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vendredi 13 juillet 2018

Don de plasma: comment, pourquoi?





Le sang n'est pas le seul produit biologique que collectent les centres de la Croix-Rouge. Certains sont également équipés pour les dons de plaquettes ou de plasma, moins connus car plus longs à effectuer mais tout aussi nécessaires. Or en décembre 2017, un très beau centre a ouvert rue des Alexiens, à deux pas de chez mon coiffeur, dans un endroit facile à atteindre pour moi lorsque je suis à Bruxelles. J'avais donc décidé cet été de tester le don de plasma. J'ai fait une première tentative début juin. Mais comme j'étais inconnue de la Croix-Rouge belge (même si j'avais déjà une carte de l'Etablissement Français du Sang), j'ai dû commencer par effectuer un don de sang ordinaire pour qu'ils vérifient que tout allait bien chez moi. Et hier, j'y suis retournée pour faire enfin mon premier don de plasma. 

lundi 14 septembre 2015

#BXLRefugees




C'est un quartier gris et froid, désert le dimanche; un quartier de tours monolithiques en verre et en acier qui suintent le fric et le pouvoir; un quartier sans âme et sans humanité qui se dresse avec arrogance vers les nuages. 

Et puis en son centre, le carré vert du parc Maximilien, îlot de vie presque incongru coincé entre deux mornes avenues. Là, à ras de terre, des centaines et des centaines de tentes se pressent les unes contre les autres. Les allées et le terrain de sport grouillent de gens qui distribuent ou reçoivent à manger, qui portent le hijab ou une chasuble jaune - parfois les deux -, qui discutent en français, en arabe, en anglais ou en néerlandais, qui ramassent les détritus, jouent au ballon, somnolent sur des matelas auto-gonflants, transportent d'énormes marmites de soupe orange, confectionnent des banderoles, démontent des palettes afin de fabriquer des meubles de fortune. Des enfants sourient, dessinent, se courent après et se font rappeler à l'ordre par leurs parents. Non loin d'écoles improvisées, un stand invite à gonfler des ballons blancs pour envoyer des messages de paix.










A première vue, le tableau paraît presque joyeux, une sorte de grande colonie de vacances un peu bordélique. Mais ses protagonistes ne sont pas venus à Bruxelles pour prendre du bon temps. La plupart d'entre eux arrivent de très loin, ont tout perdu et bravé la mort afin d'atteindre la Belgique. 

Où les pouvoirs publics refusent de les accueillir décemment. 

Dimanche matin, les bénévoles qui s'affairent sans relâche depuis quinze jours au parc Maximilien avaient dénombré 1700 réfugiés en attente de papiers et d'hébergement. La seule pseudo-solution proposée par le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Théo Francken: 500 lits de camp dans une tour voisine, sans sanitaires, sans nourriture et sans intimité. A ce compte-là, oui, les demandeurs préfèrent rester dans leur camp remarquablement bien achalandé pour selon qu'il s'est développé en si peu de temps. 

Malheureusement, leur situation est bien trop précaire pour durer. Samedi déjà, malgré les tranchées d'évacuation creusées à la hâte par les bénévoles, les premières pluies automnales inondaient les tentes et changeaient les allées en gadoue. Bientôt, les températures vont chuter. Et les réfugiés affluent sans cesse plus nombreux chaque jour. 

Il est urgent d'agir, et les personnes qui détiennent le pouvoir ne semblent pas du tout décidées à le faire. Alors, en attendant que la situation se débloque, les réfugiés ne peuvent compter que sur les gens de bonne volonté, ceux qui acceptent de retrousser leurs manches, de donner un peu de leur temps, de leurs compétences ou de leur argent pour venir en aide à leurs frères humains. 

Soyons de ceux-là. Elevons la voix au nom de ceux que l'on n'écoute pas, que l'on refuse même de voir. 

Parce qu'en ce moment, ils n'ont que nous au monde. 





Concrètement, comment aider?
- La page Facebook de la Plateforme Citoyenne de soutien aux réfugiés publie chaque jour ses besoins précis en dons matériels, à déposer soit au parc Maximilien, soit au centre de tri de la rue François Mus (métro Belgica). 
- Les bonnes volontés sont les bienvenues au camp, de jour comme de nuit. Inutile de s'inscrire: il suffit de se présenter au point bénévoles pour y recevoir un bracelet bleu et s'enquérir des tâches à effectuer. Les gens qui parlent arabe et ceux qui possèdent des compétences médicales sont particulièrement utiles, mais une paire de bras vaillants pour trier les dons ou préparer à manger sera aussi très appréciée, tout comme les initiatives d'animation et d'enseignement.
- Sur les réseaux sociaux, pour discuter de la situation ou accompagner les photos prises au camp, utiliser le hashtag #BXLRefugees
- Ce soir à 18h, un rassemblement aura lieu au rond-point Schuman:



- Les organisations sérieuses auxquelles donner de l'argent: International Rescue Committee, Médecins du Monde, Médecins sans Frontières, la Croix-Rouge



mardi 22 juillet 2014

Givebox: où un geste de solidarité urbaine se change en dilemme sur le sens du don




Une Givebox, c'est un local-penderie installé dans la rue, où les gens peuvent déposer ce qui ne leur sert plus mais qui est encore utilisable et/ou prendre les objets déposés là dont ils ont justement l'utilité. A Bruxelles, il en existe actuellement deux. J'ai découvert leur existence la semaine dernière; trouvant l'idée formidable, j'ai rempli à la va-vite quatre caisses de brols en état neuf (ou quasiment) qui traînaient dans notre cave et sur les étagères les moins accessibles de nos armoires. Dimanche, nous sommes allés les porter à la Givebox située rue de l'église à Berchem Ste-Agathe.




En arrivant, nous sommes surpris de trouver la Givebox aussi jolie et colorée. Bien rangée, aussi, malgré le petit espace disponible. Il y a des étagères pour mettre les livres, un coin penderie équipé d'une tringle... C'est bien conçu, et sans doute entretenu de façon régulière. Par contre, je suis un peu sceptique sur l'intérêt d'avoir apporté certains objets, comme deux bougies parfumées dans des récipients en verre où il reste à peine quelques millimètres de cire. Globalement, rien ne me paraît en très bon état. Ce sont des choses que, personnellement, je n'aurais pas osé donner, et qui seraient parties directement au recyclage ou à la poubelle. Peut-être me suis-je fixé des critères trop restrictifs (ceux d'une troc party, plus ou moins)?




Je viens de finir de ranger le contenu de notre première caisse dans la Givebox quand un monsieur d'un certain âge apparaît et nous signifie qu'il aimerait emporter les trois autres. J'imagine qu'il compte essayer de revendre les affaires que nous voulions donner, et ça me contrarie pas mal. Mais je me dis aussi qu'il n'a qu'à attendre que nous ayons le dos tourné pour les emporter, donc bon. Chouchou pousse la gentillesse jusqu'à l'aider à transporter les caisses chez lui, à deux pas de là.

L'histoire me chiffonne pendant tout le reste de la journée. Oui, je voulais me débarrasser de ces objets, et je ne comptais pas en tirer d'argent. Mais j'aurais aimé qu'ils aillent gratuitement à leur utilisateur final, sans faire l'objet d'un monnayage (même à faible prix) de la part d'une tierce personne. Si ça se trouve, ce monsieur récupère tous les dons intéressants pour faire les brocantes avec, ce qui me paraît détourner l'initiative de son but. En même temps, sans doute a-t-il besoin de gagner sa vie, et n'a-t-il pas trouvé de meilleur moyen. Deux jours plus tard, après y avoir beaucoup réfléchi, j'avoue que je ne sais toujours pas quoi en penser.