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jeudi 17 janvier 2019

Et petit à petit, apprendre à aimer l'hiver





J'ai longtemps détesté l'hiver. Sans aller jusqu'à souffrir de dépression saisonnière, j'avais beaucoup de mal à garder le moral pendant ces quelques mois où je souffrais du froid et du manque de lumière, où je peinais à me lever le matin et avais envie de me coucher avec le soleil en milieu d'après-midi. Je  me plaignais en boucle et vivais les yeux rivés au calendrier, attendant le retour du printemps. Puis vers la quarantaine, comme je sentais le cours du temps accélérer et ma biologie interne ralentir, j'ai eu une sorte de déclic. J'ai commencé à percevoir la beauté de toutes les saisons, à éprouver la nécessité de leur succession, à accompagner ce cycle au lieu de me rebeller vainement contre lui. J'ai collectionné les petits plaisirs spécifiques de l'hiver et développé des stratégies pour pallier ses difficultés. 

lundi 29 octobre 2018

Conseils à mon Moi futur pour affronter l'hiver





Chère Moi de fin octobre 2018,

Alors ça y est, on est repassé à l'heure d'hiver; il fait de nouveau nuit au milieu de l'après-midi et tu n'as plus qu'une envie: dormir jusqu'en mars prochain. N'écoute pas ton ourse intérieure! L'an dernier, tu as traversé cette saison déprimante le sourire aux lèvres. Au cas où tu aurais déjà oublié comment tu as accompli cet exploit, je m'en vais te rafraîchir la mémoire avec quelques conseils testés et approuvés par Toi-Même (la meilleure garantie de qualité au monde):

mardi 7 février 2017

February snapshot




J'ai beaucoup trop de travail en ce moment; je rêve de prendre un après-midi de congé juste pour aller me promener. En réalité, je n'ai même plus le temps d'assister au cours d'aerial yoga du mardi - et une fois par semaine, je sens bien que ce n'est pas assez, surtout alors que je fais actuellement une obsession sur les pâtes au gorgonzola. Je compte les jours jusqu'au 2 mars, date à laquelle j'aurai rendu mes deux traductions en cours: un roman de science-fiction jeunesse super sympa et le 25ème tome d'une série qui, que, bref. Il faudrait que je termine le tout dernier dossier comptable pour mon association de gestion agréée, que je refasse ma couleur et mon profil LinkedIn, mais j'ai la flemme. Je vis pelotonnée dans mes grands gilets en tricot et quand j'ai fini de bosser, l'après-midi, je n'ai pas le courage d'affronter le froid et le jour déclinant: je préfère me réfugier sous ma couette avec un bouquin. 

Pourtant, j'ai plein d'idées de sorties, de choses à tester, de projets autour du blog. Mais ma motivation risque d'hiberner quelques semaines encore. Je teste des séries télé et les rejette les unes après les autres, hormis "A series of unfortunate events" que je regarde avec un enthousiasme mitigé. Je manque d'inspiration pour remplir mon Hobonichi de la façon que je voulais. Du moins ai-je réussi à endiguer mon angoisse face à l'actualité. Je continue à suivre l'incroyable cirque médiatique autour des présidentielles françaises et l'incroyable résistance des Américains aux horreurs trumpiennes, mais avec un peu plus de distance. Je ne vais pas mal; je ne suis même pas réellement déprimée, mais je remets tout à plus tard: quand je serai venue à bout de cet Himalaya de travail, quand mon corps et mon esprit engourdis par le manque de lumière et de chaleur commenceront à se réveiller. 

Et vous, comment ça va en ce moment?

mardi 10 janvier 2017

La saison de la marmotte



Même si l'hiver n'a officiellement commencé que depuis trois semaines, j'ai l'impression d'être en plein coeur de la saison froide. Ca faisait des années que les températures n'avaient pas été aussi basses et que je n'avais vu ni neige ni verglas (ou juste en quantité symbolique). A cause du réchauffement climatique, il me semble assez difficile de rouspéter contre ça, mais clairement, ça ne contribue pas à donner une folle envie de sortir de chez soi. Entre le froid et mon anémie actuelle, je dors neuf heures par nuit et case encore une sieste dans l'après-midi lorsque je peux. Si ça se trouve, je suis lentement en train de me métamorphoser en marmotte. 

Je suis tombée à court de mon précieux you zi hua cha depuis une semaine, et je n'ai trouvé ni le temps ni le courage de m'aventurer jusqu'au magasin pour aller en chercher. Cercle vicieux: du coup, mon réveil est encore plus difficile! Et comme je croule sous le boulot en ce moment, mes journées se résument à peu de choses: bosser, lire, regarder un épisode de série télé le soir. J'ai de plus en plus de mal à trouver à la fois le temps et la motivation pour me traîner à l'aerial yoga deux fois par semaine. Et je sais que ça va continuer sur ce mode jusqu'à début mars. 

Cela dit, je ne suis absolument pas déprimée. J'ai accepté beaucoup de travail pour cette période parce que c'est le meilleur moment pour engranger des sous et commencer à organiser les voyages prévus le reste de l'année. Je sais que c'est normal de dormir plus et d'avoir moins d'énergie en hiver - c'est le rythme de la nature et je ne vais pas le révolutionner à moi toute seule. Je suis contente de ne pas me sentir obligée de "profiter" du beau temps et, mon quota de pages terminé, de pouvoir me réfugier dans mon lit avec un bouquin et un chocolat chaud jusqu'au retour de Chouchou. Je ne voudrais pas que toute mon année ressemble à ça, mais je trouve plus facile d'accepter le cycle des saisons que de lutter contre. 

Et vous, il se passe comment votre hiver jusqu'ici? 

lundi 28 novembre 2016

Ice Magic "Antarctica" à Hasselt


C'est devenu une de nos traditions: à l'approche des fêtes, nous allons voir le festival de sculptures de glace où qu'il ait choisi de planter son chapiteau en Belgique. Les années précédentes, nous avons eu droit au Seigneur des Anneaux puis au Hobbit, à la bédé belge et à Star Wars. Cette fois, le thème est l'Antarctique, et j'ai pensé que ce serait un changement agréable. En plus, à Hasselt, il y a aussi un beau jardin zen et un chouette musée de la mode; du coup, il y avait de quoi amortir le déplacement en train! Dimanche après-midi, nous sommes donc sortis de la gare de Hasselt vers 14h30, et nous avons commencé par sauter dans un bus pour nous rendre au jardin zen, pensant que les photos rendraient mieux en début d'après-midi quand il y avait encore de la lumière. Pas de bol: le jardin était fermé pour travaux jusqu'au 31 mars (ce que nous n'avions vu nulle par sur internet en préparant notre sortie). 

Un peu contrariés, nous avons demandé au GPS de l'iPhone de Chouchou de nous ramener à pied vers le Ice Magic. Et là, horreur malheur: contrairement aux éditions précédentes, qui se tenaient à part du reste des festivités de fin d'année, le Ice Magic Antartica était niché en plein coeur du marché de Noël. Et si mal indiqué que nous avons tourné un long moment pour en trouver l'entrée, au milieu d'une foule compacte et parmi cet infâme mélange d'odeurs de nourriture grasse et de vin épicé que je déteste cordialement. Consolation: les billets coûtaient seulement 9€ (au lieu de 15 d'habitude), et il n'y avait pas de file d'attente pour accéder au chapiteau. Nous avons vite compris pourquoi. La visite est si rapide que pour une fois, nous n'avons même pas eu le temps d'avoir froid aux mains en prenant des photos sans gants. Dix minutes à tout casser. 


















Alors, oui, les sculptures en elles-mêmes sont toujours aussi réussies, finement ouvragées et bien mises en valeur par un choix judicieux d'éclairage ainsi qu'une disposition qui permet de les admirer sans être gêné par les autres visiteurs. Je regrette toutefois l'absence de panneaux explicatifs: j'aurais trouvé ça bien de donner les noms des animaux représentés et, pendant qu'on y était, de glisser un petit message sur la disparition annoncée de la banquise et la menace que ça représente pour nombre d'espèces. Et au final, un aller-retour en train depuis Bruxelles plus une entrée plein tarif par personne, ça fait quand même beaucoup de temps et d'argent pour dix minutes d'attraction. Une déception, donc. 

Ice Magic - Winterland
Kolonel Dusartplein
3500 Hasselt

mardi 11 octobre 2016

L'hiver prosaïquement




Ca faisait déjà plusieurs années que je m'accommodais bien mieux de la soi-disant "mauvaise" saison, mais là, je suis carrément ravie de voir approcher l'hiver. Peut-être parce que la canicule de cet été a souvent été difficile à supporter. Peut-être parce que depuis quelques semaines, j'ai enfin trouvé une activité physique qui m'enthousiasme (et qui se calque sur le rythme scolaire). Peut-être parce que, pour la première fois depuis trois ans, j'ai prévu d'aller voir ma famille à Toulouse pendant les fêtes et que je compte déjà les jours. Ou peut-être tout simplement parce que plus je vieillis, plus je comprends, accepte et savoure la nature cyclique des choses. Malgré le réchauffement climatique, le passage des saisons reste un des rares repères immuables dont nous disposons, un précieux élément de stabilité dans un monde trop souvent chaotique à mon goût. 

Plus prosaïquement, je me réjouis à la perspective de...
- recommencer à porter ma collection de collants multicolores et à motifs
- étrenner enfin les deux paires de chaussures fermées achetées à la fin des dernières soldes d'hiver
- remettre du vernis à ongles foncé
- boire des litres et des litres de chocolat chaud
- lire dos au radiateur brûlant sur mon coussin de yoga
- dîner d'une soupe et de tartines
- découvrir la suite de mes séries coup de coeur de cet automne: "The good place" et "This is us"
- aller me coucher tôt le soir avec une bougie parfumée et un bouquin
- faire la grasse matinée sans scrupules le week-end
- préparer des brunchs à la maison 
- m'occuper un peu plus de mon intérieur 
- faire des gâteaux le dimanche après-midi
- regarder des séries ou des films blottie sous un plaid avec Chouchou
- avoir une parfaite excuse pour cocooner au lieu de me sentir obligée de sortir
- bosser d'arrache-pied en semaine et garnir mon compte en banque pour les dépenses à venir
- manger de la patate douce jaune qu'on trouve seulement dans mon sud-est natal
- être motivée pour tester des recettes délicieusement roboratives
- entamer deux nouveaux agendas début janvier
- profiter des soldes d'hiver pour m'offrir une ou deux grosses pièces un peu trop chères à la base
- tonifier ma silhouette grâce à l'aerial yoga avant le retour des vêtements légers
- voir les jours rallonger après les fêtes et anticiper le retour du printemps!

jeudi 17 décembre 2015

Traverser l'hiver




Je sais qu'il existe des gens qui adorent l'hiver. Soyons clairs: je ne fais pas partie de ceux-là. Passe encore pour le froid; ayant la chance de travailler à la maison, je peux choisir de ne pas affronter le Grand Dehors Glacé la plupart des jours. Mais éteindre la lumière à 10h pour la rallumer avant 15h, ça me mine le moral. Et déjà que le ciel est fort gris en Belgique le reste de l'année... De plus, entre les événements récents à Paris et à Bruxelles d'une part, et le fait que je ne vais ni voir ma famille ni partir au soleil d'autre part, les fêtes et les mois à suivre s'annoncent particulièrement pénibles. Mais je ne me laisserai pas avoir par la déprime! Stratégie de résistance en X points. 

Je me lève plus tôt pour avoir fini mon travail à une heure où il fait encore jour. Puis, à condition qu'il ne tombe pas un déluge, je m'oblige à sortir me promener. Tous les prétextes sont bons: aller lire dans un salon de thé, racheter un feutre rose ou des filtres jetables, regarder les dernières nouveautés chez Brüsel ou bouquiner chez Filigranes, traquer les installations de yarn bombing ou autre street art, me lancer dans la quête d'un rouge à lèvres d'une teinte bien précise (et qui n'existe pas), m'offrir une crêpe dans un food truck, chercher des cartes de voeux ou d'anniversaire, me ravitailler en fromage anglais chez Marks & Spencer, voir une expo avec Chouchou, rejoindre une amie pour un cocktail en début de soirée... Le seul impératif, c'est de tout faire à pied. Et si possible, d'atteindre les 10 000 pas quotidiens. Je prends l'air, je me dégourdis les jambes, je fais un plein du peu de lumière disponible. 

A la maison, je multiplie les détails qui donnent envie de cocooner. Le matin après ma douche très chaude, je me tartine les jambes d'une crème à la consistance de chantilly et au divin parfum citronné. Je me peins les ongles en rouge parce que c'est plus gai. Je me suis offert un bas de pyjama étoilé et des pantoufles très douillettes chez Etam, ainsi qu'un joli pull d'intérieur pendant les dernières promotions des Galeries Lafayette - si je traîne chez moi, que ce soit avec un minimum de style! Je fais aussi une fixation sur les bougies parfumées, que je trouve chez Hopono rue du Bailli, au Nature & Découverte de City 2 ou chez & other stories, avenue de la Toison d'Or. Tous les soirs, j'en allume une pour profiter à la fois de son odeur et de sa douce lumière. J'ai toujours une couverture près du canapé, pour me blottir dessous quand je bouquine à Monpatelin ou mate une série télé avec Chouchou à Bruxelles. En cas d'appel de sucre, je garde dans mes placards de quoi préparer un chocolat chaud décent, et quelques shortbreads pour tremper dedans jusqu'à ce qu'ils menacent de se dissoudre. En cas de gros coup de barre, je fonce chez Méert ou chez Marcolini pour une pâtisserie crapuleuse joliment emballée. 

Je profite de ce que l'obscurité incite à l'introspection pour faire le point avec moi-même, me demander de quoi j'ai envie, dans quelle direction je pourrais évoluer et par quel moyen. Je rédige des listes de projets à réaliser, d'activités à proposer sur le blog, de films à regarder, de lieux à visiter, de fringues à chercher pendant les soldes de janvier (un ou deux pulls en cachemire supplémentaires, par exemple). Je prends des cours sur internet parce que les neurones c'est comme les muscles: ils ne s'usent que si on ne s'en sert pas. Je lis encore plus que le reste de l'année; ça tombe bien, j'ai maintenant un blog littéraire à alimenter! Par contre, j'évite les sujets plombants et les atmosphères déprimantes, préférant les histoires gaies ou qui font chaud au coeur.

J'essaie d'organiser des choses motivantes, de fixer une date pour faire des trucs avec mes amis, de réfléchir aux prochains voyages, de prévoir des excursions en train avec Chouchou le week-end. Je documente tout ce que je fais; je prends des photos, je rédige des notes dans mon agenda et je viens le raconter ici, ce qui me permet de prolonger le plaisir (ou d'exprimer ma frustration quand je ne suis pas satisfaite!). Je cherche des moyens de garder le contact avec les gens que j'aime et qui sont loin, sans nécessairement passer par le téléphone dont je ne suis pas très fan. Je publie sur leur mur Facebook des vidéos qui m'ont fait penser à eux; je leur envoie du courrier ou des bricoles par la Poste.

Et puis, de temps en temps, je m'autorise à être triste. Si cette année 2015 m'a appris une chose, c'est que ça n'était pas la même chose que déprimer. Que parfois, il fallait s'autoriser à ressentir pleinement les émotions difficiles, les accepter pour pouvoir ensuite les évacuer et passer à autre chose. Que ça n'était pas un signe de faiblesse, et que me souvenir que je suis vulnérable n'allait pas forcément me démolir. Je m'autorise à pleurer en dedans les gens qui ne reviendront plus, les Noël enfuis, l'innocence perdue. La vie ne sera plus jamais la même et souvent, le monde me fait peur. Ca ne signifie pas que l'espoir est mort ou qu'il ne reste rien à construire. Mais il faut trouver assez d'imagination pour s'inventer un autre avenir. Assez de volonté et de ressources en soi pour traverser l'hiver.

samedi 27 décembre 2014

Il ne manquait plus qu'elle




Après une excellente soirée "produits du terroir" entre amis, la nuit avait été un peu agitée: d'abord le téléphone de Chouchou avait double-bipé à 2h46 alors que mon estomac venait juste de consentir à ce que je m'endorme, puis Chouchou lui-même s'était mis à ronfler, m'obligeant à dégainer les boules Quiès. Mais nous nous étions levés tout heureux à la pensée de ce départ tant attendu pour Porto, son ciel sans nuages et ses 12° prévisionnels pendant la semaine à venir. Passer le Nouvel An au Portugal, quelle merveilleuse idée! 

Il nous restait une journée pour faire le ménage à fond, histoire de rentrer vendredi dans un appartement nickel et d'attaquer janvier du bon pied. Alors, après un petit-déjeuner de thé et de panettone, nous nous étions mis à l'oeuvre, épongeant la mare d'eau glacée vomie par le congélateur qui n'avait pas été dégivré depuis deux ans au moins, passant plumeau, aspirateur et balai lavant dans toutes les pièces, cuisinant autant de produits frais que possible, examinant le contenu du frigo et jetant les pots de sauce impossible à identifier mais périmée depuis le mois d'avril, multipliant les aller-retour à la cave avec des poubelles pleines. 

Bien qu'on soit samedi, l'avenue était très calme. Nous n'attendions ni courrier ni coups de fil; nous nous contentions de nous affairer dans un silence joyeux à ce que nous considérons d'ordinaire comme des corvées mais qui, exceptionnellement, ne nous pesait pas tant que ça. Je repensais au kagami biraki que j'avais passé au dojo de Tamura Sensei, et à l'occasion duquel tous les élèves (dont moi) avaient intégralement briqué l'immense bâtisse perdue dans la campagne - un des rares bons souvenirs que je conserve de mes années d'aikido. Chouchou, lui, pensait... probablement à des trucs de Chouchou qu'il est le seul à pouvoir comprendre (et encore, ce n'est pas sûr)

Sur le feu, un risotto aux asperges absorbait lentement la dernière louche de bouillon, et je sirotais le reste du Riesling quand Chouchou a lancé: "Ah, ça y est ici aussi." J'ai tourné la tête vers la fenêtre. Les flocons blancs dont nos amis suisses postaient des Instagram depuis le matin étaient arrivés à Bruxelles. "Ca ne va pas tenir", a prédit Chouchou. 

Il se trompait. La neige a continué à tomber tout l'après-midi pendant que je faisais la valise en musique et me récompensais de mes efforts avec un délicieux chocolat chaud, ainsi que quelques chapitres de "The secret of lost things"; elle a continué à tomber pendant que, blottis sur le canapé, nous regardions l'épisode de Noël de "Downton Abbey" en prenant des paris (si les Bates se reproduisent, combien de temps avant que le bébé ne finisse en prison?). A l'heure où j'écris ce billet, elle semble hésiter à se changer en pluie. L'épais manteau d'ouate immaculée sur toute la ville, ce ne sera pas pour cette fois. Mais un de mes deux voeux secrets aura été exaucé: j'aurai eu de la neige pour Noël. 

mercredi 17 décembre 2014

In the mood for winter




Bon d'accord: techniquement, nous ne sommes pas encore en hiver. Mais l'été indien a été si beau et s'est prolongé si tard que la transition n'en a été que plus brutale. Depuis un mois et demi, le ciel est gris et bas sur Bruxelles, même si j'ai déjà connu de pires froids à cette période de l'année. Il n'a pas cessé de pleuvoir durant mon dernier séjour monpatelinois (du jamais vu!) et les contrariétés s'entassent de façon presque comique depuis deux semaines - rien de grave, juste des trucs qui bouffent du temps et de l'énergie au lieu de se régler en deux coups de cuillère à pot comme ils le devraient. Sans compter que la période des fêtes n'est franchement pas ma préférée.

Mais bizarrement, bien que je continue à râler sur les choses qui fonctionnent de travers, à ne pas mâcher mes mots dans des situations qui me déplaisent et à n'avoir aucune patience vis-à-vis des gens qui m'irritent, je ne m'attarde pas dessus. Je fais le nécessaire (généralement: relancer les administrations/les services comptabilité ou clientèle avec un cocktail politesse-fermeté bien dosé), et puis je passe au truc suivant sur ma To Do List. Mon moral est remarquablement stable, pas stratosphérique, mais dans une bonne moyenne.

A vrai dire, cette saison de repli sur soi-même et sur son foyer m'arrange bien. Depuis quelques mois, je réfléchis pas mal à deux notions, deux qualités ou traits de caractère qui me font défaut - l'un que je pense que je gagnerais à cultiver, et l'autre pour lequel je ne ne suis vraiment, vraiment pas sûre. Le livre d'Amanda Palmer, "The Art of Asking", arrive à point nommé pour nourrir ma réflexion. Nous sommes radicalement opposées sur les points qui me préoccupent, et je trouve fascinant d'observer le raisonnement, le mécanisme à l'oeuvre chez quelqu'un qui a sciemment décidé de faire tout le contraire de moi. D'autant qu'elle explique ça très bien et étoffe son récit de plein d'exemples positifs. Je pense qu'il me faudra un moment pour digérer ça et en tirer des conclusions me concernant. Ca tombe bien: la météo est propice à l'instrospection.

Je vais au lit de bonne heure. Je bouquine énormément, avec quelques chouettes découvertes. Je dors bien, et je me lève sans trop de mal le matin malgré l'absence de lumière naturelle. Je bois sûrement trop de thé et de chocolat chaud. Je mange sûrement trop de plats roboratifs (mais j'ai décidé de faire la fête à mes bourrelets en janvier). Je suis soulagée de voir mon planning de boulot quasiment plein pour 2015, avec peut-être une perspective de nouveauté. Je fais des plans pour le blog. Je réfléchis aux choses superflues dont je pourrais encore me débarrasser, et aussi aux quelques bricoles vraiment utiles dont l'acquisition serait justifiée. J'essaie de voir ce que nous pouvons raisonnablement envisager comme déplacements l'année prochaine, en plus d'un passage en Gruyérie, des incontournables Imaginales et d'une visite à ma famille. Je m'interroge sur ce que je peux améliorer dans ma vie (même si je la trouve déjà vachement bien).

Je m'interroge sur ce que je peux améliorer chez moi (même si je me trouve déj. Sur mes motivations pour le faire. Sur ce que j'y gagnerais peut-être en bien-être, sur ce que j'y perdrais peut-être en authenticité. Les efforts à fournir et les résultats escomptés.

Parfois, j'ai l'impression d'être un chantier qui ne sera jamais fini. Une maison où, chaque fois qu'on se croit enfin tranquille, on se rend compte qu'il va falloir changer ceci ou refaire cela. Que le tapis correspondait à nos goûts à l'époque où on l'a acheté, mais que là, il est temps de le remplacer. Et que du coup, ça obligera probablement à rafraîchir les peintures.

Je cherche mon mot pour 2015. Pour l'instant, celui qui s'impose à moi, c'est la "qualité que je gagnerais à cultiver" dont j'ai parlé plus haut. Et... je n'ai pas envie de m'infliger encore tout ce travail. J'ai envie de choisir quelque chose de gai et de facile: magie, lumière, légèreté. Tant de gens vivent sans se poser des questions en permanence; pourquoi ne puis-je pas en faire autant? Pourquoi faut-il que je me sente toujours en compétition avec le meilleur moi que je pourrais être, que je considère comme mon devoir de m'en rapprocher le plus possible? Pas pour faire plaisir aux autres, pas pour être plus aimée, juste pour satisfaire mes propres exigences et être en paix avec moi-même. 

Je crois que je n'aurai pas trop de trois mois d'hiver pour tenter d'y voir clair là-dedans. 

mardi 4 novembre 2014

Vienne l'hiver




Après un dernier baroud d'honneur ce week-end, l'été indien s'est retiré, laissant la place à un automne convenablement gris, froid et pluvieux. J'ai longtemps détesté la "mauvaise saison": ces 5 mois compris entre la Toussaint et mon anniversaire pendant lesquels le soleil se couche terriblement tôt, emportant avec lui toute mon énergie et jusqu'à mon envie de faire quoi que ce soit de productif.  Cinq mois où  je renonce à toute idée d'élégance - chez moi comme dans la rue - pour me concentrer sur des impératifs de survie thermique. Cinq mois où je souffre du manque de lumière même en journée et ne sors de chez moi que contrainte et forcée. Cinq mois où, à cause du froid et de l'obscurité, mes idées noires sont plus difficiles à tenir en respect. 

Mais au fil des ans, petit à petit, la façon dont j'appréhende l'hiver a évolué. J'ai fini par comprendre qu'au même titre que la nature qui m'entoure, je fonctionne selon des cycles, et que j'ai besoin d'une période annuelle de repli sur moi-même. Une période où le beau temps et les longues journées ne me font pas culpabiliser quand je ne suis pas dehors en train d'en profiter. Une période où je n'ai aucun scrupule à ne prévoir aucune activité pour mes soirées ou mes week-ends, sinon bouquiner au chaud sous la couette. Une période où, au lieu de penser "Pfff, on devient vieux", je savoure les moments passés tranquillement à la maison avec mon amoureux. Une période où, ayant plein de temps pour rêvasser, je laisse mûrir mes réflexions intimes, mes idées créatives et mes projets de voyage. Comme la terre gelée, je reprends des forces en profondeur pour mieux ressortir de ma coquille au printemps. 

Avant, je rêvais d'un été éternel. Aujourd'hui, je me rends compte à quel point chaque saison est précieuse pour elle-même et doit être pleinement savourée dans tout ce qu'elle a à offrir. L'été pour ses mojitos, l'hiver pour ses chocolats chauds. L'été pour les dîners en terrasse, l'hiver pour les plateaux télé devant un bon film.  L'été pour la caresse du soleil sur la peau nue, l'hiver pour les feux de cheminée et les couvertures douillettes. L'été pour la légèreté et l'impression que le bonheur durera toujours, l'hiver pour la méditation et l'acceptation sereine des difficultés de la vie. Nous entrons dans la saison où, plus qu'à n'importe quel autre moment de l'année, chacun se retrouve face à lui-même, à ses faiblesses et à ses zones d'ombre. Les miennes ont cessé de me faire peur. Je suis prête, non pas à affronter l'hiver, mais à me mettre à son diapason. 

mardi 11 février 2014

Procrastination j'écris ton nom (et pas grand-chose d'autre)




Puisque j'ai banni la tentation du shopping en février et que, pour le moment, ni nos finances ni l'emploi du temps de Chouchou ne nous permettent d'autres sorties que les aller-retour au club de gym, je devrais être en train de tailler dans ma To Do List à grands coups de hache. Or, j'ai l'impression de n'avoir absolument rien foutu depuis le début du mois. J'ai deux excellentes excuses: cette traduction que j'adore me lessive totalement les neurones, et la météo froide/pluvieuse fait ressortir mes gènes de mémé loir. Mais je ne crois pas aux excuses, surtout en ce qui me concerne. Parce que même si elles jouent, la vérité vraie, c'est que j'ai soit la flemme, soit la trouille de me lancer dans mes projets du moment. Ecrire cette demi-douzaine de billets vraiment personnels qui tournent dans ma tête depuis des semaines ou des mois. Terminer ce foutu point de croix Cthulhu qui traîne en longueur parce que les différentes teintes de vert me rebutent. Attaquer cette paire de chaussettes dégoulinantes au crochet dont le patron me file la migraine par avance. Apprendre à maîtriser le logiciel qui me permettra de me lancer dans certaine activité créative. Bosser sur le challenge "Ménage de printemps" que je voulais organiser le mois prochain. Démarrer le carnet de mosaïques dessinées pour lequel j'étais si motivée en début d'année. Recommencer à faire des portraits de chaussures pour me dérouiller le pinceau. Re-créer une page vide-dressing pour éliminer les plus belles affaires que j'ai achetées et jamais portées. Finaliser mes plans d'anniversaire. Entre la théorie et la pratique, entre mes idées et leur réalisation, il y a un pas que j'ai toujours un mal de chien à franchir. Et je lutte contre ce blocage, mais souvent, c'est lui qui gagne. Sinon, je serais déjà maître du monde connu, ou au minimum la Martha Stewart de la francophonie (je tâcherais juste d'éviter le séjour en prison). Au lieu de ça, mon plus grand titre de gloire du moment est d'avoir vaincu hier le niveau 524 de Candy Crush Saga. Je sais que je perds mon temps, mais impossible de me bouger. Si je m'écoutais, je me roulerais en boule sur le canapé avec l'intégrale de "Forbrydelsen" et une soupière de chocolat chaud. Motivation, ma motivation chérie, où es-tu passée? 

Avis à la population: Si vous retrouvez ma motivation (peu servi, très bon état), merci de me contacter par mail. Grosse récompense en bisous. 

dimanche 19 janvier 2014

Légère




Pour l'instant, je le vis très bien, cet hiver. 
J'ai énormément de travail jusqu'à fin février, et je pensais n'avoir rien le temps de faire d'autre à côté. Je m'inquiétais même de ne pas pouvoir me tenir à mon planning de sport. 
En fait, c'est tout le contraire qui est en train de se passer. Plus j'ai de boulot, plus je me force à me discipliner, plus la satisfaction de ce que j'ai accompli me donne l'envie et l'énergie nécessaires pour accomplir d'autres tâches sur ma lancée. 
Bien sûr j'imagine que cette courbe a une limite, que si je ne dormais plus que 3h par nuit et tentais de pondre 80 000 signes par jour, je m'écroulerais rapidement. Mais là, j'ai l'impression d'approcher ma productivité optimale. Et je reste zen face aux petites contrariétés, un peu parce que j'ai décidé de me taire ce mois-ci, un peu parce que j'ai autre chose à foutre que ruminer bêtement. Occupée, je me sens légère. 
L'action, meilleur anxiolytique du monde. 
Les facteurs extérieurs jouent en ma faveur. Ma dernière visite chez la gynéco, que j'appréhendais beaucoup, s'est soldée par un bilan positif qui m'a délivrée d'un énorme poids. Et la météo est plutôt clémente pour la saison: on tourne autour de 8-10° en journée à Bruxelles en ce moment, ce qui est assez inespéré. 
Je pense aussi que mon alimentation super-saine contribue à ma forme générale. Le combo "pas de viande-pas de gluten-beaucoup de légumes" me booste physiquement. Sans parler des effets secondaires de l'activité physique: pendant mon dernier séjour à Monpatelin, je me suis surprise plusieurs fois à regretter de ne pas pouvoir aller à la salle de sport. 
De la même façon qu'il existe une spirale infernale de la dépression, je pense qu'il existe un cercle vertueux de la positivité, de l'action et de l'énergie. Plus je coche de choses sur ma To-Do List, plus je me sens d'attaque pour en éliminer d'autres dans la bonne humeur, et plus le calme se fait dans ma tête.
Sur ce, je vous laisse: j'ai piscine. Pour de vrai.

lundi 18 novembre 2013

Un swap cocooning, ça vous dit?





La météo d'hiver est arrivée. Pluie, frimas et températures misérables jusqu'à fin mars - chouette. Pour passer les mois à venir de manière un peu plus agréable, que diriez-vous de concocter et de recevoir un paquet spécial cocooning? Les règles sont les suivantes:

- Peuvent participer les personnes que je connais un minimum, soit IRL, soit parce qu'elles ont déjà fait un des swaps précédents, soit parce qu'elles commentent ici ou sur la page Facebook du blog. Le but est d'éviter que la personne se volatilise d'internet après avoir reçu le colis de sa swapeuse, mais avant d'avoir envoyé celui de sa swapée, comme c'est hélas arrivé l'été dernier. 

- Les inscriptions se font par mail jusqu'à dimanche 24 novembre midi. Répondez au mini-questionnaire ci-dessous et faites-moi un copié-collé dans le texte de votre message: 
1/ Présentez-vous rapidement (sauf si on se connaît IRL).
2/ Où habitez-vous (pays + ville; je n'ai pas besoin de votre adresse exacte)? Etes-vous prête à envoyer un colis à l'étranger? 
3/ Citez une dizaine de choses que vous aimez (ex: le thé, le Japon, les histoires de zombies, le vernis à ongles, la bouffe libanaise...), ceci pour me permettre de vous attribuer une binôme avec qui vous aurez quelques goûts communs.
4/ Si vous avez déjà participé à d'autres swaps sur mon blog, merci de me rappeler qui vous avez swapé et par qui vous avez été swapée. Si vous ne souhaitez pas être associée à une personne en particulier, merci de me le préciser aussi. 

- Une fois les inscriptions clôturées, je formerai des binômes et mettrai chacune en contact par mail avec sa correspondante. Vous pourrez ainsi dialoguer et vous poser des questions pour mieux cerner vos goûts mutuels. Le système de boucle, que j'employais pour les swaps de l'an dernier, était beaucoup plus lourd à gérer pour moi et exempt de réciprocité. Celui des binômes a permis quelques jolies rencontres pendant les swaps gourmand, créatif, bonne humeur et bio; c'est pourquoi j'ai décidé de le conserver cette fois encore. 

- Le paquet que vous préparerez devra contenir 1 carte et 4 objets à choisir parmi la liste suivante (autrement dit, vous pouvez éliminer celui des 5 qui vous inspire le moins ou vous semble le moins convenir à votre binôme):
A. Pour le corps, quelque chose qui se porte (écharpe, bonnet, chaussettes...)
B. Pour l'âme, quelque chose qui se lit (roman à l'atmosphère "douillette", ouvrage de développement personnel à thème positif...)
C. Pour la peau, quelque chose qui se tartine dessus (crème à la texture fondante, masque à l'odeur divine...)
D. Pour les papilles, quelque chose qui se boit ou se mange (thé, café, chocolat...)
E. Pour la maison, quelque chose qui évoque douceur, chaleur et bien-être (bougie parfumée, petit brol déco à thène hivernal, joli mug...)
Les suggestions entre parenthèses ne sont que des exemples; n'hésitez pas à interpréter la consigne à votre façon.
Les créations personnelles sont toujours bienvenues, mais nullement obligatoires. 

- Sauf arrangement individuel avec votre correspondante, ce paquet devra être expédié au plus tard le vendredi 31 janvier 2014. Je vous laisse un délai plus long que d'habitude à cause des fêtes de fin d'année, et pour que celles qui veulent fabriquer quelque chose de leurs mains en aient le temps. 

J'attends vos inscriptions. Vous avez toute la semaine pour vous manifester, mais comme il faut un nombre pair de participantes, si vous êtes la dernière, je risque de devoir vous dire non pour cette fois. Donc, pensez à me mailer dès que vous êtes décidée!

mardi 19 mars 2013

Coup de pompe




J'ai rarement été aussi crevée que depuis quelques semaines. Pourtant, je dors le nombre d'heures règlementaires, je mange équilibré et je fais du yoga presque tous les matins. Est-ce parce que l'hiver s'éternise? Parce que j'ai oublié de faire renouveler mon ordonnance de vitamine D? Parce que j'ai réduit de moitié la quantité de théine absorbée chaque jour? Parce le mois de mars est particulièrement chargé entre la reprise du boulot et un tas de sorties géniales mais crevantes? Parce que mon dos ne s'est jamais remis de cet horrible massage Tuina et qu'il me fait souffrir depuis lors? Parce que des soucis matériels se profilent à l'horizon et que je m'inquiète un peu pour l'avenir? Parce que j'ai un cancer de la lymphe comme Callista Flockhart dans "Brothers & Sisters"? Parce que je commence à me faire vieille et que ça ne risque pas de s'arranger? Je n'en ai aucune idée. Samedi, je fais un atelier détox, et début avril, j'irai voir mon généraliste/ostéo. Avec un peu de chance, le soleil montrera le bout de son nez entre-temps et le problème se résoudra tout seul. En attendant, même si mon moral demeure globalement bon, j'ai le tonus d'une limace neurasthénique. 

vendredi 25 janvier 2013

Où je fais la paix avec l'hiver


Illustration empruntée ici

Mon impression se confirme: je commence à aimer l'hiver. 

D'accord, le fait que rien ne m'oblige à pointer le museau hors de chez moi en cas de météo sibérienne y est sûrement pour beaucoup. Mais jusqu'ici, ça ne m'empêchait pas de râler contre le manque de lumière déprimant, la nécessité de superposer les pulls pour ne pas exploser la facture de chauffage, la tentation de manger des tonnes de raclette et autres plats hautement générateurs de bourrelets, l'énergie considérable à déployer pour me rendre au cinéma ou retrouver des amis au restaurant. 

Cette année, j'ai l'impression d'être passée sur l'autre versant de la montagne. Du côté des gens qui trouvent que toutes ces occasions de cocooner, c'est merveilleux, qu'on goûte davantage les sorties quand elles se font plus rares, et qu'un joli manteau avec une toque, ça vous donne tout de suite des allures de princesse russe. 

Clairement, avoir un chez-soi douillet où l'on apprécie de passer du temps aide pas mal. Aimer les activités d'intérieur, aussi. Et puis y mettre un peu de bonne volonté. Je me bricole des associations gagnantes. Plaid en polaire + roman passionnant. Pizza Mamma Roma + "The Big Bang Theory" (ou pad thaï du Tom Yam + "House of lies"). Vieil album d'Emiliana Torrini + ouvrage au crochet. Chocolat chaud + toasts au beurre demi-sel et à la confiture d'abricot maison. Chaussettes en laine de mouton islandais + tasse de thé vert fumant. Papotages à bâton rompus + cuisine à deux. Lumière pâle idéale + shooting mode. 

Je me rends compte qu'il est possible de remédier à presque tous les aspects désagréables de l'hiver, et que je commence à être bien équipée en la matière. Le simulateur d'aube pour me réussir à me lever alors qu'il fait encore nuit. La collection de cachemires, d'écharpes et de bonnets; la paire de bottes fourrées Ugg et celle de gants Isotoner doublés pour m'aventurer dehors sans me changer en statue de glace. Les ampoules de vitamine D prescrites par mon généraliste pour pallier certains effets de l'absence de soleil. Le nouveau canapé où il fait si bon se blottir seule ou à deux quand la bise souffle ou la neige tombe dehors. 

Et puis, quelque chose de plus subtil. J'ai cessé de croire que la vie pouvait être un long printemps, un éternel été. J'ai compris que les phases de froid et d'obscurité étaient, au propre comme au figuré, nécessaires pour renouveler l'élan qui m'anime. Que geindre et faire le gros dos face à elles ne servait à rien, sinon à me priver des bienfaits qu'elles pouvaient m'apporter: une occasion de réfléchir au calme, de rassembler mes forces, de me préparer pour la suite. Alors, je ne lutte plus. J'accepte le fait que cette saison doit être traversée, et je tâche de m'y employer, non pas avec résignation, mais dans l'idée d'en profiter autant que des trois autres. 

Vous savez quoi? Ca marche plutôt bien. 

vendredi 18 janvier 2013

Je ne déteste pas cet hiver


Illustration empruntée ici

Je me félicite de l'achat du nouveau canapé et de la réorganisation de notre salon; c'est fou comme déplacer deux meubles peut vous changer la vie. 
J'arrive enfin au bout de mon couvre-lit à vagues au crochet: plus que 5 rayures sur 80!
Je continue à travailler sur mon calme intérieur. C'est un combat de tous les jours. Mais petit à petit, j'arrive à dompter le tigre à dents de sabre de l'angoisse. 
Je m'enthousiasme pour la naissance à venir du Groseillon: Vie 1 - Crabe 0.
J'utilise l'épatant shampoing sec à l'ortie de Klorane pour espacer les shampoings mouillés bouffeurs de coloration. 
Je glisse mes pieds avec délectation dans les chaussettes en laine de mouton islandais rapportées de Reykjavik cet été. 
Quand j'ai fini de travailler, parfois, je me prépare un chocolat chaud et des toasts à la confiture d'abricot pour me récompenser. 
Jusqu'ici, je résiste admirablement bien à l'appel des soldes. 
J'essaie de ne pas me précipiter pour la confection de mon paquet du swap gourmand, de bien prendre le temps d'interroger mon binôme pour être sûre de faire mouche. 
Je fourmille d'idées de DIY - reste à savoir si la réalisation sera à la hauteur. 
J'ai déjà commencé ma compta pro de 2012, même si je ne dois pas la rendre avant fin mars, histoire d'en être débarrassée le plus vite possible. 
Je cherche un moyen d'incorporer dix ou quinze minutes de yoga à ma routine quotidienne. 
Je me demande si je suis prête à payer 130€ pour assister à la journée de conférences TEDx qui aura lieu à Bruxelles fin octobre.
J'organise avec délectation mon voyage au pays des Moomins: billets d'avions, check; réservation Air BnB: en cours; achat et épluchage d'un guide: check. 
Je me force à sortir prendre l'air plusieurs fois par semaine malgré le froid, ne serait-ce que pour descendre chercher du pain à la bonne boulangerie.
En rentrant d'une balade en ville, je m'émerveille de voir le soleil se coucher derrière le skate park et repeindre le ciel en rose orangé.
Je mets quelques gouttes d'Huile de Bois d'Orange le soir, pour m'endormir dans cette odeur sublime. 
Et puis je vais me rouler en boule dans le lit face à Chouchou et, collée à lui comme si nous étions des siamois, je mêle mon souffle au sien. 
Parfois, je rêve de Scarlett et de mon père. 
Je vois mon mois sabbatique se profiler à l'horizon, et je suis impatiente de le mettre à profit.
Je réfléchis déjà à mes 7 objectifs de février. 
Je ne déteste pas cet hiver. 
Je regarde la neige tomber par la fenêtre, et je me sens presque en paix. 

lundi 3 décembre 2012

Winter is coming


Je me fous de ce que dit le calendrier: hier, il a neigé pour la première fois. Nous sommes donc désormais en hiver.

C'est la saison des plats bien roboratifs, des soupes de légumes avec de grandes tartines de pain grillé, des soirées raclette, des couques au beurre trempées dans du chocolat chaud au goûter.

C'est aussi la saison où on va faire 47 fois le tour de la famille des choux et se dégoûter des poireaux jusqu'à l'année prochaine.

C'est la saison où on va devoir s'habiller comme des oignons, en superposant les couches jusqu'à ressembler au bibendum Michelin, et ressortir du placard les Ugg si moches et si terriblement douillettes.

C'est aussi la saison où je vais enfin pouvoir utiliser les 37 écharpes et les 18 bonnets crochetés l'année dernière. Oui, j'exagère un peu, mais pas tellement.

C'est la saison où j'aurai le coeur serré en voyant des gens faire la manche dans la rue, et où je serai plus que jamais reconnaissante d'avoir un toit sur la tête.

C'est la saison où il m'est d'ordinaire difficile de résister à la frénésie consumériste. Mais cette année, je n'ai envie ni de faire des cadeaux ni d'en recevoir, et Noël risque bien d'avoir un goût de cendres.

C'est la saison où la nuit tombant à 16h me dissuadera d'aller me promener après le boulot, et où je devrai faire des efforts titanesques pour affronter l'extérieur.

C'est, du coup, la saison où je lirai le plus sous la couette.

C'est la saison où je vais faire exploser le chiffre d'affaires de mes salons de thé préférés - et essayer de ne pas faire exploser celui de ma balance.

C'est la saison où je mettrai trois heures à trouver le courage de me déshabiller pour prendre ma douche, et où je ne voudrai ensuite plus sortir de dessous le jet brûlant.

C'est la saison où je me dirai que le réchauffement climatique n'a pas que des inconvénients (pour le moment du moins).

C'est la saison où la plus minuscule chute de neige m'émerveillera, moi qui en ai vu si peu dans ma vie, et où je m'amuserai à écrire des bêtises sur le capot poudreux des voitures.

C'est aussi la saison où les idées noires seront les plus dures à repousser.

C'est la saison où nous ne bougerons pas beaucoup mais organiserons nos voyages de l'an prochain et jubilerons de voir nos agendas tout neufs se remplir peu à peu.

C'est la saison où nous ferons des bilans et prendrons des résolutions que nous tiendrons... ou pas. 

lundi 20 février 2012

Les brunchs du dimanche (13): Le Potemkine


Nous cherchions un nouvel endroit où bruncher hier avec Garulfo. Nous commencions à voir épuisé tous ceux qui nous tentaient dans notre Bible, "Un an de brunchs à Bruxelles". Dans ceux que nous n'avions pas encore testés, le Houtsiplou semble plutôt destiné à des familles avec enfants; le Delecta est réputé très bruyant; Les Trouvailles de Louise n'ouvre que le premier dimanche du mois, et nous avions déjà été aux Fils A Maman de Paris en début de semaine. Farfouillant sur internet, je suis tombée sur un endroit assez intrigant: un café qui organise des séances de cinéma et des soirées jeux de société, réputé "sympa, sans prétention, pas cher". Brunch tous les dimanche de 10h30 à 15h. Garulfo était enthousiaste. J'ai téléphoné: "Je suis désolé; on ne prend pas les réservations, m'a très gentiment répondu un serveur. On ne saurait pas gérer. Mais la salle est très grande, il y a toujours plus ou moins de la place." Soit.



Première impression à l'arrivée: le lieu est effectivement original, avec son immense porte en bois pivotante, son plafond très haut, sa mezzanine et sa grande baie vitrée qui laisse entrer plein de lumière même par un matin de février. Par contre, à 13h, il grouille de monde, et même si nous trouvons rapidement une table, le niveau sonore nous oblige quelque peu à crier pour discuter entre nous. Nous devons aussi faire la queue pour être servis à celui des deux comptoirs qui accepte le paiement par carte.

Toutefois, la formule brunch compense largement ces petits inconvénients. Pour 13,50€, on a droit à une boisson chaude (avec du vrai bon thé, du vrai bon café et, je présume, du vrai bon chocolat), un jus de fruits pressés à choisir parmi 7 ou 8 sortes, une viennoiserie couque accompagnée de beurre, de confiture, de miel et/ou de Nutella, deux grosses tranches de pain de campagne dense et savoureux, et deux portions de salades froides parmi la dizaine proposée, qui change apparemment toutes les semaines. Nous testons lentilles/chèvres frais, rillettes de saumon, écrevisses/avocat/chicons et magret/pâté de canard/laitue. Non seulement tout est très bon, mais au niveau des quantités, c'est juste ce qu'il faut pour sortir agréablement repu plutôt qu'au bord de l'inanition ou, au contraire, de l'indigestion.



Le rapport qualité-prix est vraiment excellent et l'endroit fort sympathique. En sortant, alors que Chouchou et moi venons de prendre congé de Garulfo et nous dirigeons vers la porte de Hal voisine pour chercher une géocache, une mini-tempête de neige nous tombe dessus à l'improviste. Les bourrasques glaciales chassent les Moldus, et nous trouvons sans problème un container qui doit être difficile d'accès par une météo plus clémente. Mais après ça, nous renonçons à en faire deux ou trois autres dans la foulée et rentrons vite nous mettre à l'abri chez nous. Pas grave: nous reviendrons sûrement bruncher au Potemkine (plutôt vers l'ouverture pour ne pas être embêtés par le bruit).

Potemkine
Avenue de la porte de Hal, 2
1060 BRUXELLES
Fermé le lundi
Mardi-mercredi: 10h30- 01h
Jeudi à samedi: 10h30-03h
Dimanche: 10h30-22h

dimanche 5 février 2012

Brèves du week-end (2)


- C'est systématique: lorsque je porte chez Pêle-Mêle un sac rempli de bouquins dont je souhaite me débarrasser, le monsieur du comptoir achat les trie selon le genre tout en calculant dans sa tête et, à la fin, m'annonce: "Ca fera 30 euros". Une fois, je crois, ça a fait 31 ou 32. Du coup, je m'interroge: est-ce pile la contenance de mon sac, ou le monsieur fait-il juste semblant de compter?

- Aller faire des courses au Delhaize un samedi après-midi, ça craint. Non seulement ça pourrit le week-end avec une corvée détestable, mais il y a toujours vingt grosses minutes de queue à la caisse. Je tâcherai de m'en souvenir la prochaine fois que j'aurai du mal à me motiver pour y aller un soir de semaine.

- Pour cause de musique nulle et tonitruante, la partie de bowling prévue au Crosly samedi soir s'est changée en dernier verre au célèbre café surréaliste La Fleur En Papier Doré. Un bel endroit typiquement bruxellois, à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas déjà. Les boissons chaudes y sont servies avec une praline ornée d'un dessin représentant la fameuse fleur.

- Sur le chemin du retour, nous avons dépassé en voiture quelqu'un qui portait un matelas plié en deux sur la tête. Une vision si incongrue au premier abord que j'ai éclaté de rire - avant de réaliser que peu d'étudiants fauchés devaient déménager au milieu d'une nuit glaciale de février. Et dire que depuis 3 jours, je bassinais tout le monde avec le problème des SDF et du froid! Ma propre bêtise m'a écoeurée, et a gâché la fin de ce qui avait été une très bonne soirée jusque là. J'ai encore honte rien que d'y repenser...

- Ce matin, nous n'avons pas eu le courage d'affronter de nouveau les -7 ou -8° qu'il faisait dehors (c'est là que mes amies gruyéroises me traitent de petite joueuse, avec leurs -25° ressentis ce week-end). "Café de Flore", ce sera donc pour le week-end prochain... s'il ne sort pas de l'affiche d'ici là.

- Je kiffe notre nouvelle toile cirée rouge à pois blancs. Que nous avons reçue pliée en 32, et donc pleine de marques disgracieuses. C'est Chouchou qui s'est collé au repassage (ma religion me l'interdit), et c'est moi qui ai cherché sur Google ce que signifiait exactement le terme "pattemouille". A nous deux, on totalise pas mal de compétences, mais ni lui ni moi n'avons hérité du gène "fée du logis".

- J'ai enfin récupéré le "Granny Square Book" commandé sur Amazon et qui était arrivé à Bruxelles pendant notre semaine monpatelinoise. Dès que j'ai terminé mon écharpe au point de petites noisettes (actuellement, un peu plus de 60cm sur 135), je commence à crocheter des carrés pour mon grand oeuvre: un couvre-lit de mémé. On a les ambitions qu'on peut.

- Skype a bien travaillé ce soir. D'abord un coup de fil à mes parents. Les nouvelles ne sont pas très bonnes; mon père a dû interrompre sa chimio parce qu'un de ses paramètres sanguins était tombé trop bas. Il passe un scanner mardi et va chez son oncologue mercredi. J'essaie de ne pas flipper préventivement, mais c'est dur, très dur. Puis une heure à papoter avec O&L; non seulement j'étais ravie d'avoir de ses nouvelles et de voir qu'elle s'était remplumée un peu (merci la webcam!), mais ça m'a changé les idées.

- Pour le dîner, Chouchou fait des crêpes. Et il y a un flacon de sucre à l'abricot tout neuf dans le placard, hourra! On ne pouvait pas rêver mieux pour baptiser notre nouvelle toile cirée fraîchement repassée.

Et vous, ce week-end, c'était comment?

samedi 4 février 2012

Snowy Friday


Vers 16h, la neige s'est mise à tomber sur la Belgique, et tous mes contacts Facebook qui bossaient loin de chez eux ont commencé à s'inquiéter. A 16h30, Chouchou a rapporté qu'un de ses collègues parti du boulot depuis 25 minutes avait à peine parcouru 500 mètres en voiture. A 17h, il y avait déjà près de 700 km de bouchons sur les routes belges.

Renonçant à mon idée d'aller faire les courses pour remplir un frigo toujours vide depuis notre retour à Bruxelles l'avant-veille, j'ai guetté une accalmie dans la tempête afin de sortir au ravitaillement. J'ai enfilé un collant en laine sous mon jean et mes chaussettes, un pull en cachemire sur un débardeur et une parka pas mise depuis plusieurs années par-dessus le tout. J'ai entortillé mon cou dans un snood remonté jusqu'aux oreilles, enfoncé un bonnet en laine sur mes cheveux à peine secs, glissé mes pieds dans des boots de moto à semelle anti-déparante et mes mains dans des gants en cuir molletonnés avant de m'estimer parée à affronter l'extérieur.

A petits pas prudents, j'ai descendu l'avenue jusqu'à la place Jourdan. Les voitures roulaient au pas et les passants étaient rares. Un tapis blanc moelleux, déjà piétiné mais qui n'avait pas encore viré à la gadoue, étouffait tous les bruits tandis que le ciel virait à l'indigo et que l'éclairage public s'allumait. J'étais si bien emmitouflée que je ne grelottais pas; au contraire, la légère morsure du froid et l'odeur piquante de l'air me rendaient infiniment joyeuse. Je n'ai pas vu beaucoup de neige dans ma vie, et pour moi, c'est toujours une aventure.

Mamma Roma était presque désert. Quatre jeunes femmes venues ensemble hésitaient devant le comptoir, et pour une fois, il y avait du choix alors qu'il n'était pas encore 18h. J'ai fait remplir un carton pour mon dîner avec Chouchou et demandé "une toute petite part de pizza au chocolat dans un papier, pour manger tout de suite". Pas facile de marcher en gérant la bandoulière d'un sac qui glisse sur l'épaule droite, en gardant une boîte rectangulaire bien à l'horizontale avec la main gauche et en tenant avec des doigts gantés un truc couvert de sucre glace, qui bave du pseudo-Nutella chaque fois qu'on mord dedans. Heureusement, l'obscurité dissimulait mon visage barbouillé et mon sourire idiot.

Rentrée à la maison, j'ai ôté les trois quarts de mes pelures et rassuré mes contacts Facebook, à qui j'avais demandé d'envoyer les hélicos si je n'étais pas revenue au bout d'une heure. Certains d'entre eux attendaient aussi les leurs bloqués en rase campagne, dans les bouchons qui totalisaient désormais près de 1200 km à travers tout le pays. J'ai eu avec ma copine Pascale et l'écrivain le mieux chaussé de la fantasy française une discussion un peu surréaliste sur mes tibias. Puis Chouchou est arrivé, après avoir mis 2h30 pour faire moins de 30 km, et nous nous sommes écroulés sur le canapé devant un épisode de "Brothers & Sisters". J'ai aimé l'atmosphère feutrée, presque assiégée, de ce vendredi soir.

Mais parce que tout le monde n'a pas la chance d'avoir un endroit où se réfugier au chaud en ce mois de février glacial:

Et en Belgique: