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mardi 30 août 2016

"Le rouge vif de la rhubarbe" (Audur Ava Olafsdottir)


Agustina a 14 ans et des jambes qui ne la portent pas. Elle vit sur une île avec la vieille Nina, à la garde de qui sa mère biologiste l'a confiée pour continuer à parcourir le monde. Presque chaque jour, elle descend sur la grève pour contempler la mer ou monte jusqu'au jardin sauvage de rhubarbe où elle fut conçue. Malgré ses béquilles, elle rêve d'escalader les 844 mètres de la montagne qui surplombe son village...

C'est le quatrième roman d'Audur Ava Olafsdottir publié en France par les éditions Zulma, et après avoir adoré les trois premiers, j'en attendais énormément. Trop, sans doute, car il m'a un peu déçue. Si l'on retrouve la délicatesse de style de l'auteure, la lenteur et l'introspectivité qui caractérisent ses récits, la grâce et la poésie qu'elle sait insuffler au quotidien, l'attention qu'elle porte à la nature et au rythme des saisons, je n'ai pas réussi à m'intéresser à la petite vie, aux premières amours pudiques et aux modestes aspirations d'Agustina. Du coup, j'ai l'impression d'être passée à côté de ce "Rouge vif de la rhubarbe", qui ne m'aura guère marquée contrairement à ses prédécesseurs.

mardi 12 juillet 2016

"One" (Sarah Crossan)


Grace et Tippi sont plus que des soeurs jumelles: des siamoises. En-dessous de la taille, elles n'ont qu'un seul corps pour deux. On avait prédit à leurs parents qu'elles ne vivraient pas longtemps; pourtant, elles ont dépassé les seize ans et mènent une vie relativement heureuse malgré l'alcoolisme de leur père. Celui-ci étant au chômage depuis trop longtemps, la mère de Grace et Tippi leur annonce qu'ils n'ont plus les moyens de leur faire donner des cours à la maison et qu'elles vont devoir fréquenter un lycée ordinaire. Les jeunes filles craignent d'y être un objet de curiosité malsaine, mais elles se font rapidement deux amis précieux: Yasmeen, qui vit avec le virus HIV depuis sa naissance, et Jon dont les parents l'ont abandonné. Bientôt, hélas, leur santé commence à décliner...

Oui: encore une histoire d'ados confrontées à la mort. Mais celle-ci présente deux particularités. Tout d'abord, elle est rédigée entièrement sous forme de poésie en vers libres. Ensuite, elle a été jugée assez remarquable pour qu'on lui attribue cette année la prestigieuse Carnegie Medal. Pour ma part, j'avoue ne pas savoir quoi en penser. Je l'ai lue très vite, essentiellement parce que chacune de ses 400 pages ne représente guère que l'équivalent de deux phrases complètes, et bien évidemment j'ai eu le coeur serré à la fin, parce que c'est le sujet qui veut ça. Mais autant je ne suis pas contre un petit texte en vers libres à l'occasion, autant sur tout un roman, ça me donne l'impression de rester à la surface des choses sans jamais les approfondir. Peut-être est-ce le seul moyen que l'auteur a trouvé de traiter un sujet extrêmement délicat sans tomber dans le pathos ou le voyeurisme; je ne sais pas. Toujours est-il que, bien que dégageant une émotion indéniable, "One: Winner of the Cilip Carnegie Medal 2016" m'a laissée un peu sur ma faim.

Ce roman n'est pas encore traduit en français, mais de par la simplicité de son style, il me semble assez abordable pour des gens avec un niveau d'anglais moyen qui voudraient se mettre à la lecture en VO.