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dimanche 19 mai 2019

"Les âmes silencieuses" (Mélanie Guyard)


1943. Héloïse Portevin a vingt-et-un ans lorsqu'un détachement allemand s'installe dans son village. Avides d'exploits, son frère et ses amis déclenchent un terrible conflit. Pour aider ceux qu'elle aime, Héloïse prend alors une décision aux lourdes conséquences... 

2012. Loïc Portevin est envoyé par sa mère au fin fond du Berry pour y vider la maison familiale après le décès de sa grand-mère. Loïc tombe sur une importante correspondance entre cette dernière et un dénommé J. Commence pour lui une minutieuse enquête visant à retrouver l'auteur des lettres. 

Entre secrets de famille et non-dits, Loïc et Héloïse font chacun face aux conséquences de leurs décisions, pour le meilleur... et pour le pire.

mardi 7 août 2018

"The bookshop of yesterdays" (Amy Meyerson)


Quand elle était petite, Miranda adorait son oncle Billy, un sismologue qui possédait une librairie à Los Angeles. Les chasses au trésor qu'il lui concoctait font partie de ses meilleurs souvenirs d'enfance, tout comme ses visites chez Prospero Books où elle avait toujours le droit de choisir un livre à emporter. Mais le jour de son douzième anniversaire, une horrible dispute a éclaté entre sa mère et Billy, et Miranda n'a jamais revu son oncle. 

Aujourd'hui, elle est prof d'histoire à l'autre bout du pays et vient juste d'emménager avec son petit ami quand elle apprend que son oncle est mort... en lui léguant Prospero Books et le premier indice d'un ultime jeu de piste. De classique littéraire en classique littéraire, Miranda va découvrir le secret que lui cachent ses parents et la raison pour laquelle Billy a autrefois disparu de sa vie. 

Une librairie, un secret de famille, un jeu de piste: "The bookshop of yesterdays" avait absolument tout pour me plaire. Hélas, il ne suffit pas toujours de mélanger les bons ingrédients. Pour obtenir un roman délicieux, il aurait également fallu que le secret soit moins transparent (c'est la première chose à laquelle j'ai pensé dès la scène de la dispute), et que Miranda ne soit pas tellement narcissique que la seule chose qui est allée crescendo tout au long de ma lecture, c'était mon envie de lui mettre des claques. Malgré une idée de départ fort intéressante, c'est un miracle que j'aie tenu jusqu'à la fin. 

mardi 8 mai 2018

"Les anges et tous les saints" (J. Courtney Sullivan)


Dans les années 50, la pauvreté en Irlande contraint Nora et Theresa Flynn à émigrer à Boston. Docile et réservée, l'aînée est censée épouser un garçon de chez elles qui les a précédées en Amérique, tandis que la cadette brillante et pleine de charme espère devenir enseignante. Mais dans sa naïveté, elle succombe aux charmes d'un homme plus âgé et se retrouve bientôt enceinte - une grossesse qui va modeler la vie de deux familles durant plus d'un demi-siècle...

J'avais beaucoup aimé les romans précédents de J. Courtney Sullivan: "Les débutantes", "Maine" et "Les liens du mariage", aussi était-il évident que j'allais lire "Les anges et tous les saints". Mais pour la première fois avec cette auteure, j'avoue n'avoir accroché ni à l'histoire ni aux personnages. Les Irlandais pauvres venus tenter leur chance en Amérique, c'est un thème qui a souvent été exploité en littérature ces dernières années, me donnant une forte impression de déjà-lu. Le premier secret de famille est rapidement deviné - et de toute façon révélé dès la fin du premier tiers; le second intervient beaucoup trop tard et m'a paru insuffisamment exploité. La fin n'apporte qu'une résolution partielle, tout à fait insatisfaisante de mon point de vue. Quant aux deux héroïnes, Nora toujours guidée par son sens du devoir et des conventions ne suscite guère d'empathie, et Theresa choisit un chemin de vie assez intrigant mais un peu frustrant du point de vue narratif. Bref, cette fois, je suis restée sur ma faim. 

Traduction de Sophie Troff

mercredi 14 mars 2018

"The Disappearances" (Emily Bain Murphy)


Septembre 1942. Parce que leur mère bien-aimée vient de mourir et que leur père a été appelé sous les drapeaux, Aila, 16 ans, et son jeune frère Miles partent vivre chez la meilleure amie d'enfance de leur mère, dans la petite ville de Sterling. S'ils sont très bien reçus par la famille Cliffton, Aila ne tarde pas à remarquer beaucoup de phénomènes étranges: rien n'a d'odeur, on ne voit pas les étoiles dans le ciel la nuit, toutes les portes sont peintes dans le même gris, personne n'a de reflet... Ces Disparitions, qui se produisent au rythme d'une tous les 7 ans, ont commencé le jour de la naissance de Juliet Cummings, la mère d'Aila et Miles, seule personne ayant jamais échappé à l'emprise de Sterling. De ce fait, les autres habitants la tiennent responsable de la malédiction et se montrent immédiatement hostiles envers ses enfants...

Pour son tout premier roman, Emily Bain Murphy propose une histoire des plus originales, avec une atmosphère envoûtante et une écriture un cran au-dessus de ce qu'on trouve généralement en littérature jeunesse. "The Disappearances" pèche pourtant sur quelques points. D'abord, je n'ai jamais eu l'impression d'être réellement dans l'Angleterre du début des années 40: le rationnement évoqué au tout début cède très vite la place à des descriptions de nourriture délicieuse et abondante; la population masculine adulte semble intouchée par la guerre et surtout, garçons et filles se mélangent joyeusement avec une décontraction très peu crédible pour l'époque. Si ce n'est pour le fait que les héros doivent effectuer leurs recherches à l'ancienne et très laborieusement plutôt qu'avec Google en deux coups de cuillère à pot, on croirait voir des ados de maintenant. Ensuite, bien que très intrigants, les éléments magiques de l'histoire manquent de cohérence et d'explications. J'ai malgré tout beaucoup aimé ce roman - la première moitié plus que la seconde, ce qui est hélas souvent le cas dans les récits empreints de fantastique. 

dimanche 4 mars 2018

"La maison aux secrets" (Catherine Robertson)


Depuis que son petit garçon est mort dans un accident dont elle se considère responsable, April Turner mène une vie d'ascète, se refusant tout ce qui pourrait lui apporter la moindre joie. Le jour où elle apprend qu'elle a hérité d'une propriété à l'abandon, elle pense d'abord la faire vendre par le notaire sans même aller la voir, puis donner l'argent à une bonne oeuvre. Mais une attirance irrésistible la pousse à prendre l'avion pour se rendre en Angleterre. Et toute sa réticence ne peut rien contre l'enchantement que l'Empyrée exerce sur elle. Sans compter cette vieille dame surnommée Sunny, qui a bien connu les propriétaires et qui a des tas de choses à raconter sur eux... 

Je suis aussi bonne cliente pour les secrets de famille et les histoires de deuil surmonté que pour les narrations parallèles sur deux époques; ce roman de la Néo-Zélandaise Catherine Robertson ne pouvait donc que me séduire. Grâce à des personnages secondaires haut en couleurs et attachants, April va peu à peu retrouver le goût de la vie.  "La maison aux secrets" est autant le récit de sa renaissance que celui du drame qui a laissé l'Empyrée sans héritier direct. Tandis que le mystère se dévoile par petites touches, le contact avec la nature, couplé à la bienveillance de son nouvel entourage, réveille les sens de cette femme éplorée et finit par venir à bout de ses résistances. Un roman à la fois prenant, émouvant et apaisant. 

Traduction de Fabienne Duvigneau

lundi 8 janvier 2018

"L'aube sera grandiose" (Anne-Laure Bondoux)


Nine, bientôt 16 ans, se fait kidnapper dans une Opel Kadett antédiluvienne le jour de la fête de son lycée, à laquelle elle brûlait d'assister avec tous ses amis. Titania Karelman, auteure de romans policiers à succès et accessoirement mère célibataire de la jeune fille, entraîne celle-ci dans une cabane au fin fond des bois. Durant la nuit à venir, elle va lui raconter l'histoire incroyable et pourtant vraie de sa famille: sa grand-mère que Nine croyait morte, les deux oncles dont elle ignorait l'existence, mais aussi tous ceux qui ont croisé et contribué à modeler leur vie, depuis le pompiste au grand coeur jusqu'au docteur fou de vélo en passant par la gouvernante spécialiste des crêpes, le copain disquaire et surtout... Le dernier secret ne sera révélé qu'au point du jour.

Bien que "L'aube sera grandiose" soit déjà le 8ème roman d'Anne-Laure Bondoux, c'est le premier sur lequel je décide de me pencher en raison de plusieurs critiques élogieuses lues à son sujet. Sa chronique familiale émouvante, un peu foutraque et pleine de rebondissements, m'a accrochée au point que je l'ai dévoré dans la journée. L'auteure sait doser péripéties et révélations, alterner présent et passé, entremêler trois générations pour maintenir le lecteur en haleine jusqu'au bout dans le calme trompeur de la province française. Un roman plein de charme et de sensibilité, que je recommande aux adultes aussi bien qu'aux ados.

dimanche 9 octobre 2016

"Nous sommes l'eau" (Wally Lamb)


Annie Oh, artiste dont l'oeuvre a souvent été qualifiée d'"en colère", s'apprête à épouser en secondes noces sa galeriste Viveca. Elle a insisté auprès de son ex-mari Orion pour que le mariage se déroule à Three Rivers, à l'endroit où ils ont vécu pendant vingt-sept ans. Toujours épris d'elle, Orion hésite: doit-il assister à la cérémonie, ou prendre un mois de vacances dans la villa de Cape Cod que Viveca propose de lui prêter? De leur côté, les trois enfants d'Annie et Orion ont des réactions assez différentes. Andrew, militaire stationné au Texas qui a récemment trouvé la foi, estime que l'homosexualité est contre nature. Ariane, sa soeur jumelle qui dirige une soupe populaire à San Francisco, se montre d'autant plus tolérante qu'elle-même vient de prendre une décision assez choquante au premier abord. Quant à la petite dernière, Marissa, actrice new-yorkaise ayant du mal à percer, elle adore Viveca qui la couvre de cadeaux coûteux. Dans les jours précédents le mariage, Annie ressasse les souvenirs de l'enfance douloureuse qui l'a façonnée et les secrets dont elle n'a jamais parlé à personne...

Une fois de plus, Wally Lamb livre ici un roman américain ample, profond et ambitieux. Les membres de la famille, qui narrent leur partie de l'histoire tour à tour, ont une psychologie tellement fouillée qu'on ne peut s'empêcher de comprendre et d'excuser même leurs actions les plus terribles. Entre la fin des années 50 et notre présent, Wally Lamb balaye nombre de problèmes de société: le racisme, l'alcoolisme, la pédophilie, les maltraitances, l'homophobie... Il a assez de talent pour démontrer la manière dont le cycle des abus et de la violence se perpétue sans que cela ne phagocyte tout le récit. Les pages défilent à toute allure jusqu'à une fin que j'ai malheureusement trouvée un peu too much. Si "Nous sommes l'eau" n'est peut-être pas le meilleur roman de l'auteur, il vaut tout de même largement la peine d'être lu.