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lundi 17 novembre 2014

Le lundi où je commence la traduction du nouveau Claire North




Cette nuit: l'Homme-ce-chacal-jaune a reconnu tous ses torts envers moi (oui, il me trompait les derniers mois; oui, il a été lâche et de mauvaise foi; oui, il a déconné sur notre rupture de Pacs); je suis allée au cinéma en oubliant mon porte-monnaie, mais heureusement, Autre Moi et Junior avaient installé un buffet de folie dans le hall - les lasagnes végétariennes de Môman, en particulier, avaient l'air hyper bonnes; je me suis baladée à Ste-Catherine avec un flingue en plastique à la main, et fait courser par des méchants qui l'avaient pris pour un vrai - du coup, j'ai essayé de le planquer dans un tiroir de la commode de ma chambre de jeune fille; d'une vieille 2-chevaux, Legolas (le mien, pas celui de Tolkien) a fait sortir deux mini-licornes vivantes mais démontables dont j'ai caressé le ventre tout doux sur la pelouse d'un immeuble. Aujourd'hui, pas de photo anti-lundi sur ma page Facebook: je suis trop ravie d'entamer la traduction du nouveau roman de Claire North. Et par une chouette coïncidence, on annonce ce matin que "Les quinze premières vies d'Harry August" est nominé pour le prix ActuSF Uchronie 2014, je suis joie! Première phrase du premier chapitre, première difficulté - comme ça, je suis tout de suite dans le bain. Tiens, on dirait que l'histoire débute à Istanbul, et que l'auteure kiffe la ville à peu près autant que moi (= pas). Ouh là, les alternances passé simple/présent dans le même temps de narration vont me donner du fil à retordre. Non, Chouchou, je n'ai pas marmonné "western des poules", mais "holster d'épaule". Mes 4 bouquins sont arrivés; me voilà confrontée à un choix difficile: par lequel commencer? Ce sera le troisième tome des "Carnets de Cerise", dévoré vite fait pendant ma pause de midi et aussi charmant que les précédents. Si tout va bien, je me le ferai dédicacer le 12 décembre par Aurélie Neyret. Hop hop hop, on se remet au boulot dans la joie et la bonne humeur. Rhâ, ces descriptions au vitriol, ces phrases d'une longueur à perdre haleine, ces circonvolutions stylistiques, ces formulations percutantes en anglais qui ne passent pas du tout en français - je vais souffrir, mais dans le bon sens du terme. Pour fêter ça, et si je trempais un croissant dans un vrai chocolat chaud? Las: toutes les boulangeries du quartier sont fermées. Petites courses d'appoint au Carrefour Market - le niveau du panier à rouleaux de PQ est au plus bas. Je n'attends plus que 5 réponses, mais si je m'écoutais, je bouclerais les inscriptions au projet secret tout de suite tellement je suis impatiente de distribuer les listes. Puisque j'ai un Riesling potable sous la main, autant en ajouter dans le jus de cuisson de ma potée. Je sais que j'ai un gros souci de représentation des objets dans l'espace, mais le taureau, là, je ne comprends pas comment il se déplace pour aller écrabouiller les coquelicots. Dansons assis sur la BO de "Pulp fiction" pour oublier que le film a déjà 20 ans et qu'on est vieux. Plus que quatre dodos avant Londres, youhou!

samedi 15 septembre 2012

Et soudain, un paquet de frites place Flagey



J'ai l'impression de peser trois tonnes en ce moment. Tout me coûte dix fois plus d'efforts que d'habitude; je n'ai pas envie de grand-chose à part dormir et, si possible, ne pas rêver de chatons. L'autre nuit ils étaient cinq, un noir un blanc un roux un rayé bleu et un rayé violet, deux mois à vue de nez, encore leur poil de bébé; ils ne faisaient pas le moindre bruit et passaient leur temps à se cacher si bien que je craignais toujours de les avoir perdus. Quand je me suis réveillée j'ai eu un tout petit peu envie de pleurer en voyant qu'ils n'étaient plus là. 

Si je n'étais pas maximégacharrette, non pas sur ma trad en cours mais sur la suivante que j'ai accepté de faire en un laps de temps ridiculement court, je passerais mes journées à boire des litres de thé en regardant dans le vague. 

Moyennant quoi, cet après-midi lors d'un passage impromptu chez Brüsel, je n'ai pas trouvé mieux que d'acheter une bédé déprimante et "Le bruit des clefs", longue lettre d'Anne Goscinny dédiée à son père mort. Ambiance. En ressortant, parce que j'avais un petit creux, j'ai cherché une boulangerie du regard. Chouchou a cru que je matais le Frit'Flagey et m'a dit un "Non" très ferme, du genre qu'une femme qui connaît sa place et qui respecte l'autorité masculine ne songerait jamais à contester. 

Dix minutes plus tard, grâce à une file miséricordieusement courte pour une fois, nous nous asseyions sur un banc avec un gros paquet de frites et deux petites barquettes de sauce, mayo pour lui et poivre pour moi. La température avait dû monter de dix degrés depuis que nous étions sortis de chez nous une heure avant; je marinais dans mon pull à étoiles et Chouchou a failli prendre un coup de soleil sur le crâne. Mais jusqu'à ce que la dernière frite soit avalée et que les papiers gras aillent nourrir la poubelle la plus proche, ma déprime s'est tenue respectueusement à distance.

Vivent les frites.




jeudi 21 juin 2012

Pour ne pas finir comme Johnny et Vanessa


Cette nuit, j'ai rêvé qu'en chahutant avec Chouchou, je lui faisais un ippon sur le seuil d'une maison, que son cou tapait violemment contre l'arête de la porte pendant sa chute et qu'il était décapité net. 

Je crois que je suis traumatisée par la séparation de Johnny Depp et Vanessa Paradis. 

Même s'ils n'avaient plus fait d'apparition publique ensemble depuis le festival de Cannes 2012, ces deux-là démentaient les rumeurs de rupture depuis des mois. Avant-hier, le publiciste de Johnny Depp a pourtant fini par annoncer que, oui, la divinidylle était bel et bien terminée après 14 ans et deux enfants. 

Des couples de stars qui se brisent, il y en a une demi-douzaine chaque jour. Alors pourquoi suis-je aussi touchée par cette séparation-là? Parce que j'adore Vanessa Paradis et que ça me fait de la peine pour elle, bien sûr. Mais aussi à cause de ce que son couple avec Johnny Depp représentait. Quand ils se sont rencontrés, elle sortait d'une histoire qui s'était mal terminée avec Lenny Kravitz; elle était triste et malheureuse. De son côté, il buvait et détruisait les chambres d'hôtel. Il n'est pas le prince charmant qui l'a sauvée, non: ils se sont sauvés mutuellement. Par une sorte de miracle alchimique, chacun a fait ressortir ce que l'autre avait de meilleur, et leur couple est devenu bien supérieur à la somme de ses parties. Pendant des années, il a été un espace d'apaisement mutuel, de créativité soutenue et encouragée. 

Un peu comme pour Chouchou et moi, donc. 

Mais le miracle alchimique n'a pas résisté à l'usure du temps. Il semblerait que les vieux démons de Johnny Depp soient revenus à la charge et qu'ils aient fait voler la divinidylle en éclats. 

Du coup, je m'en vais acheter du papier de verre pour poncer ma porte. On ne sait jamais.  

dimanche 25 septembre 2011

Brèves du dimanche


Je suis en train de lire "A Storm of Swords", le tome 3 de "A song of fire and ice" (ou "Game of Thrones", si vous préférez, bien que ce soit en réalité seulement le titre du premier tome de la série). C'est tellement déprimant que je dois me bourrer de Xanax et me restreindre à deux chapitres par soir pour tenir le coup. Vu que le bouquin compte plus de 900 pages, je pense le terminer et vous en faire une critique d'ici 2019.

La Poste belge a repoussé les limites du tolérable en me réclamant plus de 3 euros pour envoyer une carte postale en France, au prétexte que ladite carte postale excédait le format standardisé d'un centimètre. Désormais, je ne posterai plus mon courrier que de France (et je m'en excuse par avance auprès des personnes qui ont gagné un lot à l'un de mes concours: elles devront attendre la deuxième semaine d'octobre pour que je les expédie).

Le swap créatif de Lady Pops est lancé. Je suis très contente de la swapée qui m'a été attribuée; j'ai déjà trouvé la surprise à mettre dans son paquet, et je sais ce que je vais lui fabriquer comme "création personnelle" (sans doute le week-end prochain). Un swap sympa qui ne me ruinera pas, quel bonheur! Les swaps de saison ont - un peu par ma faute, d'ailleurs - vraiment échappé à tout contrôle de ce côté-là, au point que je ne suis pas certaine de faire le prochain car je suis assez fauchée en ce moment.

Un bouleversement survenu cette semaine au travail de Chouchou va nous empêcher de planifier le moindre voyage avant le début de l'année prochaine. Le road-trip californien est mis en stand-by, tout comme le city trip pour lequel j'hésitais entre quatre destinations: Edimbourg, Tallinn, Oslo et Barcelone. Je suis frustration. En attendant, je vais peut-être réaliser un petit carnet de voyage dessiné sur nos vacances à Stockholm.

J'ai passé un bon moment sur le site de Sarenza hier et... je n'ai pas trouvé une seule paire de chaussures qui me plaise. Pas une. Aurais-je atteint l'overdose? Le virus inconnu qui, depuis vendredi soir, me fait gargouiller le ventre comme la tuyauterie d'un immeuble XIXème aurait-il également attaqué un élément constitutif de ma personnalité? Dois-je redouter - ou espérer vis-à-vis de mon portefeuille - que le prochain rhume suscite un brusque désintérêt pour les vernis à ongles?

Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais enfermée dans un camp de vacances où il fallait faire du vélo toute la journée (alors que je pleure ma mère au bout de cent mètres en général). Le soir, on mangeait des sandwichs tout secs en faisant du karaoké sur des chansons des années 70. Et une des monos me confiait: "Le vélo, c'est super bon pour la santé; y'a qu'un inconvénient, c'est que ça fait tomber les seins. Dommage pour toi, les tiens tenaient encore bien malgré ton âge". Chouchou, les champignons que tu as mis dans ton risotto de vendredi soir, tu es bien sûr que c'était des cèpes?

dimanche 5 septembre 2010

Who needs an alarm clock when you've got a cat?

"Tout le monde devrait connaître l'anthropologie", m'expliquait très sérieusement Scarlett ce matin. Comme je n'avais pas l'air de comprendre, elle s'est fâchée. Ses prunelles bleu vif ont lancé des éclairs et elle s'est mise à hurler: "MIW! MIW! MIW! MIW!"

J'ai ouvert des yeux encore embrumés de sommeil. A moins de dix centimètres de mon visage, Scarlett miaulait en boucle, exigeant que je me lève pour lui servir des boulettes de viande, et plus vite que ça. J'ai jeté un coup d'oeil au réveil: il était 7h58.

Je ne comprends pas pourquoi, après toute une vie de parfait silence matinal, mes chats ont décidé depuis quelques mois que je DEVAIS me lever à 8h pétantes. Ou elles ont appris à lire l'heure dans mon dos, ou elles ont une horloge interne super efficace, parce qu'elles se manifestent toujours au même moment, à quelques minutes près.

lundi 18 janvier 2010

Où mon inconscient mérite des beignes

Cette nuit, j'ai encore rêvé de l'Homme.

Dans un appartement étranger, où un jeune demi-frère qui n'existe pas dans la vie réelle squattait la chambre du fond, il me rejouait la scène douloureusement familière du "non, je ne t'aime plus". Celle où il avait un mouvement de recul chaque fois que je m'approchais de lui, celle où il ne me répondait plus que par monosyllabes et ne faisait pourtant rien pour me quitter, attendant que la décision et sa concrétisation matérielle viennent de moi. Il me plantait là pour partir avec tout un car de supporters de foot - substitut onirique des aïkidokas - à un match très important, beaucoup plus en tout cas que moi et mon coeur brisé en un million de petits morceaux. Espérant sans doute qu'avant son retour, j'aurais eu le bon goût de dégager sans faire d'histoires ni laisser la moindre trace de ma présence dans sa vie pendant des années.

Je me suis réveillée ce matin la gorge nouée, et je sais que je vais traîner un malaise diffus pendant toute la journée. Je sais que ça va m'empêcher de bosser ou de faire quoi que ce soit de productif parce que chaque fois que je tenterai de me concentrer sur autre chose, je reverrai son visage figé dans le masque de l'indifférence froide qui, à l'époque, sapait toute mon estime de moi et mon envie de vivre.

Ce que j'ignore par contre, c'est pourquoi je continue à rêver de lui - et à en souffrir autant - alors que nous sommes séparés depuis presque quatre ans maintenant et qu'éveillée, je ne ressens plus rien d'autre vis-à-vis de lui qu'une rancune tenace. Samedi, j'ai passé une bonne partie de la soirée à regarder des photos de la fête d'anniversaire de Christine, sur lesquelles il figurait ça et là. Tout ce que ça m'a inspiré sur le coup, c'est: "Tiens, il a grossi lui aussi" (rictus satisfait); "Habillé tout en noir? Il vient d'enterrer quelqu'un?"; et "Une chemise Burberry? Sa blondasse lui achetait vraiment n'importe quoi". Oui, j'ai eu un un petit pincement au coeur en revoyant ensuite des photos de l'époque où nous étions ensemble, mais globalement, j'étais plus intéressée par la géométrie variable de ma coiffure au fil des saisons, le renflement quasi-inexistant de mes cuisses le jour où nous avons fêté les 2 ans de Choupie, et un mystérieux top orange assez sexy dont j'avais totalement oublié l'existence.

C'était sans compter mon incompréhensible inconscient et sa réaction à retardement. Franchement, il y a des jours où je lui mettrais volontiers des beignes.

mardi 10 novembre 2009

Bac en novembre, Noël en décembre

Cette nuit, j'ai passé un très long moment à tenter de mettre la main sur ma convocation pour le bac. Arrivée dans un lycée inconnu et labyrinthesque, j'ai cherché, au bord de l'affolement, la salle dans laquelle devait se dérouler l'épreuve d'anglais - celle où j'étais certaine de cartonner. Non parce que les autres matières, ça faisait quand même un moment que je ne les avais pas étudiées. Ca m'aurait beaucoup étonnée que je sois encore capable d'analyser une fonction algébrique ou de restituer les statistiques du commerce extérieur de la Chine.
Puis je me suis souvenue que le bac, je l'avais déjà eu il y a 22 ans, et j'ai réalisé que je n'avais rien à prouver en essayant de le décrocher une deuxième fois. Du coup, j'ai voulu rentrer chez moi, mais le 60 m'est passé sous le nez, et je me suis retrouvée à marcher des kilomètres et des kilomètres en rase campagne, en espérant que je n'allais pas me perdre.
Mais tout ça n'était rien à côté de ce qui attendait copine Jeanne (prof de français quand elle n'écrit pas des novellas de SF qui raflent tous les prix de leur catégorie l'année de leur sortie): le rectorat venait juste d'apprendre qu'elle n'avait jamais eu son bac; elle était donc priée de le décrocher dans les meilleurs délais, et avec une mention de préférence, sans quoi le déshonneur l'obligerait à se faire seppuku.

Depuis que j'ai fortement diminué mes doses de médicaments, j'ai recommencé à rêver, et on dirait que mon inconscient essaie de rattraper le temps perdu. Tant qu'il ne m'envoie pas de cauchemars atroces comme il sait si bien m'en concocter parfois, ça me va. Mais je suis un peu étonnée qu'il me ressorte ce thème éculé de "l'examen pour lequel je stresse à mort, avant de me rendre compte que je ne suis pas obligée de le passer". A quelques variations près (parfois, au lieu du bac, il s'agit des examens de fin d'études à Sup de Co, et je peux m'en dispenser parce que je me souviens tout à coup que j'ai déjà un boulot et qu'il ne dépend pas de ce diplôme), il revient hanter mes songes plusieurs fois par an depuis que je travaille. Et se termine toujours par une sensation d'intense soulagement.

jeudi 15 octobre 2009

A birthday and an anniversary

Hier, c'était le 43ème anniversaire de l'Homme. Le 4ème qu'il fêtait (ou pas) sans moi.
Je ne me rappelle même plus la dernière fois que je l'ai vu. Je crois que c'était il y a un an et demi.
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar dans lequel il m'annonçait qu'il me quittait - chose qu'il n'a jamais eu le courage de faire dans la réalité. Et j'avais mal à en crever, vraiment. Ce qui n'a pas été le cas dans la réalité, car je savais que cette histoire était arrivée à son terme et que nous aurions déjà dû nous séparer depuis longtemps.

Si la vie était un roman, à un moment, j'aurais eu un déclic qui m'aurait libérée de son souvenir et mise en paix avec notre rupture foireuse. La vie n'est pas un roman, et ce détachement s'est fait de façon graduelle, imperceptible. Sans qu'il se produise la moindre épiphanie, un jour j'ai réalisé que j'avais cessé de me sentir dans une vie qui, bien que beaucoup plus heureuse que celle que je menais avec lui, n'était pas la mienne. Désormais, je n'ai plus l'impression d'avoir été projetée par erreur dans un univers parallèle à la Sliders. Ce serait même plutôt l'inverse: il me semble avoir enfin trouvé la place qui devait être la mienne depuis le début.

Lundi prochain, ça fera 3 ans que je suis avec Chouchou. C'est le temps qu'il m'aura fallu pour ne plus nourrir aucun sentiment équivoque même dans les recoins les plus secrets de mon coeur.
Le temps guérit tout, oui. Mais on ne peut pas dire qu'il se presse, le salaud.

vendredi 9 octobre 2009

Barbecue d'orcs sauce onirique

Cette nuit, j'ai sauvé le Gondor.

Après que mes compagnons et moi ayons réussi à échapper aux forces d'occupation orcs, je me suis emparée d'un porte-voix pour adresser à la population un vibrant appel au soulèvement. Les nains présents dans l'audience ont d'abord eu l'air sceptique, probablement parce que je suis une faible femme, mais ma ferveur a fini par avoir raison de leurs réticences. C'est à la tête d'une véritable armée que nous sommes partis affronter l'envahisseur. Au début, voulant donner l'exemple de la miséricorde, je me suis contentée de lancer des sorts de protection - des boucliers invisibles contre lesquels rebondissaient les armes ennemies. Mais leur nombre ne cessait de croître et la cruauté qui déformait leur hideux faciès tandis qu'ils démembraient mes alliés avec un rire sauvage a fini par rompre les digues de ma fureur. Je me suis mise à projeter de monstrueux jets de flammes qui ont ouvert dans leurs rangs des sillons de carnage et de mort. Une épouvantable odeur de chair brûlée s'est répandue sur le champ de bataille. Ivre de pouvoir, j'ai continué à faire feu jusqu'à ce que quelqu'un hurle mon nom à plusieurs reprises.
- C'est fini, nous avons gagné.

...Un des avantages d'avoir diminué ma dose de médocs, c'est que j'ai recommencé à rêver la nuit. Un des inconvénients, c'est que mon boulot de traductrice me paraît un chouïa ennuyeux comparé à celui de sauveuse du monde.

mercredi 4 juin 2008

Cauchemars

Dans la nuit de lundi à mardi, j'ai rêvé que mon père faisait du skateboard dans la rue. L'air super concentré, limite en colère, il enchaînait les cascades tel un lutin moustachu et grisonnant. L'inévitable finissait par se produire: après avoir sauté par-dessus une voiture, il se rétamait sur la chaussée derrière notre ancien immeuble des Ibis. Il culbutait et s'écrasait si violemment que j'avais l'impression d'entendre tous ses os se briser. Quand il s'immobolisait, je retenais mon souffle, le coeur dans un étau, sans oser m'approcher pour voir s'il était toujours vivant - et dans quel état.
Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais condamnée par une maladie très douloureuse et qu'en accord avec mes docteurs, j'avais décidé de me faire euthanasier avant de commence à trop souffrir. Je comptais les jours qui me séparaient de la date fixée pour la procédure en essayant d'en profiter au maximum, mais la révolte et le chagrin étaient trop forts. Je passais mon temps à pleurer de rage en me disant que c'était trop injuste, que je voulais tellement vivre encore! Voir mes proches poursuivre leur routine alors que la fin du compte à rebours approchait si vite pour moi me remplissait d'amertume. Je me disais qu'après m'avoir un peu pleurée, ils continueraient comme avant, comme si je n'avais jamais existé, et cette idée m'était insupportable.
Puis le jour J est venu. Je me suis retrouvée allongée sur un lit d'hôpital, incapable de bouger ou de parler. Le visage rond d'une infirmière noire a empli mon champ de vision. En moi, je tempêtais: "Ce n'est pas toi que je veux voir en dernier; laisse-moi regarder mes parents et ma soeur!". Mais je ne pouvais pas tourner la tête ni articuler la moindre syllabe. Avec un large sourire et d'une voix infiniment apaisante, elle m'a dit: "Any moment now, you're gonna be blissfully aware that a shining door is opening in front of you, and you're gonna get through it".
Puis je me suis réveillée.
Ma première pensée a été: "pourquoi mon subconscient me parle en anglais?". La seconde: "au moins, il est poète et ne fait pas de fautes de grammaire". La troisième: "mais pourquoi je suis tellement obsédée par ma mort et par celles de mes proches en ce moment, alors qu'à ma connaissance aucun de nous n'a le moindre problème de santé?".

lundi 21 janvier 2008

Mon subconscient fait des siennes

Cauchemars en cascade cette nuit. L'Homme n'en finit plus de se moquer de moi: comment ai-je pu être assez stupide pour croire qu'il m'aimait? Il se contentait de tuer le temps en attendant Fausse Blonde, la vraie femme de sa vie pour qui il a, dans les trois mois suivant leur installation ensemble, fait tout ce qu'il m'avait refusé pendant sept ans.
Je me réveille bien chiffonnée à l'heure tardive où Hawk part travailler. "Les cauchemars, c'est pas vrai, dit-il en m'embrassant avant de s'en aller. Moi je t'aime, et ça c'est vrai."
Moi aussi je l'aime. Et je n'ai jamais été aussi heureuse avec quelqu'un. Je voudrais juste que mon subconscient commence à l'accepter et à me lâcher la grappe. Ca va bientôt faire deux ans, quand même...

vendredi 31 août 2007

Wanted

Un pachorex. Description: poisson qui nage dans les airs et peut se transformer, selon ses besoins, en autruche, en ours ou en lapin. Vu pour la dernière fois: dans mes rêves cette nuit. Verdict: l'alcool (deux vodka-pamplemousse hier soir) est néfaste à la qualité de mon sommeil.

mercredi 18 avril 2007

Toutes les femmes de sa vie

Dans la nuit d'avant-hier à hier, avant que mon téléphone me réveille à une heure indue, j'ai rêvé que l'Homme venait me faire des confidences sur sa nouvelle copine: ce qu'il lui trouvait, comment ça avait commencé entre eux, leurs premiers petits problèmes de couple, etc. Moi, j'étais affreusement mal à l'aise. Je me disais que ce n'était plus mon histoire, qu'il devait me laisser tranquille maintenant, que je voulais juste l'effacer de ma vie.
Aussi étrange que ça puisse paraître, dans la réalité aussi, je me moque complètement de savoir qui est sa nouvelle copine et comment ça se passe entre eux. Quand j'ai appris que nos histoires s'étaient chevauchées, je me suis seulement demandé si je la connaissais, si c'était une de mes ex-copines de l'aïkido. A partir du moment où j'ai découvert que non, je me suis totalement désintéressée de la question. Ce n'est même pas une démarche consciente, un effort déployé pour ne pas sombrer dans le masochisme en retournant le couteau dans la plaie. Je n'éprouve tout simplement aucune curiosité vis-à-vis de cette fille.
Vous me direz que c'est très bien comme ça et que vous ne voyez pas ce que ça a d'étrange. Le truc, c'est que les deux hommes qui ont le plus compté dans ma vie jusqu'à présent étaient déjà en couple quand j'ai commencé à sortir avec eux. Et que durant toute la partie illégitime de notre relation, j'ai été totalement obsédée par l'Autre. A quoi ressemblait-elle? Comment parlait-elle, comment bougeait-elle, comment s'habillait-elle, comment lui faisait-elle l'amour? Quels étaient ses goûts? Quels points communs avions-nous, à part d'aimer le même genre de mec?
Aujourd'hui encore, je ne m'explique pas cette fascination. Je voulais peut-être jauger ma rivale pour me donner les meilleures chances de l'"éliminer" et de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'elle. Freud dirait sans doute qu'il faut voir là une expression de mon homosexualité latente, celle qui goûtait secrètement le fait de partager son homme, fût-ce de manière décalée dans le temps - comme si baiser avec lui c'était aussi baiser avec elle par procuration. Troisième hypothèse, c'était une bête pulsion compétitive, un besoin de s'assurer qu'elle n'était pas "mieux" que moi. Allez savoir...
La dernière fois que je suis passée chez Ikea et que j'ai aperçu l'ex-femme de l'Homme au loin (plus mignonne et plus piercée que jamais), j'ai eu envie d'aller la voir et de lui dire "Tu sais quoi? Finalement, il m'est arrivé la même chose qu'à toi". Il me semblait que c'était une petite victoire qu'elle méritait de savourer.
Mais vis-à-vis de sa nouvelle copine, je n'éprouve qu'une indifférence absolue.

jeudi 29 mars 2007

Une nuit mouvementée

D'abord j'ai reçu une facture d'électricité de 770 euros pour le dernier trimestre. Je me suis dit que j'avais déconné de chauffer autant l'appart' et que j'aurais mieux fait de superposer les gros pulls.
Ensuite j'ai supplié la conductrice de la voiture d'accélérer parce que le tueur psychopathe qui terrorisait tout le pays était à nos trousses. Je savais pourtant que c'était inutile, que personne n'avait jamais réussi à le semer, qu'une fois sur la piste de sa proie il ne la lâchait plus avant de l'avoir retrouvée et découpée en morceaux. Du coup, j'espérais que sa proie, c'était la conductrice et pas moi.
Pour finir je me suis retrouvée à la montagne, lourdement draguée par Yves S. que je n'ai jamais pu supporter. Un peu troublée mais bien décidée à le fuir, je suis rentrée dans un magasin pour acheter des patins à glace. Il n'y avait plus de 35, et je suis donc ressortie avec une paire de patins Barbie rose vif en 37 qui n'avaient même pas de tampon en caoutchouc à l'arrière - or je n'ai jamais appris à freiner en chassant. J'ai dévalé le flanc de la montagne en chute libre, avant de finir par percuter le caddie de supermarché dans lequel se trouvait la copine d'Yves S. Ejectée par la violence du choc, elle est restée sans bouger par terre. Je me suis dit que j'étais vraiment immonde de la tuer après lui avoir piqué son copain sans le vouloir.
Les accrochages avec mon amoureux avant de m'endormir ne me valent décidément rien.

samedi 24 mars 2007

Les présidentielles me travaillent

Après m'être trompée d'arrêt, je descends enfin du train à la station la plus proche de Central Park. Assis sur un banc face à la sortie, un monsieur moustachu consulte un plan et peste tout bas en français. Je le reconnais: c'est Gérard Schivardi. Je lui dis que je suis fan de son programme (dont je n'ai pas lu une ligne). Tout heureux, il me serre contre lui et accepte de faire avec moi un groupie shot "Baudoin style". Là je m'aperçois que mon maudit appareil photo a aussi un écran de contrôle sur le devant. C'est pratique mais je me demande où est passé l'objectif...
Un des effets gênants des somnifères, c'est qu'ils supprimaient mes rêves bizzaroïdes - ma deuxième vie onirique que j'ai toujours beaucoup affectionnée. J'ai arrêté le Zopiclone depuis plus de deux mois, et je crois que c'est la première fois que je rêve à nouveau, ou du moins que je m'en souviens. C'est idiot mais ça me met de très bonne humeur, même si Gérard Schivardi et la moustache qu'il ne porte pas dans la réalité ne valent pas Patrick Swayze en tenue de foot et l'équipe de fleurs avec laquelle j'avais joué contre lui une nuit.

vendredi 24 juin 2005

Y'a des jours où il ne faudrait pas se réveiller

La transition du sommeil à la veille s'est fait si progressivement que je ne m'en suis même pas rendu compte. Et que j'ai poursuivi mon rêve.

Après la folle nuit que je viens de passer avec Morten entre Paris, Londres et Oslo... [J'étais en train de me présenter à son père et à ses frères quand j'ai réalisé que j'avais émergé, mais pour le fun, j'ai continué la soirée dans ma tête jusqu'après le dîner et le départ des gêneurs familiaux... Ca s'est fini sur une peau de quelque chose devant la cheminée, tant qu'à faire. Ben oui, il fait pas chaud en Norvège.] Après ça, donc, faut pas s'étonner que je manifeste qu'un enthousiasme moyen à l'idée de passer la journée devant un ordi et les pérégrinations d'un lépreux.