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lundi 23 juillet 2007

Moody's blues

Je me suis réveillée ce matin avec une migraine atroce et une nausée de femme enceinte de deux mois. Comme si j'avais passé la soirée d'hier à me pochetronner au lieu de boire un bête Orangina au ciné. Il commence à faire vraiment très chaud chez moi; ce n'est pas la canicule de l'an dernier mais c'est suffisant pour me faire fonctionner au ralenti.
- Bouge de chez toi, sors, me conseille Hawk.
- Si je sors je vais dépenser des sous, et je te rappelle que je suis grave fauchée en ce moment.
- Va te mettre sur la plage avec un bouquin.
- Bonne idée pour pas avoir chaud. Et merci de me rappeler que j'ai toujours pas reçu mon Harry Potter.
Oui: avoir mal à la tête me rend sarcastique. Enfin, je veux dire, encore plus que d'habitude.
J'attends toujours les résultats de l'analyse du polype qu'on m'a enlevé la semaine dernière. Et je stresse un peu. J'ai du mal à croire à mon bonheur actuel; je passe mon temps à guetter la catastrophe qui va tout démolir. Genre, une chimio de six mois qui me clouera chez moi, me mettra en faillite bancaire et me fera perdre ma libido en même temps que mes cheveux. Je me vois déjà obligée d'aller vivre chez mes parents, éloignée à tout jamais de Hawk et de Bruxelles, chauve, bouffie et anéantie par la douleur (car contrairement à ma copine Brigitte qui a surmonté tout ça en pure warrior, je suis une mauviette absolue).
Hawk me manque affreusement. J'ai mis si longtemps à le trouver; la vie est si courte et si fragile... Il me semble que chaque jour passé loin de lui est un jour perdu. J'ai des échéances assez précises pour mon déménagement, mais les circonstances font que je dois attendre encore quelques mois. J'ai l'impression que ma vie restera en suspens jusque là, que je me contenterai de bosser et de pourvoir aux tâches du quotidien comme si j'étais anesthésiée ou absente à moi-même.

lundi 7 mai 2007

Le changement quand même

Il ne reste plus qu'à digérer la déception et voir ce que donnera notre nouveau gouvernement. Je ne suis pas optimiste mais une fois n'est pas coutume, j'espère de tout coeur que j'ai tort. Et c'est la dernière chose que je dirai sur le sujet pour le moment, avant de n'avoir plus un seul ami de droite. (Question: comment une fille aussi branchée politique que moi s'est-elle débrouillée pour avoir un entourage composé à 80% de partisans du camp d'en face? Ca fait partie des grands mystères de la vie.)
De cette élection, je voudrais juste retenir que les Français se sont mobilisés comme jamais auparavant, que des tas de gens qui ne votaient pas jusque là ont développé une conscience citoyenne et fait le nécessaire pour qu'on entende leur voix. Même si cette voix a une tonalité différente de la mienne, je considère que c'est un pas en avant pour la démocratie. Parce qu'un peuple concerné est un peuple qui s'informe, un peuple qui se laisse moins facilement manipuler et qui est davantage en mesure de choisir sa destinée.
D'un point de vue purement personnel, la victoire de Sarko a quand même eu un effet positif immédiat. Elle a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase du manque, le déclic qui a fini par avoir raison de mes réticences naturelles. Hier soir alors qu'on skypait devant la télé, je me suis entendu dire à Hawk: "Après les vacances au Japon, je viens vivre à Bruxelles." Et ce n'était pas juste par dépit, encore moins pour me conformer à la boutade idiote que j'avais faite dans ce blog il y a quelques semaines - puisqu'on ne trouve de toute façon pas de chocolat Cailler en Belgique ;) Je réalisais simplement que je ne voulais pas être loin de Celui que j'aime quand il se passait quelque chose d'important dans ma vie, quelque chose qui me touchait profondément. Que j'avais envie de tout partager avec lui, le bon comme le mauvais. Que sans lui et pour la première fois de mon existence, moi qui ai toujours été si fière de mon indépendance, je me sentais incomplète, amputée d'une partie essentielle de moi-même. Que j'en avais fini de me protéger par principe et que j'étais prête à conjuguer ma vie à la première personne du pluriel.
Les modalités pratiques, on en discutera cet été, quand mon actuelle charrette boulot sera derrière moi et que je me sentirai requinquée par un mois de vacances avec mes amis-de-droite-que-j'aime-fort-même-si-on-n'est-d'accord-sur-rien (mais alors, rien du tout). Il faudra que je passe aux impôts et que je contacte l'AGESSA pour connaître les conséquences fiscales et administratives d'une résidence principale déclarée en Belgique. Dans tous les cas, je pense garder l'appart du Midi de la France comme résidence secondaire où venir prendre le soleil régulièrement, retrouver mes racines et les quelques amis qui me restent dans la région, m'isoler pour pondre au calme le roman-phare du 21ème siècle, ce genre de choses. Et puis dans quelques années (5, par exemple...), si Hawk parvient à devenir free-lance, on pourra toujours se rapatrier ici.
Entre temps, les chats m'accompagneront à Bruxelles, où nous chercherons un appartement plus grand que l'actuel duplex-pour-un de Hawk, et si possible doté d'une salle de bain avec murs. Avantage supplémentaire: ça m'obligera à revoir sérieusement à la baisse ce que je considère comme le minimum d'affaires indispensable à mon bien-être (car il est hors de question que je déménage un 38 tonnes de bouquins et de fringues). Ce sera une parfaite occasion de m'orienter vers la vie matériellement plus légère à laquelle j'aspire depuis un moment et ne parviens pas à me résoudre pour cause d'encroûtage dans mes vieilles habitudes.
Voilà, je ne sais pas si le 6 mai aura marqué un tournant significatif pour la France, mais symboliquement il restera le jour où j'ai décidé de changer de vie.

vendredi 5 mai 2006

J'aurais préféré qu'il paume la montre

J'ai ouvert les yeux une dernière fois sur les peupliers du voisin. Ca ne m'a pas rendue aussi sereine que d'habitude. Je suis en train de boire ma dernière tasse de Thé sur le Nil préparée dans la théière Bodum en verre qui est si chiante à laver. Assise une dernière fois sur la chaise d'écolier dont les barreaux sont tellement pratiques pour poser mes pieds, j'écoute une dernière fois l'arrosage automatique, regarde une dernière fois les gouttes d'eau scintiller dans l'herbe du jardin comme des diamants épars.

Je voulais prendre des photos avant/après: penderie pleine et 5 minutes après, penderie vide, ce genre de choses. Je me suis attaquée aux cartons avec tant d'énergie que ça m'est sorti de la tête. Je vais quand même faire un tour du propriétaire pour emporter quelques images. Le rosier jaune que l'Homme m'a offert il y a quelques années et qui est devenu vraiment énorme. La Classe A verte qu'il a achetée peu de temps après notre rencontre et qu'il livre demain à ses prochains propriétaires.

C'est drôle: Martine avait choisi la couleur de cette voiture et elle était sortie de sa vie peu après. J'ai choisi la couleur de sa future Seat (rouge emociòn) et ne la verrai probablement même pas.

Il y a quelques semaines, je me faisais la réflexion que si Martine revenait, elle ne reconnaîtrait absolument rien du cadre où elle avait vécu avec l'Homme. Au fil des ans, nous avons changé tous les meubles à l'exception de la table basse du salon, des chaises cannelées de la salle à manger et du clic-clac du bureau. Ainsi l'Homme va-t-il peu à peu effacer toutes les traces de mon passage dans sa vie. Aujourd'hui je suis partout dans cette maison, dans les rideaux et la nappe terracotta, dans les meubles de bureau récupérés de mon ancien appart, dans les cache-alcôve dont j'ai choisi le tissu et que j'ai faits faire sur mesure, dans les range-CD que j'ai peints à l'acrylique, dans les fleurs que j'ai achetées et qu'il a plantées (enfin, celles qui ont survécu)... Peu à peu, toutes ces choses seront remplacées, et le fantôme de ma présence s'évanouira avec elles.

Pour son 34ème anniversaire (officiellement; en réalité, c'était pour fêter son divorce), j'avais offert à l'Homme l'Oméga Seamaster dont il rêvait, "la montre de James Bond". Sur le bracelet en acier, j'avais fait graver trois mots: Garde-nous toujours. Je suppose qu'une sur deux, c'est déjà pas si mal.

jeudi 4 mai 2006

This is the end

Mes cartons sont faits. (Me reste plus que mes affaires de scrap à emballer car j'ai vu un peu juste... On a toujours beaucoup plus d'affaires qu'on ne le croit. J'avais oublié depuis mon dernier déménagement.)
Ce soir, dernier repas chinois avec l'Homme devant la télé. Puis dernière nuit sur le canapé.
Demain, rapatriement à l'appart'.
Samedi, c'est Etre Exquis qui m'emmènera à la gare prendre mon train pour Paris. J'ai horreur des adieux.
L'Homme n'a toujours pas manifesté la moindre trace d'émotion. Quand je lui en fait la remarque, il m'a répondu: "Si, j'ai super mal dormi cette nuit." Je rirais si ça faisait pas si mal. Il est plein d'empressement pour m'aider; on dirait vraiment qu'il ne me verra jamais déguerpir assez vite. Quand il est parti à son cours tout à l'heure, j'étais en train de pleurer dans la cuisine (le plus silencieusement possible OK, mais il s'en est forcément rendu compte vu comment la maison est foutue). M'a même pas dit au revoir.
Le 23 juin, ça aurait fait 7 ans.

PS: Merci à tous les gens qui m'ont téléphoné, envoyé des textos, parlé sur AIM hier soir, etc. Si y'a un truc qui console, c'est bien de se dire que célibataire ne signifie pas seule, loin de là. Luv ya all.