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mardi 13 mars 2012

Par courrier non plus, ça ne marchera pas


Après avoir envoyé jusqu'à 50 cartes certains mois, je me suis bien calmée sur le Postcrossing qui commençait à représenter un budget trop conséquent. Mais j'échange encore quelques cartes par-ci par-là. Hier, rentrant à Bruxelles après une absence de presque deux semaines, j'ai trouvé une intéressante moisson, parmi laquelle une carte de la jolie ville ukrainienne de Lviv, entièrement rédigée en espagnol, et une carte du Portugal représentant l'ascenseur de Santa Justa que j'ai eu le plaisir de prendre lors de mon séjour à Lisbonne en décembre 2010. En la retournant, j'ai pu lire le texte suivant (traduit de l'anglais, avec mes commentaires en italique):

Bonjour Armalite,
Je m'appelle Carlos et je vis dans la très belle ville de Lisbonne.
Heureux homme.
Malheureusement, je n'avais pas de cartes qui correspondait aux thèmes de ta liste, alors je t'en envoie une de l'ascenseur Santa Justa.
Pas de souci, ça me rappelle de bons souvenirs.
Il fut construit par l'ingénieur Raoul Mesnier de Ponsard, un des apprentis de Gustave Eiffel. J'ai 46 ans; je suis marié et heureux en ménage depuis 28 ans.
Félicitations Carlos, c'est rare de nos jours.
Nous avons un fils et une fille qui sont mariés eux aussi, et nous adorons les chats. Nous avons deux femelles qui s'appellent Sasha et Twenty.
J'espère qu'elles vous laissent dormir la nuit.
Dans ton profil, tu suggérais que je parle de mes espoirs pour l'avenir. Je suis particulièrement interessé par la Bible et par l'exemple que Jésus a donné à tous les hommes.
Euh... OK. Je suppose que tout le monde a besoin d'un hobby.
Je suis un Témoin de Jéhovah et j'aime parler à mes voisins des bonnes nouvelles pour notre futur annoncées par la Bible.
Sarko va perdre les élections en mai? Les éditeurs français vont se montrer vaguement raisonnables quant au montant des droits accordés aux traducteurs sur les livres numériques? Le radis noir sera dans tous les bons supermarchés l'hiver prochain, et le speculoos interdit par un amendement à la Convention de Genève?
Des Témoins ont-ils déjà rendu visite à ta famille?
Plein. Mon père les a tous envoyés à Plumeau, et je m'emploie à perpétuer la tradition. Par contre, c'est la première fois qu'on tente de me recruter par carte postale. Bravo pour ton originalité, Carlos.
Aimerais-tu mieux connaître la Bible grâce à une étude personnalisée?
Vraiment, vraiment pas.
Merci, bisous.

mardi 20 avril 2010

Le voeu de Régis

Il existe deux sortes de temples au Japon: les Bouddhistes, dont la visite est généralement payante, et les Shintoïstes auxquels on peut accéder gratuitement. Ces derniers sont dédiés au culte des kamis, les esprits japonais. On les reconnaît à leurs toris, de grands portails rouges ornés de kanjis noirs. Pour 500 yens, vous pouvez acheter une plaquette de bois ornée, d'un côté, d'une représentation du ou d'un des kamis tutélaires du temple - souvent un animal. L'autre côté est vierge; vous pouvez y inscrire un voeu avec le marqueur en libre service que personne ne vole jamais, parce que c'est le Japon. Puis, pour que votre voeu soit exaucé, vous devez accrocher la plaquette sur un des présentoirs mis à votre disposition.



La plupart des visiteurs réclament la santé et le bonheur pour leurs proches; d'autres, plus ambitieux, souhaitent la paix dans le monde. On trouve parfois des messages très émouvants, comme hier après-midi sur l'île d'Enoshima: "6 milliards d'humains sur Terre et tu es celui que je préfère. Ton papa qui t'aime" ou encore au temple de Kannon à Hase: "Je suis passée par ici, c'était beau, je me sentais bien et j'ai pensé à toi. Où que tu sois, j'espère que tu as trouvé la sérénité". Certain(e)s se montrent plus pragmatiques:


Quant à Régis, il tente de combiner les deux approches:


lundi 15 mars 2010

De la pédophilie chez les prêtres catholiques

(Juste après le maquillage à deux roubles, ça calme, hein!)

Suite à cet article, plusieurs de mes amis Facebook se sont lancés dans un mini-débat sur le thème: "Dire que le célibat conduit à la pédophilie, c'est n'importe quoi. Si j'ai envie de sexe, je m'adresse à un autre adulte consentant et puis c'est tout!".

Le problème me paraît un peu plus compliqué.

Affirmer que le célibat n'a aucune influence sur les tendances pédophiles importantes - c'est-à-dire supérieures à celles constatées parmi la population générale - au sein du clergé catholique revient à admettre, soit que les pédophiles sont attirés en masse par la prêtrise (et je ne suis pas sûre de comprendre pourquoi ce serait le cas), soit qu'un autre aspect de la vie de prêtre les pousse à développer ces tendances (et je ne vois pas bien non plus lequel).

Je pense plutôt que la chasteté contrainte et forcée pervertit les repères sexuels. Que se tourner vers des enfants (chose qu'une bonne partie de ces prêtres n'auraient sans doute jamais envisagé de faire s'ils avaient eu une vie amoureuse normale) est peut-être une façon d'assouvir des besoins insupportablement réprimés avec quelqu'un qui ne paraît pas "dangereux" vis-à-vis du voeu lui-même et des risques de dénonciation. Une femme adulte pourrait s'offusquer et parler, alors qu'un enfant est une proie facile et, d'une certaine façon, "sous le radar".

D'ailleurs, les criminels a priori hétéros emprisonnés à vie ne finissent-ils pas, pour une bonne partie, par s'adonner à des pratiques homosexuelles parce que c'est tout ce qui leur est accessible? Dans un tout autre registre, quand les secours tardent trop, n'arrive-t-il pas que les survivants d'une catastrophe finissent par manger la chair des victimes mortes, alors que le cannibalisme est un tabou si profondément ancré dans notre société? Notre corps a des besoins qui, s'ils ne sont pas satisfaits, peuvent finir par rendre dingo certaines personnes et leur faire oublier toute notion de moralité. Nous sommes avant tout des animaux; je crois que nous avons un peu trop tendance à l'oublier.

lundi 20 octobre 2008

Emmanuelle comme un soleil

L'autre jour, après avoir lu une interview de soeur Emmanuelle dans un quelconque magazine féminin, je m'émerveillais de la longévité de cette femme extraordinaire et faisais remarquer à Chouchou que mère Theresa et l'abbé Pierre avaient eux aussi vécu fort vieux et en restant lucides jusqu'au bout, comme si le fait d'avoir un coeur énorme et de vivre pleinement en accord avec ses convictions préservait de la décrépitude. Autant je suis athée et, il faut le reconnaître, assez farouchement anticléricale en général, autant j'admirais ces trois personnages hors du commun qui ne se contentaient pas de prêches faciles mais avaient consacré toute leur existence à servir les autres de la façon la plus concrète qui soit.
Soeur Emmanuelle était née à Bruxelles et a fini sa vie non loin de Monpatelin. Elle aurait eu cent ans le mois prochain, et elle a eu une vie extrêmement bien remplie. Mais c'est toujours triste quand une grande âme s'éteint.

dimanche 6 novembre 2005

Michaël

Michaël a 55 ans. Il vit à Melbourne avec sa chienne, une adorable King Charles Spaniel répondant au nom de Céleste. Après deux divorces, il a renoué avec son ex-premier amour qui vit maintenant à Londres. Autant dire que l'essentiel de son budget passe en billets d'avion et factures de téléphone. D'ailleurs, il aimerait bien venir s'installer en Europe pour se rapprocher de sa "girlfriend". Il parle déjà un français passable, vestige de ses années de lycée. Et il pourrait exercer n'importe où son métier d'homme à tout faire.
Dans les années 70, Michaël a lu Castaneda et tâté du LSD: il cherchait des réponses à ses questions, la preuve de l'existence d'autres réalités et une porte pour y accéder. Il dit qu'il a trouvé tout ça - mais que c'était une voie trop dangereuse. Alors, il en a essayé d'autres. Il s'est mis à l'aïkido, au taichi, au bouddhisme et au zen.
Michaël a beaucoup réfléchi sur la condition humaine, la spiritualité, l'éthique, la religion et autres sujets qui barbent royalement mon entourage habituel. Une fois lancé, il est absolument intarissable. Autant dire qu'on a bavardé très tard dans la nuit hier et avant-hier, tandis qu'à côté de nous l'Homme faisait de son mieux pour étouffer d'immenses bâillements.
J'envie Michaël. J'ai fait les mêmes expériences, exploré les mêmes chemins que lui, mais je n'en ai rien retiré. Tout ce que j'ai pu ressentir sous l'emprise de l'acide, je l'attribue à une réaction chimique de mon corps. Toutes les connections (fugitives) qu'il m'a semblé établir avec l'univers, je les mets sur le compte d'une trop grande imagination.
J'aimerais croire qu'il y a quelque chose au-dessus de nous - vraiment. Je trouverais ça réconfortant de penser que le monde n'est pas que chaos, qu'il y a une raison à tout ce qui arrive et qu'elle dépasse juste notre entendement. Mais quand on est naturellement incrédule, comment se forcer à avoir la foi?