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samedi 19 novembre 2011

Petites victoires sur l'angoisse chronique (avec du Georges-Arthur inside)


Mercredi, Chouchou m'annonce qu'il sortira peut-être le lendemain soir. "Cool, tu vas faire quoi?" "Euuuh... j'irai sans doute boire un verre avec Gianluca." Boire un verre un soir de semaine, alors qu'il est chroniquement crevé, qu'il ne boit pas d'alcool et qu'il voit Gianluca tous les jours de la semaine puisqu'il l'emmène à leur boulot commun? Mmmh. "OK, envoie-moi juste un message si tu sors effectivement pour ne pas que je poireaute toute la soirée devant Skype." "D'accord."
Jeudi soir, je l'attends jusqu'à une heure du mat. Rien. Même pas une ligne, alors qu'il a un smartphone et qu'il pourrait m'envoyer un petit mot de n'importe où. Je commence à me dire qu'il voit une de ses ex et qu'il n'a pas osé m'en parler. Ou qu'il git mort dans un fossé et que le temps que je l'apprenne et que je rentre en catastrophe à Bruxelles, la pauvre Scarlett aura défunté de malnutrition. Pourtant, je n'appelle pas sur son GSM. Je n'écris pas non plus de mail de reproche. Je me raisonne: il doit s'amuser bien innocemment, il n'a pas vu passer l'heure, il a juste oublié de me prévenir. Après tout, ça m'arrive aussi. Ce n'est pas parce que j'ai lu "Veuf" la veille que je dois commencer à flipper sur une infidélité potentielle. Et les accidents de voiture mortels ne sont pas si courants. Du coup, je vais me coucher sans même prendre un demi-Xanax. Le lendemain, je lui envoie juste un petit message pour lui demander s'il est vivant. Il l'est, et honteuzéconfus de m'avoir zappée. Il n'y avait donc pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.

Le même jour, je décide de me faire un plaisir rare et de prendre un bain. Quand je plonge mon mollet droit dans l'eau, je pousse un couinement de surprise: elle est glacée. La veille au soir, déjà, je n'avais réussi à avoir que de l'eau tiédasse pour mes ablutions pré-dodotesques. Je vais sonner chez les voisins. "Excusez-moi de vous déranger, vous avez de l'eau chaude?" "Oui." Ah. Ca doit être mon cumulus. Au lieu de commencer à flipper, j'essaie de joindre Etre Exquis et, n'y parvenant pas, appelle tout simplement mon plombier. Il me dit qu'il finit avec son rendez-vous en cours et qu'il passe avant d'aller déjeuner. Bon. Entre-temps, le facteur m'apporte un nouveau Georges-Arthur envoyé gentiment par Nuryko. L'univers me fait signe qu'il est inutile d'angoisser; j'en prends bonne note.




A midi et demie, le plombier me rappelle: son rendez-vous s'est prolongé, peut-il plutôt passer vers 15h30-16h? Pas de problème, j'ai juste une course à faire en début d'après-midi, mais ensuite je ne bouge pas. Je me traîne jusqu'à la Poste sans m'être lavé autre chose que la figure et les dents. Personne ne s'évanouit ni même ne fronce le nez sur mon passage, ouf! (Mais les Monpatelinois sont peut-être juste très polis dans l'adversité olfactive.) A 16h30, pas de plombier. A 17h, pas de plombier. Au lieu de pester, je me dis que son rendez-vous précédent a dû lui prendre plus longtemps que prévu, et qu'il finira bien par arriver. Au pire, comme je repars à Bruxelles le lendemain, je prendrai rendez-vous avec lui pour le soir de mon prochain retour, et puis voilà. D'ici là, ben je ferai bouillir de l'eau au micro-ondes pour me laver. Ce sera folklorique et j'en tirerai bien un post rigolo.
A 17h20, le plombier arrive et se confond en excuses. Il examine mon cumulus qui n'a rien. Le problème vient d'un ressort cassé sur mon disjoncteur, qui empêche la bascule en position tarif économique ou un truc du style. Comme il n'a pas la pièce sous la main, il me règle le biniou en position forcée pour que j'aie de l'eau chaude jusqu'à la fin de mon séjour, et me dit de le rappeler la veille de mon retour pour qu'il passe faire la réparation. J'en profite pour lui expliquer que le détendeur de ma gazinière ne fonctionne plus depuis 3 ans (merci micro-ondes, four traditionnel et grandes salades en été). Il y jette un coup d'oeil et me montre qu'il suffit d'appuyer sur un petit bouton vert pour réamorcer la bonbonne. Grâce à ce ressort de disjoncteur cassé, je vais de nouveau pouvoir cuisiner à Monpatelin! Ca tombe bien, je commençais à faire une overdose d'Ebly pré-cuit en sachet et de tomates-cerise. Et le plombier ne veut même pas que je le paye pour si peu (mais j'insiste et il finit par accepter un chèque de 20 petits euros pour le déplacement).

Je sais que la plupart des gens penseront que dans un cas comme dans l'autre, il n'y avait pas vraiment de quoi stresser, mais l'an dernier à la même époque, j'en aurais fait une maladie. Je me serais sans doute disputée avec Chouchou pour rien, et j'aurais été infoutue de travailler toute la journée jusqu'au passage du plombier, alors que là, j'ai fait mon quota de pages tranquillement. Comme quoi, le travail sur soi, c'est dur et long, mais ça finit quand même par porter ses fruits.

vendredi 17 décembre 2010

La Georges-Arthur attitude

Quand je me suis aperçue hier matin que ma Livebox était en rade et que la réinitialiser ne résolvait pas le problème, je me suis dit: "Pas grave, je peux bien tenir une journée sans internet, Chouchou m'arrangera ça par téléphone ce soir."
Quand Chouchou, après quelques tentatives infructueuses, m'a renvoyée vers le service clients d'Orange alors que ma ligne fixe était également en rade, j'ai composé le 3900 sur mon portable, attendu 10 minutes facturées un prix exhorbitant, expliqué très gentiment le problème à la dame qui a fini par me prendre en ligne et fait tout ce qu'elle m'a demandé.
Quand la dame m'a annoncé au bout de 10 autres minutes qu'elle ne pouvait rien faire pour moi, qu'il fallait que je contacte un technicien mais que là tout de suite ce n'était pas possible parce qu'il était débordé, je lui ai dit: "Bon ben tant pis alors; vu que je m'en vais demain et que je reviens pas avant le 19 janvier, je rappellerai à ce moment-là. Merci et joyeuses fêtes, madame."

Quand j'ai voulu brancher mon vieil HP dans la multiprise de mon bureau et qu'il s'est produit un gros flash, j'ai pensé que j'avais eu de la chance de ne pas me prendre une décharge de 220V.
Quand je me suis aperçue que cette prise ne donnait plus de courant, j'ai été me brancher à l'autre prise de la pièce, en improvisant un mini-échafaudage pour soutenir le transfo qui se retrouvait suspendu un mètre au-dessus du sol.
Quand j'ai constaté que la prise du couloir à laquelle je tentais de recharger mon téléphone portable ne donnait plus de courant non plus, je me suis consolée en pensant qu'au moins, j'avais toujours de la lumière et que c'était l'essentiel.
Quand le radiateur de la salle de bain a refusé de s'allumer pour chauffer la pièce avant ma douche matinale, je me suis fait couler un bain à 40° en me disant que quand même, il allait falloir prendre rendez-vous avec un électricien pour fin janvier. Mais que ça ne tombait pas si mal parce qu'il pourrait en profiter pour réparer les loupiotes qui ne fonctionnent plus, au-dessus du comptoir de ma cuisine à l'américaine.

Quand mon généraliste m'a palpé l'abdomen en demandant: "Et là, ça vous fait mal?" tandis que je glapissais simultanément "AIIIIIIIIIE!", puis annoncé que je faisais une belle colopathie et que même si j'étais trop jeune pour avoir déjà un cancer du colon, il serait bon d'effectuer une coloscopie histore de voir si je ne traînais pas déjà des polypes pré-cancéreux à surveiller de près, j'ai juste pensé à la blague du type qui tombe du 30ème étage et je me suis dit: "Jusqu'ici, tout va bien."
Etant donné que mon traitement contre l'endométriose a cessé de fonctionner et que le seul remède que me propose encore la médecine traditionnelle est de faire un enfant (!), je me suis demandé, un peu cyniquement sans doute, d'où finirait par venir le crabe: les ovaires, le colon, un sein peut-être? Mais je n'ai pas paniqué. J'ai pensé "hygiène de vie", "médecines alternatives" et "vigilance maximale"; j'ai pensé "progrès constants de la médecine traditionnelle"; j'ai pensé "de plus en plus de gens qui s'en sortent"; j'ai pensé "profiter-profiter-profiter pendant que je peux".

Là, je suis chez mes parents à Toulouse. J'ai essayé mes Ugg: elles me vont super bien et c'est vrai qu'elles sont diantrement chaudes et confortables. J'ai ouvert le colis contenant le cadeau de Soeur Cadette et constaté que je m'étais plantée dans ma commande - tant pis, je vais en repasser une ce soir, et Soeur Cadette aura deux cadeaux au lieu d'un, je suis sûre qu'elle ne m'en voudra pas. Mère a préparé du pot-au-feu; c'est merveilleux, j'adore ça et je n'en fais jamais à la maison. Père a acheté un radiateur d'appoint pour la chambre d'amis dans laquelle je dors; il semble assez en forme physiquement et moralement (mon père, pas le radiateur dont le moral m'importe assez peu). Le thé blanc aux fruits Cool Dragon de chez Rituals est, comme mon poncho d'amour, parfait pour accompagner une fin d'après-midi glacé.

Un hippopotame mauve, c'est fou ce que ça change la vie.

mardi 7 décembre 2010

Où j'allie recyclage et spiritualité

Dans l'avion qui nous emmenait à Lisbonne, j'ai lu le numéro de novembre de Real Simple dans lequel figurait cet article. L'auteur y parle de sa mère qui, pendant plusieurs décennies, a rangé dans de petites boîtes des morceaux de papier sur lesquels elle avait gribouillé les prières qu'elle faisait pour sa famille, ses amis mais aussi de parfaits inconnus. Quand elle était exaucée, elle rajoutait un petit mot de remerciement.

Bien que je ne croie pas en Dieu, cette histoire m'a beaucoup touchée, et je me suis demandé comment adapter ces "God boxes" pour la mécréante que je suis. J'aime beaucoup l'idée de noter ses préoccupations et ses voeux les plus chers, de les coucher sur papier pour les matérialiser, puis de les enfermer symboliquement quelque part afin de ne plus être obnubilé(e) par eux. Portée par mon nouvel élan de positivisme, j'aime aussi beaucoup le principe de remercier pour les belles choses, même si cette gratitude ne s'adresse à personne en particulier. Il y a quelques années, j'avais d'ailleurs commencé un carnet sur lequel, chaque soir, je m'appliquais à noter cinq petits bonheurs qui m'étaient arrivés ce jour-là. Parfois, c'était vraiment des choses infimes, mais même dans les périodes noires, je trouvais toujours.

Donc... J'ai redescendu de l'étagère sur laquelle elles dormaient depuis pas mal de temps deux jolies boîtes en métal achetées à Copenhague il y a deux ans: l'une ornée de pommes bleues avec un couvercle vert, l'autre ornée de pommes rouges avec un couvercle violet. Dans l'une, j'ai glissé un petit mot de gratitude pour le séjour si agréable que Chouchou et moi venons de passer à Lisbonne. A l'autre, j'ai confié mon souhait que les examens de mon père montrent des résultats positifs et que son opération se déroule bien. J'espère que la première trouvera à se remplir plus vite que la seconde.

(Je mettrai une photo demain; ce soir la lumière est trop pourrie...)

dimanche 5 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 7: Et après?

Une semaine s'est écoulée depuis la fin de l'atelier dirigé par Catherine.
Dans ce bref laps de temps, j'ai pu constater que mon attitude par rapport aux choses avait nettement changé. Désormais, je ne laisse plus les contrariétés petites ou grosses me pourrir complètement la vie. Deux exemples tout simples:

- Lorsque nous sommes allés manger au Hard Rock Café de Lisbonne, je me suis trompée dans ma commande et ai réclamé une salade César au lieu d'une salade Cobb. Au lieu de faire la gueule, de déclarer que tout mon repas était fichu et que ça augurait mal pour le séjour qui commençait, je me suis dit que j'étais dans une superbe ville ensoleillée avec mon amoureux, que je déjeunais dans un lieu intéressant (un ancien cinéma transformé en restaurant) dirigé par une femme très sympathique, et qu'au final j'aurais quand même ma dose de sauce au fromage bleu.

- Au retour, notre avion a été retardé de deux heures, alors que nous avions renoncé à passer l'après-midi dans le village de Cintra pour arriver à l'aéroport avec une avance confortable et ne pas stresser en cas d'imprévu. J'aurais pu rouspéter que si j'avais su, je ne me serais pas privée de cette visite et terminer le séjour sur une note d'aigreur. Là, j'ai juste pensé que ça n'était pas grave si on arrivait très tard à Bruxelles parce que le lendemain était un dimanche et qu'on pourrait toujours faire la grasse matinée.

Pour ce qui est de mes angoisses liées à la maladie, en revanche... Elles n'ont pas disparu. Je traîne depuis deux mois une petite douleur intermittente sur le côté droit du ventre, qui selon mon état d'esprit du moment passe de "répercussion sans gravité de mon endométriose" ou "simple problème musculaire" à "inflammation grandissante de l'appendice devant entraîner mon hospitalisation en urgence un de ces quatre", voire à "colite néphrétique en préparation", "tumeur bénigne du colon" ou carrément "cancer qui va me faire souffrir pire que mon père". J'ai pris rendez-vous chez mon généraliste pour le 16 et dégagé mon emploi du temps en janvier et en février au cas où j'aurais besoin de passer des examens, voire plus si affinités.

En attendant, je prends du Xanax qui ne me fait guère d'effet et des résolutions qui ne peuvent qu'être globalement bénéfiques pour ma santé. J'essaie de mettre à profit ce que j'ai appris pour gérer mon niveau d'anxiété, et c'est vrai que je me sens moralement un peu moins démunie, un peu moins submergée qu'avant. Je soupçonne qu'il n'y aura jamais de déclic miraculeux, juste un travail long et laborieux qui finira (peut-être) par porter ses fruits dans un avenir plus ou moins proche. J'ai fait un premier pas sur le chemin du retour vers une certaine sérénité. Je vais tâcher, comme je pourrai, de continuer à avancer un peu chaque jour. Et attendre avec impatience que Catherine revienne à Bruxelles en juin prochain.

Pour en apprendre davantage sur la visualisation, vous pouvez vous rendre sur le site de l'école créée par Catherine ou lire "Kabbalah And The Power Of Dreaming: Awakening The Visionary Life

samedi 4 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 6: Où j'hérite d'un encombrant compagnon

Avant la pause-déjeuner, nous avons encore le temps pour un exercice:

"Une opportunité se présente. Le temps frappe à votre porte. Que ressentez-vous?"
Je vois un grand portail blanc et doré. Je me dis qu'il devrait être noir, gothique et en fer forgé. Mais on dirait plutôt l'entrée de Versailles. De l'autre côté se massent des milliers de réveille-matin de toutes les tailles et de toutes les formes. Ils ont des bras et l'un d'eux est en train de tendre un index vers la sonnette. Je vois au travers de leur vitre; chacun d'eux porte en lui une brume de couleur différente dans laquelle s'agitent des formes que je ne parviens pas à distinguer. Je suis excitée par les possibilités.
...Ouh ben oui, en effet, le changement est radical.

Le midi, j'entraîne l'Irlandaise et le couple de Lettoniens à l'Exki d'en face. J'ai déjeuné seule les jours précédents, mais là je me sens d'humeur sociable. Nous bavardons avec excitation pendant tout le repas et c'est un moment très agréable.

Nous attaquons le dernier après-midi par une introduction au Life Plan qui met en regard les instincts humains (souffle, mouvement, recherche de confort, nutrition, sommeil...) et les réactions négatives qui se produisent quand ces instincts ne peuvent être assouvis. La colère et la peur sont les deux plus importantes, des "énergies prisonnières du corps qui n'ont nulle part où aller dans une société civilisée". Du coup, pour les soulager, on développe tout un tas de mauvaises habitudes qui aboutissent à la création d'un cercle vicieux. Catherine nous donne des pistes pour désamorcer ce processus en dirigeant ailleurs les énergies prisonnières. Le sujet mériterait d'être approfondi, mais nous n'avons plus beaucoup de temps.

Nous faisons une dernière série d'exercices de visualisation, et c'est dingue comme les images qui me parviennent sont différentes de celles que j'avais jusqu'à ce matin. Par exemple:

"Vous êtes pris dans un épais brouillard noir. Comment vous en sortez-vous?"
Hier encore, je crois que je me serais sentie désorientée et suffocante, que je serais restée paralysée sur place à attendre que le brouillard se dissipe ou que j'aurais avancé à tâtons avec les mains tendues devant moi. Là, je ne suis pas du tout inquiète et que continue à marcher droit devant moi avec confiance. C'est pas un pov'brouillard qui va me faire peur maintenant que j'ai buté un Minotaure, nonmého!

Et puis, une demi-heure peut-être avant la fin...

"Exhalez tous vos sentiments négatifs sous la forme d'un triangle de fumée noire. Continuez à l'alimenter jusqu'à ce qu'il ne sorte plus que de l'air transparent de votre bouche. Puis exhalez une fois pour briser le triangle, une deuxième fois pour éparpiller ses morceaux et une troisième fois pour les dissiper. Que voyez-vous alors?"
Je ne me rappelle plus bien ce que les autres ont répondu. "Le soleil", "le visage de mon partenaire". Moi?
L'hippopotame mauve est de retour.
Il attend là, placidement. Catherine me dit d'aller lui parler. Je lui demande son nom. Il s'appelle Llewellyn. Georges-Arthur Llewelyn. Euh, OK. Je lui demande qui il est. Il me répond qu'il est mon totem, le symbole de ma résilience intérieure. Je lui demande ce qu'il veut. Il n'est pas content parce que je ne le laisse pas prendre sa place en moi. Il voudrait habiter à l'intérieur de mon corps. Je lui fais remarquer qu'il est un peu gros pour ça. A la place, je lui propose de marcher avec moi sur ma droite. Il est d'accord.
(Dans le tout dernier exercice de la journée, quand nous devrons nous imaginer nous élevant le long d'une ligne verticale pour nous arracher à la linéarité du temps, Georges-Arthur resté à terre me regardera tristement tandis que je léviterai à dix mètres du sol.)

Inutile de vous dire l'état de perplexité et d'embarras dans lequel m'a mis cette vision. J'habite dans 55 mètres carrés, moi. Où je vais caser un hippopotame? Et j'imagine déjà mes prochaines virées shopping dans le centre de Bruxelles flanquée de Georges-Arthur. Je vais sûrement avoir beaucoup de succès...

vendredi 3 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 5: Où je terrasse le Minotaure

Immédiatement après l'exercice personnalisé qui m'a ramenée dans le grenier de mon grand-père un jour de juillet 1979, Catherine nous propose ce thème de réflexion:
"Une opportunité manquée: à quoi ressemble-t-elle?"
J'erre dans un labyrinthe souterrain et mal éclairé par de rares torches. Une porte claque derrière moi sur ma gauche. Je me dis que je ne vais jamais réussir à sortir d'ici.
Quand je dis cela, Catherine demande à chacun des participants de s'imaginer marchant dans un labyrinthe, en déroulant un fil doré et lumineux pour marquer son passage.
"Vous arrivez au centre du labyrinthe. Que trouvez-vous?"
Le Minotaure. Il est l'incarnation de toutes mes peurs et de toutes les angoisses et il m'empêche de passer.
De nouveau, Catherine me concocte instantanément un exercice sur mesure.
"Tue-le et prends son trésor."
Je ne veux pas son trésor, je veux juste être débarrassée de lui.
"Alors, tue-le."
Mais il est grand et fort, et moi je suis petite et je ne sais pas me battre.
"Sors ta grande épée de lumière et tue-le", insiste Catherine.
Je m'approche du monstre en tremblant et en tenant mon arme d'une main très mal assurée. Je commence à lui tourner autour en sautillant maladroitement. Et là, je réalise que malgré sa taille et sa puissance musculaire, il n'est ni rapide ni agile. Il n'attaque pas, se contentant de rugir et de donner des coups de pattes pour se défendre. On dirait presque que ses pieds sont cloués au sol; il peut juste pivoter sur lui-même pour suivre mes mouvements. Alors, je finis par prendre une grande inspiration et, morte de trouille, je me jette sur lui l'épée en avant. La lame s'enfonce dans son ventre. Un instant, il ne se passe rien. Puis lentement, le Minotaure bascule en arrière et tombe sur le dos. Il n'est pas tout à fait mort; sa poitrine continue à se soulever et à s'abaisser au rythme de son souffle rauque. Il se débat encore un peu avant de s'immobiliser.
Et de se dissoudre.
"Très bien. Maintenant, ressors du labyrinthe en suivant ton fil de lumière."
Oh, mais je ne veux pas ressortir par là où je suis entrée. Je veux complètement traverser le labyrinthe et ressortir de l'autre côté. Je l'ai bien mérité.
"D'accord, alors, vas-y".
Je réalise que depuis le début, je sais comment on sort d'un labyrinthe: il suffit de prendre toujours à gauche. Je marche très rapidement vers la sortie. Quand j'émerge à l'air libre, le ciel est d'un bleu violemment lumineux, plein de gros nuages qui se dissipent à toute vitesse comme après un orage. Devant moi, une pente couverte d'herbe vert vif descend jusqu'à la mer. Je regarde par-dessus mon épaule: le labyrinthe a disparu.
Assise sur ma chaise, je sens une larme couler sur ma joue.

(...A suivre)

jeudi 2 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 4: Où je revisite mon enfance

Dimanche, nous attaquons la journée avec des exercices plus "concrets". D'abord, quelques-uns d'entre nous tentent à tour de rôle d'immobiliser parfaitement un pendule tenu entre pouce et index. Ensuite, à l'aide de deux instruments métalliques qui fonctionnent comme une baguette de sourcier, nous mesurons le champ d'énergie que nous irradions et qui nous enveloppe en permanence. Chez la plupart des gens (dont moi), il va jusqu'à environ 25 cm du corps. Chez deux ou trois participants de l'atelier, il s'arrête à seulement 5 cm. Chez la jeune femme qui a perdu sa soeur hier, il va jusqu'à 60 cm environ, "parce qu'elle a subi un très gros choc émotionnel récemment", explique Catherine. Puis nous effectuons un exercice de visualisation censé recharger nos batteries.

"Les yeux fermés et le souffle régulier, après avoir compté à rebours depuis 3, imaginez qu'à chaque expiration, vous chassez vos préoccupations, vos soucis et tous vos sentiments négatifs, et qu'à chaque inspiration, vous inhalez une lumière bleu foncé qui vous remplit peu à peu tout le corps, en partant des pieds et en remontant jusqu'à la tête, jusqu'à ce que vous l'irradiiez par toutes les articulations et tous les pores de la peau."
J'avais déjà fait un exercice semblable avec une prof de yoga, et j'avais eu envie d'éclater de rire en m'imaginant changée en lampe halogène. Là, je ne me sens pas ridicule, mais pas non plus spécialement chargée d'énergie à la fin de l'exercice. Pourtant, quand nous mesurons de nouveau, le champ d'énergie de presque tout le monde s'étend désormais à 1m50 de son corps. Et ceux dont le champ d'énergie n'a pas augmenté avouent qu'ils n'ont pas réussi à imaginer une lumière bleu foncé - il paraît que c'est très important qu'elle soit de cette couleur et pas seulement bleu ciel. Etonnant, non? Catherine préconise de faire cet exercice tous les matins pendant trois mois afin qu'il devienne un réflexe pour le corps.

"Imaginez que vos os se retournent et viennent former une coquille autour de votre chair. Observez ce que vous ressentez, puis faites-les revenir à leur place. De quelle façon votre perception du temps a-t-elle changé?"
Globalement, tout le monde s'est senti en paix et en sécurité dans sa "coquille d'oeuf". Mais alors que les autres ont eu l'impression, quand ils en sont sortis, que le temps avait ralenti, il m'a semblé au contraire qu'il avait accéléré et qu'il me filait entre les doigts comme des grains de sable. Entendant cela, Catherine propose un autre exercice à tout le monde.

"Imaginez-vous marchant au borde de la mer, le long d'une belle plage. Ramassez une poignée de sable et laissez-le s'écouler entre vos doigts jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'un seul grain dans votre paume. Observez-le. Comment est-il?"
Mes petits camarades voient un diamant, une perle, un éclat de lumière. Mon grain de sable à moi vire au noir et devient dur et brillant comme de l'onyx. Catherine me demande, à moi toute seule, de fermer les yeux. "Lève le grain de sable vers le soleil et laisse la lumière le fendiller de toutes parts." Mon grain de sable refuse de laisser la lumière agir sur lui et devenir ce qu'il n'est pas. Il commence à vibrer de colère dans ma main.

"Souviens-toi de la première fois où quelqu'un t'a demandé de te transformer contre ton gré."
Je pense aux étés passés chez mon grand-père quand j'étais petite, qu'il faisait beau dehors et que tous les adultes me pressaient d'aller jouer dehors avec mes cousines quand je n'aspirais qu'à une chose: me réfugier au grenier pour lire des romans d'aventure toute la journée. Elle me dit de prendre par la main la petite fille que j'étais et d'aller faire exactement ça. "Quel livre choisis-tu?"J'hésite entre "Michel Strogoff" et "Les trois mousquetaires", et opte finalement pour le second parce que la scène où les soldats aveuglent le héros du premier avec une lame chauffée à blanc m'avait trop traumatisée. Catherine voudrait que je lui lise la première phrase à voix haute, mais bien sûr je ne m'en rappelle pas et je ne vois rien dans ma tête. Après avoir fini le livre avec mon alter ago de huit ans, elle me demande de faire la même chose avec la dernière phrase, mais les lettres sont brouillées et je ne vois toujours rien. Elle me dit de les prendre dans mes mains, de les secouer et de regarder ce que ça donne. De la soupe alphabet. "Très bien, fais-la boire à la petite fille. Est-ce qu'elle veut bien boire?" Elle rechigne un peu parce que ce n'est pas un plat d'été et qu'il fait chaud, mais elle boit. "Maintenant, demande-lui si elle veut bien lâcher prise sur toutes les choses douloureuses de son enfance." Elle a du mal, mais elle finit par accepter. "Prends un ciseau et coupe la corde qui la rattache à ses souvenirs. Puis regarde-la grandir jusqu'à ce qu'elle devienne ton double et prends-la dans tes bras. Que se passe-t-il?" Elle se fond en moi.

Mais le plus étonnant reste encore à venir.

(...A suivre)

mercredi 1 décembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 3: Où je craque nerveusement

La journée de vendredi se termine par un triste constat: non seulement je suis de loin la personne la moins "spirituelle" de l'assemblée, mais je suis aussi la plus torturée (encore que la blonde Lettonienne si placide en apparence ait surpris tout le monde avec une vision d'elle petite fille enfermée seule à double tour dans une maison à la porte en métal inviolable). Je m'en doutais un peu; c'est d'ailleurs pour y remédier que je suis là. Je rentre chez moi intéressée par le travail du jour mais avec le sentiment de ne pas avoir appris grand-chose malgré tout.

Les deux tiers de la journée du samedi sont consacrés au décryptage des rêves et des messages qu'ils nous envoient. Je me sentirais plus impliquée si je n'avais pas totalement cessé de rêver depuis des semaines que je me réveille toutes les nuits à 3 ou 4h du matin, et si mes rêves, quand j'en ai, n'étaient pas si embrouillées et impossibles à reconstituer au réveil. Nous analysons le rêve de l'ex-collègue de Chouchou, dans lequel un bébé joue le rôle central. Il a la figure toute griffée; il est abandonnée à l'arrière d'un camion sous une bâche et donne l'impression d'être en grand danger. Interprétation personnelle des autres participants en tant que "rêveurs secondaires": elle varie sur les détails, mais tous s'accordent à considérer le bébé comme une incarnation de leur enfant intérieur dont ils ne s'occupent pas assez. Moi? J'ai déjà l'impression de n'avoir jamais eu d'enfant extérieur, alors bon... Je ressens cette situation comme une tentative de la société de me forcer à rentrer dans le moule de l'épouse et de la mère en me refilant de force un gamin dont je ne veux pas.

Le dernier tiers de la journée est consacré à des exercices pratiques. "Visualisez-vous dans le temps sans relation à aucun espace." Gni? J'ai ni l'image ni le son, là. Mes petits camarades, en revanche, flottent joyeusement dans un firmament étoilé ou une variation sur le même thème. "Visualisez que l'espace n'est que du temps condensé." Je ne suis pas la seule que cette requête laisse perplexe, mais je suis la seule qui, quand Catherine lui demande à quoi elle a pensé, répond sur un ton désespéré: "Einstein et la théorie de la relativité". Je dois me rendre à l'évidence: mon cerveau gauche est hypertrophié, et je n'arriverai à rien dans cet atelier. (A part peut-être à buter ma voisine de droite qui comprend très mal l'anglais et me réclame la traduction d'un mot sur deux.)

Tout ça me déprime terriblement. Pas mon refus de me reproduire, que j'assume très bien, ni mes vagues notions de physique, parce qu'un peu de culture générale n'a jamais nui à personne, mais le fait que mes interprétations soient systématiquement négatives, marquées par un sentiment d'agression, de peur et de décrépitude. Je savais que j'étais devenu un trou noir affectif ces derniers mois; je commence vraiment à mesurer à quel point. Je suis totalement sidérée par l'Irlandaise qui est tout mon opposé, souriante, enthousiaste et confiante en la vie. Elle a une aura très forte, presque palpable, une sorte d'énergie vitale qui déborde d'elle en permanence. Je l'envie énormément.

Ce soir-là, je rentre à la maison. A cause d'un imprévu au boulot, j'ai une grosse relecture à finir en urgence pour lundi, un truc chiant que je n'ai pas du tout envie de faire. Au bout de vingt minutes, sans qu'aucun évènement extérieur soit survenu entre-temps, je me mets à pleurer. Chouchou me demande ce qui ne va pas d'un air un peu inquiet. C'est là que je dévide, en gros, ce que je raconte dans mon post daté du même jour, cette litanie de trucs qui merdent en ce moment et mon impression de n'avoir plus rien de solide sous les pieds. Et je pleure, je pleure... Mon mascara se met à couler et me pique les yeux; je passe à la salle de bain pour me démaquiller. Debout devant le lavabo, je continue à pleurer en sortant mon huile Shu Uemura, mon eau micellaire, mes cotons recyclables. Je pleure, je pleure sans pouvoir m'arrêter. Je pleure les névroses qui me rongent, mon inquiétude pour mon père, le sentiment amer de n'avoir rien construit dans ma vie.

Je ne suis pas sûre de vouloir retourner à l'atelier le lendemain.

(...A suivre)

mardi 30 novembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 2: Où je pars en pèlerinage sans quitter ma chaise

Expliquer le principe du séminaire serait trop long, et je ne suis sûrement pas la personne la plus qualifiée pour le faire. Mais en gros, le but est de visualiser des situations bien précises et de laisser notre intuition nous révéler des choses auquel notre esprit rationnel n'a pas accès, ou d'utiliser des images mentales pour agir de façon bénéfique sur le corps.

Nous nous lançons dans une série d'exercices pratiques. Au début de chacun, nous fermons les yeux et comptons à rebours depuis trois en expirant sur chaque chiffre. Puis la voix de Catherine guide notre imagination. Elle commence par nous demander de nous enfoncer dans notre corps et de dire ce que nous ressentons. Les autres éprouvent de la sérénité, une impression de calme et de complétude, ou bien ils se sentent juste un peu lourds et somnolents. Moi? "Je suis en train de pourrir de l'intérieur." Bien bien bien. Au moins, ça donne le ton. Voyons la suite...

"Vous partez de chez vous pour faire un pèlerinage. Vous traversez différents climats. Quels sentiments éprouvez-vous? Savez-vous où vous allez?"
Comme je ne suis pas religieuse pour deux sous - nous l'avons vu hier... - le terme "pèlerinage" n'a guère de sens pour moi. J'ai plutôt l'impression de partir en quête comme Frodon pour détruire l'Anneau Unique. (Quand je raconte ça pendant le debriefing, j'ai droit à 17 regards vacants. Personne ici n'a jamais entendu parler de LOTR. Diantre.) Mes sentiments? J'veux pas y aller! Le Mordor, c'est gris, c'est moche et c'est plein de monstres dégueus! Je déteste être exposée aux éléments et les bretelles de mon paquetage me scient les épaules. Je regrette de ne pas avoir pu rester chez moi, bien au chaud et en sécurité.
(Je pense que ça se passe d'interprétation...)

"Vous arrivez à un carrefour sans indications. Quelle direction prenez-vous? Pourquoi?"
Je vois un carrefour avec les quatre points cardinaux. Je voudrais aller à l'est (exotisme!) ou à l'ouest (excitation!). Mais mon sens du devoir me pousse vers le nord. Je ne veux pas y aller. J'y vais quand même. Pour une fois dans ma vie, je me dis que je ne vais pas choisir le chemin de la facilité ou du plaisir.
(C'est fou à quel point tout ceci se passe bien de sous-titrage, vous ne trouvez pas?)

"Au bout d'un moment, vous vous sentez perdu. Vous plantez vos pieds dans le sol et vous grandissez jusqu'à avoir la tête dans les cieux. Puis vous reprenez votre taille normale. Quel changement constatez-vous? Souhaitez-vous changer de direction?"
Je réalise que si je continue à marcher toujours tout droit, je vais finir par sortir de ce paysage glaciaire. Et parce que la Terre est ronde, parce que la vie est un éternel recommencement, je suis condamnée à repasser par ici tôt ou tard. Damned.

"Restez sur place et éprouvez une sensation de possibilités infinies. Comment réagissez-vous?"
Je me dis que peu importe dans quelle direction je marche: si tout est circulaire, tous les chemins se valent. Ce qui n'est pas DU TOUT ce que je crois réellement. Choisir d'être Adolf Hitler ou choisir d'être l'Abbé Pierre, non, ce n'est pas la même chose. Perplexe je suis.

"Vous vous remettez en route. Qui est la première personne ou créature vivante que vous rencontrez en chemin?"
J'essaie plus ou moins consciemment de conjurer des visions de village lapon festif, voire d'igloos, d'ours blancs ou de phoques. Et ce qui apparaît devant moi sur ma droite...
...C'est un hippopotame mauve.
Nous defriefons. Tous les autres participants sont plus ou moins en train de folâtrer dans une campagne riante pendant que je me gèle le cul sur la banquise. Une dame dans le fond rencontre son partenaire et fait un bout de chemin main dans la main avec lui. La journaliste flamande s'émerveille du vol d'une libellule. Claudia voit une colombe se poser sur sa main. Une autre participante est abordée par un renard doué de parole. La personne en face de moi aperçoit un aigle dans le ciel.
...Et moi, je tombe sur un hippopotame au Pôle Nord.
Après, on s'étonnera que ce soit le bordel dans ma tête, hein?
Sans déconner.

(...A suivre)

lundi 29 novembre 2010

Rêve et prophétie - épisode 1: Où je me fais remarquer tout de suite, et pas en bien

Vendredi, samedi et dimanche, je me suis donc enfermée une grande partie de la journée avec 17 autres personnes dans la salle de yoga du Serendip Spa. Claudia, la maîtresse des lieux, avait concocté une de ces décorations élégantes et festives dont elle a le secret. Des théières pleines de tisane maison apaisante ou détoxifiante nous attendaient en fumant sur le comptoir, près d'un panier de mandarines et de coupes débordant de petites douceurs. Malgré le froid, j'avais mis une jolie jupe et des babies pour venir à pied, et j'avais aimé ce sentiment d'aller faire quelque chose quelque part pendant toute la journée, un peu comme une salariée qui se rendrait à son bureau. Je ne suis pas sûre que ça me plairait si je devais le faire tous les jours, mais là, ça me changeait un peu.

Et de changement, c'était justement ce dont j'avais besoin.

Les autres "étudiants", devais-je découvrir tout au long de ces trois jours, formaient un mélange délicieusement hétéroclite. Il y avait là une jeune et ravissante journaliste beauté du magazine flamand Feeling; une dame portugaise d'âge mûr que j'avais déjà croisée dans des cours de yoga; un petit monsieur chauve, rondouillard et très doux au prénom hispanique; une mère de famille irlandaise installée aux Pays-Bas avec son mari néerlandais qui s'est révélée être la personne la plus incroyablement énergique et positive que j'aie rencontrée de toute ma vie; un couple d'immenses trentenaires blonds comme les blés, originaires de Lettonie; une ex-collègue de Chouchou qui bossait autrefois dans le cinéma et qui s'est reconvertie dans la thérapie; la prof de yoga allemande du Serendip Spa; une jeune femme mexicaine dont la soeur très gravement malade est décédée vendredi soir et dont les larmes m'ont brisé le coeur; un jeune homme hyper-discret qui semblait suivre ces stages depuis plusieurs années; une sage-femme aux cheveux platine en pétard, encore plus minuscule que moi; et une poignée d'autres gens avec lesquels je n'ai pas vraiment eu l'occasion d'échanger. Les deux tiers d'entre eux avaient déjà assisté aux séminaires d'imagerie précédemment organisés par le Dr. Catherine Shainberg.

Nous nous sommes assis en U face à cette dernière, une kabbaliste renommée que Claudia m'avait décrite comme "extrêmement pragmatique et juste phénoménale". "Qu'est-ce pour vous que la Kabbale?" a-t-elle lancé en matière d'ouverture. Je me suis retenue de répondre: "Le truc avec les bracelets en fil rouge que Madonna a remis à la mode" pour me contenter d'un vague: "Une branche du judaïsme". Pendant une heure et demie, Catherine nous a parlé du Talmud et des prophètes. Mon visage s'est décomposé au fur et à mesure. Elle m'a demandé pourquoi j'avais l'air si triste. Avec une grimace d'excuse, j'ai expliqué que je n'étais pas du tout une personne religieuse ou spirituelle. "Alors que faites-vous ici?" m'a-t-elle demandé, impassible. J'ai bredouillé quelque chose comme "Céklodiakimadidevenir", en me hâtant d'ajouter que j'avais l'esprit ouvert et que je voulais bien m'aventurer hors de ma zone de confort. Repérée d'entre de jeu, ça commençait bien. Et moi-même, je me demandais un peu ce que diable j'étais venue faire dans cette galère.

(...A suivre)

dimanche 28 novembre 2010

Rêve et prophétie


J'ai vécu ces trois derniers jours une expérience assez incroyable qui aura peut-être changé le cours de ma vie - seul le temps le dira.

J'ai tellement de choses à raconter que je ne sais même pas par où commencer. Je n'ai surtout pas le temps de le faire, car un méchant concours de circonstances fait que je serai débordée par mon boulot toute la première moitié de la semaine - et ensuite, si la neige nous y autorise, Chouchou et moi partirons quelques jours à Lisbonne.

Je finirai par en parler, sûrement. Et je sais que ça ne sera pas simple. Je suis athée, cynique au 36ème degré, réfractaire à la psychologie de bazar et plus que sceptique à l'égard de tout ce qui s'écarte de la logique pure. Pourtant, après deux jours épuisants qui m'ont menée de consternation en découragement, j'ai eu aujourd'hui une série de... révélations, faute d'un meilleur terme. Juste sur ma petite personne, hein, mais je ne cherchais pas non plus la réponse aux mystères de l'univers.

Je crois que ces révélations ont dénoué la pelote d'angoisses qui grossissait en moi depuis des années. Je crois aussi avoir découvert des outils de travail sur soi qui me seront utiles tout le reste de ma vie.

Sérieusement, j'ai des étoiles plein la tête.

Aujourd'hui, j'ai nourri la petite fille incomprise que j'étais autrefois avec de la soupe-alphabet préparée à partir des "Trois mousquetaires", tué le Minotaure avec un sabre-laser puis marché tout droit vers la sortie du labyrinthe, et découvert l'hippopotame de ma résilience intérieure.

Il est mauve et il s'appelle Georges-Arthur Llewellyn.

Je sens qu'on va bien se marrer tous les deux.