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dimanche 13 janvier 2019

"Two can keep a secret" (Karen McManus)


Parce que leur mère célibataire a été placée en cure de désintoxication, Ellery et Ezra Corcoran doivent partir habiter à Echo Ridge, chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent quasiment pas. Il y a plus de 20 ans, leur tante Sarah a disparu sans laisser de traces. Il y a 5 ans, une autre adolescente a été assassinée à Murderland, le parc d'attractions flippant où travaillent la moitié des jeunes de la ville. Et à l'approche du bal d'automne, de nouvelles menaces anonymes mettent la  petite communauté en émoi...

Il y a deux ans, j'avais adoré le premier thriller YA de Karen McManus, "One of us is lying". Aussi nourrissais-je de grands espoirs pour son deuxième roman. J'adore les histoires de jumeaux et les narrations à deux voix, sans compter que le fait que Murderland me semblait une idée pleine de potentiel. Malheureusement, j'ai commencé à m'ennuyer assez vite. Je n'ai  pas réussi à m'attacher aux personnages plutôt falots et jamais vraiment ressenti de tension dramatique. La résolution, certes inattendue, m'a parue aussi décevante que bancale. Et la toute dernière phrase, censée laisser les lecteurs sur le fondement en bouclant la boucle d'une problématique familiale douloureuse, soulève des questions qui n'auront jamais de réponse. Bref, "Two can keep a secret" est une lecture que j'aurais pu m'épargner.

mardi 2 mai 2017

"La maison des reflets" (Camille Brissot)


Dans un futur proche, les Maisons de Départ sont capables de fabriquer des clones virtuels de personnes récemment décédées, pour permettre à leurs proches de passer encore du temps avec elles et de faire leur deuil en douceur. Daniel Edelweiss, 15 ans, est l'héritier putatif du plus célèbre de ces établissements, où il a grandi entre un père absent, une mère morte et une gouvernante sévère qui lui sert aussi de préceptrice. Même si ses amis sont tous des reflets, même s'il ne sort jamais de chez lui, le jeune homme ne souffre d'aucune solitude et se prépare avec beaucoup de zèle à prendre la relève une fois adulte. Jusqu'au jour où son père lui confie la création d'un premier décor pour la Maison Edelweiss, et où Daniel se décide à s'aventurer à l'extérieur afin d'y chercher de l'inspiration. Dans une fête foraine de passage, il rencontre la radieuse Violette avec laquelle il entame une correspondance qui va bouleverser sa vision des choses et changer le cours de sa vie...

"Face à un deuil, on est toujours seul, il me semble. C'est un gouffre qui se creuse en nous, et personne ne peut en imaginer la profondeur car il faudrait oser s'en approcher, se pencher au-dessus du vide, perdre soi-même une partie de son équilibre. Et tout ça pour quoi? Pour découvrir l'épaisseur du chagrin qui se cache au fond et réaliser que la petite flamme que l'on a apportée s'y noiera aussitôt. Alors, on fait un pas en arrière. On se dit que la tristesse passera avec le temps, ou des formules de ce genre."

Pour son huitième roman, Camille Brissot a choisi d'aborder un sujet bien lourd par un angle qui, sans le dépouiller de sa gravité, lui prête un aspect presque onirique, une mélancolie douce qui aide le lecteur à réfléchir aux concepts d'humanité et de deuil en même temps que son jeune héros. J'ignore si ce récit initiatique parlera aux adolescents qui en sont la cible première; pour ma part, j'ai été enchantée par son originalité comme par ses références mythologiques, charmée par le dosage subtil de ses éléments doux et amers. "La maison des reflets" parle d'amour et de mort, de chagrin et d'espoir, et elle le fait avec un talent qui donne envie de s'intéresser aux autres ouvrages de l'auteur.

Merci aux éditions Syros pour cette lecture. 

mardi 12 juillet 2016

"One" (Sarah Crossan)


Grace et Tippi sont plus que des soeurs jumelles: des siamoises. En-dessous de la taille, elles n'ont qu'un seul corps pour deux. On avait prédit à leurs parents qu'elles ne vivraient pas longtemps; pourtant, elles ont dépassé les seize ans et mènent une vie relativement heureuse malgré l'alcoolisme de leur père. Celui-ci étant au chômage depuis trop longtemps, la mère de Grace et Tippi leur annonce qu'ils n'ont plus les moyens de leur faire donner des cours à la maison et qu'elles vont devoir fréquenter un lycée ordinaire. Les jeunes filles craignent d'y être un objet de curiosité malsaine, mais elles se font rapidement deux amis précieux: Yasmeen, qui vit avec le virus HIV depuis sa naissance, et Jon dont les parents l'ont abandonné. Bientôt, hélas, leur santé commence à décliner...

Oui: encore une histoire d'ados confrontées à la mort. Mais celle-ci présente deux particularités. Tout d'abord, elle est rédigée entièrement sous forme de poésie en vers libres. Ensuite, elle a été jugée assez remarquable pour qu'on lui attribue cette année la prestigieuse Carnegie Medal. Pour ma part, j'avoue ne pas savoir quoi en penser. Je l'ai lue très vite, essentiellement parce que chacune de ses 400 pages ne représente guère que l'équivalent de deux phrases complètes, et bien évidemment j'ai eu le coeur serré à la fin, parce que c'est le sujet qui veut ça. Mais autant je ne suis pas contre un petit texte en vers libres à l'occasion, autant sur tout un roman, ça me donne l'impression de rester à la surface des choses sans jamais les approfondir. Peut-être est-ce le seul moyen que l'auteur a trouvé de traiter un sujet extrêmement délicat sans tomber dans le pathos ou le voyeurisme; je ne sais pas. Toujours est-il que, bien que dégageant une émotion indéniable, "One: Winner of the Cilip Carnegie Medal 2016" m'a laissée un peu sur ma faim.

Ce roman n'est pas encore traduit en français, mais de par la simplicité de son style, il me semble assez abordable pour des gens avec un niveau d'anglais moyen qui voudraient se mettre à la lecture en VO.