jeudi 4 mai 2006

Me manquera/me manquera pas

Ce qui me manquera:
- Les croissants qu'il rapportait le dimanche matin, et parfois aussi le samedi
- Ses jeux de mots à deux balles qui me faisaient mourir de rire tellement ils étaient nuls
- Les balades en moto, installée comme dans un fauteuil à l'arrière de la BM
- Lui tout nu, vu de dos...
- Les peupliers qui par jour de grand vent se balancent dans le jardin du voisin d'en face
- Me coller contre lui, la tête sur son épaule et son bras autour de moi, quand je claque des dents sous la couette en hiver
- Nos fou-rires devant Kaamelott ("C'est pas faux...")
- Les barbecues entre amis dans le jardin
- M'entendre appeler "la piuce" (prononcer "piouss", à l'anglaise)
- Son côté "Just do it" que j'ai toujours admiré
- Penser qu'on allait vieillir ensemble et réussir là où tant d'autres avaient échoué...

Ce qui ne me manquera pas:
- Sa mère (la femme qui, lors d'une de nos premières rencontres, m'a balancé "J'ai été étonnée en vous voyant car jusqu'ici, B. n'était sorti qu'avec de très jolies filles. Vous devez être un bon coup.")
- Sa façon de manger avachi sur le canapé avec un torchon enfilé dans le col en guise de serviette
- Notre vie sexuelle, franchement naze ces trois dernières années
- Le désordre systématique qu'il laissait derrière lui
- Sa façon de tourner autour de moi quand je faisais la cuisine: "Pourquoi tu fais pas comme ça?", "Tu devrais plutôt...". Plus généralement, son paternalisme - il savait toujours mieux que moi comment les choses devaient être faites
- Ses silences quand j'avais besoin qu'il me parle
- Les ronflements de Casse-Couilla, et les cadeaux à plumes, à poils ou à écailles qu'elle nous rapportait
- Dormir avec les volets fermés et la fenêtre ouverte alors que j'aime l'inverse
- Notre décalage horaire perpétuel qui m'obligeait à prendre des somnifères pour essayer de vivre plus ou moins au même rythme que lui (parce qu'il était hors de question que ce soit lui qui se cadre sur moi)
- Finalement je n'aurai pas eu droit au "Mon Dieu, je sors avec un quadra" puisque son anniversaire est en octobre

mercredi 3 mai 2006

Voilà, c'est fini...

Les faits:
Ce matin vers 10h, après une Xième nuit passée sur le canapé du salon parce que je supporte pas de partager un lit avec quelqu'un qui refuse de me toucher, j'ai dit à l'Homme que je déménagerais à mon retour des USA. Je lui ai expliqué très calmement pourquoi, et comment je comptais procéder. J'ai bien laissé échapper quelques larmes, mais globalement je me suis trouvée super digne, rationnelle et positive. Si si. Pour une fois, je me suis abstenue de tout mélo, et je n'ai pas non plus fui lâchement. De son côté, l'Homme n'a pas pipé mot à part pour murmurer un "je suis désolé" et un "décidément je dois pas être fait pour la vie en couple". Il m'a paru assez indifférent, sans doute soulagé que je prenne l'initative et que je ne pique pas de crise d'hystérie.

Le pourquoi:
En discutant, ces deux dernières semaines avec des gens qui nous connaissent bien tous les deux, je me suis aperçue que j'avais une vision totalement fausse de l'Homme et de notre histoire. Non, il n'est pas cet être parfait que j'idéalise depuis le début. Il lui arrive, comme à tout le monde, d'être mesquin, de mauvaise foi, égoïste ou même carrément cruel. Et les sautes d'humeur dont il s'est servi, toutes ces années, pour me prouver que j'étais une harpie invivable et lui un martyr bien gentil de me supporter, elles viennent du fait qu'il ne s'est jamais impliqué dans notre relation. Il a refusé qu'on achète une maison à deux parce qu'il voulait garder la sienne, a toujours fait passer son aïkido et ses potes avant moi, m'a bien fait comprendre que si je voulais aller habiter dans une autre ville ce serait sans lui, s'est opposé catégoriquement à l'idée d'un mariage - même en douce à la mairie et juste pour les avantages administratifs -, a tellement traîné les pieds pour faire une donation au dernier vivant que j'ai renoncé à prendre rendez-vous chez le notaire, etc. Et quand je menaçais de m'en aller pour qu'il me dise "Mais non, reste, je t'aime", je n'ai toujours obtenu qu'un "Ben si tu veux t'en aller va-t'en; je peux pas te retenir". Alors si c'est pour passer le reste de ma vie avec un mec qui m'a toujours placée en 3 ou 4ème position de sa liste de priorités, non merci. J'estime, à tort ou à raison, que je mérite mieux que ça. Je préfère être seule qu'accompagnée par quelqu'un qui ne tient pas vraiment à moi.

La suite:
On s'est arrangés à l'amiable pour gérer mon déménagement. J'avais toujours dit que si je partais un jour, je prendrais mes affaires et je disparaîtrais de sa vie à jamais. Je réalise que 1/ c'est pas super pratique pour régler toutes les broutilles matérielles qui découlent d'une séparation 2/ j'ai eu assez de temps pour me faire à l'idée de vivre sans lui, et je suis suffisamment convaincue que c'est le bon choix pour supporter de le revoir sans m'effondrer. Donc il va m'aider à transbahuter mes cartons. Cet après-midi il est allé à l'agence France Télécom pour me faire ouvrir une ligne fixe, et il m'installera une connexion internet à l'appart' en mon absence. Il a proposé de me prêter sa voiture cet été si j'en avais besoin, et de s'occuper de mes chats si je voulais partir en vacances chez ma soeur ou ailleurs.

L'humeur:
Je suis bien entendu très émue. Mais à vrai dire, plus soulagée et fébrile que triste. Ma raison me dit que j'ai opté pour la seule solution possible, celle qui me donnera la meilleure chance d'être heureuse - peut-être pas tout de suite, mais un jour. Une porte se ferme aujourd'hui. Plein d'autres se rouvrent devant moi. Y'a forcément un truc chouette derrière l'une d'entre elles. Et je me connais: pendant que je le chercherai, je ne m'ennuierai pas.

Le thème musical:
Un monde de chansons qui me viennent en tête là tout de suite! "The last day of our acquaintance" de Sinead O'Connor. "Punch & Judy" de Marillion. "You'll never get over me" de a-Ha. "My best wasn't good enough" d'Anouk. "One headlight" des Wallflowers. "Confidentiel" de Goldman. Mais surtout (du même):
Je garderai les disques, et toi l'électrophone
Les préfaces des livres, je te laisse les fins
Je prends les annuaires, et toi le téléphone
On a tout partagé, on partage à la fin
Je prends le poisson rouge, tu gardes le bocal
A toi la grande table, à moi les quatre chaises
Tout doit être bien clair et surtout bien égal
On partage les choses quand on partage plus les rêves (...)
Mais l'amour, tu peux tout le garder
Un soir, je te l'avais donné
Et reprendre, c'est voler
Et reprendre, c'est voler

jeudi 27 avril 2006

La honte

En ce moment quand je suis trop triste, je bois. (Bah oui, je me drogue plus et je fume plus, il ne me reste que ça comme vice compensateur... Ah dans le temps y'avait aussi un truc qu'on appelle le sexe mais apparemment j'inspire plus personne et j'ai pas pratiqué depuis si longtemps que j'ai probablement oublié le mode d'emploi.)

Donc, samedi dernier chez Autre Moi, après un coup de fil tristouille avec l'Homme, j'ai descendu méthodiquement: 5 whisky-coca, 2 grands gobelets de vin rouge et 3 ou 4 grands gobelets de champagne. Moi qui suis toute gaie au bout de deux-trois verres de vin d'habitude.

Le résultat a été à la hauteur de la dose ingurgitée. J'ai le souvenir (hélas très clair) d'avoir, dans l'ordre: jeté une bouteille à la tête d'Autre Moi parce que je trouvais qu'elle racontait des conneries, fait une leçon de morale absolument déplacée à la même Autre Moi qui a été bien gentille de pas me jeter dehors séance tenante en me demandant de quoi je me mêlais, raconté des détails de ma vie qu'il aurait vraiment mieux valu passer sous silence, éclaté en sanglots et pleuré sur mon sort telle la grosse nulle pathétique que je suis.

M'enfin j'ai eu ce que je voulais: une gueule de bois tellement carabinée, le lendemain, que pendant vingt-quatre heures j'ai pensé à rien d'autre. J'étais encore un peu vaseuse lundi matin au moment de reprendre le boulot, c'est dire. Et tellement honteuse que j'ai pas osé montrer mon museau sur AIM depuis.

dimanche 16 avril 2006

De la chance dans mon malheur

J'ai un Etre Exquis prêt à m'aider à déménager, à rendre mon appart habitable, à me servir de taxi et à me sortir le soir.
J'ai des parents qui ont proposé de me recueillir chez eux si je ne supportais pas de rester seule chez moi.
J'ai une soeur avec qui je m'entends merveilleusement bien et chez qui je peux aussi me réfugier si je veux changer d'air.
J'ai une Autre Moi avec une oreille et un canapé rouge toujours disponibles.
J'ai un Kris qui sait qui je suis et qui me trouve quand même pas totalement bonne à jeter.
J'ai un boulot assez prenant pour me faire oublier mes soucis 7 ou 8 heures par jour, et assez bien rémunéré pour n'avoir pas en plus à me débattre avec des problèmes matériels.
J'ai une mentalité de survivante.
Mais là tout de suite, j'ai surtout un énorme sentiment de gâchis et un gros mal au coeur.

Liquide et gazeux

Dîner d'hier soir: la conversation la plus triste de toute ma vie, une clope, trois whisky-coca, une double dose de somnifère.

mercredi 12 avril 2006

Calculez votre valeur en dollars

Fascinant et effrayant...
www.humanforsale.com

Mes résultats perso:
Gender: Female $135,000
Age: 35 $20,000
Ethnicity: White/Caucasian $130,000
Height: 5'2 $0
Weight: 135 lbs. $10,000
Body Type: Overweight ($20,000)
Hair Color: Brown $5,000
Eye Color: Brown $1,000
Handed: Right $5,000
Body Hair: A Little Hairy $15,000
Shoe Size: 6 $5,000
Bald: No $0
20/20 Eyesight: No $0
Bra Size: NA $0
Cavities: 1-2 $1,000
Athletic Ability: Below Average $10,000
Attractiveness: NA $45,000
IQ: 140 $157,535
SAT Score: NA $0
HS GPA: 3 $22,500
Education: Graduate Degree $45,000
Bilingual: Yes $10,000
Income: NA $25,000
Profession: Arts/Entertainment/Publishing $0
Alcohol: Occasionally $0
Smoker: No $15,000
Pot: No $10,000
Drugs: No $10,000
Exercise: Seldom $2,500
Divorced: Yes ($25,000)
Comitted Felony: No $15,000
Watch Television: Occasionally $5,000
Sexuality: NA $25,000
Style: Above Average $55,000
Artistic: Above Average $45,000
Sense of Humor: Excellent $65,000
Addictive Personality: Yes ($15,000)
Give to Charity: Yes $25,000
Adult Content: Never $0
Gamble: Never $0
Multiplier x2
Total: $1,659,070

lundi 10 avril 2006

Après le lézard de la semaine dernière...

Hier soir, une chauve-souris s'est introduite dans la maison. Dont la porte était fermée à clé et les volets tirés. La seule ouverture existante, c'était une chattière de 15 cm de large avec un rabat plastique et une vitre à peine entrebâillée derrière.
Ou bien je vis dans un sketch de Bigard, ou bien c'est encore un coup de Casse-Couilla.

J'adore vivre à la campagne. En intérieur ville, j'ai jamais rien vu de plus intéressant comme bestiole que quelques malheureux cafards.
...Et les familles entières de souris avec lesquelles je partageais mon studio de la rue Gramat à Toulouse. C'est ma faute aussi: quelle idée d'habiter au-dessus d'un resto mexicain. Quand ce n'était pas la musique qui me tenait réveillée la nuit, c'était le bruit des souris courant dans l'obscurité autour de mon matelas posé à même le sol. Une fois j'ai pété les plombs et fui mon appart à 2 heures du matin.
...Dans le même ordre d'idée, j'allais oublier l'énorme rat que j'ai vu filer derrière le micro-ondes de mon premier logis conjugal, rue André Clément à Nantes (bah oui, je balance). Jusque là, j'avais toujours détesté les chats. Ce rat m'a convaincu de laisser le Breton adopter un gros matou rayé qu'il nourrissait en cachette depuis des semaines. Après, ça n'a plus arrêté: un deuxième gouttière, deux Sacrés de Birmanie, un Somali, un troisième Sacré de Birmanie, et aujourd'hui Casse-Couilla.
La boucle est bouclée.

Pour le titre de l'anniversaire le plus foireux de l'année, je repasserai

Jean Claude a 50 ans aujourd'hui.
Son père est mort cette nuit.
Comment manifester son soutien dans un moment aussi pénible quand on vit à 700 km de distance?

samedi 8 avril 2006

Le village des Enfoirés

J'y crois pas.
J'ai raté la rediff du concert des Enfoirés.
C'est la première fois que ça m'arrive. Ca m'apprendra à acheter Télé 7 Jours que pour les potins people. J'avais même pas vu que c'était hier soir. Après "Médium", j'ai zappé pour voir ce qu'il y avait sur les autres chaînes histoire de pas me taper "Femmes de footballeurs"... Et je suis tombée sur les deux dernières chansons. J'étais : total dépitée.
D'un autre côté, je trouve qu'à force d'agrandir sans cesse la troupe, le spectacle perd un peu de sa magie. Plus de Vanessa Paradis, et à la place, un paquet d'artistes que je n'aime pas, dont un mannequin et des comiques qui feraient franchement mieux d'interpréter des sketches entre les chansons au lieu de s'obstiner à chanter eux-mêmes. Muriel Robin, par exemple. Je sais que c'est la maîtresse de cérémonie et qu'elle doit vouloir se faire plaisir, mais même avec quinze kilos de moins, elle a toujours pas de voix.
Au final, je regrette surtout d'avoir loupé l'unique occasion annuelle de voir JJ Goldman à la télé maintenant qu'il a arrêté sa carrière.
...Et je regrette aussi, bien sûr, que vingt ans après leur création, les Restos du Coeur demeurent une institution indispensable. Dans un pays riche comme le nôtre, c'est vraiment honteux.

jeudi 6 avril 2006

Suggestion pour agrandir le trou de la Sécu

Armalite: ah tiens dans les trucs que je fais pour me changer les idées
Armalite: y'a : du shopping sur ebay
Armalite: mon placard commence à ressembler à une succursale cop copine
LaContradiction: arf
Armalite: nan mais ça pourrait être pire
Armalite: ces fringues-là au moins je les porte
Armalite: et l'avantage
Armalite: c'est que si je me retrouve célib
Armalite: je peux sauter l'étape : me refaire une garde-robe
Armalite: me restera qu'à passer chez le coiffeur pour changer de tête
LaContradiction: ah y'a une étape comme ça ?
Armalite: chez les fifilles, oui
LaContradiction: ah j’connais pas
Armalite: (ou vaudrait-il mieux miser sur un chirurgien esthétique?)
LaContradiction: (arrête tes conneries)
Armalite: bah je blaguais
Armalite: en fait c'est pour ça que j'ai vu mon ex hier soir
Armalite: en plus de sa conversation délicieuse
Armalite: ce garçon me regarde encore comme si j’étais la sœur jumelle de Catherine Zeta-Jones
Armalite: ça fait du bien à la self estime
LaContradiction: la classe !
Armalite: donc je suis toujours triste
Armalite: mais je me trouve plus physiquement répugnante
Armalite: mon ex devrait être remboursé par la sécu
Armalite: (ou au moins le resto que je lui ai offert pour le remercier)
LaContradiction: fais-toi faire des feuilles maladies
Armalite: hum il est entrepreneur ça va faire chelou

Interlude bonne humeur

Pour distraire les automobilistes coincés dans un bouchon en début de soirée, sur l'artère principale d'une ville de province: prenez deux trentenaires sur leur trente-et-un, mettez-les dans un Land Rover couvert de boue, baissez les vitres, montez le son du lecteur de CD et faites-leur brailler à fond "Les yeux d'Emilie" de Joe Dassin. Succès garanti.
Accessoirement, ceci est une bonne recette pour faire oublier son moral en berne à une des protagonistes de la scène... pendant au moins cinq minutes. Néanmoins, une fois rentrée chez elle l'estomac plein de bouffe indienne, elle s'endormira quand même de son côté du lit avec une grosse boule dans la gorge, et se réveillera quand même seule dans le lit en question, en pleurant.

lundi 3 avril 2006

Petite joueuse

Hier après-midi en rentrant de chez mes parents je me suis écroulée sur le canapé pour une sieste récupératrice. Tout ça pour un whisky-Coca et trois verres de rouge (OK: plus une assiette pas bien grosse et sans Harissa du couscous de ma mère). Petite joueuse que je suis.

vendredi 31 mars 2006

Charlie come back

Vers 17-18 ans, j’avais une vision morbide récurrente. Je m’imaginais nue dans une pièce vide, entièrement carrelée de blanc (genre salle de bains sans lavabo ni baignoire, ou cellule capitonnée sans capitonnage). Avec un de ces vieux rasoirs à main qu’on appelait coupe-chou, je m’ouvrais les veines dans le sang de la longueur - pas comme les amateurs - et je tournais sur moi-même pour éclabousser les murs, le sol, le plafond, tout repeindre en rouge jusqu’à ce que je me vide de mon sang et que je tombe par terre. Ensuite je pensais à la tête des proches qui me découvriraient et j’espérais qu’ils ne se remettraient jamais du choc. Ca leur apprendrait à n’avoir pas su m’aimer et me protéger.
Ca fait longtemps que j’ai passé cette période, recollé les morceaux de mon esprit fracturé et mis de l’ordre dans ma vie. Que j’ai appris à m’aimer à travers le regard bienveillant que d’autres personnes ont posé sur moi.
Aujourd’hui le regard de celui qui compte par-dessus tout me passe au travers comme si j’étais transparente. Dans ses yeux, je ne vois plus qu’un vague résidu de tendresse parce que six ans partagés, ça ne s’efface pas d’un seul coup. Son indifférence sape mes fondations et jette par terre les murs que j’ai eu tant de mal à construire. Elle me renvoie au dégoût, au mépris, à la haine de moi que je croyais avoir bannis et qui n’étaient qu’endormis au fond de mon cœur.
Je me déteste d’être empêtrée dans mes propres contradictions et de ne pas réussir à les dépasser.
Je me déteste d’avoir cru que le seul moyen de me préserver était de n’accepter aucun compromis.
Je me déteste d’avoir toujours considéré l’amour comme une aliénation à laquelle il fallait céder le moins de terrain possible.
Je me déteste de n’avoir jamais su inspirer l’adoration de Jean-Claude pour Brigitte ou de David pour ma sœur.
Je me déteste que personne n’ait jamais pensé qu’un top model russe de 20 ans, c’était un pis-aller par rapport à moi.
Je me déteste de ne pouvoir compter que sur mes prouesses horizontales pour faire craquer les gens qui me plaisent.
Je me déteste d’être si fondamentalement défectueuse que la seule réaction que je peux susciter quand je m’offre tout entière, c’est la violence ou le rejet.
Je ne me supporte plus. Et je ne connais pas trente-six moyens de d’étouffer la peur, la tristesse, la solitude – surtout, de faire taire les voix dans ma tête qui me hurlent d’abandonner, de me résigner à vivre cachée.
She don't lie, she don't lie, she don't lie...

Ce matin...

...Je me suis réveillée avec un gros lézard emmêlé dans mes cheveux.
Encore une journée qui commence bien à Armaliteland, je le sens.

lundi 27 mars 2006

Unhappy birthday

Au hit-parade des anniversaires les plus tristes de ma vie, celui-ci sera arrivé en 3ème position après mes 20 ans (l'enterrement de ma grand-mère) et mes 25 ans (la mort de Lucrèce). Je ne voulais qu'une seule chose, mais apparemment c'était encore trop demander.
Le soir, l'Homme est venu me chercher à l'aéroport. Il m'avait déjà souhaité mon anniversaire le matin au téléphone, et apparemment il estimait que ça suffisait. Pas de cadeau, je m'en fous - même si moi je lui en fais toujours un pour le sien et si pour une fois, cette année, il avait des sous. Pas de dînette en amoureux comme on avait l'habitude de faire pour marquer les occasions spéciales, c'était déjà un peu plus raide, d'autant qu'il avait passé toute la journée à la maison et qu'il aurait eu le temps de préparer une bricole - surtout qu'il avait fait tout un repas japonais pour ses potes vendredi soir. Pas de câlin sous prétexte que sa pluvalgie lui fait mal, alors qu'il ne m'a pas touchée depuis plus de trois semaines... Là, je me suis sentie vraiment misérable.
Ou bien il essaie de me faire payer mon attitude de l'année dernière, et je ne peux pas décemment protester. Mais la mesquinerie, c'est pas du tout son style. Ou bien il n'en a vraiment plus rien à foutre de moi, et il faut vite que je me casse avant d'en être arrivée à me mépriser et à me détester totalement. Sauf que je suis peut-être en train de paranoïer pour pas grand-chose, et qu'il faudrait juste que j'apprenne la patience parce que ce genre de crise ne se résoud pas en claquant des doigts.

mardi 21 mars 2006

Autopsie d'une relation

Quand on s'est mis ensemble, l'Homme et moi, je pensais que ça ne durerait jamais. Parce qu'on était trop différents et surtout parce que je l'avais piqué à sa femme. Il me semblait que si je n'étais pas arrivée comme un chien au milieu d'un jeu de quilles, ils auraient pu résoudre leurs problèmes et continuer leur vie tous les deux. Résultat: pendant des années, j'ai eu l'impression d'avoir usurpé ma place auprès de lui et que le destin (le karma, la justice immanente, appelez ça comme vous voudrez) allait se charger de m'en éjecter tôt ou tard.
Du coup, je me suis toujours conduite comme si notre situation était du provisoire-éventuellement-susceptible-de-devenir-définitif-mais-j'y-crois-pas-des-masses. Régulièrement, je menaçais de me barrer parce qu'il ne m'aimait pas assez, parce que je m'ennuyais à l'endroit où nous habitons, etc. Je fuyais toute forme d'engagement commun (mariage, enfants, achat d'une maison, etc) pour conserver ma sacro-sainte indépendance et me préserver au cas où. Ces derniers temps, j'avais même laissé d'autres gens prendre la première place dans mon coeur.
Ce qui devait arriver est arrivé. L'Homme a fini par avouer, hier soir, qu'il pensait ne plus m'aimer mais qu'il avait encore de l'affection pour moi et pas nécessairement envie que je m'en aille: donc, que ça avait une chance de repartir, peut-être.
Le plus ironique, c'est qu'après m'être posé énormément de questions sur le même thème, j'étais depuis quelques semaines arrivée à la conclusion que je me sentais enfin prête à considérer notre histoire comme définitive et à faire le nécessaire pour lui redonner la place numéro un dans ma vie, parce que je n'avais jamais aimé et n'aimerais jamais personne autant que lui et que c'était très con de larguer quelqu'un de génial juste pour le plaisir d'aller vivre ailleurs et de satisfaire un besoin puéril de nouveauté.
En gros, au moment où je me décide à tout donner, il n'en veut plus - ou en tout cas, il n'est pas du tout certain d'en vouloir encore. Et je ne sais plus quoi faire. Dois-je m'accrocher et serrer les dents en me disant qu'après tout, je l'ai bien mérité, que ce truc-là je le lui ai déjà fait vivre plusieurs fois et qu'il a toujours patiemment attendu que ça passe, que si on surmonte cette crise ça aura peut-être été le choc salutaire qui nous aura enfin mis sur les bons rails au bout de six ans? Ou dois-je prendre les devants parce qu'il est trop gentil pour me faire de la peine en me disant lui-même "c'est fini", et que regarder notre histoire agoniser en supportant sa pitié (ou en guettant l'irruption d'une Autre dont il sera amoureux comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête), c'est plus que je n'en puis supporter?
(Cette question n'est pas purement rhétorique... J'ai vraiment envie d'avoir des avis extérieurs parce que là je suis perdue.)

lundi 20 mars 2006

Suite féline


Brochette de lionceaux

Ca ne vous fait pas penser à une pub pour Benetton?

Je me moque, mais ils m'ont fait complètement craquer ces deux-là...
C'était hier, au parc animalier de Cerza: un endroit magnifique consacré à la protection et à la reproduction de nombreuses espèces animales en danger dont les loups à crinière, les ours à lunettes, les rhinocéros blancs et les hyènes rayées. Si jamais vous passez dans le Calvados, je vous conseille de prendre une journée pour le visiter - vous ne le regretterez pas.

vendredi 17 mars 2006

C'est la faute à Pratchett

Aujourd'hui, 18h45. Arrêtée à un carrefour, j'aperçois assez loin devant moi une espèce d'ogre à l'expression méchante et aux bras croisés sur la poitrine, en plein milieu de la route. Il est tellement grand que sa tête touche presque la barre transversale des feux de circulation. Je fronce les sourcils. Ils n'ont quand même pas osé mettre un troll pour collecter un droit de péage en pleine zone industrielle?!? En plus y'a pas le moindre pont dans les parages; où va-t-on si on ne respecte plus la tradition!
Puis je réalise que ce que j'ai pris pour un ogre ou un troll est en réalité l'arrière d'une bétonnière.
Je l'avais bien dit qu'il était urgent que j'arrête de traduire de l'heroic fantasy parce que ça commençait à me taper sur le système... Je me demande si mon éditeur accepterait cette anecdote comme excuse?

jeudi 16 mars 2006

eBay addict: je ne suis pas toute seule...

Trouvé sur mon site de potins people en ligne:

James Blunt infamously sold one of his sisters on eBay a few years back, but because it worked out so well – she's now living with the man who bought her – he's thinking of selling the other sister, too. "I had a bit of an eBay addiction and I sold everything in my apartment in London and then I came in one day and my sister was crying because she couldn't get to a funeral in southern Ireland," recalls James. "None of the planes were working, none of the trains, none of the ferries, so I saw another golden opportunity to flog something and so I put my sister up on eBay, saying, 'Damsel in distress, needs to get to southern Ireland. What do you get out of it as a bidder? You just get to be a knight in shining armour.' Everyone started bidding and a guy won and he had a helicopter and he could fly her to the funeral in southern Ireland and they're now dating and they've been going out for 18 months and she's living with him." Now James admits: "I have a second sister, who's gonna go on sale soon."

Je ne suis pas fan de ce chanteur, mais j'avoue que l'anecdote m'a bien fait rire!