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vendredi 13 avril 2012

Le drame des lunettes neuves


Mes lunettes d'amour, les Paul & Joe avec les papillons trop choupinets pour articuler les branches, avaient les verres salement rayés depuis plusieurs semaines, et je commençais à en avoir marre d'y voir flou. J'ai appelé mon ophtalmo: pas de rendez-vous libre avant septembre. "Mais je peux vous faire un duplicata de votre dernière ordonnance", m'a proposé la secrétaire. "Euh, oui, enfin, vu qu'elle date d'août 2009, j'aurais bien aimé faire contrôler ma vue avant de réinvestir plusieurs centaines d'euros dans une paire de lunettes." "Alors ce sera en septembre." Par chance, une bonne âme m'a rappelé que les opticiens étaient eux aussi habilités à effectuer ce contrôle. Je me suis dit: Cool, je vais juste attendre le versement de mon reliquat de droits d'auteur 2011. Mais celui-ci tardait à apparaître sur mon compte bancaire, et si je n'agissais pas avant mercredi prochain, j'étais ensuite condamnée à attendre fin mai. Comme de toute façon, ce n'était qu'une question de jours et que mes dépenses en carte Visa ne sont débitées que le 30 du mois, hier après-midi, je me suis dépêchée de finir mon boulot pour foncer au Grand Optical le plus proche de Monpatelin. 

Pour bien commencer ma visite, vingt bonnes minutes d'attente pendant lesquelles j'ai le temps de lire le dernier ELLE intégralement (et de commencer à pianoter ostensiblement en regardant autour de moi et en poussant des soupirs agacés). Enfin, un jeune homme vient me chercher pour procéder au fameux contrôle de vue. Affligée d'un gros problème de convergence qui fait que je ne perçois pas les distances, je me mets à larmoyer quasiment dès le début. C'est gai et surtout hyper pratique. Mais finalement, le jeune homme détermine que ma vue a pas mal bougé depuis août 2009. Je ne vais donc pas changer de verres pour rien. "Vous avez choisi une nouvelle monture?" me demande-t-il. "Non, je tiens à garder celle-ci que j'adore." Il me la prend des mains et grimace. "Je vais demander au labo, mais je ne pense pas que ce soit possible." "Quoi? Mais pourquoi?" "Parce que le plastique s'est rigidifié au fil du temps. Regardez, la surface est pleine de micro-fissures. Et vous avez dû l'exposer à une source de chaleur importante, parce qu'elle a fondu par endroits." Qué source de chaleur importante? Je n'ai pas le souvenir d'avoir souvent posé mes lunettes sur la plaque en vitrocéramique allumée. Quant au soleil estival de Bruxelles, ah ah, hein. Quoi qu'il en soit, le verdict est tombé: on ne peut pas réutiliser ma monture chérie, je dois en choisir une autre. 

Commence alors une longue - très longue - et décourageante - très décourageante - séance d'essayage. Le jeune homme me passe des montures que je rejette l'une après l'autre. "Trop petite", "trop rectangulaire", "trop fine", "trop Camélia-Jordana", "trop j'ai-70-ans-et-je-passe-mes-après-midi-à-promener-mon-York-sur-la-Croisette", "oh, et je la veux impérativement noire". En fait, ce que je cherche, c'est le sosie de ma Paul & Joe. Bien entendu, Grand Optical a cessé de commercialiser la marque, et le design que j'ai en tête semble passé de mode. Je demande au jeune homme si je peux acheter ma monture ailleurs et revenir faire poser les verres ici (je connais plusieurs boutiques qui ont des modèles géniaux à Bruxelles). Il grimace. Et l'heure tourne; si ça continue, il ne sera plus possible de préparer mes lunettes avant la fermeture et j'aurai fait tout ça pour rien. 

La mort dans l'âme, je jette mon dévolu sur une monture Prada qui ne me plaît pas vraiment mais dont la vision sur mon nez ne me fait pas pousser des cris d'horreur, et qui est celle qui ressemble le plus à ma Paul & Joe. Nous la ramenons au bureau, et le jeune homme est en train d'établir un devis quand je me lève pour aller chercher une monture papillon Dior essayée et rejetée un peu plus tôt. Mmmmh, est-ce que ça me fait bizarre parce que ça change beaucoup de la précédente, ou parce que ça ne me va vraiment pas? En réalité, ça ne donne pas si mal. Ca devrait même faire carrément super avec du rouge à lèvres et une robe. "Euh, je peux changer et prendre plutôt celle-là, en fin de compte?" Le jeune homme se marre et dit qu'il ny a pas de problème. Il recommence le devis pendant que je m'examine dans la glace. Oui mais quand même, elle est un peu étroite pour mon visage de poisson-lune. Il lui manque un ou deux centimètres de largeur. En plus, la plupart du temps, je ne porte ni robe ni rouge à lèvres, et ce style rétro va jurer avec mes blousons en cuir, mes jeans et mes boots de moto. "Hum, je suis vraiment désolée, mais..." Je change d'avis encore deux fois avant de me décider pour la Prada. Sur le ton de la plaisanterie, je lance: "J'espère pour vous que les clients ne sont pas tous aussi pénibles que moi, sinon, vous devez être très fatigué en fin de journée." Le jeune homme ne dément pas. 



Voilà à quoi ressemblait la Dior;
merci de ne pas me dire qu'elle m'allait super bien sinon je retourne chez Grand Optical 
et vous aurez le suicide du jeune homme sur la conscience. 

La bonne nouvelle, c'est que contrairement à la Dior, la monture Prada bénéficie de la fameuse remise Grand Optical "votre âge en pourcentage", soit 41 dans mon cas. Au total, la facture se monte quand même à plus de 370€, sur lesquels la Sécu me remboursera 6 pauvres petits euros et ma mutuelle, un généreux forfait de 30€. Autrement dit, même pas 10% du total. Glups. Je sors de là à moitié contente seulement, et beaucoup plus pauvre. Pour, en arrivant chez moi, découvrir dans ma boîte mail un message qui m'informe que mes droits d'auteur excédentaires ne me seront versés qu'en juin cette année. 

AAAAAAAAAAAAAAAAARGH.



EDIT: Et voici donc la photo (prise à la webcam, merci pour votre indulgence)
de la fameuse monture Prada. 

vendredi 16 octobre 2009

Ah oui, au fait...


Voici mes fameuses nouvelles lunettes!
Je sais, rien d'extraordinaire a priori,
mais si vous saviez le mal que j'ai eu à les trouver!

jeudi 8 octobre 2009

Home sweet home, and a pair of new glasses

Je crois que c'est la première fois depuis le début de l'année que je suis contente de me retrouver chez moi. Et par là, je ne veux pas dire "à Monpatelin", mais "dans mon duplex d'amour". Non parce qu'entre le patakès des compteurs d'eau inversés et mes visions de chutes du Niagara se déversant chez mes voisins en janvier/février, mon invasion de pseudo-termites en mai/juin/juillet/août et l'attaque de panique qui en a résulté, plus le fait que je n'arrivais plus à ouvrir les volets au loquet rouillé dans mon bureau et me voyais donc obligée de bosser à la lumière électrique y compris à midi en plein été, ça faisait bien longtemps que je n'avais eu aucun plaisir à être ici.

Cette fois, tout est différent. Mon anxiété est sous contrôle; un voisin entrepreneur a rebouché les trous de mon plafond et une malheureuse burette d'huile achetée 2,50€ chez Carrefour m'a permis de retrouver le spectacle familier de l'avenue et de la montagne d'en face. Et puis l'automne est magnifique, exactement comme je l'aime avec un ciel légèrement moutonneux mais du soleil, juste ce qu'il faut de vent et une petite vingtaine de degrés. Le seul fait de regarder dehors me met le coeur en joie. Ce matin, c'est presque en gambadant que je me suis rendue chez Généraliste Adoré dont la secrétaire n'avait pu me caser un rendez-vous qu'à 9h. Il m'a félicitée pour mon allant et bien recommandé "de ne pas prendre la place de mon thérapeute, ce qui est toujours le danger avec les gens aussi intelligents que vous et qui veulent absolument tout contrôler". Cinq minutes plus tard, comme je lui montrais mon dernier bilan sanguin en me réjouissant de n'avoir pas de cholestérol malgré mon surpoids, il a ouvert de grands yeux étonnés: "Vous n'êtes pas en surpoids!". Cet homme mérite soit un Oscar, soit une visite gratuite chez l'ophtalmo, mais enfin je l'aurais volontiers embrassé.

La journée s'est continuée aussi bien qu'elle avait commencé. Passage à la Poste; courses chez l'épicier sympa (et néanmoins à court de roquette en sachet, crime pour lequel il mériterait d'être pendu par les petits orteils jusqu'à ce que mort s'ensuive), puis le primeur encore plus sympa qui a convenu avec moi qu'en automne, quand on n'aime pas les pommes, c'est quand même bien difficile d'avoir son quota de fruits ma pôv'dame; arrêt à la pharmacie pour renouveler le stock de médocs et embarquer ENCORE un autre petit vernis Mavala. A 10h30, j'étais assise à mon bureau et prête à attaquer ma journée de travail. Dont j'avais expédié plus de la moitié à 13h malgré de nombreuses pauses pour traire mon raisin et récolter mes éléphants*. Du coup, j'ai eu envie de sortir et décidé à l'unanimité avec moi-même que je pourrais bien faire ce qui me restait de boulot ce soir, vu que je ne regarde pas la télé et n'ai pas de quoi peindre ici.

Direction le centre commercial voisin. J'avais dans l'idée de chercher un nouveau sac à main, mais au Printemps, je n'ai entendu aucun d'eux crier "Adopte-moi, adopte-moi!". Peut-être étaient-ils victimes d'une extinction de voix collective? Idem pour les manteaux, soit trop fins, soit d'une coupe peu avantageuse pour les silhouettes en bouteille d'Orangina. En revanche, après avoir fait deux opticiens sans succès, j'ai fini par dénicher mes nouvelles lunettes chez Grand Optical - où j'avais déjà acheté toutes les précédentes des... quinze dernières années minimum. La monture Tom Ford hors de prix mais sublime vue à Bruxelles mardi soir m'avait fait changer d'avis: je ne voulais plus de couleur pétante style rouge cerise, rose tyrien ou orange vif, mais du bête noir plus versatile, soulignant mieux mon regard et ne risquant pas de clasher même avec le plus arcencielesque des maquillages. Par contre, hors de question de prendre ces petites montures rectangulaires qu'on voit sur le nez de tout le monde en ce moment, ça ne me va pas du tout et j'aime avoir des lunettes un minimum originales.

Au final, mon choix s'est porté sur une Paul & Joe en acétane noire, un poil moins arrondie mais plus grande que ma monture actuelle, avec des branches articulées par de discrets papillons métalliques. Ca n'a pas été le coup de foudre au premier essai, mais j'y suis revenue plusieurs fois et plus je me regardais avec, mieux je me trouvais. Après avoir attendu vingt minutes qu'une opticienne se libère (visiblement, les gens n'ont jamais entendu parler de l'opération de la myopie au laser, ou alors ma phobie qu'on me touche les yeux est plus courante que je ne le crois), puis un bon quart d'heure pour que son ordinateur cacochyme et égrottant consente à établir un devis, j'ai demandé combien allait me coûter cette histoire.

OPTICIENNE: - Alors pour la monture, vous avez de la chance, nous faisons en ce moment une opération avec une réduction dont le pourcentage dépend de votre âge. Quel âge avez-vous, Mme Armalite?
MOI (du tac-au-tac): - 99 ans.
OPTICIENNE (interloquée): - Euuh... Ha ha?
MOI (de marbre): - Je suis très bien conservée.

Je l'ai laissée mariner pendant quelques secondes de silence inconfortable avant de passer aux aveux, et de voir tout de même le prix de ma monture baisser de 239 à 149€. Quant aux verres, remboursement symbolique de mutuelle pris en compte, ils revenaient à 107 € chacun. Honteusement cher si on pense que les lunettes refaites en urgence au Japon il y a 4 ans m'avaient coûté 38€ tout compris, mais bon. J'ai donné mon feu vert à la dame. Qui est aussitôt partie au labo vérifier la disponibilité des verres... et est revenue m'annoncer qu'elle avait le droit mais pas le gauche. "Ce sera prêt samedi." "Ah oui mais ça ne m'arrange pas du tout ça. Je n'ai pas l'intention de repasser ici avant la fin de mon séjour. Par contre, je serai demain à proximité de votre magasin du centre-ville." Accommodante, l'opticienne a téléphoné à l'autre boutique. Qui avait bien mon verre gauche, mais pas le droit ni la monture. Et personne ne pouvait amener le verre en urgence là où je me trouvais. Damned.

Un instant, j'ai cru que j'allais devoir poursuivre ma quête ailleurs. Mais finalement, la dame a trouvé le moyen de faire parvenir monture et verre droit au magasin du centre-ville, où je pourrai aller chercher ma paire montée demain après-midi. Et c'est là que j'ai eu une révélation: les gens sont vachement plus motivés pour vous venir en aide quand vous êtes sympa et souriante que quand vous les prenez de haut et vous plaignez de la qualité du service. "Good girls go to heaven, bad girls go anywhere they want", dit une maxime américaine. Depuis quelques semaines, je n'en suis plus si sûre**.

*Si vous ne jouez pas à Farmville, ne cherchez même pas à comprendre.
**D'un autre côté, je rappelle que je suis sous l'influence de la drogue et qu'il est possible que cela affecte mon jugement.