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dimanche 15 juillet 2012

Un jour, vingt ans



Récemment, j'ai eu l'occasion de voir le film tiré du roman de David Nicholls "Un jour", dans lequel on suit une fille et un garçon pendant 20 ans à travers ce qu'ils font chaque 15 juillet - à la date-anniversaire de leur rencontre. Et j'ai eu envie de me livrer au même exercice à travers mes propres carnets. J'aurais pu choisir une autre date, plus significative pour moi, mais je trouvais justement ça bien qu'elle ne corresponde à rien de spécial dans ma vie.

J'ai envisagé un instant de commencer avec mes journaux intimes, vers la fin des années 70. Le problème, c'est que je n'écrivais pas tous les jours et que de plus, vers l'adolescence, il y a des choses sacrément intimes là-dedans. Or, même si ça ne saute pas aux yeux de prime abord, mon exhibitionnisme affectif a ses limites. Je me suis dit que 20 ans en arrière, c'était bien. D'autant que si j'ai continué (de manière plus ou moins sporadique) à tenir un journal intime sur papier jusqu'en l'an 2001, à partir de 1991, j'ai pris l'habitude de noter mes activités sur un agenda. Vous aurez donc droit à la version expurgée de mes frasques! 

De 1991 à 1996: recharges d'agenda Memonizer en 11x17


Le 15 juillet 1991, je venais de finir mes études à Sup de Co Toulouse (spécialisation: Gestion de Produits de Grande Consommation), et je préparais le FSO chez un personnage dont j'ignorais encore combien il était douteux... Cette année-là, je me suis payée une petite aventure avec un Anglais à longs cheveux blonds et yeux bleus, et j'y ai laissé les genoux d'un jean sur le carrelage de la salle de bain commune du fort Faron. Oh well.


Le 15 juillet 1992, je cherchais du boulot après un ou deux premiers jobs hautement insatisfaisants, et j'avais des goûts de chiottes en matière de cinéma. Je pratiquais toujours assidûment le jeu de rôles et venais de faire la connaissance de la bande d'Aix-en-Provence. Accessoirement, je commençais à utiliser des petits dessins pour symboliser mes ébats sexuels.


Le 15 juillet 1993, je passais ma journée de repos hebdomadaire à Aix, mais bossais depuis quelques temps au Toys'R'Us de Monpatelin - boulot que je haïssais et qui devait m'envoyer à Nantes à la fin de l'été, pour mon plus grand désarroi.


Le 15 juillet 1994, j'étais mariée depuis 11 jours; je faisais un pseudo-stage de commerce international à la boutique de JdR de Nantes, et je me fâchais avec O&L. C'est cet été-là que j'ai commencé à faire de la traduction professionnellement, pour Hexagonal qui distribuait la gamme White Wolf en France.


Le 15 juillet 1995, je traduisais la seconde (ou la troisième?) édition du Dungeon Master Guide. C'était l'époque où je bossais 6 jours par semaine, 51 semaines par an. Pas facile de gagner sa vie en free lance quand on débute...



Le 15 juillet 1996, je n'ai aucune idée de ce que je traduisais: un bouquin dont le titre commençait par un M. J'avais depuis quelques mois fait la connaissance de JC et, par l'intermédiaire de sa société Arena, lâché le JdR pour passer aux romans tirés de JdR. Même si rien ne l'indique dans ces pages, mon mariage commençait un peu à sentir le gaz.

1997: rien (pour moi)
Je n'ai pris conscience de l'absence d'un agenda cette année-là qu'en fouillant mes archives pour rédiger ce billet. En réfléchissant bien, je n'ai pas le souvenir d'en avoir tenu un. Ca a été une année difficile, celle où j'ai divorcé et où je suis partie cuver ma déprime dans un bled paumé en Pennsylvanie. Même au fond du trou, je regrette de n'avoir pas pris le temps de documenter cette période de ma vie... 

Par contre, et de manière assez curieuse, je possède quand même un agenda rempli pour cette année-là: celui de mon grand-père, que j'ai récupéré après sa mort. C'est un document très précieux pour moi, et une des premières choses que je sauverais si ma maison brûlait. J'aime regarder sa belle écriture d'ex-prof de français, lire ses observations sur la météo du Puy-en-Velay, sur ses récoltes potagères ou sur ses vieux amis, ponctuées ça et là d'une attaque en règle (et en majuscules) contre l'Eglise!



De 1998 à 2003: agendas du Disque-Monde, tous plus merveilleusement drôles les uns que les autres. J'ai beaucoup regretté que la série ne continue pas (même si elle fera un retour exceptionnel en 2008).


Le 15 juillet 1998, j'étais rentrée à Monpatelin, je sortais avec Etre Exquis et je faisais du bénévolat chez les Petits Frères des Pauvres. A un moment donné, aussi, je me suis retrouvée à regarder la finale de jeséplukoi, un match de foot que la France a gagné 3-0 contre le Brésil.


Le 15 juillet 1999, nous ne saurons pas ce que je faisais car dans un accès de cruchitude aiguë, j'ai photographié la page du 15 juin de cette année-là. Où, apparemment, je n'ai rien fait qui mérite d'être mentionné. Par contre, derrière la photo du repas de fin d'année de mon cours d'aïkido (auquel l'Homme assistait avec sa future femme, qu'il avait déjà trompée avec moi une fois), à la date du 18 et du 19, il y a le mariage de Soeur Cadette.


Le 15 juillet 2000, j'étais donc en pleine liaison clandestine avec l'Homme qui m'envoyait des textos romantico-sexy que je notais en majuscules, sans toutefois se décider à quitter sa femme. A la page suivante, un de ces textos dit: JE VEUX ETRE GRAND-PERE AVEC TOI. I'm sorry, have we met??? Les petits coeurs à l'envers, qui symbolisent astucieusement (ou pas...) une paire de fesses, indiquent le nombre de jours où nous nous étions envoyés en l'air depuis novembre de l'année précédente. Une bonne petite moyenne, comme on peut le constater.


Le 15 juillet 2001, Attila venait de naître. La femme de l'Homme avait fini par le quitter d'elle-même et nous commencions juste à nous afficher publiquement dans les stages d'aïkido. Et oui, je suivais assidûment Loft Story. Nobody's perfect.


Le 15 juillet 2002, l'Homme et moi étions partis en Toscane à moto. C'est la semaine où il y a eu des inondations historiques dans le nord de l'Italie. Des vacances très inspirées - et mouillées, trèèèès mouillées. J'ai détesté Florence mais adoré Sienne, la campagne toscane et surtout la bouffe italienne juste sublime.


Le 15 juillet 2003, JC m'annonce le dépôt de bilan d'Arena. Je continuerai à travailler pour nos anciens clients, mais en direct désormais. Je gagnerai, du coup, beaucoup mieux ma vie mais regretterai toujours le travail d'équipe que nous faisions avec lui, sa soeur Zorro et quelques autres. Ce week-end-là, nous montons dans ma famille lyonnaise avec l'Homme qui a un stage dans le coin. J'ai arrêté l'aïkido depuis un moment, ne supportant pas bien de recevoir sur le tatami des ordres du type avec qui je vis.

2004: agenda Days de Susan Branch, une illustratrice américaine dont j'aimais beaucoup les dessins naïfs à l'époque


Le 15 juillet 2004, l'Homme et moi sommes en vacances à Canari, un petit village du cap corse où des amis à lui possèdent une maison. J'adore les amis en question, mais le plan plage ou balade en moto sur des routes avec tellement de virages qu'on fait maximum du 25 km/heure, bof. Je bloogue depuis le mois d'avril, mais pas encore assez assidûment pour qu'internet me manque pendant ce séjour.

2005: agenda New York 


Le 15 juillet 2005, je n'ai rien foutu d'assez important pour détrôner la photo de "Charlie et la chocolaterie", que je n'ai pourtant qu'assez moyennement apprécié. J'étais en pleine traduction à la chaîne des romans inspirés de "Buffy contre les vampires"; je crois que j'ai bien dû m'en taper une quarantaine en tout... Au mois d'août cette année-là, j'ai fait mon premier voyage de touriste dans l'ouest américain avec les VIP.

2006: agenda Oxford à couverture en plastique fuchsia


Le 15 juillet 2006, l'Homme et moi étions séparés depuis 3 mois (mais je ne m'étais pas encore rendu compte qu'il me trompait depuis le début de l'année). Je venais de renouer avec Captain, et j'étais allée le voir à Nantes. Dès l'instant où je l'avais aperçu à l'aéroport, j'avais su que ça ne collerait pas. J'ai quand même essayé, et renoncé quand il est à son tour venu me rendre visite au mois d'août. En octobre, j'ai rencontré Chouchou que je connaissais online depuis plus de deux ans et lui aussi célibataire depuis peu. C'était aussi le dernier été que mes parents passaient à Monpatelin avant d'aller s'installer à Toulouse pour la naissance de Cahouète. 

2007: agenda Paperblanks, mon plus grand à ce jour. Son rabat magnétique n'est pas pratique du tout vu que j'ai collé des tas de trucs à l'intérieur...


Le 15 juillet 2007, Chouchou et moi dépensions beaucoup de sous en billets d'avion Bruxelles-Monpatelin et vice-versa. Nous avions déjà nos habitudes au Comptoir Florian et au IIème Elément. Je crois qu'il a fait beau cet été-là en Belgique. 

2008: agenda du Disque-Monde (le retour, donc)


Le 15 juillet 2008, Chouchou et moi passions de chouettes vacances à Toulouse. La veille, nous avions vu le sublime feu d'artifice de Carcassonne.

2009: agenda Bookbinders


Le 15 juillet 2009, c'est en train que je fais Monpatelin-Bruxelles. Résistants aux sirènes du téléchargement, Chouchou et moi attendons que les séries télé que nous aimons sortent en DV pour les regarder: cet été-là, c'est la saison 4 de How I met your mother qui occupe nos soirées.

2010: agenda Pénélope Bagieu, dédicacé sur la page de garde


Le 15 juillet 2010, la Belgique subit une canicule qui nous a forcés à acheter un ventilateur quelques jours plus tôt. (Inutile de préciser que depuis le 20 juillet 2010, le ventilateur en question prend la poussière en haut d'un meuble, et que les accessoires indispensables de l'été depuis lors ont plutôt pour nom "couette double épaisseur" et "pulls en cachemire".) Mon père est déjà malade mais, à cause du ralentissement des services hospitaliers pendant les grandes vacances, nous ne l'apprendrons qu'en septembre, la semaine après qu'il ait enterré sa mère.

2011: agenda Margaux Motin




Le 15 juillet 2011, Chouchou et moi sommes de nouveau en vacances à Toulouse. Nous suivons une thérapie conjugale depuis peu et ce n'est pas la joie entre nous. Chez mes parents où nous logeons et où il n'y a pas grand-chose à faire, je confectionne des zombies en feutrine. 

2012: agenda Moleskine Pacman. Pour toute la première fois tou-toute premières fois, j'ai choisi un agenda avec une page par jour plutôt qu'une double page par semaine, parce que j'avais envie de pouvoir y écrire plus de choses. Je comptais aussi dessiner un peu dessus, mais c'est resté au stade de l'intention pieuse (le papier très fin n'est de toute façon pas idéal pour ça). Par contre, je ne vous montrerai pas ce que j'y ai marqué aujourd'hui, pas même par un edit demain matin: si j'avais l'intention de le faire, ça orienterait le ton et la teneur de mes notes...


vendredi 22 juin 2012

Y'a encore du pain sur la planche (ou de la pomme, en l'occurrence)


Je suis partie à mon stage de visualisation super-confiante. Les deux fois précédentes, j'avais été une vraie loque; j'avais même sangloté en public, bordel, et pas qu'une fois! A défaut de supprimer tous les témoins de ce(s) regrettable(s) incident(s), je comptais donc me racheter ce week-end en montrant à quel point j'étais devenue une fille positive et bien dans sa vie, une sorte de modèle d'équilibre, vous voyez?

Le démarrage s'est déroulé selon mon plan. Catherine a expliqué pourquoi nous étions moins nombreux cette fois, et plusieurs élèves lui ont confirmé que oui, c'était une période difficile, une période de remise en question profonde pour eux aussi. Quand mon tour est venu de dire comment j'allais, j'ai avoué - en réprimant un petit sourire d'auto-satisfaction triomphante - qu'au contraire, tout allait vraiment bien pour moi en ce moment. Que le travail sur moi avait été long et ardu, mais qu'il avait fini par porter ses fruits.

Puis nous avons commencé les exercices pratiques. En ce premier jour, ils étaient axés sur le corps, les messages qu'il envoie et le moyen de changer les messages en question. 

1. Pour commencer, Catherine nous demande de respirer en nous enfonçant de plus en plus profondément en nous-mêmes, et de dire comment nous nous sentons à l'intérieur. Y'a plein de gens qui sont pleins de lumière blanche, voire de petites billes qui s'agitent joyeusement dans tous les sens. Moi, je suis le vide de l'espace entre les planètes. Non, je suis pas mégalo: je ne fais qu'un avec l'univers, nuance. 

2. Catherine nous demande de nous projeter dans nos pieds, de percevoir nos orteils. Y'a une fille du groupe, une thérapeute, qui a le terrier de Jojo Lapin dans son gros orteil gauche, avec des animaux mignons qui prennent le thé dans des tasses en porcelaine. Moi, j'ai un espace caverneux et glacial de solitude primitive infinie. Avouez que ça a quand même plus de gueule. (Mon gros orteil droit, par contre, a la taille règlementaire et se montre peu communicatif. Je comprends pourquoi ça a toujours été mon préféré.) 

3. Catherine nous demande de nous concentrer sur notre rapport avec notre corps, et de voir si nous sommes en paix avec lui. Je m'attendais à bloquer sur mon surpoids, donc sur une vague sensation de dégoût, mais la première réaction qui me vient, c'est de la colère. Bien sûr, Catherine veut savoir pourquoi. Et là, je vomis une tirade éructante contre l'endométriose qui me fait souffrir depuis des années et les effets secondaires affreux du traitement que je suis obligée de prendre pour m'éviter un cancer des ovaires. Je suis super zen, c'est juste que je le cache bien. Tout au fond de ma galaxie intérieure, derrière la 7ème planète à gauche. 

4. Premier véritable exercice de visualisation. "Vous tenez une pomme entre vos mains." OK, je la vois. Elle est super-rouge, super-brillante et elle a un peu la forme d'un coeur. C'est, genre, une pomme hollywoodienne, le Fruit Idéal. "Sentez son parfum. Pressez-la légèrement entre vos doigts." Le Fruit Idéal a une odeur douceâtre de mort, et quand je le presse entre mes mains, il éclate parce qu'il était complètement pourri de l'intérieur. "Euh, Catherine, elle représente quoi cette pomme?" "Votre rapport au monde."

Voilà voilà voilà.

(Sinon, y'a eu un incident pendant lequel je me suis visualisée en train de rouler répétitivement sur le corps de l'Homme avec un gros 4x4, jusqu'à ce qu'il ait atteint l'épaisse d'une crêpe. Mais ça ne veut rien dire, je suis certaine d'avoir tourné la page depuis belle lurette.)

Je vous laisse: je dois me coucher tôt ce soir, parce qu'on me signale dans l'oreillette que j'ai beaucoup de boulot en perspective demain et après-demain. 

vendredi 10 décembre 2010

Le livre qui n'en finissait plus de se refermer

Pendant longtemps après ma séparation d'avec l'Homme, j'ai eu l'impression de me mouvoir dans une sorte de monde parallèle, d'avoir été expulsée de la vie qui aurait dû rester la mienne et de suivre désormais une fausse trajectoire. Je savais que j'étais malheureuse avec lui et qu'on n'aurait même jamais dû se mettre ensemble à la base; j'avais conscience d'avoir trouvé une relation bien plus intéressante et plus épanouissante avec Chouchou. Pourtant cette impression a persisté longtemps.

Les deux premières années, il ne s'est pas passé une journée sans que je pense à l'Homme. Je rêvais régulièrement de lui et me réveillais toujours avec le coeur serré de tristesse. Petit à petit et beaucoup trop lentement à mon goût, tout cela s'est estompé. Ce matin, j'ai reçu de lui un mail dans lequel il me prévenait qu'un courrier de mon assurance maison était arrivé chez lui et me demandait de faire le changement d'adresse. Et je n'ai rien ressenti du tout à la vue de son nom. Même plus de rancoeur ou d'énervement.

Tourner définitivement la page ne m'aura pris que 4 ans, 7 mois et 6 jours.

vendredi 6 août 2010

7 tentations auxquelles je tente vaillamment de résister

- Commander les Nilon dans la collec' automne-hiver de Chie Mihara. Ces chaussures hurlent "Adopte-nous, on est faites pour toi!". Et comme elles le font directement dans ma tête, impossible de les bloquer avec les mêmes boules Quiès que les ronflements paternels et beaufréricides (ou beaufrériciens?). Non, je ne craquerai pas! Je n'ai encore jamais payé une paire de Chie plein pot et je ne vais pas commencer aujourd'hui! Si elles tiennent tant que ça à finir dans mon placard, elles m'attendront jusqu'aux soldes de début janvier. Na.

- Me lancer dans la saga du Trône de Fer. Des mois que mes petits camarades amateurs de fantasy me font saliver avec leurs critiques dithyrambiques, et voilà que HBO s'apprête à tourner une série inspirée des bouquins. Oui mais G. R. R. Martin en est déjà au tome 11 si je ne m'abuse, et ma PAL compte actuellement 43 volumes plus une dizaine en cours de lecture. A moins de gagner au loto et de pouvoir consacrer toutes mes journées à la littérature, ça ne va pas être possible.

- Passer une monstrueuse commande de vernis OPI à 4€ sur le site Transdesign. Je craque complètement sur la collection suisse que le Cosmeticary de Bruxelles n'a pas encore rentrée - et sur tant d'autres teintes merveilleuses... Mais Chouchou et moi avons décidé d'utiliser les éco-chèques gracieusement offerts par son employeur pour nous payer un aller-retour à Londres mi-octobre, histoire de fêter dignement nos quatre ans. Si je veux avoir des sous à claquer chez Urban Outfitters, Absolute Vintage, Tatty Devine et Space NK, je ne peux pas les dépenser maintenant.

- Trouver des pochoirs pour me peindre des étoiles sur les ongles. Sans déconner, j'en rêve la nuit. Vu que j'ai deux mains gauches, je sens l'entreprise vouée d'avance à l'échec.

- Investir dans l'album d'Hindi Zahra (quand j'achète un CD juste sur des avis enthousiastes, je suis systématiquement déçue), le dernier Jeanne Cherhal (dont j'avais adoré le premier, beaucoup aimé le second et pas trop apprécié le troisième) et le comeback de Guns'n'Roses (parce que bon, quinze ans après leur séparation, ça sent l'opération renflouage de caisses à plein nez).

- Ecrire à l'ex-femme de l'Homme que j'ai retrouvée par hasard sur Facebook pour lui raconter comment s'est terminée mon histoire avec lui. Mais je ne sais pas si elle tirerait une quelconque satisfaction de savoir que je ne l'ai pas emporté en paradis et que, dans mon cas du moins, bien mal acquis n'a pas profité plus de 7 ans. Si ça se trouve, ça remuerait juste le couteau dans une plaie mal cicatrisée, et bon, je lui ai déjà causé assez de tort comme ça, je pense. Je vais donc m'abstenir.

- Aller poser une bombe chez mon syndic. Aux dernières nouvelles, l'isolant hydrofuge que bouffent les fourmis ne serait peut-être pas solidaire du gros oeuvre, auquel cas les travaux d'éradication seraient entièrement à ma charge. Et comment on fait pour savoir? On réclame la visite d'un expert. Et comment on fait pour organiser la visite d'un expert? On lui demande un devis qui devra être ensuite accepté par la copropriété. AAAAAAAAAAAAAAAAAAARGH.

lundi 21 juin 2010

Fuck my ex

Samedi, en voyant la date s'afficher sur mon post du jour, j'ai eu la vague impression d'avoir oublié quelque chose. Mmmh, 19 juin, voyons... L'anniversaire de Philou est bien le 19, mais en octobre. En juin, il y a... euh, celui de David que j'ai totalement zappé le premier, et celui de Mère à qui j'ai eu l'idée originale de faire envoyer un bouquet par Aquarelle. Le 19 juin, le 19 juin, qu'est-ce que ça peut bien être?

Puis ça m'est revenu. Ce soir-là, il y a onze ans, l'Homme me raccompagnait chez moi après un pot bien arrosé au club d'aïkido, et ce qui n'aurait pas dû arriver vu qu'il se mariait sept semaines plus tard arriva quand même. Je ne vais pas passer de nouveau en revue l'histoire mouvementée qui s'en est suivie: je l'ai déjà racontée mille fois (les nouveaux arrivants curieux n'ont qu'à cliquer sur le tag "rupture" en fin de post).

Mais pour connaître le sentiment qui me reste vis-à-vis de l'Homme après toutes ces années, il aurait fallu voir ma jubilation lorsque, samedi après-midi même, j'ai découvert ce pendentif parmi les bijoux que La Princesse mettait en vente chez Mlle François:



Ouais, je me suis jetée dessus et c'est mon collier préféré jusqu'à nouvel ordre :-D

mardi 4 mai 2010

Drôle de soirée

Au printemps 2004, Sophie a fait partie de mes premiers contacts dans la blogosphère. Plus jeune que moi mais chaussant aussi du 35, belge, blonde et complètement azimutée, elle écrivait à l'époque des billets hilarants dont ses lecteurs ne pouvaient déplorer que l'extrême irrégularité. Elle fut l'une des participantes de cette soirée d'anthologie dont elle s'éclipsa la première. J'eus par la suite l'occasion de passer une journée à Mons avec elle et Klopo, un autre OVNI de la blogosphère. Pour autant que je m'en souvienne, la conversation fut assez surréaliste.

Puis Sophie se lança dans des projets d'envergure: achat et rénovation d'un appartement à Bruxelles, plaquage de son boulot et reprise d'études de photo... Nous devions aller manger des crêpes ensemble "un de ces 4", et puis les mois, les années ont passé. Et ce soir, Sophie rompt son silence radio. Elle vient d'être opérée d'un cancer de la thyroïde. Le pronostic est excellent; pourtant cet après-midi, elle a passé une demi-heure à sangloter dans sa douche. J'ai longtemps fixé l'écran de mon portable en cherchant ce que je pourrais bien lui écrire. Pas question de passer sans commenter son post, non, mais que dire à quelqu'un dont la vie vient d'être bouleversée par cette saloperie de maladie et qui, pourcentages de guérison nonobstant, a juste une trouille viscérale? Avec mes crises de panique de l'an dernier, j'étais sans doute mal placée pour composer un message bienveillant et optimiste. Alors j'ai juste essayé de compatir.

Pendant ce temps, le mode de lecture aléatoire de l'iTunes de Chouchou décidait de me balancer LA chanson qui me fait le plus penser à l'Homme, et ce, alors que nous venons ces derniers jours d'échanger nos premiers mails civils depuis plusieurs années. Des mails civils mais qui se terminaient plutôt abruptement: d'habitude, je conclus ceux que j'envoie à mes amis par un affectueux "bisous"; là, je ne savais pas quoi mettre, alors je n'ai rien mis. Ca me fait toujours bizarre de penser que quelqu'un avec qui j'ai vécu si longtemps est désormais un parfait étranger pour moi... et qu'en même temps, je le connais par coeur. De ce point de vue, j'envie pas mal Soeur Cadette et toutes celles qui se sont casées avec leur premier grand amour. Ca doit être reposant de ne pas s'être fait amputer à chaque rupture d'un morceau de leur vie et de leur histoire qui se baladeront désormais sans elles, loin de leurs yeux...

lundi 18 janvier 2010

Où mon inconscient mérite des beignes

Cette nuit, j'ai encore rêvé de l'Homme.

Dans un appartement étranger, où un jeune demi-frère qui n'existe pas dans la vie réelle squattait la chambre du fond, il me rejouait la scène douloureusement familière du "non, je ne t'aime plus". Celle où il avait un mouvement de recul chaque fois que je m'approchais de lui, celle où il ne me répondait plus que par monosyllabes et ne faisait pourtant rien pour me quitter, attendant que la décision et sa concrétisation matérielle viennent de moi. Il me plantait là pour partir avec tout un car de supporters de foot - substitut onirique des aïkidokas - à un match très important, beaucoup plus en tout cas que moi et mon coeur brisé en un million de petits morceaux. Espérant sans doute qu'avant son retour, j'aurais eu le bon goût de dégager sans faire d'histoires ni laisser la moindre trace de ma présence dans sa vie pendant des années.

Je me suis réveillée ce matin la gorge nouée, et je sais que je vais traîner un malaise diffus pendant toute la journée. Je sais que ça va m'empêcher de bosser ou de faire quoi que ce soit de productif parce que chaque fois que je tenterai de me concentrer sur autre chose, je reverrai son visage figé dans le masque de l'indifférence froide qui, à l'époque, sapait toute mon estime de moi et mon envie de vivre.

Ce que j'ignore par contre, c'est pourquoi je continue à rêver de lui - et à en souffrir autant - alors que nous sommes séparés depuis presque quatre ans maintenant et qu'éveillée, je ne ressens plus rien d'autre vis-à-vis de lui qu'une rancune tenace. Samedi, j'ai passé une bonne partie de la soirée à regarder des photos de la fête d'anniversaire de Christine, sur lesquelles il figurait ça et là. Tout ce que ça m'a inspiré sur le coup, c'est: "Tiens, il a grossi lui aussi" (rictus satisfait); "Habillé tout en noir? Il vient d'enterrer quelqu'un?"; et "Une chemise Burberry? Sa blondasse lui achetait vraiment n'importe quoi". Oui, j'ai eu un un petit pincement au coeur en revoyant ensuite des photos de l'époque où nous étions ensemble, mais globalement, j'étais plus intéressée par la géométrie variable de ma coiffure au fil des saisons, le renflement quasi-inexistant de mes cuisses le jour où nous avons fêté les 2 ans de Choupie, et un mystérieux top orange assez sexy dont j'avais totalement oublié l'existence.

C'était sans compter mon incompréhensible inconscient et sa réaction à retardement. Franchement, il y a des jours où je lui mettrais volontiers des beignes.

jeudi 15 octobre 2009

A birthday and an anniversary

Hier, c'était le 43ème anniversaire de l'Homme. Le 4ème qu'il fêtait (ou pas) sans moi.
Je ne me rappelle même plus la dernière fois que je l'ai vu. Je crois que c'était il y a un an et demi.
Cette nuit, j'ai fait un cauchemar dans lequel il m'annonçait qu'il me quittait - chose qu'il n'a jamais eu le courage de faire dans la réalité. Et j'avais mal à en crever, vraiment. Ce qui n'a pas été le cas dans la réalité, car je savais que cette histoire était arrivée à son terme et que nous aurions déjà dû nous séparer depuis longtemps.

Si la vie était un roman, à un moment, j'aurais eu un déclic qui m'aurait libérée de son souvenir et mise en paix avec notre rupture foireuse. La vie n'est pas un roman, et ce détachement s'est fait de façon graduelle, imperceptible. Sans qu'il se produise la moindre épiphanie, un jour j'ai réalisé que j'avais cessé de me sentir dans une vie qui, bien que beaucoup plus heureuse que celle que je menais avec lui, n'était pas la mienne. Désormais, je n'ai plus l'impression d'avoir été projetée par erreur dans un univers parallèle à la Sliders. Ce serait même plutôt l'inverse: il me semble avoir enfin trouvé la place qui devait être la mienne depuis le début.

Lundi prochain, ça fera 3 ans que je suis avec Chouchou. C'est le temps qu'il m'aura fallu pour ne plus nourrir aucun sentiment équivoque même dans les recoins les plus secrets de mon coeur.
Le temps guérit tout, oui. Mais on ne peut pas dire qu'il se presse, le salaud.

jeudi 19 mars 2009

Le chantier

Quand je marche dans la rue, je ne vois pas grand-chose autour de moi. La plupart du temps, mon esprit vagabonde à mille lieues de là, ce qui me rend assez hermétique à mon environnement et m'amène parfois à passer à côté de connaissances qui en déduisent à tort que je les snobe.

Je ne sais pas ce qui m'a poussée à jeter un coup d'oeil par-dessus mon épaule mardi après-midi, en sortant de la Poste de Monpatelin où je venais de récupérer un colis. L'intuition d'un manque, peut-être. Mes yeux se sont écarquillés. A la place du Bar de la Poste dont l'Homme et moi aimions tant savourer les entrecôtes sauce au poivre, assis à l'ombre des parasols Ricard dès que revenaient les beaux jours, il ne restait plus qu'une petite montagne de gravats entourée par une palissade blanche.

Ainsi disparaissent l'un après l'autre les vestiges de notre vie commune.

Cet endroit était plein de souvenirs. Je me rappelle tous les soirs où l'Homme et moi sommes rentrés à la maison main dans la main après y avoir dîné à la fraîche au mois d'août. Le midi où nous y avions savouré le meilleur aïoli du monde en compagnie de Père et Mère avant de nous mettre en route pour Lyon avec la Classe A verte. Et puis la fois où, quelques semaines après notre séparation, nous y avions déjeuné ensemble après avoir réglé des affaires en suspens. Comme nous évoquions l'ami menuisier qui avait fabriqué ma bibliothèque sur mesure, l'Homme avait lancé sur un ton désinvolte: "Oui, oui, Jean-Mi sait qu'on n'est plus ensemble". C'est là que j'ai compris que pour lui, c'était bel et bien fini - et que pour moi, ça ne le serait jamais vraiment.

J'espère qu'ils reconstruiront tout autre chose à la place du Bar de la Poste.

mardi 14 octobre 2008

Triste et inquiète

Chaque retour à Bruxelles a un goût doux-amer. Je suis toujours tiraillée entre le plaisir de revoir mon amoureux et le regret de laisser derrière moi ma région natale.

Aujourd'hui, la balance penche plutôt du côté de l'amertume. Un peu parce que c'est l'anniversaire de l'Homme et que ça me ramène à ses 40 ans, cette fête surprise que je mijotais pour lui et qu'il s'est finalement organisé tout seul, profitant de l'occasion pour présenter Fausse Blonde à ses proches. Mais surtout parce que Mère vient de m'annoncer au téléphone que le test pour le cancer colorectal de Père était revenu positif. C'était dans l'air depuis des années; il souffrait sans que les médecins parviennent à lui trouver quoi que ce soit. Aujourd'hui que l'on tient peut-être, enfin, une cause et un traitement, il refuse de retourner chez son docteur pour découvrir de quoi il retourne au juste. Les hôpitaux l'ont toujours terrorisé, au point que même s'il sait rationnellement qu'y aller très vite lui permettrait d'avoir un traitement moins lourd et de meilleures chances de s'en sortir, il est capable de faire l'autruche jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Si le problème est grave (et heureusement, il reste encore une chance qu'il ne le soit pas; mais dans ces cas-là bien sûr on envisage toujours le pire...), je pressens des mois très difficiles à venir. Mère aura beaucoup de mal à gérer un truc pareil; Soeur Cadette a déjà un emploi du temps qui suffirait à occuper deux personnes normalement constituées - et les tensions nerveuses qui vont avec; quant à moi, je vis à 1500 km... Mais cette année, j'ai déjà perdu une amie très chère à cause de cette saloperie. Je refuse de perdre également mon père s'il est possible de le guérir. S'il faut que j'aille lui botter les fesses sur place, voire le traîner drogué et saucissonné à l'hôpital, je le ferai. Et ce n'est pas avec ses 52 kilos tout mouillé qu'il arrivera à me résister.

dimanche 14 septembre 2008

Il paraît que je suis une fée

J'ai déjà dû vous parler de mon esthéticienne. Au printemps, elle s'était amourachée d'un petit jeune qui partait monter une affaire en Thaïlande un mois plus tard. Evidemment, elle a passé l'été à déprimer et à échanger des messages larmoyants sur MSN avec lui. Courant août, coup de théâtre: le petit jeune s'est fait piquer tout son pognon par son soi-disant associé et rentre en France la queue basse. Véronique espère évidemment qu'ils vont se remettre ensemble, voire convoler en juste noces et pondre plein de bébés. Sauf que le petit jeune est un poil désorienté par ce qui vient de lui arriver (ça se comprend). Résultat, il la fuit au prétexte que de toute façon, il compte partir bosser en Angleterre pour reconstituer son pécule et retourner en Thaïlande d'ici deux ou trois ans, et qu'il ne veut pas lui faire de mal en poursuivant une relation vouée à l'échec à plus ou moins brève échéance.

En bonne copine, je m'indigne avec Véronique et liste tous les arguments pour lesquels je trouve cette réaction stupide. "Tu me mettrais pas ça par écrit?" demande Véronique, pleine d'espoir. "Je suis pas douée pour dire les choses et je sais plus quoi faire pour le convaincre." Je la persuade d'attendre tout de même quelques semaines: le garçon vient de se prendre une bonne grosse claque; il faut lui laisser le temps d'encaisser. Qui sait, peut-être reviendra-t-il vers elle de lui-même une fois remis de sa déconvenue. Sauf que le temps passe et qu'il continue à ne pas se manifester. Je ponds alors un mail dans lequel je me mets à la place de Véronique, et où je dis en gros qu'elle est assez grande pour prendre ses décisions toute seule; que beaucoup de choses peuvent se passer d'ici deux ans et que si ça se trouve leur histoire sera finie bien avant que ça pose problème; que quand on est motivé, des solutions, on en trouve toujours; et qu'un joueur de poker comme lui devrait savoir que pour gagner gros, il faut miser gros. Saura-t-il faire preuve dans sa vie privée du même culot qu'il exerce avec talent devant une table de jeu? Bla bla bla.

Je viens à l'instant de recevoir un message de Véronique. Son petit jeune était en train de dormir dans son lit après une nuit épique. Le mail qu'elle lui avait envoyé l'avait fait "grave réfléchir"; il avait décidé de ne plus se prendre la tête et de vivre le moment présent. Résultat, s'ils se marient, je suis témoin. Lol. Ou pas. Je me rappelle avoir usé des mêmes pouvoirs de persuasion pour convaincre l'Homme de se mettre avec moi alors qu'à la base, il n'était pas franchement partant. Résultat: une relation pourrie et 7 ans de dépression. Etait-ce une bonne idée de réunir Véronique et son petit jeune? L'avenir le dira. En attendant, si je tombe à court de boulot comme traductrice, une belle carrière d'écrivain public me tend les bras.

jeudi 4 septembre 2008

Miroir sans tain

Hier soir, après un dîner avec sa famille, Christophe m'a raccompagnée chez moi en voiture. L'autoroute étant fermée pour travaux, il a dû prendre un itinéraire alternatif qui nous a fait passer devant le club d'aïkido de l'Homme à l'heure pile de la sortie des cours. A travers les lamelles des stores vénitiens, de la lumière découpait une silhouette reconnaissable entre toutes. La vision n'a duré qu'une demi-seconde. Mais elle a matérialisé cette impression que je ressens depuis deux ans et demi. Celle d'avoir été expulsée de ma vie légitime, de me retrouver à l'observer depuis l'autre côté d'un miroir sans tain impossible à traverser et qui empêche les protagonistes de me voir. Comme un épisode de la Quatrième Dimension au cours duquel on m'aurait remplacée par une fille qui ne me ressemble absolument pas et qui vit ma vie à ma place sans que personne ne s'aperçoive de la substitution.
J'ignore pourquoi cette impression persiste alors que j'ai reconstruit, ailleurs, quelque chose de beaucoup plus solide et de beaucoup plus épanouissant. Je sais juste que malgré le temps écoulé, malgré l'amertume et la rancoeur justifiées, malgré le fait que je n'ai jamais été heureuse avec lui, malgré la certitude absolue que nous n'avions rien à faire ensemble, il reste un attachement viscéral qui me tord les tripes quand je revois des photos ou des vidéos de lui.
Pour le deuxième anniversaire de notre rupture, j'ai écrit que penser à lui ne me faisait plus mal. C'était un mensonge.

mercredi 2 juillet 2008

La petite vengeance du jour

Tout à l'heure, en rentrant de ma folle journée de soldes, j'ai trouvé un message de l'Homme dans ma boîte mail.
salut, j'ai besoin urgement de l'avis d'imposition de l'année dernière, et je n'ai plus mon exemplaire. peux tu me faire un scan du document et me l'envoyer par mail, ou par courrier. merci
Bien entendu c'est un copié-collé: je sais qu'urgemment n'existe pas et que si ça existait ça prendrait deux M. Je sais aussi qu'on met une majuscule en début de phrase et un point d'interrogation à la fin d'une question. Mais ça, c'est peut-être un effort qu'on fait seulement quand on écrit à quelqu'un qu'on ne prend pas pour la Reine des Dindes.
Je me suis donc fait un plaisir de répondre ceci:
je suis actuellement à bruxelles. l'avis d'imposition se trouve à monpatelin, où je ne rentre pas avant le 31 juillet. je ne vois donc pas ce que je peux faire pour toi avant cette date.
Et le plus beau, c'est que c'est la stricte vérité.
Bien sûr si j'avais été compatissante, j'aurais pu lui signaler que la voisine avait les clés de l'appartement et lui expliquer où trouver mon exemplaire du fameux avis d'imposition. Ca a l'air important pour lui. Oui, mais pas me tromper, pas me mentir, pas me laisser souffrir des mois pour rien, pas me prendre pour la dernière des connes, pas accepter sans piper mot que je lui fasse tout un tas de cadeaux en partant, pas demander d'un air penaud "pour ma nouvelle voiture, tu me prêtes quand même les sous?", pas aller raconter des craques à nos amis communs, pas planter spectaculairement la seule formalité dont je lui avais demandé de se charger au moment de notre séparation, c'était important pour moi. Alors, qu'il se démerde.

samedi 3 mai 2008

[Ceci n'est PAS un poème]

Ce matin en me réveillant
j'ai réalisé qu'on était le 3 mai.
Et que ça faisait donc deux ans tout juste
qu'après une énième nuit passée à pleurer dans le canapé
j'avais annoncé à l'Homme que je m'en allais
puisqu'il ne m'aimait et ne me voyait même plus.

Pendant ces deux ans j'ai découvert
qu'il n'était pas celui qu'il prétendait
et que je n'étais pas non plus celle pour qui il me faisait passer.
Je suis partie loin;
j'ai laissé des impressions d'ailleurs
me distraire de mon chagrin.
J'ai voulu rejouer à l'amour,
une fois pour rien et la deuxième:
- une révélation.
Jour après jour
je suis devenue ce que j'étais depuis le début
et que j'avais étouffé pour le retenir.
L'impression
d'avoir été chassée de ma propre vie
d'errer dans une existence qui n'était pas la mienne
s'est progressivement estompée.
Aujourd'hui je sais
que le second chemin était le bon
celui que j'aurais dû suivre dès le départ.

Et penser à lui
ne me fait plus mal.

vendredi 4 avril 2008

A quelque chose malheur est bon

Parce que mon carnet de santé restait muet sur la question, j'ai feuilleté il y a quelques jours mon agenda 1998 pour vérifier si j'avais bien effectué mon rappel de vaccin DTPolio cette année-là.
Il faut savoir que j'archive ma vie de toutes sortes de manières. Il y a eu pendant presque 25 ans un journal papier que mon premier blog est venu remplacer; il y a quantité de carnets de voyage et d'albums de scrapbooking commémorant les occasions importantes; il y a enfin, depuis le début des années 90, des agendas distincts du Filofax que j'utilise tous les jours, et sur lesquels je note non pas ce que j'ai à faire mais ce que j'ai effectivement fait. J'y colle mes tickets de cinéma ou de spectacle, les cartes des restos dans lesquelles je vais, les étiquettes de mes fringues préférées et tout un tas d'autres memorabilia.
Dans celui de 1998, donc, à la date du 2 octobre, j'ai trouvé la mention "cours d'essai aïkido". Et une semaine plus tard, un article découpé dans la feuille de chou locale, avec une photo en noir et blanc de l'Homme en train de faire une prise dont j'ai oublié le nom. Dessus, il a les cheveux coupés très courts, un air concentré et un visage moins marqué que dans mes souvenirs. Il allait fêter ses 32 ans. Il devait se marier l'été suivant - ce qu'il s'est gardé de me dire jusqu'au mois de mai, quand sa copine a débarqué un soir à la salle. Evidemment, entre-temps, j'étais devenue tellement accro que ça n'a même pas réussi à me décourager. S'en est suivi le désastre sur lequel je me suis déjà longuement répandue ici.
Je me rappelle avoir hésité jusqu'à la dernière minute à aller faire ce fameux cours d'essai. La saison était déjà commencée et j'ai horreur d'arriver en retard par rapport aux autres. Il ne devait pas faire très beau ce jour-là et j'avais sans doute la flemme de sortir de chez moi. Je pensais aussi que l'aïkido serait un art martial trop soft pour moi. Finalement, je me suis secouée. Et à l'instant où mon regard s'est posé sur le prof, j'ai su que j'étais foutue.
Si je pouvais revenir en arrière, resterais-je chez moi ce jour-là? Je suis tentée de dire "un immense OUI" Lio-staïle. Avec le recul, cette relation ne m'a vraiment pas apporté grand-chose et j'y ai perdu beaucoup. Mais sans ce plantage monumental, me serais-je rendu compte que le profil de mec qui me faisait craquer depuis toujours (solide comme un roc, et à peu près aussi bavard et sensible) était à l'opposé de ce qui me convenait? Aurais-je su voir et accepter que Hawk et moi étions faits l'un pour l'autre? Sans doute pas. Si ça se trouve, on ne se serait même jamais rencontrés...

lundi 21 janvier 2008

Mon subconscient fait des siennes

Cauchemars en cascade cette nuit. L'Homme n'en finit plus de se moquer de moi: comment ai-je pu être assez stupide pour croire qu'il m'aimait? Il se contentait de tuer le temps en attendant Fausse Blonde, la vraie femme de sa vie pour qui il a, dans les trois mois suivant leur installation ensemble, fait tout ce qu'il m'avait refusé pendant sept ans.
Je me réveille bien chiffonnée à l'heure tardive où Hawk part travailler. "Les cauchemars, c'est pas vrai, dit-il en m'embrassant avant de s'en aller. Moi je t'aime, et ça c'est vrai."
Moi aussi je l'aime. Et je n'ai jamais été aussi heureuse avec quelqu'un. Je voudrais juste que mon subconscient commence à l'accepter et à me lâcher la grappe. Ca va bientôt faire deux ans, quand même...

dimanche 25 novembre 2007

Martine

Après son divorce d'avec l'Homme, je l'apercevais souvent de loin, au rayon textile de l'Ikea où elle bossait. Elle avait beaucoup maigri et teint sa somptueuse chevelure en auburn. Elle était toujours aussi pâle, mais plusieurs piercings ornaient désormais son visage: un clou à l'arcade sourcilière, un anneau sur la lèvre inférieure. Je me souvenais de nos affinités réelles et souvent, j'avais envie d'aller lui présenter mes excuses. Consciente de la vanité et de l'égoïsme d'une telle démarche, je me retenais toujours. La dernière fois, j'ai vraiment failli m'approcher pour lui dire que l'Homme m'avait fait exactement la même chose qu'à elle - il me semblait qu'elle méritait de savourer cette minuscule victoire. Et puis je me suis demandé de quel droit j'allais remuer ces souvenirs pénibles tant d'années après.
Au final, la dernière fois où je lui aurai adressé la parole, ça aura été ce jour de juin 2000 où, après avoir renvoyé l'Homme chez eux en le traitant de monstre et en lui disant qu'on devait absolument arrêter de se voir, j'ai téléphoné à Martine pour savoir si ça allait mieux depuis la veille au soir et les confidences larmoyantes qu'elle m'avait faites - ignorant que la femme à qui son mari téléphonait tous les soirs en sortant son vieux caniche pour lequel il s'était subitement pris d'affection, c'était moi. Je me suis rarement sentie aussi minable que ce jour-là. La passion a pourtant été la plus forte; j'ai tenu moins d'une semaine avant de rappeler l'Homme et de reprendre notre liaison adultère. Avec les résultats désastreux que l'on sait.
Hier, j'ai appris par la copine d'un ami d'Etre Exquis, qui bossait elle aussi chez Ikea, que Martine était partie s'installer à Londres, où tout le reste de sa famille résidait déjà depuis quelques années. Elle aura 39 ans en décembre. Pour ce que j'en sais, elle ne s'est pas remariée et n'a pas d'enfants, alors qu'elle en voulait avec l'Homme. J'ai longtemps culpabilisé à l'idée d'avoir gâché tous ses plans et détruit sa vie. Aujourd'hui, je pense plutôt que l'échec de son mariage était inévitable, et que l'Homme aurait de toute façon fini par la tromper - avec moi ou une autre - parce qu'il était incapable de gérer sa forte personnalité et ses goûts marginaux. En découvrant qu'elle était, elle aussi, partie refaire sa vie dans une capitale européenne, j'ai songé que nos histoires auraient été le miroir l'une de l'autre jusqu'au bout.

lundi 15 octobre 2007

Je hais l'administration française, opus n°36895

Parce que toute journée parfaite doit se payer... Ce matin, je reçois un coup de fil de l'Homme. En voyant son nom s'afficher sur l'écran de mon portable, je me dis: "Tiens, il va oser protester pour l'affaire du véto - presque une semaine après?" Et puis non. C'était pour me prévenir que les impôts avaient prélevé ma taxe d'habitation sur son compte et m'expliquer le patakès de régularisation qui allait suivre.
Dans la foulée, j'ai découvert que le Trésor Public comptait me réclamer une deuxième fois la redevance, après m'avoir curieusement sommée de la payer une première fois à titre professionnel le mois dernier. Bilan: j'ai passé une heure et demie au téléphone pour résoudre le mystère avec deux services et trois personnes différentes, et il faut encore que j'envoie deux courriers séparés pour obtenir que la situation revienne à la normale dont elle n'aurait jamais dû s'écarter.
J'adore les impôts: quand on leur demande un truc (au hasard, un changement d'adresse), ils mettent un an et demi à le faire, et uniquement après qu'on ait fini par menacer de se suicider de désespoir; quand on ne leur demande rien, ils prennent des initiatives qui sortent d'on ne sait où et n'ont aucune raison d'être. Et bien entendu, c'est au contribuable de perdre du temps et de l'énergie à essayer de rectifier leurs erreurs.
A la fin du mois prochain, il faut que j'écrive au service de l'impôt sur le revenu pour demander l'arrêt des prélèvements mensuels conjoints avec l'Homme sur mon compte et faire repartir un contrat séparé pour moi toute seule. Wish me luck.

mercredi 10 octobre 2007

To sleep; per chance, to dream not

Un an et demi qu'on est séparés et il continue à me hanter. La nuit, je fais des rêves bizarres ou poignants qui me perturbent pour toute la journée suivante. Le jour, des dizaines de détails, d'endroits ou de situations le font ressurgir inopinément dans ma mémoire. Il ne se passe quasiment pas une heure sans que je pense à lui, sans que je revoie des scènes de notre vie commune, sans que je ressasse tout ce que j'aimerais lui jeter à la figure, sans que j'imagine la vie géniale qu'il doit mener maintenant qu'il est débarrassé de moi. Le fait que ma propre vie n'ait jamais été aussi chouette, que je sois hyper amoureuse de quelqu'un d'autre, que je n'aie aucune envie d'être encore avec lui ne change absolument rien à l'affaire. L'illogisme de mon obsession me flingue presque aussi sûrement que l'absence d'issue à ma rancoeur. Pourquoi revenir sans cesse sur une histoire bancale qui n'a déjà duré que trop longtemps et que je ne regrette même pas? La seule réponse que j'aie trouvé à cette question, c'est: à cause de son imposture. Parce qu'il s'est conduit comme un minable et qu'il refuse de l'avouer, qu'il continue à passer aux yeux de son entourage pour l'incarnation moderne du samouraï - guerrier courageux et irréprochable. Je crois que le seul moyen de rompre l'enchantement néfaste en lequel il me tient bien malgré lui, ce serait de le confronter publiquement à sa lâcheté et à sa faiblesse de caractère. Ce qui ne risque pas d'arriver, ne serait-ce que parce que ça se retournerait probablement contre moi - genre, il s'en tirerait avec l'image du pauvre gars persécuté par son ex psychotique. Alors, comment faire pour oublier cet homme qui avait déjà cessé de penser à moi longtemps avant que je parte chez lui?

mardi 9 octobre 2007

Journée de merde, journée de merde.

En allant chez le véto récupérer Scarlett que j'y avais laissée ce matin pour un détartrage sous anesthésie, j'apprends que la pauvre bête a des transaminases qui explosent tous les quotas: enregistrées à plus de 1200 alors que le taux normal se situe entre 12 et 130. Et encore, c'est peut-être plus, l'indicateur n'allait pas au-delà. Autrement dit, ma petite chérie a un problème de foie. Le véto a réclamé des analyses supplémentaires dont j'aurai les résultats jeudi; nous verrons alors ce qu'il faut envisager comme traitement. Il pense a priori qu'un changement d'alimentation et, peut-être, des hépato-réducteurs pourraient suffire à ramener ses transaminases à un taux plus raisonnable, mais bon, tant que je ne serai pas sûre je m'inquiéterai forcément. Elle n'est quand même pas toute jeune, ma puce. Je savais bien qu'un jour où l'autre les ennuis de santé commenceraient, mais on a toujours tendance à penser que ceux qu'on aime sont immortels.
Donc je sors de la salle de consultation, un peu ébranlée. Au comptoir de l'accueil, je règle ma facture et reprends rendez-vous pour jeudi avec la secrétaire. Derrière moi, j'entends discuter une mère et sa fille qui ont apparemment elles aussi amené un chat. La fille s'approche d'un présentoir situé à côté de moi. Je la vois de dos. Elle doit avoir une douzaine d'années; ses longs cheveux bruns et raides lui descendent jusque dans le creux des reins et... autour la taille, elle porte un sweat-shirt du club d'aïkido de l'Homme. Je me tourne vers la mère. Ces cheveux (mal) teints en blond, ce bronzage orange, ce nez en forme de patate... Ouaip, c'est bien elle. Je finis de régler ma facture et me dirige vers mes paniers à chat. Au passage, je lance un sourire crispé à Fausse Blonde.
- Vous ferez mes amitiés à l'Homme.
Je me penche pour attraper les paniers et entends une voix douce, un peu étonnée, me demander:
- Vous le connaissez?
Euh... Ou elle se fout de ma gueule, ou elle est pas physionomiste pour deux ronds, parce qu'elle a dû en voir quelques-unes, des photos de moi. A moins bien sûr que l'Homme ait effacé toute trace de ma présence dans sa vie (enfin, toute trace dépourvue de valeur pécuniaire, disons). Ce qui ne m'étonnerait guère de lui.
Je me redresse et, tandis que la secrétaire contourne son bureau pour venir m'ouvrir la porte de la clinique, je plante mon regard dans celui de Fausse Blonde.
- Oui. Je suis son ex. Celle à qui vous l'avez piqué.
Et je sors sans attendre sa réaction.
Et maintenant, je m'en veux. Pas de l'avoir agressée - même si je ne suis pas particulièrement en colère contre elle, j'ai bien le droit de lui caser une remarque aigre au passage, et puis je ne me voyais pas sortir de là sans marquer le coup. Non, je m'en veux de ne pas avoir ajouté: "Comme je l'avais piqué à son ex-femme et comme une autre vous le piquera un jour quand vous ne l'idolâtrerez plus suffisamment". Ca, ça aurait été assassin juste comme il faut, parce que dirigé davantage contre lui que contre elle.