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vendredi 16 novembre 2018

L'automne de l'angoisse (1/2)





C'est peu dire que je viens de vivre un mois difficile. 

Alors que j'étais en pleine déprime post-voyage raté, combinée à une actualité méga anxiogène et à une confrontation avec ma terreur phobie sévère des souris, je me suis pour la troisième fois cette année retrouvée au chômage technique. Et contrairement aux deux fois précédentes, aucun boulot n'a miraculeusement atterri dans ma boîte mail au bout d'une semaine à peine. Les jours passaient, et tous les messages que j'envoyais me revenaient avec plus ou moins la même réponse: "Désolé(e), mais nous avons déjà du mal à satisfaire les demandes de nos collaborateurs réguliers". Pourquoi? En gros, parce que les traducteurs littéraires sont de plus en plus nombreux alors que les maisons d'édition favorisent de plus en plus la création française en raison d'un coût moindre - et que par ailleurs, comme nos charges ne cessent d'augmenter, chacun de nous a besoin de bosser de plus en plus pour maintenir son niveau de vie.

jeudi 25 octobre 2018

Quit while you're ahead?





Aujourd'hui fait partie de ces jours de plus en plus nombreux où je ne vois plus du tout l'intérêt de continuer.

Le monde actuel me terrifie. L'avenir s'annonce pire. Mes lectures les plus récentes ont fait évaporer mes dernières réserves d'espoir qu'on finisse par redresser un peu la barre. Je sais bien que je ne suis pas devin et qu'on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise, que beaucoup de gens se battent contre le réchauffemement climatique, la montée des fascismes, la persistance du sexisme, du racisme ou de l'homophobie. Je suis aussi, à tort ou à raison, persuadée que leurs efforts ne sont que gouttes d'eau dans un océan empoisonné. Que le capitalisme est une machine inarrêtable dont les dérives monstrueuses vont tous nous broyer beaucoup plus tôt qu'on ne veut le croire.

jeudi 28 juin 2018

Noir c'est noir





La semaine où Kate Spade et Anthony Bourdain se sont donné la mort, tous les gens qui les connaissaient de près ou de loin s'en sont attristés. C'est assez terrible de penser que même la réussite professionnelle, l'accomplissement artistique, l'aisance matérielle, une famille à laquelle on tient ne suffisent pas à enrayer les pulsions suicidaires.

Moi, j'étais moins attristée que choquée de me rendre compte à quel point une partie de moi les enviait d'avoir eu le courage d'en finir.

mardi 18 avril 2017

April blues




C'est vraiment pas la joie en ce moment. 

Chaque jour, il devient plus probable que Trump déclenche une guerre nucléaire avec la Corée du Nord. J'avais récemment eu l'impression que tous les éléments étaient enfin réunis pour le destituer, mais je suppose que je faisais preuve d'un excès d'optimisme (alors que c'est une denrée de plus en plus rare que je ferais mieux d'économiser, je présume). 

A Présidentielles françaises J-5, je ne sais toujours pas pour qui voter. Hamon dont j'adore le programme mais qui ne passera pas le premier tour, si bien que ça reviendrait à jeter mon bulletin à la poubelle, ou Mélenchon dont la personnalité et les positions internationales me rebutent au plus haut point - l'Europe a grand besoin d'être réformée, mais en sortir constituerait une erreur monumentale. Ne me parlez même pas de Macron dont l'unique mérite, par rapport à Fillon et à Le Pen, est de ne pas être un gros réac sur le plan social. 

Mes angoisses en profitent pour revenir à la charge, plus floues que d'habitude mais non moins suffocantes. Avant-hier, une demi-heure après avoir éteint ma lampe de chevet, je me suis réveillée en hurlant, sous le regard perplexe de Chouchou qui lisait encore. Je n'ai pas la moindre idée pourquoi. J'avais sans doute fait un cauchemar, mais je ne me rappelais de rien. Et le Xanax qui m'avait sauvé la vie il y a quelques années ne me fait plus aucun effet à présent. 

Heureusement, jeudi, je rentre à Monpatelin pour trois semaines - en emmenant Chouchou dans mes bagages, pour une fois. Au minimum, il fera meilleur qu'à Bruxelles, et le soleil m'aidera à voir les choses sous un jour un peu moins sombre. 

mercredi 17 août 2016

Happiness is... being loved back




Après une semaine de disputes, d'exaspération de mon côté et de larmes du sien, j'avais vraiment, vraiment hâte de mettre de la distance entre ma mère et moi. La séparation d'avec ma soeur et mes neveux à la dépose-minute de l'aéroport de Blagnac n'a pas été facile pour autant. Avec leurs emplois du temps de folie, mes propres aller-retour perpétuels entre Bruxelles et Toulon et les difficultés relationnelles entre ma mère et moi, je ne sais pas si on se reverra avant l'été prochain, et les années ont beau passer de plus en plus vite au fur et à mesure que je vieillis, ça me paraît une éternité. Et puis cette fois, on s'est super bien amusés avec Attila et Darklulu, de piscine en cinéma et de jeux de plateau en escape games. Du coup, je n'étais pas fière au moment de dire au revoir, et je n'étais pas la seule. Darklulu, enfant peu démonstratif qui à cinq ans castagnait des gamins du double de son âge pour protéger son frère aîné, boudait parce qu'il ne voulait pas qu'on s'en aille. Quand je me suis penchée pour lui faire un bisou, il s'est jeté sur moi et m'a serrée dans ses bras sans un mot. Je ne m'y attendais pas du tout et ça m'a un peu achevée. 

Quelques heures plus tard, en arrivant à Bruxelles, j'ai trouvé dans la boîte aux lettres une jolie carte de remerciements envoyée par Shermane. Je ne m'y attendais pas non plus et ça m'a touchée. J'ai défait mes bagages pendant que Chouchou rasait sa barbe d'homme des cavernes, puis je me suis allongée sur notre lit pour cuver ma déprime, et au lieu de me bousculer pour qu'on parte voir le tapis de fleurs sur la Grand-Place comme c'était prévu, Chouchou est venu me faire un câlin en m'assurant que non, je n'étais pas une personne horrible de me disputer tout le temps avec ma mère, et qu'on trouverait un moyen de voir ma famille avant l'été prochain.

Je me suis secouée pour descendre dans le centre malgré tout. Il faisait bien moins chaud qu'à Toulouse, juste la bonne température pour rendre la promenade agréable, et nous avons décidé de manger dans le coin. En prenant le piétonnier du boulevard Anspach, j'ai remarqué une série d'inscriptions sur le sol: HAPPINESS IS... avec de la place pour compléter. J'ai cherché de la craie en vain avant de prendre le genre de photo dont Scarlett Johansson se serait moquée dans "Lost in translation". Et je me suis demandé: "Mais au fait, qu'est-ce que j'aurais écrit? En une phrase très courte, c'est quoi pour moi, le bonheur?" Et la réponse s'est imposée immédiatement à moi: le bonheur, c'est être aimé en retour par des gens qui vous le font sentir.

jeudi 30 juin 2016

Le ressort du sentiment




Mardi, j'ai fait mon pèlerinage annuel à la plage du Mourillon, l'endroit où je viens me ressourcer en invoquant mes souvenirs et en réfléchissant au temps qui passe. D'habitude, c'est un rituel doux-amer mais qui me fait du bien. Cette fois, il était juste amer et je suis repartie assommée par la distance grandissante entre moi et ma jeunesse, accablée par le fardeau du temps qui pèse de plus en plus lourd sur mes épaules. 

Après quelques années difficiles qui m'avaient plongée dans une morosité quasi-permanente, j'avais pris début 2016 la décision de rebooster un peu ma vie. Ca a plutôt bien fonctionné jusqu'à mi-février, puis j'ai fait une crise d'angoisse monstrueuse qui a duré trois mois et m'a stoppée. Je ne sais plus quoi faire pour redémarrer. La mort de Brigitte puis celle de mon père ont cassé en moi quelque chose d'essentiel, un élan vital que je ne retrouverai pas. J'essaie de le remplacer par une acceptation sereine, mais j'ai plutôt l'impression de développer une morne résignation. Il me semble que le meilleur est derrière moi, que la suite ne va être qu'une longue chute au ralenti dont je ne ne peux plus rien attendre. 

Oh, je ne suis pas malheureuse, loin de là. Je sais ma chance d'avoir un métier que j'adore, un amoureux génial, un mode de vie pas très conventionnel mais plutôt plaisant et aucun vrai gros problème pour le moment. Mais pour être honnête, je ne ressens plus grand-chose. Mes vieux carnets intimes, dont j'ai relu quelques passages au hasard le week-end dernier, m'ont bien jeté à la figure que je n'étais plus capable d'une émotion forte autre que l'angoisse. Je me prépare à perdre les gens et les choses en permanence, et pour ça, je me barricade contre tout attachement potentiellement dévastateur. Ce qui est idiot, évidemment: avoir compris que rien ne dure, ni soi-même ni ce qu'on croit posséder, devrait au contraire être la meilleure raison d'en profiter à fond tant qu'on peut. Mais je n'y peux rien: mon ressort du sentiment est cassé, et je suis infoutue de le réparer. 

mercredi 16 mars 2016

Continuer à pédaler




Ca ne va pas très bien en ce moment.

Du coup, je fuis tout contact social, toute situation où quelqu'un me demanderait innocemment: "Ca va?" et où je ne pourrais pas répondre par l'affirmative sans que mon mensonge ne se lise sur ma figure. Je ne vais pas commencer à m'épancher, ce n'est pas mon genre et ça n'arrange jamais rien, non ça ne me soulage pas, ça aurait même tendance à me paniquer un peu de m'entendre prononcer les mots à voix haute, comme si ça donnait plus de réalité et davantage de poids à la situation.

Je ne réponds pas aux gentils messages des nouveaux inscrits sur Facebook, je ne me lance pas dans de grandes conversations à coeur ouvert, je ne souhaite pas les anniversaires, je ne passe pas voir les bébés nés récemment, je ne propose pas d'aller boire des cocktails après le boulot parce que je ne veux parler à personne, je veux juste garder la tête dans le guidon et continuer à pédaler sans me laisser un seul instant la possibilité de poser le pied par terre parce que ce serait trop difficile de repartir ensuite.

Continuer à pédaler, c'est tout ce à quoi je suis bonne, la seule méthode que je connaisse pour finir par laisser les ennuis derrière soi. (Et puis c'est excellent pour les fessiers de l'âme.) Succomber au doute et au sentimentalisme ne marche jamais, en tout cas pas pour moi. Il faut juste avancer avancer avancer jusqu'à ce qu'on soit sorti des marécages. Car les marécages ont toujours une fin.

Si vous me cherchez, je suis sur mon vélo. 

lundi 4 janvier 2016

Les non-fêtes de fin d'année




Je ne vais pas vous répéter à quel point j'ai détesté ces fêtes et déprimé pendant la fin du mois de décembre; je crois que tout le monde a bien compris. Il faut avouer toutefois qu'être restée à la maison sans marquer Noël ni le Nouvel An d'aucune façon n'a pas eu que des inconvénients:

- Nous avons mangé normalement, en nous offrant juste des gâteaux Méert pour les deux réveillons, et pas bu une seule goutte d'alcool. Donc, pas de gueule de bois à déplorer, ni de kilos surnuméraires à reperdre en urgence début janvier.

- Sachant que nous ne partirions pas, j'avais accepté un thriller à rendre le 8 janvier, et que je n'avais que quatre semaines pour traduire. Si je ne suis pas ravie de m'être passée de vacances, mon compte en banque, lui, s'en réjouit. Du coup, nous pouvons envisager la Suisse au début du printemps et l'Ecosse au début de l'été!

- Nous avons conservé notre rythme habituel. Je me suis levée le matin vers 7h30 (9h le week-end) et couchée aux alentours de 23h30, ce qui m'a évité de ruiner les efforts déployés depuis début décembre pour profiter davantage du peu de lumière en cette saison. J'ai donc souvent eu le temps de sortir pour marcher une fois mon quota de pages terminé - de l'air et de l'exercice, deux choses qui ne pouvaient m'être que bénéfiques. 

- Quand je suis déprimée, je trie et je range pour me changer les idées. Résultat, j'ai donné les trois quarts de la laine qui me restait, apporté un gros sac de bouquins chez Pêle-Mêle, fait du vide dans certains placards de cuisine qui commençaient à développer leur propre écosystème et mis de côté deux grands sacs de vêtements et autres pour la prochaine troc party.

N'empêche que j'ai bien retenu la leçon. Cette année, je m'y prendrai dès les grandes vacances pour m'organiser un break pendant les fêtes! J'ai déjà l'idée d'un petit road trip sur la côte italienne dans le coin des Cinque Terre...

vendredi 20 novembre 2015

Comme dans une chanson de Renaud




Cet après-midi, je suis allée faire quelques courses pour mon swap dans le centre de Bruxelles. Les rues grouillaient de flics en gilet pare-balles, de militaires Famas à la main au milieu des chalets de Noël et des dorures des galeries Royales. Ca m'a laissé un goût amer dans la bouche. Je me suis offert une tarte au citron meringuée chez Méert; elle était très bonne mais à peine terminée, j'ai eu une violente envie de la vomir. 

On ne peut pas dire qu'elle aura été transcendante, cette année 2015. Commencée par les exécutions chez Charlie Hebdo, terminée par le massacre du Bataclan. Entre les deux, la mort de Yal, ma mère qui déraille de plus en plus, un éloignement grandissant avec ma famille, le boulot qui se raréfie, les voyages auxquels il faut renoncer, l'incertitude grandissante de l'avenir, l'impression que mes projets ne se réaliseront jamais. Tout cela actuellement amplifié par l'arrivée de la mauvaise saison et la perspective de fêtes où je serai clouée à Bruxelles et devrai bosser deux fois plus que d'habitude. 

Je ne suis pas du genre à baisser les bras ni à voir le verre à moitié vide, mais la lassitude me gagne peu à peu. Je ne deviens pas tant zen que résignée à ce que désormais, les choses ne fassent qu'empirer - les gens par disparaître, ma situation matérielle par se dégrader, le climat européen par devenir de plus en plus violent et instable. 

Je suis fatiguée.

mercredi 27 août 2014

Le bouquet final




Une gastro carabinée, 
Fleur Pellerin comme nouveau ministre de tutelle, 
une météo bruxelloise à se pendre, 
un roman envoûtant qui vire à la tragédie et achève de me plomber le moral, 
des journées de travail interminables, 
le constat que mes revenus ne cessent de diminuer depuis trois ans, 
une grosse traduction à rendre vendredi, 
tous mes projets personnels à l'arrêt,
les 68 ans que mon père ne fêtera pas, 
les chaussettes finlandaises ressorties du placard pour éviter une double amputation des pieds, 
et quand je veux me faire un chocolat chaud pour me consoler, moins d'un millilitre de lait restant dans la bouteille que Chouchou a quand même remise au frigo pour me faire croire qu'il ne l'avait pas vidée. 
Ce mois d'août aura décidément été pourri de bout en bout. 

(Du coup, je nourris des ambitions démesurées pour septembre.)

mercredi 13 août 2014

Et Toulouse ne me reverra pas de sitôt




Je suis rentrée de Toulouse le coeur lourd. 
Mon père n'est plus là. Mes rapports avec ma mère ne se sont pas améliorés depuis qu'elle est devenue ma seule interlocutrice dans la maison parentale. Ma soeur débordée par son boulot n'a plus jamais une minute de libre. Mes neveux ont des emplois du temps de ministres maintenant qu'ils font du hockey. 
Je ne sais même plus pourquoi je continue à aller là-bas. 
J'ai l'impression d'avoir perdu pas juste mon père, mais toute ma famille. 
Ca fait un mal de chien. 
Je n'ai pas d'amis intimes par choix. Mon cercle de proches, jusqu'ici, c'était Chouchou et ma famille. Chouchou peut me quitter du jour au lendemain si ça lui chante, ce que j'ai toujours su et que j'accepte, parce que c'est le jeu quand on ne veut ni se marier ni avoir des enfants. Mais je ne pensais pas que ma famille disparaîtrait de cette façon insidieuse - pas parce qu'on se serait fâchés, juste parce que d'autres priorités prendraient le pas sur notre relation. 
Du coup, je passerai les fêtes de fin d'année sous le soleil de Porto. 
Et Toulouse ne me reverra pas de sitôt.

vendredi 27 juin 2014

Dark June




Ce mois de juin m'a épuisée nerveusement. 
Plusieurs nouvelles, d'abord d'ordre professionnel, puis de nature privée, m'ont plongée dans un abîme d'angoisse tel que je n'en avais pas connu depuis longtemps. J'ai passé des heures très noires enfermées dans ma propre tête, à me battre contre des catastrophes qui n'étaient pas encore arrivées et qui n'arriveront peut-être jamais. J'ai été peu présente sur le blog - or, quand je ne suis même pas en état d'écrire ici sur ce qui me tracasse, histoire de prendre un peu de recul et de bénéficier de regards extérieurs dédramatisants, c'est que ça va vraiment mal. J'ai repris des somnifères plusieurs nuits d'affilée. Au plus bas, je commençais à chercher un moyen indolore de me supprimer au cas où mes craintes se réaliseraient. 
Bref, ce mois que j'adore en temps normal a été un petit enfer personnel. Mais avec l'influence que la météo et la luminosité exercent sur mon moral, je ne veux même pas imaginer comment j'aurais réagi si les nouvelles incriminées étaient tombées en novembre. 
Je commence un peu à remonter la pente. C'est une lutte de tous les instants. Mon cerveau rationnel se rend très bien compte que mes réactions sont à la fois disproportionnées et improductives. Le problème, c'est que mon cerveau émotionnel, lui, nage en pleine panique, qu'il ne cause pas à mon cerveau rationnel et qu'il gueule beaucoup plus fort.
C'est quand même un peu décourageant de penser à tous les efforts que je déploie depuis plus de six ans pour retrouver un certain calme intérieur, et de me rendre compte qu'à la première tempête ils se font balayer comme des fétus de paille. Je vais continuer à chercher parce que je n'ai pas d'autre choix, et aussi parce que je déteste être incapable de me contrôler. Si je n'ai pas beaucoup d'indulgence pour les faiblesses des autres, je n'en ai carrément aucune pour les miennes. Parfois c'est fatigant, et parfois c'est la seule chose qui me tient debout. 
Trop occupée à lutter contre mes propres démons, je n'ai guère eu d'énergie à consacrer à autre chose ces dernières semaines. J'ai complètement délaissé mes objectifs, me contentant d'assurer le minimum syndical au niveau boulot et gestion du quotidien, m'autorisant à glander si ça pouvait me faire un peu de bien. Ca ne m'arrive pas souvent et je l'ai fait sans remords - il faut savoir réévaluer ses priorités en fonction des circonstances.
Mais maintenant, j'en ai marre d'être mal. Je suis soûlée de catastrophisme et suffisamment regroupée pour me reprendre en mains. J'ai reçu aujourd'hui une chouette nouvelle professionnelle et, bien qu'elle n'ait pas vraiment d'incidence sur les choses qui me tracassent dans ce domaine, j'ai envie d'y voir un signe que je m'en sortirai. Je recense les pistes susceptibles de m'aider à éviter un drame; je liste les solutions potentielles ou les moyens de gérer la crise. Ca ne me servira peut-être jamais, mais ça me rassure en me donnant l'impression que je ne suis pas totalement impuissante.
Et puis surtout, je tente de me focaliser sur toutes les belles choses que je peux encore faire, là maintenant, au lieu de me pourrir la vie par anticipation. Ce matin, j'ai organisé pour dans 15 jours une très excitante activité de groupe sur Paris (non, pas une soirée en boîte à partouze, bien que Chouchou ait dit: "Au pire, on pourra toujours faire des Instagram" et qu'une des amies qui nous accompagnera ait aussitôt répliqué: "N'oublie pas ton Totoro"). Ce week-end, je participe à un stage de reliure, activité à laquelle je mourais d'envie de m'initier depuis une éternité. Chouchou va bientôt toucher sa première vraie paye de l'année, et on va pouvoir organiser notre voyage à Copenhague en septembre. Je veux profiter des longues journées d'été pour aller boire des mojitos à l'Amour Fou, bouquiner en terrasse, exhiber mes orteils vernis dans des sandales, faire du yoga dans le jardin de Claudia... et le plein de vitamine D en prévision de l'hiver qui, au sens propre comme au sens figuré, arrivera toujours trop tôt.

mercredi 26 mars 2014

Le temps dont on dispose et ce qu'on en fait


Pendant 37 ans, j'ai pensé que la maladie et les accidents fatals n'arrivaient qu'aux autres. Que moi et mes proches vivrions tranquillement jusque vers 80 ans, et qu'après, advienne que pourrait. C'était une évidence indiscutable, le contrat tacite passé avec l'univers. Oh, je savais qu'on finirait tous par mourir, mais: plus tard, beaucoup plus tard. Jusque là, même si la vie pouvait nous malmener de façons diversezévariées, nous jouirions d'une garantie de bonne santé, parce que... Parce que c'était moi et les gens que j'aimais, parce qu'on existait forcément dans une sorte de bulle protectrice et qu'au pire, la médecine moderne faisait des miracles. 

Puis la médecine moderne n'a pas fait de miracle pour Brigitte, et j'ai basculé dans le sentiment inverse. D'intouchable, j'ai eu l'impression d'être devenue une cible et un aimant pour tous les malheurs du monde (mais surtout le crabe). J'ai commencé à vivre avec un tic-tac dans la tête, un compte à rebours qui égrenait les moments forcément peu nombreux qui me restaient à vivre. Je retenais mon souffle en attendant que tombe la mauvaise nouvelle, le verdict qui me condamnerait sans appel possible. Je me sentais menacée de tous les côtés, par l'air que je respirais, par la nourriture que je mangeais, par le soleil qui brillait, par ces putains de centrales nucléaires qui allaient forcément finir par sauter. Tout était devenu suspect et potentiellement dangereux. Je ne faisais plus de projets au-delà de quelques semaines; je ne pouvais même plus envisager la possibilité d'avoir encore du temps devant moi. Je n'étais plus qu'une boule d'angoisses et de panique mal contenue. 

J'ai tenté la psychothérapie et la méditation. J'ai un peu ressorti la tête de l'eau. 

Puis la médecine moderne n'a pas fait de miracle pour mon père non plus. 

Un an et demi plus tard, je commence à grand-peine à trouver un équilibre entre mes deux visions opposées du monde, la naïve et la catastrophiste. J'essaie de me dire que même si rien n'est garanti, j'ai des chances raisonnables de vivre dans une forme raisonnable jusqu'à un âge raisonnable. Je tente de filer un petit coup de pouce au destin en observant une bonne hygiène de vie et en faisant des check-ups médicaux réguliers. Mais je ne perds jamais de vue l'idée que tout pourrait s'arrêter brutalement. Pour faire la paix avec cette idée, je continue à méditer. Je m'efforce de cultiver une certaine forme d'acceptation - et surtout, d'être présente aussi intensément que possible à ma vie quotidienne, de profiter au maximum des petites joies qu'elle m'apporte, d'en créer partout où j'ai la place. De me focaliser sur les choses importantes et de ne pas laisser les autres bouffer mon énergie ou mon moral. 

Aujourd'hui, j'ai 43 ans. J'ignore combien d'anniversaires il me sera donné de fêter après celui-là, combien d'années je partagerai encore avec les gens que j'aime. Beaucoup, j'espère. Et si jamais ça n'était pas le cas? Je me dis que ce qui compte vraiment, c'est moins le temps dont on dispose que ce qu'on en fait. Et que si je n'ai aucune prise (ou très peu) sur la première chose, la seconde en revanche ne dépend que de moi. 

mercredi 23 octobre 2013

Comment supporter l'actualité sans déprimer?




Je trouve l'actualité particulièrement sinistre en ce moment. Chaque jour, notre bon gouvernement soi-disant de gauche commet une nouvelle exaction vis-à-vis des plus faibles. Les droits des femmes sont remis en cause de toutes parts. Une guerre civile atroce continue à faire rage en Syrie, et bien que les médias traditionnels n'en parlent plus beaucoup, le problème de Fukushima loin d'être réglé s'aggrave chaque jour. J'ai l'impression que l'humanité fonce droit dans le mur, que la prise de conscience écologique arrive bien trop tard, que le système capitaliste est devenu un monstre broyeur de vies impossible à arrêter, que les gens instruits et de bonne volonté restent dérisoirement peu nombreux à agir pour renverser la vapeur. 

Peut-être suis-je trop pessimiste - c'est en tout cas l'avis de Chouchou, qui me fait valoir que nous vivons la période la plus paisible de l'histoire de l'humanité. Il est par ailleurs persuadé que nous avons déjà commencé à redresser la barre en matière d'environnement, et que le capitalisme finira par se gangréner tout seul. L'avenir dira lequel de nous deux a raison, et je serais franchement ravie (étonnée, mais ravie) que ça ne soit pas moi. 

En attendant, je ne sais pas gérer l'afflux d'informations qui me mine. Je ne ne veux pas faire l'autruche, pas renoncer à me tenir au courant de ce qui se passe sur le pas de ma porte comme dans le reste du monde. Mais la plupart du temps, ce que je peux faire pour améliorer la situation va de "rien du tout" à "pas grand-chose". J'ai déjà parlé de ma volonté de consommer équitablement. Au-delà de ça... je n'ai pas vocation à faire de la politique, ni une âme de militante. Donc, je me tiens informée par principe intellectuel et moral, mais tout ce que ça accomplit, c'est que ça me fait du mal. Ca me mine - vraiment. 

J'ai essayé de trouver des informations positives pour contrebalancer le négatif. Je suis navrée de rapporter qu'elles sont infiniment moins nombreuses. Les conférences TED sont toujours très bien foutues et intéressantes; certaines parviennent même à me redonner espoir... jusqu'à la publication de l'article suivant sur Fukushima. La page Facebook I fucking love science parle souvent de découvertes passionnantes et riches en applications potentielles. Ca reste bien peu face à la déferlante quotidienne de nouvelles angoissantes. 

Eprouvez-vous aussi ce sentiment? Comment faites-vous pour lutter contre?

EDIT DU 24/10: En réponse à mon article, Chouchou vient de créer cette page Facebook

jeudi 8 août 2013

L'été en pente amère




Demain, je pars passer une dizaine de jours chez ma mère avec Chouchou. Ca me remplit d'enthousiasme à peu près autant que la perspective qu'on m'enfonce des esquilles de bambou sous les ongles avant d'y mettre le feu. 

Je me souviens des premières vacances que Chouchou et moi avons passées à Toulouse. L'été comme à Noël, c'était des semaines formidables où on profitait de ma famille, de la Ville Rose, et où on faisait des tas de trucs fun. Je les attendais avec impatience, et au moment de rentrer, j'écrasais toujours une larmichette.

Puis mon père est tombé malade, et les séjours là-bas sont devenus de plus en plus pénibles. Maintenant qu'il est mort... je me sens totalement déconnectée de ma soeur, je n'arrive pas à parler à ma mère plus de deux minutes sans avoir des palpitations cardiaques, et je déteste cette maison que je n'aimais déjà pas beaucoup avant. 

Dernière nouveauté en date, ma mère - qui passe son temps à se goinfrer de sucreries - s'est mis en tête que mon nouveau mode d'alimentation n'était pas sain, que c'était idiot de ne pas manger de viande, que les féculents bruns étaient dégueulasses et qu'elle se faisait beaucoup de souci pour ma santé. Je sens que les repas vont être de grands moments. 

Je ne veux pas y aller, et je culpabilise de ne pas vouloir y aller. La majeure partie de l'année, je suis quand même bien protégée par les plus de 1000 kilomètres de distance entre ma mère et moi. Donc, il est normal que je fasse un effort pendant les vacances. Et je vais le faire, hein. Mais j'ai le ventre noué et envie de m'enfuir à l'autre bout du monde. 

Comme je préfère ne pas partir avec l'idée que ce sera forcément un enfer - vu que c'est le meilleur moyen pour que ça en devienne effectivement un -, je cherche ce que je pourrais faire pour m'occuper de façon agréable pendant mon séjour. Dans ma valise, j'ai plusieurs romans dont je suis raisonnablement certaine qu'ils vont me plaire: le dernier Neil Gaiman, le troisième récit autobiographique de Marlena de Blasi, "Emily" de Stewart O'Nan. J'ai également emporté de quoi crocheter un col en dentelle, et peut-être un collier. Un dîner d'auteurs et de traducteurs se profile à l'horizon pour le 15 août. Chouchou et moi avons l'intention de tester le brunch d'un pub irlandais recommandé par Nekkonezumi (hélas absente en ce moment). Il y aura aussi, sûrement, un peu de geocaching en ville, des glaces chez Octave et des baignades dans la piscine avec mes neveux. Un ciné en famille, peut-être. Et si je trouve le courage de m'y mettre, je pourrai enfin remanier le layout du blog. 

De l'agitation qui aura du mal à masquer le vide. 

Mon père aimait beaucoup la chanson "Mistral gagnant" de Renaud qui se termine par ces mots: "Te raconter enfin qu'il faut aimer la vie et l'aimer même si, le temps est assassin et emporte avec lui les rires des enfants". Les rires des enfants que je n'ai pas et que j'ai détesté être, je m'en fous pas mal. Les sifflements des pères en bonne santé, par contre, me manquent affreusement. Je sais bien qu'il faut faire son deuil des choses qui ne sont plus, inventer des façons de combler les gouffres ou de vivre avec le mieux possible. Mais c'est un long chemin sur lequel je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup avancé depuis octobre dernier. 

mercredi 5 juin 2013

Le nuage noir


Illustration empruntée ici

Le nuage noir est de retour dans ma tête. Depuis début mars, je me sens fatiguée. Rien d'horrible, mais en journée, j'ai constamment envie d'aller m'allonger pour faire la sieste, alors que ce genre de chose ne m'arrivait jamais jusqu'ici. J'ai aussi un petit mal de gorge qui ne passe pas. A ma place, la plupart des gens se réjouiraient de mieux dormir la nuit après des années de lutte contre l'insomnie; ils se diraient que l'hiver a été long, qu'ils ne sont absolument pas remis du décès de leur père même s'ils font semblant, qu'ils ne rajeunissent pas, qu'ils manquent d'activité physique, que cesser quasiment de consommer des protéines animales a peut-être provoqué des carences chez eux. Moi, je suis terrifiée à l'idée d'avoir un cancer de la lymphe (merci la saison 4 de "Brothers and sisters" où Callista Flickhart s'en découvre un). J'irai voir mon généraliste à la fin du mois pour faire une prise de sang; en attendant, je prends des suppléments de magnésium et de fer. Et hier, comme je n'arrivais pas à bosser et que le soleil était enfin revenu à Bruxelles, je me suis forcée à sortir pour prendre l'air. 

Je n'avais pas fait de shopping depuis des lustres; j'ai décidé que quelques menues emplettes me changeraient les idées. De toute façon, j'avais besoin de matériel pour mes projets en cours et mes prochains DIY: deux pelotes de laine noire et un feutre Staedler 0.3 chez Be Creative, un T-shirt uni dans une couleur neutre, un mini-plateau en bois brut, un petit cadre "vitrine" chez Hema. Et puis un pack de chaussettes H&M pour Chouchou qui a des orteils troueurs, une mignonne robe d'été New Look qu'on aurait dite coupée pour moi (en dentelle rouge avec une ligne rétro), un bouquin bonne humeur et une carte renards pour ma collec' chez Waterstones, le tome 3 du manga "Gisèle Alain" chez Brüsel. Ca m'a paru beaucoup de choses sur le coup; puis je me suis souvenue des virées shopping que je faisais il y a quelques années, j'ai additionné mes dépenses du jour et je me suis dit que même si j'étais encore loin de pouvoir me qualifier de minimaliste, j'avais quand même fait bien des progrès! Pour fêter ça, je suis allée manger un yaourt bio/salade de fruits frais au premier étage de l'Exki du boulevard Anspach, à ma table préférée près de la fenêtre, et j'ai glandé là un moment en lisant. C'était bien. 

Mais quand je suis rentrée à la maison, le nuage noir était toujours là. Les délicieuses pâtes d'épeautre au broccoli et au citron, le passionnant épisode 7 de la première saison de Borgen, et même les bisous de Chouchou se sont eux aussi avérés impuissants à le chasser. Pour finir, je me suis résolue à prendre un anxiolytique avant d'aller au lit - et ça non plus, ça ne m'a fait aucun effet. Ma nuit a une fois de plus été placée sous le signe de cette angoisse diffuse qui imprègne chaque minute de ma vie. Je me demande si elle finira par se dissiper, ou si je suis condamnée à la subir jusqu'à la fin de mes jours. 

mercredi 16 janvier 2013

Paquet Remonte-Moral: mode d'emploi


L'an passé, alors que mon amie O&L traversait une mauvaise passe à des centaines de kilomètres de moi, j'ai eu l'idée de lui envoyer ce que j'ai baptisé un Paquet Remonte-Moral, contenant plein de petites choses susceptibles de lui plaire et de lui mettre un peu de baume au coeur. Apparemment, elle a été sensible à cette attention. 

Du coup, par la suite, j'ai réitéré l'expérience avec d'autres personnes de mon entourage à qui il me semblait que ça pourrait faire du bien. J'ignore si tous les objets étaient bien choisis; probablement pas. Mais c'est l'intention qui compte, comme on dit, et les destinataires se sont toujours montrées enthousiastes. 

Récemment, j'ai moi-même été confrontée à une de ces périodes où l'on voit tout en noir, et j'ai eu la bonne surprise que, sans se concerter, plusieurs de mes copines me confectionnent à leur tour un PRM. Derniers en date, ceux de la Princesse (sachet de thé Long Jing, carte hilarante, jolie petite broche en bois et deux mini-carnets fabriqués par ses soins) et de Sara:

(Carnet, carte Georges-Arthur, infusion de bain, Georges-Arthur rapporté de Corfou, porte-monnaie chat, lime et ciseaux à ongles, Kimi Doll "courage", baume rafraîchissant pour les pieds Rituals, thé blanc Les jardins de Gaïa)

Si vous aussi, vous avez une amie dans la peine et que vous ne pouvez pas être là physiquement pour elle; si de plus, vous adorez faire du shopping pour les autres, le PRM est pour vous! L'idée consiste à rassembler plusieurs petites choses bien ciblées mais d'une valeur pécuniaire modeste. La destinataire doit être touchée par vos attentions qui prouvent que vous la connaissez bien et que vous pensez à elle, pas embarrassée à l'idée de tous les sous que ça a dû vous coûter.

Quelques idées de contenu:
- un roman qui fait chaud au coeur (en édition de poche)
- le DVD d'un feel-good movie ou d'un spectacle comique (que vous pouvez avoir gravé vous-même)
- des gourmandises pas trop périssables (thé, chocolat, bonbons, épices...)
- des cosmétiques en taille voyage (on en trouve notamment chez Body Shop ou Lush)
- des boules de bain
- un savon parfumé
- du vernis à ongles (Sinful Colors, Essence, Catrice ou Mavala ont des gammes de couleurs très étendues et de tout petits prix)
- un porte-bonheur
- un gadget pour la maison (Alessi et Pylônes font plein de petites choses rigolotes et colorées)
- un bijou fantaisie
- un joli carnet
- un foulard avec un motif gai
- des chaussettes mignonnes
- un objet confectionné par vous-même (un bonnet si vous tricotez, une pochette si vous cousez, des biscuits maison si vous êtes la reine des bredele et des emballages solides...)
- un souvenir rapporté de l'étranger
- un kit de loisirs créatifs (acheté tout fait ou assemblé par vos blanches mains)
- un beau mug (entouré de papier bulle!)
- une bougie parfumée
- une chose que la destinataire collectionne

Si vous avez d'autres idées de petits cadeaux qui pourraient être inclus dans un PRM, n'hésitez pas à les mentionner dans les commentaires!

mercredi 12 décembre 2012

Tu sais Papa




Deux mois déjà ont passé, mais les yeux me piquent toujours chaque fois que j'aperçois une de tes photos. Pourtant je ne me résous pas à les enlever, pas même celle des 5 ans de Cahouète qui me sert de fond d'écran et que j'ai sous les yeux douze fois par jour. Ce serait comme si je cherchais à t'effacer. 

J'ai encore le réflexe de retourner toutes les pièces de 2€ que me rendent les commerçants, pour vérifier si ce ne sont pas des éditions commémoratives limitées. L'autre jour je suis tombée sur celle des JO de Torino. Mais je n'avais plus personne pour qui la mettre de côté, alors je m'en suis vite débarrassée.

Je pense à toi lorsque je vois ton écriture sur le couvercle d'un pot de confiture maison préparée cet été, et je me dis que celle de l'année prochaine n'aura pas tout à fait le même goût. Surtout qu'avec les pattes de mouche de Maman, c'est pas dit qu'on arrive à savoir à quoi elle est avant de mordre dans la tartine.

Mon coeur se serre quand je reçois un mail avec ton nom dans la case expéditeur. Alors que je sais très bien que plus jamais tu ne m'écriras pour me dire tout le mal que tu penses de mes nouvelles chaussures ou de la robe commandée au Royaume-Uni en croisant les doigts pour que ce soit la bonne taille.

Depuis le 17 octobre, je fuis les gens. C'est au-dessus de mes forces de les écouter me raconter leurs petits soucis. Sauf rares exceptions, je n'arrive pas à m'intéresser à eux. Je vis repliée sur mon chagrin, qui est encore un peu de toi. 

Je me dis que ce serait vraiment bien de croire en une vie après la mort, là. De penser qu'on se retrouvera tous un jour dans un ailleurs où les crabes n'existent pas et où les gens qui s'aiment ne sont jamais séparés. Mais la foi, c'est un peu comme l'instinct maternel: à l'usine, ils m'ont pas mis l'option.

Parfois je t'en veux. Depuis quelques années, je vais à tous mes rendez-vous médicaux la trouille au ventre et les jambes en coton, mais j'y vais quand même. Si tu n'avais pas attendu pour consulter que la douleur devienne insupportable et que ta tumeur au colon ait métastasé dans tes poumons, peut-être serais-tu encore là aujourd'hui.

La semaine prochaine, je passe une IRM, cet examen que tu détestais tant. J'appréhende le résultat. Je te demanderais bien de veiller sur moi, mais je sais qu'il n'y a plus d'abonné à ce numéro. Que j'écris dans le vide pour te garder artificiellement dans mon présent, alors que chaque jour qui s'écoule t'éloigne un peu plus de moi.

Ca fait si mal de parler de toi au passé.



dimanche 25 novembre 2012

Cette semaine, j'ai...




...Bossé comme jamais depuis dix ans sur une période prolongée - seul moyen de tenir mes délais malgré le retard considérable pris depuis mi-octobre. Heureusement que je travaille en ce moment sur une série que j'aime!

...Décliné plusieurs invitations. Envie de voir personne. 

...Commencé le tome 2 de "Odd Thomas" et trouvé le 3, dans la même collection, à 2,50€ chez Pêle-Mêle, hourra!

...Superbement ignoré l'iPad 4 mis en service par Chouchou. Pourquoi j'ai acheté ce truc-là, déjà? Ah oui, pour quand je voyage. Je m'y intéresserai sans doute à l'occasion de mon prochain long trajet en train (et comme je ne m'en serai pas préoccupée avant, je râlerai que je n'ai pas les bonnes applis).

...Lu sur un blog que je suis le récit d'une biopsie du col de l'utérus (le truc atrocement douloureux de base, et qui le serait encore dix fois plus dans mon cas), commencé à flipper pour mon dernier frottis, téléphone douze fois au secrétariat de ma gynéco avant d'avoir le résultat: il est, je cite, "parfait". Un souci de plus en moins. 

...Testé la série "Modern family" dont j'avais lu beaucoup de bien, pas du tout accroché et arrêté au bout d'un quart d'heure. Ce soir, nous tentons "House of lies" sur une suggestion de Chouchou. 

...Récupéré à la Poste un excellent morceau de fromage suisse qui végétait là depuis dix jours, du fait que mon facteur n'avait pas daigné me laisser un avis de passage. Coup de bol, il avait tenu le coup et nous l'avons englouti en un clin d'oeil. (Le fromage, pas le facteur.) (Lui, on va pas le manger, on va le pendre devant l'entrée de l'immeuble pour faire un exemple.)

...Mangé au Cercle des Voyageurs un plat végétarien infâmement salé. Rouspété auprès du serveur, qui a rapporté mes doléances en cuisine et est revenu me présenter ses plus plates excuses: "En effet, la farce est complètement loupée. Pour compenser, on vous offre une bouteille d'eau et un dessert." J'ai apprécié, et j'y retournerai peut-être pour tester leur formule brunch car j'aime beaucoup leur salle. 

...Passé notre soirée d'anniversaire-de-couple-reporté à chialer que je voulais qu'on me rende mon chat et mon père. (Comme "on" est un con, il a bien entendu fait la sourde oreille.) Qu'elle est difficile cette fin d'année...

...Tenté les collants de couleur et été tellement ravie par le résultat que j'ai passé deux bonnes heures à chercher des modèles encore plus originaux sur Etsy. 

...Enfin commandé le canapé Maisons du Monde que je guigne depuis le début de l'été, et qui nous sera livré tout début janvier. A moi les soirées lecture confortablement installée dans la même pièce que Chouchou plutôt qu'en exil dans notre chambre!

...Pris la résolution de braver le froid pour faire plus de photos de looks dans les mois à venir.  Aucun risque que je devienne une blogueuse mode: je suis bien trop éparpillée pour ça. Mais ça me fera une occasion de porter toutes ces jolies chaussures qui dorment dans mon placard sans pouvoir accomplir leur destinée (= être vues et admirées par le plus grand nombre). 

...Assisté à l'anniversaire de la maman et du beau-père de Chouchou, samedi soir au relais St-Job. On était un peu serrés à table, mais on a vachement bien mangé, et il y avait de très belles moustaches - ainsi qu'un jeune fan de "Game of Thrones" à qui j'ai pu faire la conversation pendant une bonne partie du repas. 

...Mis au point un motif satisfaisant pour les ouvrages que je crochète en guise de cadeaux de Noël. Maintenant, il faut que je trouve le temps d'aller chez Veritas acheter la laine qui va me manquer pour les finir!

dimanche 18 novembre 2012

Cette semaine, j'ai...




Rencontré dans le TGV une jeune femme négociante en vins qui venait juste d'apprendre qu'elle était enceinte et qui n'a pu s'empêcher de me faire partager sa joie. "Vous comprenez, il faut que je mange pour deux", m'a-t-elle expliqué joyeusement en revenant de la voiture-bar avec deux énormes muffins qu'elle a dévorés jusqu'à la dernière miette.

Voulu crocheter un cadeau de Noël, et constaté qu'il me faudrait deux pelotes au lieu d'une; j'espère retrouver la même chez Veritas car je l'avais achetée il y a un petit moment déjà. 

Confectionné les paquets les plus moches du monde pour les trois gagnantes des derniers concours flash.

Fait tester mon champ visuel: pour l'instant, il est normal. Examen du fond d'oeil repoussé en janvier pour cause de coupure EDF le jour de décembre où j'avais pris rendez-vous.

Acheté son dernier bouquet rose à ma fleuriste, qui me l'a laissé à 10€ en me faisant un clin d'oeil: "Je sais que vous, vous reviendrez."

Découvert que le Huit à 8 était devenu un Carrefour Market et qu'il ne vendait plus la moitié des produits que j'y achetais jusqu'ici. Adieu, Créaline à la courgette, blancs de poulet déjà cuits et flan Alsa au chocolat. Vous me manquerez.

Convaincu ma copine Isa (l'une des seules personnes avec qui j'ai vraiment envie de parler en ce moment) de venir passer une journée avec moi à Paris d'ici fin novembre. Maintenant, il faut choisir un salon de thé où se poser entre deux dévalisages de boutiques. 

Attendu en vain l'électricien qui devait venir mercredi à 9h. Quand je l'ai rappelé pour lui demander s'il m'avait oubliée, il m'a répondu: "En fait, je vous avais notée pour la semaine dernière". "Ah, donc vous êtes venu pour rien?" "Non, parce que j'ai eu un empêchement." Hum. Tu as entendu causer du téléphone, monsieur? C'est pas mal comme invention.

Craqué pour un manteau Naf-Naf fuchsia soldé à - 50%, ainsi que pour un jean taille "super-haute" (autrement dit, qui arrive au même niveau que mes jeans d'ado...) et coupe un peu rétro chez New Look. 

Il se peut également que j'aie acheté un iPad 4 sur un coup de tête.

Entamé le dernier J.K. Rowling; malgré des critiques assez négatives et une atmosphère pas franchement riante, il me plaît bien pour le moment. J'en ferai une critique détaillée après l'avoir fini.

Regardé de vieilles photos de mon père et pleuré. 

Téléphoné à ma mère pour l'écouter pleurer. 

Opté pour le chocolat chaud avec tartines de beurre salé et de confiture d'abricot maison en guise de dîner, un soir de déprime.

Testé le vernis "Red hot" Sally Hansen reçu dans la Little Color Box: texture très fluide, application facile, belle couleur brillante, juste un peu long à sécher.

Failli finir le bonnet de Chouchou, pour lequel j'ai enfin trouvé les bonnes proportions, mais... plus assez de laine dans l'écheveau pour crocheter les côtes. Damn.

Entendu ma gynéco confirmer mes soupçons. IRM en décembre pour mesurer l'étendue actuelle des dégâts. Perspectives d'évolution: pas gaies, sauf si j'arrive à trouver un chirurgien qui pratique une procédure encore très peu répandue en France.

Appris qu'Aurélie Neyret ne serait pas au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil le jour où j'y allais, et que Gabrielle Piquet, malade, avait dû décommander sa venue à la Fête du Livre de Monpatelin. Je suis maudite de la dédicace.

Reçu de la part d'Amazon le dernier Coldplay et une facture tout en allemand, destinés à un monsieur qui réside à Budenheim. La prochaine fois, je préfèrerais le dernier Muse, merci.

Sauté le déjeuner ET le dîner de vendredi, ce qui ne m'arrive JAMAIS.

Bossé d'arrache-pied sans réussir à rattraper complètement le retard pris depuis le décès de mon père (un mois hier, déjà...), mais ça va venir. Au final, plus que n'importe quoi d'autre ou presque, c'est le boulot qui me maintient la tête hors de l'eau. J'arrive à m'absorber dedans au point de ne penser à rien d'autre, et ça me fait du bien.