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mardi 9 août 2016

Pourquoi j'ai été déçue par "Harry Potter and the cursed child"


Au départ, je ne pensais pas lire "Harry Potter and the cursed child": ce n'était pas le 8ème roman de la saga, mais le script d'une pièce de théâtre, et je savais que ça me plairait forcément moins. Et puis le plan "Ayant épuisé l'histoire de la première génération de héros, intéressons-nous maintenant à leurs enfants" s'est toujours révélé un peu décevant pour moi. Mais après avoir lu les critiques dithyrambiques des premiers spectateurs de la pièce qui se joue actuellement à Londres, j'avoue, j'ai cédé à la hype et commandé le bouquin. Ce qui prouve bien qu'un comportement moutonnier est rarement une bonne idée. 

Car je suis peut-être la seule, mais je n'ai pas du tout aimé "Harry Potter and the cursed child". Passons sur le fait qu'effectivement, lire les dialogues et les indications scéniques d'une pièce, ce n'est pas du tout la même chose que lire un roman construit avec de longs passages narratifs - ça va beaucoup plus vite et c'est un peu l'équivalent littéraire de la barbe à papa, rien d'assez substantiel pour satisfaire mon appétit de lectrice. C'était annoncé dès le départ, et on ne peut pas reprocher à un cochon de ne pas faire "Meuh" (je me comprends).

Le vrai problème, c'est l'histoire. J'ignore quelle part J.K. Rowling a prise à sa conception, mais j'ai eu l'impression de lire une longue fanfic rédigée par des amateurs dont le seul but était de s'amuser en trouvant un prétexte pour réutiliser des personnages morts depuis 20 ans. Résultat: un scénario pas crédible pour deux sous dans lequel les protagonistes enchaînent des décisions aberrantes. Il arrive même un moment où Draco Malfoy devient plus sympathique que Harry Potter! Ce n'est pas "Harry Potter 8": c'est une farce pour enfants, dans le meilleur des cas. Une farce qui doit très bien donner au théâtre vu la profusion de scènes d'action magiques et/ ou spectaculaires, mais une farce qui, malgré quelques moments drôles ou émouvants, a totalement échoué à me convaincre.

mercredi 19 mars 2008

"Le fait d'habiter Bagnolet"

C'est l'affiche ludique et colorée, scotchée dans la vitrine d'un magasin de la place Flagey, qui a d'abord attiré mon attention. Et c'est le nom de l'auteur qui m'a fait demander à Hawk: "ça te dirait d'aller voir ce truc?". Il faut dire que nous sommes tous deux amateurs de l'univers bobo adulescent de Vincent Delerm. Renseignements pris sur internet, "Le fait d'habiter Bagnolet" était une pièce assez ancienne, écrite pendant ses études, qui racontait la formation d'un couple pendant une scène au restaurant juste avant l'échange du premier baiser. Le thème semblait en effet très delermien. Nous avons réservé deux places pour la représentation du 18 mars.
Hier soir, je n'avais pas envie de sortir. Temps merdique, nuque en compote, mal à la gorge, appart en sérieuse carence de ménage, énorme pile de bouquins à lire ramenée de Paris... Mais la pièce ne se jouait que jusqu'à la fin de cette semaine par ailleurs bien remplie pour nous. Je me suis un peu forcée à m'habiller pour sortir dans le vent, le froid et la pluie.
Le tram 81 nous a laissés au pied de la chaussée St-Pierre dont l'état m'a fait halluciner. Gadoue à la place du bitume sur toute la largeur, engins de chantier stationnés parmi les voitures, parpaings entassés le long des bâtiments - on se serait crus à Beyrouth. Je me suis félicitée d'avoir joué l'emmitouflage et le confort plutôt que l'élégance: c'était un coup à flinguer irrémédiablement une paire d'escarpins, alors que mes boots de moto Free Lance sont à toute épreuve.
L'Atelier 210 s'est avéré être une de ces petites salles de théâtre que j'affectionne pour leur côté intime et qui, paraît-il, sont légion à Bruxelles. J'ai beaucoup aimé la peinture rouge sombre des murs pour l'aspect dramatique qu'elle conférait aux marches usées, aux tapis élimés, aux vieux fauteuils défoncés et aux tables dépareillées du bar. Nous étions en avance; nous avons bu un soda en attendant l'ouverture des portes.
La pièce a commencé à l'heure, sans tambour ni trompette juste après l'extinction des lumières. Les deux comédiens qui jouaient Simon et Alice sont entrés sur scène et ont, chacun leur tour, commencé à s'adresser au public pour raconter leur version de leur rencontre, leur interprétation des gestes d'un Autre qu'ils connaissaient encore si peu, la manière dont cette histoire naissante s'inscrivait dans leurs vies respectives, les questions qu'ils se posaient et leurs espoirs pour un éventuel avenir commun. La structure de la pièce faisait qu'ils ne s'adressaient pratiquement jamais l'un à l'autre, que l'action se passait dans leur tête plutôt que dans leurs échanges. Ca aurait pu être une démonstration un peu pompeuse sur le thème de l'incommunicabilité, des fausses intentions que chacun prête à son partenaire dans un couple, de l'influence exercée par le passé, voire du déterminisme amoureux. C'était juste un portrait sans prétention, brossé à petites touches pleines de tendresse et de dérision, avec une multitude de détails justes et touchants. Du Delerm, quoi.
A part ça, j'ai beaucoup aimé la mise en scène simple, mais efficace et pleine de dynamisme, et notamment l'idée des deux moitiés séparées de table de restaurant. Hawk a cependant déploré de trop longues séquences de vieux films qui, diffusées sur un écran au fond de la scène, venaient casser le rythme de la pièce. Pour le reste, les comédiens n'étaient pas mal dans leur rôle, même si Fanny Duroisin mâchait un peu ses mots et qu'on avait parfois du mal à la comprendre. L'un dans l'autre, j'ai passé une très bonne soirée et vraiment pas regretté de m'être fait violence pour sortir.

vendredi 8 décembre 2006

"L'envers c'est les autres"

Parce que je bosse dans l'édition, j'écope régulièrement de manuscrits rédigés par des copains de copains persuadés d'être la nouvelle Amélie Nothomb ou le nouveau Frédéric Beigbeder. La plupart du temps, ils me tombent des mains au bout de deux pages: orthographe et grammaire ineptes, style bancal, propos d'une indigence crasse... Comme je ne mens jamais mais que je n'aime pas non plus démolir les efforts artistiques de gens qui ont mis tout leur coeur dans leur projet, je suis toujours assez bien emmerdée quand ils me demandent, l'oeil brillant: "Alors, t'en penses quoi?"

Hier soir, je suis allée à la première de "L'envers c'est les autres", pièce écrite par un blogueur belge grand romantique devant l'éternel et néanmoins ami. Je redoutais de masquer mes bâillements pendant une heure et demie et de devoir, à la fin, me fendre d'un sourire gêné et d'une remarque enthousiaste sur la qualité de l'éclairage. Et puis non. C'était drôle, avec une mise en scène dynamique et pleine de trouvailles. Au point que je me suis quasiment abstenue de tripoter mon compagnon de table avant le salut final, c'est dire! Pour le pitch, l'endroit et les horaires, c'est par là:

http://www.osamoelle.be/programme.html

[Au sujet de l'endroit: le café-théâtre se trouve au fond d'une cour et il est mal signalé. Hawk et moi sommes donc rentrés chez les voisins, qui finissaient de dîner et nous ont imperturbablement offert un riz au lait avant de nous diriger vers le fond de leur appart', partie escalier + toilettes. Décidément le Belge est farceur.]

Baud: elle était vraiment bien, ta pièce. Way to go, baby :)