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lundi 19 septembre 2016

Les enfants des autres



Je n'ai jamais voulu d'enfants, et je me suis toujours trouvée devant ceux des autres un peu comme une poule devant un couteau à huîtres: très perplexe et tout à fait incapable de communiquer avec eux. Leurs braillements, leur agitation me fatiguaient. Je me crispais dès qu'un bébé se mettait à hurler dans le train ou l'avion, et je rêvais de restaurants interdits aux moins de 12 ans. Il m'est arrivé de cesser de voir des amis juste parce qu'ils avaient eu des enfants et que je ne supportais plus que toutes leurs conversations tournent autour de ça. Quand mes neveux sont nés, je me suis réjouie du bonheur de ma soeur et de mon beau-frère, et j'ai trouvé ça chouette que la famille s'agrandisse, mais je n'éprouvais pas du tout l'envie de gâtifier devant eux ou de me mettre à quatre pattes pour jouer aux cubes, et il aurait fallu me coller un flingue sur la tempe pour que j'accepte de les garder tant qu'ils n'ont pas été propres et capables de dire où ils avaient mal le cas échéant - j'aurais eu beaucoup trop peur de faire une connerie par ignorance. 

Mais ces dernières années, j'ai commencé à me dire que ben oui, les bébés pleurent et les jeunes enfants courent partout, c'est normal. Quand d'autres gens lèvent les yeux au ciel ou soupirent bruyamment à cause de ça dans les lieux publics, j'ai envie de leur assener: "On vit en communauté et c'est vous l'adulte, comportez-vous comme tel". Je ne soupçonne plus les parents d'être trop laxistes ou de manquer d'autorité: j'ai bien compris que même avec la meilleure volonté du monde, parfois, il n'y a rien à faire pour empêcher un enfant de se rouler par terre en écumant de rage au rayons bonbecs de Carrefour. Mes voisins d'en face ont une petite fille qui a longtemps hurlé à crever les tympans de toute la population de Monpatelin chaque jour vers 18h et 1 heure du matin; ma première pensée n'a pas été de rouspéter qu'elle me réveillait la nuit mais de plaindre ses pauvres parents qui n'avaient sûrement pas signé pour ça. (OK, ma seconde pensée a été d'en faire des statuts sarcastiques sur Facebook en surnommant la gosse la Fille de Satan, mais bon.) 

Là, ça commence presque à devenir inquiétant. Je me suis monstrueusement amusée avec mes neveux pendant nos dernières vacances à Toulouse; maintenant qu'ils ont quinze et dix ans, j'adore faire des trucs et discuter avec eux (même si je ne comprends pas toujours leur vocabulaire de djeûns et si leurs goûts musicaux me font saigner les oreilles). Quand ils m'ont dit au revoir devant l'aéroport de Blagnac le jour du départ, mon coeur s'est brisé un tout petit peu, et ils ont commencé à me manquer à peine la sécurité franchie. Indépendamment de nos liens de sang, j'aime les personnes qu'ils sont en train de devenir: Attila complètement dans la lune mais super gentil et affectueux, Darklulu intelligent, angoissé et hyper déterminé à faire tout comme les grands. Du coup, j'ai décidé qu'on passerait Noël à Toulouse cette année pour profiter encore d'eux. 

Vendredi dernier, mon amie d'enfance Fleur, que je vois seule à seule au resto d'habitude, m'a invitée à dîner chez elle pour rencontrer son compagnon et leurs deux filles. Quand je suis arrivée, l'aînée m'a offert un bracelet en élastiques fluos et la cadette un collage de photos d'animaux sur lequel elle avait péniblement épelé son nom en grosses majuscules d'élève-de-CP-depuis-une-semaine. Elles m'ont entraînée dans leurs chambres pour me montrer leurs petits trésors et bombardée de questions pendant le dîner. La grande a même demandé à sa mère si je ne pourrais pas, un jour, venir faire une soirée pyjama avec elles et dormir là. Bon, j'imagine que ce n'est pas mon fluide personnel qui les a ensorcelées et que ce sont juste des gamines sociables en général, mais ça m'a quand même touchée, et j'ai au final sans doute passé une soirée plus agréable avec toute la famille que si on avait été juste entre adultes. 

Le lendemain, je devais prendre une glace sur le port avec un autre couple d'amis et leur petite fille. "Oui alors tu verras, elle est très vivante" m'a dit Gaby comme si elle s'excusait par avance. Mais bon, ça ne doit pas être super marrant pour une gosse de trois ans de rester assise pendant deux heures autour d'une table avec trois adultes qui parlent de trucs sans intérêt pour elle, devant des glaces auxquelles elle ne peut même pas goûter pour cause d'allergie au lactose. Moi j'ai surtout retenu que mes vieux potes de jeu de rôles étaient devenus des parents de compète, clairement gagas de leur progéniture, attentifs à ses besoins mais fermes quand il s'agit de la cadrer, et que ça ne les empêchait pas de s'intéresser encore à plein d'autres trucs et d'être restés très fun. 

Rentrée chez moi, je me suis quand même demandé pourquoi mon attitude vis-à-vis des enfants des autres avait autant changé ces dernières années, et la réponse m'est apparue presque immédiatement. Entre, disons, l'âge de 25 et 40 ans,  si on m'avait filé dix euros chaque fois que quelqu'un me demandait pourquoi je ne voulais pas d'enfants et m'affirmait que je passais à côté de "la plus belle chose dans la vie d'une fâme", je serais aujourd'hui en train de vous écrire depuis le bord d'une piscine à débordements avec vue sur la baie de Hong-Kong. Ce genre de question - répétée ad nauseam par ma mère et posée fort indiscrètement par des gens que je venais de rencontrer une heure plus tôt - me mettait dans une rage noire. J'en avais assez de me justifier sur mon non-désir de maternité et je le manifestais en mettant le plus de distance possible entre moi et les enfants des autres. 

Et puis j'ai eu 40 ans, et on a cessé de m'emmerder avec ça. "On" a accepté que, si incroyable que ça puisse paraître, j'étais une nullipare parfaitement heureuse de son sort, et que toute façon, même si je regrettais, il était trop tard pour changer d'avis. J'ai pu me détendre dans mes rapports avec les enfants des autres parce que ce n'était pas comme si, en me voyant interagir gentiment avec eux, on risquait encore de me dire: "Tu vois bien, tu ferais une super maman" ou "Allez, avoue qu'en fait, tu en as un peu envie!". Je suis désormais assez vieille pour ne plus avoir à montrer les dents à leur propos, et du coup, ils me sont devenus nettement plus tolérables, voire plaisants à fréquenter pour certains spécimens. 

Ou bien, c'est juste la vieillerie qui me fait ramollir, ma pauv' Lucette. 

lundi 16 avril 2012

Souvenirs académiques



Le plancher en bois sur lequel je n'arrivais pas à faire mes pirouettes pieds nus a été recouvert d'un tapis de sol en caoutchouc noir paraît-il génial pour les pointes. Près du grand miroir, des étagères ont été installées pour la chaîne hi-fi; dans le coin derrière la porte, des penderies qui n'existaient pas de mon temps débordent de tutus et de robes de flamenco; quelques sièges ont été miséricordieusement installés pour les mamans et autres visiteurs. Mais c'est toujours le même banc devant l'entrée sur lequel les fumeurs s'attardent le temps de s'en griller une dernière, la même odeur de baume du tigre qui monte depuis la salle d'arts martiaux du premier étage, les mêmes espaliers et les mêmes barres sur lesquelles les filles s'étirent les jambes, les mêmes glaces dans lesquelles elles vérifient leur posture et leur ensemble.

J'avais une vingtaine d'années à l'époque où je venais transpirer ici tous les soirs de la semaine. Choupie, qui y passe désormais tout le temps où elle n'est pas assise sur les bancs de l'école primaire, a la moitié de mon âge d'alors. Mais vendredi soir, en la regardant répéter avec ses copines sur "Diamonds are a girl's best friend", j'ai souri en pensant que j'avais dans mes placards des chaussons Repetto en satin saumon tout cassés et un petit justaucorps en lycra rouge identiques aux siens. 

lundi 17 janvier 2011

Où Soeur Cadette ramollit en vieillissant

Hier en fin de matinée, appelant chez mes parents pour prendre des nouvelles du malade qui avait regagné ses pénates la veille, je suis tombée sur Soeur Cadette. Elle venait récupérer Cahouète qui avait exigé de dormir chez Papy et Mamie la nuit précédente. Je lui ai demandé des nouvelles de sa petite famille.
- Cahouète a une nouvelle lubie, m'a-t-elle annoncé. Il a décidé qu'il voulait des poissons.
- Boah, des poissons, c'est pas bien gênant, non? Un bocal rond, un peu d'eau du robinet, une boîte de flocons de nourriture et roulez jeunesse!
- Tu parles, ce serait trop facile! Non, pour bien faire, il faudrait un grand aquarium rectangle avec un système de filtrage, changer l'eau toutes les semaines... J'ai dit à Cahouète qu'il n'en était pas question. Ca fait plusieurs jours qu'il insiste, mais il gèlera en enfer avant que je cède.

Je viens juste d'avoir ma mère au téléphone. Hier en fin d'après-midi, Soeur Cadette l'a appelée pour lui annoncer qu'ils étaient désormais deux de plus à la maison. Les nouveaux pensionnaires possèdent trois nageoires pièce et disposent de 20 litres d'eau pour s'ébattre. Ayons tous une pensée émue pour les damnés qui doivent être en train de se les peler sévère en ce moment même.

mardi 11 janvier 2011

L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt

Ce matin durant notre coup de fil quotidien, mon père m'a raconté cette anecdote survenue récemment.

Un soir, Cahouète (4 ans) voulait monter un tracteur en kit qu'il venait de recevoir en cadeau. "Pas maintenant, a dit Soeur Cadette. C'est l'heure de faire dodo. On verra ça demain."

Le lendemain à 5h du matin, Cahouète a débarqué dans la chambre parentale en brandissant le tracteur qu'il avait impeccablement - et silencieusement - assemblé pendant la nuit.

Je ne suis pas 100% certaine que cet enfant et moi ayons des gènes en commun.

vendredi 24 décembre 2010

Où notre brillante carrière de géocacheurs s'embourbe

Nous n'avions qu'un seul créneau pour faire du géocaching pendant les vacances: cet après-midi entre 13h45 et 15h45, avant de nous rendre chez Soeur Cadette pour préparer le réveillon. Après un déjeuner de morue à la portugaise et de canard aux pommes, Chouchou et moi avons donc emprunté la Mégane de Père, deux paires de gants de jardinage et les bottes en caoutchouc de Mère, puis mis le cap vers la campagne profonde sous un ciel menaçant.

Panoramas de Montjoire: Grelottant sous la neige, nous cherchons un endroit "où se reposer" à proximité des coordonnées GPS fournies. Au bout de quelques minutes, nous repérons plusieurs bancs... à l'intérieur d'un jardin au portail fermé par une chaîne et un cadenas. Hors de question d'avoir fait tout ce chemin pour rien: Chouchou escalade vaillamment la grille, mais ne trouve rien de l'autre côté. Le seul banc situé à l'extérieur, le long d'un chemin boueux, est entouré de lierre et de ronce détrempées. Nos fouilles ne donnent rien, et je finis par sonner la retraite en grommelant. Nous avons passé une heure sur cette cache et nous ne nous sommes même pas logués. Je suis grmblbl.

In the cuckoo's holly: Direction la forêt de Buzet. "Attention aux Muggles, qui se promènent et pique-niquent en nombre dans les parages", prévient le créateur de la cache. Ouais, ben un jour de réveillon, sous la pluie et avec une température ne dépassant pas 1°, les seuls couillons qui arpentent les sentiers couverts de feuilles mortes glissantes, c'est Chouchou et moi. Notre GPS nous fait faire un très grand carré, et je suis en train de remettre sérieusement en cause mes convictions écolos au motif que la nature, ça craint un max, quand j'aperçois enfin un énorme buisson de houx qui ferait une très bonne cachette. N'écoutant que ma frustration, je me faufile entre les feuilles vernissées et piquantes et trouve immédiatement un grand Tupperware rectangulaire. Il n'est pas bien étanche, et il y a plein d'eau à l'intérieur. Le stylo ne fonctionne plus; le logbook est trempé et le feutre de Chouchou peine à écrire dessus. Je sélectionne une petite figurine Kiki bleue pour l'ajouter à mon trésor de guerre et, à la place, laisse un porte-clés babouche marocaine et une géocoin trouvée à Lisbonne au début du mois.

L'oasis: Nous avions prévu de faire une autre cache dans le coin, "Mûres, raisins & co", mais l'heure tourne et théoriquement, nous devrions déjà prendre le chemin du retour. Comme j'aimerais tenter la cache de Lavalette, nous appelons mes parents pour prévenir que nous aurons un peu de retard. Grave erreur. A Lavalette, notre GPS nous fait arrêter sur un chemin de campagne et continuer à pied à travers des labours. Le terrain descend selon une pente assez forte; pour chaque mètre parcouru, un kilo de ciment à base de feuilles mortes et de glaise détrempée vient se coller à nos bottes. Les miennes, qui font 4 ou 5 pointures de trop, menacent de rester ventousées au sol à chaque pas que je fais. Bientôt, Chouchou et moi avons de la boue jusqu'aux genoux. Lorsque nous atteignons les coordonnées de la cache, je suis tellement énervée que je jette à peine un coup d'oeil aux arbres alentour avant de décréter que j'en ai marre et que je veux rentrer. Remonter la pente tient de l'exploit physique; je peine à soulever les pieds et j'ai beau racler mes semelles sur l'herbe, la glaise refuse de s'en décrocher.

A 16h30, je déboule furieuse chez mes parents en clamant que je HAIS la campagne et qu'il est plus que temps de bétonner tout ça, que quand j'étais môme on nous promettait qu'en l'an 2000 on vivrait tous dans des cités sous dôme avec des voitures volantes et que je me sens grugée sur l'action.

A 17h15, après avoir enfilé une jolie robe et des chaussures dignes de ce nom, puis mis une bonne couche de Russian Red, j'arrive chez Soeur Cadette. En me voyant, Cahouète, réputé pour être avare de bisous et de compliments, se fend d'un sourire extatique et s'exclame: "T'es trop jolie, Tatie!". Me voici réconciliée avec la Terre entière, campagne incluse. Disons juste que désormais, je garderai mes distances vis-à-vis des forêts et des champs.

Joyeux Noël à tous.

jeudi 23 décembre 2010

Poète et macho

Mes deux neveux font du hockey sur glace. Ce soir, nous sommes allés les admirer à l'entraînement. Attila, 9 ans, joue déjà dans l'équipe locale tandis que Cahouète, 4 ans, s'efforce encore de maîtriser les rudiments du patinage. Pour l'instant, il marche plus qu'il ne glisse, et les chutes sont encore nombreuses.

Un jour, alors qu'il gisait immobile sur la glace, les membres en étoile, son père inquiet lui a lancé depuis l'autre côté de la rambarde: "Tu t'es fait mal?". "Non, je regarde le plafond", a tranquillement répondu Cahouète.

Un autre jour, alors qu'il venait de s'étaler de tout son long, son entraîneur s'est approché pour le remettre debout. Cahouète a dédaigné sa main tendue et s'est relevé tout seul en expliquant poliment: "Non, merci, j'ai pas besoin d'aide: je suis un homme." Poète et macho: tout un programme.

dimanche 11 avril 2010

Ca promet pour plus tard

L'un de mes neveux, voyant un autre petit garçon embêter son frère, a foncé sur le malotru pour lui lancer sans sommation son pied dans l'entrejambe.
Ce justicier en culotte courte, c'est Cahouète (3 ans 1/2) qui venait ainsi au secours d'Attila (8 ans 3/4).
...Estimant, sans doute, que nul autre que lui n'avait le droit de taper sur son aîné.

lundi 30 novembre 2009

La journée de Cahouète dans les bayous de Louisiane


16h: Mes parents ont insisté pour que je pose avec le krôkrôdile.
Ils m'ont dit que ça ne craignait rien,
mais j'avoue que je ne suis pas très rassuré...



17h30: C'est encore moi qui avais raison.
En même temps, du moment que je peux toujours manger des glaces...

jeudi 5 novembre 2009

Où l'on reparle des propriétés de métamorphose du Xanax

Il s'est passé un truc étrange pendant les Utopiales.

Le premier soir, alors que Chouchou et moi venions juste d'arriver, je suis tombée sur Magali Duez de Griffe d'Encre - petite maison d'édition dont je ne chanterai jamais suffisamment les louanges. Contre sa poitrine, entortillé dans une sorte de grande écharpe en tissu, elle portait son fils de 6 semaines. Que le papa et elle ont baptisé du même prénom que Satan Cahouète. Et qui malgré ça dormait tout benoîtement.

Je me suis penchée pour le regarder et je me suis sentie sourire.

Entendons-nous bien. Il est très mignon, ce gosse, et le fait qu'il ne moufte pas a certainement aidé. Par ailleurs, je n'étais pas liquéfiée de l'intérieur comme devant un truc VRAIMENT craquant, genre une portée de chatons ou de lapereaux bélier. Mais je n'ai pas éprouvé ma vague répugnance habituelle, celle qui fait que je dois me concentrer très fort pour ne pas grimacer et reculer d'un pas au lieu d'écouter la jeune maman me raconter ses nuits sans sommeil en faisant "Mmmh" et en hochant la tête d'un air entendu comme si ce genre de chose m'intéressait le moins du monde. Voire, j'étais contente de discuter avec Magali de son état d'esprit actuel et de ses projets pour la suite. Limite, même, j'étais touchée par le spectacle de son visage fatigué et pourtant plein d'une belle sérénité terrienne.

Je ne suis absolument pas en train de revoir ma position sur la question des enfants: je n'en veux toujours pas, inutile d'appeler mes parents pour leur faire une fausse joie. Mais pour la première fois de ma vie, je me surprise à ne pas me sentir sur la défensive face à un bébé, pas agressée ni remise en cause dans ce que j'ai de plus personnel par sa seule présence. J'ai pu oublier mon nombril pour me concentrer sur ce qui était important à ce moment-là: le bouleversement bienvenu dans la vie de mon interlocutrice. Et ça m'a beaucoup plu de ne pas avoir ma réaction épidermique et égoïste habituelle.

En y repensant avec satisfaction, je me suis rendu compte que j'avais pas mal changé ces derniers mois, que j'étais devenue beaucoup plus tolérante, plus zen, plus chaleureuse dans mes rapports avec les autres. La tension, l'angoisse, la colère sous-jacentes qui m'ont toujours gâché le caractère ont disparu de façon presque miraculeuse. J'imagine que c'est un effet secondaire des médicaments que je prends. Toute la question est de savoir s'il demeurera après la fin de mon traitement. Je croise les doigts. Parce que je me préfère vraiment comme ça.

jeudi 17 septembre 2009

La preuve en image


"Quand je serai grand, je serai terroriste,
et voilà ce que je leur ferai aux gros N'avions!"

samedi 12 septembre 2009

Im-pa-ra-ble

La femme de notre ami Olive ayant accouché hier après-midi d'un petit Pablo, Chouchou et moi discutons des prénoms que nous aimons bien.
MOI: J'adore "Gabrielle". Si j'avais eu une fille, j'aurais voulu l'appeler comme ça.
CHOUCHOU (avec une vilaine grimace): Ah non, quelle horreur! Chaque fois qu'on prononce ce nom, j'entends Johnny éructer.
MOI (sur un ton sans appel): De toute façon, j'ai un principe: c'est celui qui pousse pendant seize heures qui a le dernier mot en matière de choix de prénom.
CHOUCHOU (imperturbable): Et moi j'ai un principe: c'est celui qui est en état d'aller déclarer l'enfant à la mairie qui a le dernier mot.

mercredi 9 septembre 2009

Le monde est cruel pour Cahouète

Le lundi 24 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 9 jours, amateur immodéré de chocolat et grand exhibitionniste devant l'Eternel, faisait sa première rentrée scolaire à l'Ecole Internationale de Dallas. Fidèle à son tempérament de barbare, il n'a pas versé la moindre larme quand sa mère l'a laissé aux bons soins d'une Texane inconnue avec une quinzaine d'autres gamins, et le soir, il a déclaré que tout s'était bien passé. Soulagement intense de Soeur Cadette.
Le mardi 25 août, Cahouète, 2 ans, 11 mois et 10 jours, a décrété qu'il avait déjà été à l'école hier et que tout bien considéré, il préférait la piscine.
Je n'aurais pas aimé être celle qui lui a annoncé qu'il venait d'en prendre pour quinze ans minimum.

Ci-dessus: Atterré, notre Conan miniature tente de se consoler avec un rhum-Coca.

dimanche 23 août 2009

Satan Cahouète n'est pas patient

Ce troisième épisode de "La véritable histoire de Monsieur Tout-Le-Monde" est inspiré de faits véridiques.

Vous voyez bien que je ne vous mentais pas...

PS: Je trouve Soeur Cadette très ressemblante!

jeudi 20 août 2009

Satan is 3' tall and he's moving to Dallas

Cet enfant qui déteste le chocolat et mange si proprement (ou pas) c'est mon neveu Cahouète - ainsi surnommé par ses parents quand il n'était qu'un petit amas de cellules de sexe encore indéterminé dans le ventre de Soeur Cadette. Fréquentant la bestiole depuis sa naissance au rythme de deux semaines par an (il ne faut pas abuser des bonnes choses) et ayant régulièrement au téléphone mes parents épuisés par ses dernières frasques, je me suis rendu compte à l'usage que le pseudonyme que je continuais à employer dans ce blog était fort peu approprié. Quand je pense que j'avais baptisé "Attila" son frère aîné, ce doux agneau de désormais 8 ans qui s'est avéré n'être qu'un inoffensif moulin à paroles assoiffé d'attention et de câlins!

Sur cette échelle de valeurs, j'aurais plutôt dû appeler son cadet "Satan". Dans une vie antérieure, Cahouète a dû être T. Rex ou chef barbare au minimum. Si quelqu'un prend l'initiative de lui adresser la parole sans qu'il ait rien demandé, il montre les dents en grognant ou balance un "Arrête!" sec comme un coup de trique. Quand il se gamelle à force de courir dans tous les sens, il se marre au lieu de pleurer. Contrarié, il donne de la voix tel un Pavarotti miniature qui aurait oublié d'articuler. Il oppose un refus inébranlable et, si nécessaire, répété avec un volume sonore croissant à toute requête non susceptible de lui valoir un bonbon ou des chips. Si on lui donne une petite tape, il rend une grosse beigne. Il se lève généralement du pied gauche et distribue ses bisous au compte-gouttes, sauf à sa mamie qui est le soleil de son existence (= qui ne lui refuse jamais le bonbon ou les chips suscités). Un de ses plus grands plaisirs dans la vie est de faire enrager son frère en réclamant ce que convoite ce dernier, même si personnellement, il s'en fiche comme de sa première Pampers. Par ailleurs, il manifeste des tendances exhibitionnistes précoces et n'aime rien tant que se baigner tout nu dans la piscine familiale ou faire pipi dans le jardin en tenue d'Adam, fièrement campé sur ses jambes écartées avec une posture de conquérant.

Mais Dame Nature, qui fait bien les choses, a doté ce terroriste de 90 centimètres des atouts indispensables à sa survie: premièrement, une bouille d'ange avec d'adorables joues rebondies, des yeux pétillants de malice, un petit nez retroussé, une bouche en coeur et de minuscules dents blanches pareilles à des grains de riz. Deuxièmement, l'intelligence nécessaire pour les utiliser à bon escient et se faire pardonner toutes ses (nombreuses) turpitudes avec force gazouillis, risettes et "ze t'aime" susurrés en battant des cils quand ses parents sont à deux doigts de le réduire en bouillie. Même moi qui déteste le bruit, l'agitation et les enfants désobéissants, je n'arrive jamais à lui en vouloir plus de cinq minutes.

Aujourd'hui, Cahouète prend l'avion avec Attila et Soeur Cadette pour aller s'installer à Dallas, où j'imagine qu'il foutra joyeusement le dawa à l'école internationale qui a consenti à l'accueillir pour sa première année de maternelle en échange de l'équivalent du PIB d'un petit pays d'Afrique. Quelque chose me dit qu'il ne va pas améliorer la réputation des Français aux Zuess. N'empêche que. I'll miss the lil'monster.

vendredi 19 juin 2009

De l'amitié et des enfants

Suite aux commentaires du post précédent, je tiens à préciser une chose - non pas pour les trolls qui profitent de l'anonymat d'internet pour faire des remarques désagréables au lieu d'employer leur temps plus utilement à suivre des blogs dont les auteurs ne les agacent pas, mais pour ceux de mes amis qui me lisent et que je m'en voudrais de froisser par une phrase maladroite.

Quand je dis que l'amitié n'occupe pas une grande place dans ma vie, ça ne signifie pas que je me fiche des personnes de mon entourage qui ne sont pas soit A/de ma famille, soit B/chauves, belges et surnommées Chouchou. Il existe une courte liste de gens avec qui je ne partage ni mes gènes ni mon lit et pour lesquels je déplacerais tout de même des montagnes en cas de besoin. Simplement, la distance qui sépare nos lieux de vie respectifs fait qu'au quotidien, nous avons peu de contacts. Et mon caractère plutôt sauvage ne m'incite pas à passer des heures pendue au téléphone ou à rechercher constamment la compagnie de mes semblables.

Mes véritables amis peuvent compter sur moi, et j'ai toujours plaisir à passer du temps avec eux. Mais je n'en ai pas besoin. Certaines personnes aiment voir du monde et se sentir très entourées en permanence. Ce n'est pas mon cas. Comme l'activité professionnelle que je me suis délibérément choisie, mes loisirs de prédilection (scrapbooking, lecture, écriture...) se pratiquent en solitaire. La plupart du temps, je me suffis à moi-même. Ce qui ne me rend pas incapable d'apprécier la bonne compagnie et de tisser des liens avec quelques personnes triées sur le volet pour leurs qualités humaines et les affinités que j'ai avec elles.

Par contre, quand je dis que je n'aime pas les enfants, je suis cent pour cent sincère. Je consens quelques exceptions pour mes neveux et de très rares spécimens hauts de moins d'un mètre vingt, mais avec les autres, la communication ne passe tout simplement pas. Je ne me sens ni attendrie ni intéressée par eux. Et je ne vois pas ce que ça a de si monstrueux qu'une artiste et une femme par ailleurs parfaitement accomplie comme Sophie Calle doive s'en justifier.

mercredi 21 janvier 2009

Guest "star"

Aujourd'hui, vous pouvez me retrouver .
J'ai écrit ce texte début novembre suite au commentaire très virulent, sur un de mes posts, d'une personne qui estimait qu'il fallait être un monstre pour ne pas aimer les enfants. Comme ça fait un bail que j'en ai marre de devoir me justifier sur ce point, j'ai eu envie d'exprimer mon ras-le-bol au travers d'un support qui toucherait davantage de monde que mon modeste blog. Merci à Hélène de publier mon coup de gueule.

jeudi 29 mai 2008

20 vs. 40: ce qui a changé

L'autre jour avec Soeur Cadette, on listait les raisons pour lesquelles on se sentait mieux aujourd'hui qu'à 20 ans. Here goes:

A 20 ans, j'essayais de suivre la mode au mépris de mes limitations financières et de mes défauts physiques. Ainsi me suis-je trimballée un moment avec un perfecto Schott marron qui pesait sept ou huit kilos, donnait l'impression que j'étais aussi large que haute et avait allégé mon compte en banque de 3000 francs (dans les 450 euros de maintenant). Je ne vous parle pas de ma salopette en jean délavé, extrêmement seyante sur silhouette de Barbamama, ni des bottes sudistes à bout carré qui me comprimaient affreusement le pied. J'avais décidé que j'étais une fille rock'n'roll and by Jove, j'allais en arborer toute la panoplie coûte que coûte.
A (presque) 40 ans, j'ai appris qu'il n'y a pas de filles parfaitement foutues: juste des filles qui savent s'habiller. Désormais, je compose avec mes défauts physiques. Oui aux robes et aux jupes longues qui camouflent mes jambes grassouillettes; non aux pantacourts qui les raccourcissent visuellement et accentuent encore la circonférence de mes mollets. Oui aux compensées qui donnent de la hauteur et du galbe; non aux ballerines qui malgré leur mignonnitude me filent l'allure d'un Culbuto. J'ai fait mon deuil d'un certain nombre de choses: les cols en V et les cache-coeurs qui rapetissent encore ma poitrine symbolique, les pantalons à pinces qui pochent sur mes cuisses, les tops droits qui coincent immanquablement au niveau des hanches et blousent dans le dos. Je connais les marques dont les fringues me plaisent et me vont bien, et les boutiques que je ne dois pas approcher à moins de cent mètres sous peine de me faire mal au coeur ou de commettre une grave erreur d'achat.
A 20 ans, je ne supportais pas que mes amis fassent un pas sans moi. Ma phrase fétiche, extraite de "L'invitée" de Simone de Beauvoir, était d'ailleurs: "Ailleurs, quelque chose était en train de vivre sans elle, et il n'y avait que cette chose-là qui comptât". Après une enfance et une adolescence extrêmement solitaires, la moindre peccadille suffisait pour que je me sente rejetée. Les événements auxquels je n'assistais pas prenaient des proportions mythiques dans ma tête, et j'enrageais très longtemps de les avoir ratés.
A (presque) 40 ans, je suis de moins en moins dépendante des autres affectivement. Si j'ai l'occasion de faire une sortie, une soirée ou un voyage avec les gens que j'aime, je m'en réjouis et tente d'en profiter au maximum. Le reste du temps, je n'y pense juste pas. Je sais qu'il y aura d'autres occasions, d'autres moments à partager, et que ceux qui se déroulent sans moi ne sont pas nécessairement pile ceux qu'il aurait fallu ne pas rater!
A 20 ans, je mettais tous mes problèmes sur le dos de mes parents, de l'éducation que j'avais reçue, de la loterie génétique qui ne m'avait pas gâtée, de mes profs incompétents, de mes camarades de classe stupides, de la société pourrie dans laquelle j'étais forcée de vivre, etc etc. Au lieu de chercher des solutions, je ruminais ma rancoeur envers le reste du monde.
A (presque) 40 ans, il y a longtemps que j'ai appris à assumer mes responsabilités. Du temps où je vivais aux USA, j'ai lu un bouquin de David Burns dont j'ai fait mienne la philosophie: en gros, on ne maîtrise pas nécessairement ce qui nous arrive, mais on est seul à décider de la façon dont on va y réagir. Concrètement, on ne peut pas éviter un licenciement économique, mais on peut le traiter comme une opportunité de trouver un boulot plus agréable ou mieux payé au lieu de se poser en victime des circonstances. Depuis, je ne perds plus beaucoup de temps à m'apitoyer sur moi-même: après m'être accordé un peu de temps pour chouiner symboliquement, je m'attaque à la résolution du problème.
A 20 ans, je ne baisais pas pour moi mais pour mon partenaire. Je n'avais encore jamais eu d'orgasme avec personne hormis moi-même, et pas étonnant: tout ce dont je me souciais, c'était de prendre des positions visuellement bandantes et de déployer des trésors de technique pour que le monsieur époustouflé par mon savoir-faire me range aussitôt dans la catégorie des bons coups. Je n'avais par ailleurs pas vraiment identifié les choses capables de me faire jouir, et aurait donc été bien en peine de les indiquer à quelqu'un. Simuler me paraissait beaucoup moins compliqué.
A (presque) 40 ans, je continue à jouer les stars du porno au début d'une relation. Mais très récemment, j'ai aussi appris à me laisser aller, à ne pas me crisper au-delà de tout espoir de grimpette aux rideaux juste parce que mon épilation n'était pas nickel ou que ma dernière douche remontait à plus d'une heure. J'ai découvert qu'entre le missionnaire expédié à la va-vite et la totale Disneyland avec parade et feu d'artifice, il y avait moyen de s'amuser sans prétentions acrobatiques et en toute décontraction. Il était temps...
A 20 ans, j'étais attirée par les bad boys, les mecs entourés par une aura d'indifférence ou de danger. Les gentils garçons m'ennuyaient à mourir. Je pensais que si je ne souffrais pas, ce n'était pas vraiment de l'amour. Les sentiments tiédasses, la relation de petit couple plan-plan, très peu pour moi.
A (presque) 40 ans et après bien des histoires désastreuses avec des hommes pas du tout faits pour moi, j'ai réalisé que les gentils garçons n'étaient pas tous des bonnets de nuit; que se montrer attentionné envers moi n'était pas forcément synonyme d'absence de jugeotte, de culture ou de fantaisie; que se réveiller tous les matins lovée contre son meilleur ami valait quand même mieux que de se faire lentement détruire par son meilleur ennemi; et que l'harmonie au quotidien ne virait pas nécessairement à Waterloo morne plaine.
A 20 ans, je me souciais énormément de l'opinion qu'on pouvait avoir de moi. J'essayais de me conformer aux attentes de mes parents, de mes profs, de mes chefs, de mes amis. Résultat: des études que je n'ai pas choisies et qui ne m'ont servie à rien, un début de vie professionnelle qui m'a poussée au bord du suicide, une tripotée de déceptions affectives contre lesquelles je ne parvenais pas à me blinder, et le sentiment désagréable de ne jamais être à la hauteur.
A (presque) 40 ans, je me moque totalement de l'image que je renvoie. J'essaie de vivre en accord avec ma nature et mes principes. Les gens à qui ça ne convient pas n'ont de toute façon rien à foutre dans mon carnet d'adresses, non parce que ce sont de mauvaises personnes mais parce que nous sommes socialement incompatibles. Ca n'a pas été facile, mais je crois que mes parents ont fini par comprendre que ma vie bizarre me rendait heureuse, et ils m'aiment suffisamment pour l'accepter même si ça les dépasse. Et j'ai la chance d'avoir un métier où, tant que je fais du bon boulot, tout le monde se fout de mon apparence et de ce que je fiche avec ma vie privée.
A 20 ans, j'avais, comme tout le monde, le physique que m'avait accordé Mère Nature. J'étais juste un peu boulotte et très complexée. Dans mes rapports avec les autres, je ne savais pas jouer sur un autre registre que celui de la séduction, et j'en faisais des tonnes pour qu'on me trouve sexy.
A (presque) 40 ans, j'ai, comme tout le monde, le physique que j'ai mérité. Je suis très boulotte et juste un peu complexée. Ma peau blanche m'a obligée à éviter le soleil, si bien que le tour de mes yeux est miraculeusement épargné par les rides. Sous ma teinture, j'ai moins d'une douzaine de cheveux blancs au dernier recensement. J'ai appris à tolérer les défauts de mon corps et à les camoufler le mieux possible, même si j'avoue que certaines photos peu flatteuses ont encore le don de me plonger dans le désespoir - pas au point, néanmoins, de me couper l'appétit plus de quatre heures. J'ai déplacé mes rapports avec les autres sur le terrain de l'authenticité et de la franchise, et désormais, quand je joue de séduction, c'est seulement sur un plan intellectuel.
A 20 ans, j'étais dépensière et endettée. Chaque fois que j'allais mal, j'essayais de me remonter le moral en effectuant une multitude d'achats inutiles. Et j'allais souvent mal.
A (presque) 40 ans, je suis toujours dépensière mais dans la limite de mes moyens, qui ont considérablement augmenté entre-temps. Je suis l'heureuse détentrice d'un crédit immobilier; je cotise dans la tranche maximum pour ma retraite complémentaire obligatoire et j'ai souscrit une retraite facultative que j'alimente tous les mois sans faute. Après, OK, je claque tout ce qui reste. Mais mourir riche ne m'intéresse guère. J'ai plus ou moins cerné les déclencheurs de mes crises de shopping-ite aigues et la plupart du temps, j'arrive à les désamorcer.
A 20 ans, je détestais la noix de coco, la salade verte, le thé et le vin, les ris de veau, les coquilles Saint-Jacques et les crustacés. Je ne savais pas faire la cuisine et me nourrissais essentiellement de soupes chinoises déshydratées.
A (presque) 40 ans, je fourre de la roquette dans tout, bois au moins un litre de sencha par jour, garde un souvenir ému du Haut-Brion 65 dégusté pour le mariage du demi-frère de l'Homme et commande systématiquement les coquilles Saint-Jacques ou les ris de veau quand il y en a sur la carte d'un restaurant. J'adore les cuisines inventives qui utilisent des céréales rares, des épices exotiques, et qui mélangent le salé et le sucré. Je suis capable de préparer quelques spécialités délicieuses et d'improviser un bon petit repas équilibré avec les restes du frigo.
A 20 ans, je ne supportais pas les chats et pensais qu'un animal en appartement, c'était le diable.
A (presque) 40 ans, j'ai eu successivement 7 chats dans ma vie. Ils saccagent mon mobilier et ma moquette en se faisant les griffes dessus, empuantissent la cuisine avec leur litière - quand ils ne déposent pas leurs crottes à côté pour signifier que le bac est insuffisamment propre à leur goût, sèment leurs poils partout sur mon canapé et sur mes fringues, posent problème chaque fois que je veux partir en vacances. Et je ne conçois plus ma vie sans eux.
A 20 ans, je ne voulais pas d'enfants et tout le monde me répétait d'un air entendu: "Tu verras, tu changeras d'avis".
A (presque) 40 ans, j'ai bon espoir qu'on arrête bientôt de me casser les noix avec la question de la maternité. Alors, c'est moi qui pourrai ricaner: "Vous voyez, je n'ai pas changé d'avis".

mardi 18 décembre 2007

Aliénophobie

Caroline de Pensées de Ronde est enceinte et absolument ravie. Son mari et elle avaient décidé de ne plus avoir d'enfants, mais on sentait bien qu'elle avait du mal à faire son deuil du petit troisième. Une imprudence un soir de cuite a suffi pour que la nature (ou son inconscient) lui envoie ce qu'elle désirait tant. Je trouve ça génial pour elle.
Moi, c'est tout l'inverse. Je vis dans la hantise - oui, je sais, une de plus - de tomber enceinte et de m'en apercevoir trop tard pour avorter. Depuis quelques mois, je prends pour soulager mon endométriose un médicament très efficace qui a totalement supprimé mes règles. D'un côté, je trouve ça bien pratique. De l'autre, malgré mon âge "avancé" et la probabilité de la maladie m'ait rendue stérile, je suis tellement parano que je fais un test de grossesse chaque mois avant le début de mon cycle pour vérifier qu'aucun intrus ne s'est implanté dans mon ventre à l'insu de mon plein gré. Je dis "intrus" mais je modère ma pensée; ce que je devrais écrire pour être fidèle à mon ressenti, c'est "parasite". J'ai des sueurs glacées à la pensée d'être habitée, de voir mon corps se déformer et cesser de m'appartenir, puis de devenir l'esclave de trois kilos de chair rose et vagissante. Que j'aimerais sans doute, mais à qui j'en voudrais terriblement d'avoir détruit la vie que j'avais eu tant de mal à me construire. Je ne vois pas comment un enfant pourrait être heureux avec une mère qui déplore son existence et pense constamment avec amertume à la liberté dont il l'a privée.
Que la nature se le tienne pour dit et continue plutôt à envoyer des bébés à celles qui en meurent d'envie et sauront s'en occuper correctement.
[EDIT 19/12/07]: Jamie Lynn Spears, la petite soeur de Britney, est enceinte elle aussi. Elle a 16 ans. Apparemment, la nature ne m'écoute pas du tout du tout.

mercredi 15 août 2007

Où on reparle de ma vieille copine Fleur

Hier, j'ai reçu le faire-part de naissance de la fille de Fleur. Le prénom pourtant original me disait quelque chose. J'ai mis une bonne minute à le replacer: c'est celui de l'héroïne de "La nuit des temps" de Barjavel. Puis je me suis souvenue que Fleur avait lu et adoré le bouquin quand elle était au collège.
J'avais cessé de l'appeler après le jour de l'an 2006, quand elle se lamentait parce qu'elle s'était fait plaquer par un mec auquel elle ne tenait même pas. Marre de ses déboires amoureux et de passer mon temps à l'écouter gémir. Les gens qui vont toujours mal tendent à me fatiguer assez vite. Et puis en novembre, j'étais tombée par hasard sur elle dans un magasin. On avait dîné ensemble; elle m'avait annoncé qu'elle était enceinte de son nouveau copain, avec qui elle sortait depuis à peine plus de six mois. Elle était radieuse. J'ai vraiment espéré que cette fois serait la bonne pour elle. Son histoire était jolie; elle redonnait de l'espoir à mon coeur meurtri. A l'époque, je commençais tout juste à sortir avec Hawk et bien que déjà mordue, je n'osais pas croire que notre relation puisse évoluer et durer.
Je viens d'appeler Fleur pour prendre de ses nouvelles. La conversation n'a pas duré très longtemps, car Melle Barjavel commençait à manifester sa faim en bruit de fond. Je me disais qu'on pourrait peut-être dîner ensemble un soir, mais Fleur et l'homme de sa vie sont en plein travaux (qu'ils réalisent eux-mêmes) avant déménagement, et Fleur reprend le boulot à la fin du mois. On a convenu d'attendre mon retour de vacances. Je suis plus déçue que je ne l'aurais cru. Sans doute parce que, égoïstement, j'avais envie de me shooter du bonheur de gens qui ont très vite surmonté les obstacles affectifs et matériels que j'abats avec beaucoup plus de lenteur en ce moment. Même si leur plan de vie n'est pas du tout le même que le mien.

lundi 13 août 2007

Je suis inquiète pour mes neveux

Voilà ce que mon beau-frère m'envoie quand il s'ennuie au boulot:

Inquiétant, non?