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mardi 20 novembre 2018

L'automne de l'angoisse 2/2





En septembre 2017, j'écrivais un billet pour me réjouir d'être, depuis un an environ, débarrassée de l'anxiété chronique qui m'avait longtemps pourri la vie en se manifestant pour l'essentiel sous forme d'hypocondrie.

Après ça, j'ai eu encore six mois de tranquillité environ. Puis mes crises d'angoisse ont réapparu, déclenchées par de tout autres causes mais toujours aussi suffocantes. Au lieu de me persuader que j'étais en train de mourir d'un cancer à la moindre petite douleur inexpliquée, j'ai commencé à flipper gravement pour l'état du monde d'une part et pour ma carrière d'autre part.

mercredi 31 octobre 2018

"Coeur battant" (Axl Cendres)


Ils sont cinq dans le groupe des Suicidants, ceux qui ont déjà tenté de se tuer. Colette et son mari ont voulu partir ensemble avant que la mort les sépare, mais elle s'est ratée et se retrouve seule. Jacopo ne trouve aucun intérêt à la vie: malgré sa richesse, tout l'emmerde. Victor souffre de son obésité mais aime tellement manger qu'il ne parvient pas à se freiner. Alice avec son look gothique semble déjà morte, et c'est le plus beau compliment qu'on puisse lui faire. Alex a cessé de ressentir quoi que ce soit après la disparition de sa mère bipolaire quand il n'avait que sept ans, et le jour où son coeur s'est remis à battre, il a trouvé ça insupportable. Tous ensemble, ils concluent un pacte de suicide et fuient la clinique où ils sont traités pour aller se jeter du haut d'une falaise normande...

Depuis plusieurs années déjà, la sortie de chaque nouveau roman d'Axl Cendres est saluée par un concert de louanges. Curieuse, j'ai décidé de m'intéresser à ce "Coeur battant" dont l'idée de départ me faisait beaucoup penser à "Petits suicides entre amis" d'Arto Paasilinna. Arrivée à la fin, je regrette de ne pas partager l'enthousiasme général. Certes, l'autrice a une plume très agréable, vive et directe, émaillées de jolies saillies poétiques. Mais dans le cas de ce roman précis, les nombreux aphorismes dont les Suicidants parsèment leurs dialogues me sont assez vite devenus insupportables. Creux et répétitifs, ils ont tué tout le plaisir que j'aurais pu prendre à ma lecture. Par ailleurs, j'ai trouvé qu'Axl Cendres restait trop en surface de ses personnages et de son thème. Je peux comprendre qu'elle n'ait pas voulu faire dans le pathos, mais de mon point de vue, il y a là un potentiel psychologique et émotionnel insuffisamment exploité. La fin arrive très vite et n'apporte aucune surprise. En ce qui me concerne, un rendez-vous manqué. 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

dimanche 29 octobre 2017

"Or" (Audur Ava Olafsdottir)


Fraîchement divorcé d'une épouse qu'il n'avait pas touchée depuis huit ans et qui a fini par lui apprendre que leur fille unique n'était pas de lui, Jonas a décidé d'en finir avec la vie. Dans ce but, il liquide ses affaires et prend un aller simple pour le pays le plus dangereux du monde, où une guerre atroce vient juste de se terminer et où le sol est encore truffé de mines. Il n'emporte avec lui qu'une chemise rouge, une perceuse et quelques outils. Lorsqu'il arrive à l'Hôtel Silence, personne ne veut croire qu'il soit venu en vacances comme il le déclare...

Depuis "Rosa Candida", je me jette dès sa sortie sur chaque nouveau roman de l'auteure islandaise Audur Ava Olafsdottir. J'adore son écriture délicate, les quêtes intimes de ses héros, la mélancolie intemporelle qui imprègne tous ses récits, le charme austère de son pays natal. Mais cette fois, je suis au regret d'avouer que je suis passée complètement à côté de "Ör". Je n'ai jamais réussi à m'attacher à son héros dont je ne comprenais pas les envies de suicide et envers lequel je n'arrivais donc à éprouver aucune empathie. Le cadre du "pays le plus dangereux du monde" m'a tristement rappelé une actualité brutale à laquelle je n'avais pas du tout envie de penser. Du coup, même si j'ai trouvée très jolie l'idée que Jonas se répare métaphoriquement en réparant littéralement les choses cassées qui l'entourent, je me suis ennuyée tout du long et un peu forcée pour arriver jusqu'au bout.

jeudi 11 mai 2017

"Bien des ciels au-dessus du septième" (Griet Op de Beeck)


Eva a 36 ans; elle travaille auprès des détenus d'une prison et croit très fort qu'ils peuvent s'en sortir. Mais malgré son empathie et sa bienveillance, les hommes ne voient que ses kilos en trop, et Eva se sent bien seule. Sa nièce Lou, 12 ans, gamine mature qui adore dresser des listes, galère pas mal depuis son entrée au collège à cause d'une pimbêche kleptomane nommée Vanessa. Elsie, la soeur d'Eva et la mère de Lou, clame haut et fort son bonheur conjugal avec un néphrologue plus préoccupé par ses patients que par son couple, mais tombe folle amoureuse de Casper, un ami peintre d'Eva également en couple de son côté. Quant à Jos, le père d'Eva et Elsie, il ne supporte plus ni l'aigreur perpétuelle de sa femme, ni le lourd secret qu'il garde depuis trente ans, et peine à finir ses phrases entre deux verres de genièvre...

Avec beaucoup de finesse psychologique et une jolie plume, la néerlandaise Griet Op de Beeck nous fait entrer dans la tête de ses cinq personnages pour écouter la petite voix intime qui égrène leurs réflexions, leurs doutes, leurs chagrins. Certains font semblant pour la galerie; d'autres se mentent à eux-mêmes, esquivant les sujets douloureux jusque dans leur for intérieur. Malgré son joli titre, "Bien des ciels au-dessus du septième" n'est pas un roman feelgood qu'on referme le sourire aux lèvres, mais plutôt une galerie douce-amère de portraits entrecroisés, pleine de sensibilité et d'une poésie souvent douloureuse.

vendredi 31 mars 2006

Charlie come back

Vers 17-18 ans, j’avais une vision morbide récurrente. Je m’imaginais nue dans une pièce vide, entièrement carrelée de blanc (genre salle de bains sans lavabo ni baignoire, ou cellule capitonnée sans capitonnage). Avec un de ces vieux rasoirs à main qu’on appelait coupe-chou, je m’ouvrais les veines dans le sang de la longueur - pas comme les amateurs - et je tournais sur moi-même pour éclabousser les murs, le sol, le plafond, tout repeindre en rouge jusqu’à ce que je me vide de mon sang et que je tombe par terre. Ensuite je pensais à la tête des proches qui me découvriraient et j’espérais qu’ils ne se remettraient jamais du choc. Ca leur apprendrait à n’avoir pas su m’aimer et me protéger.
Ca fait longtemps que j’ai passé cette période, recollé les morceaux de mon esprit fracturé et mis de l’ordre dans ma vie. Que j’ai appris à m’aimer à travers le regard bienveillant que d’autres personnes ont posé sur moi.
Aujourd’hui le regard de celui qui compte par-dessus tout me passe au travers comme si j’étais transparente. Dans ses yeux, je ne vois plus qu’un vague résidu de tendresse parce que six ans partagés, ça ne s’efface pas d’un seul coup. Son indifférence sape mes fondations et jette par terre les murs que j’ai eu tant de mal à construire. Elle me renvoie au dégoût, au mépris, à la haine de moi que je croyais avoir bannis et qui n’étaient qu’endormis au fond de mon cœur.
Je me déteste d’être empêtrée dans mes propres contradictions et de ne pas réussir à les dépasser.
Je me déteste d’avoir cru que le seul moyen de me préserver était de n’accepter aucun compromis.
Je me déteste d’avoir toujours considéré l’amour comme une aliénation à laquelle il fallait céder le moins de terrain possible.
Je me déteste de n’avoir jamais su inspirer l’adoration de Jean-Claude pour Brigitte ou de David pour ma sœur.
Je me déteste que personne n’ait jamais pensé qu’un top model russe de 20 ans, c’était un pis-aller par rapport à moi.
Je me déteste de ne pouvoir compter que sur mes prouesses horizontales pour faire craquer les gens qui me plaisent.
Je me déteste d’être si fondamentalement défectueuse que la seule réaction que je peux susciter quand je m’offre tout entière, c’est la violence ou le rejet.
Je ne me supporte plus. Et je ne connais pas trente-six moyens de d’étouffer la peur, la tristesse, la solitude – surtout, de faire taire les voix dans ma tête qui me hurlent d’abandonner, de me résigner à vivre cachée.
She don't lie, she don't lie, she don't lie...

jeudi 29 septembre 2005

C'est ce qu'on appelle avoir la foi

Entendu chez Printemps l'autre jour: "Alors la gamine a demandé à sa mère: Pourquoi papa il s'est suicidé en nous laissant toutes seules? Qu'est-ce que tu veux répondre à ça à part: Ben, c'est sûr qu'il a dû regretter après...."