vendredi 5 mai 2006

J'aurais préféré qu'il paume la montre

J'ai ouvert les yeux une dernière fois sur les peupliers du voisin. Ca ne m'a pas rendue aussi sereine que d'habitude. Je suis en train de boire ma dernière tasse de Thé sur le Nil préparée dans la théière Bodum en verre qui est si chiante à laver. Assise une dernière fois sur la chaise d'écolier dont les barreaux sont tellement pratiques pour poser mes pieds, j'écoute une dernière fois l'arrosage automatique, regarde une dernière fois les gouttes d'eau scintiller dans l'herbe du jardin comme des diamants épars.

Je voulais prendre des photos avant/après: penderie pleine et 5 minutes après, penderie vide, ce genre de choses. Je me suis attaquée aux cartons avec tant d'énergie que ça m'est sorti de la tête. Je vais quand même faire un tour du propriétaire pour emporter quelques images. Le rosier jaune que l'Homme m'a offert il y a quelques années et qui est devenu vraiment énorme. La Classe A verte qu'il a achetée peu de temps après notre rencontre et qu'il livre demain à ses prochains propriétaires.

C'est drôle: Martine avait choisi la couleur de cette voiture et elle était sortie de sa vie peu après. J'ai choisi la couleur de sa future Seat (rouge emociòn) et ne la verrai probablement même pas.

Il y a quelques semaines, je me faisais la réflexion que si Martine revenait, elle ne reconnaîtrait absolument rien du cadre où elle avait vécu avec l'Homme. Au fil des ans, nous avons changé tous les meubles à l'exception de la table basse du salon, des chaises cannelées de la salle à manger et du clic-clac du bureau. Ainsi l'Homme va-t-il peu à peu effacer toutes les traces de mon passage dans sa vie. Aujourd'hui je suis partout dans cette maison, dans les rideaux et la nappe terracotta, dans les meubles de bureau récupérés de mon ancien appart, dans les cache-alcôve dont j'ai choisi le tissu et que j'ai faits faire sur mesure, dans les range-CD que j'ai peints à l'acrylique, dans les fleurs que j'ai achetées et qu'il a plantées (enfin, celles qui ont survécu)... Peu à peu, toutes ces choses seront remplacées, et le fantôme de ma présence s'évanouira avec elles.

Pour son 34ème anniversaire (officiellement; en réalité, c'était pour fêter son divorce), j'avais offert à l'Homme l'Oméga Seamaster dont il rêvait, "la montre de James Bond". Sur le bracelet en acier, j'avais fait graver trois mots: Garde-nous toujours. Je suppose qu'une sur deux, c'est déjà pas si mal.

jeudi 4 mai 2006

This is the end

Mes cartons sont faits. (Me reste plus que mes affaires de scrap à emballer car j'ai vu un peu juste... On a toujours beaucoup plus d'affaires qu'on ne le croit. J'avais oublié depuis mon dernier déménagement.)
Ce soir, dernier repas chinois avec l'Homme devant la télé. Puis dernière nuit sur le canapé.
Demain, rapatriement à l'appart'.
Samedi, c'est Etre Exquis qui m'emmènera à la gare prendre mon train pour Paris. J'ai horreur des adieux.
L'Homme n'a toujours pas manifesté la moindre trace d'émotion. Quand je lui en fait la remarque, il m'a répondu: "Si, j'ai super mal dormi cette nuit." Je rirais si ça faisait pas si mal. Il est plein d'empressement pour m'aider; on dirait vraiment qu'il ne me verra jamais déguerpir assez vite. Quand il est parti à son cours tout à l'heure, j'étais en train de pleurer dans la cuisine (le plus silencieusement possible OK, mais il s'en est forcément rendu compte vu comment la maison est foutue). M'a même pas dit au revoir.
Le 23 juin, ça aurait fait 7 ans.

PS: Merci à tous les gens qui m'ont téléphoné, envoyé des textos, parlé sur AIM hier soir, etc. Si y'a un truc qui console, c'est bien de se dire que célibataire ne signifie pas seule, loin de là. Luv ya all.

Me manquera/me manquera pas

Ce qui me manquera:
- Les croissants qu'il rapportait le dimanche matin, et parfois aussi le samedi
- Ses jeux de mots à deux balles qui me faisaient mourir de rire tellement ils étaient nuls
- Les balades en moto, installée comme dans un fauteuil à l'arrière de la BM
- Lui tout nu, vu de dos...
- Les peupliers qui par jour de grand vent se balancent dans le jardin du voisin d'en face
- Me coller contre lui, la tête sur son épaule et son bras autour de moi, quand je claque des dents sous la couette en hiver
- Nos fou-rires devant Kaamelott ("C'est pas faux...")
- Les barbecues entre amis dans le jardin
- M'entendre appeler "la piuce" (prononcer "piouss", à l'anglaise)
- Son côté "Just do it" que j'ai toujours admiré
- Penser qu'on allait vieillir ensemble et réussir là où tant d'autres avaient échoué...

Ce qui ne me manquera pas:
- Sa mère (la femme qui, lors d'une de nos premières rencontres, m'a balancé "J'ai été étonnée en vous voyant car jusqu'ici, B. n'était sorti qu'avec de très jolies filles. Vous devez être un bon coup.")
- Sa façon de manger avachi sur le canapé avec un torchon enfilé dans le col en guise de serviette
- Notre vie sexuelle, franchement naze ces trois dernières années
- Le désordre systématique qu'il laissait derrière lui
- Sa façon de tourner autour de moi quand je faisais la cuisine: "Pourquoi tu fais pas comme ça?", "Tu devrais plutôt...". Plus généralement, son paternalisme - il savait toujours mieux que moi comment les choses devaient être faites
- Ses silences quand j'avais besoin qu'il me parle
- Les ronflements de Casse-Couilla, et les cadeaux à plumes, à poils ou à écailles qu'elle nous rapportait
- Dormir avec les volets fermés et la fenêtre ouverte alors que j'aime l'inverse
- Notre décalage horaire perpétuel qui m'obligeait à prendre des somnifères pour essayer de vivre plus ou moins au même rythme que lui (parce qu'il était hors de question que ce soit lui qui se cadre sur moi)
- Finalement je n'aurai pas eu droit au "Mon Dieu, je sors avec un quadra" puisque son anniversaire est en octobre

mercredi 3 mai 2006

Voilà, c'est fini...

Les faits:
Ce matin vers 10h, après une Xième nuit passée sur le canapé du salon parce que je supporte pas de partager un lit avec quelqu'un qui refuse de me toucher, j'ai dit à l'Homme que je déménagerais à mon retour des USA. Je lui ai expliqué très calmement pourquoi, et comment je comptais procéder. J'ai bien laissé échapper quelques larmes, mais globalement je me suis trouvée super digne, rationnelle et positive. Si si. Pour une fois, je me suis abstenue de tout mélo, et je n'ai pas non plus fui lâchement. De son côté, l'Homme n'a pas pipé mot à part pour murmurer un "je suis désolé" et un "décidément je dois pas être fait pour la vie en couple". Il m'a paru assez indifférent, sans doute soulagé que je prenne l'initative et que je ne pique pas de crise d'hystérie.

Le pourquoi:
En discutant, ces deux dernières semaines avec des gens qui nous connaissent bien tous les deux, je me suis aperçue que j'avais une vision totalement fausse de l'Homme et de notre histoire. Non, il n'est pas cet être parfait que j'idéalise depuis le début. Il lui arrive, comme à tout le monde, d'être mesquin, de mauvaise foi, égoïste ou même carrément cruel. Et les sautes d'humeur dont il s'est servi, toutes ces années, pour me prouver que j'étais une harpie invivable et lui un martyr bien gentil de me supporter, elles viennent du fait qu'il ne s'est jamais impliqué dans notre relation. Il a refusé qu'on achète une maison à deux parce qu'il voulait garder la sienne, a toujours fait passer son aïkido et ses potes avant moi, m'a bien fait comprendre que si je voulais aller habiter dans une autre ville ce serait sans lui, s'est opposé catégoriquement à l'idée d'un mariage - même en douce à la mairie et juste pour les avantages administratifs -, a tellement traîné les pieds pour faire une donation au dernier vivant que j'ai renoncé à prendre rendez-vous chez le notaire, etc. Et quand je menaçais de m'en aller pour qu'il me dise "Mais non, reste, je t'aime", je n'ai toujours obtenu qu'un "Ben si tu veux t'en aller va-t'en; je peux pas te retenir". Alors si c'est pour passer le reste de ma vie avec un mec qui m'a toujours placée en 3 ou 4ème position de sa liste de priorités, non merci. J'estime, à tort ou à raison, que je mérite mieux que ça. Je préfère être seule qu'accompagnée par quelqu'un qui ne tient pas vraiment à moi.

La suite:
On s'est arrangés à l'amiable pour gérer mon déménagement. J'avais toujours dit que si je partais un jour, je prendrais mes affaires et je disparaîtrais de sa vie à jamais. Je réalise que 1/ c'est pas super pratique pour régler toutes les broutilles matérielles qui découlent d'une séparation 2/ j'ai eu assez de temps pour me faire à l'idée de vivre sans lui, et je suis suffisamment convaincue que c'est le bon choix pour supporter de le revoir sans m'effondrer. Donc il va m'aider à transbahuter mes cartons. Cet après-midi il est allé à l'agence France Télécom pour me faire ouvrir une ligne fixe, et il m'installera une connexion internet à l'appart' en mon absence. Il a proposé de me prêter sa voiture cet été si j'en avais besoin, et de s'occuper de mes chats si je voulais partir en vacances chez ma soeur ou ailleurs.

L'humeur:
Je suis bien entendu très émue. Mais à vrai dire, plus soulagée et fébrile que triste. Ma raison me dit que j'ai opté pour la seule solution possible, celle qui me donnera la meilleure chance d'être heureuse - peut-être pas tout de suite, mais un jour. Une porte se ferme aujourd'hui. Plein d'autres se rouvrent devant moi. Y'a forcément un truc chouette derrière l'une d'entre elles. Et je me connais: pendant que je le chercherai, je ne m'ennuierai pas.

Le thème musical:
Un monde de chansons qui me viennent en tête là tout de suite! "The last day of our acquaintance" de Sinead O'Connor. "Punch & Judy" de Marillion. "You'll never get over me" de a-Ha. "My best wasn't good enough" d'Anouk. "One headlight" des Wallflowers. "Confidentiel" de Goldman. Mais surtout (du même):
Je garderai les disques, et toi l'électrophone
Les préfaces des livres, je te laisse les fins
Je prends les annuaires, et toi le téléphone
On a tout partagé, on partage à la fin
Je prends le poisson rouge, tu gardes le bocal
A toi la grande table, à moi les quatre chaises
Tout doit être bien clair et surtout bien égal
On partage les choses quand on partage plus les rêves (...)
Mais l'amour, tu peux tout le garder
Un soir, je te l'avais donné
Et reprendre, c'est voler
Et reprendre, c'est voler

jeudi 27 avril 2006

La honte

En ce moment quand je suis trop triste, je bois. (Bah oui, je me drogue plus et je fume plus, il ne me reste que ça comme vice compensateur... Ah dans le temps y'avait aussi un truc qu'on appelle le sexe mais apparemment j'inspire plus personne et j'ai pas pratiqué depuis si longtemps que j'ai probablement oublié le mode d'emploi.)

Donc, samedi dernier chez Autre Moi, après un coup de fil tristouille avec l'Homme, j'ai descendu méthodiquement: 5 whisky-coca, 2 grands gobelets de vin rouge et 3 ou 4 grands gobelets de champagne. Moi qui suis toute gaie au bout de deux-trois verres de vin d'habitude.

Le résultat a été à la hauteur de la dose ingurgitée. J'ai le souvenir (hélas très clair) d'avoir, dans l'ordre: jeté une bouteille à la tête d'Autre Moi parce que je trouvais qu'elle racontait des conneries, fait une leçon de morale absolument déplacée à la même Autre Moi qui a été bien gentille de pas me jeter dehors séance tenante en me demandant de quoi je me mêlais, raconté des détails de ma vie qu'il aurait vraiment mieux valu passer sous silence, éclaté en sanglots et pleuré sur mon sort telle la grosse nulle pathétique que je suis.

M'enfin j'ai eu ce que je voulais: une gueule de bois tellement carabinée, le lendemain, que pendant vingt-quatre heures j'ai pensé à rien d'autre. J'étais encore un peu vaseuse lundi matin au moment de reprendre le boulot, c'est dire. Et tellement honteuse que j'ai pas osé montrer mon museau sur AIM depuis.

dimanche 16 avril 2006

De la chance dans mon malheur

J'ai un Etre Exquis prêt à m'aider à déménager, à rendre mon appart habitable, à me servir de taxi et à me sortir le soir.
J'ai des parents qui ont proposé de me recueillir chez eux si je ne supportais pas de rester seule chez moi.
J'ai une soeur avec qui je m'entends merveilleusement bien et chez qui je peux aussi me réfugier si je veux changer d'air.
J'ai une Autre Moi avec une oreille et un canapé rouge toujours disponibles.
J'ai un Kris qui sait qui je suis et qui me trouve quand même pas totalement bonne à jeter.
J'ai un boulot assez prenant pour me faire oublier mes soucis 7 ou 8 heures par jour, et assez bien rémunéré pour n'avoir pas en plus à me débattre avec des problèmes matériels.
J'ai une mentalité de survivante.
Mais là tout de suite, j'ai surtout un énorme sentiment de gâchis et un gros mal au coeur.

Liquide et gazeux

Dîner d'hier soir: la conversation la plus triste de toute ma vie, une clope, trois whisky-coca, une double dose de somnifère.

mercredi 12 avril 2006

Calculez votre valeur en dollars

Fascinant et effrayant...
www.humanforsale.com

Mes résultats perso:
Gender: Female $135,000
Age: 35 $20,000
Ethnicity: White/Caucasian $130,000
Height: 5'2 $0
Weight: 135 lbs. $10,000
Body Type: Overweight ($20,000)
Hair Color: Brown $5,000
Eye Color: Brown $1,000
Handed: Right $5,000
Body Hair: A Little Hairy $15,000
Shoe Size: 6 $5,000
Bald: No $0
20/20 Eyesight: No $0
Bra Size: NA $0
Cavities: 1-2 $1,000
Athletic Ability: Below Average $10,000
Attractiveness: NA $45,000
IQ: 140 $157,535
SAT Score: NA $0
HS GPA: 3 $22,500
Education: Graduate Degree $45,000
Bilingual: Yes $10,000
Income: NA $25,000
Profession: Arts/Entertainment/Publishing $0
Alcohol: Occasionally $0
Smoker: No $15,000
Pot: No $10,000
Drugs: No $10,000
Exercise: Seldom $2,500
Divorced: Yes ($25,000)
Comitted Felony: No $15,000
Watch Television: Occasionally $5,000
Sexuality: NA $25,000
Style: Above Average $55,000
Artistic: Above Average $45,000
Sense of Humor: Excellent $65,000
Addictive Personality: Yes ($15,000)
Give to Charity: Yes $25,000
Adult Content: Never $0
Gamble: Never $0
Multiplier x2
Total: $1,659,070

lundi 10 avril 2006

Après le lézard de la semaine dernière...

Hier soir, une chauve-souris s'est introduite dans la maison. Dont la porte était fermée à clé et les volets tirés. La seule ouverture existante, c'était une chattière de 15 cm de large avec un rabat plastique et une vitre à peine entrebâillée derrière.
Ou bien je vis dans un sketch de Bigard, ou bien c'est encore un coup de Casse-Couilla.

J'adore vivre à la campagne. En intérieur ville, j'ai jamais rien vu de plus intéressant comme bestiole que quelques malheureux cafards.
...Et les familles entières de souris avec lesquelles je partageais mon studio de la rue Gramat à Toulouse. C'est ma faute aussi: quelle idée d'habiter au-dessus d'un resto mexicain. Quand ce n'était pas la musique qui me tenait réveillée la nuit, c'était le bruit des souris courant dans l'obscurité autour de mon matelas posé à même le sol. Une fois j'ai pété les plombs et fui mon appart à 2 heures du matin.
...Dans le même ordre d'idée, j'allais oublier l'énorme rat que j'ai vu filer derrière le micro-ondes de mon premier logis conjugal, rue André Clément à Nantes (bah oui, je balance). Jusque là, j'avais toujours détesté les chats. Ce rat m'a convaincu de laisser le Breton adopter un gros matou rayé qu'il nourrissait en cachette depuis des semaines. Après, ça n'a plus arrêté: un deuxième gouttière, deux Sacrés de Birmanie, un Somali, un troisième Sacré de Birmanie, et aujourd'hui Casse-Couilla.
La boucle est bouclée.

Pour le titre de l'anniversaire le plus foireux de l'année, je repasserai

Jean Claude a 50 ans aujourd'hui.
Son père est mort cette nuit.
Comment manifester son soutien dans un moment aussi pénible quand on vit à 700 km de distance?

samedi 8 avril 2006

Le village des Enfoirés

J'y crois pas.
J'ai raté la rediff du concert des Enfoirés.
C'est la première fois que ça m'arrive. Ca m'apprendra à acheter Télé 7 Jours que pour les potins people. J'avais même pas vu que c'était hier soir. Après "Médium", j'ai zappé pour voir ce qu'il y avait sur les autres chaînes histoire de pas me taper "Femmes de footballeurs"... Et je suis tombée sur les deux dernières chansons. J'étais : total dépitée.
D'un autre côté, je trouve qu'à force d'agrandir sans cesse la troupe, le spectacle perd un peu de sa magie. Plus de Vanessa Paradis, et à la place, un paquet d'artistes que je n'aime pas, dont un mannequin et des comiques qui feraient franchement mieux d'interpréter des sketches entre les chansons au lieu de s'obstiner à chanter eux-mêmes. Muriel Robin, par exemple. Je sais que c'est la maîtresse de cérémonie et qu'elle doit vouloir se faire plaisir, mais même avec quinze kilos de moins, elle a toujours pas de voix.
Au final, je regrette surtout d'avoir loupé l'unique occasion annuelle de voir JJ Goldman à la télé maintenant qu'il a arrêté sa carrière.
...Et je regrette aussi, bien sûr, que vingt ans après leur création, les Restos du Coeur demeurent une institution indispensable. Dans un pays riche comme le nôtre, c'est vraiment honteux.

jeudi 6 avril 2006

Suggestion pour agrandir le trou de la Sécu

Armalite: ah tiens dans les trucs que je fais pour me changer les idées
Armalite: y'a : du shopping sur ebay
Armalite: mon placard commence à ressembler à une succursale cop copine
LaContradiction: arf
Armalite: nan mais ça pourrait être pire
Armalite: ces fringues-là au moins je les porte
Armalite: et l'avantage
Armalite: c'est que si je me retrouve célib
Armalite: je peux sauter l'étape : me refaire une garde-robe
Armalite: me restera qu'à passer chez le coiffeur pour changer de tête
LaContradiction: ah y'a une étape comme ça ?
Armalite: chez les fifilles, oui
LaContradiction: ah j’connais pas
Armalite: (ou vaudrait-il mieux miser sur un chirurgien esthétique?)
LaContradiction: (arrête tes conneries)
Armalite: bah je blaguais
Armalite: en fait c'est pour ça que j'ai vu mon ex hier soir
Armalite: en plus de sa conversation délicieuse
Armalite: ce garçon me regarde encore comme si j’étais la sœur jumelle de Catherine Zeta-Jones
Armalite: ça fait du bien à la self estime
LaContradiction: la classe !
Armalite: donc je suis toujours triste
Armalite: mais je me trouve plus physiquement répugnante
Armalite: mon ex devrait être remboursé par la sécu
Armalite: (ou au moins le resto que je lui ai offert pour le remercier)
LaContradiction: fais-toi faire des feuilles maladies
Armalite: hum il est entrepreneur ça va faire chelou

Interlude bonne humeur

Pour distraire les automobilistes coincés dans un bouchon en début de soirée, sur l'artère principale d'une ville de province: prenez deux trentenaires sur leur trente-et-un, mettez-les dans un Land Rover couvert de boue, baissez les vitres, montez le son du lecteur de CD et faites-leur brailler à fond "Les yeux d'Emilie" de Joe Dassin. Succès garanti.
Accessoirement, ceci est une bonne recette pour faire oublier son moral en berne à une des protagonistes de la scène... pendant au moins cinq minutes. Néanmoins, une fois rentrée chez elle l'estomac plein de bouffe indienne, elle s'endormira quand même de son côté du lit avec une grosse boule dans la gorge, et se réveillera quand même seule dans le lit en question, en pleurant.

lundi 3 avril 2006

Petite joueuse

Hier après-midi en rentrant de chez mes parents je me suis écroulée sur le canapé pour une sieste récupératrice. Tout ça pour un whisky-Coca et trois verres de rouge (OK: plus une assiette pas bien grosse et sans Harissa du couscous de ma mère). Petite joueuse que je suis.

vendredi 31 mars 2006

Charlie come back

Vers 17-18 ans, j’avais une vision morbide récurrente. Je m’imaginais nue dans une pièce vide, entièrement carrelée de blanc (genre salle de bains sans lavabo ni baignoire, ou cellule capitonnée sans capitonnage). Avec un de ces vieux rasoirs à main qu’on appelait coupe-chou, je m’ouvrais les veines dans le sang de la longueur - pas comme les amateurs - et je tournais sur moi-même pour éclabousser les murs, le sol, le plafond, tout repeindre en rouge jusqu’à ce que je me vide de mon sang et que je tombe par terre. Ensuite je pensais à la tête des proches qui me découvriraient et j’espérais qu’ils ne se remettraient jamais du choc. Ca leur apprendrait à n’avoir pas su m’aimer et me protéger.
Ca fait longtemps que j’ai passé cette période, recollé les morceaux de mon esprit fracturé et mis de l’ordre dans ma vie. Que j’ai appris à m’aimer à travers le regard bienveillant que d’autres personnes ont posé sur moi.
Aujourd’hui le regard de celui qui compte par-dessus tout me passe au travers comme si j’étais transparente. Dans ses yeux, je ne vois plus qu’un vague résidu de tendresse parce que six ans partagés, ça ne s’efface pas d’un seul coup. Son indifférence sape mes fondations et jette par terre les murs que j’ai eu tant de mal à construire. Elle me renvoie au dégoût, au mépris, à la haine de moi que je croyais avoir bannis et qui n’étaient qu’endormis au fond de mon cœur.
Je me déteste d’être empêtrée dans mes propres contradictions et de ne pas réussir à les dépasser.
Je me déteste d’avoir cru que le seul moyen de me préserver était de n’accepter aucun compromis.
Je me déteste d’avoir toujours considéré l’amour comme une aliénation à laquelle il fallait céder le moins de terrain possible.
Je me déteste de n’avoir jamais su inspirer l’adoration de Jean-Claude pour Brigitte ou de David pour ma sœur.
Je me déteste que personne n’ait jamais pensé qu’un top model russe de 20 ans, c’était un pis-aller par rapport à moi.
Je me déteste de ne pouvoir compter que sur mes prouesses horizontales pour faire craquer les gens qui me plaisent.
Je me déteste d’être si fondamentalement défectueuse que la seule réaction que je peux susciter quand je m’offre tout entière, c’est la violence ou le rejet.
Je ne me supporte plus. Et je ne connais pas trente-six moyens de d’étouffer la peur, la tristesse, la solitude – surtout, de faire taire les voix dans ma tête qui me hurlent d’abandonner, de me résigner à vivre cachée.
She don't lie, she don't lie, she don't lie...

Ce matin...

...Je me suis réveillée avec un gros lézard emmêlé dans mes cheveux.
Encore une journée qui commence bien à Armaliteland, je le sens.

lundi 27 mars 2006

Unhappy birthday

Au hit-parade des anniversaires les plus tristes de ma vie, celui-ci sera arrivé en 3ème position après mes 20 ans (l'enterrement de ma grand-mère) et mes 25 ans (la mort de Lucrèce). Je ne voulais qu'une seule chose, mais apparemment c'était encore trop demander.
Le soir, l'Homme est venu me chercher à l'aéroport. Il m'avait déjà souhaité mon anniversaire le matin au téléphone, et apparemment il estimait que ça suffisait. Pas de cadeau, je m'en fous - même si moi je lui en fais toujours un pour le sien et si pour une fois, cette année, il avait des sous. Pas de dînette en amoureux comme on avait l'habitude de faire pour marquer les occasions spéciales, c'était déjà un peu plus raide, d'autant qu'il avait passé toute la journée à la maison et qu'il aurait eu le temps de préparer une bricole - surtout qu'il avait fait tout un repas japonais pour ses potes vendredi soir. Pas de câlin sous prétexte que sa pluvalgie lui fait mal, alors qu'il ne m'a pas touchée depuis plus de trois semaines... Là, je me suis sentie vraiment misérable.
Ou bien il essaie de me faire payer mon attitude de l'année dernière, et je ne peux pas décemment protester. Mais la mesquinerie, c'est pas du tout son style. Ou bien il n'en a vraiment plus rien à foutre de moi, et il faut vite que je me casse avant d'en être arrivée à me mépriser et à me détester totalement. Sauf que je suis peut-être en train de paranoïer pour pas grand-chose, et qu'il faudrait juste que j'apprenne la patience parce que ce genre de crise ne se résoud pas en claquant des doigts.

mardi 21 mars 2006

Autopsie d'une relation

Quand on s'est mis ensemble, l'Homme et moi, je pensais que ça ne durerait jamais. Parce qu'on était trop différents et surtout parce que je l'avais piqué à sa femme. Il me semblait que si je n'étais pas arrivée comme un chien au milieu d'un jeu de quilles, ils auraient pu résoudre leurs problèmes et continuer leur vie tous les deux. Résultat: pendant des années, j'ai eu l'impression d'avoir usurpé ma place auprès de lui et que le destin (le karma, la justice immanente, appelez ça comme vous voudrez) allait se charger de m'en éjecter tôt ou tard.
Du coup, je me suis toujours conduite comme si notre situation était du provisoire-éventuellement-susceptible-de-devenir-définitif-mais-j'y-crois-pas-des-masses. Régulièrement, je menaçais de me barrer parce qu'il ne m'aimait pas assez, parce que je m'ennuyais à l'endroit où nous habitons, etc. Je fuyais toute forme d'engagement commun (mariage, enfants, achat d'une maison, etc) pour conserver ma sacro-sainte indépendance et me préserver au cas où. Ces derniers temps, j'avais même laissé d'autres gens prendre la première place dans mon coeur.
Ce qui devait arriver est arrivé. L'Homme a fini par avouer, hier soir, qu'il pensait ne plus m'aimer mais qu'il avait encore de l'affection pour moi et pas nécessairement envie que je m'en aille: donc, que ça avait une chance de repartir, peut-être.
Le plus ironique, c'est qu'après m'être posé énormément de questions sur le même thème, j'étais depuis quelques semaines arrivée à la conclusion que je me sentais enfin prête à considérer notre histoire comme définitive et à faire le nécessaire pour lui redonner la place numéro un dans ma vie, parce que je n'avais jamais aimé et n'aimerais jamais personne autant que lui et que c'était très con de larguer quelqu'un de génial juste pour le plaisir d'aller vivre ailleurs et de satisfaire un besoin puéril de nouveauté.
En gros, au moment où je me décide à tout donner, il n'en veut plus - ou en tout cas, il n'est pas du tout certain d'en vouloir encore. Et je ne sais plus quoi faire. Dois-je m'accrocher et serrer les dents en me disant qu'après tout, je l'ai bien mérité, que ce truc-là je le lui ai déjà fait vivre plusieurs fois et qu'il a toujours patiemment attendu que ça passe, que si on surmonte cette crise ça aura peut-être été le choc salutaire qui nous aura enfin mis sur les bons rails au bout de six ans? Ou dois-je prendre les devants parce qu'il est trop gentil pour me faire de la peine en me disant lui-même "c'est fini", et que regarder notre histoire agoniser en supportant sa pitié (ou en guettant l'irruption d'une Autre dont il sera amoureux comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête), c'est plus que je n'en puis supporter?
(Cette question n'est pas purement rhétorique... J'ai vraiment envie d'avoir des avis extérieurs parce que là je suis perdue.)

lundi 20 mars 2006

Suite féline


Brochette de lionceaux

Ca ne vous fait pas penser à une pub pour Benetton?

Je me moque, mais ils m'ont fait complètement craquer ces deux-là...
C'était hier, au parc animalier de Cerza: un endroit magnifique consacré à la protection et à la reproduction de nombreuses espèces animales en danger dont les loups à crinière, les ours à lunettes, les rhinocéros blancs et les hyènes rayées. Si jamais vous passez dans le Calvados, je vous conseille de prendre une journée pour le visiter - vous ne le regretterez pas.

vendredi 17 mars 2006

C'est la faute à Pratchett

Aujourd'hui, 18h45. Arrêtée à un carrefour, j'aperçois assez loin devant moi une espèce d'ogre à l'expression méchante et aux bras croisés sur la poitrine, en plein milieu de la route. Il est tellement grand que sa tête touche presque la barre transversale des feux de circulation. Je fronce les sourcils. Ils n'ont quand même pas osé mettre un troll pour collecter un droit de péage en pleine zone industrielle?!? En plus y'a pas le moindre pont dans les parages; où va-t-on si on ne respecte plus la tradition!
Puis je réalise que ce que j'ai pris pour un ogre ou un troll est en réalité l'arrière d'une bétonnière.
Je l'avais bien dit qu'il était urgent que j'arrête de traduire de l'heroic fantasy parce que ça commençait à me taper sur le système... Je me demande si mon éditeur accepterait cette anecdote comme excuse?

jeudi 16 mars 2006

eBay addict: je ne suis pas toute seule...

Trouvé sur mon site de potins people en ligne:

James Blunt infamously sold one of his sisters on eBay a few years back, but because it worked out so well – she's now living with the man who bought her – he's thinking of selling the other sister, too. "I had a bit of an eBay addiction and I sold everything in my apartment in London and then I came in one day and my sister was crying because she couldn't get to a funeral in southern Ireland," recalls James. "None of the planes were working, none of the trains, none of the ferries, so I saw another golden opportunity to flog something and so I put my sister up on eBay, saying, 'Damsel in distress, needs to get to southern Ireland. What do you get out of it as a bidder? You just get to be a knight in shining armour.' Everyone started bidding and a guy won and he had a helicopter and he could fly her to the funeral in southern Ireland and they're now dating and they've been going out for 18 months and she's living with him." Now James admits: "I have a second sister, who's gonna go on sale soon."

Je ne suis pas fan de ce chanteur, mais j'avoue que l'anecdote m'a bien fait rire!

mardi 14 mars 2006

CPE

Ca me hérisse le poil, tous ces djeûns qui manifestent pour le retrait du CPE (Contrat Première Embauche, pour les gens qui auraient passé les deux derniers mois dans une grotte sans électricité loin de la civilisation). Ils rouspètent parce qu'ont peut les licencier "du jour au lendemain" - en réalité, avec un mois de préavis - pendant les deux premières années. Mais où ont-ils lu que la sécurité de l'emploi était un droit? De nos jours, qui peut prétendre être à l'abri d'un licenciement, à part les fonctionnaires? Un boulot même un peu précaire, c'est toujours mieux que pas de boulot du tout, non?
En France, on est vraiment les champions de la contestation. La plupart du temps, je trouve ça sain de ne pas laisser les politiciens faire n'importe quoi. Mais si on s'oppose à absolument toutes les tentatives de faire bouger les choses, comment peut-on espérer guérir les maux actuels de notre économie? Tout le monde voudrait qu'on remédie aux inconvénients mais sans rien céder sur les avantages sociaux acquis. C'est possible en période de forte croissance, sûrement pas en ce moment. A ne pas vouloir s'adapter aux exigences de l'époque, on risque de provoquer une crise encore plus grave.

lundi 13 mars 2006

Les paris sont ouverts

Je dis que le PS serait stupide de ne pas choisir Ségolène Royal comme candidate aux prochaines présidentielles. Outre le soutien des socialistes pur jus, elle pourrait rassembler les voix des indécis à tendance féministe, et le fait d'être une femme lui assurerait (ou continuerait à lui assurer, car ça a déjà commencé) une couverture médiatique très importante. Je pense même que si elle se présente, je voterai pour elle: je ne me reconnais en aucun parti, et il me semble qu'une femme, jeune de surcroît, aurait une chance d'éviter l'écueil de faire de la "politique politicienne".
L'Homme dit que les éléphants du PS lui feront barrage, car ils voudront être représentés par l'un des leurs - soit un vieux barbon, comme d'hab. Notez qu'au fond, nos deux opinions sont pas incompatibles. Ca serait pas la première fois qu'un groupe se saborderait plutôt que de changer ses habitudes et d'affronter le bouleversement potentiel d'un renouveau.

vendredi 10 mars 2006

Le coup de gueule du jeudi soir, bis

J'en ai maaaaarre que le Pathé auquel j'ai pris un abonnement à l'année ne passe jamais les films que je veux voir! "Pompoko" est resté à l'affiche une semaine; "Brokeback Mountain" n'a jamais été programmé; j'ai pas eu "Hell" la semaine dernière et cette semaine je suis privée de "Toi & Moi". Sur 12 films à l'affiche y'en a pas un que je veux voir! (Y'en avait un que je voulais voir, "Mémoires d'une geisha". C'est fait, et c'était esthétiquement parfait mais bof pour le reste.) Je vais quand même pas me taper "Les Bronzés 3" sous prétexte qu'y a un match sur la 6 et le rien habituel sur les autres chaînes!
Je suis pourtant pas difficile. Le seul truc que j'aime pas, c'est les films d'horreur. Et les films de guerre - tous les trucs où y'a du sang en fait. Et les films comiques qui ne me font jamais, jamais rire. Et les comédies romantiques dégoulinantes de mièvrerie. Et les films d'action dont le scénario tient en deux lignes. Bon OK présenté comme ça on pourrait limite croire que je suis difficile. Mais je suis super bon public pour les films d'auteur tchéco-islandais en VO non sous-titrée.

Le coup de gueule du jeudi soir

(Réprimé jusqu'à vendredi après-midi pour cause de site en rade)

J'en ai maaaaaarre qu'on me sucre Kaamelott à cause du foot! (En plus pour la branlée que s'est pris l'OM, c'était bien la peine!) Je veux savoir où va ouvrir la prochaine porte dimensionnelle et si Arthur va enfin conclure avec la femme de Caradoc!

dimanche 5 mars 2006

A propos d'Ilan Halimi

Je viens de regarder le "Arrêt sur images" consacré à cette triste affaire. Après avoir passé en revue tous les éléments dont disposent les enquêteurs, les journalistes et le public, je trouve injustifiée la levée de boucliers qui s'est produite au nom d'un soi-disant antisémitisme. Les bourreaux d'Ilan l'ont enlevé en pensant que "les juifs ont de l'argent, et que s'ils n'en ont pas eux-mêmes, ils peuvent compter sur le reste de leur communauté pour le réunir" (je résume). Ce qui est un stéréotype aussi stupide que "les Suisses sont lents", "les Ecossais sont avares", "les Grecs sont pédés" ou "les Arabes sont tous des extrémistes assoiffés du sang des infidèles", mais bref. Leur motif était l'argent, pas la religion. La judaïcité de la victime n'a été qu'une cause indirecte de son calvaire. Et cela dit, même s'il s'agissait réellement de haine à l'encontre d'un peuple plutôt que de vulgaire crapulerie... L'atrocité de cet acte serait-elle en rien augmentée ou diminuée? Pour moi, les barbares méritent la peine maximum dans tous les cas - et je déplore bien qu'en France, ils n'encourent qu'une pseudo-condamnation à perpétuité.

C'est rassurant

La semaine dernière, un homme s'est tué au club où je dois effectuer mon stage PAC cet été. Son parachute principal ne s'est pas ouvert et il s'est emmêlé dans les fils de son parachute de secours. Il avait 10 000 sauts à son actif. Que ressent-on quand on voit la terre approcher à toute vitesse et qu'on sait qu'on va mourir dans 5 secondes... 4... 3... 2... 1... 0?

jeudi 2 mars 2006

Verre à moitié vide, verre à moitié plein

L'Homme ne me voit pas et ne me parle pas. Je suis total paumée.
Je ne survis que grâce à ma couverture polaire et il reste encore un bon mois d'hiver.
Depuis que j'ai arrêté de fumer, j'ai tout le temps envie de sucré.
Je viens de rempiler pour 5 tomes énormes d'une série d'heroic fantasy, moi qui n'aime que les traductions courtes. C'est pas demain que je vais réussir à dévier vers le mainstream.
Cette année je ne pourrai prendre de vacances qu'une seule fois.

L'Homme et moi cohabitons paisiblement sans la moindre dispute. J'ai réussi à ne rien faire d'irréparable pour le moment.
L'hiver n'a pas été très froid ni très pluvieux, et dans un mois à peine c'est le printemps.
Depuis que j'ai arrêté de fumer, j'ai réussi à ne prendre que 300 grammes (!)
C'est pas demain que je me retrouve au chômage technique. Et ma série préférée, que l'éditeur voulait lâcher, a été maintenue pour cause de plébiscite des lecteurs.
Les prochaines vacances, c'est 3 semaines aux USA entre amis et ça devrait tuer des chats (non, Junior, pas au sens propre; c'est une virée en bagnole, pas la grippe aviaire).

Le bonheur, c'est une question de point de vue.

lundi 27 février 2006

samedi 25 février 2006

Je hais les huîtres

Week-end déprime. L'Homme est parti hier midi (avec la voiture) en stage à Lyon. Il ne rentre que dimanche soir. Je lui ai demandé s'il voulait que je profite de son absence pour déménager. Il m'a répondu "Mais non" très gentiment et avec une totale absence de conviction. Pourquoi il refuse de me dire ce qu'il a? Je préfèrerais entendre qu'il ne m'aime plus ou qu'il a quelqu'un d'autre plutôt que de passer mon temps à me demander à quoi il pense et ce que je dois faire. Sérieusement! Pourquoi les mecs ont tous hérité du gène de l'huître? C'est quand même pas super dur d'aligner trois mots pour faire une phrase, surtout quand la personne d'en face le réclame, bordel! Si c'est juste une phase, ça ne me dérange pas trop d'attendre; si c'est un truc définitif, j'aimerais le savoir rapidement pour prendre mes dispositions pour le reste de ma vie. Cette espèce de flou artistique, ça me tue.
Du coup j'ai rien glandé depuis mercredi soir et je suis en train de prendre du retard au boulot - et probablement des kilos, moi qui étais si fière d'avoir tenu un mois sans fumer et sans prendre un gramme, car en guise de dîner je me suis acheté une tropézienne pour 4 personnes. Ca fait deux jours que je tourne en rond chez moi sans rien faire de plus productif qu'éplucher la presse mensuelle et remplir des grilles de sudoku à 4 cases de côté. Je déteste ça.

jeudi 23 février 2006

Punch & Judy

Après des années passées à supporter mes sautes d'humeur, l'Homme semble être arrivé au bout de sa patience. Ce n'est pas qu'il soit devenu méchant ou désagréable, non. Simplement, il est : absent. Il ne me calcule plus du tout. Il fait sa vie sans se préoccuper de moi, se réfugie dans le bureau à peine rentré à la maison vers 22h30 et n'en ressort que pour aller se coucher. Il me répond si je lui demande quelque chose, et la communication s'arrête à peu près là.
Il dit qu'il ne voit personne d'autre à côté et ne souhaite pas que je m'en aille. Mais bon, ça ne signifie pas grand-chose. Comme beaucoup d'hommes, il est trop lâche pour prendre l'initiative d'une rupture. Le cas échéant, il préfèrera attendre que ça soit moi qui décide de me barrer et qui assume la responsabilité de la fin de notre couple.

J'avoue que je ne sais pas trop quoi faire. On s'aime encore, mais il est clair qu'on n'a rien en commun et qu'on n'est plus amoureux. On fonctionne bien au quotidien. Je ne veux ni mariage ni enfants, lui non plus. On s'admire mutuellement, et chacun respecte le besoin d'indépendance de l'autre. A côté de ça, on n'a aucun projet commun, et nos emplois du temps sont tellement décalés qu'on ne se voit pratiquement jamais. Il sait qu'il n'est pas ma priorité numéro un, et je sais que je ne suis pas la sienne.
Bref, tout dépend du niveau auquel je place ma barre d'exigence. On peut très bien continuer à cohabiter paisiblement et vieillir ensemble sans cris ni drames. Je pense que beaucoup de gens s'en satisferaient. Est-ce que moi, je suis assez raisonnable pour ça? Ca reste à voir.

dimanche 19 février 2006

KO en un round

Vingt-cinq ans de journal intime papier et deux de blogue. Des milliers de romans dévorés à longueur de journées, de soirées ou même de nuits. Douze ans de boulot dans l'édition, soit environ deux cents bouquins traduits. Une tendance inquiétante à feuilleter le Larousse "juste pour le plaisir". Plus une ascendance paternelle italo-provençale de bavards invétérés. Si je sais faire une chose dans la vie, c'est de jolies phrases qui expriment très exactement ce que je ressens (parfois de manière plus longue et beaucoup plus détaillée que mes interlocuteurs ne le souhaiteraient, j'imagine). Je suis le Clark Kent du langage.

Et apparemment, ma kryptonite verte, c'est les cartes Hallmark ornées de dessins de nounours et destinées à un public de fillettes de 8 ans. Si si. Moins de dix secondes après ouverture de l'enveloppe, mise en rideau totale des centres du vocabulaire et de la grammaire. T'façon ça tombe bien, j'avais la gorge tellement nouée que j'aurais eu du mal à articuler quoi que ce soit.

Je crois que j'ai même pas dit merci.

jeudi 16 février 2006

Faux espoir

Bon bah voilà, j'ai fini par accepter de continuer la série que je voulais arrêter juste parce que je ne supportais pas de revenir sur ma parole. Ce qui veut dire que je vais continuer à me taper 9 mois d'heroïc fantasy par an jusqu'en 2009. Je me sens comme le personne d'Albert Dupontel dans "Fauteuils d'orchestre" (sauf que si je fais un strip-tease au boulot j'aurai pas toute une salle de témoins). Heureusement que j'ai pas des masses de principes, parce que ceux que j'ai me coûtent drôlement cher! J'ai même pas négocié une augmentation. A ce stade je sais plus si c'est de la moralité ou de la connerie.
[Et avec tout ça j'ai encore pas cédé à la tentation de m'en griller une... Je suis : héroïque.]

lundi 13 février 2006

"Alice & June"

L'album qui tourne en boucle dans la chaîne du salon et le poste de la voiture, en ce moment, c'est le dernier Indochine. Je dois être en plein période revival-des-groupes-de-quand-j'étais-djeûn. N'empêche que j'ai été impressionnée par la qualité musicale et par la capacité de Nicola Sirkis à se renouveler après autant de temps. Bon, au niveau des textes, c'est toujours du Mylène Farmer au masculin avec des tournures de phrase encore plus abracadabrantes (Nicola partage d'ailleurs avec Mylène ce côté physiquement figé, "je n'ai pas bougé d'un poil depuis vingt ans", que je trouve à la limite du malsain, mais bon, ça doit être parce que je suis jalouse). Au niveau de la voix, c'est rien d'extraordinaire non plus... Pas grave, je suis fan.

jeudi 9 février 2006

No smoking - J13

La première semaine sans tabac, c'était étonnamment facile.
La deuxième, ça l'est beaucoup moins. D'abord j'ai recommencé à prendre des somnifères qui me transforment en zombie et me donnent terriblement besoin d'un petit coup de fouet. Ensuite, hier je me suis pris la tête avec un éditeur pour lequel je voulais arrêter de bosser - en gros il m'a traitée de lâcheuse, et je n'avais encore jamais brisé un engagement moral, donc ça me travaille beaucoup. Mais si je continue j'en prends pour douze mois (étalés sur 3-4 ans) de bouquins qui me sortent par les trous de nez... Sacré dilemme, d'autant plus que j'admire beaucoup le gars en question et l'apprécie sur un plan personnel.
Bref, aujourd'hui j'ai pas fumé, mais j'ai flingué un pack de Lipton aux agrumes et l'ongle de mon index gauche. La bonne nouvelle, c'est qu'il me reste plein de Lipton aux fruits rouges et neuf autres doigts à saccager.

lundi 6 février 2006

Le gène de la violence

Hier soir devant la télé. Le journal diffuse des images d'un quelconque massacre perpétré en Afrique noire. Commentaire de l'Homme, qui a mis les pieds au Sénégal une fois dans sa vie et se croit un expert sur la question: "Quand même, on peut dire ce qu'on veut, les Blacks, c'est des sauvages".
Moi: "QUOIIIIIIIIIIII?"
Lui: "Ben c'est quand même toujours chez eux qu'on s'entretue à coups de machette entre voisins."
Moi: "Et tu crois pas que c'est une question de culture et de circonstances plutôt que de couleur de peau?"

S'en suit une discussion assez chaude pendant laquelle je m'échine à lui faire admettre que s'il existe peut-être un gène de la violence, il n'est pas nécessairement présent chez toute une race et absent chez les autres. Qu'il n'y a pas si longtemps, les Européens se massacraient avec une barbarie qui n'avait rien à envier à celle des Africains (tout juste un peu plus de raffinement dans la méthode). Que dans une bonne partie de l'Asie aux moeurs si raffinée selon lui, chaque jour, des petites filles sont tuées à la naissance et des femmes adultes brûlées vives pour un rien. Qu'un Noir élevé chez des Blancs depuis son plus jeune âge adoptera leurs coutumes et leurs façons de faire, positives ou non. Que si lui-même, tout zen qu'il soit, avait grandi au Rwanda, il serait sans doute devenu un boucher comme les autres.

L'Homme ne veut rien entendre. Pourtant, il n'est absolument pas raciste. C'est le premier à juger les gens pour ce qu'ils font (comment ils se comportent) et non pour ce qu'ils sont (quelle est leur origine sociale ou la couleur de leur peau). Alors comment peut-il penser une chose pareille? Et est-ce que c'est moi la graine de fasciste pour avoir tant de mal à accepter qu'il ait une opinion différente que la mienne sur un truc qui me paraît aussi fondamental?

jeudi 2 février 2006

Instantanés

5 ans – Sur les photos, je suis un adorable bout de chou souriant avec des yeux qui pétillent. Il paraît que tout le monde m’adore. Je suis si sage que mes parents se sont longtemps demandé si je n’étais pas autiste. Du coup, ils m’ont donné une petite sœur il n’y a pas longtemps (ce qui s’avèrera un mauvais calcul, car la petite sœur en question cassera tout dans la maison et finira aux urgences avec un truc pété tous les six mois). Fascinée par les livres, je sais déjà lire et écrire depuis un an. Du coup, je rentre à l’école primaire avec un an d’avance. Je ne le sais pas encore, mais ma petite vie idyllique ne va pas le rester bien longtemps.

10 ans – J’ai encore sauté une classe (mes parents ont mis le holà pour une troisième) ; du coup je me retrouve en 5ème. La primaire, déjà, c’était dur. Je me faisais régulièrement taper dessus par mes camarades parce que toute petite, toute timide, incapable de me défendre et chouchou des profs. Le collège, c’est l’enfer. Les enfants sont cruels, mais les ados disposent de moyens autrement plus pervers pour torturer leurs pairs. La seule fois où j’ai craqué et essayé de parler à mes parents, ça a fait un foin pas possible ; ça s’est calmé pendant trois jours et c’est reparti de plus belle. J’ai bien retenu la leçon : dans la vie, on ne peut compter que sur soi. Les livres sont mes seuls amis. Je me prends de passion pour Racine ; je tiens un journal ; j’écris des poèmes pas spécialement bons mais où pointe un certain mal de vivre et une rébellion précoce contre la société, plus une pièce de théâtre à la fin de laquelle c’est le méchant qui gagne et part avec la fille (j’ai déjà une forte aversion pour les conventions de tout poil). Plus tard, je veux être écrivain. Je viens de commencer la danse classique et à ma grande surprise, je me débrouille bien – moi qui suis si empotée quand on fait du sport à l’école.

15 ans – L’année du bac. C’est rien de dire que je me cherche, surtout au niveau du look. J’ai la coupe de Catherine Ringer et à côté de moi, Madonna est un modèle de bon goût. Une fois, je suis allée en cours en pyjama ; une autre fois, en tutu ; le summum a sans doute été atteint avec une audacieuse combinaison chemise de cow-boy/minijupe en feutre vert/une chaussette fluo jaune et l’autre rose + mitaines assorties. Mais je ne suis plus seule. J’ai une petite bande de copines à la danse, un tas de copains dans mon club de jeu de rôles et même un premier grand amour. La danse, j’en fais deux ou trois heures tous les soirs de la semaine et je suis vraiment douée. Le jeu de rôles, je viens de découvrir et je suis à fond dedans : enfin, j’ai la possibilité de changer de peau, d’être qui je veux et d’échapper à une réalité dont la banalité me désole. Le grand amour, il va me plaquer au bout de deux mois en arguant de notre différence d’âge, et je passerai trois ans à multiplier les stratagèmes pour le reconquérir – en vain. C’est la seule fois de ma vie où je serai quittée. Je ne m’entends toujours pas avec les gens de ma classe, mais depuis que je suis entrée au lycée, on me fiche la paix. Je n’en demande pas plus, puisque je m’éclate à l’extérieur. Cette année-là, mon gros chagrin (à part le départ de Legolas), ce sera la mort de Balavoine. Sentiment d’injustice : si ce gars que je considérais comme un héros peut mourir à 33 ans à peine en essayant d’aider les autres, à quoi bon se conformer aux règles ? Il n’y a pas de récompense ici bas, et je n’ai jamais cru à l’au-delà.

20 ans - Je sors d’une grande école de commerce avec un bac +5 en poche. J’ai haï mes études, les petits minets BCBG de ma promo et le bourrage de crâne « vous êtes l’élite de la France ». Et maintenant je n’ai pas le choix : il va falloir que je bosse là-dedans, et vite car j’ai un gros emprunt à rembourser. Je vis seule depuis plusieurs années déjà, loin de ma famille et de mes ex-amis ; j’ai appris à m’assumer matériellement et à ne compter sur personne. De toute façon, je me méfie de tout le monde. Une sale cassure s’est produite dans ma vie. Depuis, ça ne tourne pas très rond dans ma tête. Je suis borderline schizo. J’ai trois personnalités bien distinctes à qui j’ai donné des noms et même attribué une couleur. Un rien suffit pour que je bascule de l’une à l’autre. Et j’entends en permanence les voix des deux autres dans ma tête. Tous les moyens sont bons pour les faire taire. L’alcool, à l’occasion. La drogue, chaque fois que c’est possible. Le sexe - extrême ou rien. D’autant que c’est le meilleur moyen que j’aie trouvé pour m’imposer et avoir enfin du pouvoir sur les autres. Ma seule vraie jouissance, c’est le moment où je vois basculer le regard de la personne d’en face et où je sais que je pourrais lui faire faire n’importe quoi. Je deviens très douée pour manipuler les gens. J’ai bien compris que c’était eux ou moi, et ça sera plus jamais moi. La souffrance, la folie et la mort me fascinent. La musique que j’écoute, les fringues que je porte, les bouquins que je lis, le regard que je porte sur le monde : tout en moi est goth.

25 ans – Je suis mariée. A un Breton psychorigide catho de droite qui veut une famille nombreuse. Qui pense qu’une femme ça porte les cheveux longs, ça s’habille en jupe (pas trop courte surtout) et ça laisse parler le chef de famille. Mais qui se tourne royalement les pouces sous prétexte qu’il ne veut pas faire un boulot ennuyeux et qu’il ne trouve rien d’assez bien pour lui. Du coup, j’assure toute seule financièrement. Aussi curieux que ça puisse paraître, on est fous l’un de l’autre. Et trop têtus pour céder sur quoi que ce soit. Résultat, on passe notre temps à se déchirer. Je refuse de jeter l’éponge. J’ai pris un engagement ; j’entends bien le respecter. Venir vivre à Nantes a eu le mérite de me couper du milieu que je fréquentais. Je ne me drogue plus, je ne touche pas une goutte d’alcool et je suis fidèle – même malheureuse, même sollicitée par plusieurs autres hommes. Je veux désespérément changer, trouver un équilibre et tourner le dos à mes vieux démons. Avoir enfin le sentiment de valoir quelque chose. C’est mon travail qui m’en fournit la première opportunité. Je me suis lancée au culot dans la traduction littéraire, et ça marché tout de suite. Je commence à avoir trop lu pour penser que je serai écrivain un jour. Je n’ai pas d’histoire à raconter, et si mon style est honnête, il n’a rien de follement original ou personnel. Mais comme ça, au moins, je bosse quand même avec des livres.

30 ans – Après un divorce houleux, une année passée aux USA et deux ans avec Etre Exquis – le premier homme avec qui j’ai eu une relation saine -, j’ai craqué pour mon prof d’aïkido qui était sur le point de se marier. Et j’ai fini par l’avoir. Nos débuts ont été très mouvementés ; nous avons mené une double vie jusqu’à son divorce et je ne donnais pas deux kopeks de notre histoire. Mais étonnamment…. Ca fonctionne. Nous sommes opposés et complémentaires. Il m’apaise, me rend plus sereine. Avec lui, j’arrive même à gérer la vie de couple, moi qui ne suis bien que seule à la base. A côté de ça, j’ai dû arrêter la danse pour cause de blessures au dos répétées ; je n’ai aucun ami qui habite à proximité et tous les hivers, je me tape une mini-dépression tellement je m’ennuie. Depuis mon adolescence, je ne visais qu’une chose : l’harmonie avec moi-même et avec mon environnement. Je l’ai, et je me rends compte avec angoisse que ça ne me suffit pas.

Le mois prochain, j’aurai 35 ans. Si j’ai appris une chose en cours de route, c’est que rien n’est écrit à l’avance et que très peu de choses sont réellement hors de ma portée. Que la vie a le chic pour nous surprendre et que les opportunités sont là pourvu qu’on sache les voir et les saisir. Que l’amour ne suffit pas, mais que rien n’a d’importance sans lui. Et que le pouvoir de l’esprit humain est quasiment infini – encore faut-il savoir ce qu’on veut en faire.

mardi 31 janvier 2006

No smoking - J4

Abattu ma trentaine de feuillets quotidiens à la vitesse grand V.
Respiré sereinement la bougie parfumée du jour ("Sugared Plums").
Mâché un unique chewing-gum; même pas bu de thé au bureau.
Pas grignoté entre les repas (si le goûter compte comme tel) ni mangé plus pendant.
Pas rongé mes ongles ni boulotté une demi-douzaine de capuchons de Bic.
Eté d'une gentillesse quasi-bouleversante avec les gens qui m'ont adressé la parole (l'Homme qui rentre encore méga tard ce soir, la vendeuse de chez Yves Rocher qui m'a annoncé qu'elle n'avait pas de rendez-vous disponible en épilation le seul jour où j'étais libre, et la boulangère qui m'a vendu le goûter susmentionné).

Je suis : zen.

lundi 30 janvier 2006

No smoking - J3

Je savais bien que la grande épreuve, ce serait le premier jour de boulot sans tabac.
Douze ans que j'ai des sueurs froides à l'idée de me retrouver en panne de Peter vertes alors que j'ai de la copie à pondre. Douze ans que je n'ai pas traduit une seule page sans une clope au bec ou à portée de main. Les cigarettes du dehors, celles que je m'accorde après un repas un peu arrosé ou parce que je suis avec des amis fumeurs, je les apprécie beaucoup mais je n'en ai pas vraiment besoin. Par contre, je me suis toujours sentie incapable de produire du texte sans une bonne dose de nicotine pour booster mes fonctions intellectuelles quand je démarre péniblement ma journée à l'aube glaciale (vers onze heures ou midi).
Et en plus j'avais pas acheté de patchs.
Bilan de ce lundi: une trentaine de feuillets traduits (ma moyenne habituelle), une bougie "senteurs marines" brûlée pour me donner quelque chose d'agréable à respirer, un chewing-gum sans sucre mâchouillé fébrilement, un repas de midi normal, une chope de thé aux fruits rouges dans l'après-midi, zéro patch, zéro clope.
Et j'ai même pas trouvé ça particulièrement dur.
Il ne me reste plus qu'à recommencer demain, et après-demain, et tous les autres jours de mon existence. En me disant (très important) que je ne viens pas de me priver d'un petit plaisir, mais de m'en offrir un autre: celui de vivre dans une atmosphère non polluée et de ne pas avoir à redouter un cancer des poumons.

vendredi 27 janvier 2006

Smoking, no smoking

L'autre jour, j'ai réalisé que j'avais passé exactement la moitié de ma vie à fumer - pas en continu hein... mais j'ai commencé l'été de mes 17 ans et je m'achemine doucement vers les 35.
Ca craint.
En plus, la fumée me donne des migraines terribles en fin de journée. Et je supporte de moins en moins d'avoir un bureau et des fringues qui empestent le tabac froid en permanence.
Donc... j'arrête.
J'ai écrasé ma dernière clope cet après-midi vers 16h. Demain, je vais m'acheter une bouilloire électrique pour le bureau, des kilos de thé en sachet, un plein chariot de chewing-gums sans sucre et probablement une boîte de patchs à la nicotine (je doute que ça serve à quelque chose car c'est au geste et au goût que je suis accro... mais bon, si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal).
Si tout ça ne suffit pas, j'irai consulter un acupuncteur ou demander à mon généraliste de me prescrire l'équivalent français du Zyban.
Et comme ça, je n'aurai pas totalement perdu mon mois de janvier.

mardi 24 janvier 2006

"Ce qui ne me tue pas me rend plus fort"

Dieu sait que je suis fan de Nietzsche, mais j'en ai plus qu'assez d'entendre les gens répéter cette maxime à tort et à travers comme un raccourci de "oui bon là je morfle grave mais je sais qu'au final j'en ressortirai grandi alors faisons contre mauvaise fortune bon coeur et tâchons de voir le verre à moitié plein hein". Pas que j'aie quoi que ce soit contre la méthode Coué ni même contre le positivisme si utilisé à dose raisonnable. Mais les coups durs, ça ne fonctionne pas comme le vaccin contre la grippe ou la mithridatisation. Ceux qui ne nous achèvent pas ne nous immunisent pas nécessairement contre les suivants. Parfois, ils ne font que nous fragiliser davantage, briser de plus en plus menu des morceaux déjà maintes fois recollés. Ou bien, ils nous endurcissent réellement, mais à quel prix? La fois d'après, on hésite à prendre des risques matériels ou sentimentaux - on a bien compris ce qui pouvait en résulter, bien senti comment ça pouvait faire mal. Et puis surtout... Qui a dit que le but dans la vie, c'était d'être fort et courageux? Personnellement, je me contenterais d'être heureuse.

dimanche 22 janvier 2006

Thanksgiving

Il y avait bien trop longtemps que nous n'avions pas veillé jusqu'à 2 heures du matin autour d'un bon verre de rouge (ou six) et du mythique gratin de macaronis à la grecque, à discuter de politique, de littérature et d'amour sans le spectre d'une vilaine maladie pour planer au-dessus de nous et ternir le bleu des yeux de Brigitte. Un jour peut-être, je trouverai les mots pour leur dire, à Jean-Claude et à elle, tout ce qu'ils représentent pour moi et à quel point je suis reconnaissante de les avoir dans ma vie. Pour leur expliquer que dans leur maison, ancienne ou nouvelle, je me sens davantage chez moi que dans l'appartement où mes parents habitent depuis que je suis môme. Pour les remercier de la confiance qu'ils ont placée en moi voici déjà dix ans, et qui m'a forcée à devenir une personne meilleure. Avoir été "choisie" par des gens d'une intelligence si fine et d'une humanité si profonde, c'est un honneur que je suis toujours un peu étonnée de mériter. Quand je sors de chez eux, j'ai l'impression qu'ils ont déteint sur moi, que je suis une personne fabuleuse et que je peux venir à bout de n'importe quoi.

jeudi 19 janvier 2006

7, la suite

Sept de vos qualités:
- Intelligente
- Loyale
- Franche
- Consciencieuse
- Créative
- Empathe
- Bon coeur

Sept de vos défauts:
- Cyclothymique
- Velléitaire
- Gourmande
- Râleuse
- Paresseuse
- Dépensière
- Narcissique

Sept de vos petites manies:
- Alphabétiser tout ce qui peut l'être; ranger le reste par couleur/genre/taille
- Me toucher le front chaque fois que je prononce, entends ou lis le mot "cancer"
- Faire des listes - pour tout
- Faire une fixette sur un aliment pendant un mois ou deux et m'en dégoûter à tout jamais
- Tout garder (tickets de ciné/concert/musée, cartes de resto, petits mots écrits par mes proches, souvenirs divers) comme pour prouver que j'ai bien vécu des choses et que ça n'était pas juste un rêve
- En hiver, toujours commencer à m'habiller par les chaussettes
- Replier mes jambes sous moi (sur le siège) quand je suis assise

Sept choses que vous sauveriez si votre maison brûlait:
- Mes chats
- Mes albums photo
- Les 17 volumes de mon journal
- Mon exemplaire dédicacé de la Treasury Edition de "Strangers in paradise"
- Le compotier art déco qui trônait autrefois dans la cuisine de mon grand-père
- Mes deux grandes Blythe
- Mes archives professionnelles

Sept chansons qui parlent de vous:
- "Nobody's wife" (Anouk)
- "Warm wet circles" (Marillion)
- "Des bouts de moi" (JJ Goldman)
- "Cosy prisons" (a-Ha)
- "Des attractions désastre" (Etienne Daho)
- "Me" (Paula Cole)
- "Fou de toi" (Zazie)

Sept CD que vous emporteriez sur une île déserte:
- "La gazza ladra" (Marillion)
- "Urban solitude" (Anouk)
- "Revelations" (Fields of the Nephilim)
- "Floodland" (Sisters of mercy)
- "Scoundrel days" (a-Ha)
- "Daholympia" (Etienne Daho)
- "Cats" (B.O. de la comédie musicale)

Sept films que vous ne vous lassez pas de revoir:
- "Breakfast at Tiffany's" ("Diamants sur canapé")
- "Point break"
- "Mermaids" ("Les deux sirènes")
- "Blade runner"
- "Pump up the volume"
- "Reality bites" ("Génération 90")
- "Clueless" ("Oui, j'ai honte")

mercredi 18 janvier 2006

Ca fera toujours un truc à rayer de la liste

Cet été, l'Homme et moi, on a décidé de s'envoyer en l'air:

http://www.latitude-challenge.fr/index1.html

7

Sept choses que vous voulez faire avant de mourir :
- écrire un livre
- passer mon brevet de chute libre
- de la figuration dans un film
- le tour de l'hémisphère nord
- parler six langues couramment
- rentrer dans du 36 en pantalon
- accompagner une mission humanitaire

Sept choses que vous faites bien :
- parler anglais
- "scrapbooker"
- craquer sur des chaussures importables
- m'organiser
- calculer de tête
- deviner la fin des films
- me faire des films

Sept choses que vous ne pouvez/savez pas faire :
- croire en Dieu
- chanter juste
- faire fonctionner n'importe quel appareil électrique ou électronique possédant plus de deux boutons
- revenir sur ma parole
- vivre dans le désordre
- monter la mayonnaise ou la chantilly à la main
- cacher mes sentiments

Sept choses qui vous attirent chez l'autre :
- une taille > à 1,80m
- les cheveux longs
- une dégaine de viking
- une culture étendue mais différente de la mienne
- l'ironie
- le sang-froid
- le petit creux entre le cou et la clavicule

Sept choses que vous dites souvent :
- C'est moi le chef de moi
- Je t'emm...
- Mais euuuuuh
- Certes
- Même pas en rêve
- Je comprends
- Va mourir

Sept béguins pour des célébrités :
- Alyson Hannigan
- Lauren Graham
- Christian Slater dans "Heathers" et "Pump up the volume"
- Patrick Swayze dans "Dirty dancing" et "Point break"
- Viggo Mortensen en Aragorn
- Morten Harket entre 30 et 35 ans (ou juste dans le clip de "Move to Memphis")
- Angelina Jolie

Sept personnes dont vous aimeriez qu'elles répondent aussi à ce questionnaire :
Qui a envie. Je suis pas le chef de vous.

dimanche 15 janvier 2006

Strength

How do you cut out from your life people who have seen you laugh and cry. Who listened to you sleeping and shared their warmth with you. Who saw what you look like in the morning after a restless night. Who travelled to the other side of the world with you and stared at the same alien landscapes. Who know your most shameful thoughts and darkest secrets. Who have mercilessly mocked you and selflessly helped you. Who know what a goofball you can be under the intellectual aloofness you usually show to the world. Who gave you back something you thought you had lost forever: faith in love and friendship. Who brought spring in your life after a very long winter. Who are all that really matters deep down.
But how do you live with the constant heartache and paranoïa, the fear that something unbearable is going to happen - and you know it will, you just don't know when. With the vulnerability that you hate, the feeling of being inadequate and pathetic that denies you the self-esteem you had such a hard time building up. With the voice in your head that says "You're just not enough".
In the end, what takes more strength?

samedi 14 janvier 2006

20 ans déjà

Il devrait y avoir une société pour la protection des chanteurs morts. Histoire d'empêcher Florent Pagny, Natasha Saint-Pier, Patrick Fiori et Grégory de la Starac' de massacrer les morceaux de mon idole de jeunesse en prime time sur TF1. Je cite ceux-là parce qu'ils viennent juste de m'écorcher les tympans, mais ils sont pas les seuls hein. Y'a pas un interprète qui soit foutu de reprendre correctement les chansons de Balavoine. Et c'est très bien comme ça.
Vingt ans déjà... Ca me file un sacré coup. Il n'est jamais arrivé à l'âge que j'ai aujourd'hui; désormais, il sera éternellement plus jeune que moi.

vendredi 13 janvier 2006

Bonne ou mauvaise nouvelle?

Je vais être tata pour la deuxième fois.
Cette fois c'est sûr: je reverrai plus jamais mes parents.

C'est marrant parce que la première fois, ma fragine avait eu un mal fou à tomber enceinte... Elle avait même suivi un traitement assez lourd contre l'infertilité. Et là, pouf! Je suis vraiment contente pour elle. Elle vient de se payer une année 2005 de merde sur à peu près tous les plans possibles; 2006 commence bien mieux pour elle. Bref, le contraire de moi, comme d'hab.

jeudi 12 janvier 2006

Y'a encore plus blonde que moi

La semaine dernière, le meilleur ami d'Etre Exquis prend rendez-vous pour le contrôle technique de sa voiture.
Et se rend au garage avec la Clio de sa femme.

mercredi 11 janvier 2006

A bon entendeur...


Si j'étais atteinte d'une maladie grave et qu'il me restait six mois à vivre, je voudrais le savoir. Je n'ai pas forcément des tonnes de qualité, mais j'ai toujours préféré regarder la réalité en face. J'ai souvent la tête dans les nuages; mes pieds, en revanche, sont bien plantés sur terre, et je suis assez solide pour encaisser n'importe quoi. Et surtout, une vraie "control freak". J'ai besoin de connaître toutes les données d'un problème ou d'une situation pour pouvoir la gérer au mieux. C'est très important pour moi de maîtriser chaque aspect de ma vie, d'en choisir le déroulement jusque dans ses moindres détails.

Je comprends que l'on puisse mentir ou dissimuler des faits pour ménager quelqu'un; il m'arrive de le faire avec des gens que je sais incapables d'affronter la réalité. Simplement, je ne fais pas partie de ces gens-là. Je ressens comme une véritable trahison le fait que mes proches me dissimulent des choses. Surtout quand j'ai déjà des soupçons. Dans le meilleur des cas, je suis en-dessous de la vérité, et il vaut mieux me la dire pour m'éviter de gamberger. Dans le pire des cas, j'ai mis dans le mille, et plus tôt je le saurai, plus vite je pourrai m'en remettre et tourner la page.

Adieu, prix Nobel de physique

La scène se passe hier soir, vers 21h30. Il commence à faire faim et l'Homme n'est pas là pour me nourrir. Je vais dans la cuisine, remplis une casserole d'eau et la pose sur le feu. Qui refuse catégoriquement de s'allumer. Je sens bien que la bouteille de gaz n'est pas vide, mais impossible d'obtenir la petite étincelle habituelle. Et nous n'avons pas d'allume-gaz dans la maison.
Dépitée, je colle deux bouts de poisson surgelé, un oignon émincé, quelques haricots verts/pommes de terre/carottes dans un plat en pyrex, arrose le tout de vin blanc et mets au four pendant une demi-heure. A la fin, le poisson et les haricots sont cuits, mais les carottes et les patates croustillent sous la dent, ce qui n'est pas l'idéal. Je mange du bout des dents.
Un peu plus tard, l'Homme rentre. J'ai encore faim et je suis grognon. Je lui explique mes déboires. Il éclate de rire.
- Et toi, une fumeuse, t'as pas eu l'idée d'utiliser ton briquet ou des allumettes?

...

Plus tard encore, nous sommes en train de regarder un téléfilm très intéressant sur la vie de Stephen Hawkins, l'auteur de la théorie du Big Bang.
MOI (émerveillée): Quand même, t'imagines ce qu'on doit ressentir quand on vient de percer un mystère de l'univers? Bon d'accord, y'a peu de chances que ça nous arrive un jour...
L'HOMME (ironique): Ben disons qu'il y en a au moins une de nous pour qui c'est mal barré.

samedi 7 janvier 2006

Bilan 2005 - livres, ciné, télé

Romans lus cette année, hors boulot: 47. On touche le fond, là. Depuis que je suis capable de déchiffrer l'alphabet, j'ai jamais dû faire un "score" aussi bas. C'est mal. Et ça rend l'élaboration de mon top 3 habituel un peu difficile faute de matière. En réalité, deux livres seulement m'auront marquée cette année: "Jonathan Strange & Mr Norrell" de Susan Clarke, et "Une fièvre impossible à négocier" de Lola Lafon (dans des genres très différents). Si je devais en choisir un troisième, je dirais sans doute "The house of leaves" de Mark Z. Danielewski. Mention honorable à "Un amour de jeunesse" de Ann Packer et à "Tout ce que j'aimais" de Siri Hustvedt.

Films vus au ciné: 26, ce qui doit être dans ma moyenne habituelle. M'ont vraiment vraiment plu: "The edukators" et "Les seigneurs de Dogtown". M'ont vraiment vraiment déçue: les deux Tim Burton, le 4ème Harry Potter, l'adaptation du Monde de Narnia. A côté de ça, pas mal de petits films dont je n'attendais rien de spécial et qui m'ont fait passer un très bon moment, comme "Ma vie en l'air" ou "Travaux: on sait quand ça commence..."

Séries télé en cours: là par contre, sans hésitation - "The L word", "Desperate housewives" et "NCIS".

jeudi 5 janvier 2006

Bilan 2005 - ma vie, mon oeuvre

Allez zou, un post positif pour changer un peu! Oui, j'ai le moral au trente-sixième dessous en ce moment. Ca ne change rien au fait que 2005 aura été une année exceptionnelle pour moi (peut-être la meilleure à ce jour, à vue de nez et sans trop réfléchir). J'ai fait deux magnifiques voyages à l'autre bout du monde et réussi à passer pas mal de temp avec ma famille de coeur, malgré l'éloignement. J'ai rencontré la chouchoute, plusieurs fois, et ressorti du placard ma passion d'ado pour a-Ha. J'ai beaucoup moins lu que d'habitude, mais beaucoup plus écrit. Je pense m'être pas mal améliorée niveau caractère - je suis devenue moins misanthrope, moins cynique, moins matérialiste, plus tolérante et plus affectueuse. Une petite opération m'a débarrassée d'un problème de santé que je traînais depuis des années. Au boulot, rien de spécial à part une série chiante mais qui devrait faire bien sur mon CV, et un gros ras-le-bol qui m'a décidée à prendre les mesures nécessaires pour changer d'orientation, même si ça ne se fera pas du jour au lendemain. Côté coeur, beaucoup d'interrogations que j'ai gérées plus ou moins bien. Le prix citron va à ma famille de sang qui ne s'est pas particulièrement distinguée cette année (du moins, pas en bien). Mais bon. Je retiens surtout les paysages inoubliables, les fou-rires à s'en faire mal au ventre, les expressions devenues cultes et le vertige des sentiments.

mercredi 4 janvier 2006

Dédoublement

En ce moment j'ai l'impression que mon corps et mon esprit sont totalement déconnectés.
Le premier se lève tous les jours en grognant qu'il n'a pas assez dormi, avale son thé vert qui l'enverra aux toilettes douze fois dans l'heure suivante, se douche en pestant contre le froid qui règne dans la salle de bain, s'habille en soupirant que toutes ses fringues le boudinent, se rend au boulot à reculons, aligne tant bien que mal ses trente feuillets de trad, se rentre chez lui vers 18h30-19h, s'installe devant le PC et se connecte à AIM où il essaie de trouver des choses spirituelles à raconter à ses potes. Vu de l'extérieur, il est mon moi habituel, pitre râleur et lunatique.
Mais à l'intérieur de ce corps en pilotage automatique qui donne vraiment bien le change, je hurle en silence, pleure à m'en donner la nausée, me coupe sur le tranchant de mes sentiments indésirables, me cogne aux murs étanches qui ne laissent ni sortir ma voix ni entrer ma raison. Chaque jour, chaque heure, chaque minute presque, une seule chose occupe mon esprit, et cette chose est à jamais hors de mon atteinte.

mardi 3 janvier 2006

Do... fa sol la si do

Février 1993. Londres. A l’occasion d’un séjour chez un ami qui finit ses études dans une école de commerce anglaise et loue une maison avec plusieurs autres français, je fais la connaissance de Rémi. Tout de suite, c’est une évidence pour moi : ce garçon est mon âme-frère. Nous sommes très exactement sur la même longueur d’ondes. Nos lectures, nos humeurs, nos opinions, nos failles, nos dérives se font systématiquement écho. Nous passons des nuits entières à discuter autour de la table de la cuisine et à partager notre vision gothique du monde. Nous avons tous les deux été très marqués par Lautréamont et Artaud ; chacun est capable de réciter par cœur « L’horloge », notre poème préféré. Je sors du même cursus scolaire qu’il est en train d’achever – un domaine où nous excellons tous les deux sans forcer, mais sur les codes duquel nous crachons. En lui, j’ai l’impression de voir mon double dans un miroir spirituel, à un point presque effrayant. Il est juste assez féminin et moi juste assez masculine pour que la similitude soit quasi-parfaite.
Coup de chance : Rémi n’est pas mon genre physiquement, et je ne suis pas le sien. Sinon, je sens bien que ça virerait à un remake de Bonnie & Clyde incestueux. Dieu sait que séparément, nous sommes déjà assez dangereux pour nous-mêmes. Dans une société dont nous rejetons les valeurs et où nous ne trouvons pas notre place, nous aspirons naïvement, mais avec toute la passion de nos vingt ans, à n’être que de purs esprits. Frustrés par les limitations de cette prison de chair qui nous rend fous, nous nous vengeons en tâchant d’en jouir de toutes les manières possibles. Le strict minimum de nos besoins matériels une fois assuré, nos principales activités consistent à nous étourdir en boîte, fumer des joints, sniffer de la coke, gober des amphétamines, draguer des gens dont le corps excite notre désir et l’intellect notre mépris. Nous nous auto-détruisons avec un humour très noir qui ne masque notre désespoir qu’aux yeux des autres.
Après mon retour en France, Rémi et moi entamons une correspondance régulière – des lettres de plusieurs pages recto-verso écrites serré grâce auxquelles nous maintenons notre lien. Nous ne sommes pas amants, nous ne sommes pas non plus amis. Chacun est le témoin de l’existence intérieure de l’autre, le point de repère qui lui permet de se maintenir à flot. Un soir où je me sens particulièrement seule, je conclus une de mes missives par : « Ce soir, j’aimerais être avec toi pour voir ma folie se refléter dans tes yeux ». En guise de réponse, il me renvoie un poème qu’aujourd’hui encore je connais par cœur et qui se termine par ces lignes : « Capitule ! Ta liberté t’empoisonne / Elle est ton gouffre, elle t’emprisonne ». Peu de phrases de grands auteurs ont trouvé autant d’écho en moi.
Au bout d’un an et demi, nos échanges ralentissent et finissent par cesser tout à fait. Probablement à cause de moi. Je viens de me marier et j’ai décidé de me racheter une conduite. J’ai envie que ça marche et je sais déjà que si je reste moi-même, ça ne va pas être possible. Après quelques mois de silence, Rémi me téléphone pour prendre de mes nouvelles. Je suis gênée et évasive. « Les gens heureux n’ont pas d’histoire », voilà comment je me justifie. Bien sûr, je ne suis pas heureuse, mais pour le moment du moins, je n’ai pas le courage de me l’avouer.
Après ça, je n’entendrai plus jamais parler de Rémi.
Aujourd’hui, je me demande ce qu’il est devenu, et j’aimerais vraiment, vraiment qu’on puisse comparer nos parcours.

That time of the night

4h du mat’ et des poussières. Couchée depuis 00h10 très exactement. Impossible de trouver le sommeil. Trop de pensées se bousculent dans ma tête. Les ruptures auxquelles je n’arrive pas à me résoudre. Les aveux qui risqueraient de tout casser. Les choix impossibles qu’il faudra bien faire un jour, pourtant… L’impression que garder tout ça au fond de moi et ne pouvoir en parler à personne va finir par me faire exploser. Je n’ai rien réclamé, moi, et surtout pas ces sentiments que j’ai de plus en plus de mal à gérer. Envie de hurler, de me taper la tête contre les murs pour faire taire les voix qui refusent de me laisser en paix. Je me lève et passe dans la salle de bains. Ouvre le petit tiroir de gauche. Fixe la plaquette de comprimés blancs que j’ai arrêté de prendre à cause des effets secondaires. Combien pour dormir vraiment et ne plus jamais me réveiller ? Je n’ai pas envie de mourir. Mais je ne sais pas comment tuer ce truc tapi en moi et qui me ronge comme un cancer.
L’angoisse et l’insomnie, couple infernal dont les deux partenaires s’alimentent l’un l’autre…
Je referme le tiroir sans avoir touché à son contenu. Demain matin, je me rappellerai que j’ai beaucoup de chance, que je kiffe la vie, que j’ai surmonté bien pire et que le temps guérit tout. En attendant, les yeux grands ouverts dans le noir, je vais retourner le couteau dans la plaie jusqu’à ce que plus rien n’en coule ou que l’épuisement ait raison de moi.

lundi 2 janvier 2006

Réveillon 2006

Je me doutais bien que rien ne pourrait égaler le dernier réveillon. D’abord parce que ma cuvée de jours de l’an mémorables, apparemment, c’est tous les 7 ans : 1991 à la Lauzade, 1998 à Bruxelles, 2005 en Normandie. [Ca m’énerve d’avoir ce point commun avec Dan Brown, mais j’aime bien faire parler les chiffres. Je sais, c’est pas rationnel du tout, honte à moi.] Ensuite parce que les conditions n’étaient pas les mêmes. D’une part c’était moi qui recevais, ce qui veut dire passer un certain temps en cuisine et autres tâches d’intendance. D’autre part et surtout, je suis absolument incapable de me lâcher en présence de l’Homme. Donc je savais à l’avance qu’il n’y aurait pas de roulage par terre en braillant « Comme d’habitude », pas de vautrage sur mes petits camarades, pas de sieste en tas, pas de discussions avinées jusqu’à 6h du mat’, pas de léchage de champ’ renversé sur table et autres joyeusetés quelque peu nuisibles à mon image de marque mais ayant le mérite de faire rire tout le monde.

Le vendredi et le samedi furent effectivement très moyens. Entre Autre Moi affligée d’une bonne grosse crève, Junior barbouillée et quasi incapable d’avaler quoi que ce soit, Kris dans sa plus belle imitation d’insupportable môme de 7 ans et l’Homme dans son propre rôle qu’il joue si bien (adulte, désespérément adulte), je m’apprêtais à classer tout le week-end dans la catégorie des soufflés qui ne montent pas. [En plus, ma robe a bel et bien explosé. Deux fois. C’est juste un détail, mais c’est vexant. J’en suis quitte pour me remettre au régime - et vite. Dans ma prochaine vie, ou je suis un homme doté du métabolisme de Guy l’Eclair, ou le sosie de Carla Bruni. Sinon, je reviens pas.]

Et puis le dimanche, la magie a fini par prendre. Allez savoir pourquoi. Merci en tout cas à l’inventeur du Pictionnary qui nous aura valu quelques superbes fou-rires et des vidéos hautement compromettantes. Je ne pourrai plus jamais entendre le mot « culbuter » sans l’écho d’Autre Moi qui hurle quasi dans la foulée « enlacer » et « s*d*miser », ni voir une gourmette sans que s’y superpose l’image de Kris et Vinc en train de faire de la lutte gréco-romaine dans mon salon. Et si j’avais un bidet, je ne pourrais pas m’en servir sans revoir Autre Moi et Vaness accroupies côte à côte dans le vide.

Bref le résultat, c’est qu’à 20h30 je sanglotais sur le quai de la gare. Devant tout le monde. Toute honte bue en même temps que les dernières gouttes de champ'. Et que là je me demande si dans le courant de 2005, j’aurais pas été enlevée par des extra-terrestres et remplacée par un clone à l’insu de mon plein gré tellement je me reconnais plus.

dimanche 1 janvier 2006

Ils s'en vont dans moins d'une heure...

...Et j'en ai mal au ventre au point que je suis incapable de passer ces derniers instants avec eux.

lundi 26 décembre 2005

Noël cette année

Pas de grand repas de réveillon avec toute ma famille (c'est le premier Noël que je passe sans ma frangine depuis 1993... Dieu merci les circonstances sont moins tragiques).
Pas de cadeaux parce que marre de la conso imposée à date fixe alors qu'on arrive très très bien à dépenser nos sous et à se gâter entre nous les 364 autres jours de l'année.
Pas de sapin parce que le symbole me touche absolument pas et que je trouve le concept boules-guirlandes franchement neuneu.
Pas de cartes de voeux, faites main ou autre, parce que dans le fond personne en a rien à foutre.
Juste un dîner amélioré le soir du 24 avec mes parents (je sais, je suis faible... Finalement j'ai pas eu le coeur de les envoyer bouler), et une raclette avec les meilleurs amis de l'Homme et leurs enfants le lendemain parce que j'ai toujours plaisir à les voir quelles que soient les circonstances.

dimanche 25 décembre 2005

Faut ce qu'il faut

J'ai essayé ma robe pour le réveillon du jour de l'an.
Si je reste debout, à jeûn et en apnée toute la soirée, y'a peut-être une chance qu'elle survive jusqu'en 2006.

Mort d'un portable

On n'a pas idée de faire des bouteilles d'eau aussi instables, dont un simple geste un peu brusque suffit à renverser le contenu sur un innocent ordinateur portable! Résutat: malgré un épongeage en vitesse supra-luminique, deux touches ne fonctionnent plus, dont la barre d'espace. Très ennuyeux pour quelqu'un qui bosse sur Word et qui était censé travailler entre les fêtes (non, je jure que ce n'était pas un acte manqué!).

Coup de fil embarrassé à l'Homme: "Je crois que j'ai fait une bêtise...". Il me dit de ramener la bête à la maison pour qu'il l'examine. Tente un coup de sèche-cheveux, puis de produit dégrippant. Pas de résultat. Entreprend alors d'ouvrir le patient avec un tournevis pour lui faire une opération à coeur ouvert de la main gauche (droite toujours HS). Moi, admirative devant cette maîtrise, cette habileté, ce petit pli concentré entre les sourcils que je trouve terriblement sexy: "Ouaaaah, mais où t'as appris à faire ça?" Lui: "Nulle part, je dévisse tout ce qui me tombe sous la main et on verra bien."

...

Donc au final, deux touches du clavier n'ont jamais pu être remontées et les trois quarts des autres ont totalement cessé de fonctionner. J'ai failli partir à la Fnac racheter un ordi portable à l'arrache, un vendredi 23 décembre à 18h30. La seule chose qui m'a retenue, c'est qu'en cas de contrôle fiscal de mes comptes, personne aurait jamais voulu croire mon histoire.

jeudi 22 décembre 2005

Good for you, Elton!

Hier, les premières unions civiles entre homosexuels ont été célébrées en Angleterre. Bien qu'elles n'en portent pas le nom, elles donnent aux nouveaux conjoints les mêmes avantages qu'un mariage "classique". Je trouve que c'est une excellente nouvelle, mais jamais je n'aurais cru voir le jour où l'Angleterre se montrerait socialement plus progressiste que la France. Non: nous, pour ménager les susceptibilités, on a accouché de ce contrat bâtard qu'est le Pacs. Certes, je suis la première à en profiter. Il n'empêche que je ne suis pas d'accord avec le principe. Après tout, si les couples hétéros (comme l'Homme et moi) veulent bénéficier de réductions d'impôts et de droits de succession, rien ne les empêche de se marier - et d'en accepter les inconvénients en même temps que les avantages. Et les couples homosexuels ne sont toujours pas reconnus comme égaux aux autres. Le Pacs est en quelque sorte un contrat de deuxième classe, une manière de dire "On tolère que vous montiez dans le bus mais surtout n'allez pas vous asseoir avec les Blancs". Ah non, pardon, je me trompe d'époque et de pays. Le sujet, lui, reste le même: la ségrégation basée sur des critères qui ne dépendent aucunement de la volonté des personnes concernées.

mardi 20 décembre 2005

Tokyo Dome City


Sept mois après mon retour, je me suis enfin décidée à attaquer le scrapbook de mon voyage au Japon. J'aime tellement la page ci-contre que je l'ai envoyée à Creating Keepsakes, un magazine américain qui publie énormément de pages de lectrices.
Légende: "Le grand huit le plus impressionnant que j'aie jamais vu, et la seule grande roue au monde sans rayons ni axe central".

Imagine un empereur...

L'Homme s'est fait opérer du canal carpien ce matin. Il doit garder le bras droit en écharpe pendant dix jours. Mesquinement, je m'en réjouissais d'avance: il allait enfin être à ma merci! Quant à lui, il n'était pas mécontent d'avoir enfin un prétexte pour échapper au ménage obligatoire (c'est contre ma religion) et à la cuisine du week-end.

Une heure après son retour au bercail, je dois me rendre à l'évidence: l'Homme se débrouille mieux avec son seul bras gauche que moi avec les deux. Pas assez, cependant, pour passer la serpillière avant/après Noël et avant/après le réveillon du jour de l'an. J'ai comme l'impression que je me suis encore fait avoir...

Pendant ce temps, je continue à plancher sur ma deuxième série dont le héros est un guerrier manchot que son destin lie à un grimoire maudit. Message à mon éditeur: la prochaine fois, essaie de me trouver, je sais pas moi, un cul-de-jatte persécuté par une épée vorpale, ça me changera un peu.

lundi 19 décembre 2005

Le mystère du jour

Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi j'ai reçu aujourd'hui les catalogues printemps-été 2006 de La Redoute et des Trois Suisses (ma boîte à lettres a frôlé l'infarctus) alors que l'hiver ne commence officiellement qu'après-demain? Quel génie du marketing a bien pu imaginer que ses clientes auraient envie de se ruiner en tongs et en robes de plage alors que la température frôle le 0° et que les soldes de vêtements portables en ce moment commencent dans quinze jours? Hein, qui?

dimanche 18 décembre 2005

Bientôt Narnia...

Suis en train de relire la série complète des "Chroniques de Narnia" - 7 bouquins en tout, comme "Harry Potter" qui l'a détrônée au rang de série de littérature jeunesse la plus vendue de tous les temps. J'avais oublié à quel point ces livres étaient courts! Du coup, je suis encore plus curieuse de voir le film. "Harry Potter et la coupe de feu" pêchait par ses excès de coupe sauvage dans l'histoire; là je me pose un peu la question inverse: comment les scénaristes ont-ils réussi à étirer deux cents petites pages écrites gros sur deux heures de pellicule?

mercredi 14 décembre 2005

Dilemme de fin d'anée

Junior a décidé qu'on devait tous se faire beaux pour le réveillon du Nouvel An.
Personnellement, je suis pour - ne serait-ce que pour voir la tête que vont tirer les membres masculins de notre bande, plutôt abonnés au jean-baskets.
Une question se pose, cependant: dois-je affronter une foule hystérique pour me trouver une nouvelle robe de soirée, ou ressortir une de celles que j'ai déjà dans mon placard et cesser de manger jusqu'au 31 pour pouvoir l'enfiler?

mardi 13 décembre 2005

Greenpeace 1, marine française 0

Hier, trois commandos de militants de Greenpeace se sont introduits dans le port militaire de Toulon. L'un d'eux s'est fait arrêter avant d'atteindre son objectif, mais les deux autres ont réussi à monter à bord du Clémenceau. Là, ils ont déployé des banderolles et tagué des slogans afin de s'opposer au départ de l'ex-porte-avion pour l'Inde, où il doit être déferraillé. A l'heure actuelle, deux militants sont toujours perchés dans une grue dont ils refusent de descendre.

Le plan Vigipirate est actuellement en vigueur dans le pays, et même en temps normal, l'arsenal de Toulon est censé être l'un des bastions militaires les mieux protégés d'Europe. En outre, la marine était prévenue de l'action de Greenpeace. Et malgré tout ça, elle n'a pas réussi à l'empêcher. Dès lors, on frémit en pensant à ce qui aurait pu se passer si les gentils manifestants avaient été des kamikazes décidés à frapper un grand coup. Si je ne m'abuse, il y a au moins un noyau nucléaire à bord du Charles-de-Gaulle...

lundi 12 décembre 2005

Surprise!

Reçu ce matin une très gentille et assez longue lettre de la Chouchoute. Nous ne nous sommes rencontrées que deux ou trois fois, et j'ai dû lui envoyer ces deux dernières années quatre ou cinq cartes et lettres - autant dire, rien comparé à la plupart de ses autres fans. Jamais je n'ai joint d'enveloppe timbrée ni réclamé de réponse, et je ne suis même pas sûre d'avoir indiqué mon adresse au dos. Cette fille a une mémoire absolument dingue - elle se souvenait de tas de petits détails me concernant. Je trouve ça génial qu'une artiste puisse s'intéresser autant à ses fans et avoir toujours une attention ou un mot pour eux. Je sais qu'elle écrit ou téléphone régulièrement à des ados mal dans leur peau, qui traversent un passage difficile. Et même si je suis une adulte pas hystérique pour deux ronds et plutôt bien dans ses baskets, j'avoue que son courrier m'a fait très plaisir. Pour une fois que je démarre un lundi avec un grand sourire!

samedi 10 décembre 2005

Ca fait toujours plaisir

Il y a un mois de ça, j'ai proposé de faire Noël chez moi cette année. Autrement dit, de me charger des courses, de la cuisine, de la déco, du ménage, etc.
Aujourd'hui, j'apprends que ma soeur et mon beau-frère ne sont pas sûrs de pouvoir venir pour des raisons professionnelles, et que si ça se confirme, mes parents partiront à Toulouse pour faire le réveillon avec eux.
...Nous laissant totalement en plan, l'Homme et moi, puisque l'Homme aura été opéré du bras quelques jours plus tôt et ne pourra pas bouger.
J'ai dit à mon père que je trouvais ça un peu cavalier de leur part et que j'en avais marre d'être considérée comme une "fille de seconde classe" juste parce que je n'ai pas daigné me reproduire.
Réponse paternelle: "Oh là là, mais tu deviens drôlement susceptible en vieillissant".
J'ai la haine.

mercredi 7 décembre 2005

"Harry Potter et la coupe de feu" (2)

Le livre est, sans conteste, mon préféré de la série: celui où l'histoire bascule définitivement vers le tragique et les héros vers l'âge adulte. J'attendais le film avec impatience. Quelques connaissances avaient été le voir avant moi, et leur avis plutôt tiède m'avait amenée à revoir mes espoirs à la baisse.
...Mais pas encore assez.
Au bout d'un quart d'heure, j'étais absolument catastrophée. "C'est un massacre!" soufflai-je à l'Homme, qui leva les yeux au ciel d'un air entendu et se garda bien de répondre. La coupe du monde de quidditch, expédiée en deux minutes douze! Les scènes qui s'enchaînaient brutalement, avec des dialogues réduits à leur plus simple expression! Heureusement, tout cela fut un peu rattrapé par l'hilarante préparation du bal de Noël. Ensuite... J'assistai à un naufrage de deux heures qui m'attrista infiniment plus que celui du Titanic (pendant lequel Etre Exquis s'était endormi).
Je comprends que 2h35, ce n'était pas suffisant pour caser tous les détails du bouquin. Je comprends - même si je le déplore - que le Front de Libération des Elfes de Maison soit passé à la trappe, que Luna Lovegood n'apparaisse nulle part et que le statut d'animage de Rita Sketeer ne soit jamais révélé. Je comprends aussi que ça n'est pas la faute du réalisateur si les jeunes acteurs grandissent plus vite que leurs personnages et si Daniel Radcliffe fait figure de nabot échappé du "Seigneur des Anneaux" à côté de ses camarades. Je veux bien accepter les changements de costumes et de décors, même s'ils ne me semblaient pas indispensables. Mais était-il vraiment nécessaire de focaliser le film sur les scènes d'action (autrement dit, les épreuves du tournoi) en occultant tout ce qui fait le charme des livres de JK Rowling? Plus d'intrigue à proprement parler. Très peu de temps consacré à la psychologie des personnages et à l'évolution de leurs rapports. En échange, une débauche d'effets spéciaux qui m'ont laissée totalement froide.
Dire que je suis déçue serait un doux euphémisme.

dimanche 4 décembre 2005

Maudite Nouvelle Série: Tome 1, le produit fini

Reçu les exemplaires de démonstration de "Maudite Nouvelle Série: Tome 1" qui devrait sortir en février.
J'aime pas l'illustration, beaucoup trop terne. Personne ne repèrera jamais le bouquin sur les grandes tables des librairies. J'aime pas la quatrième de couv avec ses commentaires bidon. J'aime pas non plus la reliure souple et le papier plus blanc que blanc qui à mon sens jurent avec le ton du roman. Bref, je suis plutôt déçue.
En même temps, avec le budget marketing qu'ils ont mobilisé pour lancer ça, si les ventes ne sont pas vraiment très bonnes, je pense qu'ils arrêteront la trad française. Ce qui serait, en grande partie, un soulagement pour moi.

Retour de week-end

Pour cause d'oedème du genou agravé d'eczéma galopant sur grand maître japonais confié à ses bons soins, l'Homme est parti de Sète en retard cet après-midi. Il a donc confié à mes parents le soin de venir me récupérer à l'aéroport. Le problème, c'est que je n'avais pas mes clés sur moi. A 20H, je me suis donc retrouvée toute seule à faire le pied de grue devant chez moi, dans le noir et dans le froid, avec mes bagages pour seule compagnie. Notez, ça aurait pu être pire: il aurait pu se mettre à pleuvoir.

Pendant ce temps, mes VIP faisaient la queue au ciné de Belle-Epine pour voir le 4ème Harry Potter (je sais très bien qu'il va me décevoir, mais j'ai quand même super hâte d'y aller). Je hais les retours de week-ends.

mercredi 30 novembre 2005

Je suis colère

Appelé Etre Exquis ce matin pour lui proposer un dîner à deux, car on ne s'est pas vus depuis qu'il s'est remis avec sa nouvelle copine. Réponse gênée de l'intéressé: "Oui mais tu comprends, maintenant, le soir, je rentre à la maison retrouver Bobonne. Par contre si tu veux on peut déjeuner ensemble." Il se trouve que le midi, je bosse - contrairement à lui qui glande la majeure partie de ses journées. Il se trouve également que c'est moi qui lui ai conseillé de passer l'éponge quand Bobonne s'est pointée toute repentante un mois après l'avoir plaqué pour se remettre avec son ex. Il se trouve, enfin, que depuis six ans je me bats pour imposer nos dîners mensuels à l'Homme qui ne saute jamais d'enthousiasme quand je lui annonce que je vais passer la soirée avec mon ex. Il se trouve donc que j'ai poliment raccroché au nez d'Etre Exquis en lui disant que là tout de suite il n'était pas ma personne préférée au monde, et que je préférais qu'on en rediscute plus tard de peur que mes paroles dépassent ma pensée.

mardi 29 novembre 2005

Bain: mode d'emploi

Verser dans la baignoire une bonne rasade de bain moussant à la menthe, celui qu'on a ramené de Florence et qui est méga-galère à trouver en France (du coup on ne prend qu'un bain par an pour l'économiser) (mais les 364 autres jours, on se douche, hein).
Régler le mitigeur sur trois quarts chaud.
Pendant que l'eau monte, appliquer un masque purifiant-nettoyant dont l'odeur de camphre rappelle celle du liniment qu'on se mettait sur les tibias pour minimiser les traces de coups, au temps où on faisait de la boxe thaï.
Se déshabiller. Regretter, en voyant le col de son pull enduit de plâtras blanc, de ne pas avoir inversé cette étape avec la précédente.
Se regarder dans la glace en écarquillant des yeux pleins d'incrédulité et d'effroi à la vue du petit pneu qui commence à faire son apparition, là, juste au-dessus des hanches, alors qu'on n'a jamais eu de ventre de sa vie et que c'était à peu près la seule zone dont on était satisfaite.
Exécuter une longue série d'abdos afin d'éliminer les calories du chocolat chaud + Spritz englouti un quart d'heure auparavant (parce que bon, après une journée de boulot pénible, faut bien s'accorder une petite récompense).
Maudire Sophie Marceau, Monica Bellucci, Nicole Kidman et toutes ces célébrités qui n'ont jamais été aussi belles qu'à l'approche de la quarantaine. Trouver ça parfaitement injuste et décourageant pour Mme Tout-le-Monde (non, pas la femme de Mr Tout-le-Monde: moi). Songer qu'on n'a jamais que 34 ans, et donc encore un peu de temps pour se rendre présentable avant l'échéance fatidique (l'espoir fait vivre).
Enfin - enfin! - s'immerger dans l'eau avec délice. Et lenteur, car finalement elle est un poil trop chaude.
Se mouiller la tête intégralement, sans rouspéter pour une fois, et faire la planche. Constater que même quand on ne mesure qu'un mètre cinquante-quatre et qu'on a une grande baignoire, il y a toujours un petit bout qui dépasse (genoux ou orteils). Trouver ça agaçant.
Flotter béatement pendant... oh, bien quatre minutes dix avant que l'eau commence à refroidir.
A toute vitesse, nettoyer le masque immonde avec un gant; se faire un shampoing et un soin après-shampoing, un gommage visage et un gommage corps. Au dernier moment, penser aussi à se savonner avant de sortir de la baignoire, enveloppée d'effluves de papaye, de noix de coco et d'enzymes de fruits variés. Le mélange n'est pas aussi agréable qu'on pourrait le croire.
Se sécher vigoureusement (ça fera toujours quelques calories de plus en moins).
Se tartiner de crème-soufflé Origins (sorte de produit miraculeux qui ressemble à une caresse fondante en pot de 50 ml. Ca coûte le prix du caviar, mais ça sent nettement meilleur).
Se regarder de nouveau dans la glace. Constater qu'avec le bout des doigts qui ressemble à des pruneaux sous vide, on n'est toujours pas plus belle qu'avant.
Se dire que d'ici l'an prochain, on aura sans doute oublié et que ça ne nous empêchera pas de remettre ça.

lundi 28 novembre 2005

Dernière ligne droite

Si tout va bien, je termine demain soir le maudit bouquin sur lequel je peine depuis presque trois mois. J'aurai pas volé mon chèque, tiens! Après ça, fin de semaine tranquille: mercredi journée off pour montrer les ficelles du scrap à une copine et faire un tour chez l'esthéticienne (même l'Homme qui n'est pas très regardant a fait la grimace l'autre jour en voyant l'état d'embroussaillement de mes mollets); jeudi j'attaque une nouvelle série (pourvu que ce soit pas trop chiant, y'a 5 ou 6 tomes...), et vendredi je file (ou plutôt je vole) à Paris retrouver mes VIP pour le week-end. Ils ont prévu une sortie à Disneyland. Ca tombe bien, j'ai souvent des nausées en ce moment; je suis sûre qu'un petit coup de Space Mountain va me dégager ça vite fait...

dimanche 27 novembre 2005

Document authentique

TRANSCRIPTION D'UNE COMMUNICATION RADIO ENTRE UN BATEAU DE LA US NAVY ET LES AUTORITÉS CANADIENNES AU LARGE DE TERRE-NEUVE, EN 1995

Américains : Veuillez dévier votre route de 15 degrés nord pour éviter une collision. À vous.
Canadiens : Veuillez plutôt dévier VOTRE route de 15 degrés sud pour éviter une collision. À vous.
Américains : Ici le capitaine d'un navire des forces navales américaines. Je répète : veuillez modifier votre course. À vous.
Canadiens : Non, veuillez, VOUS, dévier votre course, je vous prie. À vous.
Américains : ICI C'EST LE PORTE-AVIONS USS LINCOLN, LE SECOND NAVIRE EN IMPORTANCE DE LA FLOTTE NAVALE DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE. NOUS SOMMES ACCOMPAGNÉS PAR TROIS DESTROYERS, TROIS CROISEURS ET UN NOMBRE IMPORTANT DE NAVIRES D'ESCORTE. JE VOUS DEMANDE DE DÉVIER VOTRE ROUTE DE 15 DEGRÉS NORD OU DES MESURES CONTRAIGNANTES VONT ÊTRE PRISES POUR ASSURER LA SÉCURITÉ DE NOTRE NAVIRE. À VOUS.
Canadiens : Ici c'est un phare. À vous.
Américains : ...Silence.

jeudi 24 novembre 2005

Miracle

Cette année, le Goncourt semble avoir été attribué à un bon livre ("Trois jours chez ma mère" de François Weyergans, pour ne pas le nommer).
Comme quoi si on attend assez longtemps, tout finit par arriver.

Pourtant, elle n'était pas blonde...

Entendu hier dans la file d'attente du McDo:
"J'ai pas envie de viande en ce moment; je vais prendre un McChicken."

mercredi 23 novembre 2005

"Palais Royal" (3)

Ce matin il faisait gris, il faisait froid et il pleuvait. J'ai immédiatement décrété la journée chômée et filé sur Allôciné pour voir les horaires des dernières sorties. Trois films me tentaient: "In her shoes" (bouquin bof, mais j'aime bien Toni Collette et Cameron Diaz), "Et si c'était vrai" (bouquin archi-naze, mais j'aime beaucoup Reese Witherspoon), ou "Palais Royal" (suis très mauvais public de films comiques: ça ne me fait jamais rire, mais j'aime bien Valérie Lemercier et Lambert Wilson).

Quand j'arrive au ciné et que je réclame un billet pour "In her shoes", on me répond qu'il n'y a pas de séance l'après-midi (merci pour les infos erronées Mr Allôciné). Je prends donc une place pour "Et si c'était vrai". Et après avoir changé d'avis au dernier moment finis dans la salle de "Palais Royal". Girouette? Qui, moi?

Au final j'ai beaucoup souri et quelquefois ri aux éclats. Valérie Lemercier est terrible en "princesse du peuple" qui se venge en douce de son mari infidèle et de sa belle-mère vacharde. Je retiens le coup du fromage blanc et celui des slips - on sait jamais, ça peut servir :) Seule la fin m'a paru un poil bâclée, mais à part ça j'ai passé un très bon moment.