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samedi 27 décembre 2014

Il ne manquait plus qu'elle




Après une excellente soirée "produits du terroir" entre amis, la nuit avait été un peu agitée: d'abord le téléphone de Chouchou avait double-bipé à 2h46 alors que mon estomac venait juste de consentir à ce que je m'endorme, puis Chouchou lui-même s'était mis à ronfler, m'obligeant à dégainer les boules Quiès. Mais nous nous étions levés tout heureux à la pensée de ce départ tant attendu pour Porto, son ciel sans nuages et ses 12° prévisionnels pendant la semaine à venir. Passer le Nouvel An au Portugal, quelle merveilleuse idée! 

Il nous restait une journée pour faire le ménage à fond, histoire de rentrer vendredi dans un appartement nickel et d'attaquer janvier du bon pied. Alors, après un petit-déjeuner de thé et de panettone, nous nous étions mis à l'oeuvre, épongeant la mare d'eau glacée vomie par le congélateur qui n'avait pas été dégivré depuis deux ans au moins, passant plumeau, aspirateur et balai lavant dans toutes les pièces, cuisinant autant de produits frais que possible, examinant le contenu du frigo et jetant les pots de sauce impossible à identifier mais périmée depuis le mois d'avril, multipliant les aller-retour à la cave avec des poubelles pleines. 

Bien qu'on soit samedi, l'avenue était très calme. Nous n'attendions ni courrier ni coups de fil; nous nous contentions de nous affairer dans un silence joyeux à ce que nous considérons d'ordinaire comme des corvées mais qui, exceptionnellement, ne nous pesait pas tant que ça. Je repensais au kagami biraki que j'avais passé au dojo de Tamura Sensei, et à l'occasion duquel tous les élèves (dont moi) avaient intégralement briqué l'immense bâtisse perdue dans la campagne - un des rares bons souvenirs que je conserve de mes années d'aikido. Chouchou, lui, pensait... probablement à des trucs de Chouchou qu'il est le seul à pouvoir comprendre (et encore, ce n'est pas sûr)

Sur le feu, un risotto aux asperges absorbait lentement la dernière louche de bouillon, et je sirotais le reste du Riesling quand Chouchou a lancé: "Ah, ça y est ici aussi." J'ai tourné la tête vers la fenêtre. Les flocons blancs dont nos amis suisses postaient des Instagram depuis le matin étaient arrivés à Bruxelles. "Ca ne va pas tenir", a prédit Chouchou. 

Il se trompait. La neige a continué à tomber tout l'après-midi pendant que je faisais la valise en musique et me récompensais de mes efforts avec un délicieux chocolat chaud, ainsi que quelques chapitres de "The secret of lost things"; elle a continué à tomber pendant que, blottis sur le canapé, nous regardions l'épisode de Noël de "Downton Abbey" en prenant des paris (si les Bates se reproduisent, combien de temps avant que le bébé ne finisse en prison?). A l'heure où j'écris ce billet, elle semble hésiter à se changer en pluie. L'épais manteau d'ouate immaculée sur toute la ville, ce ne sera pas pour cette fois. Mais un de mes deux voeux secrets aura été exaucé: j'aurai eu de la neige pour Noël. 

samedi 4 février 2012

Snowy Friday


Vers 16h, la neige s'est mise à tomber sur la Belgique, et tous mes contacts Facebook qui bossaient loin de chez eux ont commencé à s'inquiéter. A 16h30, Chouchou a rapporté qu'un de ses collègues parti du boulot depuis 25 minutes avait à peine parcouru 500 mètres en voiture. A 17h, il y avait déjà près de 700 km de bouchons sur les routes belges.

Renonçant à mon idée d'aller faire les courses pour remplir un frigo toujours vide depuis notre retour à Bruxelles l'avant-veille, j'ai guetté une accalmie dans la tempête afin de sortir au ravitaillement. J'ai enfilé un collant en laine sous mon jean et mes chaussettes, un pull en cachemire sur un débardeur et une parka pas mise depuis plusieurs années par-dessus le tout. J'ai entortillé mon cou dans un snood remonté jusqu'aux oreilles, enfoncé un bonnet en laine sur mes cheveux à peine secs, glissé mes pieds dans des boots de moto à semelle anti-déparante et mes mains dans des gants en cuir molletonnés avant de m'estimer parée à affronter l'extérieur.

A petits pas prudents, j'ai descendu l'avenue jusqu'à la place Jourdan. Les voitures roulaient au pas et les passants étaient rares. Un tapis blanc moelleux, déjà piétiné mais qui n'avait pas encore viré à la gadoue, étouffait tous les bruits tandis que le ciel virait à l'indigo et que l'éclairage public s'allumait. J'étais si bien emmitouflée que je ne grelottais pas; au contraire, la légère morsure du froid et l'odeur piquante de l'air me rendaient infiniment joyeuse. Je n'ai pas vu beaucoup de neige dans ma vie, et pour moi, c'est toujours une aventure.

Mamma Roma était presque désert. Quatre jeunes femmes venues ensemble hésitaient devant le comptoir, et pour une fois, il y avait du choix alors qu'il n'était pas encore 18h. J'ai fait remplir un carton pour mon dîner avec Chouchou et demandé "une toute petite part de pizza au chocolat dans un papier, pour manger tout de suite". Pas facile de marcher en gérant la bandoulière d'un sac qui glisse sur l'épaule droite, en gardant une boîte rectangulaire bien à l'horizontale avec la main gauche et en tenant avec des doigts gantés un truc couvert de sucre glace, qui bave du pseudo-Nutella chaque fois qu'on mord dedans. Heureusement, l'obscurité dissimulait mon visage barbouillé et mon sourire idiot.

Rentrée à la maison, j'ai ôté les trois quarts de mes pelures et rassuré mes contacts Facebook, à qui j'avais demandé d'envoyer les hélicos si je n'étais pas revenue au bout d'une heure. Certains d'entre eux attendaient aussi les leurs bloqués en rase campagne, dans les bouchons qui totalisaient désormais près de 1200 km à travers tout le pays. J'ai eu avec ma copine Pascale et l'écrivain le mieux chaussé de la fantasy française une discussion un peu surréaliste sur mes tibias. Puis Chouchou est arrivé, après avoir mis 2h30 pour faire moins de 30 km, et nous nous sommes écroulés sur le canapé devant un épisode de "Brothers & Sisters". J'ai aimé l'atmosphère feutrée, presque assiégée, de ce vendredi soir.

Mais parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un endroit où se réfugier au chaud en ce mois de février glacial:

Et en Belgique:


jeudi 17 décembre 2009

Mantra hivernal


Pourvu que le trafic aérien ne soit pas trop perturbé demain soir,
pourvu que le trafic aérien ne soit pas trop pertubé demain soir,
pourvu que le trafic aérien ne soit pas trop pertubé demain soir...

samedi 22 novembre 2008

Mon avis sur la neige...

...qui tombe juste le jour où j'ai décidé de sortir pour un après-midi shopping.


Est-ce assez éloquent?