exquis et une de ses copines dans l'un de nos deux cafés habituels. Où j'ai bu un Coca light (parce que le Coca normal est bourré de calories) et mangé une crêpe crème de marrons/chantilly (pour prendre des forces pour la suite).

Après je me suis dit que tant qu'à être au centre commercial, je pouvais bien faire un peu de shopping parce que ça faisait longtemps que j'avais pas acheté de fringues. Des vraies, celles qu'on peut porter tous les jours pour vaquer à ses occupations (= pas des minijupes à carreaux écossais larges comme une grosse ceinture). Bon OK, le bustier en dentelle noire sur fond satin crème lacé dans le dos ne correspond peut-être pas tout à fait à cette définition. Mais la petite robe en angora violet ajourée de chez Antik Batik sera parfaite seule avec des collants et des boots ou par-dessus un jean avec une ceinture un peu hippie et un T-shirt noir à manches longues dessous. Le T-shirt noir avec une tête de mort en brillants, retenu sur les épaules par des chaînettes et ouvert sur le dessus des manches jusqu'aux coudes sera pile dans le ton si je retourne à Londres un jour où il fait beau (entre le 12 et le 15 juillet, donc). Accessoirement, il ira super bien avec la microjupe mentionnée ci-dessus. Hum. J'ai peur de pas encore bien maîtriser le concept "pratique". Ah mais si mais si. Le manteau militaire style longue gabardine rouge cerise pètera sur tout. Ou presque tout. La robe en voile et dentelle noire très goth m'est trop grande en 38, bizarre. Depuis ma pesée de la semaine dernière, ça m'étonnerait que j'ai perdu beaucoup de poids - nonobstant l'activité physique inaccoutumée que j'ai déployée ce week-end. Et il ne reste de 36 qu'en gris, que je n'aime pas. Tant pis.

Bon ben c'est pas tout ça mais je commence à être chargée et il se fait tard. Je regagne ma voiture.
Oubliant totalement d'acheter à manger.

mardi 7 novembre 2006

Plaisir d'automne


Tremper le biscuit Brossard dans le chocolat chaud juste assez longtemps pour qu'il soit imprégné à coeur, mais pas assez pour qu'il se désagrège dans la tasse - c'est tout un art que je ne maîtrise pas encore à la perfection à en juger les petites éclaboussures sur mon sous-main. Damned, il va falloir que je m'entraîne tous les jours vers 17h... :)

"I will walk through the fire and let it burn"

Ce qui est marrant dans la vie, c’est que rien ne se passe jamais comme prévu. On échafaude des plans, des stratégies, une ligne de conduite. On se prend pour un démiurge capable de contrôler l’environnement matériel et de prévoir les réactions d’autrui. Alors qu’en réalité, on ne maîtrise même pas les siennes.

Le déni est une méthode qui a souvent fonctionné pour moi. Si je feins d’ignorer l’existence d’une chose, si je fais comme s’il ne s’était rien passé, ma vérité intérieure finit généralement par s’accorder à mes apparences extérieures. Oh bien sûr ce n’est pas parfait ; il se trouve toujours quelque résurgence pour crever la surface dans les circonstances où je m’y attends le moins. Mais globalement, ça me permet d’être une adulte fonctionnelle – mieux : équilibrée. Et d’entretenir l’illusion que je peux modeler toute ma vie à la seule force de ma volonté.

Et puis parfois, l’illusion vole en éclats. Pour un film qui touche un nerf à vif et réveille des pulsions dont je me croyais débarrassée. Pour un geste qui ouvre une porte dont j’ignorais jusqu’à l’existence, et après lequel une étrangère me rend mon regard dans le miroir. Pour une présence face à laquelle je suis comme un papillon devant une flamme : je sais que je vais m’y brûler, mais c’est plus fort que moi – ma nature me pousse à l’immolation.

Le bonheur et la souffrance ne sont jamais que les deux faces d’une même médaille. Je n’existe pas dans la tiédeur médiane, mais dans ces extrêmes dont on dit à juste titre qu’ils finissent toujours par se rejoindre, cette zone où le plaisir et la douleur se confondent et se mettent mutuellement en relief. Je n’ai pas l’intention de lutter, juste de me laisser traverser par le soleil et le vent glacial. Irradiée par l’un, transpercée par l’autre – quelle différence, dans le fond ? C’est toujours une preuve que je suis en vie et debout.

mercredi 1 novembre 2006

T'façon je bois que du thé

Comme d'habitude les jours fériés, Carrefour est blindé de monde. Je choisis une caisse au hasard, en me demandant ce que je vais bien pouvoir faire pour m'occuper pendant l'attente. Envoyer des texto? Commencer à boulotter les chouquettes que je ne suis même pas censée acheter? Mon regard se pose sur un môme de 3 ou 4 ans qui se contorsionne devant mon chariot. Sa mère m'adresse un sourire radieux. A peu près mon âge. Mignonne sans être belle. Cheveux teints au henné, raie au milieu, pas de maquillage, une tunique près du corps avec de jolies broderies sur les manches, un pantalon en toile kaki rentré dans des bottes en daim noir plates. Je jette un coup d'oeil au reste de la famille: une blondinette de 5 ou 6 ans et un type ni très grand ni très costaud, le bas du visage un peu mou, mal rasé et le cheveu en bataille, mais avec l'oeil qui pétille et un chouette sourire. Je les observe en attendant mon tour. Les enfants chahutent sans faire trop de bordel, les parents gardent un oeil dessus tout en bavardant et en riant entre eux. Ils portent tous le même genre de pantalon, avec juste de petites variations dans la couleur ou la distribution des poches. Un clan, c'est le mot qui me vient à l'esprit: ils forment un clan. La version bobo de la famille Ricoré.
Et je les envie.
Bien sûr je sais que leur vie ne ressemble pas toujours à ce tableau idyllique, qu'il doit leur arriver d'être crevés ou juste de mauvais poil, de se disputer et de se faire du mal. Mais par moments je donnerais cher pour éprouver moi aussi ce sentiment d'appartenance. Savoir qu'il y a un homme sur qui je peux m'appuyer quand parfois le chemin devient trop accidenté - des petites personnes que j'ai fabriquées et auxquelles je tente de transmettre ce que j'ai de meilleur - une structure et des enjeux plus grands que moi.
Je suis incapable de construire quoi que ce soit. Incapable de placer cette confiance-là dans quelqu'un, de me lier à lui de manière aussi irréversible. Incapable de prendre la responsabilité d'une ou plusieurs vies que j'aurais créées moi-même. Et en même temps... Ca me fait mal de l'admettre, mais il y a en moi, bien cachée tout au fond, une midinette qui n'espère qu'une chose: l'amour fou qui la fera changer d'avis.
Cette midinette doit mourir. Je la noierai dans l'alcool, je l'overdoserai à la coke, je l'étoufferai avec le foutre de mecs pas faits pour moi. Je la brûlerai, je la transpercerai, je la déchiquetterai. Et jamais elle ne remontera à la surface.

Les jolis graphiques de Quicken

Je viens de prendre mes avant-derniers billets de train de l'année (pour monter à Paris voir deux concerts en décembre*). En 2006, mes déplacements en train ou avion à l'intérieur du pays m'auront coûté pas loin de 2000 euros. A ce tarif-là, ça vaudrait presque le coup de déménager...
Accessoirement, durant la même période j'ai dépensé à peu près trois ou quatre fois cette somme en fringues, chaussures et accessoires divers, tout ça pour passer la plupart de mes journées en pyjama et pieds nus. Cherchez l'erreur.

*A ce propos: Autre Moi, Junior, si vous me lisez - me faire des bisous pour me persuader d'aller voir Christina Aguilera à Bercy avec vous, ça devrait être interdit par la Convention de Genève!!!

mardi 31 octobre 2006

Halloween solitaire et morose


C'est très bizarre de me retrouver seule chez moi le soir d'Halloween. J'avais pris l'habitude d'avoir, à cette date-là, mon chéri et ma tribu autour de moi. Et puis après le toujours très déprimant passage à l'heure d'hiver ce week-end, le temps s'est brusquement gâté aujourd'hui; on a dû perdre dix degrés d'un coup et il pleut à verse depuis ce matin. Petit coup de mou dans le moral, donc, mais rien qui ne devrait s'arranger vendredi aux alentours de 15h30 :)

Je hais l'administration française

Monpatelin, le 25 octobre 2005
Madame, monsieur,

Je reçois ce jour un avis d’imposition au titre de la taxe professionnelle 2005.
Or en tant que traductrice littéraire affiliée à l’AGESSA et relevant du régime des artistes-auteurs, il se trouve que je suis exemptée du paiement de cet impôt.
J’avais déjà fait valoir ce droit auprès de mon ancien CDI de Lavilledàcôté en 2002, comme en témoigne l’avis de dégrèvement ci-joint.
Merci de le prendre en compte pour les années à venir.
Armalite
***
Monpatelin, le 17 février 2006
Madame, monsieur,

Ci-dessus copie de la lettre que je vous ai envoyée le 25 octobre dernier lorsque vous m’avez réclamé une première fois la taxe professionnelle dont je ne suis pas redevable. Ayant reçu aujourd’hui une lettre de rappel, je vous prie de bien vouloir prendre ma situation en compte afin d’éviter des réclamations supplémentaires.
Cordialement,
Armalite
***
Monpatelin, le 31 octobre 2006
Madame, monsieur,

J’ai reçu aujourd’hui un avis d’imposition au titre de la taxe professionnelle 2006.
Malgré les nombreux courriers que je vous ai déjà envoyés et dont vous trouverez la copie ci-joint, vous continuez à me réclamer une taxe dont je ne suis pas redevable. Je vous saurais gré de prendre les mesures nécessaires pour éviter que cela se reproduise. Si vous avez besoin d’un quelconque justificatif (autre que celui que je vous ai déjà adressé en février de cette année), de grâce, demandez-le-moi et finissons-en une bonne fois pour toutes. Ces vains échanges de courrier sont une perte de temps pour tout le monde.
De moins en moins cordialement,
Armalite

dimanche 29 octobre 2006

Je me lâche aussi au boulot

L'original:
- What have you heard from your dick?
- I don't have a dick. Not even Edward's anymore.
- I believe dick is slang for detective, silly girl.

Ma trad:
- Des nouvelles de ton limier?
- Plus personne ne me lime, tu le sais très bien. Pas même Edward.
- "Limier", c'est de l'argot pour "détective", andouille.

Et ça dans une collection pour midinettes modernes. Je suis curieuse de voir si l'éditeur va laisser passer...

Piercing, the day after

Ma lèvre inférieure a doublé de volume; on dirait celle d'Angelina Jolie. Faut que je me fasse piercer où pour récupérer aussi ses jambes?

samedi 28 octobre 2006

First it was knowledge, then harmony, and now truth

Chose promise à moi-même, chose due.

J'y pensais depuis plusieurs semaines. J'avais envie d'un signe extérieur très visible pour symboliser que j'avais changé, que cette année 2006 avait fait de moi une autre personne. J'avais déjà deux tatouages: une licorne sur mon épaule gauche, faite pour mes 25 ans et censée représenter ma période jeux de rôles/mythologique celtique/mariage avec un Breton intégriste/recherche de connaissance + un kanji sur la hanche droite, fait vers 28 ans et censé représenter ma période arts martiaux/Japon/Pacs avec un self-proclaimed modern samouraï/recherche d'harmonie. Je voulais marquer dans ma chair le début d'une nouvelle ère de ma vie, dont tout ce que je sais pour le moment c'est qu'elle sera consacrée à la recherche de vérité - la mienne et celle des autres.

J'ai un peu repoussé le passage à l'acte sous prétexte de pas le temps. En réalité, je mourais de trouille comme chaque fois que je m'attends à souffrir physiquement. Cet après-midi, enfin, je me suis décidée. J'avais l'estomac noué et tout le corps baigné de sueur froide, même s'il paraît qu'extérieurement je suis restée très calme jusqu'au moment d'entrer dans la cabine avec la pierceuse. Elle était super craquante, un petit air de Shane dans "The L Word" mais en plus féminin et avec une voix très rassurante. N'empêche que. D'abord, elle m'a fait allonger - une position que je déteste car je m'y sens vulnérable. Ensuite, comme je lui demandais de m'expliquer la procédure en détail pour savoir ce qui se passait à défaut de pouvoir le contrôler, elle m'a dit qu'elle allait piercer à la main. Pas avec un pistolet à air comprimé où quand on sent la douleur, c'est déjà fini. Non, elle allait piquer manuellement, sans anesthésie locale of course, et ça prendrait plusieurs secondes. Là, franchement, j'ai été à deux doigts de m'enfuir comme la mauviette que je suis. Mais j'en avais vraiment envie, de ce piercing. Symboliquement et à plus d'un titre. J'ai vidé mes poumons et braqué mon regard sur le plafond. Elle s'est mise à préparer son aiguille en me donnant les consignes d'hygiène de rigueur. J'écoutais d'une oreille plus que distraite quand une bribe de phrase m'est parvenue aux oreilles:

- ...Et pas de rapport bucco-bucal ni bucco-génital pendant quinze jours.

J'ai sursauté.

- Hein? Je peux ni embrasser ni sucer pendant deux semaines?

Ca l'a fait rire. Tant mieux pour elle; moi, je commençais sérieusement à regretter de m'être embarquée là-dedans. Pendant que j'hésitais, elle a pivoté vers moi avec son aiguille à la main. Trop tard pour reculer. J'ai fait le vide dans ma tête.

Morsure aigue dans la chair tendre à l'intérieur de ma lèvre. Sensation d'un corps étranger qui traverse et peine à ressortir de l'autre côté. Traction de la butée de la tige avant que l'aiguille se dégage en la laissant derrière elle. Brûlure qui se propage pendant que la fille appuie pour visser la boule au bout.

- Ca va?

- Oui, ça va.

Je me suis redressée et regardée dans le miroir. J'ai eu un sourire bêtement fier. Je me suis souvenue d'une citation de Roosevelt que j'avais traduite le matin même: "There is nothing to fear but fear itself". Et je suis sortie de là en me sentant quasiment invincible.

J'ai déjà choisi le bijou définitif par lequel je remplacerai la petite boule dans un mois. Ce sera une pointe en titane noire au message éloquent: keep away from me.

Pan dans la g...

Au détour d'une conversation anodine et rigolote comme j'en ai régulièrement avec Jailbait, cette phrase inattendue que j'ai reçue comme une gifle: "De toute façon, c'est pas possible de tomber amoureux de toi avec ta putain de carapace et la façon dont tu joues les dures tout le temps".

Alors bon, j'ai pas spécialement envie que quelqu'un tombe amoureux de moi en ce moment. Mais... Et si c'était la raison pour laquelle mes histoires ont toujours foiré? Parce que je suis incapable de m'ouvrir complètement, de baisser ma garde pour me laisser approcher dans ce que j'ai de plus intime? Parce que je me sens toujours obligée de faire comme si les choses et les gens n'avaient pas le pouvoir de me toucher? Ca fait déjà deux ou trois ans que j'essaie de corriger le tir. Autre Moi, Kris et Junior ont eu droit à un sauf-conduit - ils sont tout près de mon coeur. Comme Jean-Claude et Brigitte. Mais je ne suis pas en couple avec eux. Etre Exquis a aussi eu droit à un sauf-conduit... des années après que je l'aie quitté. Je réalise d'un coup que même mariée, j'ai passé mon temps à me protéger, à ne pas livrer une certaine partie de moi. Et que l'instinct de survie qui m'a toujours permis de si bien rebondir après les coups durs est peut-être la raison même qui les a provoqués.

Une fois de plus, l'éternelle question revient à la charge. Serais-je une autre personne si j'étais partie en vacances avec mes parents le Noël de mes seize ans? Un unique événement, si traumatisant qu'il soit, peut-il être tenu responsable du trait dominant de ma personnalité - cette foutue incapacité à m'engager? Dois-je le laisser déterminer le reste de ma vie ou essayer d'en finir avec lui une bonne fois pour toutes, comme me l'a suggéré Hawk? Je n'ai pas envie d'y penser en ce moment. Ce n'est pas nécessaire puisque je ne veux pas me remettre en couple. Oui mais si je n'avais pas cette peur viscérale de me faire envahir/anéantir par quelqu'un que j'aime, je serais peut-être très contente de tomber amoureuse et de me mettre à pondre des Mini-Moi...

vendredi 27 octobre 2006

Questionnaire débile - ça faisait longtemps

1) Attrapez le livre le plus proche, allez à la page 18 et écrivez la 4ème ligne :
Les fayots de midi, ce sont ses doigts de pied.
2) Sans vérifier, quelle heure est-il ?
20h35
3) Vérifiez :
20h35 (mais j'ai triché car Kaamelott est sur le point de commencer donc il est forcément cette heure-là)
4) Que portez-vous ?
Un Levis délavé moulant, un top tunique violet fermé par plein de boutons minuscules sur le devant, une améthyste en goutte d'eau sur une chaîne en or ras le cou.
5) Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?
Les fringues que je viens d'acheter en secouant la tête d'un air incrédule.
6) Quel bruit entendez-vous à part celui de l’ordinateur ?
Les voix des acteurs de Kaamelott. Juste avant, un album de Leonard Cohen dans la voiture.
7) Quand êtes-vous sortie la dernière fois, qu’avez-vous fait ?
Un tour au centre commercial le plus proche pour acheter des bas qui tiennent tout seuls, des sous-vêtements, une jupe ridiculement petite, un pull mignon comme tout, du vin et deux-trois babioles qui manquaient dans mon frigo. Je n'étais pas sortie de chez moi depuis quatre jours.
8) Avez-vous rêvé cette nuit ?
Non. C'est la première fois depuis très longtemps. J'ai dormi onze heures d'affilée d'un sommeil de plomb.
9) Quand avez-vous ri la dernière fois ?
Ce matin sur MSN, mais je ne me rappelle plus pourquoi car pour une fois je n'ai pas enregistré la conversation.
10) Qu’y a t’il sur les murs de la pièce où vous êtes ?
De la peinture beige, une grande aquarelle, une trio de deux petites aquarelles et une petite huile, une étagère murale contenant des fées en bocal et des mini-Blythe, une horloge Ikea.
11) Si vous deveniez multimillionnaire dans la nuit, quelle est la première chose que vous achèteriez ?
Un duplex dans le XIème arrondissement de Paris.
12) Quel est le dernier film que vous ayez vu ?
"Goodbye Lenin" en DVD. J'ai été un peu déçue.
13) Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?
Un mail quasiment poli de mon ex.
14) Que pensez-vous de ce questionnaire ?
Il m'a empêchée de suivre correctement les épisodes de Kaamelott de ce soir, tss tss.
15) Dites-nous quelque chose de vous que ne savons pas encore :
J'ai enregistré un 45 tours quand j'étais en CM2.
16) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était une fille ?
Astrid. Ou Alice. Ou Zoé. Ou Eloïse. Ou Tiphaine.
17) Quel serait le prénom de votre enfant si c’était un garçon ?
Matthias. (Ou McGyver vu que j'ai un stérilet et que je baise uniquement avec des capotes.)
18) Avez-vous déjà pensé à vivre à l’étranger ?
J'ai vécu un an en Pennsylvanie. Je passerais bien un an ou deux à San Francisco ou à Tokyo.
19) Que voudriez-vous que Dieu vous dise lorsque vous franchirez les portes du paradis ?
Tu ne t'en es pas si mal tirée finalement.
20) Si vous pouviez changer quelque chose dans le monde en dehors de la culpabilité et la politique, que changeriez-vous ?
Je repeindrais le ciel en rose. J'aime pas le bleu.
21) Aimez-vous danser ?
Yessssssssss.
22) Georges Bush ?
...Me donne des pulsions violentes, moi qui suis normalement une douce agnelle.
23) Quelle est la dernière chose que vous ayez regardée à la télévision ?
Je suis en train de regarder NCIS saison 3 sur M6.
24) Quelles sont les 4 personnes qui doivent prendre le relais sur leur blog ?
Qui veut, je suis pas le chef de vous.

lundi 23 octobre 2006

Tenir et résister

Quatre ans et demi. Il faut juste que je tienne quatre ans et demi sans tomber amoureuse.
C’est pas très long, quatre ans et demi. Il ne s’est pas passé grand-chose dans ma vie depuis mars 2002. J’ai juste acheté un appartement, rencontré les VIP, fait cinq grands voyages, arrêté de fumer et rompu avec le soi-disant homme de ma vie. Une paille.
53 mois. Environ 230 semaines à occuper autrement. En investissant toute mon énergie dans mon boulot et mes activités personnelles. En canalisant mes sentiments vers ma famille et mes amis. Je peux le faire, je peux le faire, je peux le faire.
Les probabilités et mon tempérament passionné jouent contre moi. Je le sais. C’est pourquoi mon règlement intérieur sera scrupuleusement appliqué dans les moindres détails. Oui, j’ai et je continuerai à avoir des aventures – j’ai même l’intention d’en profiter beaucoup plus que je ne l’ai fait jusque là. Mais je créerai et entretiendrai une distance infranchissable entre moi et mes partenaires.
Pour les quatre ans et demi à venir, je ne fais pas l’amour : je baise. Je n’embrasse pas sorti d’un pieu. Je dors seule. Je ne m’attendris pas, et je m’attache encore moins. Personne ne me prend dans ses bras quand je vais mal, et personne ne me donne de petit surnom affectueux. Je n’intègre personne dans mon quotidien. Je suis une île, et je me fous que d’après Donne, aucun homme ne puisse en être une – je ne me sens anatomiquement pas concernée.
Parce que je sais comment je suis quand je m’abaisse à tomber amoureuse. Je reste obsédée pendant trois ans par un garçon avec qui je suis sortie deux mois. Je me marie alors que je suis contre le mariage. Je vais m’installer sur un autre continent pour être avec quelqu’un que je connais à peine. Je me pacse avec un type dont tout le monde a conscience qu’il n’est pas fait pour moi, sauf moi. Et là… Ça me fait mal de l’admettre, mais j’entends comme un léger tic-tac en bruit de fond.
Ne pas commettre l’irréparable. Tenir jusqu’à 40 ans. L’homme que je cherche n’existe pas. Je dois absolument résister à la tentation de le voir là où il n’est pas.

dimanche 22 octobre 2006

Playlist 18-22 oct 2006

Pour se réveiller le matin et s'endormir le soir, parce que son mood est pile le mien en ce moment: "First we take Manhattan", de Leonard Cohen.

Pour un dîner qui n'a pas du tout tourné comme prévu et c'est très bien ainsi: "Just good friends" de Fish.

Parce que le titre et la musique de ce morceau correspondent très très exactement au feeling qui m'a portée jeudi de 15h50 jusqu'aux alentours de 23h: "Glorious" d'Andreas Johnson.

Comme bande-son à message d'un repas au resto qui s'éternise quand on ne rêve que d'être ailleurs en train de faire autre chose: "A little less conversation" d'Elvis Presley.

Pour un lit dévasté et mon regard le plus noir dans le miroir: "Beyond my control" de Mylène Farmer.

Pour le meilleur resto du monde, sa carte délicieusement poétique, sa cuisine qui ravit les papilles et les gens exquis avec qui j'y suis allée manger: "Magnolias for ever" de Claude François (à cause du titre et pas de la façon dont l'interprète serait mort en réalité - je te vois venir d'ici Autre Moi!!!)

En guise d'hymne du prochain road trip de notre quatuor de globe-trotters: "This is us" de Mark Knopfler et Emmylou Harris

En musique de fond d'une conversation avec Autre Moi très tard dans la nuit: "Quelqu'un de bien" d'Enzo Enzo.

Pour l'amitié insensée que j'ai pour mes VIP: "Nothing else matters" de Metallica.

Pour le minuscule pincement au coeur dans le TGV du retour quand j'ai réalisé que c'était aujourd'hui que l'Homme fêtait ses 40 ans avec sa nouvelle copine et nos amis communs: "Au charme non plus" de Vanessa Paradis.

Parce que ça fait toujours râler de rencontrer une bonne personne à un mauvais moment: "Ironic" d'Alanis Morrissette.

Pour les photos et la vidéo que je ne veux pas voir: "Paraffin" de Ruby.

Pour résumer cette fin de semaine chamboulante et magnifique: "It's my life" de Bon Jovi.

...Et pour les questions qui se posent maintenant: "Under the gun" de Sisters of Mercy.

samedi 21 octobre 2006

Mes amis me connaissent un peu trop bien

Ma copine Brigitte à son mari qui émerge à peine de la chambre conjugale: Notre petite Armalite a passé une nuit torride!
Jean-Claude, le regard vitreux et l'esprit en pilotage automatique: Avec quoi?