Affichage des articles dont le libellé est rupture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est rupture. Afficher tous les articles

mardi 17 juillet 2007

Caliméro is back, and he's not a happy camper

Mes parents ne m'ont toujours pas appelée. Moyennant quoi, cet après-midi, je me suis quand même déplacée jusqu'à la ville voisine pour porter à réparer une des figurines Swarovski de ma mère (un renard qui a perdu sa queue). Je ne réclame pas la canonisation, mais est-ce trop demander que mes géniteurs s'inquiètent un peu de ma santé? Apparemment oui. C'est la deuxième fois d'affilée qu'ils oublient que je me fais opérer. Je les appellerais bien moi-même mais je me connais, j'ai peur que mes mots dépassent ma pensée.
A la boutique Swarovski, j'ai vu Kiki qui m'a invitée à manger la semaine prochaine. Je suis partagée entre le fait que je les aime vraiment, elle et sa famille, et le fait qu'en me rappelant l'Homme, ils me renvoient chaque fois à mon amertume et à ma rancune. Je sens bien qu'ils évitent de parler du sujet tabou, et du coup c'est comme un fantôme omniprésent entre nous. Peut-être devrais-je couper les ponts avec eux.
Sinon, je flippe à l'idée que le polype retiré hier soit en fait un début de cancer du col de l'utérus. Je téléphonerai à ma gynéco demain pour l'interroger sur la question. Je sais qu'elle n'a pas réclamé d'examen supplémentaire, mais mon dernier frottis (qui était nickel) date d'il y a cinq mois et demi, et il peut s'en passer des choses en cinq mois et demi.
L'AGESSA (la sécu des traducteurs littéraires) vient de me prélever un montant plus de trois fois supérieur à ce qui est indiqué sur mon échéancier mensuel. Après demande d'explication par mail, on me répond que ce montant correspond à la somme de trois cotisations différentes (de deux sortes et sur deux années, une truie n'y retrouverait pas ses petits). Aucun des chiffres additionnés ne ressemble même de loin à ce qui est indiqué sur mon échéancier. Ca fait un sacré trou dans mon budget déjà mis à mal par deux grands voyages en six mois, et surtout je crains que ça se reproduise au trimestre prochain. Déjà que j'étais hyper tendue niveau trésorerie...
Le seul chouette truc de la journée, c'était Persepolis que je suis allée voir au ciné. Dessin animé en 2D, noir et blanc, avec environ deux images par minute. Autant dire que techniquement, on est loin d'une production Pixar. Et c'est merveilleux. Parfois tragique, parfois drôle, toujours émouvant et débordant d'humanité. Il y avait longtemps qu'un film ne m'avait pas arraché une petite larmichette.

lundi 25 juin 2007

La crise qui faillit être 1/3

Quand j'ai éclaté en sanglots à la vue d'un orque, j'ai bien été obligée d'admettre que quelque chose ne tournait pas rond.
Ca faisait déjà trois semaines que j'écoutais "Erase" en boucle sur mon iPod en regardant le sud des Etats-Unis défiler par la vitre du Highlander. Trois semaines que des regrets aigus venaient parasiter les pensées qui auraient dû être réservées à un autre. J'ai d'abord voulu croire que c'était le contexte qui ravivait de mauvais souvenirs. Et puis ces larmes, immédiates, débordantes. Ces images qui ne me lâchaient plus.
J'avais au moins une certitude à laquelle me raccrocher. Je ne voudrais sous aucun prétexte être encore avec lui. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre; je suis infiniment plus heureuse et épanouie sans lui, ça ne fait pas le moindre doute. Je n'étais pas en train de souhaiter qu'il me revienne.
Alors pourquoi je n'arrêtais pas de penser à lui, et pourquoi c'était comme un coup de couteau dans le coeur à chaque fois?
La fierté humiliée, bien que réelle et toujours vivace, ne suffisait pas à expliquer ça. C'était comme si, à la lumière de sa trahison finale, je revoyais toute notre histoire sous un jour nouveau. Comme si je revivais chacune des occasions où je m'étais donné du mal pour lui faire plaisir, chacun des sacrifices que j'avais consentis - spontanément ou contrainte et forcée - pour être avec lui, chacune de mes vaines tentatives pour l'atteindre. Et comme si je réalisais enfin à quel point j'étais à côté de la plaque, à quel point je vivais mon histoire toute seule dans mon coin, à quel point c'était sans espoir. Je pleurais sur le sort de cette fille aveuglée par ses sentiments, qui était en train de perdre son temps et de gaspiller ses efforts, de sombrer dans la dépression nerveuse quatre mois par an et dans un ennui morose les huit autres pour essayer de s'attacher un homme inaccessible. Un homme qui dormait dans le même lit qu'elle mais restait à jamais hors de sa portée.
Mais ça faisait quand même plus d'un an qu'on était séparés, et après une période où ma douleur semblait s'être tassée, voilà que le fantôme de mon ex revenait inopportunément à la charge. Pourquoi?

mardi 8 mai 2007

C'était il y a un an


Lever 7h30. Le beau-frère d'Autre Moi passe nous chercher chez elle pour nous emmener à l'aéroport. Nous sommes tout contents d'avoir déjà nos places réservées (ensemble, donc) et une seule correspondance. 9h pour Paris-Chicago, 2-3h pour le changement et 2h30 pour Chicago-Denver. Le vol se passe assez agréablement malgré une panne du système vidéo (encore!). Je fais des grilles de sudoku - comme environ la moitié des autres passagers -, dévore "Biographie de la faim" d'Amélie Nothomb qui vient de sortir en poche et attaque "Je l'aimais" d'Anna Gavalda. Premier serrage de coeur avec l'histoire de cette femme qui vient de se faire larguer après des années de mariage sans trop comprendre pourquoi.

Puis le personnel de bord annonce que suite à une panne de générateur (celle-là même qui nous a empêchés d'avoir des vidéos), nous devons nous poser avant Chicago, à Toronto plus exactement. "We're treating this as a serious situation". Autre Moi est livide. Junior fait de son mieux pour la rassurer mais n'en mène pas large non plus. Kris masque son stress en réclamant "à manger et des femmes nues". Moi, ça va. Je suis fataliste. Après une manoeuvre d'approche assez bizarre, nous nous posons à Toronto. Des mécaniciens montent à bord et réparent l'avarie. Pendant ce temps, nous bénéficions enfin de la vidéo et regardons tous les quatre "Nanny McPhee" sur nos écrans individuels.

Au bout de deux heures, l'avion repart pour Chicago. Bien entendu, nous avons loupé notre correspondance. Mais les formalités sont assez vite expédiées, et nous rebookés (en éco+) sur un autre vol qui part à 18h50 au lieu de 16h45. Dans l'aéroport d'O'Hare (celui où Soeur Cadette passe si souvent quand elle est en déplacement pour son boulot), je fais une provision de journaux de fille: Us Weekly (Denise Richards en couv), Red Book, For Me et Elle. Je retire $500 en liquide pour les frais communs et les petites dépenses et avale précipitamment une salade de pâtes. Le Chicago-Denver n'est pas très long. Nous sommes séparés et coincée entre deux inconnus, je me contente de lire.

Lorsque nous atterrissons à Denver, il est déjà 20h30 heure locale, et il fait nuit. Une navette d'Alamo nous emmène au parking du loueur, où un employé bouché me soutient qu'on n'a pas pu régler à l'avance le supplément jeune conducteur pour Junior. Il finit quand même par entendre raison. La Chevrolet Malibu qu'on nous attribue ne plaît pas à Junior, et surtout, le coffre arrive tout juste à accommoder nos quatre sacs (en retirant le hayon). C'est Autre Moi qui s'y colle courageusement pour le premier tour de conduite. Le problème, c'est que notre plan Mapquest part de l'aéroport et pas de chez le loueur, qui se trouve à une bonne distance. Nous nous perdons immédiatement, faisons demi-tour en acquittant deux fois un péage pour rien, demandons notre chemin dans un motel, tournons une bonne demi-heure dans le même quartier désert en quête d'un hôtel qui semble ne pas exister. Nous sommes debout depuis près de 24h, nous ne connaissons pas le code de la route américain et nous n'y voyons absolument rien. Devant un Blockbuster fermé, je finis par alpaguer un Black super sympa qui connaît bien la ville et m'apprend que nous nous trouvons complètement à l'opposé de là où nous voulons aller. Avec son aide, nous parvenons à rejoindre le centre de Denver. Nous apercevons même notre hôtel sur la droite de la route, mais la sortie est loin et nous nous re-paumons en essayant de le rejoindre.

Vers minuit heure locale, enfin, nous nous garons sur le parking du Best Western. Autre Moi est restée admirablement calme alors que je commençais vraiment à angoisser (conduire m'a toujours fait flipper, mais là!). Douche rapide mais extrêmement bienvenue. Mes produits de beauté se sont renversés dans ma trousse de toilette et tout mon sac de voyage empeste CK Summer. Un texto de l'Homme achève de me ratatiner le moral. En réponse à mes messages sur nos déboires aériens et routiers, conclus par un mélodramatique "C'est un cauchemar", il écrit: "Ouais, les Dalton au Nouveau Monde ;) Espérons que la suite sera mieux". Il sort d'où ce smiley clin d'oeil pourri? Il croit que ça y est, on est séparés depuis trois jours et il peut déjà faire comme si on était juste de bons potes?
Argh.
- extrait carnet de voyage, Road Trip USA 2006, lundi 8 mai 2006

mardi 3 avril 2007

Page tournée, livre fermé

Je viens juste de raccrocher mon téléphone après avoir souhaité une bonne continuation à l'Homme.
Il m'a appelée à 8h30. Evidemment je dormais encore. "T'es une grande malade," m'a-t-il lancé en riant en guise d'entrée en matière. Ca commençait bien. Les lambeaux de mon sommeil interrompu m'ont empêchée de monter immédiatement au créneau. Il m'a dit qu'il venait de trouver mon mail, qu'il était en train de rassembler les affaires que j'avais laissées chez lui et qu'elles seraient devant ma porte cet après-midi. J'ai répondu: "Je te rappelle dans une heure". Et j'ai raccroché.
Dix minutes à me sentir moche, mesquine, radine. Dix minutes à me demander où j'allais bien pouvoir foutre tout ce bordel et ce que j'allais en faire. Dix minutes à m'interroger sur la façon dont je devais réagir. Puis la réponse s'est imposée d'elle-même. J'ai rappelé sans attendre davantage.
Il ne pouvait y avoir qu'une seule issue à notre conversation. Malgré toutes les erreurs que j'ai commises en gérant ma relation avec l'Homme, notre rupture et ses conséquences, je n'ai jamais dévié d'une certaine ligne de conduite. Oui, j'ai caressé des idées de vengeance - vandalisme et dénonciation pour n'en citer que quelques-unes. Mais j'ai toujours su que quelle que soit l'ampleur de ma déception, de mon chagrin, de ma colère, il était des choses auxquelles je ne m'abaisserais pas. Pas par respect pour lui: par respect pour moi. Ca m'aurait peut-être soulagée sur le coup. Mais j'aime assez pouvoir me regarder dans la glace le matin. Me dire que je n'ai pas à rougir de ma conduite, que je n'ai pas laissé mes émotions aussi justifiées soient-elles me faire commettre des actes méprisables. Ne pas traîner de remords irrémédiables, de honte ineffaçable.
J'ai dit à l'Homme: "Ce que je veux vraiment, ce n'est pas récupérer mes affaires. Ce que je veux vraiment, c'est que tu me parles. Que tu m'expliques pourquoi tu t'es conduit comme ça avec moi. Que tu t'excuses de m'avoir traitée sans le minimum de respect dû à quelqu'un avec qui tu avais quand même vécu sept ans. Ca fait presque un an qu'on est séparés et qu'à cause de ton silence, je ne parviens pas à tourner la page."
On est restés au téléphone pendant 50 minutes. Bien sûr il n'est toujours pas très doué pour parler de sentiments, bien sûr il a d'abord cherché à justifier sa conduite en me rappelant mes propres torts qui sont réels. J'ai insisté doucement, en argumentant sans m'énerver. Et il a fini par me dire qu'il était désolé. Que notre histoire avait vraiment compté pour lui. Qu'on avait passé des moments géniaux avant que ça commence à merder. Qu'il avait aussi pas mal souffert pendant les derniers mois avant notre rupture. Qu'il avait laissé traîner parce qu'il n'était pas sûr, qu'il ne savait pas si ça ne pouvait pas redémarrer entre nous. Que pour lui aussi, c'était un échec douloureux.
Et c'était tout ce que j'avais besoin d'entendre pour refermer enfin ce livre-là. Que notre histoire n'avait pas été un mensonge, que je n'avais pas vécu si longtemps à côté d'un parfait étranger, que je n'étais pas si stupide et lui pas si insensible.
J'ai beaucoup pleuré, mais c'était des larmes de soulagement autant que de tristesse. Je faisais enfin le deuil de notre couple défunt depuis presque un an.
Nous avons échangé des nouvelles. Je lui ai dit que j'avais un nouveau copain qui habitait à Bruxelles, que mes parents avaient déménagé à Toulouse, que je m'étais remise au sport, que mon endométriose avait récidivé et que j'angoissais un peu à cause de ça. Il m'a dit qu'il avait été opéré de polypes pré-cancéreux il y a quelques mois, qu'il avait démissionné du poste qu'il occupait à la ligue régionale d'aïkido, qu'il avait (enfin!) pris sa carte d'électeur pour pouvoir voter aux présidentielles.
Nous avons fait la paix. Je suis en paix. J'ai fini par avoir la seule chose que je voulais, la seule chose dont j'avais besoin. Et je l'ai eue sans renier ce que je suis. Le reste, je m'en fous. Ca passera en pertes d'exploitation.

lundi 2 avril 2007

Trop bonne, trop conne : le proverbe se vérifie une nouvelle fois

Chaque fois que je crois avoir refermé le dossier "l'Homme" - en avoir définitivement fini avec lui et surmonté ma déception -, une nouvelle révélation se charge de me détromper.
Avant-hier, j'ai décidé d'écrire au tribunal d'instance pour expliquer notre cas et, plaidant la mésinformation par un site gouvernemental, demander s'il n'était pas possible d'antidater la rupture de notre PACS ou de prendre toute autre mesure rectificative. Afin d'appuyer ma requête, j'ai envoyé un mail à l'Homme réclamant l'adresse de la page où il avait pêché ses infos erronées. J'ai reçu une réponse curieusement évasive: "Euh je ne me rappelle plus trop mais je vais chercher". Depuis, plus rien.
Gentille et naïve mais pas entubable à l'infini, j'ai procédé à mes propres recherches. Bilan: le site du gouvernement est à jour. Et même s'il ne l'était pas en mai dernier (ce dont je doute), des dizaines d'autres pages web datées de fin 2005 ou début 2006 mentionnent la fameuse mesure qui changeait tout pour nous. Moralité, l'Homme ne s'est même pas donné la peine de se renseigner. C'était la seule chose dont je lui demandais de s'occuper, de manière assez logique puisqu'après tout il était l'instigateur de notre séparation. Et même ça, il n'a pas daigné le faire.
Je viens de lui envoyer un courrier assez froid pour lui demander de quelle façon il comptait me dédommager pour ça et pour toutes les choses que je lui ai laissées par bonté d'âme parce qu'à l'époque, j'ignorais quel enfoiré il était. Je ne me fais pas d'illusions; il va sûrement nier et tenter de me faire croire qu'en réalité tout est ma faute. Mais je veux au moins qu'il sache que je ne suis pas dupe de son petit numéro de type irréprochable et de tous les mensonges qu'il m'a servis.
Je me demande bien quelle est la prochaine surprise qu'il me réserve. Dans six mois ou un an, je vais peut-être apprendre qu'il a eu un enfant caché pendant que nous vivions ensemble, qu'il me trompait avec ma meilleure amie ou qu'il est recherché par le FBI pour escroquerie en série. Allez savoir.
Si quelqu'un d'entre vous a une batte de baseball et une furieuse envie de voir ce qu'elle peut faire à des rotules ou des tibias humains, qu'il m'envoie un mail.

mercredi 14 février 2007

Se dépacser: ça, c'est fait

Dans le fond, j'aurais adoré raconter une confrontation d'anthologie. Une joute verbale acide-amère devant la greffière et les gens qui attendaient derrière nous - joute dont je serais évidemment sortie vainqueur parce que faut pas déconner, c'est pas avec ses deux mots et demi de vocabulaire et ses torts indiscutables dans cette histoire que l'Homme aurait pu me rabattre le caquet. L'explication orageuse qu'on n'a jamais eue, celle où ça crie, où ça pleure mais qui permet d'aller au fond des choses et de tourner ensuite la page avec le sentiment que tout a été dit. Ou alors la grande scène du 12, l'Homme abattu et hanté par le remords (regard cerné, joues creuses, moral en berne) m'avouant qu'il a fait la plus grosse connerie de sa vie et me suppliant de revenir; moi refusant bien sûr mais trouvant la magnanimité de lui adresser quelques paroles de réconfort avant de le laisser des sanglots dans la gorge sur le parvis du tribunal.
Mais non. Il est arrivé après moi. Plus beau que jamais: aminci, les cheveux coupés de frais, avec un pull que je ne lui connaissais pas, un jean qui moulait son cul parfait et l'air d'avoir dix ans de moins qu'en réalité. On ne s'est pas dit bonjour ni regardés en face une seule fois pendant que la greffière procédait à l'enregistrement de notre rupture de Pacs. La procédure en elle-même n'a pas pris plus d'une minute: vérification de nos pièces d'identité, consultation du numéro d'enregistrement de notre Pacs, tapotage rapide sur un clavier d'ordinateur et archivage de notre demande manuscrite de rupture - le tout debout dans le hall du tribunal, avec quatre-cinq personnes en train d'attendre sur des chaises à même pas un mètre derrière nous. C'était aussi tristement ordinaire que la fin de notre histoire.
On a remercié en même temps, on s'est dirigés vers la sortie, il a fait mine de partir à droite et je suis partie à gauche en lançant "salut". C'est là qu'il m'a rappelé qu'il avait encore quelques affaires à moi dans le coffre de sa voiture. Donc il m'a raccompagnée à la mienne pour m'aider à les transvaser. En chemin on a échangé quelques phrases polies et anodines - les banalités des gens qui se connaissent bien mais n'ont rien à se dire et se foutent royalement l'un de l'autre. Et puis voilà, c'est tout. Il n'a même pas fait de commentaire sur mon piercing ni sur le fait que son ex-femme s'était aussi fait piercer la figure après leur séparation; dommage car j'avais en réserve une réplique bien mordante sur le principe de causalité.
En repartant, je me suis fait rentrer dedans par un djeûn en scooter qui a refusé de remplir un constat au prétexte qu'il ne s'était pas fait mal en tombant, et qui s'est barré avant que je puisse protester. Evidemment, il n'y avait pas de témoins. J'ai un enjoliveur cassé, un pet sur la carrosserie et un petit bout de peinture qui a sauté. Je m'en fous comme de l'an 40. Se dépacser: ça, c'est fait.
PS: Je tiens à remercier, pour le moral d'acier avec lequel je suis arrivée au tribunal tout à l'heure:
- Les Fatals Picards et leur chanson "Goldorak est mort" que j'ai écoutée en boucle à l'aller et qui est le meilleur remède du monde contre la sinistrose.
- L'auteur de deux textos super mignons dont le premier m'a fait chaud au coeur juste avant mon départ et dont le second m'a arraché un sourire en plein tribunal sous le regard en biais de l'Homme qui a dû croire à un message de mon nouvel amoureux. Même pas. Mais c'était tout aussi bon :)

mardi 13 février 2007

Ne pas s'attendrir

Tout à l'heure en classant des papiers, je suis retombée sur des petits mots de l'Homme que j'avais gardés - de ceux qu'il me laissait sur la table de la salle à manger quand il s'en allait avant mon réveil ou mon retour du boulot. De ceux qui commençaient par "ma piuce savante", se terminaient par "bisous je t'aime" et étaient signés Pacsou. De ceux qui doivent dater d'avant fin 2004. J'ai repensé à son regard quand il consentait à tomber ce masque d'insensibilité cool qui me rendait folle, aux grimaces qu'il faisait pour m'arracher un éclat de rire quand je boudais, à la voix de môme qu'il prenait quand il sentait que j'étais fâchée et qu'il se savait en tort. Et j'ai réalisé que... A sa façon, il m'a sans doute aimée. Pas comme il aurait fallu, pas comme je l'aurais voulu, mais comme il a pu. En la matière, il peut peu. Ce n'est pas forcément moi qui y ai perdu le plus.
Moins d'une heure après, il m'a appelée au sujet de notre rendez-vous au tribunal d'après-demain. Comme la semaine dernière, c'était pour me poser des questions dont il connaissait déjà la réponse (ou pouvait la trouver sur internet). Comme la semaine dernière, il avait une voix d'outre-tombe. Comme la semaine dernière, j'ai eu l'impression qu'il attendait que je lui demande ce qui n'allait pas. Comme la semaine dernière, je lui ai répondu poliment, rapidement et j'ai raccroché aussitôt.
Je fanfaronne en disant que je ne lui souhaite plus que du mal et que si un camion le renversait devant moi, je ne me donnerais même pas la peine d'appeler le SAMU. C'est un mensonge. Bien sûr, je lui en veux encore de s'être comporté de manière aussi minable avec moi. Mais pour être honnête, il n'a sans doute pas de plus gros défaut qu'une incapacité à aimer vraiment aggravée par une solide lâcheté. Objectivement, il y a plus grave. Et je le connais trop bien, je l'ai trop aimé pour être devenue complètement indifférente à son sort. C'est pour ça que s'il a un problème, je ne veux pas savoir de quoi il s'agit. Parce que je sais très bien que je serais foutue d'avoir pitié de lui et d'essayer de lui donner un coup de main pour le résoudre. Il faut que je me résigne: en plus d'être blonde à l'intérieur, je suis une conne sentimentale.

mercredi 17 janvier 2007

Parce que j'aime pas les fêtes commerciales mais que j'adore prendre les symbolismes à contre-pied

Je viens de fixer le rendez-vous au tribunal d'instance pour la rupture de mon PACS avec l'Homme. Le 14 février, jour de la Saint-Valentin. Comme ça, sa nouvelle copine aura vraiment une raison de se réjouir le soir. Je sais, je suis d'un altruisme ébouriffant.

dimanche 1 octobre 2006

C'est bien la première fois qu'un ex m'inspire de tels sentiments. Je suis restée en bons termes avec tous les gens qui ont compté pour moi, même si certains ont refait leur vie et préféré s'éloigner. Je n'ai rien de méchant à dire sur aucun d'eux. Si ça n'a pas marché entre nous, c'est parce qu'on n'était pas compatibles ou parce que l'amour n'était pas assez fort, point. Et je trouvais ça génial - très adulte, très zen de ma part.
Pendant quelques mois, j'ai cru que j'allais réussir la même chose avec l'Homme malgré mon chagrin de l'avoir perdu.
Et puis non.
On dit que la haine est à la mesure de l'amour qui l'a précédée. Dans mon cas ce serait plutôt du dégoût. Si je suis bien persuadée que ma vie est (ou sera) meilleure sans lui, je n'arrive toujours pas à me défaire de ma colère, de ce putain de sentiment de gâchis pour toutes ces années dont je vois si peu de moments qui méritent d'être préservés.

samedi 30 septembre 2006

...Inévitable

Ca devait finir par arriver.
Je viens de croiser l'Homme au Champion du coin.
Je l'ai vue la première et j'ai fait semblant d'être très absorbée par la lecture d'un prospectus. C'est lui qui est venu vers moi, sourire aux lèvres. Il m'a dit bonjour, et "l'avis d'imposition n'est pas encore arrivé".
J'ai répondu par monosyllabes. Il a fait: "Bon ben salut" et s'est détourné pour sortir.
Et là j'ai explosé.
Je l'ai rattrapé en deux enjambées en lançant: "Il faut quand même que je te dise que t'es un sacré connard".
Ca s'est fini sur le parking, moi à lui jeter mes griefs à la tête sans hurler mais en aboyant pas mal, lui à nier et à essayer de renverser la situation: "Et toi hein, qu'est-ce que tu faisais quand t'étais soi-disant à Paris avec tes potes?", "Et ton Captain, d'où tu l'as sorti tout à coup, hein?". Voyant qu'il n'arriverait pas à me convaincre de son innocence, il a tranché: "De toute façon tu penses ce que tu veux je m'en tape".
Je lui ai assené un: "C'est pas moi qui ai l'habitude de fuir chaque fois qu'il y a un problème dans mon couple au lieu d'essayer de le résoudre".
Puis j'ai tourné les talons et suis partie d'un pas moins vif que je l'aurais voulu à cause de l'énorme sac à provisions qui me battait le mollet droit.
A la sortie du parking, mon pied tremblait tellement sur la pédale d'embrayage que j'ai failli emboutir sa foutue Seat qui était juste devant moi.

vendredi 22 septembre 2006

Prière d'arrêter de me prendre pour un paillasson

Tout à l'heure j'envoie un texto à l'Homme (premier signe de vie que je lui donne depuis la découverte de sa scélératesse): "Prière de mettre une copie de la déclaration de revenus dans ma boîte à lettres quand tu l'auras reçue". J'envoie. Dix secondes après, le téléphone sonne. "T'aurais pas oublié un truc, comme s'il te plaît ou merci?" me lance l'Homme d'entrée de jeu, sur son ton mi-rogue, mi-rigolard habituel.
Et là, lecteurs, lecteuses, j'ai été admirable de self-control. Au lieu de répondre qu'il était très, très mal placé pour exiger la moindre politesse de ma part, vu que..., et de lui démontrer par a+b à quel point son attitude était naze et lui un pauvre minable, je me suis contentée de répliquer, sur mon plus beau ton d'intello tête-à-claque: "Prière de, c'est synonyme de s'il te plaît, et merci, on le dit une fois que le service a été rendu." Après ça, il s'est montré beaucoup plus aimable.

mercredi 20 septembre 2006

Je n'ai jamais été aussi molle de ma vie. Je ne sors pas de chez moi à part pour faire les courses. Pourtant, je ne bosse pas plus que d'habitude, et limite la mort dans l'âme. Après avoir fini l'album des vacances aux USA, je m'étais dit: "Chic, je vais pouvoir recommencer à bosser sur des projets plus personnels", et puis ça fait bien une semaine que je n'ai pas touché une paire de ciseaux ou un pinceau. La saison 2 de "Dead like me" m'ennuie, et je n'ai toujours pas racheté de lecteur de DVD de salon pour pouvoir mater des films zone 2. Je ne lis pas alors que j'ai une pile de romans en attente presque aussi haute que moi, et même mes chers canards féminins me tombent pratiquement des mains au bout de 5 minutes. Je ne téléphone à personne, je ne textote que rarement. J'ai la flemme de me traîner au ciné pour "Little miss sunshine" que j'ai pourtant très envie de voir, tout ça parce que le ciné d'art et d'essai est en ville et que ça m'obligerait à faire 15 bornes en voiture + un créneau. J'ai fait ma première séance de shopping du mois hier, et ça ne m'a pas transcendée. Je parle de cul sur AIM ou par mail avec quelques personnes, dont au moins une avec qui c'est fortement inapproprié. Et je ne sais absolument pas où passe le reste de mes journées. J'ai à peu près autant d'énergie qu'une limace neurasthénique. J'ai jamais été vraiment du style "marche à la Wonder", mais là ma tension doit être à 2,5. Je ne suis même pas déprimée: juste... en attente. De quoi? Je n'en ai pas la moindre idée. J'ai bien quelques petites balises posées sur mon calendrier des mois à venir: concert des filles ce week-end, Toulouse début octobre pour voir mon neveu tout neuf, Paris dix jours après pour passer un peu de temps avec mes amis, sûrement une grosse teuf pour l'anniversaire de Brigitte fin novembre et encore un réveillon du jour de l'an en bande. Mais rien de tout ça ne me motive énormément. Je suis: apathique.

mercredi 13 septembre 2006

Je vais bien, ne t'en fais pas

Je vais mieux.
J'ai fait une petite rechute ce week-end en apprenant que l'Homme organisait un truc pour ses 40 ans le mois prochain - alors qu'il ne fête jamais ses anniversaires d'habitude, et que ça faisait deux ans que je prévoyais une grosse soirée surprise avec tous ses amis. Finalement, il célèbrera sa nouvelle décennie sans moi, et en profitera sans doute pour présenter ma remplaçante à son entourage. Pincement au coeur, donc.
Mais ça n'a pas duré. Je suis de nouveau assez lucide et assez calme pour me rendre compte que la seule chose à faire au sujet de l'Homme, c'est laisser filer. Je ne peux rien changer à ce qui s'est passé ces sept dernières années, et je ne peux rien changer à ce qu'il va choisir de faire maintenant. Je peux continuer à me vautrer dans la rancune et l'auto-apitoiement, mais ça ne servirait qu'à retourner le couteau dans la plaie, et je suis tout sauf maso. Donc.... Je tourne la page.
Bien sûr, je sais que j'aurai encore des réminiscences, des bouffées de souvenirs, des relents de chagrin qui remonteront à la surface au moment où je m'y attendrai le moins. Tant pis. C'est le prix à payer pour avoir aimé et perdu (selon un écrivain anglais dont j'ai oublié le nom, la deuxième meilleure chose au monde après avoir aimé et gagné). Ca prouve que j'ai mis tout mon coeur dans quelque chose - ce qui ne signifie pas que je suis un sous-être humain, mais juste une personne faillible (surprise...) qui a fait un mauvais choix à un moment donné. A défaut d'autre chose, ça m'aura enseigné l'humilité qui me manquait sûrement en matière de relations amoureuses.

dimanche 10 septembre 2006

Les enfants ont le chic pour poser les questions qui tuent

Après Attila qui m'a demandé, pendant mon séjour à Toulouse: "Pourquoi l'Homme y t'aime plus?", c'est Choupi qui, ce midi, a voulu savoir pourquoi j'étais passée déjeuner chez ses parents mais ne restais pas à son goûter d'anniversaire l'après-midi. "Parce que je veux pas voir Parrain", ai-je répondu. "Et pourquoi tu veux pas voir Parrain?" a-t-elle enchaîné (car cette petite a de la suite dans les idées). "T'as qu'à lui poser la question quand il arrivera". J'espère qu'elle l'a fait devant tout le monde, et qu'il a ramé un max pour trouver une explication.

samedi 9 septembre 2006

Perdu/pas perdu

Je ne peux plus boire de thé blanc sans penser à notre voyage au Japon, ni passer par le rond-point du cimetière sans être affreusement tentée de pousser jusque chez lui pour voir s'il n'y a pas une Clio gris métallisé garée devant la maison.
Je ne retournerai jamais manger au Fenouillet qui était "notre" resto d'amoureux (adieu ma salade de rattes tièdes au foie gras et son jus de truffes!).
Je ne pourrai pas revoir "Space cowboys". Ni aucun autre film de Clint Eastwood, mais y'a que pour celui-là que ça m'ennuie.
Je zappe chaque fois qu'i-Tunes tombe, en mode aléatoire, sur "Confidentiel", "Pas toi" ou "Reprendre c'est voler". A cause de lui, j'ai paumé une bonne partie du répertoire de Goldman. (En échange, j'ai gagné l'impression qu'Alanis Morrissette a écrit "You oughta know" pour moi. J'ai pas le sentiment d'avoir fait une affaire sur ce coup-là.)
Je ne crois plus qu'il y aura un "homme de ma vie", ni que mettre tout son coeur et toute sa bonne volonté dans une relation suffise à la faire fonctionner.
Je sais maintenant que sacrifier mes ambitions professionnelles et personnelles au nom de l'amour n'était pas une bonne décision, et si je pouvais revenir en arrière je ne le ferais pas - ou en tout cas, pas pour lui.

Mais

Avec ou sans lui, Kaamelott me fait toujours autant rire.
Christine et Christophe sont encore mes amis - ils ne se contentaient donc pas de me tolérer parce que je vivais avec leur meilleur pote.
Ma passion pour la culture japonaise a survécu intacte au naufrage, et je retournerai sûrement à Tokyo un jour.
J'ai bien retenu la leçon: la prochaine fois, j'écouterai mon instinct. Et plus jamais jamais je ne sortirai avec quelqu'un qui ne sait ni faire une règle de trois ni utiliser le subjonctif. Ou qui non content de ne posséder aucune empathie ne connaît même pas la signification de ce mot.

jeudi 7 septembre 2006

Exit sorrow, enter morrow

Eu confirmation aujourd'hui de la crapauditude et du fauxjetonnisme absolus de l'Homme. Ce qui devrait achever de me consterner, mais non. Je suis au-delà de la consternation. Soulagée de me rendre compte que sur ce coup-là, je n'étais pas juste parano, que d'autres gens sont parvenus aux mêmes conclusions que moi et que décidément, c'est une bonne chose que cette histoire soit terminée car j'ai déjà perdu bien assez de temps avec ce triste individu. Pas un vrai méchant: juste un frustré, un lâche et un menteur. Des petites faiblesses que la plupart d'entre nous manifestent un jour mais qui additionnées et répétées constamment, sans la moindre remise en question, donnent un pur handicapé de l'affect. Il ne mérite même pas que je le haïsse, juste que je le méprise et que je l'oublie.

Dieu sait que je ne suis pas un modèle de droiture. J'ai fait quelques trucs assez moches dans ma vie (les pires, inspirés par lui). Mais je suis incapable de mener mes proches en bateau, de faire semblant d'être quelqu'un d'autre que moi. Bien sûr que je pourrais jouer un rôle: je l'ai fait pendant des années autour d'une table, d'une façon plutôt crédible je crois. Je le fais encore dans la vie de tous les jours quand je joue à l'adulte compétente et autoritaire. Mais je ne vois pas à quoi ça me servirait avec ma famille et mes amis. Si je ne peux pas admettre mes failles devant eux, pleurer sans avoir (trop) honte de moi, dire "putain là je morfle un maximum soutenez-moi", quel intérêt? Le prix d'avoir une image parfaite, c'est que la personne à laquelle les gens finissent par s'attacher n'existe pas réellement. Et je préfère cent fois être aimée pour ce que je suis qu'admirée pour ce que je ne serai jamais.

lundi 4 septembre 2006

Personne

Tout à l'heure en remplissant la page de garde de mon nouvel agenda, j'ai réalisé que je n'avais plus aucun nom à indiquer dans la rubrique "personne à prévenir en cas d'urgence". Dans moins de trois semaines, tous les gens pour qui je compte vraiment se trouveront au minimum à 500 km de moi. Je voulais être seule? Comme quoi, il faut toujours se méfier des voeux qu'on fait: on ne sait jamais, ils pourraient être exaucés.

Tout à l'heure j'ai failli arracher la tête de mon généraliste quand il m'a fait remarquer que ça n'avait pas l'air d'aller et a demandé s'il pouvait faire quelque chose pour moi. Les larmes me sont montées aux yeux tout de suite et ça m'a foutue en colère. Je lui ai répondu super sèchement que c'était personnel et que non, il ne pouvait rien pour moi. Puis il a eu le malheur de suggérer que ça serait sans doute une bonne idée d'arrêter les somnifères. Et là, je me suis carrément mise à hurler. Que j'avais des problèmes d'insomnie depuis vingt ans, que j'avais tout essayé pour y remédier, que je ne pouvais tout simplement pas m'endormir sans mes cachets et que bossant à mon compte, il fallait que j'aie l'esprit un minimum clair dans la journée pour être capable de fonctionner. Et je me suis retenue d'ajouter: parce que vous voyez, je ne peux compter sur personne d'autre. Si je trébuche, si je tombe, il n'y aura pas de main secourable pour me relever. Si je passe mes journées à pleurer, si j'ai cessé de manger depuis une semaine, si je fais des cauchemars même sous somnifères, si j'ai envie de me taper la tête contre les murs, de prendre un couteau et de m'entailler les bras pour que la douleur physique me fasse oublier la douleur morale, personne ne le verra. Personne ne me sauvera. Je ne peux compter que sur moi-même, et moi-même, c'est rien, c'est personne. Juste une fille-Kleenex.

samedi 2 septembre 2006

Fille-Kleenex

Je me dis qu'en ce moment, à un kilomètre à peine de l'endroit où je suis encore en train de bosser à cette heure indue, il est sûrement chez lui avec elle. Il lui confie que son ex ne le comprenait pas, qu'elle était toujours en train de se plaindre et qu'il ne savait plus quoi faire pour la rendre heureuse. Elle le regarde avec des yeux pleins d'adoration et pense qu'avec elle, ce sera différent, que contrairement à cette idiote, elle saura l'apprécier à sa juste valeur. Mais non, je me fais des idées. Ils ont certainement d'aures préoccupations que moi. Lui: "Celle-là, je vais arriver à la faire jouir". Elle: "Mmh, ça va pas venir cette fois mais tant pis, je vais faire semblant et on avisera plus tard; pour l'instant l'important c'est qu'il se sente bien avec moi". Et même si c'est l'extase... Je sais ce qui se passe (ou pas) dans sa tête à lui. Je sais qu'il a craqué pour elle parce qu'elle lui manifestait une admiration éperdue et inconditionnelle, comme moi au début. Il ne cherche pas une partenaire: il cherche une fan. Quelqu'un qu'il pourra contrôler, ranger dans une case et à qui il ne dispensera pas plus d'attention que strictement nécessaire. Et si ça me tord le coeur, ce n'est pas parce que je suis jalouse d'elle, ou si peu: c'est parce que je n'en reviens toujours pas d'être aussi interchangeable, de n'avoir été pour lui pendant toutes ces années qu'une fille-Kleenex qu'on laisse se jeter elle-même à la poubelle le jour où on investit dans une nouvelle boîte.

vendredi 1 septembre 2006

Devant "NCIS"...

Tout à l'heure j'étais à deux doigts d'envoyer ma fameuse lettre à l'Infâme Salaud. Remaniée et rallongée, elle se termine désormais par: "J'espère que le reste de ta vie sera à l'image de ta personne: lamentable". Ouaip, ça fait pas vraiment dans la dentelle. Et puis mon regard s'est posé sur l'heure, et je me suis rendu compte que NCIS allait commencer sur M6 - la saison 3 inédite. Donc je suis partie regarder. Et bien entendu je suis en train de me laisser attendrir, parce que cette série c'est l'Homme qui me l'a fait découvrir et que j'ai de bons souvenirs de nos soirées devant les deux premières saisons: lui vautré sur le canapé du fond en T-shirt manches courtes et boxer, pieds nus sur la table du salon, et moi allongée sur le canapé de devant, frileusement emmitouflée dans une couverture en polaire alors que je portais déjà un pyj en flannelle. Oh c'était rien d'extraordinaire, juste une de ces petites habitudes qui font le ciment d'un vieux couple - un de ces moments où on se sent parfaitement confortable et en sécurité avec l'autre.
Je sais que si j'envoie cette lettre, il la prendra comme une déclaration de guerre. Qu'il se mettra à dire du mal de moi à tout son entourage, y compris les gens qu'il sait que je vois encore. Qu'il s'arrangera pour me blesser et me rabaisser encore, soit dans une réponse immédiate et cinglante, soit quand nous serons obligés de nous revoir. Et je ne suis pas sûre de le supporter. Je n'ai pas envie de retourner le couteau dans la plaie; je voudrais juste oublier et passer à autre chose. Avoir assez de grandeur d'âme pour lui pardonner, assez de résilience pour m'en foutre ou assez de talent pour feindre l'indifférence.

mercredi 30 août 2006

Rumination, le retour

"Le temps guérit tout", m'a dit Etre Exquis tout à l'heure au téléphone. Sur ce point, je sais qu'il a raison, même si j'ai tendance à rester assez marquée (conditionnée?) par mes cicatrices. Serrer les dents et attendre que les jours s'écoulent l'un après l'autre en considérant chacun d'entre eux comme une petite victoire, un pas supplémentaire vers le bout du tunnel - c'est la seule tactique possible. Cela dit, la certitude que la douleur finira par disparaître ne l'atténue guère sur le moment.
"Tout se paye un jour", a ajouté Etre Exquis. Ca, j'en suis beaucoup moins convaincue - hélas. J'ai beau ne pas être vindicative, savoir que l'Infâme Salaud est condamné à se ramasser la gueule tôt ou tard me procurerait un certain apaisement. J'enrage de penser qu'il va s'en tirer une fois de plus, que son image de type épatant va rester intacte et que son entourage continuera à l'idolâtrer.
Sept ans de ma vie, bordel. J'ai perdu sept ans de ma vie avec quelqu'un qui se contentait de me laisser l'aimer sans donner grand-chose en retour. Parce que ça le flattait d'être adulé par une intello, lui qui complexait (à juste titre) sur ses propres capacités en la matière. Parce que c'était confortable de vivre, pour une fois, avec une fille qui non seulement s'assumait d'un point de vue financier, mais qui adorait le gâter. Parce que je ne lui réclamais pas d'enfant, pas de mariage, et que je le laissais libre de partir en stage quand il voulait. Bref, parce que j'étais une solution de facilité. Ce dont j'ai toujours eu conscience.
La question, c'est: comment ai-je pu être assez bête pour m'en contenter, moi qui suis d'un naturel tellement exigeant? Y'a pas à dire, l'amour ça rend stupide. Je ne veux même pas penser au nombre invraisemblable de neurones que j'ai dû flinguer en acceptant de n'avoir pas une conversation digne de ce nom en sept ans, en essayant de me mettre à son niveau quand il fallait lui expliquer quelque chose et en me retenant (les trois quarts du temps) de démonter ses arguments qui ne tenaient pas la route pour ne pas avoir l'air de le rabaisser.
Dans l'optique "voir le verre à moitié plein", j'ai tenté de faire une liste des choses positives qu'il m'a apportées, directement ou non. Et c'est affreux comme j'en ai trouvé peu. Mon appart'. Nos vacances à Vienne il y a deux ans. Je continue à chercher...
Hier pendant qu'on discutait chez Bapz, ma soeur m'a dit que j'avais, beaucoup moins qu'elle, la capacité à me satisfaire de situations médiocres. Sur le coup j'ai approuvé: oui, avec moi c'est tout ou rien; j'ai une idée bien précise de la façon dont les choses doivent être et si elles ne me conviennent pas parfaitement, je passe à d'autres dans l'espoir de trouver mieux. Puis en réfléchissant bien, j'ai réalisé que toute ma relation avec l'Infâme Salaud avait été pire que médiocre - commencée dans la honte et le remords, poursuivie dans l'ennui et la déprime, terminée dans le chagrin et l'humiliation. Faut vraiment que j'apprenne à mieux choisir mes batailles.