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lundi 10 juin 2019

"Magic Charly #1: L'apprenti" (Audrey Alwett)


Prenez:
- un jeune héros noir, grand et athlétique, dont les gens se méfient dans la rue alors qu'il est adorable et hyper respectueux des filles;
- sa mère qui est aussi la proviseure de son drôle de lycée, l'Ecole des Allumettes Hurluberlu, et qui peint à ses heures perdues;
- sa grand-mère qui vient juste de refaire surface 5 ans après sa disparition mystérieuse, en ayant complètement perdu la mémoire;
- sa meilleure amie, héritière d'une fabrique de confiserie, qui se pend pour une rebelle et accumule toutes les bêtises possibles;
- une de leurs camarade de classe, éternelle bonne élève plutôt désagréable mais particulièrement douée pour diriger les opérations de nettoyage en grand.
Incorporez-les à un monde apparemment semblable au nôtre, mais où la magie existe. Ceux qui la pratiquent sont appelés "magiciers" et soumis à des règles très strictes - sauf, évidemment, s'ils font partie de l'élite des Académiciens et autres riches habitants de la cité de Thadam. 
Ajoutez quelques artefacts merveilleux, comme une théière perpétuelle qui sert chaque fois un thé différent selon l'humeur de la personne qui va le boire, ou une serpillère animée répondant au doux nom de Pépouze. Plus un crocodile familier, histoire d'apporter un peu de mordant.
Saupoudrez de réjouissantes références aux classiques du genre (Harry Potter et Les Annales du Disque-Monde en tête). 
Laissez cuire à petit feu pendant les deux tiers de l'histoire, le temps que le héros entame très laborieusement son apprentissage. 
Puis, lorsque le mélange commence à prendre, jetez un gros twist en plein milieu, et regardez l'explosion résultante éclabousser les lecteurs ahuris.
Terminez par une confrontation épique et-pic-et-colégram, ponctuée d'un double cliffhanger qui devrait plonger tous les gourmets littéraires dans le désespoir et ne leur laisser qu'une seule phrase aux lèvres: "La suite, et vite!". 
Agrémentez d'une couverture embossée, à l'illustration si jolie que même les accros de la liseuse se jetteront sur la version papier. 
Il ne vous reste plus qu'à servir ce premier tome de "Magic Charly" encore tout chaud et à le dévorer dans la foulée comme il le mérite. 

samedi 26 janvier 2019

"The remarkable journey of Coyote Sunrise" (Dan Gemeinhart)


Il y a cinq ans, la mère et les soeurs de Coyote sont mortes dans un accident de voiture. Depuis, son père Rodeo et elle ont changé de nom, et ils sillonnent les Etats-Unis à bord de Yager, un vieux bus scolaire devenu leur maison sur roues. Interdiction d'évoquer le passé: le mot d'ordre, c'est vivre dans le présent exclusivement pour ne pas souffrir. Jusqu'au jour où Coyote apprend que le parc où elle avait enterré une boîte à souvenirs avec sa mère et ses soeurs va être rasé. Elle n'a que cinq jours pour traverser le pays jusqu'à leur ancienne ville et récupérer son trésor. Mais le plus difficile, c'est qu'elle devra le faire sans que Rodeo s'en aperçoive... 

Nous ne sommes pas encore fin janvier et je sais déjà que je tiens mon bouquin de l'année, celui qui aura laissé la marque la plus profonde dans mon coeur. Celui qui illustre à la perfection cette phrase de mon amoureux que je n'avais jamais vraiment comprise jusqu'ici: "On ne pleure pas toujours de tristesse. Parfois, on pleure juste d'émotion." Car le vrai thème de ce roman jeunesse, c'est "Comment apprendre à vivre avec ses morts?".

Au fil d'un road trip mouvementé, Coyote fait plein de jolies rencontres, émerge de la solitude imposée par Rodeo, découvre la complexité des relations humaines et mûrit à vue d'oeil. Cette petite héroïne blessée et son papa hippie ultra-bienveillant comptent parmi les personnages les plus attachants dont j'aie croisé la route depuis une éternité. Dans "The remarkable journey of Coyote Sunrise", il n'y a aucun antagoniste - hormis peut-être quelques flics bourrus. Juste une funambule pleine de grâce qui se livre à un savant numéro d'équilibriste entre tristesse et bonheur, des personnages secondaires qui vous réconcilient avec l'humanité, un bus à bord duquel on voudrait embarquer immédiatement, une foule de phrases tellement belles et justes que j'ai dû cesser de les noter arrivée au milieu du roman, et quelques scènes d'une poignance absolue (dont une qui m'a rappelé le passage sur "Heroes" dans le film "The perks of being a wallflower", version grands espaces plutôt qu'environnement urbain).

C'est la première fois que je vais racheter un ouvrage lu sur ma Kindle en version papier, et la première fois que je comprends pourquoi certaines personnes relisent certains livres une fois par an. Je suis en outre prête à éradiquer l'ensemble de ma profession pour que l'éditeur qui achètera les droits français me confie la traduction de ce bouquin. Qu'on se le dise. 

jeudi 24 janvier 2019

"This lie will kill you" (Chelsea Pitcher)


Il y a tout juste un an, un jeune homme est mort carbonisé dans une voiture au milieu des bois. Aujourd'hui, les cinq protagonistes du drame sont conviés à une murder party, officiellement dans le but de déterminer le gagnant d'une bourse d'études de $50 000. Mais dès l'apéritif qu'une voix sortant d'un haut-parleur les a invités à boire, l'un d'eux s'écroule, inconscient. Et très vite, les quatre autres se rendent compte que leur hôte connaît leur pire secret...

Impossible pour moi de résister à un tel pitch, surtout assorti de la mention: Pour les fans de "One of us is lying", autre thriller psychologique jeunesse que j'ai beaucoup aimé. Ici, les personnages sont moins attachants mais aussi plus originaux. L'histoire, qui semble assez prévisible au premier abord, réserve son lot de surprises et presque trop de circonvolutions dans le dernier tiers. Et je ne m'attendais pas à une fin aussi sombre. Bref, "This lie will kill you" est un roman tordu à souhait qui m'a fait passer une excellente soirée.

mardi 22 janvier 2019

"Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello" (Chris Grabenstein)


Excentrique et talentueux créateur de jeux de société, M. Lemoncello a racheté une ancienne banque pour en faire la bibliothèque d'une petite ville américaine. Avant l'ouverture au grand public, il convie douze élèves de 5ème, gagnants d'un concours de rédaction, à découvrir les lieux en exclusivité lors d'une soirée mémorable. Mais lorsque, après s'être beaucoup amusés à explorer la technologie de pointe de et les fonctions ludiques de la bibliothèque, Kyle et ses camarades veulent rentrer chez eux le lendemain matin, ils découvrent qu'ils sont enfermés pour 24h de plus. Leur mission, s'ils l'acceptent: participer à un escape game délirant pour trouver la seconde sortie...

C'est dans "Winterhouse Hôtel", lu juste avant, que j'ai découvert l'existence de ce roman jeunesse dont le thème avait tout pour me séduire. Très inspiré par "Charlie et la chocolaterie", Chris Grabenstein parvient néanmoins à tisser une intrigue originale et des énigmes élaborées grâce auxquelles je ne me suis pas ennuyée une minute. Certes, ses jeunes héros sont psychologiquement aussi développés qu'un poussin de la veille. Mais on s'en fout, parce que l'apologie de l'esprit d'équipe est bien vue et la lecture terriblement fun. Par contre, si je me disais que "Winterhouse Hôtel" avait dû donner du fil à retordre à sa traductrice, j'ai pleuré des larmes de sang en découvrant les multiples rébus et autres difficultés d'adaptation extrêmes que contient la VO de "Vingt-quatre heures dans l'incroyable bibliothèque de M. Lemoncello". Au point que je vais devoir me procurer la VF pour voir comment ma méritante collègue les a résolues. Pour les amateurs, ce roman est le premier tome d'une série qui en compte quatre, dont deux déjà disponibles en français. 

Traduction d'Anath Riveline

dimanche 20 janvier 2019

"Winterhouse Hôtel" (Ben Guterson)


Depuis la mort de ses parents quand elle n'avait que quatre ans, Elizabeth Somers mène une vie misérable chez son oncle et sa tante. Bien que perpétuellement fauchés, ceux-ci partent en voyage pour Noël et, refusant de laisser leur nièce seule chez eux, l'envoient passer trois semaines à l'hôtel Winterhouse. Elizabeth, qui s'attendait à une pension sinistre, est enchantée de découvrir une bâtisse de contes de fées possédant sa propre fabrique de confiseries et surtout une fantastique bibliothèque. Elle fait la connaissance de Freddy, un jeune inventeur féru de mots en cascade et et d'anagrammes. Ensemble, ils vont s'atteler à résoudre les nombreux mystères de Winterhouse...

Si je suis toujours partante pour un roman jeunesse avec une héroïne passionnée de lecture et d'énigmes, il faut bien admettre que je ne suis pas du tout le public-cible de "Winterhouse Hôtel", et que dans la catégorie middle grade, peu d'ouvrages possèdent une complexité suffisante pour me tenir en haleine. Ici, par exemple, l'intrigue cousue de fil blanc et les personnages hyper manichéens m'ont à moitié fait décrocher dans le dernier tiers de ma lecture. Mais les 9-12 ans auxquels l'histoire est destinée devraient adorer l'atmosphère féérique de Winterhouse. Au passage, bien que j'aie lu ce roman en V.O., je me permets d'adresser une pensée compatissante à la collègue qui s'est chargée de la traduction française, et qui a dû s'arracher joliment les cheveux pour adapter les mots en cascade, les anagrammes et les messages codés. 

Traduction d'Anne-Sylvie Homassel

dimanche 13 janvier 2019

"Two can keep a secret" (Karen McManus)


Parce que leur mère célibataire a été placée en cure de désintoxication, Ellery et Ezra Corcoran doivent partir habiter à Echo Ridge, chez leur grand-mère qu'ils ne connaissent quasiment pas. Il y a plus de 20 ans, leur tante Sarah a disparu sans laisser de traces. Il y a 5 ans, une autre adolescente a été assassinée à Murderland, le parc d'attractions flippant où travaillent la moitié des jeunes de la ville. Et à l'approche du bal d'automne, de nouvelles menaces anonymes mettent la  petite communauté en émoi...

Il y a deux ans, j'avais adoré le premier thriller YA de Karen McManus, "One of us is lying". Aussi nourrissais-je de grands espoirs pour son deuxième roman. J'adore les histoires de jumeaux et les narrations à deux voix, sans compter que le fait que Murderland me semblait une idée pleine de potentiel. Malheureusement, j'ai commencé à m'ennuyer assez vite. Je n'ai  pas réussi à m'attacher aux personnages plutôt falots et jamais vraiment ressenti de tension dramatique. La résolution, certes inattendue, m'a parue aussi décevante que bancale. Et la toute dernière phrase, censée laisser les lecteurs sur le fondement en bouclant la boucle d'une problématique familiale douloureuse, soulève des questions qui n'auront jamais de réponse. Bref, "Two can keep a secret" est une lecture que j'aurais pu m'épargner.

dimanche 6 janvier 2019

"Everything all at once" (Katrina Leno)


Helen Reaves vient de mourir d'un cancer. Agée de 40 ans seulement, elle était l'autrice de la série jeunesse la plus vendue dans le monde: l'histoire de deux enfants devenus immortels après avoir bu une potion magique. Elle laisse à sa nièce bien-aimée une série de lettres contenant chacune une mission destinée à la faire sortir de sa zone de confort, et ainsi, l'aider à surmonter l'anxiété chronique qui lui pourrit la vie. Tandis qu'elle s'efforce tant bien que mal de suivre les instructions de sa tante, Lottie fait la connaissance de Sam, un ancien élève d'Helen qui va lui apporter une aide précieuse dans sa quête...

"Everything all at once" n'était pas le premier roman de Katrina Leno que je lisais. Je m'attendais à ce qu'il verse dans le réalisme magique à un moment ou à un autre; aussi, j'ai immédiatement deviné le secret d'Helen et la vérité au sujet de Sam, et surtout, je n'ai pas été désarçonnée par la fin contrairement à beaucoup d'autres lecteurs. Cela dit, la révélation des derniers chapitres n'a au fond que peu d'importance. L'intérêt de ce roman, c'est l'évolution de Lottie, la façon dont elle apprend à vivre avec ses angoisses de mort paralysantes et ce qu'elle finit par réaliser à leur sujet. J'ai particulièrement aimé sa très jolie relation avec son frère cadet Abe, un ado de 16 ans féru de littérature. Cette fois encore, Katrina Leno dose avec talent l'amertume et la douceur pour ouvrir les perspectives de son héroïne et finir sur une magnifique note d'espoir. Je me réjouis qu'il me reste encore quelques romans d'elle à découvrir. 

vendredi 4 janvier 2019

"The start of me and you" (Emery Lord)


Déjà plus d'un an que son petit ami Aaron s'est noyé, et aux yeux de tout le monde, Paige Hancock reste "La Fille Dont Le Copain Est Mort". Elle peine à se défaire de cette image, mais aussi de sa culpabilité et de ses cauchemars. Alors, à son entrée en première, elle dresse une liste d'objectifs grâce auxquels elle espère sortir de son marasme...

Si j'ai acheté ce roman d'une autrice jeunesse assez connue aux USA, c'est moins pour l'histoire d'amour adolescente promise par la couverture - un sujet qui m'intéresse peu dans l'absolu - que pour les avis positifs lus sur GoodReads. Et ils ne mentaient pas. Oui, l'écriture d'Emery Lord est très plaisante, fluide et sincère, sans affectation ou familiarité excessive. Non, la relation la plus importante de "The start of me and you", ce n'est pas celle qui se développe entre Paige et un adorable nerd, mais celle que l'héroïne entretient avec ses BFF, trois filles aux personnalités variées qui ne se contentent pas de lui servir de faire-valoir. Malgré leurs différences, leur amitié reste toujours exempte de drames imbéciles. 

J'ai également beaucoup apprécié la dynamique familiale des Hancock, la surprise réservée par les parents de Paige et l'amour lumineux de la jeune fille pour sa grand-mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Surtout, je suis reconnaissante à l'autrice de nous avoir épargné l'insupportable cliché de l'instalove: l'histoire d'amour qui finit par se nouer n'est pas basée sur une attirance immédiate et inexpliquée; elle naît entre deux ados qui ont d'abord appris à se découvrir et à s'apprécier pour ce qu'ils sont réellement. Une lecture plaisante, qui met en scène des relations saines et positives. Ce qui n'est pas finalement pas si fréquent! 

mardi 18 décembre 2018

"Souvenirs de la mer assoupie" (Shin'ya Komatsu)


Lisa mène une vie paisible à Cap Verdredi, une petite ville blanche et ensoleillée au bord de la mer. Elle essaie d'apprendre à jouer du violon de verre trouvé sur la plage d'Aoûtia, se délecte des histoires fantastiques du marchand de limonade, rencontre un voyageur en parapluie volant, découvre le vent en canette et les coquillages siestacés qui projettent leurs rêves sous forme de mirage...

Avec son graphisme enfantin et sa dominante bleu azur, "Souvenirs de la mer assoupie" nous transporte dans un cadre qui n'est pas sans rappeler certains films de Miyazaki. Ici, pas d'histoire véritable, juste des tranches de vie empreintes de poésie onirique. C'est plein de douceur, et si rafraîchissant qu'on ne peut que regretter la brièveté de ce joli recueil. 

Traduction d'Aurélien Estager

dimanche 16 décembre 2018

[NOEL 2018] Des idées de romans à offrir aux ados






10-13
"Nevermoor" (série, 1 tome paru). Mon coup de coeur absolu de l'année en littérature jeunesse. Morrigane Crow est condamnée par sa naissance à mourir le jour de son 11ème anniversaire. Peu avant les fatidiques douze coups de minuit, un homme étrange nommé Jupiter Nord l'emmène dans un royaume où il tient un hôtel fabuleux, peuplé de personnages hauts en couleurs. Et bien que Morrigane ne se connaisse aucun pouvoir, il la pousse à tenter le concours d'entrée d'une école de magie aussi prestigieuse que sélective...
"Le Club de l'Ours Polaire" (série, 2 tomes parus). Stella, 12 ans, rêve de marcher sur les traces de son père adoptif, un célèbre explorateur des mondes gelés. Hélas, cette carrière est interdite aux filles...   Aventure et amitié dans un royaume peuplé de créatures féériques. Les couvertures embossées sont superbes.
"Le célèbre catalogue Walker & Dawn" (histoire complète). Dans les années 1900. Embarqués bien malgré eux dans une histoire de meurtre, quatre gamins pauvres originaires de Louisiane traversent le pays en voyageurs clandestins...
"Les Doldrums" (série, 2 tomes parus). Petit-fils d'explorateurs disparus en Antarctique, Archer Helmsley monte un plan pour retrouver ses grands-parents avec l'aide de ses amis Adélaïde, ancien petit rat de l'Opéra à la jambe de bois, et Oliver le cerveau tête-en-l'air.
"Isidore et les autres" (histoire complète): Pas facile de grandir dans une famille de génies où on est le seul enfant normal. Et peut-être la seule personne vraiment équilibrée qui ancre toutes les autres. Contemporain, frais, juste et touchant.

13-18
"D'encre, de verre et d'acier" (série, 1 tome paru). Autre gros coup de coeur de cette année. A la fin du XIXème siècle, Elsa, qui vit dans un monde scripté, se lance à la poursuite des ravisseurs de sa mère dans le monde réel. Elle atterrit à Venise, dans un foyer destiné aux adolescents exceptionnellement doués pour les sciences. Avec Leo l'as de la mécanique, Faraz l'achimiste et Porzia la scriptologue, elle découvre un complot de grande envergure... Un monde steampunk qui excite l'imagination, et une intrigue sans temps mort.
"Les mystères de Larispem" (trilogie entièrement publiée): Dans un Paris steampunk éblouissant, qui a pris son indépendance pour devenir une cité-état, une jeune provinciale naïve, une bouchère noire au caractère affirmé et l'orphelin dont elle supervise l'apprentissage sont impliqués bien malgré eux dans les manigances d'une société secrète d'aristocrates dont le sang véhicule le pouvoir de contrôler autrui.
"Les soeurs Carmines" (trilogie entièrement publiée). De la fantasy urbaine gothique, avec une narratrice différente à chaque tome: d'abord une adolescente monte-en-l'air, puis une séductrice psychopathe et pour finir, une enfant qui parle avec les esprits. Morbide et drôle dans un registre grinçant.
"L'Anti-Magicien" (série, 2 tomes parus): Kelen est l'héritier d'une des familles les plus puissantes de sa cité et de son royaume - mais hélas pour lui, arrivé à l'âge de son premier duel, il ne manifeste de pouvoir dans aucune des sept formes de magie existantes. Dans sa lutte pour survivre, il trouve deux alliés de choc: une mystérieuse vagabonde nommée Furia et un chacureuil féroce répondant au nom de rakis. Une série de fantasy très sympathique, dont chaque tome se déroule dans un lieu différent.
"Le Passageur" (série, 1 tome paru). Matéo, jeune Rom sédentarisé, est le seul garçon à posséder le don de voir les fantômes - et l'obligation de les aider à trouver le repos s'il ne veut pas devenir fou. C'est ainsi qu'il se retrouve projeté à l'époque de la Commune, durant la semaine sanglante... Un héros atypique et une plongée mouvementée dans une période de l'Histoire souvent méconnue.
"Brexit romance" (histoire complète): Une comédie très actuelle, légère et féroce à la fois, entre romances simulées pour contrer le Brexit et romances réelles qui viennent foutre le bazar. Clémentine Beauvais est décidément un grand talent de la littérature jeunesse française.
"Ensemble à minuit" (histoire complète): A NewYork au moment de Noël. Après avoir été témoins d'un accident qu'ils n'ont rien fait pour empêcher, deux ados décident de relever le défi de faire sept bonnes actions désintéressées avant le Nouvel An. Une jolie leçon de vie jamais moralisatrice.
"La course au bonheur" (histoire complète): Dans un monde où la magie permet d'échapper à ses problèmes en payant un prix élevé, quatre adolescents enchaînent mensonges et manipulations pour tenter de trouver le bonheur. Un roman assez noir à l'intrigue prenante.
"Juniper Lemon ou la stratégie du bonheur" (histoire complète): En deuil de sa soeur aînée décédée quelques mois plus tôt dans un accident de voiture, Juniper se force malgré tout à poursuivre la rédaction de son "Index du Bonheur". Une héroïne attachante pour un roman au message beau et fort.
"J'ai égaré la lune" (histoire complète qui fait suite à "J'ai avalé un arc-en-ciel" mais peut très bien se lire indépendamment): Laissant sa petite amie aux Etats-Unis, Capucine part étudier un an au Japon, où elle va vivre dans une colocation ambiance "L'auberge espagnole". Drôle et feel good.
"Et ils meurent tous les deux à la fin" (histoire complète): Prévenus par le service téléphonique Death-Cast qu'ils vont mourir dans la journée, Mateo le geek introverti et Rufus l'orphelin tête brûlée se rencontrent par l'intermédiaire d'une app et décident de vivre à fond leurs dernières heures. Un roman touchant et surprenant, qui incite à la réflexion.

Je vous encourage, dans la mesure du possible, à effectuer vos achats dans une librairie indépendante. Mais si vous avez pour une raison quelconque décidé de commander plutôt sur Amazon suite à mes recommandations, ce serait très gentil de passer par les liens affiliés inclus dans ce billet: cela me permettra de toucher une petite commission sous forme de bon d'achat, que je réinvestirai dans d'autres lectures à commenter et partager!

dimanche 18 novembre 2018

[NOEL 2018] Des idées de beaux livres à offrir aux enfants de 3 à 12 ans





Voici une sélection de livres illustrés pour les 3-12 ans - ou pour les adultes qui ont gardé une âme d'enfant. Ce sont tous des parutions récentes afin d'éviter les risques de doublons, et la plupart d'entre eux coûtent une vingtaine d'euros. Un ♥︎ signale ceux que j'aime tellement que je les ai achetés pour moi!

Pour les amateurs de grands classiques
Dans la même collection: Le magicien d'Oz, superbement illustré par Benjamin Lacombe, et Les aventures de Pinocchio, non moins superbement illustrées par Justine Brax.
Cette version de La Belle et la Bête avec de ravissantes illustrations en papier découpé de Dinara Mirtalipova.

Pour les passionnés de mythologie
L'atlas des monstres légendaires est merveilleusement complet, avec ses créatures mythologiques présentées par régions du monde. Mon moi de 10 ans aurait tué pour un livre pareil!

Pour les scientifiques de demain
Mes inventions : Léonard de Vinci, un gros popup book éducatif et ludique à la fois qui présente les plus grandes contributions à la science du génie italien. 
Ici reposent tous les oiseaux ♥︎ est le carnet illustré d'un scientifique qui s'est lancé un défi un peu fou: reconstituer mécaniquement des oiseaux de toutes les espèces dans un monde où ils n'existent plus. Poétique et déjanté, un régal même pour les adultes.

Pour les amoureux de la mer
Deux très beaux ouvrages en papier découpé (et, dans le cas du second, animé), pour explorer les fonds marins avec des couleurs franches et des graphismes épurés: Pleine mer d'Antoine Guilloppé et Océan d'Hélène Druvert.

Pour les astronautes en herbe
Style rétro pour ce popup book éducatif qui fait voyager loin, très loin: Pop-up Lune

Pour les coeurs tendres
Les riches heures de Jacominus Gainsborough ♥︎: merveille de douceur et de sagesse, le nouvel album de Rebecca Dautremer raconte la vie d'un petit lapin avec ses joies et ses peines, depuis sa naissance au sein d'une famille nombreuse jusqu'à sa mort paisible. On a juste envie d'habiter dans les dessins avec Jacominus et les siens. 
Les contes du réveil matin: dans un style fort différent de ses romans pour adultes, Michel Bussi narre les poétiques aventures de Corentin, un petit garçon capable de communiquer avec les objets et la nature. C'est très moral sans jamais être moralisateur, et joliment illustré par Eric Puybaret.

Pour occuper tout le monde les jours de grand froid
Trompissime: un livre-jeu cherche-et-trouve dans lequel on piste des éléphants à travers les plus grandes villes du monde. 
To the moon ♥︎ et To the ocean deep: ne vous laissez pas décourager par les titres en anglais; il s'agit de deux livres de coloriage délirants qui se déplient sur une longueur de plusieurs mètres et représentent chacun une tour extraordinaire qui soit s'élance vers la lune soit s'enfonce dans les profondeurs sous-marines. Un vrai régal à détailler, et la possibilité de s'y mettre à toute la famille pour gribouiller pendant des heures, des semaines ou même des mois avant d'exhiber le résultat sur un mur.

Je publierai prochainement une sélection de romans et autres ouvrages pour adolescents. 

Je vous encourage, dans la mesure du possible, à effectuer vos achats dans une librairie indépendante. Mais si vous avez pour une raison quelconque décidé de commander plutôt sur Amazon suite à mes recommandations, ce serait très gentil de passer par les liens affiliés inclus dans ce billet: cela me permettra de toucher une petite commission sous forme de bon d'achat, que je réinvestirai dans d'autres lectures à commenter et partager!

jeudi 15 novembre 2018

"Ensemble à minuit" (Jennifer Castle)


New York, juste après Noël. Kendall rentre juste d'un semestre d'études en Europe et appréhende de reprendre les cours dans son ancien lycée. Max, lui, a choisi de reporter d'un an son entrée dans une fac prestigieuse à la plus grande incompréhension de ses proches. Un soir, tous deux assistent à une dispute de couple dans la rue, sans se décider à intervenir ni l'un ni l'autre - et la femme est renversée par un bus sous leurs yeux. Rongés par la culpabilité, ils décident de relever le défi que leur lance une serveuse: faire sept bonnes actions désintéressées avant le Nouvel An...

Dans "Ensemble à minuit", l'autrice montre en alternance le point de vue des deux héros, mais aussi celui des gens qu'ils tentent d'aider. C'est là le trait de génie qui donne toute sa saveur à ce roman jeunesse plein de bonnes intentions comme il en existe pas mal d'autres (non que je m'en plaigne: je suis assez fan du genre). Parfois, Kendall et Max perçoivent leurs tentatives comme ridicules voire indésirables, mais en se glissant dans la peau de leur vis-à-vis, on se rend compte de la véritable portée que peut avoir un geste bien intentionné. Cela fait d'autant plus chaud au coeur que l'histoire se déroule pendant une tempête de neige, et que ses protagonistes adolescents se débattent avec leurs propres problèmes que l'on découvre au fil des chapitres. En aidant les autres, ils finissent par s'aider eux-mêmes, jusqu'à une conclusion bien vue et joliment ouverte. J'ai beaucoup aimé. 

Traduction d'Alice Delarbre

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture

vendredi 2 novembre 2018

"The house with chicken legs" (Sophie Anderson)



Marinka a 12 ans et ne rêve que d'une chose: se faire des amis. Des amis vivants qu'elle pourra côtoyer davantage que l'espace d'une soirée. Car Marinka est la petite-fille d'une Yaga, Gardienne chargée de guider les âmes vers l'au-delà dont elle devra prendre la suite un jour. Tous les soirs, Baba et elle préparent un festin pour accueillir les morts et leur font raconter leurs meilleurs souvenirs avant de les aider à traverser le Portail. De temps en temps, sans crier gare, leur maison se dresse sur ses pattes de poulet et court s'installer ailleurs, dans un endroit toujours désert. Marinka a beau voir du pays et avoir un familier très attachant - un choucas prénommé Jack -, elle n'en peut plus de sa solitude et se rebiffe contre sa destinée...

Le mythe slave de Baba Yaga, la sorcière qui vit dans une maison ambulante, a inspiré de nombreux créateurs - Hayao Miyazaki, notamment. Ici, Sophie Anderson en livre une interprétation extrêmement originale et surprenante. Elle présente la mort comme un passage serein, une boucle qui se referme avec l'assistance bienveillante des Gardiennes que sont les Yaga. Elle réussit à faire de Jack le choucas et surtout de la maison à pattes de poulet des personnages pleins de caractère, extrêmement attachants. Et sur cette toile de fond singulière, elle peint une héroïne à la rébellion fort compréhensible, qui enchaîne les mauvais choix et se retrouve rongée par les regrets et la culpabilité. Bien que s'adressant à un public assez jeune, "The house with chicken legs"  n'hésite pas à aborder de façon très émouvante des thèmes graves tels que la responsabilité et le choix, l'identité et l'appartenance. A la fois roman initiatique et conte envoûtant, il m'a enchantée de bout en bout. 

mercredi 31 octobre 2018

"Coeur battant" (Axl Cendres)


Ils sont cinq dans le groupe des Suicidants, ceux qui ont déjà tenté de se tuer. Colette et son mari ont voulu partir ensemble avant que la mort les sépare, mais elle s'est ratée et se retrouve seule. Jacopo ne trouve aucun intérêt à la vie: malgré sa richesse, tout l'emmerde. Victor souffre de son obésité mais aime tellement manger qu'il ne parvient pas à se freiner. Alice avec son look gothique semble déjà morte, et c'est le plus beau compliment qu'on puisse lui faire. Alex a cessé de ressentir quoi que ce soit après la disparition de sa mère bipolaire quand il n'avait que sept ans, et le jour où son coeur s'est remis à battre, il a trouvé ça insupportable. Tous ensemble, ils concluent un pacte de suicide et fuient la clinique où ils sont traités pour aller se jeter du haut d'une falaise normande...

Depuis plusieurs années déjà, la sortie de chaque nouveau roman d'Axl Cendres est saluée par un concert de louanges. Curieuse, j'ai décidé de m'intéresser à ce "Coeur battant" dont l'idée de départ me faisait beaucoup penser à "Petits suicides entre amis" d'Arto Paasilinna. Arrivée à la fin, je regrette de ne pas partager l'enthousiasme général. Certes, l'autrice a une plume très agréable, vive et directe, émaillées de jolies saillies poétiques. Mais dans le cas de ce roman précis, les nombreux aphorismes dont les Suicidants parsèment leurs dialogues me sont assez vite devenus insupportables. Creux et répétitifs, ils ont tué tout le plaisir que j'aurais pu prendre à ma lecture. Par ailleurs, j'ai trouvé qu'Axl Cendres restait trop en surface de ses personnages et de son thème. Je peux comprendre qu'elle n'ait pas voulu faire dans le pathos, mais de mon point de vue, il y a là un potentiel psychologique et émotionnel insuffisamment exploité. La fin arrive très vite et n'apporte aucune surprise. En ce qui me concerne, un rendez-vous manqué. 

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture

dimanche 28 octobre 2018

"Words of deep blue" (Cath Crowley)


Juste avant de déménager, Rachel a écrit à son meilleur ami Henry pour lui avouer qu'elle l'aimait. Pourtant, il n'est jamais venu lui dire au revoir. Alors, pendant les 3 années qui ont suivi, Rachel a ignoré toutes ses tentatives de contact. Mais aujourd'hui, elle revient dans leur ville natale complètement transformée: son frère Cal s'est noyé dix mois plus tôt; elle a raté sa dernière année de lycée et ne parvient pas à sortir de sa dépression. Elle n'a aucune envie de revoir Henry. Malheureusement pour elle, c'est dans la librairie d'occasion des parents de celui-ci que sa tante lui a trouvé un petit boulot. Howling Books est un lieu bien particulier, notamment grâce à sa Bibliothèque des Lettres: un coin dans le fond du magasin où les livres ne sont pas à vendre, mais à annoter et à utiliser pour correspondre avec des gens vivants ou morts... 

Vive les recommandations de Good Reads! Sans elles, je ne serais probablement jamais tombée sur ce roman non traduit en français d'une autrice jeunesse australienne inconnue de moi. Alors que c'est une pépite, et que je l'ai dévoré quasiment d'un trait - achevant sa lecture dans un café où j'ai dû baisser la tête pour renifler discrètement dans ma tasse de thé vide depuis belle lurette. J'ai adoré le concept de la Bibliothèque des Lettres, dont Cath Crowley fait un usage astucieux autant qu'émouvant. Je me suis attachée aux héros adolescents: Rachel incapable de surmonter son chagrin, Henry tiraillé entre des aspirations contradictoires, sa petite soeur George, goth farouche à la langue bien pendue, Martin, le geek populaire qui veut absolument gagner son amitié, Lola, bassiste-compositrice lesbienne dont le bon sens ne s'applique qu'à la vie des autres... Bien sûr, j'ai cordialement détesté Amy, la belle gosse qui mène Henry par le bout du nez, et son nouveau petit ami Greg, archétype de la brute sans cervelle. 

En principe, je ne suis pas une grande fan des histoires d'amour, surtout adolescentes. Ici, j'ai été touchée par celle qui se noue entre George et son correspondant anonyme. Zéro surprise du côté de Rachel et Henry; ce qui m'a intéressée chez eux, c'est leurs problématiques individuelles, la situation sans espoir à laquelle chacun d'eux doit faire face. Rachel ne se remet pas de la mort de son frère. Elle ne parvient plus à approcher de l'océan qu'elle aimait tant et, alors qu'elle a toujours été passionnée par les sciences, a renoncé à son rêve de devenir biologiste marin. Quant à Henry, il se retrouve dans la situation impossible de décider si Howling Books, qui ne rapporte plus assez d'argent pour faire vivre sa famille, doit être vendu ou non: sa mère est pour, son père contre et sa soeur a décidé de se ranger à son avis. Henry est un amoureux des livres qui n'a jamais aspiré à rien d'autre qu'à vivre parmi eux, mais n'est-ce pas justement ce manque d'ambition et cet horizon minuscule qui ont fait fuir Amy? Les discussions entre lui et Rachel, grande pragmatique qui soutient que les mots n'ont aucun pouvoir véritable, devraient trouver écho chez tous les amoureux de littérature. Vous l'aurez compris: "Words in deep blue" est mon coup de coeur du mois!

lundi 17 septembre 2018

"Les Vanderbeeker T1: On reste ici!" (Karina Yan Glaser)


La famille Vanderbeeker compte 5 enfants: les jumelles Isa, passionnée de violon, et Jessie, scientifique en herbe; Oliver, le seul garçon, joueur de basket passablement dissipé; la timide Jacinthe qui adore la mode et confectionne elle-même ce qu'elle porte ou offre, et la petite dernière Laney, dont la spécialité est de distribuer câlins et bisous. Tout ce petit monde occupe le rez-de-chaussée et le premier étage d'une jolie maison de grès rouge située à Harlem. 

Mais un jour, leur propriétaire, le vieux M. Beiderman qui ne sort jamais de chez lui et se plaint sans cesse que les enfants font de trop de bruit, décide de ne pas renouveler leur bail. Les Vanderbeeker doivent vider les lieux avant la fin de l'année. Pour rester dans leur maison et leur quartier bien-aimés, ils mettent au point un plan de bataille. Objectif: se faire apprécier du vieux ronchon du 3ème étage... 

Sous sa jolie couverture, le premier tome de la série "Les Vanderbeeker" propose une chronique familiale chaleureuse, qui met l'accent sur l'importance des liens de voisinage et la notion de communauté. La fin très réussie donne envie d'enchaîner sur la suite, bientôt disponible en anglais et sans doute l'an prochain en français. Pour jeunes (ou moins jeunes!) lecteurs à partir de 9 ans. 

Traduction de Nathalie Serval

Merci aux éditions Casterman pour cette lecture

lundi 3 septembre 2018

"Les soeurs Carmines" (Ariel Holzl)


Pas facile de survivre dans la cité de Grisaille, surtout quand vous n'avez jamais connu votre père et que votre mère a disparu sans explication en vous laissant un gros paquet de dettes. Mais les soeurs Carmine s'y emploient avec leurs dons hors du commun. Merryvère, la cadette, est une intrépide monte-en-l'air encore un peu naïve vis-à-vis des choses de l'amour. Tristabelle, l'aînée, fait tourner la tête de tous les hommes avec son physique plantureux qui dissimule une âme de psychopathe. Dolorine, la benjamine, voit les morts et tient de grandes conversations avec son inquiétante poupée M. Nyx.

Dans cette trilogie à l'ambiance steampunk gothique, Ariel Holzl consacre un tome à chacune des soeurs. Si j'ai trouvé son écriture parfois agaçante à force de vouloir éblouir le lecteur, je lui reconnais le mérite d'avoir su donner une personnalité et une voix très distinctes à chacune de ses héroïnes - dont la première est finalement la moins intéressante. (Par contre, j'ai grincé des dents chaque fois que je tombais sur un nom de famille pluralisé, alors que la règle veut qu'ils soient invariable en français. Sérieusement, pourquoi?) Grisaille est un lieu glauque à souhait; dans ses rues perpétuellement envahies par la brume, les membres des huit grandes familles dirigeantes comme les simples manants complotent et s'entretuent allègrement. La série s'achève en apothéose spectaculaire bien qu'un peu rapide, et on regrette de ne pas en avoir découvert davantage sur le passé tumultueux de Maman Carmine, la dernière addition au clan ou les pouvoirs intrigants de chaque famille. On imagine sans peine une seconde trilogie avec des héros différents dans le même univers.

mardi 21 août 2018

"Brexit romance" (Clémentine Beauvais)


Marguerite Fiorel, 17 ans, est une soprano pleine de promesses mais qui manque encore d'expérience de la vie. Invitée à Londres pour chanter "Les noces de Figaro", elle s'y rend avec son professeur, le sévère Pierre Kamenev. Leur route croise celle de Justine Dodgson, créatrice d'une start-up secrète visant à organiser des mariages factices pour contourner les limitations imposée par le Brexit. C'est le début d'une série de trépidants chassés-croisés amoureux à la sauce britannique...

Après "Les petites reines" (que j'ai adoré) et "Songe à la douceur" (qui bien qu'étant un véritable tour de force stylistique m'a laissée assez froide), Clémentine Beauvais revient en cette fin d'été avec un roman très ancré dans l'actualité. Elle s'empare d'un véritable drame politique pour en faire une comédie pleine de piquant. D'une plume désinvolte et toujours aussi fantaisiste, sous laquelle perce sa tendresse pour la culture britannique, elle épingle gentiment les travers de tous ses personnages: la naïveté de la jeune et romantique Marguerite, les incohérences et le ridicule occasionnel de la bien intentionnée Justine, la rigidité cocasse de l'anachronique Pierre. Aucun d'eux n'est épargné, mais tous demeurent éminemment attachants. Ses traits les plus féroces, l'auteure les réserve à l'extrême-droite locale dont elle trace un portrait à la fois léger et plein d'un subtil vitriol, à l'occasion d'une mémorable scène de garden party qui m'a laissée partagée entre la consternation et le fou rire. Faites-moi confiance: cette "Brexit romance" est un délice acidulé à savourer de toute urgence!

Merci aux éditions Sarbacane pour cette lecture en avant-première

lundi 6 août 2018

"Venise n'est pas en Italie" (Ivan Calbérac)


Emile Chamodot est en première, avec un an et demi d'avance. C'est le matheux de sa famille installée à Montargis. En attendant le permis de construire de leur future maison, ses parents et lui vivent dans une caravane au fond de leur terrain. Bien entendu, il n'est pas question que la jolie Pauline, gosse de riches et violoniste émérite pour qui notre héros en pince très fort, découvre que son père est un VRP amateur de maximes foireuses, que sa mère lui teint les cheveux en blond parce qu'elle le trouve plus beau ainsi, et que son frère aîné se spécialisait dans <s>le vol</s> l'emprunt de motos avant d'entrer dans l'armée. Quand elle l'invite à venir le voir en concert à Venise pendant les vacances de Pâques, Emile ne se tient plus de joie... jusqu'à ce que ses parents lui annoncent qu'ils vont l'emmener eux-mêmes en Italie.

C'est à la première personne et sous forme de journal intime qu'Ivan Calbérac a choisi de raconter quelques semaines mouvementées de la vie d'Emile: l'histoire de son premier amour, articulée autour d'un road trip familial cocasse. Mélange de sagesse précoce et de naïveté adolescente, son jeune protagoniste se débat entre l'amour immense qu'il voue à ses parents et la honte que ceux-ci lui inspirent constamment. Que le lecteur qui n'a jamais été mortifié par ses géniteurs à l'âge de 15 ans lui jette la première pierre! Drôle et touchant, "Venise n'est pas en Italie" mérite bien que vous lui fassiez une petite place dans vos lectures de vacances.

dimanche 15 juillet 2018

"Les Doldrums" (Nicholas Gannon)


Archer Helmsley, 11 ans, vit dans une maison haute et efflanquée dont il n'a pas le droit de sortir hormis pour aller à l'école: ses grands-parents explorateurs ont disparu dans l'Antarctique, et sa mère craint qu'il n'ait hérité de leur déplorable penchant pour l'aventure. Heureusement que le jeune garçon a toute une ménagerie empaillée pour lui tenir compagnie. Quand il se lie d'amitié avec ses voisins Oliver Glub, aussi intelligent que timoré, et Adélaïde Belmont, une danseuse dotée d'une jambe de bois, il décide de monter une expédition de sauvetage... 

Ce premier tome d'une série jeunesse qui en compte actuellement deux n'est pas du tout le trépidant roman d'aventure qu'on pourrait imaginer. Nicholas Gannon prend son temps pour camper ses protagonistes, développer l'amitié qui se tisse entre eux et dresser maints obstacles réalistes sur leur route. Malgré la scène d'action farfelue dont il gratifie le lecteur dans ses derniers chapitres, "Les Doldrums" est un roman essentiellement contemplatif et atmosphérique, rendu encore plus savoureux par les très belles illustrations qui émaillent ses pages. Je compte enchaîner très vite sur la suite

Traduction de Catherine Nabokov