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mardi 18 juin 2019

La stratégie anti-patate de canapé


La moitié de l'année étant déjà écoulée, le moment me semblait bien choisi pour faire un petit bilan de mes résolutions 2019. J'avais décidé de développer deux nouvelles habitudes: pratiquer le yoga 20 mn par jour, et dessiner dans mon agenda chaque jour. Au bout de six mois, voici ce que ça donne (les photos ont été prises dimanche):





mardi 1 janvier 2019

Commencer petit, être régulier


Je fais partie de ces gens qui tentent perpétuellement de remédier à leurs défauts, d'adopter de bonnes habitudes, de développer de nouvelles compétences. Parfois ça marche, et parfois ça échoue spectaculairement. A force d'essais et d'erreurs, j'ai fini par apprendre deux ou trois choses sur la définition d'objectifs personnels et le meilleur moyen de les atteindre. Par exemple: la fatigue décisionnelle nous guette tous. Au quotidien, nous n'avons pas un stock de volonté infini. Donc, il est inutile d'essayer de tout changer dans sa vie du jour au lendemain. Si une patate de canapé gourmande décide au 1er janvier d'entamer un régime draconien et de faire une heure de sport par jour jusqu'à ce qu'elle ait perdu 10 kilos, le printemps la trouvera déprimée par son échec, plus pauvre d'un abonnement d'un an dans un club de fitness où elle aura mis les pieds 3 fois, frustrée de bonne bouffe et probablement lestée de 2-3 kilos rebond supplémentaires. 

mardi 25 décembre 2018

"Le Japon: 100 instants de voyage" (Edith Silva)


En 2016, Edith Silva et son conjoint ont passé 5 mois au Japon. Munis d'un Permis Vacances Travail, ils exploré la moitié sud de l'île de Kyushu en mélangeant tourisme et wwoofing dans des exploitations agricoles bios. Tout au long de leur périple entre Yakushima et Tokyo, l'autrice a croqué des situations de leur quotidien, et plus tard, ayant découvert cette forme typiquement japonaise de poésie dans un ouvrage de Natsume Soseki, elle a eu l'idée d'accompagner chacun de ses dessins d'un haïku. Le résultat est ce recueil d'instantanés de voyage dont le graphisme presque enfantin et l'économie de mots se combinent pour créer des vignettes douces, drôles et ultra-dépaysantes. Les notes insérées à la fin éclairent les néophytes sur les particularités de la culture japonaise. Pour ceux qui, comme moi, s'intéressent au sujet depuis longtemps et se sont lassés de lire toujours le même type de récits faits par des Occidentaux, "Le Japon : 100 instants de voyage" est aussi délicieusement rafraîchissant qu'un thé vert glacé par une journée d'été. 

dimanche 3 juin 2018

Hors-série Flow Magazine: "50 ways to draw your beautiful ordinary life"





Ca fait des années que je me dis que je devrais dessiner régulièrement. Certes, j'ai eu une brève période "portraits de chaussures à l'aquarelle", et j'ai illustré quelques carnets de voyage. Mais trop intimidée par mon absence de technique et les choses superbes que font des gens bien plus doués que moi, je n'ai jamais osé me mettre réellement à l'urban sketching, et je n'ai pas non plus réussi à appliquer mon auto-discipline pourtant non négligeable à la tenue d'un Hobonichi parce qu'en matière de créativité, je ne supporte pas la contrainte.

mercredi 26 juillet 2017

"J'aime le nattô" (Julie Blanchin-Fujita)


Expatriée à Tokyo depuis fin 2009, l'illustratrice Julie Blanchin raconte en images ses aventures nippones: ses appartements de style années 70 et ses petits boulots successifs, sa découverte de la nourriture et des coutumes locales, son apprentissage de la langue japonaise, l'ascension du Mont Fuji avec ses parents venus lui rendre visite, les tremblements de terre de mars 2011, sa rencontre avec celui qu'elle finira par épouser... Elle montre ce qu'elle aime et n'aime pas dans ce pays si différent du nôtre, évoque ses particularités plus ou moins connues: les toilettes sidérales, les transports en commun super efficaces, les vélos qui roulent à tombeau ouvert sur les trottoirs mais aussi l'omniprésence des cafards et des cigales asiatiques appelées semis. Malgré un style graphique assez différent, on pense très fort au "Tokyô sanpo" de Florent Chavouet - et on prend le même plaisir à s'immerger de nouveau dans la culture japonaise vue à travers les yeux d'un(e) gaijin. "J'aime le nattô": un mélange de carnet de voyage et de carnet intime très réussi!





mardi 11 avril 2017

Nouvelle bannière


Elle est arrivée! 
C'est l'oeuvre de la talentueuse et adorable Anne Montel, dont je chronique à peu près tous les bouquins sur L'Annexe et dont vous pouvez admirer le blog ici
Et je ne sais pas vous, mais moi, je l'adore! ♥︎

samedi 8 avril 2017

"Bad girls throughout history" (Ann Shen)


Vous avez adoré les deux tomes des "Culottées"? Vous voulez plus d'histoires de femmes qui n'en ont fait qu'à leur tête à travers le monde et les époques? Vous lisez l'anglais? "Bad girls throughout history: 100 remarkable women who changed the world" est fait pour vous. On y retrouve certaines des figures déjà évoquées par Pénélope Bagieu comme Wu Zetian, Nellie Bly, Hedy Lamarr ou Josephine Baker, mais dans l'ensemble, ses choix et ceux d'Ann Shen se recoupent assez peu, et c'est tant mieux!

Ici, la vie des héroïnes n'est pas mise en bédé mais résumée en une page et accompagnée d'une très chouette illustration. Les portraits sont classés par ordre chronologique, depuis Lilith la badass originelle jusqu'à la benjamine Malala Yousafzai.

Si certaines des femmes évoquées sont très, très connues (Cléopâtre, Marie-Antoinette, Jeanne d'Arc, Elizabeth Ière, Jane Austen, Marie Curie, Rosa Parks, Margaret Thatcher, Bettie Page, Oprah...), et si j'ai eu plaisir à retrouver certains de mes modèles personnels (Helen Keller ou Judy Blume), j'ai aussi fait de belles découvertes, comme Diana Nyad qui, à l'âge de 64 ans, a nagé de Cuba jusqu'à la Floride sans l'aide d'une cage à requins. Vu que je risque la noyade chaque fois que je me douche, je ne pouvais être qu'admirative! Le seul reproche que je ferais à ce livre c'est que, malgré ce que la couverture laisse espérer, les femmes blanches y sont sur-représentées: j'en compte 78 sur 100...





vendredi 13 janvier 2017

Et si on se donnait la permission d'être nuls (peut-être)?




Je ne suis pas une grande connaisseuse (ni une grande amatrice, d'ailleurs) des jeunes enfants. Mais je trouve qu'ils possèdent une qualité admirable: ils dessinent, chantent et dansent de façon très naturelle, sans craindre que personne ne les juge. Ca leur fait plaisir, donc ils le font, point. Et puis en grandissant, ils acquièrent une conscience d'eux-mêmes au sein d'un cadre social avec ses règles explicites ou tacites, et leur spontanéité s'envole. Même les tenues vestimentaires délicieusement farfelues qu'ils pouvaient avoir envie de porter quand ils étaient petits rentrent dans le rang de ce qui est considéré comme cool ou à la mode. 

Adultes, combien d'entre nous étouffent toute pulsion artistique ou plus généralement créative par honte de ne pas savoir "bien faire"? Par exemple, de ne pas avoir la technique nécessaire pour croquer un chat qui ressemble à un chat, créer une perspective juste ou rendre correctement des ombres? Nous sommes tellement habitués à devoir être performants en tout que si nous n'avons pas de formation spéciale ou estimons ne pas posséder de talent inné, nous n'essayons même pas. Y compris lorsque nous savons très bien que rien ne nous oblige à montrer le résultat à personne si nous n'en sommes pas satisfaits, car à force d'être soumis au jugement des autres et à une pression sociale tous azimuts, nous sommes devenus nos critiques les plus sévères, nos détracteurs les plus exigeants. 

En vérité, l'important, ça n'est pas de pouvoir rivaliser avec Matisse ou gagner sa vie comme graphiste, mais juste de se faire plaisir en gribouillant quelque chose sur un bout de papier volant ou un joli carnet. En écrivant un roman bancal qu'aucun éditeur n'envisagerait jamais de publier. En massacrant avec enthousiasme n'importe quelle symphonie au piano, n'importe quelle chanson de Maxime Le Forestier à la guitare sèche. Il faudrait savourer le processus plutôt que le résultat; profiter du chemin sans trop se focaliser sur la destination. Comme dans beaucoup d'autres domaines, en somme. Surtout que l'avantage, quand on part de loin, c'est qu'on a plein de marge de progression et qu'on ne peut que s'améliorer!

vendredi 29 avril 2016

"La légèreté" (Catherine Meurisse)


Parce qu'elle ruminait une rupture récente dans son lit, Catherine Meurisse, 35 ans, dessinatrice, est arrivée en retard à la conférence de presse de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier. Ainsi, elle n'a pas été tuée avec ses amis - mais elle a quand même un peu perdu la vie elle aussi. Placée sous escorte policière constante, hébétée par l'ampleur des mouvements populaires, elle ne parvient absolument pas à digérer ce qui s'est passé et commence par faire de l'amnésie partielle, puis ce que les psys appellent de la dissociation. Afin de se retrouver et de reprendre goût à la vie, elle part séjourner à la Villa Médicis, en Italie, dans l'espoir d'y connaître l'éblouissement par la beauté connu sous le nom de "syndrome de Stendhal"...

Je craignais de me sentir un peu voyeuse à la lecture d'un témoignage si personnel concernant un événement tragique qui a été récupéré de toutes les manières possibles et imaginables au cours de l'année écoulée, mais non. Peut-être parce que malgré la franchise dont elle fait preuve dans son récit, Catherine Meurisse ne s'apitoie jamais sur elle-même, et aussi parce qu'au milieu de sa douleur surnagent une saine révolte et cet esprit mordant qu'elle partageait avec ses collègues. L'émotion sincère se mélange à l'humour noir, ses souvenirs du passé à sa quête présente de légèreté. Une oeuvre qui touche au bon sens du terme.





dimanche 28 février 2016

"Sur les ailes du monde, Audubon" (Fabien Grolleau / Jérémie Royer)


Au début du XIXème siècle, le Français Jean-Jacques Audubon, rebaptisé John James depuis qu'il s'est installé aux Etats-Unis, est un homme heureux en ménage mais malheureux en affaires. Quand la scierie dans laquelle il a investi fait faillite et qu'il perd quasiment tout ce qu'il possède, sa compréhensive épouse Lucy l'incite à accomplir son véritable destin: arpenter le pays en dessinant les oiseaux pour l'observation desquels il éprouve une passion dévorante. Son expédition mouvementée durera des années, et à la fin, Audubon se heurtera au mépris de la communauté scientifique américaine qui estimera ses travaux trop artistiques. Il devra se rendre en Angleterre pour que son génie soit enfin reconnu à sa juste valeur...

Biographie romancée, "Sur les Ailes du monde, Audubon" s'appuie sur les carnets de notes du célèbre naturaliste pour mettre en scène des passages marquants de sa vie, tout en prenant certaines libertés narratives signalées en fin d'ouvrage. Il est assez frappant de constater le tournant que représenta son époque dans la vie du continent américain, la déforestation sauvage qui entraîna un appauvrissement terrible de la faune (et de la flore, je présume) couplée avec la déchéance des populations indigènes. En lisant, je n'ai pu m'empêcher de penser que la fin du monde avait commencé depuis bien longtemps, même si elle s'accélère depuis quelques décennies... Mais il ne s'agit là que de la toile de fond sur laquelle évolue Audubon, personnage hallucinant de passion aveugle et de dévouement à son art auquel il sacrifia sa famille pendant une grande partie de sa vie. Si on pourrait le taxer d'égoïsme crasse, il est sauvé par son émerveillement sincère face à la nature et son talent pour la restituer d'une façon unique. Aujourd'hui encore, il est considéré comme l'un des pères fondateurs de l'écologie. Fabien Grolleau et Jérémie Royer lui rendent ici un hommage aussi mérité que plaisant à lire.




mercredi 9 décembre 2015

"A bunch of pretty things I did not buy" (Sarah Lazarovic)


Dans ce mémoire illustré, l'artiste Sarah Lazarovic décortique son parcours de consommatrice depuis l'enfance: la recherche de son style, adolescente, et la façon dont ses choix vestimentaires participent à la construction de son image d'elle-même; le départ de chez ses parents et la nécessité d'établir un budget; sa boulimie de shopping et ses regrets consécutifs; sa découverte du minimalisme et, par la suite, la culpabilité associée à la moindre dépense; l'établissement de critères et la liste des achats auxquels cela l'a amenée à renoncer; enfin, une forme d'apaisement vis-à-vis de la consommation. J'ai aimé ses interrogations très proches des miennes, sa façon ludique de les présenter et le ton qu'elle emploie - celui de la confidence plutôt que d'une leçon donnée au lecteur.

"A Bunch of Pretty Things I Did Not Buy" n'est pour le moment pas traduit en français (hélas) (mais je veux bien m'en charger). 






jeudi 26 mars 2015

Une montgolfière et un homme à moustache




Trop pris par le lancement de son activité professionnelle en free lance, Chouchou ne dessinait plus beaucoup ces derniers temps. Mais il y a quelques semaines, il s'est commandé un stylet pour dessiner sur son iPad, et depuis, il n'arrête plus (il en parle même sur son nouveau blog). Comme ses bédés m'ont toujours fait mourir de rire, je suis ravie. A minuit une, il m'a envoyé le dessin ci-dessus. Une montgolfière et un homme à moustache - me voilà comblée avant même de recevoir mon "vrai" cadeau!

mardi 19 novembre 2013

"Andrea's book: carnets du quotidien"


Alors que je me baladais dans le Drugstore Publicis pour tuer un quart d'heure avant un rendez-vous, mon regard a été attiré par la couverture d'un livre qui ressemblait fort à un carnet Moleskine - même format, même élastique de fermeture. Des petits carreaux, une chaussure à bride verte, un jouet pour chat. Intriguée, j'ai feuillé l'objet... et je l'ai immédiatement emporté à la caisse. 

Andrea Joseph est galloise et illustratrice autodidacte. Ce qui dégoûte un tout petit peu quand on voit la beauté et la minutie de ses croquis. Mais plus que par sa virtuosité technique, j'ai été séduite par le regard qu'elle porte sur le quotidien et sa façon de le documenter (une de mes marottes, au cas où vous ne vous en seriez pas aperçus). Je suis particulièrement fan de ses portraits de chaussures - je me suis jadis risquée à l'exercice, certes avec beaucoup moins de talent -, de ses collections de petits objets et de ses intérieurs en perspective bizarre qui me font un peu penser à ceux de Florent Chavouet. Une très jolie découverte à prolonger (ou à anticiper!) sur le blog de l'auteur.

mardi 12 mars 2013

Où l'univers tente de m'empêcher de rencontrer Guillaume Long


Depuis que j'ai, grâce à une recommandation de Funambuline, découvert "A boire et à manger", génial recueil de bédé culinaire, j'ai envie de rencontrer son auteur pour qu'il dédicace mon exemplaire. Plusieurs fois, j'ai joué de malchance: il passait à Monpatelin pendant que j'étais à Bruxelles, ou l'inverse; ou encore, il faisait une apparition en Gruyérie la semaine suivant mon séjour là-bas. Mais cette fois, avec sa participation à la Foire du Livre, j'étais certaine d'arriver à mes fins! 

J'ai regardé ses horaires sur la page Facebook de son blog: dimanche, 11-13h, Gallimard; 14h-16h, Filigranes. J'ai double-checké avec le site de la manif, qui m'annonçait que la séance du matin. Histoire de ne pas me pointer à Tour & Taxis pour rien en début d'après-midi, j'ai appelé Filigranes afin de me faire confirmer le lieu de la dédicace. Je suis tombée sur un employé qui n'était pas au courant, mais qui s'est renseigné avant de revenir m'annoncer: "Ce sera à la Foire du Livre". Me voilà donc partie avec mes deux tomes d'"A boire et à manger" - ma quête traînait depuis si longtemps que l'éditeur avait eu le temps d'en publier un deuxième. 

En entrant dans l'espace-boutique de Filigranes, je déchante vite: Guillaume Long n'est nulle part en vue. Je me renseigne poliment auprès du caissier. "Ah ben non, il était là hier". Je proteste: "Mais j'ai appelé la librairie, et on m'a dit qu'il serait là aussi cet après-midi!" "Vous voulez peut-être qu'on le fasse revenir juste pour vous?" ricane le type, auquel je collerais volontiers une petite beigne pour lui apprendre la politesse. Je me tourne vers sa responsable: elle non plus n'est au courant de rien. Elle ne se moque pas bêtement de moi, ce qui est déjà un progrès, mais ne propose pas non plus de se renseigner. Bien bien bien. 

Je pousse jusqu'au stand Gallimard, des fois que. Là, je tombe sur l'attachée de presse de l'auteur, qui m'informe gentiment que Guillaume Long dédicace en ce moment... à la librairie Filigranes. J'ai envie de buter un libraire, voire trois. Je viens de traverser tout Bruxelles par un froid de canard et de payer 8€ d'entrée pour voir un auteur qui se trouve en réalité à distance de marche de chez moi. En plus, je me suis fait rire au nez en public par un jeune crétin. Pas franchement mon idée d'un dimanche de rêve. 

Mais il en faut plus pour me décourager. Je traîne ma pauvre carcasse transie jusqu'au métro en priant pour arriver à Filigranes avant le départ de Guillaume Long. Quand je déboule dans la librairie, remontée comme un coucou gruyérien, il n'y a personne au fond de l'espace-buvette où les auteurs dédicacent d'ordinaire. Chouchou, qui m'a rejointe à l'entrée, suggère d'aller voir au rayon bédé. Là, les ouvrages de Guillaume Long traînent ostensiblement sur une table, mais Guillaume Long lui-même demeure insaisissable. Je me renseigne auprès d'une libraire: "Non, je ne pense pas qu'il soit parti, sa veste est toujours là". Avec la chance que j'ai, il l'aura juste oubliée...

Et puis quelques minutes plus tard, l'objet de ma quête apparaît enfin. *Insérer ici le titre d'une chanson de Leonard Cohen reprise bien trop de fois, et souvent à mauvais escient. Oui, fantôme de Jeff Buckley, c'est à toi que je parle. Entre autres.*




Sur mon tome 2, je demande un hippopotame ou un renard.




Du coup, sur mon tome 1, je préfère laisser Guillaume Long dessiner ce qu'il veut plutôt que de me retrouver avec la recette illustrée du Parmentier de Georges-Arthur.




J'ai finalement triomphé de l'adversité! De plus, en l'absence d'une horde de fans probablement en train d'éventrer à la petite cuillère le caissier crétin de la Foire du Livre (tout le monde ne peut pas avoir pris des résolutions de zénitude en début d'année), l'auteur a volontiers répondu à mon feu roulant de questions, et m'a même conseillé un chouette resto où il avait mangé la veille. Sa description des plats m'a mis l'eau à la bouche; je sais désormais où nous dînerons pour mon anniversaire! 

Prochaine quête acharnée de dédicaces: Anne Montel et Aurélie Neyret.

dimanche 10 mars 2013

Le Formidable Salon de la Bédé: dédicaces et renards


Franchement, ce salon, j'ai bien failli ne pas y aller. La semaine précédente, les gens de chez Brüsel avaient fait savoir qu'il serait utilisé un système de tickets limitant les dédicaces à 30 par auteur. Bon plan pour ne pas se taper des queues files d'attente kilométriques, a priori. Sauf que les tickets étaient dispos seulement le jour même à partir de 10h du matin, alors que les auteurs arrivaient à 13h30, et que pour en obtenir un, il fallait acheter sur place un ouvrage de l'auteur correspondant. Or, je possède déjà la plupart des ouvrages des auteurs que j'aime (et souvent, même, je les ai achetés chez Brüsel). D'où gros mécontentement. Je comprends que la venue des auteurs doit être rentabilisée, mais zut. 

Et puis finalement, comme le FSBD était couplé avec Made in Asia où Chouchou voulait absolument prendre des photos de costumes délirants (l'entrée était de 10€ pour les deux), et comme en outre le salon Créativa se tenait juste à côté, je me suis dit qu'on arriverait toujours à tuer le temps entre 10h et 13h30, et qu'en cherchant bien, je trouverais sans doute une ou deux bédés qui me faisaient envie et que je ne possédais pas déjà. Donc, nous nous sommes levés aux aurores hier matin pour faire l'ouverture du salon. 

A la station gare du Midi, le métro qui nous transportait a été littéralement pris d'assaut par des hordes de jeunes déguisés en personnages de manga, et j'ai commencé à avoir un peu peur. A la sortie de la station Heysel, une file d'environ deux cents mètres s'étendait jusqu'à l'entrée du hall 5 de Bruxelles Expo. Vu que je déteste la foule, je me suis dit: "Tant pis pour Made in Asia et le FSBD, faisons un tour à Créativa et attendons de voir si ça se dégage en cours de journée". (L'espoir fait vivre.) Sauf que la moitié des fans de manga tentaient eux aussi d'accéder à l'expo par le hall 4 qui abritait Créativa mais qu'un passage intérieur reliait au 5. Bref, en franchissant enfin la sécurité, j'ai pensé qu'on avait été bien bêtes de prendre juste des tickets pour Créativa.

Chouchou a alors suggéré que, peut-être, il y avait moyen d'acheter des tickets pour Made in Asia et le FSBD à l'entrée du passage intérieur. Je lui ai ri au nez: "Tu penses, il va juste y avoir d'autres agents de sécurité pour déchirer les tickets achetés dehors". On se trompait tous les deux: il n'y avait... rien du tout. En fait, une fois payé l'accès à l'une des deux manifs, on pouvait se faire l'autre aussi pour le même prix. Ce dont nous ne nous sommes pas privés.

Bref. Contre toute attente, j'ai donc pu obtenir des tickets pour quatre dédicaces sur les six qui m'intéressaient. Barbara Canepa s'était fait porter pâle, et Lewis Trondheim avait déjà beaucoup de monde. En plus, je lui en voulais encore d'avoir poireauté pour rien presque une journée entière au Festival de Solliès-Ville il y a des années: le matin, il ne s'était pas levé, et en début d'après-midi, il était à la plage... Chouchou et moi nous sommes répartis les files d'attente: il est allé se placer dans celle pour Boulet, seul invité à avoir refusé le système de dédicaces limitées tandis que je patientais avec les gens munis de tickets qui voulaient voir tous les autres dessinateurs.

J'ai commencé par Aude Picault, à qui j'ai fait dédicacer son "Fanfare" (seul de ses albums qui me manquait encore; j'aurais préféré "Transat" ou "Papa", mais ils étaient restés à Monpatelin...). J'ai été sa première "cliente", elle ne s'est guère montrée bavarde et l'échange est resté poli mais limité. 






Juste à côté d'elle, Bastien Vivès dont je n'avais jamais rien lu mais dont plusieurs personnes m'avaient chaudement recommandé "Polina". Une histoire de danseuse classique, ça avait des chances de me parler. J'ai été surprise de trouver le dessinateur aussi jeune. Je lui ai demandé pourquoi il avait choisi ce thème: "Je voulais faire un truc sur l'art, et le graphisme, ce n'était pas assez visuel." "Alors, pour vous documenter, vous avez pris quelques cours?" "Euh, non. On trouve de tout sur Youtube, vous savez."





Un peu plus loin, j'ai patienté un petit quart d'heure en bavardant avec un autre festivalier avant d'arriver près de Guillaume Bianco. Super sympa, il m'a demandé ce que je voulais comme bestiole sur ma dédicace, puis m'a bombardée de questions en dessinant. J'ai ainsi découvert qu'il était originaire d'un village à quelques kilomètres de Monpatelin, et nous nous sommes amusés à réciter une liste plutôt hétéroclite de célébrités locales: Cathy Guetta, Raimu, Mireille Darc, Hélène Ségara... "et Mourad Boudjellal", a-t-il ajouté. Un nom qui ne parlera guère qu'aux amateurs de bédé et de rugby!





Etienne Davodeau dessinait sur un canapé à la cool. Comme il n'y avait personne immédiatement derrière moi, après lui avoir fait dédicacer mon tome des "Ignorants" (gros coup de coeur lors de sa sortie), je lui ai demandé s'il voulait bien me signer aussi le "Quelques jours avec un menteur" acheté le matin même parce que l'histoire avait l'air sympa. Il s'est animé: "Ah, c'est mon préféré celui-là". "Pourquoi?" "Parce que c'est celui où j'ai trouvé mon style actuel, du noir et blanc pas trop fignolé avec juste du lavis de gris, et ça m'a libéré."






Le temps que je termine, il restait encore une douzaine de personnes avant Chouchou dans la file pour Boulet. J'aimerais signaler que ce dernier, non content d'avoir refusé le système de tickets et d'achat obligatoire sur place, est arrivé une demi-heure avant tous les autres auteurs et s'est mis à dessiner immédiatement, ne s'interrompant qu'une ou deux fois dans l'après-midi pour littéralement courir aux toilettes. Il passait vingt personnes par heure, et il trouvait encore le moyen de sourire et de bavarder avec chacun. En plus, même avec seulement 3 minutes à me consacrer, il m'a chambrée gentiment parce que je parlais hyper vite, et il a bien voulu me dessiner un renard.






En parlant de renard... Regardez ce que j'ai trouvé sur le stand Avenue of the Stars! Pour ne pas me le trimballer toute la journée, car la boîte était assez encombrante, je l'ai laissé sur place avec un Post-It à mon nom, en disant que je passerais le chercher avant de repartir. Résultat, c'est au moment d'entrer dans le métro pour notre voyage de retour que j'ai sursauté: "Merde, le renard!". Qui, alors qu'elle était sur les rotules et avait un mal de dos carabiné après avoir piétiné pendant des heures, a dû rebrousser chemin au pas de course et expliquer aux vigiles qu'elle sortait juste de l'expo où elle avait oublié un truc déjà payé? C'est Bibi. 




(Pour les photos des cosplay de Made in Asia, c'est sur le blog de Chouchou.)

lundi 18 février 2013

DIY 7/52: Tableaux jumeaux


Vendredi dernier, j'étais descendue chez Schleiper acheter le vernis-colle et le pinceau large dont j'avais besoin pour un autre DIY. Là, je suis tombée en arrêt devant une série de petites toiles. Un format rectangulaire en particulier (vendu moins de 2€ pièce!) m'a donné immédiatement envie d'y peindre un motif symétrique que je couperais en deux par le milieu. Quel motif? Je ne le savais pas encore. Je pensais vaguement à une paire de lunettes ou une tête de renard. Puis je me suis dit que ma silhouette et celle de Chouchou façon bédé, mises dos à dos, donneraient vachement bien. 

Pour occuper un peu l'air autour, j'ai d'abord pensé à nous faire prendre des poses à la James Bond ou à la Charlie's Angels, avec un flingue à la main. Chouchou a objecté que les armes à feu ne faisaient pas partie de nos accessoires habituels et que ça rendrait le résultat peu lisible. J'ai envisagé un instant de nous peindre juste un petit coeur rouge sur la poitrine. Et finalement, j'ai décidé d'utiliser un gros coeur coupé en deux comme motif symétrique de fond. Voici ce que ça donne:


1. J'ai dessiné un demi-coeur sur du bristol léger; je l'ai découpé et utilisé comme patron (tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre) pour tracer le  motif à même les deux toiles. J'ai utilisé un crayon à papier 3B, ce qui est trop gras et laisse une trace encore visible à travers la peinture; si c'était à refaire, j'emploierais plutôt un HB basique. 

2. J'ai rempli les formes avec un vieux flacon de peinture acrylique rouge qui devait croupir dans mes affaires de scrap depuis 6 ou 7 ans, et un pinceau en poils synthétique de 8 mm de large. Puis j'ai laissé séché toute la nuit. 

3. Toujours sur du bristol léger, Chouchou m'a dessiné nos deux silhouettes en se basant sur les personnages de son blog bédé. Je les ai évidées avec de petits ciseaux très pointus et très bien aiguisés, afin d'obtenir des pochoirs. J'ai fixés ceux-ci sur les toiles à l'aide de masking tape (et d'une pastille autocollante double face, dans le cas du petit creux entre le bras et le dos de Chouchou). 


4. Puis, toujours avec mon pinceau Cobra 8 mm, j'ai passé une bonne couche de peinture acrylique noire en maintenant le bord intérieur du pochoir avec les doigts pour ne pas que la peinture passe dessous ou bave sur les bords du motif. 

5. J'ai attendu que la peinture soit semi-sèche avant de retirer les pochoirs. A cause des reliefs de la toile, le tracé obtenu n'était pas nickel; je l'ai donc repris légèrement avec un pinceau M. Grumbacher en poils naturels n°8; beaucoup plus souple et plus fin. De nouveau, j'ai laissé sécher toute une nuit.

Je suis enchantée par le résultat. Maintenant, j'ai envie de faire une tentative de pochoir inversé - en peignant tout ce qui se trouve autour, de façon à ce que le motif reste seul en blanc sur l'image finale. 

vendredi 8 février 2013

Un goûter chez Camellia's



A deux pas de Carnaby Street se dresse Kingly Court, sorte de petit centre commercial organisé autour d'une cour et occupant trois étages. On y trouve quelques boutiques de vêtements un peu rétro ou de marques très pointues, un centre holistique, un merveilleux salon de bookcrossing avec bibliothèques remplies à ras bord et vieux canapés moelleux, et plusieurs salons de thé. Le Camellia's, situé tout en haut, me semblait particulièrement attirant avec sa grande salle moderne mais cosy décorée aux couleurs de la Saint-Valentin. 

La veille, nous nous étions cassés les dents en arrivant au Soho's Secret Tea Room recommandé par une lectrice: normalement ouvert jusqu'à 18h, il venait juste, à 16h45, de fermer sa salle en préparation d'un événement privé. Mais il était hors de question que je reparte de Londres sans avoir mangé des scones!


Les photos étant théoriquement interdites, j'ai pris les miennes à l'arrache, et elles ne rendent pas du tout justice à l'atmosphère du lieu, beaucoup plus joli et agréable qu'il n'y paraît ci-dessus. Dans la carte agréablement variée, nous avons choisi la formule "Cream tea" à £6.50, comprenant une assiette de scones/clotted cream/confiture et un thé au choix. Chouchou a pris un Jasmine silver needles et moi un Chinese white hair. 


J'ai halluciné en voyant arriver les scones: ils étaient vraiment énormes! Un seul m'aurait largement suffi. Par contre, du coup, les portions de crème et de confiture semblaient un peu chiches... Tout était très bon, thé y compris, et plutôt bon marché pour le coup (si on considère la moyenne des prix londoniens). 

J'ai profité de l'attente de notre commande pour me remettre enfin à gribouiller dans le carnet que je trimballais dans mon sac depuis deux jours. Mon dessin précédent (un bateau de pêche sur le port de Sanary) datait du 24 août 2010, trois semaines avant la mort de ma grand-mère et l'annonce du cancer de mon père. Rétrospectivement, je comprends pourquoi j'ai arrêté tout à coup. Pendant ces deux années, ma peur, mon angoisse et mon chagrin anticipé ont étouffé tout élan créatif en moi. C'est seulement maintenant que j'ai l'esprit libre pour m'y remettre... Pour mon redémarrage, je me suis modestement contentée d'un duo de grues en métal qui décoraient le mur à côté de notre table. 

Ce thé chez Camellia's était une conclusion idéale (et reposante!) à notre bref séjour londonien. J'en ai rapporté une infusion à l'orange et une tisane du soir que j'ai hâte de tester. 

jeudi 16 février 2012

"Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"


Lorsque je préparais nos trois jours en amoureux à Paris, j'ai cherché des expos sympas qui pourraient nous intéresser tous les deux... et rien trouvé, à part celle sur Sempé qui se terminait la veille de notre arrivée. Comme nous aimons beaucoup ce dessinateur, j'étais assez déçue. Puis, mardi alors que nous cherchions une géocache près de l'hôtel de ville, nous avons vu les affiches qui annonçaient: "Expo prolongée jusqu'au 31 mars". J'en ai poussé des piaillements de bonheur. Le temps de nous loguer et nous foncions vers l'entrée de la rue Lobau.



Comme beaucoup d'enfants des années 70, j'ai découvert Sempé grâce à ses illustrations des aventures du Petit Nicolas, le célèbre chenapan imaginé par Goscinny. Plus tard, j'ai savouré ses dessins d'humour caractérisés par un petit côté désuet, un sens de l'observation pointu et une profonde tendresse, y compris pour des personnages en apparence fats et ridicules. Le rire provoqué par Sempé n'est jamais méchant, et l'émotion pointe souvent le bout du nez dans son travail. Admirez la façon dont, avec des traits si épurés et une quasi absence de décor, il exprime une sollicitude infinie:



L'exposition de l'hôtel de ville rassemble plus de 300 originaux, dont beaucoup d'inédits. On y retrouve tous les personnages qui ont fait le succès de Sempé, des plus connus aux plus obscurs (je ne me souvenais franchement ni de Raoul Taburin le réparateur de vélo qui ne sait pas monter à vélo, ni de Catherine Certitude la petite ballerine myope), mais aussi les couvertures qu'il a réalisées pour le magazine d'art The New Yorker. Les oeuvres sont présentées dans une salle très spacieuse et bien éclairée; c'est un bonheur de déambuler dans les allées en écoutant glousser les autres visiteurs et en songeant avec gourmandise qu'il reste encore plein d'autres dessins à découvrir.



A la sortie, une librairie temporaire permet de compléter (ou de démarrer) sa collection de livres de Sempé, soit avec des grands formats à couverture cartonnée qui coûtent dans les 30 ou 35€, soit avec des rééditions en poche à moins de 6€ pièce. Limitée par la place dans mes bagages et ma bibliothèque, j'ai opté pour la seconde version de "Saint-Tropez" et d'"Ames soeurs" (particulièrement appropriées en ce jour de Saint-Valentin). Chouchou, de son côté, s'est offert le catalogue de l'exposition. Nous sommes ressortis enchantés du long moment passé dans l'univers de cet artiste si délicat.



Exposition "Sempé: un peu de Paris et d'ailleurs"
Hôtel de ville, 75004 PARIS
Ouvert tous les jours de 10h à 19h, sauf dimanche et jours fériés
Entrée gratuite