mercredi 13 septembre 2006

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais mieux.
J'ai fait une petite rechute ce week-end en apprenant que l'Homme organisait un truc pour ses 40 ans le mois prochain - alors qu'il ne fête jamais ses anniversaires d'habitude, et que ça faisait deux ans que je prévoyais une grosse soirée surprise avec tous ses amis. Finalement, il célèbrera sa nouvelle décennie sans moi, et en profitera sans doute pour présenter ma remplaçante à son entourage. Pincement au coeur, donc.
Mais ça n'a pas duré. Je suis de nouveau assez lucide et assez calme pour me rendre compte que la seule chose à faire au sujet de l'Homme, c'est laisser filer. Je ne peux rien changer à ce qui s'est passé ces sept dernières années, et je ne peux rien changer à ce qu'il va choisir de faire maintenant. Je peux continuer à me vautrer dans la rancune et l'auto-apitoiement, mais ça ne servirait qu'à retourner le couteau dans la plaie, et je suis tout sauf maso. Donc.... Je tourne la page.
Bien sûr, je sais que j'aurai encore des réminiscences, des bouffées de souvenirs, des relents de chagrin qui remonteront à la surface au moment où je m'y attendrai le moins. Tant pis. C'est le prix à payer pour avoir aimé et perdu (selon un écrivain anglais dont j'ai oublié le nom, la deuxième meilleure chose au monde après avoir aimé et gagné). Ca prouve que j'ai mis tout mon coeur dans quelque chose - ce qui ne signifie pas que je suis un sous-être humain, mais juste une personne faillible (surprise...) qui a fait un mauvais choix à un moment donné. A défaut d'autre chose, ça m'aura enseigné l'humilité qui me manquait sûrement en matière de relations amoureuses.

lundi 11 septembre 2006

Ma drogue du moment

La saison 2 de "Veronica Mars". Merci mon Dieu-en-lequel-je-ne-crois-toujours-pas pour les DVD. Y'a rien de tel pour se mobiliser l'esprit que de s'enfiler 22 épisodes d'une heure en quatre ou cinq jours. Et de savoir que la saison 2 de "Dead like me" est juste derrière, en attendant de recevoir la 3 de "The L word" et la 6 de "Gilmore girls". Si c'est une série avec une héroïne sarcastique (j'allais écrire "à la langue bien pendue"...), cherchez pas, c'est pour moi.

dimanche 10 septembre 2006

Victoire(s)!

Mon dimanche aura été productif. En plus d'avoir potentiellement embarrassé mon ex devant ses amis, j'ai réussi à installer mon imprimante (avec alignement des têtes d'impression et tout le tintouin) et à arracher une semaine de délai à mon éditeur pour le bouquin sur lequel je planche actuellement. Oh, et j'ai scrappé les photos d'Old Faithful qui ne m'inspiraient pas plus que ça jusqu'ici, pour un résultat au final assez plaisant.

Les enfants ont le chic pour poser les questions qui tuent

Après Attila qui m'a demandé, pendant mon séjour à Toulouse: "Pourquoi l'Homme y t'aime plus?", c'est Choupi qui, ce midi, a voulu savoir pourquoi j'étais passée déjeuner chez ses parents mais ne restais pas à son goûter d'anniversaire l'après-midi. "Parce que je veux pas voir Parrain", ai-je répondu. "Et pourquoi tu veux pas voir Parrain?" a-t-elle enchaîné (car cette petite a de la suite dans les idées). "T'as qu'à lui poser la question quand il arrivera". J'espère qu'elle l'a fait devant tout le monde, et qu'il a ramé un max pour trouver une explication.

samedi 9 septembre 2006

Une visite à la maternité

Ce midi, je suis passée à la maternité pour la troisième fois de ma vie seulement. Et sans y avoir été traînée par personne. Si si. La copine de Korrigan, mon pote d'adolescence, a accouché d'une petite Lune avant-hier. Korrigan bossait aujourd'hui et comme ils viennent juste d'arriver dans la région, Framboise ne connaît encore personne. Je me suis dit que ça lui ferait plaisir d'avoir une visite autre que celles de la famille, d'autant qu'on avait bien accroché la seule fois où on s'est rencontrées, le mois dernier.
Résultat: j'ai écouté une fille qui au premier abord me ressemble énormément (parcours sentimental et professionnel accidenté, nombreuses similitudes de caractère) m'expliquer comment elle avait soudain eu envie d'un bébé après avoir refusé la maternité toute sa vie, me dire que la naissance de sa fille était un bonheur inégalable et sous-entendre que moi aussi, un jour... Je n'ai pas eu envie de discuter, pas eu envie de répliquer que ce qui était valable pour elle ne le serait pas nécessairement pour moi. Je me suis contentée d'avouer que pour l'instant, j'étais incapable de faire confiance à qui que ce soit, incapable d'envisager de nouveau un "jusqu'à ce que la mort nous sépare". L'astinence c'est pas pour moi, OK, et je retomberai sûrement encore amoureuse connaissant ma facilité à m'emballer. Mais pour le reste... Je me sens vraiment vaccinée. Même si j'adorerais me tromper.
PS: Pendant ce temps, Cahouète tarde à faire son apparition...

Perdu/pas perdu

Je ne peux plus boire de thé blanc sans penser à notre voyage au Japon, ni passer par le rond-point du cimetière sans être affreusement tentée de pousser jusque chez lui pour voir s'il n'y a pas une Clio gris métallisé garée devant la maison.
Je ne retournerai jamais manger au Fenouillet qui était "notre" resto d'amoureux (adieu ma salade de rattes tièdes au foie gras et son jus de truffes!).
Je ne pourrai pas revoir "Space cowboys". Ni aucun autre film de Clint Eastwood, mais y'a que pour celui-là que ça m'ennuie.
Je zappe chaque fois qu'i-Tunes tombe, en mode aléatoire, sur "Confidentiel", "Pas toi" ou "Reprendre c'est voler". A cause de lui, j'ai paumé une bonne partie du répertoire de Goldman. (En échange, j'ai gagné l'impression qu'Alanis Morrissette a écrit "You oughta know" pour moi. J'ai pas le sentiment d'avoir fait une affaire sur ce coup-là.)
Je ne crois plus qu'il y aura un "homme de ma vie", ni que mettre tout son coeur et toute sa bonne volonté dans une relation suffise à la faire fonctionner.
Je sais maintenant que sacrifier mes ambitions professionnelles et personnelles au nom de l'amour n'était pas une bonne décision, et si je pouvais revenir en arrière je ne le ferais pas - ou en tout cas, pas pour lui.

Mais

Avec ou sans lui, Kaamelott me fait toujours autant rire.
Christine et Christophe sont encore mes amis - ils ne se contentaient donc pas de me tolérer parce que je vivais avec leur meilleur pote.
Ma passion pour la culture japonaise a survécu intacte au naufrage, et je retournerai sûrement à Tokyo un jour.
J'ai bien retenu la leçon: la prochaine fois, j'écouterai mon instinct. Et plus jamais jamais je ne sortirai avec quelqu'un qui ne sait ni faire une règle de trois ni utiliser le subjonctif. Ou qui non content de ne posséder aucune empathie ne connaît même pas la signification de ce mot.

jeudi 7 septembre 2006

Exit sorrow, enter morrow

Eu confirmation aujourd'hui de la crapauditude et du fauxjetonnisme absolus de l'Homme. Ce qui devrait achever de me consterner, mais non. Je suis au-delà de la consternation. Soulagée de me rendre compte que sur ce coup-là, je n'étais pas juste parano, que d'autres gens sont parvenus aux mêmes conclusions que moi et que décidément, c'est une bonne chose que cette histoire soit terminée car j'ai déjà perdu bien assez de temps avec ce triste individu. Pas un vrai méchant: juste un frustré, un lâche et un menteur. Des petites faiblesses que la plupart d'entre nous manifestent un jour mais qui additionnées et répétées constamment, sans la moindre remise en question, donnent un pur handicapé de l'affect. Il ne mérite même pas que je le haïsse, juste que je le méprise et que je l'oublie.

Dieu sait que je ne suis pas un modèle de droiture. J'ai fait quelques trucs assez moches dans ma vie (les pires, inspirés par lui). Mais je suis incapable de mener mes proches en bateau, de faire semblant d'être quelqu'un d'autre que moi. Bien sûr que je pourrais jouer un rôle: je l'ai fait pendant des années autour d'une table, d'une façon plutôt crédible je crois. Je le fais encore dans la vie de tous les jours quand je joue à l'adulte compétente et autoritaire. Mais je ne vois pas à quoi ça me servirait avec ma famille et mes amis. Si je ne peux pas admettre mes failles devant eux, pleurer sans avoir (trop) honte de moi, dire "putain là je morfle un maximum soutenez-moi", quel intérêt? Le prix d'avoir une image parfaite, c'est que la personne à laquelle les gens finissent par s'attacher n'existe pas réellement. Et je préfère cent fois être aimée pour ce que je suis qu'admirée pour ce que je ne serai jamais.

lundi 4 septembre 2006

Personne

Tout à l'heure en remplissant la page de garde de mon nouvel agenda, j'ai réalisé que je n'avais plus aucun nom à indiquer dans la rubrique "personne à prévenir en cas d'urgence". Dans moins de trois semaines, tous les gens pour qui je compte vraiment se trouveront au minimum à 500 km de moi. Je voulais être seule? Comme quoi, il faut toujours se méfier des voeux qu'on fait: on ne sait jamais, ils pourraient être exaucés.

Tout à l'heure j'ai failli arracher la tête de mon généraliste quand il m'a fait remarquer que ça n'avait pas l'air d'aller et a demandé s'il pouvait faire quelque chose pour moi. Les larmes me sont montées aux yeux tout de suite et ça m'a foutue en colère. Je lui ai répondu super sèchement que c'était personnel et que non, il ne pouvait rien pour moi. Puis il a eu le malheur de suggérer que ça serait sans doute une bonne idée d'arrêter les somnifères. Et là, je me suis carrément mise à hurler. Que j'avais des problèmes d'insomnie depuis vingt ans, que j'avais tout essayé pour y remédier, que je ne pouvais tout simplement pas m'endormir sans mes cachets et que bossant à mon compte, il fallait que j'aie l'esprit un minimum clair dans la journée pour être capable de fonctionner. Et je me suis retenue d'ajouter: parce que vous voyez, je ne peux compter sur personne d'autre. Si je trébuche, si je tombe, il n'y aura pas de main secourable pour me relever. Si je passe mes journées à pleurer, si j'ai cessé de manger depuis une semaine, si je fais des cauchemars même sous somnifères, si j'ai envie de me taper la tête contre les murs, de prendre un couteau et de m'entailler les bras pour que la douleur physique me fasse oublier la douleur morale, personne ne le verra. Personne ne me sauvera. Je ne peux compter que sur moi-même, et moi-même, c'est rien, c'est personne. Juste une fille-Kleenex.

The universe is talking to me

Je n'étais pas encore levée ce matin quand mon assistante d'édition préférée m'a proposé de traduire pour elle un roman de littérature générale qui a l'air assez sympa. Ca m'en fera quatre l'an prochain, et ça signifie que j'arrive enfin à me diversifier - voire, à terme, que je réussirai peut-être à me dégager complètement de la fantasy. Ca prend plus de temps que je ne le voudrais, mais ça vient! Je sens bien que l'univers essaie de m'enseigner la patience...

C'est marrant. Avant de rencontrer l'Homme, je ne vivais que pour mon boulot; je faisais des horaires ahurissants et j'avais les dents qui rayaient le parquet. Du moment où on a été officiellement ensemble, j'ai décidé que ma vie privée était ma seule priorité. Avec le résultat qu'on connaît. Et aujourd'hui, c'est le boulot qui m'aide à tenir debout (façon de parler; généralement je travaille assise). Y'aurait pas comme un autre message de l'univers là-dessous? Genre: "Tu n'es bonne qu'à bosser ma fille, il serait temps de te faire une raison et de renoncer à construire autre chose à côté!".

dimanche 3 septembre 2006

I *heart* my sister

Ma soeur, que je viens d'avoir au téléphone, a eu cette formule lapidaire qui m'a arraché un éclat de rire mouillé: "De toute façon, ce mec, il est atrophié: un peu du cerveau, beaucoup du coeur... et même du zizi".

samedi 2 septembre 2006

Fille-Kleenex

Je me dis qu'en ce moment, à un kilomètre à peine de l'endroit où je suis encore en train de bosser à cette heure indue, il est sûrement chez lui avec elle. Il lui confie que son ex ne le comprenait pas, qu'elle était toujours en train de se plaindre et qu'il ne savait plus quoi faire pour la rendre heureuse. Elle le regarde avec des yeux pleins d'adoration et pense qu'avec elle, ce sera différent, que contrairement à cette idiote, elle saura l'apprécier à sa juste valeur. Mais non, je me fais des idées. Ils ont certainement d'aures préoccupations que moi. Lui: "Celle-là, je vais arriver à la faire jouir". Elle: "Mmh, ça va pas venir cette fois mais tant pis, je vais faire semblant et on avisera plus tard; pour l'instant l'important c'est qu'il se sente bien avec moi". Et même si c'est l'extase... Je sais ce qui se passe (ou pas) dans sa tête à lui. Je sais qu'il a craqué pour elle parce qu'elle lui manifestait une admiration éperdue et inconditionnelle, comme moi au début. Il ne cherche pas une partenaire: il cherche une fan. Quelqu'un qu'il pourra contrôler, ranger dans une case et à qui il ne dispensera pas plus d'attention que strictement nécessaire. Et si ça me tord le coeur, ce n'est pas parce que je suis jalouse d'elle, ou si peu: c'est parce que je n'en reviens toujours pas d'être aussi interchangeable, de n'avoir été pour lui pendant toutes ces années qu'une fille-Kleenex qu'on laisse se jeter elle-même à la poubelle le jour où on investit dans une nouvelle boîte.

Où mon moral remonte d'un cran

En surfant sur le Net cette nuit, j'ai découvert tout un forum consacré à l'univers de ma-série-préférée-que-je-traduis. Ca m'a fait d'autant plus bizarre qu'il a été mis en place par un fanzine auquel j'ai contribué comme traductrice bénévole en 95-96, quand il venait juste de se lancer. Je fais dans le retour aux sources en ce moment. Bref. Le sujet consacré aux citations préférées, dans lequel j'ai retrouvé une flopée de mes expressions personnelles (adaptation très libre du texte original) m'a particulièrement fait halluciner. Des gens me lisent. Mon style les fait marrer. Ils accrochent suffisamment à des histoires qui ne sont pas de moi, mais qui leur parviennent par ma voix, pour aller en discuter sur Internet. Waouh. Ca fait vraiment chaud au coeur. Et ça regonfle un peu mon ego en berne.

vendredi 1 septembre 2006

Devant "NCIS"...

Tout à l'heure j'étais à deux doigts d'envoyer ma fameuse lettre à l'Infâme Salaud. Remaniée et rallongée, elle se termine désormais par: "J'espère que le reste de ta vie sera à l'image de ta personne: lamentable". Ouaip, ça fait pas vraiment dans la dentelle. Et puis mon regard s'est posé sur l'heure, et je me suis rendu compte que NCIS allait commencer sur M6 - la saison 3 inédite. Donc je suis partie regarder. Et bien entendu je suis en train de me laisser attendrir, parce que cette série c'est l'Homme qui me l'a fait découvrir et que j'ai de bons souvenirs de nos soirées devant les deux premières saisons: lui vautré sur le canapé du fond en T-shirt manches courtes et boxer, pieds nus sur la table du salon, et moi allongée sur le canapé de devant, frileusement emmitouflée dans une couverture en polaire alors que je portais déjà un pyj en flannelle. Oh c'était rien d'extraordinaire, juste une de ces petites habitudes qui font le ciment d'un vieux couple - un de ces moments où on se sent parfaitement confortable et en sécurité avec l'autre.
Je sais que si j'envoie cette lettre, il la prendra comme une déclaration de guerre. Qu'il se mettra à dire du mal de moi à tout son entourage, y compris les gens qu'il sait que je vois encore. Qu'il s'arrangera pour me blesser et me rabaisser encore, soit dans une réponse immédiate et cinglante, soit quand nous serons obligés de nous revoir. Et je ne suis pas sûre de le supporter. Je n'ai pas envie de retourner le couteau dans la plaie; je voudrais juste oublier et passer à autre chose. Avoir assez de grandeur d'âme pour lui pardonner, assez de résilience pour m'en foutre ou assez de talent pour feindre l'indifférence.

Another kind of Nut

Je n'ai pas l'habitude de faire de la pub, mais pour une fois je ne résiste pas au plaisir de vous vanter les mérites de ma dernière découverte: la noix de lavage indienne. Aussi efficace qu'une lessive industrielle + un assouplissant, moins chère à l'usage, non polluante et produite dans le respect des lois du commerce équitable; que demander de plus? J'ai essayé, ça fonctionne réellement.

Explications détaillées sur le site:

www.lanoixdelavage.fr

Un drame de plus

La Smirnoff on Ice aux fruits rouges était une édition limitée, et on n'en trouve plus dans les magasins. Non seulement l'univers s'acharne sur moi, mais il me refuse la possibilité de me consoler comme je l'entends. C'est mal.Justifier

jeudi 31 août 2006

Pour tous les métalleux

Parce que ça m'a fait mourir de rire et qu'en ce moment c'est pas du luxe.
Faites passer...

HEAVY METAL Le chevalier arrive sur une Harley Davidson, tue le dragon, boit quelques bières et baise la princesse.
SPEED METAL Chevalier-tue-dragon-sauve-princesse-la-baise.
HARD ROCK Le chevalier arrive en short avec une casquette. La princesse se casse dégoutée.
BLACK METAL Le chevalier arrive, tue le dragon et boit son sang, sodomise la princesse et boit son sang, puis la sacrifie à Satan.
SYMPHONIC BLACK METAL La même chose mais en finesse.
HAIR METAL Le chevalier arrive avec une coiffure 80's, envoie un baiser à la princesse et se fait croquer par le dragon.
FOLK METAL Le chevalier arrive avec des amis flutistes et violonistes, le dragon s'endort, il sauve la princesse et l'épouse.
METAL-INDUS Le chevalier arrive en porte-jaretelle, fait des gestes obscènes au dragon, et se fait jeter hors du château par la sécurité.
DEATH METAL Le chevalier arrive, tue le dragon, baise la princesse et la tue.
BRUTAL DEATH Le chevalier arrive, tue le dragon, tue la princesse et la baise.
GOTHIC METAL Le chevalier arrive et tue le dragon. La princesse tombe amoureuse de lui, il l'épouse en grandes pompes, le roi lui donne son royaume, il est le héros du peuple, il se suicide sans qu'on sache pourquoi.
DOOM METAL Le chevalier arrive et se suicide. Le dragon mange son corps et la princesse.
GOTHIC METAL A CHANTEUSE Elle charme le dragon par son chant, arrive devant la princesse, lui pique sa robe, lui pique sa place et attend que le batteur de son groupe vienne la délivrer.
ALTERNATIVE METAL Le chevalier arrive, refuse de faire partie du système, dit « fuck you» à la princesse et repart.
VIKING METAL Le chevalier arrive en bateau, tue le dragon avec une hache à deux mains, le cuit, le mange, viole la princesse et brûle le château.
PROGRESSIVE METAL Le chevalier arrive avec une guitare et joue un solo de 26 minutes, le dragon se tue lui-même par ennui, le chevalier arrive près du lit de la princesse, joue un autre solo, la princesse s'enfuit et va chercher le chevalier heavy metal.
ATMOSPHERIC METAL Les écailles du dragon refètent la lumière de la Lune, la princesse est à son balcon et jette un regard mélancolique au loin, l'air souffle doucement dans les arbres de la forêt. Pas de chevalier.
GLAM METAL Le chevalier arrive en retard après s'être looké pendant 3 heures, entre pendant que le dragon se tord de rire à sa vue, vole le maquillage de la princesse et peint les murs du château en rose.
GRIND METAL Le chevalier arrive, crie quelque chose de parfaitement incompréhensible pendant 2 minutes et repart.
GORE METAL Le chevalier arrive, tue le dragon en répandant ses entrailles devant le château, baise la princesse et la tue, rebaise le corps mort, tranche son estomac pour en bouffer les tripes, rebaise la carcasse une troisième fois, brûle le cadavre et le rebaise une dernière fois.
NEO METAL Le chevalier arrive, il flippe quand il voit le dragon alors il reste devant les douves, en faisant des gestes obscènes à la princesse. Puis il repart dans la forêt se masturber.
TRUE BLACK METAL (à l'ancienne): Le chevalier arrive bourré, vomit dans les douves. Sacrifie la princesse et commence à draguer lourdement le dragon.
TRUE BLACK METAL (nouvelle vague): Le chevalier arrive et commence à expliquer au dragon qu'il n'a rien compris et qu'il est pas "evil". Il bute la princesse parce qu'elle l'a interrompu. Le dragon, exaspéré, le bouffe malgré ses bracelets à piques. Et pis, faut pas faire mal aux dames, non, faut pas. (on peut être dragon et gentleman, bigre)

mercredi 30 août 2006

Rumination, le retour

"Le temps guérit tout", m'a dit Etre Exquis tout à l'heure au téléphone. Sur ce point, je sais qu'il a raison, même si j'ai tendance à rester assez marquée (conditionnée?) par mes cicatrices. Serrer les dents et attendre que les jours s'écoulent l'un après l'autre en considérant chacun d'entre eux comme une petite victoire, un pas supplémentaire vers le bout du tunnel - c'est la seule tactique possible. Cela dit, la certitude que la douleur finira par disparaître ne l'atténue guère sur le moment.
"Tout se paye un jour", a ajouté Etre Exquis. Ca, j'en suis beaucoup moins convaincue - hélas. J'ai beau ne pas être vindicative, savoir que l'Infâme Salaud est condamné à se ramasser la gueule tôt ou tard me procurerait un certain apaisement. J'enrage de penser qu'il va s'en tirer une fois de plus, que son image de type épatant va rester intacte et que son entourage continuera à l'idolâtrer.
Sept ans de ma vie, bordel. J'ai perdu sept ans de ma vie avec quelqu'un qui se contentait de me laisser l'aimer sans donner grand-chose en retour. Parce que ça le flattait d'être adulé par une intello, lui qui complexait (à juste titre) sur ses propres capacités en la matière. Parce que c'était confortable de vivre, pour une fois, avec une fille qui non seulement s'assumait d'un point de vue financier, mais qui adorait le gâter. Parce que je ne lui réclamais pas d'enfant, pas de mariage, et que je le laissais libre de partir en stage quand il voulait. Bref, parce que j'étais une solution de facilité. Ce dont j'ai toujours eu conscience.
La question, c'est: comment ai-je pu être assez bête pour m'en contenter, moi qui suis d'un naturel tellement exigeant? Y'a pas à dire, l'amour ça rend stupide. Je ne veux même pas penser au nombre invraisemblable de neurones que j'ai dû flinguer en acceptant de n'avoir pas une conversation digne de ce nom en sept ans, en essayant de me mettre à son niveau quand il fallait lui expliquer quelque chose et en me retenant (les trois quarts du temps) de démonter ses arguments qui ne tenaient pas la route pour ne pas avoir l'air de le rabaisser.
Dans l'optique "voir le verre à moitié plein", j'ai tenté de faire une liste des choses positives qu'il m'a apportées, directement ou non. Et c'est affreux comme j'en ai trouvé peu. Mon appart'. Nos vacances à Vienne il y a deux ans. Je continue à chercher...
Hier pendant qu'on discutait chez Bapz, ma soeur m'a dit que j'avais, beaucoup moins qu'elle, la capacité à me satisfaire de situations médiocres. Sur le coup j'ai approuvé: oui, avec moi c'est tout ou rien; j'ai une idée bien précise de la façon dont les choses doivent être et si elles ne me conviennent pas parfaitement, je passe à d'autres dans l'espoir de trouver mieux. Puis en réfléchissant bien, j'ai réalisé que toute ma relation avec l'Infâme Salaud avait été pire que médiocre - commencée dans la honte et le remords, poursuivie dans l'ennui et la déprime, terminée dans le chagrin et l'humiliation. Faut vraiment que j'apprenne à mieux choisir mes batailles.

Ca ne coûte rien de rêver

Dans un monde idéal, j'aurais le courage de compiler tout ce que j'ai écrit il y a 9 ans après mon divorce et tout ce que je suis en train d'écrire sur l'Homme - pardon: l'Infâme Salaud. J'aurais aussi le talent nécessaire pour en faire un constat grinçant sur les illusions dont on se berce quand on se lance dans la vie de couple, et sur la façon dont la vie recadre la plupart d'entre nous. J'intitulerais l'ensemble "Deux couples" et je l'enverrais à un éditeur qui, charmé, le publierait dans les mois à venir. Des dizaines de milliers de gens se reconnaîtraient dans mon histoire. Je passerais mon temps à donner des interviews ironiques et spirituelles. "Elle" ferait une de ses couvertures avec une très belle photo en noir et blanc de moi et un titre dans lequel figurerait l'expression "nouveau phénomène littéraire". Je serais invitée dans des talk-shows intellos mais populaires (n'oubliez pas, on parle d'un monde idéal) où je descendrais l'Infâme Salaud avec distance et humour. Accessoirement, je toucherais des royalties fabuleuses qui me permettraient de faire le tour du monde et d'acheter un ravissant trois pièces dans le XIème arrondissement de Paris. Un acteur archi-célèbre (mais pas scientologue) tomberait amoureux de moi, et "Voici" publierait des photos volées de nous en train de roucouler sur un balcon du Château Marmont. Pendant ce temps, l'Infâme Salaud serait conspué par la France entière et abandonné par son entourage. Aucune fille ne voudrait plus le toucher même avec des gants Mapa. Et il n'aurait plus qu'à attendre la mort en ressassant l'erreur monstrueuse qu'il a commise.

O temps suspend ton vol...

Ces quelques jours chez ma soeur me font vraiment du bien, mais j'appréhende énormément de rentrer jeudi. Désormais, je serai seule à 500 km de tout le reste de ma famille. Et franchement pas au meilleur moment pour moi. A vrai dire, je crains de me sentir un peu abandonnée de tous. Je voudrais me rouler en boule dans un coin, m'endormir et ne me réveiller que quand je n'aurai plus mal au coeur, quand je me sentirai de nouveau combattive et un minimum sûre de moi, quand mon humeur ne s'amusera plus à faire des sinusoïdales. Je n'ai plus de courage, plus l'envie de rien. Juste pleurer et arrêter de ressentir.

mardi 29 août 2006

Sublimation

Quarante-huit heures passées à m'apitoyer sur moi-même, c'est bien suffisant. J'ai déjà perdu sept ans de ma vie à cause de ce débile mental, je refuse de perdre une seule journée de plus. Me venger, ça serait indigne de moi. Il faut bien qu'au moins un de nous deux reste classe dans cette histoire. Mon choix est fait: je serai Jennifer Aniston, avec l'avantage que la presse people ne me pourchassera pas pour essayer de me faire dire des horreurs sur Brad Pitt.
Ma tactique, ça va être la même qu'à chaque fois qu'un problème me prend gravement la tête: sublimation par la frénésie d'activité. Dès mon retour à la maison, je me renseigne pour recommencer le yoga et l'équitation. J'ai un Everest de boulot qui m'attend, et quand j'en serai venue à bout, je calerai un tas de week-ends prolongés dans mon planning des mois à venir (voire un voyage en solo, cf mon projet de vacances humanitaires qui auront en plus le mérite de me changer radicalement les idées). Il y a aussi l'album des USA à finir, un tas de photos diverses en attente, et ma soeur m'a réclamé de la déco à thème "jungle" pour la chambre de Cahouète.
Et puisque je me sens hideuse à côté d'Infâme Salaud et que le physique est objectivement le seul plan sur lequel il me dépasse, je vais me remettre au régime et y rester jusqu'à ce que j'aie perdu dix kilos. Je l'ai fait quand je voulais le conquérir, je peux bien le faire pour l'oublier. Les motivations purement esthétiques ne me suffisaient pas ces dernières années. Mais s'il s'agit de reprendre mentalement le dessus, ma volonté devrait être à la hauteur. Après tout j'ai arrêté de fumer du jour au lendemain sans aide, je peux bien semi-arrêter de manger. Je sais que le plus dur c'est toujours les deux premières semaines. Là ça fait déjà deux jours que j'ingurgite essentiellement du thé et que je vis les gargouillis incessants de mon estomac comme une victoire sur moi-même. Si la seule chose que je peux contrôler dans ma vie, c'est le nombre de calories que j'avale, et bien ça sera toujours ça de pris.