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lundi 16 juillet 2007

La saga de mon stérilet - suite et fin (j'espère)

L'infirmière qui me descend au bloc s'appelle Stéphanie. Elle me fait penser à ma tante Jacquie: quinze ans de moins et blonde au lieu de rousse, mais même cheveux outrancièrement décolorés et en pétard, même bronzage orangé, même carrure de pioupiou, même voix éraillée de grosse consommatrice de Camel et même façon gouailleuse de parler. Aux pieds, elle porte des Crocs vert pâle, et je ne peux m'empêcher de penser à Junior qui, pendant tout le voyage aux USA, a hésité à en acheter des roses pour les mettre au travail. Elle a cinq piercings dans le cartilage des oreilles et un sur le côté de la lèvre supérieure. Quand elle me demande, comme une demi-douzaine d'autres personnes l'ont fait avant elle ou le feront jusque dans la salle d'opération, si j'ai bien enlevé mon vernis à ongles et mes bijoux, je ne lui laisse pas le temps de finir:
- Oui, et mon piercing aussi.
- Oh, vous en avez un où?
Sans répondre, je pousse sur l'intérieur de ma lèvre inférieure avec ma langue pour mettre mon labret en évidence. Elle hoche la tête d'un air entendu. Je ne précise pas que j'ai eu toutes les peines du monde à l'enlever ce matin avant de prendre ma douche à la Bétadine, et que je crains de ne pas pouvoir le remettre après l'opération: à quoi bon?
Pour compenser l'angoisse des hôpitaux que j'ai héritée de mon père, je joue les patientes modèles. Je dis poliment bonjour à tout le monde. Je souris beaucoup. Je ne me plains pas, même quand je grelotte de froid au bloc en attendant mon anesthésie. Je plaisante sur l'absence de glamour de ma situation. Je remercie pour chaque petit geste visant à améliorer mon confort. Je n'ai pas besoin de me forcer: tout le personnel est d'une exquise gentillesse, depuis l'infirmière en chef grisonnante jusqu'au jeune stagiaire empressé (il est, avec mon anesthésiste, le seul homme que j'aperçois dans le service).
La piqûre dans le dos de la main est désagréable mais brève, malgré la gêne qui subsistera jusqu'à ce qu'on m'enlève le cathéter. Loin de la brûlure dévorante de la dernière fois, le passage du liquide anesthésiant ne m'occasionne qu'un picotement intérieur. On ne me demande pas de compter à rebours: le produit a à peine atteint mon coude que je m'endors, masque à oxygène sur la figure, fesses au-dessus du vide, mollets et pieds calés dans d'étranges moon-boots de caoutchouc mousse.
Je me réveille une heure et demie plus tard. Vague mal au ventre, difficulté à reprendre mes esprits, bouche pâteuse parce que rien bu depuis la veille, mais à part ça tout va très bien. Vers 10h30, l'infirmière Stéphanie me remonte du bloc en pestant contre une de ses collègues qui tire la tronche et lui rend son bonjour du bout des lèvres lorsque nous la dépassons dans un couloir.
Je somnole encore une heure dans un box. Ma gynéco vient me voir et me demande comment ça va. Je lui dis que je ne souffre quasiment pas. Elle m'explique qu'elle m'a bien retiré mon stérilet, et qu'elle a également procédé à un curetage rapide car j'avais un polype dans le col de l'utérus. Encore un peu hébétée, je ne pense pas à lui demander si c'est une récurrence normale de mon endométriose ou une excroissance pré-cancéreuse, mais comme elle ne parle pas d'analyse et me conseille juste de revenir la voir dans trois mois pour faire un point sur mon traitement, j'imagine que ce n'est rien de grave.
- Si vous le désirez, on pourra alors envisager la pose d'un nouveau stérilet, achève-t-elle.
En plus d'être douce et rassurante, je constate que cette dame a beaucoup d'humour.
A 11h30, on m'apporte une collation: un yaourt à la fraise, une compote de pommes, des sablés Chamonix à l'orange qui ont pour moi le goût de l'enfance et une infâme gaufrette au chocolat-noisettes. Laitage, fibres, féculents - le service restauration respecte à la lettre les bases de la diététique.
Je bouquine un peu en attendant l'heure de ma sortie. Je termine le hors-série d'AnimeLand consacré aux shojô et le numéro d'août de Company que j'avais entamé hier dans l'avion. Après avoir eu la permission de me rhabiller et de passer en salle d'attente, je poursuis la lecture du roman de Stephen Clarke qui bien que d'une valeur littéraire quasi-nulle me force souvent à me retenir pour ne pas éclater de rire.
A 14h10, Etre Exquis passe me chercher. Nous nous arrêtons à la pharmacie et chez Champion où je fais quelques courses, puis il me ramène chez moi. Et s'étonne en voyant mon canapé lit déplié dans le salon:
- Qu'on fasse chambre à part quand on vit à deux, je peux comprendre; mais quand on vit seul...
Ah ah ah. J'explique que c'était pour ne pas avoir à négocier le raidissime escalier de ma mezzanine pendant que je suis encore à moitié dans le coltar.
- Ah. Bonne idée, convient-il.
Je suis une fille or-ga-ni-sée. Sur la table basse roulante, j'ai posé quatre ou cinq magazines féminins et la télécommande de mon lecteur de DVD. Assise en tailleur sur mon sac de couchage ouvert en deux, je mange un bami goreng avec des baguettes en regardant l'épisode 16 de Desperate Housewives S2. Puis je m'enfile Biba d'un trait. Pour un peu, je prendrais goût à ce concept de convalescence.
Mes parents ne m'ont pas appelée. Je suppose qu'ils ont encore oublié que je me faisais opérer aujourd'hui.
Je n'ai pas tenté de remettre mon piercing. Il symbolisait une certaine étape de ma vie, une phase transitoire qui se trouve justement terminée depuis ce week-end. La prochaine fois que je marquerai mon corps, ce sera de manière définitive avec un troisième tatouage.

mercredi 27 juin 2007

Halléluiah

La gynéco n°3 P.R. n'a même pas cherché à me retirer mon stérilet à vif. Après le récit de mes mésaventures, elle m'a directement proposé l'anesthésie générale. J'aurais préféré locale mais il paraît que ça ne suffirait pas. Donc, je me fais opérer le 16 juillet. Ce qui va me foutre en l'air une journée entière de boulot, caramba! Tant pis: je suis motivée pour en finir. Un seul bémol: je dois enlever mon piercing... Ce qui signifie presque à coup sûr qu'il va se reboucher, comme feu mon piercing du nez dont j'avais enlevé le bijou à peine vingt minutes.

jeudi 23 novembre 2006

Piercing, suite et fin



...Pour le moment du moins, car:
- en faisant des courses dans l'unique magasin goth de la région cet aprèm, j'ai trouvé des bijoux absolument délirants, entre autre des pointes bicolores rose/orange ou fuchsia/rose clair, donc il n'est pas dit que je ne finisse pas avec une collection dans laquelle piocher pour assortir à mes tenues
- cette nuit on m'a fait découvrir le pocketing, et j'avoue que le principe me séduit pas mal (même après avoir décuvé de la vodka-pamplemousse qui m'a fait accepter vers 5h du matin de partir me fiancer à Prague avec un quasi-inconnu pour la prochaine St-Valentin)

dimanche 29 octobre 2006

Piercing, the day after

Ma lèvre inférieure a doublé de volume; on dirait celle d'Angelina Jolie. Faut que je me fasse piercer où pour récupérer aussi ses jambes?

samedi 28 octobre 2006

First it was knowledge, then harmony, and now truth

Chose promise à moi-même, chose due.

J'y pensais depuis plusieurs semaines. J'avais envie d'un signe extérieur très visible pour symboliser que j'avais changé, que cette année 2006 avait fait de moi une autre personne. J'avais déjà deux tatouages: une licorne sur mon épaule gauche, faite pour mes 25 ans et censée représenter ma période jeux de rôles/mythologique celtique/mariage avec un Breton intégriste/recherche de connaissance + un kanji sur la hanche droite, fait vers 28 ans et censé représenter ma période arts martiaux/Japon/Pacs avec un self-proclaimed modern samouraï/recherche d'harmonie. Je voulais marquer dans ma chair le début d'une nouvelle ère de ma vie, dont tout ce que je sais pour le moment c'est qu'elle sera consacrée à la recherche de vérité - la mienne et celle des autres.

J'ai un peu repoussé le passage à l'acte sous prétexte de pas le temps. En réalité, je mourais de trouille comme chaque fois que je m'attends à souffrir physiquement. Cet après-midi, enfin, je me suis décidée. J'avais l'estomac noué et tout le corps baigné de sueur froide, même s'il paraît qu'extérieurement je suis restée très calme jusqu'au moment d'entrer dans la cabine avec la pierceuse. Elle était super craquante, un petit air de Shane dans "The L Word" mais en plus féminin et avec une voix très rassurante. N'empêche que. D'abord, elle m'a fait allonger - une position que je déteste car je m'y sens vulnérable. Ensuite, comme je lui demandais de m'expliquer la procédure en détail pour savoir ce qui se passait à défaut de pouvoir le contrôler, elle m'a dit qu'elle allait piercer à la main. Pas avec un pistolet à air comprimé où quand on sent la douleur, c'est déjà fini. Non, elle allait piquer manuellement, sans anesthésie locale of course, et ça prendrait plusieurs secondes. Là, franchement, j'ai été à deux doigts de m'enfuir comme la mauviette que je suis. Mais j'en avais vraiment envie, de ce piercing. Symboliquement et à plus d'un titre. J'ai vidé mes poumons et braqué mon regard sur le plafond. Elle s'est mise à préparer son aiguille en me donnant les consignes d'hygiène de rigueur. J'écoutais d'une oreille plus que distraite quand une bribe de phrase m'est parvenue aux oreilles:

- ...Et pas de rapport bucco-bucal ni bucco-génital pendant quinze jours.

J'ai sursauté.

- Hein? Je peux ni embrasser ni sucer pendant deux semaines?

Ca l'a fait rire. Tant mieux pour elle; moi, je commençais sérieusement à regretter de m'être embarquée là-dedans. Pendant que j'hésitais, elle a pivoté vers moi avec son aiguille à la main. Trop tard pour reculer. J'ai fait le vide dans ma tête.

Morsure aigue dans la chair tendre à l'intérieur de ma lèvre. Sensation d'un corps étranger qui traverse et peine à ressortir de l'autre côté. Traction de la butée de la tige avant que l'aiguille se dégage en la laissant derrière elle. Brûlure qui se propage pendant que la fille appuie pour visser la boule au bout.

- Ca va?

- Oui, ça va.

Je me suis redressée et regardée dans le miroir. J'ai eu un sourire bêtement fier. Je me suis souvenue d'une citation de Roosevelt que j'avais traduite le matin même: "There is nothing to fear but fear itself". Et je suis sortie de là en me sentant quasiment invincible.

J'ai déjà choisi le bijou définitif par lequel je remplacerai la petite boule dans un mois. Ce sera une pointe en titane noire au message éloquent: keep away from me.

vendredi 6 octobre 2006

Décisions du jour

En rentrant chez moi...

...Je me fais piercer la lèvre inférieure et mettre une pointe - ça correspondra finalement mieux à mon état d'esprit actuel qu'un troisième tatouage, et je suis sûre qu'une des collègues de Korrigan me fera ça très bien en échange d'une douleur modique. ("Ca va être gênant pour embrasser", m'a fait remarquer David tandis que ma soeur protestait que ça allait surtout être affreux. Moi je dis: on verra bien.)

...Je reprends le tir à l'arme de poing avec Etre Exquis, parce qu'à l'époque où on était ensemble et où j'allais au stand avec lui, je pouvais démonter et remonter son Desert Eagle 357 les yeux fermés, ce qui me paraît une compétence indispensable sur mon nouveau CV de fille re-rock'n'roll.