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mercredi 16 novembre 2016

Vu et grave kiffé: "Pulsions" de Kyan Khojandi


Hier soir, Kyan Khojandi (alias "le mec de Bref") se produisait pour la 130ème fois sur scène avec son one man show "Pulsions". C'était au centre culturel d'Uccle, soit pas franchement à côté de chez nous, mais nous avions nos billets depuis six mois, et ni la météo toute pourrie ni la pénurie de places de parking dans le quartier n'ont réussi à nous décourager. Avec la semaine affreuse qu'on venait de passer, on avait grand besoin de rire un bon coup, si possible en parlant d'autre chose que de politique.

Défi relevé! Comme son nom l'indique assez bien, "Pulsions" passe en revue certains des élans incontrôlables de l'être humain: le sexe, la bouffe, l'amour, la violence... Kyan Khojandi puise à ses propres mésaventures pour divertir le public sans fausse pudeur ni vraie méchanceté, mais avec un sens aigu de l'observation et un don merveilleux pour le comique de répétition. Je ne suis pas hyper bon public pour l'humour - que j'ai très sarcastique, voire carrément noir -, mais il a réussi à me faire pleurer de rire en évoquant la mort de son père. (Pas seulement, bien sûr, mais ça, c'était quand même un sacré tour de force.)

Son spectacle n'est pas que drôle: il est profondément humain, et intime sans que jamais le public se sente en position de voyeur. "Un bon souvenir, ça peut consister à être là pour quelqu'un qui est en train de vivre un mauvais souvenir, et par notre présence, le rendre moins mauvais", dit très joliment l'artiste en conclusion. Avant de revenir pour un rappel très "bréfien" qui achève de mettre la salle en délire. Puis d'annoncer que si des gens veulent lui parler ou prendre des photos avec lui, il sera dans le hall d'ici cinq minutes. Non seulement ce mec a du talent, mais c'est un vrai gentil. Et si finalement, l'humour et la bienveillance étaient une forme de résistance - la seule position politique acceptable dans ce monde de fous? Quoi qu'il en soit, si "Pulsions" passe près de chez vous, je ne peux que vous conseiller d'y aller. Et vous garantir que vous passerez une excellente soirée.




(Désolée: les photos ne sont pas terribles, vu qu'on était au rang K, et on en a pris très peu pour ne pas gêner nos voisins.)


mercredi 22 octobre 2014

"Tutu" à Bobino, la danse dans tous ses états!


Si j'aime passionnément la danse dont j'ai longtemps pratiqué plusieurs formes, je dois avouer qu'à une ou deux exceptions près, les interminables ballets classiques m'ennuient à mourir. Aussi, quand j'ai lu un article sur le spectacle délirant des Chicos Mambo, j'ai tout de suite eu envie d'y embarquer Chouchou durant notre week-end parisien. Mon amoureux s'intéresse à toutes les formes d'art; je serais bien bête de ne pas en profiter... 

Six danseurs nous entraînent dans un maelstrom visuel effréné et plein d'humour. En 20 tableaux, ils revisitent les icônes du ballet, de la danse contemporaine, de salon, sportive et rythmique, académique ou acrobatique. C’est une ode à la danse, où la dérision côtoie l’exigence. L’occasion pour les néophytes de découvrir ses grands thèmes incontournables, et pour les plus avisés de les redécouvrir sous un jour nouveau, mais jamais dénaturés.

Chaque tableau est une surprise haute en couleur, où la compagnie nous transporte dans son univers fantasque et théâtral. Les six interprètes hommes, tels des caméléons, endossent tous les rôles – plus de 40 personnages nous font rire, nous étonnent et nous impressionnent. Mais si la troupe est connue pour son autodérision, elle est aussi appréciée pour sa technique.

Et le spectacle tient tout à fait ses promesses: remarquablement bien réglé, il est inventif, drôle et virtuose à la fois. Même en pointes et tutu rose semi-intégral, les danseurs ne sont jamais ridicules; leur performance finit par abolir la notion de genre pour devenir juste enthousiasmante, et un peu troublante aussi. J'ai failli mourir étouffée de rire pendant leur parodie d'un numéro de danse moderne (le truc intello-barbant par excellence). Mais même pour quelqu'un qui ne saisit pas les références, "Tutu" reste un divertissement coloré, pêchu et tout à fait abordable. Dommage qu'il dure seulement 1h20. 






Au théâtre Bobino jusqu'au 31 décembre 2014

vendredi 27 avril 2012

"Memory", quand Vincent Delerm met sa nostalgie en scène




Elle se dit que 21h52, c'est une bonne heure de fin pour un spectacle. Ils vont pouvoir rentrer chez eux et boire un thé au jasmin en surfant sur internet avant d'aller se coucher. Elle se dit qu'il vaut mieux rester sur un léger goût de trop peu plutôt que de commencer à s'ennuyer et à regarder subrepticement la montre qu'elle n'a pas. Elle a apprécié les fauteuils confortables et le fait de bien voir la scène même depuis l'avant-dernier rang. Décidément, elle préfère les petites salles et leur atmosphère intimiste aux palais omnisports et à leur déploiement de gros son. Elle se demande si parmi les photos qu'elle a prises au jugé pour cause d'interdiction, certaines seront assez bonnes pour illustrer son billet de demain. Elle pense au père de l'artiste et se dit que la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre, qu'ils partagent le même sens aigu de l'observation et le même chic pour résumer une atmosphère en deux-trois détails. Que curieusement, quand même, le fils semble plus tourné vers le passé, plus enclin à la nostalgie. Son amoureux acquiesce: le spectacle deux tiers théâtre un tiers chansons inédites n'était pas franchement yipiyipiyé, mais il a beaucoup aimé. Elle s'attendait à trouver ça bien et elle n'est pas déçue. Le mood correspondait à sa propre humeur du moment, ce regret d'une certaine innocence perdue, cette tentation du "c'était mieux avant" - alors qu'elle sait que c'est faux, que les moments heureux persistent juste mieux dans le rétro. Qu'importe: en regardant défiler les lumières du tunnel du Cinquantenaire, elle se dit qu'elle a passé une bonne soirée avec Vincent Delerm. 



samedi 31 mars 2012

Alegrìa, c'est pas la joie


Fin 2008, j'avais été enchantée par "Quidam". Alors quand j'ai vu que le Cirque du Soleil revenait à Bruxelles avec un autre spectacle, je n'ai pas hésité et, malgré le prix des places, j'en ai aussitôt acheté deux en me disant que pareille féerie les valait bien.

Malheureusement, "Alegrìa" est très loin d'arriver à la cheville de "Quidam". Ou de "Saltimbanco", selon Soeur Cadette qui a vu les deux et également été très déçue par "Alegrìa". Ici, pas de fil conducteur sinon une chanteuse tout de blanc vêtue dont les vocalises m'ont laissée assez froide. Les décors sont réduits au minimum, les "effets spéciaux", l'infrastructure et la mise en scène idem. Même les costumes m'ont semblé moins recherchés, moins extravagants.

Quant aux numéros, aucun ne m'a vraiment emballée. J'ai vu plus sensationnel dans "Le plus grand cabaret du monde", les quelques fois où j'y ai jeté un oeil pendant un séjour chez mes parents. Bien sûr, les artistes accomplissent des prouesses physiques dont le commun des mortels serait tout à fait incapable, mais je n'ai rien vu là de très original ni de très varié. J'ai même eu l'impression que les trapézistes (ce que je préfère en général, avec la banquine) refaisaient douze fois le même enchaînement. J'étais à deux doigts de me mettre à bâiller.

Au final, la seule chose que j'ai vraiment aimée, c'est le numéro des clowns violet et orange qui m'a étrangement rappelé les pitreries auxquelles je me livre avec Chouchou dans l'intimité. Une piste de reconversion, peut-être? Mais pour 79€ la place (sans compter les frais d'envoi obligatoires et le prix du parking), dans une salle mal foutue où nous étions assis tout en haut et sur le côté de sorte que je devais me tortiller pour bien voir la scène, je trouve que c'est beaucoup trop peu.

jeudi 22 mars 2012

Bénabar en concert, ou la méthode Coué appliquée aux grincheux


Mardi soir, nous avions des billets pour le concert de Bénabar à Forest National. Partis de chez nous à 19h pour un spectacle censé débuter à 19h45, nous avons commencé par nous prendre d'énormes embouteillages sur le Ring avant de tourner plus d'une demi-heure pour réussir à nous garer à environ 2 km de la salle. Vous me direz qu'on aurait pu venir en bus, d'autant que le 54 démarre pas loin de chez nous; mais la dernière fois que nous sommes sortis de Forest National après un concert, le dernier bus était passé et il fallait trois quarts d'heure pour avoir un taxi. Bref. Chouchou qui avait décidé que nous prendrions la voiture se répandait en excuses, et moi je restais très zen: "Non mais de toute façon, il doit y avoir une première partie, et les premières parties, la plupart du temps, ça me gonfle. Ce n'est pas grave si on rate celle-là." (Opinion confirmée le lendemain par un post de Sophie.)

Nous avons donc atteint la salle vers 20h20, peu de temps avant l'entracte. Nous n'avions pas dîné; Chouchou s'est acheté un infâme pistolet, mais les odeurs de friture me soulevaient le coeur. En même temps, j'espérais quoi: trouver une salade César à l'entrée d'un concert? Je me suis rabattue sur le seul truc à peu près neutre que j'ai trouvé, une gaufre liégeoise sous plastique. Miam, quel festin. Nous avons attendu la fin de la première partie pour entrer dans la salle et prendre nos places: oh, tiens, premier rang de la tribune haute. J'ai la barre de la rambarde pile au niveau des yeux, qui me cache très exactement toute la moitié avant de la scène. Mais c'est pas grave, je vais passer deux heures assise sur la pointe des fesses le cou étiré vers le ciel comme à la danse classique... ou plutôt avachie avec les pieds calés sur le muret d'en face, tiens.




A 21h, Bénabar entre en scène. Mon Dieu, j'avais oublié à quel point ce garçon chante faux. Et fort, pour le coup, ce qui n'arrange rien. Pendant les deux ou trois premiers morceaux, je rumine ma déception en silence. Et puis il attaque un de ses titres les plus connus et les plus guillerets (impossible de me souvenir lequel), et je me dis que c'est idiot de passer une soirée pas terrible quand je peux décider de m'amuser quand même. Je sais bien que Bénabar n'est pas Pavarotti, et ce n'est d'ailleurs pas pour ses qualités vocales que je l'apprécie. Il se donne à fond dans son pantalon violet rigolo; il bondit dans tous les sens comme un cabri; il a l'air sincèrement heureux de se produire sur scène; il fait des blagues pas toutes drôles mais un bon point pour l'effort; et puis, allez, ses chansons me font marrer et elles sont entraînantes dans l'ensemble.




A partir de là, tout va bien. Plus le concert avance, plus je me laisse gagner par l'enthousiasme de Bénabar. Mes sautillements sont à leur comble quand, pendant le premier rappel, il attaque "Les épices du souk du Caire" qui est sans doute le morceau de lui que je préfère, puis nous gratifie, pendant le second rappel, d'un obligatoire "Bruxelles" accueilli avec liesse par la foule. Dans l'ensemble, ce n'est pas un concert de virtuose de la musique, mais un plutôt un spectacle d'amuseur - et si on le regarde dans cette optique comme j'ai finalement choisi de le faire, on passe un bon moment avec ce personnage sympathique et sans prétention. Tout est, comme toujours, une question d'attitude...

dimanche 13 février 2011

Shamrock: The Burlesque Show

Pour une fois qu'une soirée burlesque avait lieu à Bruxelles un samedi soir dans un lieu non-fumeur, je ne voulais pas rater ça. Chouchou n'a pas été trop difficile à convaincre (mmmh, végéter devant l'ordinateur ou regarder des fifilles se déshabiller en live, quel choix difficile...), et malgré quelques réserves concernant l'organisation de la soirée, Miss Sunalee et La Princesse ont accepté de nous rejoindre sur place avec leurs amoureux respectifs.

Bonne surprise: le Slick, qui vient juste d'ouvrir sous le mythique pub irlandais le Shamrock, à deux pas des halles Saint-Géry, est une salle agréable, spacieuse avec beaucoup de sièges et une vraie scène munie d'un rideau. Les filles ne sont pas obligées d'évoluer dans un coin en se prenant les pieds dans les câbles et en se cognant les genoux aux baffles, et on peut les voir correctement d'où qu'on se trouve.

En revanche, Miss Sunalee et La Princesse avaient raison de se méfier de l'organisation. 15€ l'entrée et même pas une conso offerte, je trouve ça un peu abusé. Commencer le spectacle avec une heure de retard, aussi, même si le temps paraît beaucoup moins long quand on papote entre copines. Mais les deux choses qui m'ont vraiment agacée, ce sont les problèmes de sono qui ont obligé une des filles à interrompre son numéro au milieu, et surtout l'attitude hyper cavalière de Laurence B. qui au lieu de s'excuser platement nous a dit (en gros) que c'était une première et qu'on avait déjà beaucoup de chance d'y assister. Pas respectueux du tout, ni pour les artistes ni pour le public.

Passons à un petit aperçu des numéros...

Bunny Warren entre en scène la première avec un craquant costume de lapinou. Malheureusement, c'est bien la seule chose craquante chez elle. Elle bouge avec la grâce d'un piquet de bois (on reconnaît immédiatement les filles qui ont une formation de danseuse et celles qui n'en ont pas!), a la poitrine refaite et affiche une expression figée à mi-chemin entre ennui et sourire forcé. On dirait qu'elle n'a pas vraiment envie d'être là. Next!

Marlene von Steenvag vient d'Allemagne. Elle entre sur scène et prend la pose dans un costume à la Loïe Fuller. Accroupie, elle tend ses bâtons au-dessus de sa tête et s'enveloppe de ses voiles. Mais au lieu de la musique douce qui est censée accompagner son numéro, c'est la cavalcade de Carmen qui retentit environ 17 fois dans les haut-parleurs. Au bout d'un moment, elle capitule et retourne en coulisses. Elle revient un peu plus tard, quand le problème semble réglé et que la stéréo diffuse le bon morceau... Hélas, au milieu de son numéro, quand elle a ôté sa robe pour révéler un très beau corset et que les choses sérieuses vont commencer, la cavalcade de Carmen se superpose à sa musique! Ce serait très amusant si c'était fait exprès. Là, je me mets à sa place et je suis assez consternée. Elle sort de scène sans injurier l'organisateur, ce que je trouve extrêmement gracieux de sa part.

C'est au tour de Minnie Valentine. Ravissante en bikini rouge et blanc couvert de ballons en forme de coeur, elle s'approche du micro pour interpréter "It's oh so quiet", tout en ponctuant les couplets de clins d'oeil coquins et en faisant éclater ses ballons l'un après l'autre avec une grande plume rouge. Un numéro charmant.

Christian Jazz et Lady Day viennent ensuite exécuter un numéro de claquettes qui me donne des fourmis dans les jambes. Ils sont très au point et prennent un plaisir manifeste à danser ensemble.

Marlene revient vêtue d'une robe assez somptueuse. Tout dans ses attitudes, ses costumes et le réglage au millimètre de ses numéros dénote la professionnelle bien rodée. Elle déguste un verre de vin avec des mines gourmandes, se déshabille en tournoyant (en voilà une qui n'a pas boudé les cours de classique!) puis, une fois quasiment nue, s'empare d'une grappe de raisin dont elle croque quelques grains avant de presser le reste pour en faire couler le jus sur son visage et sa gorge. C'est impeccablement réglé, il n'y a rien à dire sinon que je regrette de ne pas avoir vu la fin de son précédent numéro.

Minnie réapparaît vêtue d'un costume oriental rouge et or façon Mata Hari dont les piécettes tintent à chacun de ses mouvements. Elle descend de la scène et va se placer dans l'espace dégagé devant un grand miroir. Là, sur un morceau lancinant de Massive Attack, elle entame une danse d'une sensualité torride, jouant avec ses voiles, ondulant des hanches, serpentant des bras et se déplaçant souplement sur ses pieds nus. C'est sans contestation possible le meilleur numéro de la soirée, et déjà très au point alors qu'elle l'exécute en public pour la première fois. Tout le public est fasciné et suspendu à ses moindres gestes. Chouchou s'est carrément jeté à plat ventre par terre pour tenter de la prendre en photo alors que l'éclairage ne s'y prête pas du tout. Je ne peux pas lui en vouloir, Minnie est absolument incandescente.

Par contraste, la pauvre Bunny me paraît encore plus cloche quand elle revient pour son second passage. Elle n'a pas appris à bouger depuis le début de la soirée, et elle répète grosso modo les mêmes mouvements que dans son premier numéro; seul le costume change vraiment. Elle finit en bikini à paillettes argentées, secouant une bouteille de champagne (ou plus probablement de mousseux: faut pas gâcher) qu'elle fait gicler sur tout son corps avant de le lécher. Pas subtil et même carrément vulgaire.

Christian Jazz et Lady Day concluent le spectacle par une autre danse de couple rétro dont je serais bien en peine d'identifier le style. Une fois de plus, je suis frappée par leur complicité et par la bonne humeur qui se dégage d'eux. Leur large sourire n'est ni faux ni figé, comme beaucoup de sourires de scène. Dommage que leurs costumes soient un peu ternes...

Le show se termine vers minuit et demie. Certains spectateurs se mettent à danser, mais nous sommes fatigués et prenons le chemin du retour après avoir félicité Minnie (et l'avoir fait poser avec Régis, of course!). Malgré les problèmes d'organisation, j'ai passé une chouette soirée.

mercredi 21 juillet 2010

Soirée Rétro-Follies à l'Archiduc

Je n'aime pas trop sortir tard le soir et décaler mes horaires de sommeil déjà si difficiles à maîtriser. J'aime encore moins sortir tard le soir en semaine parce que ça rend la journée de boulot du lendemain particulièrement pénible. (Et, oui, aujourd'hui c'est férié en Belgique, mais Chouchou et moi devions quand même travailler tous les deux.) Malgré tout, les soirées burlesques à Bruxelles ne sont pas nombreuses au point que je puisse les laisser passer à la légère, surtout quand je sais que beaucoup de mes connaissances feront le déplacement et que ce sera aussi l'occasion de passer un peu de temps avec elles.

Voilà comment hier soir, aux environs de 21h, Chouchou et moi avons rejoint à l'Archiduc Miss Sunalee, diane cairn, La Princesse et son mari chéri. Tout le monde était sur son 31 et je me suis sentie légèrement underdressed; il faut dire que ma vie sociale de ces dernières années ne m'a pas particulièrement invitée à investir dans de la fringue glamour. Rayons chaussures, j'ai tout ce qu'il faut, on s'en doute, mais malgré le thème de la soirée et la chaleur actuelle, je me voyais mal débarquer en string et talons de 10. C'eut pourtant été le seul moyen pour éclipser l'audacieux décolleté de La Princesse... (Photo censurée!)

L'Archiduc est un établissement de style Art Déco, très sympa dans son genre mais... un peu petit pour accueillir une clientèle aussi nombreuse qu'elle l'était hier soir. Du coup, les artistes ont dû se contenter, pour évoluer, d'un minuscule coin de la salle du rez-de-chaussée et d'une toute petite place au bord de la mezzanine. A leur décharge, ils ont admirablement su composer avec ces limitations, mais je pense que certains de leurs numéros auraient mérité une plus ample liberté de mouvement.

J'ai aimé les prestations du crooner George Bangable - belle voix, très professionnel dans son jeu de scène - et de la pin-up chanteuse Miss Lolly Wish qui a réussi à allumer son public sans jamais se déshabiller vraiment. J'ai été moins sensible à celles du rocker Patrick Ouchène et de Lalla Morte: l'unique numéro d'elle que j'ai vu était certes poétique, mais j'ai trouvé son rythme beaucoup trop vif. Et puis en matière de burlesque, je n'apprécie que les filles bien en chair. Les physiques graciles ne me plaisent qu'habillés.

Pour le reste, le spectacle était bien rythmé; je déplore juste qu'il ait commencé avec une heure de retard et qu'ayant dû partir à 0h45 (au lieu des minuit que nous nous étions initialement fixés), Chouchou et moi ayions manqué la fin. En revanche, l'atmosphère était tout à fait irrespirable, entre l'absence de climatisation chichement palliée par quelques ventilateurs et le nombre incroyable de gens qui fumaient malgré l'interdiction légale en vigueur depuis plusieurs années. Nous avons dû prendre une douche en rentrant et suspendre nos vêtements devant une fenêtre ouverte pour tenter de nous débarrasser de l'odeur; sans succès car j'en avais aussi plein les cheveux.

En résumé, une soirée sympathique entre amis, et un spectacle intéressant mais qui souffrait d'un certain manque de moyens. Quand on voit le nombre de spectateurs qu'il a attiré, il est toutefois permis d'espérer que ce genre d'initiative se développe à Bruxelles dans les mois ou les années à venir.

mardi 16 juin 2009

"Aspects of Alice" au TaFantastika

En préparant notre voyage à Prague, j'ai cherché un spectacle que nous pourrions aller voir pour occuper une de nos soirées. Mais aucun ballet n'était donné dans les dates de notre séjour et je n'avais pas envie d'un concert de musique classique, baroque ou même jazz. J'avais donc laissé tomber cette idée. Et puis à proximité du pont Charles, la publicité faite en devanture d'un théâtre pour un spectacle nommé "Aspects of Alice" a attiré mon attention. Il faut dire que l'héroïne de Lewis Carroll est un des personnages qui a le plus marqué mon imaginaire; comment aurais-je pu résister à un argumentaire qui me promettait d'explorer sa vie après la fin du livre, dans le cadre historique de Prague, et avec une débauche de moyens tels qu'artistes en chair et en os, animations en lumière noire, films et marionnettes?

Dimanche soir à 21h30, Chouchou et moi nous sommes ainsi retrouvés dans une petite salle à moitié remplie seulement, au milieu d'un public en grande partie composé d'ados espagnols bruyants. L'espace de quelques minutes, j'ai eu très peur. Mais la magie du spectacle n'a pas tardé à opérer, faisant taire gloussements et remarques moqueuses. Je ne suis pas certaine d'avoir compris la signification de tous les numéros ; en revanche, je suis bien sûre d'avoir été enchantée de bout en bout par leur poésie mêlée d'humour et d'érotisme. Et la fin totalement inattendue m'a laissée scotchée à mon siège tout comme l'avait fait, un peu plus tôt, la vue des nichons de la ravissante jeune femme rousse qui interprète le rôle-titre. Si jamais vous allez à Prague ou que l'on donne ce spectacle du côté de chez vous, je ne saurais trop vous le conseiller.




TaFantastika, Karlova 8, Prague
Représentations TLJ à 19h et 21h30
Prix du billet: 680 kc (environ 27€)

vendredi 6 février 2009

Dita Von Teese au Crazy Horse

C'était la raison initiale de ce mini-break. Chouchou et moi sommes de grands fans de la dame, de son érotisme glamour et fétichiste jamais vulgaire. Or, ses apparitions sur scène sont assez rares, et elle se produit justement à Paris pour deux petites semaines. Une occasion rêvée.

J'ai aimé:
- le surclassement en catégorie diamant, qui nous a valu de nous retrouver au beau milieu du premier rang! A certains moments du spectacle, moins de deux mètres séparaient le nez de Chouchou des fesses frétillantes de Dita. Autant dire qu'il était très... ému.
- la plupart des numéros, très recherchés dans la mise en scène et allant du very cute ("I'm just a good girl") au super athlétique ("Jungle Fever" ou la roue allemande) en passant par le franchement bizarre ("Upside Down", les jambes sans corps, le flot de lumière verte). En bonus, un numéro comique de claquettes exécuté par deux danseurs chauves habillés en garçons de café: gni?
- Dita, of course: absolument parfaite de la racine de ses cheveux savamment brushés jusqu'au bout de ses orteils manucurés. Pas le moindre détail de son apparence n'est laissé au hasard; le moindre de ses gestes, la plus petite de ses moues sont calculés au millimètre près. Ca donne des prestations renversantes de sexytude rétro. Cette fille exsude le charisme et le perfectionnisme par chacun de ses pores. Nous sommes ressortis du Crazy encore plus fans que nous n'y étions entrés.
- les escarpins Louboutin des danseuses - même si, étant donnée la vigueur de leurs coups de pied, j'ai passé la soirée à attendre le moment où une de leurs chaussures volerait et où son talon de 12 cm pointu comme un stylet viendrait me crever un oeil.
- le public, plus jeune et plus féminin que je ne l'aurais cru.
- le champagne, qui avait le bon goût d'être du brut (la seule sorte que j'aime).

Je n'ai pas aimé:
- les previews sur internet annonçaient quatre numéros de Dita dont trois inédits plus le classique "Bain noir"; nous n'avons eu droit qu'à deux inédits ("Lazy" et "Tees'ing") plus le Bain.
- l'interdiction de prendre des photos même sans flash - un grand classique, mais d'autant plus rageant que l'on bénéficie d'un point de vue imprenable!

Je recommande?
OUI, OUI, OUI! Ca fait vingt-quatre heures que je chantonne "Zou-bi-zou-bi-zou", et je crois que je ne suis pas prête de m'arrêter.

Dita von Teese se produit au Crazy Horse jusqu'au 15 février; réservations sur le site du cabaret.

jeudi 1 janvier 2009

"Barbie Story"

C’est un article dans le Elle Belgique de janvier qui m’a appris l’existence de ce ballet, dont une représentation était donnée le soir du 31 décembre. Comme Chouchou devait travailler à partir de 6h du matin le Jour de l’An, nous savions que nous ne pourrions pas faire grand-chose pour le réveillon. Rester peinards à la maison ne m’aurait pas dérangée, mais nous aimons tous les deux aller au spectacle et ça faisait un petit moment que je voulais initier Chouchou au ballet*. Cependant, je n’ai lu le Elle que dans l’avion qui nous emmenait à Toulouse pour les vacances ; je craignais donc qu’il n’y ait plus de places. A ma grande surprise, une tentative de réservation par internet le matin du 24 décembre m’a néanmoins permis d’en acheter deux plutôt bien situées.

Hier, nous avons vite compris pourquoi en arrivant au Centre Woluwé Saint-Pierre. La salle pourtant pas immense était plus qu’à moitié vide. Manque de publicité ? Sujet rébarbatif pour les adultes ? Le chorégraphe, responsable depuis peu du Brussels Ballet, doit pourtant être assez connu pour attirer le public. Mystère. Quoi qu’il en soit, « Barbie Story » possède d’énormes défauts et, curieusement, de non moins énormes qualités. Parmi ces dernières : un thème original, une chorégraphie inventive qui mélange le classique, le moderne et les danses latines, des interprètes ultra-motivés, des musiques éclectiques et judicieusement choisies (parmi lesquelles deux excellents remixes de « Creep » et de « Toxic »). En revanche, on peut déplorer la pauvreté des costumes et des décors, notamment dans la première partie, alors que le thème se prêtait à pas mal d’extravagance de ce côté-là. La lumière, également, est très peu utilisée pour mettre en valeur le travail des danseurs (sauf dans le numéro « Miss Bubble Cut », qui permet de se rendre compte de l’effet bœuf que peut donner même un éclairage tout simple). Malgré son petit goût de projet bricolé avec quatre bouts de ficelle et énormément d’enthousiasme, j’ai beaucoup apprécié « Barbie Story » et suivrai de près les futures créations de David Sonnenbluck.

*« Mais je l’ai déjà passé plein de fois, tu sais », a-t-il tenté de plaisanter quand je lui en ai parlé. On sait déjà qu’une chose au moins ne changera pas en 2009 : son sens de l’humour disons, euh… Non, ne disons rien.

dimanche 16 novembre 2008

"Quidam" au Brussels Kart Expo


C'est une sorte d'"Emilie Jolie" pour adultes, sans chansons et avec un côté beaucoup plus sombre parfois. Par ennui, une petite fille invoque un personnage mystérieux qui l'entraîne dans un monde où se côtoient le burlesque, le merveilleux et le tragique. Bien entendu, cette trame n'est qu'un prétexte à enchaîner des numéros acrobatiques. Tous ne m'ont pas captivée également: j'ai de loin préféré ceux qui utilisaient des accessoires à ceux qui montraient uniquement des prouesses athlétiques. Le numéro de statue vice-versa, par exemple, a été primé au festival du cirque de Monte-Carlo, et je réalise bien le travail qu'il a dû réclamer. Mais il n'était pas assez... spectaculaire pour moi. Idem pour les contorsions, assez peu originales. En revanche, j'ai adoré les cerceaux aériens, la corde volante, la roue allemande, les diabolos et surtout la banquine. Et les deux numéros où un clown met en scène des gens choisis au hasard dans le public m'ont beaucoup fait rire. Que dire d'autre? La musique est envoûtante, la mise en scène d'une grande poésie, les costumes très réussis pour la plupart. Pour vous faire une meilleure idée de l'atmosphère du spectacle, vous trouverez une vidéo d'une minute trente ici. Si vous avez envie de vous évader l'espace d'une soirée ou d'être stupéfié par ce dont un corps humain est capable à force de volonté et d'entraînement, allez voir "Quidam", vous ne serez pas déçu.

samedi 27 septembre 2008

"Battuta"

Hier matin, un petit article dans le blog de fille d'Hélène me fait bondir sur ma chaise. Une lectrice qui bosse dans l'évènementiel donne un lien permettant d'obtenir des invitations gratuites pour le dernier spectacle équestre de Zingaro, qui passe actuellement à Tour & Taxis. Seul hic: la représentation concernée est celle du soir même, et Chouchou bosse jusqu'à 22h. Je propose à Poulpy de m'accompagner: elle n'est "pas branchée canassons". Mélissa et Ingrid sont déjà prises. Qu'à cela ne tienne, j'irai seule!

Il faut dire qu'il y a quelques mois, lorsque nous avons préparé notre programme de cet automne, Chouchou et moi avons hésité entre deux beaux spectacles chers: "Quidam" du Cirque du Soleil et, donc, le "Battuta" de Zingaro. "Quidam" a fini par l'emporter, essentiellement pour une raison de date: il se joue en novembre, à une période où je savais que nous n'aurions plus le déménagement dans les pattes. Et puis je pensais qu'il intéresserait davantage Chouchou, qui ne partage pas ma passion pour le genre équin. Que le hasard me permette quand même de voir "Battuta" me remplit de joie et du sentiment d'être très chanceuse en ce moment.

Arrivée à 20h20 à Tour & Taxis, après avoir réussi à ne pas me perdre en chemin depuis la station de métro Yzer, je dois patienter dans l'immense file d'attente devant la tente marquée "guests". Apparemment, les organisateurs ont bel et bien dû distribuer une grande quantité de places gratuites pour remplir leur chapiteau! Je trouve ça étrange pour un spectacle dont on ne dit que du bien sur Internet - d'autant que son créateur Bartabas jouit d'une solide réputation.

J'hérite de la place A18, donc au tout premier rang. Pas idéal pour y voir à cause du manque de recul... et, comme je ne tarde pas à le constater, en raison du bombardement quasi-constant de mottes de terre. Ben oui: les chevaux passent au galop à moins d'un mètre, et ça gicle sous leurs sabots. J'en reçois dans les yeux (c'est bien la première fois que je me réjouis de porter des lunettes: elles font écran!), dans les cheveux, dans les oreilles et même dans le soutif - blouson fermé jusque sous le menton! Mes vêtements en sont constellés, et il doit même s'en être infiltré un peu à l'intérieur de mon sac. Franchement, si j'avais payé ma place 55€ et que je m'étais mise sur mon 31 comme mes voisins de banc, j'aurais un peu la pigne. Parce qu'entre la terre et l'angle peu avantageux, il est difficile de voir vraiment ce qui se passe sur la piste.

Mais je vais arrêter tout de suite de râler. Même vu dans une position très inconfortable, ce spectacle, "c'est que du bonheur", comme ils disent dans la télé-réalité. Evidemment, je suppose que si on est hermétique à la voltigue équestre, on doit s'ennuyer quelque chose de mignon, parce qu'il n'y a rien d'autre: pas de décors mirobolants, pas d'effets spéciaux, pas de jeux de lumière, juste un petit orchestre de cordes et un autre de cuivres. Mais les cavaliers... C'est simple, on dirait qu'ils ne sont pas soumis aux lois de la gravité. Ils sautent et tournoient avec une agilité ahurissante, faisant à dos de cheval ce que la plupart d'entre nous auraient déjà bien du mal à réussir les deux pieds sur terre - jouant du violon, esquissant un pas de danse ou exécutant des sauts périlleux arrière. Les numéros rivalisent de virtuosité et de drôlerie, notamment celui du striptease, celui de l'ours, et le final éblouissant durant lequel se succèdent d'improbables attelages qui, telles autant de saynètes loufoques, concluent l'histoire du spectacle ventre à terre.


"Battuta" ne dure qu'une heure et quart. Si vous aimez les chevaux, foncez-y: vous ne verrez pas mieux ailleurs. Mais tâchez de réserver des places plutôt vers les rangs D ou E. Plus bas, prévoyez une tenue qui ne craint rien, et peut-être un masque de plongée pour vous protéger la figure. Dans tous les cas, emportez une petite laine: à l'intérieur du chapiteau, il ne fait pas beaucoup plus chaud que dehors.

vendredi 26 septembre 2008

Dernière minute: des invitations pour le cirque Zingaro ce soir!

Si vous êtes fauché et que ne savez pas quoi faire ce soir, allez vite remplir ce formulaire en prenant bien garde, dans le menu déroulant, à remplacer "Tour & Taxis" par la date de ce soir.
Vous devriez immédiatement recevoir un mail de confirmation que vous n'aurez qu'à imprimer pour pouvoir assister gratuitement à la représentation du cirque Zingaro ce soir à Tour & Taxis. Il paraît que c'est superbe, alors n'hésitez pas! Chouchou travaille ce soir, hélas, mais j'y serai certainement!

Edit: Bon ben voilà, les 300 places gratuites ont été attribuées... A demain pour le récit de ma soirée!

lundi 28 juillet 2008

"Stomp" au New Ambassadors

C'est une comédie musicale sans scénario, sans paroles, sans instruments, sans costumes et quasiment sans décors. Pourtant, "Stomp" enthousiasme son public depuis maintenant 17 ans.

La première fois que j'en ai entendu parler, c'était par Shawn qui mourait d'envie de le voir. "Mmmh ça consiste en quoi?" avais-je demandé. "C'est des gens qui font de la musique en tapant sur des poubelles". Autant dire que sa réponse ne m'avait pas convaincue. D'ailleurs, au final, nous avions été voir "Cats". J'en rêvais depuis des années, et au deuxième rang de l'orchestre dans une salle de Broadway, j'ai passé une de meilleures soirées de ma vie malgré la fatigue due au décalage horaire et au fait que je n'avais pas dormi la nuit précédente.

Puis j'ai oublié "Stomp" jusqu'à ce que Hawk et moi commencions à préparer notre récent week-end à Londres. De tous les spectacles à l'affiche dans le West End, celui qui le tentait le plus était "Spamalot"; celui qui me tentait le plus était "Wicked". Il a fallu faire un compromis. Le fait que "Stomp" soit toujours à l'affiche onze ans après mon séjour aux USA m'a intriguée. Et puis les critiques étaient dithyrambiques. Nous nous sommes mis d'accord: si nous trouvions des tickets pas trop chers aux kiosques de Leicester Square, nous irions voir "Stomp".

Tickets nous avons trouvés. Pour vendredi soir, à £24.50 (plus £2 pour les frais de carte de crédit) au lieu de £45 par personne. Un peu avant 20h, après avoir galéré un chouïa pour trouver le New Ambassadors, nous avons donc pris place dans une salle très petite: à vue de nez, environ 400 personnes entre le parterre et le balcon. Et le spectacle a commencé.

"Stomp", ce sont donc huit artistes - musiciens, danseurs et comédiens à divers degrés - qui font des percussions avec des objets du quotidien: balais, boîtes d'allumettes, briquets, poubelles, tuyaux en plastique, scies à dents, éviers... Ils sont habillés comme des clodos; ils ne s'expriment que par onomatopées, et c'est absolument formidable. D'abord, la performance musicale est remarquable (et pas du tout ennuyeuse ni répétitive comme je le craignais). Le public est régulièrement invité à participer, surtout dans le final, et il s'exécute avec enthousiasme. Ensuite, la mise en scène met en valeur les points forts de chacun des performers et fait admirablement ressortir leur personnalité individuelle. L'un d'eux, apparemment très en-dessous du niveau des autres, sert de bouc émissaire à ses camarades et d'élément comique tout au long du spectacle. J'ai ri à m'en faire mal au ventre, et tout le reste de la salle avec moi.

En sortant du New Ambassadors, je pensais à la surenchère de décors, de costumes et de lumières qui caractérise les comédies musicales de ces dernières années - ou, plus simplement, à la débauche d'effets spéciaux qui, dans les films d'action, sert souvent à masquer l'indigence du scénario. "Stomp" prouve qu'il est possible de faire de l'art (et du bon) avec des moyens extrêmement limités. A condition, évidemment, d'avoir un minimum de talent.