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dimanche 5 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 12

Le grand jour est arrivé. Nous avons appris en milieu de semaine seulement (!!!) que Chouchou bosserait ce samedi, où nous avions prévu de faire le gros de notre déménagement - c'est-à-dire les meubles. Nous avons de la chance dans notre malheur: il fait 6h-14h, ce qui lui permet quand même de rameuter ses potes pour l'après-midi. J'ai porté beaucoup, beaucoup de cartons sans me plaindre, mais pour déplacer une machine à laver de 90 kilos, je ne suis pas de taille. C'est un travail d'homme. Ou au minimum, de femme avec moins de 25% de masse graisseuse et des bras de plus de 12 centimètres de long.

N'allez pas croire pour autant que j'ai décidé de jouer les tire-au-flanc en ce début de week-end. A 8h, je suis debout pour préparer les derniers cartons. A 10h, je retrouve la propriétaire au bas de notre nouvel immeuble pour la remise de la clé de la cave, que l'ex-locataire lui a seulement restituée hier. A 10h30, je retrousse mes manches et attaque le montage des grandes Besta.

Très vite, je me heurte à un problème que tous les heureux propriétaires de bibliothèques Ikea visualiseront aisément. Après avoir assemblé, en position couchée, le bas du meuble, les deux côtés et la séparation du milieu, je dois glisser dans les rainures prévues à cet effet le mince contreplaqué censé servir de fond. Problème: pour ne pas tenir de place dans le carton, ce contreplaqué est articulé au milieu. Donc, au lieu de se tenir bien raide une fois à l'horizontale, il plie légèrement - ce qui fait qu'il est impossible de le pousser tel quel dans la rainure du bas du meuble. Pour pouvoir l'insérer correctement, il faudrait le tenir par en-dessous et le guider/tirer à l'extrémité inférieure tout en continuant à le pousser à l'extrémité supérieure. Piece of cake dans le cas d'une petite Besta, comme je le découvrirai un peu plus tard. Dans le cas d'une grande, qui fait 1m90 de haut (contre à peine 1m54 pour moi, je le rappelle), c'est juste impossible.

En désespoir de cause, je tente une manoeuvre hyper périlleuse pour l'intégrité physique du meuble - et, accessoirement, pour la mienne: relever ce qui, pour le moment, est une planche de 1m20 de large à laquelles sont fixées, par une seule extrémité, trois planches de 1m90 de haut. Saint-Ikea doit être avec moi aujourd'hui, car j'y parviens sans autre dommage qu'une mémorable suée. En position verticale, j'arrive enfin à faire rentrer mon contreplaqué dans la foutue rainure. Et, pas bête, j'assemble le haut du meuble perchée sur un escabeau au lieu de le coucher à nouveau.

Tout de même, je n'ose compter sur la vigilance de Saint-Ikea, qui doit avoir bien d'autres ouailles à surveiller en ce week-end pluvieux de début d'automne. Pour le montage de la deuxième grande Besta, j'essaie une autre tactique. J'assemble le bas, les côtés et la partition rainure vers le haut plutôt que vers le bas, comme indiqué par la notice (voir photo). Puis je glisse le contreplaqué presque jusqu'au bout, et pour pouvoir le guider sur le dernier centimètre crucial, je rampe à l'intérieur de la bibliothèque retournée. Sur les coudes, à la Rambo. Une fois en place, je me retourne prudemment sur le dos. Du bout des doigts, je tente de tirer le contreplaqué tandis qu'avec mes orteils fléchis, je le pousse à l'autre extrémité. La manoeuvre est parfaitement ridicule, et parfaitement couronnée de succès.

Après ça, tout me paraît risiblement simple. Je vide mes cartons d'affaires de scrap et nos caisses de bouquins, de DVD et de CD dans les Besta fraîchement montées. Je range quelques trucs dans la cuisine et la salle de bain. Le meuble télé est encore en kit dans ses cartons auxquels je n'ai pas touché, mais il est 14h20 et je n'ai pas déjeuné ce matin faute de vaisselle restante rue M***. Je frôle l'hypoglycémie.

Aux grands maux les grands remèdes: je vais étrenner le Mamma Roma local. C'est un endroit merveilleux, beaucoup plus grand que celui de la place Flagey, avec des tables bien moins serrées et un immense comptoir abritant un choix de pizzas assez considérable. En plus, il y a de la patate à l'huile de truffe, ma préférée. Résultat: je me goinfre. Mais hey, je l'ai bien mérité.

De retour à l'appartement, je suis en train de fignoler mon rangement quand un concert de "youyouyouyouyou" s'élève à l'extérieur. Je regarde par la fenêtre. Oh oh. Apparemment, il y a un mariage... euh, juif, je dirais, un peu plus bas dans l'avenue. Et les voitures des invités sont garées en double file des deux côtés, bouchant le passage. Quelques conducteurs mécontents klaxonnent et font gronder leur moteur, mais en vain. Je ne vois vraiment pas comment Chouchou va réussir à se garer à moins de 200 mètres de la maison. Et 200 mètres avec une machine à laver de 90 kilos à bout de bras, c'est au moins 195 de trop.

Finalement, l'embouteillage se dissipe cinq ou dix minutes avant le débarquement de Chouchou, d'eBry, de Mr. Ping et de Joli Dragon qui ont gentiment accepté de nous filer un coup de main pour le transport des encombrants. Je les regarde monter nos tatami, nos futons et notre grande table avec une immense satisfaction. Pour ma part, j'ai les jambes si douloureuses que c'est tout juste si je les soulage d'un carton d'oreillers. La machine à laver descend dans la cave/buanderie. Et voilà, notre déménagement est quasi terminé!

Après le départ de nos aides, la soirée se passe au ralenti. Nous sommes épuisés mais très heureux de l'allure prise par notre nouveau logis. La toile cirée "alphabet" commandée à prix d'or chez Cath Kidston donne la touche multicolore nécessaire pour réveiller la pièce et lier visuellement nos autres éléments de déco. Je suis ravie de sortir enfin des cartons tout un tas de brols accumulés au cours des derniers mois en vue de ce moment: par exemple, l'oiseau en bois et le petit vase design rapportés de Copenhague. Nous dînons frugalement sur un coin de table - deux tranches de jambon, un peu de stoemp aux épinards. A 22h15, nous sommes couchés dans notre nouvelle parure de lit Hulda Rund orange et blanche. Bien que crevée, je mets énormément de temps à m'endormir. Je suis trop excitée. Notre premier vrai "chez nous", enfin!

samedi 4 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (2ème partie)

17h00: Dans le parking d'Ikea. Si nous avançons le siège passager au maximum, les grandes Besta rentrent pilent poil à l'arrière de notre mini-van. Vive Cambio, et vive Chouchou qui m'avait affirmé sans trembler "qu'il avait l'oeil et que ça devrait passer". A quoi ça tient, tout de même, d'éviter une engueulade: trois pauvres centimètres... en moins.
17h15: A force de pousser par derrière et de tirer sur les côtés, nous avons chargé tous nos achats. Il ne reste plus qu'à rentrer dans le centre de Bruxelles en pleine heure de pointe un jour de pluie.
17h50: Un bête camion de livraison est garé devant notre nouvel immeuble. Je lui envoie des ondes si furibardes qu'il dégage dans la minute.
17h55: Nous soulevons le premier colis (sur deux) de la première grande Besta (sur deux). Oh la vache. Mais elles pèsent combien de tonnes, ces étagères?
18h00: Nous arrivons péniblement au palier du premier étage (sur deux). Pour manoeuvrer le colis de deux mètres de long, nous devons le verticaliser et le traîner ainsi jusqu'à la volée de marches suivante.
18h04: J'ai la position haute - Chouchou m'ayant affirmé que le poids était plus important en bas, ce qui semble logique - et je sens mes bras s'allonger de seconde en seconde. D'ici la fin du déménagement, je suis le sosie de Cheetah.
18h08: Crever d'une crise cardiaque à 37 ans, ce serait vraiment moche.
18h12: Pour le transport du colis suivant, je réclame à tenter la position basse. N'en déplaise à Chouchou et à la loi de la gravité, c'est en fait bien plus léger à ce bout-là. Je fanfaronne: "Ah! Comme ça, je peux t'en porter des dizaines, de grandes Besta!"
18h15: ...Ou pas.
18h30: Les étagères sont en haut. Restent les deux colis du meuble télé.
18h35: Quand je pense qu'on n'a même pas la télé-distribution... Il nous sert à quoi, notre poste, au juste? Ah, oui: à faire de la Wii Fit pour être en forme, musclés et pas essoufflés au bout de trois minutes en cas d'effort physique soutenu. Ca vaut vraiment le coup de se trimballer un meuble à peine plus léger qu'un bébé éléphant.
18h50: Et moi qui pensais qu'on aurait le temps de monter les étagères ensemble avant de rendre le mini-van. Ah ah ah. Nous devons le rendre à 20h, et il faut encore faire un aller-retour à notre ancien domicile pour déménager les chats.
19h20: J'enferme Scarlett et Copernique complètement paniquées dans la salle de bains de notre nouvel appartement avec toutes leurs petites affaires. Je suis désolée de les abandonner là pour la nuit, mais demain en notre absence l'agent immobilier va encore faire visiter le taudis (maintenant qu'on s'en va, n'ayons plus peur des mots) de la rue M*** à un troupeau de malotrus, et je ne veux pas prendre le risque que quelqu'un leur marche dessus ou qu'elles profitent de la porte perpétuellement entrouverte pour se sauver.
19h25: "Tu n'as pas le temps de faire un détour par la rue M*** pour me déposer avant d'aller rendre le mini-van, dis-je à Chouchou. Tant pis, on va direct à la station Cambio de Thieffry et pour une fois, je rentrerai avec toi en métro."
19h47: Nous sommes garés à Thieffry. Dès que Chouchou a fini de remplir les documents du véhicule, je sors dans la nuit et le froid (moins de 8 degrés, quand même...). Comme il tarde à m'imiter malgré sa portière ouverte, je m'impatiente. "Tu fais quoi?" "Euh... Je cherche ma carte Cambio.
19h49: "Alors, cette carte?" "Euuuuh... Je crois que je l'ai oubliée rue M***."
19h50: Un coup de fil au standard Cambio nous confirme nos craintes: sans carte, pas moyen de verrouiller le véhicule que l'on rend. Nous devons repasser par notre soon-to-be-ex domicile. Bon. Ben l'avantage, c'est qu'au final, je n'aurai pas eu à me taper les transports en commun et les intempéries.
20h10: Nous arrivons au rond-point en bas de la rue M***. Dans mon immense mansuétude, je propose à Chouchou: "Tu n'as qu'à me laisser là, ça t'évitera de devoir faire demi-tour plus haut". Dont acte.
20h11: Je suis à mi-chemin de la porte d'entrée de cet affreux, affreux, affreux immeuble quand une pensée me frappe. Je redescends la rue en courant et en agitant les bras. "Chouchou! La carte!".
20h12: Trop tard. Chouchou s'éloigne sans un regard pour moi dans son rétro.
20h13: "Bonjour, vous êtes bien sur le répondeur de Chouchou. Je ne suis pas joignable pour le moment, bla bla bla."
...Au final, en entendant la sonnerie de son GSM, Chouchou a percuté et immédiatement rebroussé chemin.
Moralité: déménager, c'est crevant pour les muscles ET pour les neurones.

vendredi 3 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 11 (1ère partie)

14h30: Chouchou passe me prendre à la maison avec le mini-van Cambio loué près de son travail. Direction l'Ikea d'Anderlecht pour acheter nos nouvelles étagères, woohoo! Malgré toute la fatigue des derniers jours, je suis d'une humeur de rêve.
14h40: C'est quoi ce gargouillis dans mon estomac? Ah oui. Avec tout ce que j'ai eu à faire ce matin en plus de mon boulot, j'ai oublié de manger.
14h45: J'ai mal au coeur. Pourtant Chouchou conduit souple, mais en ville il y a toujours trop d'à-coups pour moi.
15h: Nous entrons sur le Ring.
15h10: Nous ressortons du Ring: Chouchou l'a pris dans le mauvais sens.
15h15: Je suis blême et je me concentre pour ne pas vomir.
15h30: Nous nous garons enfin dans le parking souterrain d'Ikea. Je suis d'une humeur de dogue.
15h40: Sur le chemin de la cafète, nous croisons deux employées que nous interrogeons au sujet des financements en plusieurs fois. Comme pour le système bancaire, c'est dix fois plus compliqué ici qu'en France. Bon, ben je vais payer comptant; ça simplifiera le problème.
15h41: J'ai envie de bouffer quelqu'un.
15h45: A défaut de quelqu'un, je vais prendre une dizaine de boulettes suédoises. Je n'en ai pas mangé depuis... pfiou, bien dix ans. La dernière fois, c'était à l'Ikea de Marseille avec Etre Exquis - celui de Monpatelin n'avait même pas encore ouvert.
15h57: Je n'aime toujours pas la confiture d'airelles, mais manger me requinque un peu. Chouchou peut désormais m'adresser la parole sans risquer que je lui arrache la tête avec les dents.
16h: Nous nous lançons dans l'exploration du niveau meubles.
16h10: Nous testons les canapés. Finalement, le Karlstad nous paraît plus confortable que le Ektorp. Et il est moins cher. Et il existe des combinaisons un poil moins encombrantes que le modèle que nous visions. Bon, on va embarquer la doc et on verra plus tard.
16h15: Meuble télé repéré. Numéro de place et d'allée noté.
16h20: Au stand information, on nous indique que les étagères désirées sont toutes disponibles dans la finition et la quantité que nous désirons. La journée s'améliore.
16h25: Ca ira pour les meubles car l'heure tourne; descendons maintenant à l'étage des brols en tous genres.
16h30: Le tapis de bain que j'avais repéré sur le site internet n'est pas en stock dans la bonne couleur, et de toute façon il est trop petit. Argh.
16h32: Au rayon rangement, il n'y a pas de boîtes à archives (mais j'avais bien dit à Chouchou qu'il faudrait aller les chercher chez Schleiper; qui c'est qui avaitencore raison, mmh?).
16h34: Je ne trouve pas de drap housse deux places dans le fouillis du rayon literie. La chouette housse de couette à grosses bulles oranges sur fond blanc a en fait des bulles blanches sur fond orange en version deux places. J'aime moins, mais tant pis: je ne peux vraiment plus voir nos motis japonais en peinture. Je l'embarque.
16h40: Aux luminaires, Chouchou repère des spots identiques à ceux des anciens locataires (qui ont laissé des traces noires au plafond de notre pièce à vivre). Nous en prenons deux pour camoufler les taches.
16h45: Nous passons dans les immenses allées de rayonnages métalliques pour charger nos étagères. Les grandes Besta sont en deux colis d'1m90 de long, et la vache qu'elles sont lourdes! Ca va être coton à monter jusqu'à notre deuxième étage avec juste mes petits bras et mes biceps en Flamby à un bout.
16h50: Nous nous avançons vers les caisses. Pour une fois, il n'y a pas trop de monde. Une employée nous happe au passage et nous dirige vers une caisse self-scan. Je ne suis pas contente.
16h52: Je n'arrive pas à scanner quoi que ce soit. Apparemment, ma main tremble trop.
16h53: Une employée ne souffrant pas de la maladie de Parkinson (ou n'ayant pas les membres tétanisés par plusieurs jours de déménagement préalable) scanne mes achats pour moi. Elle oublie la petite Besta à 55€ qui se trouve tout en bas du chariot, coincée et dissimulée par ses grandes soeurs.
16h55: La caisse self-scan m'a fait gagner 55€, je suis super contente.
16h56: Nous redescendons au parking. Maintenant, la question à mille (anciens) francs: les grandes Besta vont-elles rentrer dans notre mini-van? Réponse au prochain épisode...

jeudi 2 octobre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 10

Voilà, nous avons les clés de notre nouvel appartement depuis mardi 15h. Durant ces deux derniers jours, nous avons déménagé en mini-van Cambio une bonne cinquantaine de caisses et de cartons tous plus lourds et encombrants les uns que les autres. Moi qui, pas plus tard que la semaine dernière, me récriais sur un forum littéraire que l'e-book ne passerait jamais par moi, j'avoue que je commence à lui entrevoir des avantages insoupçonnés jusque là. C'est avec des membres tétanisés par la montée et la descente de 4 x 25 étages (estimation à la louche, vu que Chouchou et moi nous sommes partagé le travail) que je rédige ce post. Je n'ai pas touché à la Wii Fit depuis vendredi dernier, mais je pense que John l'entraîneur à coiffure variable serait d'accord avec moi pour affirmer que "cet exercice tonifie le haut des bras" et que côté step, je remplis largement mes quotas journaliers.

Et encore, nous n'avons pour l'instant transporté que nos bouquins, notre linge, nos affaires de cuisine et de toilette - mais pas l'ombre d'un meuble. Les mesures prises mardi nous ont dissuadés d'emporter notre meuble télé et nos étagères Expedit, inadaptés à l'espace mural dont nous disposerons désormais. Demain après-midi, nous aurons donc la joie, l'honneur et l'insigne avantage de nous taper une virée Ikea pour acquérir un meuble télé et des étagères Besta (ainsi qu'une parure de lit, un tapis de salle de bain, des boîtes à archive, éventuellement des luminaires et quelques babioles dont nous ne savons pas encore que nous en avons absolument besoin). Nous en profiterons pour faire un repérage au rayon lit et pour nous renseigner sur la dimension et le poids des colis qui composent notre futur canapé. A terme, nous ne devrions conserver de l'appart actuel que nos quatre chaises et la grande table qui nous sert de bureau. En attendant, il va quand même falloir déménager notre canapé - fort heureusement léger et maniable - et le maudit futon dans lequel nous dormons. Les tatami ne rentrent pas dans les mini-vans Cambio, ce qui fera un problème de plus à résoudre. On n'en est plus à ça près...

Côté positif, quand même: l'appartement a été entièrement repeint juste avant notre arrivée; nous aurons désormais un congélateur à tiroirs et un lave-vaisselle (choses qui manquaient cruellement rue M***), ainsi qu'un visiophone et une porte blindée. Fini la hantise des cambriolages! Je suis totalement amoureuse de nos quatre penderies; dans mon immense mansuétude, j'en ai même laissé deux à Chouchou pour son usage exclusif! Par contre, j'ai réquisitionné deux des trois placards de la salle de bain, mais vu le nombre des produits dont nous nous tartinons respectivement chaque jour, j'imagine que personne n'osera me contester ce droit. La cuisine est bourrée de rangements, dont une bonne partie me sera néanmoins inaccessible sans escabeau. Tant pis, nous percherons sur les étagères supérieures les choses dont nous ne nous servons jamais - genre le robot-ménager grâce auquel on pense qu'on va faire plein de trucs, et dont on se sert royalement une fois tellement il est chiant à nettoyer. Les plaques de cuisson sont en vitro-céramique: plus besoin de me battre (et de me brûler) avec l'allume-gaz chaque fois que je cuisine à la sauteuse. Par contre, le plan de travail est tout petit et je ne pourrai plus exposer ma jolie collection de boîtes Valérie Nylin et Yves Blayo, snif! Nous aurons enfin des toilettes avec une porte, même s'il faudra toujours passer par la chambre pour les atteindre. Et nous n'avons de vis-à-vis ni sur l'avant, ni sur l'arrière de l'immeuble, ce qui nous évitera de devoir mettre des rideaux. Dernier point positif, et non des moindres: la propriétaire, une Flamande énergique, compétente et bien carrée, pour qui "une parole est une parole". Apparemment, elle fait partie des fournisseurs de la cour royale belge, ce qui signifie que je ne suis peut-être plus qu'à deux degrés de séparation du roi Albert II!

mardi 30 septembre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 9

Cette fois c'est parti: nous avons rendez-vous aujourd'hui à 16h pour faire l'état des lieux de notre nouveau logis. Nous nous y rendrons avec une fourgonnette pleine de nos vêtements, pour pouvoir vider directement les cartons dans la penderie et repartir avec. Un deuxième voyage en début de soirée devrait nous voir apporter nos plus petites étagères et une partie de nos bouquins. Je me suis déjà fait mal au dos en descendant sept caisses de vêtements de la mezzanine; je n'ose imaginer dans quel état je serai à la fin de la semaine. C'est qu'il y a quand même deux étages (abrupts, avec des marches étroites) à descendre ici, et deux autres à monter là-bas. J'avais l'impression que nous avions assez peu d'affaires mais... quand il faut tout transbahuter d'un coup, c'est toujours trop lourd et trop encombrant. Néanmoins, si tout se passe comme prévu - c'est-à-dire selon le planning que je viens de mailer à Chouchou -, nous passerons notre première nuit dans le nouvel appartement samedi ou dimanche.

Et c'est là que les choses vont légèrement se corser. Car outre le rangement, qui prendra du temps mais constitue une activité plutôt plaisante pour moi, nous allons être confrontés à une cruelle absence de connection internet. Tout bien considéré, l'Internet Everywhere ne nous convient pas : limité à 2MB de téléchargement par mois, or rien qu'avec les photos nous en consommons entre 6 et 13, et chaque MB supplémentaire est facturé 30€, gloups! Nous allons donc attendre la visite d'un technicien pour savoir combien nous coûterait un raccordement au réseau ADSL et choisir entre ça et une ligne fixe. Dans les deux cas, le branchement ne sera pas immédiat. J'ai des sueurs froides rien que de m'imaginer plusieurs jours, que dis-je, plusieurs semaines (plusieurs mois?) sans internet à domicile. D'autant que ce n'est pas comme si je pouvais me connecter du bureau! Il va falloir trouver un endroit équipé du wifi aux alentours de la place Jourdan pour pouvoir quand même aller surfer un peu. Mais si je ne poste plus après le 14 (date à laquelle je rentrerai de Monpatelin), vous saurez pourquoi.

Edit à 12h53: Chouchou m'apprend à l'instant que suite à l'état des lieux avec le précédent locataire, la proprio du nouvel appartement souhaite faire venir une femme de ménage et des peintres! Elle dit que ça peut être fait dans la journée de demain, mais j'ai comme un doute... Pour tout arranger, nous ne connaissons toujours pas l'emploi du temps professionnel de Chouchou pour le mois d'octobre, donc nous ne sommes même pas certains qu'il sera libre dimanche pour absorber le décalage causé par cet imprévu... Cette fois c'est officiel: je suis en train de criser.

vendredi 26 septembre 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 8

Si tout va bien, nous récupérons des cartons dimanche et les clés de Futur Nid Douillet mercredi prochain. J'ai hâte. D'abord parce que la chute brutale de la température nous a forcés à rallumer notre chauffage pétaradant, dont le bruit de moteur poussif est fort nuisible à ma concentration. Ensuite parce que l'immeuble est vraiment devenu trop petit pour moi et pour la harpie de l'agence Universal chargée de sa vente. Si je devais la supporter encore un mois au rythme de deux visites par semaine, il finirait par y avoir du sang.
Pour l'instant, nous n'avons pu nous occuper que des formalités liées à notre déménagement. Enfin, quand je dis "nous", c'est surtout Chouchou. J'ai déjà du mal à m'y retrouver dans mes tractations ubuesques avec l'administration française; je ne me risquerais pas à m'aventurer dans les méandres de la bureaucratie belge. Je me suis contentée de mettre en place un virement mensuel vers le compte bancaire de Chouchou pour lui verser ma part du loyer, et ça a été suffisamment prise de tête.
Pour l'instant, nous avons déjà eu une surprise désagréable: notre future résidence est apparemment impossible à équiper en ADSL faute de ligne téléphonique adéquate. Du coup, Mobistar nous donne le choix entre: payer des travaux de raccordement dont le coût peut aller jusqu'à 500 € (hop, mon canapé Ektorp n'a plus que deux sièges au lieu de trois!) et souscrire un abonnement mensuel dont nous nous passions au 51 rue M***. Nous allons sans doute opter pour une troisième solution: l'Internet Everywhere, une clé-USB modem qui nous permettra en outre de nous connecter depuis n'importe où pour seulement 30 € par mois.

mardi 26 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 7

Je suis globalement très contente (et très impatiente!) de déménager. Toutefois, certaines choses du quartier où nous avons habité jusqu'ici me manqueront:

- Tous les petits restos où nous avons nos habitudes, et notamment ceux du parvis Saint-Boniface. Je regretterai le poulet au curry jaune et lait de coco du Deuxième Elément, les pâtes délicieuses du Mano a Mano (mais pas la salle hyper-bruyante), le menu dégustation de l'Opposé du Contraire, les jus de fruits pressés et l'effervescence perpétuelle de l'Ultime Atome, la tourte pomme cannelle et la pecan pie du Comptoir Florian. Et puis aussi les gyoza du Hama-Shin (certes pas aussi bons que ceux de Namjatown), les brioches suisses du Sucré Salé (raisins secs + croûte de sucre, une pure tuerie) ou les délicieuses soupes de Oups savourées dans une ravissante cour intérieure quand le temps le permettait. Cependant, l'essentiel est préservé: nous serons toujours à proximité d'un Mamma Roma et d'une friterie. Me sevrer de Poulycroc et de pizza à l'huile de truffe eût été vraiment trop cruel.

- Le musicien qui joue du piano le dimance après-midi, fenêtres ouvertes, dans le silence de la rue M***. Un peu de douceur intemporelle dans un paysage urbain perpétuellement gris et en travaux.

- Le sympathique propriétaire du night shop d'en face, chez qui nous courons quand je m'aperçoit qu'il me manque un ingrédient crucial pour ma recette en pleine préparation du repas.

- Mon facteur, sosie de Porco Rosso qui mâchouille perpétuellement un cigarillo puant mais sait que je suis là en journée et ne manque jamais de sonner à notre interphone au lieu de bourrer le courrier dans la minuscule boîte à lettres ou de laisser un avis de passage pour se simplifier la vie.

- Z'art, la boutique où l'on trouve les boîtes de Valérie Nylin les moins chères de tout Bruxelles.

- Le Delhaize, plutôt cher dans l'ensemble mais infiniment plus engageant que le Colruyt, et doté d'un rayon presse où je peux satisfaire une fois par semaine ma honteuse addiction à la presse people.

- L'UGC Toison d'Or, situé à un quart d'heure de marche de chez nous et diffusant en V.O la plupart des films qui nous intéressent.

- Le Tom & Co, bien pratique pour l'achat de fournitures félines malgré sa caissière à 2 de tension et son CKD qui met cinq bonnes minutes à accepter ma carte Visa.

- Les transports en commun que je commence à maîtriser relativement bien - même si le 71 s'obstine à me passer systématiquement sous le nez. Il va falloir tout reprendre à zéro...

samedi 16 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 5

Visite appartement n°7:
Quand? Aujourd'hui à 10h.
Où? Chaussée de Wavre.
Quoi? Un T2 repéré sur Immoweb hier en fin de journée et pour lequel, jour férié aidant, nous avons pu obtenir la toute première visite. Nous arrivons à pied et, au premier abord, le quartier ne m'emballe pas. Des travaux, pas vraiment de commerces sympas ni de station de métro à proximité... Voyons quand même l'appartement. C'est la propriétaire qui nous fait visiter, une Flamande de 45 ou 50 ans à l'attitude très "carrée" qui possède tout l'immeuble et travaille dans un grand magasin d'électroménager haut de gamme non loin de là. La façade est en brique crasseuse, moui bof. Ah, par contre, hall grand, propre et lumineux grâce aux fenêtres qui donnent sur la cage d'escalier. "Tout a été rénové il y a trois ans." Ca se voit. Nous frappons à la porte de l'appartement du second étage. Une jeune femme noire à l'air ensommeillé entrouvre le battant. Elle dit qu'elle n'était pas au courant pour les visites et nous laisse entrer de mauvaise grâce.
Une grande pièce à vivre, très bien éclairée par trois fenêtres à double vitrage ayant un parc pour seul vis-à-vis. Le côté gauche est occupé par une cuisine intégrée, superbement équipée: plaques vitro-céramique, four, frigo et congélateur trois tiroirs séparés, et bien sûr plein de placards. Dans la continuité de ce mur, et jusqu'au fond de la chambre adjacente, des penderies sol-plafond avec étagères et tringles. Chambre: un rectangle de dimensions correctes sans plus avec des murs blancs et une fenêtre à la vue quelconque. Salle de bain: relativement grande, baignoire avec paravent de douche en dur, WC non séparé. Le tout est dans un état nickel. La porte de l'appartement est blindée et munie d'un visiophone. Le locataire dispose également d'une cave avec arrivée d'eau pour servir de buanderie (et entreposer les nanars dont il ne se résoud pas à se séparer).
Cet appart est vraiment bien, surtout pour son prix (650 euros + 50 de charges) et comparé à ce que nous avons visité jusqu'ici. Deux choses me font hésiter: le quartier pas folichon et le côté hyper-clean hyper-moderne. Franchement, je me voyais plutôt dans un duplex ou un T2 "de caractère" - avec un plancher en bois à l'ancienne, de la brique ou des poutres apparentes, ce genre de chose. Pour le quartier, Chouchou se fait fort de me convaincre qu'il est très bien. Et en effet, de l'autre côté de l'avenue, en direction de la place Jourdan, s'étend une rue piétonne bourrée de petits restaurants avec... un Mamma Roma tout au bout. Je tire sur le bras de Chouchou pour lui faire faire demi-tour: "Vite, on y retourne pour dire qu'on le prend!".
Une heure plus tard, les papiers sont signés. Nous avons versé le premier mois de loyer en liquide et nous sommes engagés à virer la caution dès que possible. La propriétaire a accepté de rédiger le bail d'un an renouvelable au seul nom de Chouchou (pour m'éviter d'apparaître où que ce soit administrativement) et ne nous a même pas réclamé de justificatif de revenus, juste une sorte de déclaration sur l'honneur. Nous aurons les clés le 1er octobre, ce qui nous laissera le temps de déménager peinards puisque nous ne devons rendre l'appartement de la rue M*** que le 15. Nous sommes: HEUREUX. Et soulagés. Au lieu d'enchaîner des visites décourageantes, je vais pouvoir me consacrer pleinement à mon boulot pendant les semaines à venir; et mi-septembre, nous aurons l'esprit libre pour profiter du petit séjour en Europe du Nord qui préfigurera la saison 3 de notre histoire. En sortant du magasin d'électroménager, je cours dans la rue avec les bras en l'air en faisant: "Wooohooo!". (Avis aux amateurs: pour sortir avec moi, mieux vaut avoir un sens du ridicule atrophié ^^) Le chiffre 7 aux vertus soi-disant magiques nous aura porté bonheur.

vendredi 15 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 4

Visite appartement n°6:
Quand? Aujourd'hui à 11h.
Où? Chaussée d'Ixelles.
Quoi? Un T2 "entièrement rénové avec cuisine américaine", selon l'annonce repérée en passant devant la porte de l'immeuble. Renseignements pris au téléphone, il s'agit d'une reprise de bail: les locataires actuels n'ont plus les moyens de payer le loyer de 600 euros + 75 euros de charges. Soit. Comme le bruit ne nous dérange pas, nous trouvons la localisation alléchante et espérons que cet appart sera le bon. Hélas! La cage d'escalier est parfaitement sinistre; la pièce à vivre ne me paraît guère lumineuse; la chambre n'a pas de fenêtre du tout (ni de penderie d'ailleurs), et la salle de bain m'évoque les douches glacées qu'on administrait aux malades mentaux au début du siècle dernier. Chouchou et moi échangeons un regard: c'est non. Dommage pour le sympathique couple de petits jeunes qui espère mettre les voiles au plus vite.
Next!

jeudi 14 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 3

Visite appartement n°5:
Quand? Mercredi, 17h45.
Où? Rue de la Brasserie, dans le quartier Flagey.
Quoi? Un T2 dans une maison de maître, avec une très grande terrasse, pour 550 euros. "L'annonce est parue ce matin et j'ai déjà dix visites de prévues; à 17h30 il sera loué," nous prévient l'agent immobilier au téléphone. Nous insistons tout de même pour prendre un rendez-vous. Pendant que nous patientions au pied de l'immeuble en compagnie de deux jeunes femmes et de la mère de l'une d'elles, discutant de nos recherches respectives et du marché immobilier sur Bruxelles, le GSM de Chouchou sonne. C'est l'agent immobilier. "Il y a une erreur dans l'annonce; le loyer n'est pas de 550 euros mais de 695." Ah. Ca explique pourquoi l'appartement n'est pas déjà loué, en fin de compte. Nous effectuons un rapide calcul. Avec les charges, le gaz et l'électricité, ça dépasse un peu notre budget, mais pour un vrai coup de coeur, nous pouvons pousser jusqu'à cette somme.
Nous montons. Hall d'entrée magnifique, escalier en marbre, la classe. Au deuxième étage, nous pénétrons dans une très grande pièce avec plancher en bois, murs blancs, plafond haut et flots de lumière. Elle serait parfaite comme salon/salle à manger/bureau pour nous deux. Je suis déjà en train de la meubler mentalement quand nous passons dans la pièce voisine, située en enfilade. Même chose en plus petit; ça ferait une chambre sympa. Seul bémol: c'est sur cette pièce, et non sur la grande, que donne la cuisine. Cuisine par ailleurs riquiqui et peu engageante: je ne me vois pas y passer de longues heures à préparer amoureusement des petits plats. Quant à ce que je prends pour le garde-manger, dans le fond, c'est en fait une micro-salle de bains: un lavabo, une douche, la place de se tenir entre les deux, point. Ca ne va pas être possible. Pas à ce prix-là, en tout cas. Oui, la terrasse est immense et sans autre vis-à-vis que des jardins. Mais le mauvais état des planches indique que l'évacuation d'eau laisse à désirer, et surtout, quand à Bruxelles allons-nous profiter d'une terrasse? Trois jours par an? Ca ne justifie pas les 695 euros de loyer.
Next!

mardi 12 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 2

Visite appartement n°2:
Quand? Lundi soir, 20h.
Où? Une rue résidentielle très calme, très jolie et très bourge derrière les étangs d'Ixelles. Pas du tout le genre d'endroit où j'ai envie d'habiter. Je suis une feignasse; il me faut tout à portée de la main: les transports en commun, quelques restos sympas, un supermarché et un minimum de magasins.
Quoi? Un duplex au 3ème ou au 4ème étage sans ascenseur, dans une belle maison. Mais à peine entrée dans la pièce du bas, j'apprends de la bouche de l'agent immobilier qu'il est loué meublé. Je ne verrai jamais ce qu'il y a en haut de l'escalier en colimaçon: j'ai fait demi-tour et suis ressortie aussitôt.

Visite appartement n°3:
Quand? Aujourd'hui, 18h45.
Où? Pas loin de la place Fernand Cocq, une rue parallèle à celle où nous habitons actuellement.
Quoi? Nous ne le saurons jamais. Arrivés en bas de l'immeuble, nous appelons le propriétaire pour qu'il nous dise à quel interphone sonner. "L'appartement vient juste d'être loué", nous informe-t-il. Merveilleux.

Visite appartement n°4:
Quand? Aujourd'hui, 20h.
Où? Rue du Bailli, à deux pas de tous les magasins les plus tentateurs de Bruxelles. Et libre le 15 octobre - parfait pour nous.
Quoi? Echaudés par l'expérience précédente, nous téléphonons au propriétaire pour confirmer le rendez-vous avant de nous mettre en route. L'appartement a été loué hier.

Récapitulons. Nous avons passé deux minutes dans le premier appart, trente secondes dans le deuxième, nous ne sommes pas entrés dans l'immeuble du troisième et même pas partis de chez nous pour visiter le quatrième. What next?

vendredi 8 août 2008

Armalite et Monsieur Tout-Le-Monde déménagent: épisode 1

Lassés par notre moquette pelée, notre affreux lino jaune taché, notre plafond de chambre et de salle de bain limité à 1m75, notre escalier malcommode dont les marches craquent et plient de manière assez inquiétante sous nos pieds, notre chauffe-eau capricieux et nos toilettes sans mur qui limitent très fort notre hospitalité, Chouchou et moi avons décidé de déménager. En vérité, nous en avons envie depuis mon arrivée à Bruxelles, mais nous jugions plus sage de 1/voir de quelle manière notre cohabitation se déroulerait 2/faire quelques économies afin que la transition s'effectue dans de bonnes conditions. Mais mi-juillet, nous avons enfin envoyé notre préavis pour le 15 octobre (date du second anniversaire de la signature du bail par Chouchou).

Reste maintenant à trouver notre futur nid. Je ne suis pas une novice de la recherche et de la location d'appartement, mais c'est un exercice que je n'ai plus pratiqué depuis 1998, et à l'époque, m'étant repliée chez papa-maman à mon retour des USA, je n'avais pas vraiment de date butoir pour vider les lieux. Le problème auquel nous sommes confrontés est le suivant: les appartements signalés comme à louer sont, pour la plupart, libres immédiatement; ils trouveront preneur bien avant la date à laquelle nous pouvons commencer à en payer le loyer. Selon toute vraisemblance, c'est donc courant septembre -mois durant lequel nous serons absents une semaine... - que nous aurons le plus de chance de dénicher notre prochain domicile. Un petit tour sur le site immoweb.be indique que les appartements correspondants à nos critères (un T2 ou 3 de 60-70 m² environ, lumineux, en bon état, pas au rez-de-chaussée, du côté d'Ixelles ou de Saint-Gilles, pour 650 euros mensuels) ne manquent pas, ce qui est assez rassurant. Tout de même, je suis un peu inquiète à l'idée de devoir me rabattre sur du second choix au cas où la perle rare tarderait à se manifester.

Pour nous échauffer et cerner le marché - et aussi parce qu'un coup de chance est toujours possible -, nous avons commencé à programmer des visites. La première a eu lieu cet après-midi. Entre deux averses diluviennes, nous avons foncé rue de la Digue, juste à côté de la place Flagey, pour voir un duplex prometteur affiché sur immoweb.be depuis ce matin. Si l'emplacement était parfait pour nous, l'appartement ne l'était pas. Outre une odeur de moisi suspecte dans la cage d'escalier, j'ai bloqué sur la disposition en L de la pièce à vivre et la raideur de l'escalier conduisant à la mezzanine - pire encore que dans mon appart du Midi de la France, où c'est déjà bien casse-gueule quand on se lève au milieu de la nuit, un peu sonné, pour aller faire pipi dans le noir. Il ne m'a pas fallu une minute et demie pour dire au proprio: "Désolée, ça ne nous convient pas". Inauguration de la recherche de Futur Nid Douillet: ça, c'est fait!

jeudi 25 octobre 2007

Sur le départ

Et voilà. Plus qu'un dodo dans mon appart avant de partir à Bruxelles. Copernique (chat femelle n°2) s'y trouve déjà, un peu paniquée par le brusque changement d'environnement et plus crampon que jamais: elle refuse de quitter les genoux de Hawk même quand il est assis sur sa chaise suédoise en pente. Scarlett (chat femelle n°1) ne pouvant pas prendre de calmants à cause de sa maladie du foie, le voyage s'annonce méga fun. Je me vois déjà traverser l'aéroport de Zaventem avec ma boîte à chat au bout d'un bras, mon ordi faussement portable au bout de l'autre et un bagage à main (mal nommé pour le coup) sur le dos. Et arrivée au tapis roulant, récupérer ma valise de 22 kilos pile. Appelez-moi la mule humaine. Ce week-end, il faudra se précipiter dans un magasin dont j'ai oublié le nom pour acheter une machine à laver et un four, puis chez Ikea pour trouver une table, une chaise de bureau et quelques bricoles supplémentaires nécessaires à mon petit confort. Et la semaine prochaine, j'attaquerai une chouette période de boulot durant laquelle je devrai traduire en un mois et demi ce qui normalement m'en prend deux et demi, voire trois.
Ne vous y trompez pas: malgré les bouleversements matériels divers et variés, je suis super excitée d'habiter bientôt Bruxelles aux trois-quarts temps. A moi les fins d'après-midi pluvieux devant un thé fumant au Comptoir Florian, les brunchs à l'Amour Fou ou chez Sucré-Salé, les après-midi dominicaux à bouquiner chez Filigranes, la prochaine soirée SM à la Porte des Sens, les grasses matinées crapuleuses avec Hawk, les aller-retour d'une journée ou d'un week-end sur Paris pour une virée shopping, un déjeuner de boulot, une expo photo ou un salon littéraire. A moi aussi la certitude que si le climat devient un peu dur à supporter, je peux toujours retourner faire le plein de soleil dans le Sud de la France. J'ai toujours eu envie de vivre entre deux endroits très différents et complémentaires; je ne pensais pas que ce rêve se concrétiserait un jour.

Et puis je suis ravie des changements qui m'ont été inspirés par ce semi-déménagement.
- La vente de ma Twingo, d'abord: je n'ai jamais aimé conduire, et pour le peu que je roulais avec, cette voiture achetée neuve me revenait très cher en crédit et en assurance. Finie la hantise de trouver un endroit où se garer, de n'avoir pas de pièces pour le parcmètre, de dépasser le temps de stationnement autorisé, de me faire tamponner par un(e) maladroit(e). Je recommencerai à me déplacer en transports en commun et en taxi. Au pire, je louerai une bagnole pour quelques jours.
- Ensuite, le vide que j'ai fait dans mon appart, et qui m'a permis non seulement de récupérer assez de sous pour financer mon déménagement, mais aussi de mieux m'y retrouver dans une garde-robe et une biblio/CD/DVDthèque qui avaient pris des proportions grotesques. C'est drôle, hein, mais depuis je me sens aimée pour de vrai, mes crises de shopping compulsif et mon besoin d'entasser des collections d'objets ayant tous la même utilité ont totalement disparu. Maintenant, si j'achète un truc, c'est parce que j'en ai vraiment besoin ou vraiment envie, parce qu'il a une fonction réelle à remplir dans ma vie (même si cette fonction n'est que de me donner du plaisir quand je le regarde). C'est sûrement l'un des aspects les plus positifs de ma relation avec Hawk, la disparition de cette boulimie qui me laissait toujours un énorme sentiment de vide après coup... et pas juste au niveau du compte en banque.
- Corollaire du précédent: je n'ai plus l'impression de devoir enfermer toute ma vie en un même lieu dont j'ai peaufiné l'aménagement afin d'obtenir ce que j'estime être la perfection en la matière. Car le problème avec la perfection, c'est qu'elle est figée. Tout changement ne peut être que négatif. Résultat, j'avais des sueurs froides chaque fois que quelqu'un venait chez moi et commençait à déplacer des objets ou même simplement à faire des plis sur le dessus de canapé. Je réalise que ça m'est passé ces derniers mois. Bien sûr, je ne lâcherais toujours pas deux enfants de moins de dix ans dans mon appart. Bien sûr, j'attacherai toujours une énorme importance à l'esthétique de l'endroit où je vis. Mais j'ai quand même gagné en souplesse, en adaptabilité par rapport au contexte matériel. Je suis désormais prête à accepter qu'au lieu d'être circonscrite dans une seule grande boîte dont je maîtrise le moindre détail, ma vie se partage entre deux boîtes dont une où je ne prendrai que 50% des décisions. Et heureusement, parce que demain... Je suis à Bruxelles avec Hawk :)

mercredi 17 octobre 2007

WOOHOOOOOOOOOOO

j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo j'ai un acheteur pour ma Twingo
*s'arrête pour reprendre son souffle*
...
*recommence à courir dans tous les sens*
je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain je peux partir à Bruxelles vendredi prochain

mardi 16 octobre 2007

Je hais l'administration française, opus n°36896

La Poste a trouvé le moyen d'inverser deux bordereaux de Colissimo. Résultat: la personne qui m'a acheté un sweat à capuche Ralph Lauren sur eBay s'est retrouvée avec un sac à main Zara, et celle qui m'a acheté un sac à main Zara n'a toujours rien reçu alors que les paquets ont été expédiés le 11 et que l'envoi est normalement garanti en 48h. Bien sûr, qui se tape l'échange de mails avec les clientes déçues et les négociations foireuses avec le bureau de Poste? Oui, c'est Bibi. Qui n'a pratiquement rien d'autre à foutre cette semaine: juste la trad d'une bédé de 120 pages, la relecture d'un manuscrit de 800 feuillets, la vente de sa voiture, l'empaquetage d'un nécessaire de survie en milieu bruxellois et la mise au point d'un plan B pour son déménagement qui va sans doute être reporté par la force des choses. Sans parler du nettoyage des diverses flaques de vomi généreusement dispensées par un chat malade du foie. Grrrrrr.
Enfin, parce qu'il fallait bien une bonne nouvelle pour contrebalancer les contrariétés des derniers jours, je vais traduire la novellisation de la suite cinématographique la plus attendue de l'année 2008, avec accord de confidentialité jusqu'à la sortie du film et tout le tralala. Hawk cherche déjà un moyen de me faire parler. J'espère qu'il va Il peut bien inventer les pires sévices, je ne dirai rien :)

mardi 2 octobre 2007

Twiggy for sale

Cet après-midi, j'ai pris mon courage à deux mains, mon téléphone dans l'autre et j'ai appelé un journal local pour mettre Twiggy en vente. L'annonce sera sur Internet vendredi et paraîtra dans l'édition papier de lundi prochain. Mine de rien, c'est le pré-signal du départ, la première chose vraiment concrète qui signifie que l'essentiel de ma vie ne sera plus ici pour les mois et probablement les années à venir. Comme tout premier pas vers un changement important, celui-ci s'est heurté à pas mal de réticences intérieures. Le côté "overthinker" angoissé et pinailleur que j'ai hérité de mon père ne cessait d'identifier des objections minuscules, des obstacles dérisoires mais aussi gênants qu'un caillou dans une chaussure. Par chance, le côté "freethinker" optimiste et fonceur que j'ai hérité de, euh, absolument personne dans ma famille a fini par prendre le dessus - et le téléphone avec, donc. Résultat bientôt, j'espère.

dimanche 26 août 2007

La dernière séparation

Aujourd'hui, c'était la dernière fois que je quittais Bruxelles en touriste.
Mon prochain voyage vers la Belgique sera un aller simple. Même si je compte bien revenir faire le plein de soleil de temps en temps dans le Midi. Je vais garder mon appartement: par prudence, par commodité administrative et fiscale, parce que c'est un bon investissement et que je dois pouvoir me le permettre. Parce que rien ne dit que nous ne nous installerons pas en France d'ici quelques années, quand Hawk sera lui aussi travailleur indépendant. Et parce que j'ai toujours rêvé de vivre entre deux pays, deux endroits très différents: d'un côté, le climat radieux et la douceur de vivre d'un village provençal, de l'autre, l'animation et la richesse culturelle d'une capitale européenne.
La transition ne devrait pas être trop brutale. Je me sens déjà chez moi dans cet appartement que Hawk déteste, dans ce quartier si populaire et proche de tout, dans cette ville pleine de charme, de caractère et de gens surprenants. Je fourmille de projets pour nous deux, et aussi pour moi toute seule: la plus grande proximité de Paris me permettra d'entretenir des rapports plus suivis avec les gens de mon boulot, de me remettre à fréquenter les salons et autres conventions, de voir mes amis sans être obligée de le prévoir deux mois à l'avance. Même ma famille sera désormais à deux heures d'avion plutôt qu'à cinq heures de train ou de voiture.
J'ai hâte d'y être. Depuis hier, la date est arrêtée: ce sera le 26 octobre. Presque un an jour pour jour après ma première rencontre avec Hawk.

dimanche 19 août 2007

Bruxelles 21-26/08/2007: to-do list

* faire le plein de chocolat et de soupes chinoises
* boucler le programme des vacances au Japon
* retourner au bookstore dont j'ai oublié le nom et acheter un autre set de mots aimantés
* aller voir "Naissance des Pieuvres"
* profiter du Photoshop Elements de Hawk pour finir de traiter mes photos des USA
* s'équiper en nécessaire à chats (caisse, litière, croquettes)
* envoyer une carte d'anniversaire à Choupi
* traduire 30 pages et en relire 60
* éplucher le catalogue Ikea 2008 qui vient juste de sortir, pour se donner des idées
* des câlins plein plein plein
[On notera l'ordre de mes priorités... D'abord la bouffe, puis les vacances. Le travail vient beaucoup, beaucoup plus loin. Et le sexe en dernier, je sais. La faute au Lutényl qui me pourrit la libido :( ]

vendredi 17 août 2007

Mère sucre les fraises

Extrait d'une conversation téléphonique avec ma mère:
ELLE: Tu vas habiter où à Bruxelles?
MOI: Avec mon copain.
ELLE: Mais il a un appartement?
MOI: ...Non, il vit dans la rue.
ELLE: Ben je sais pas, il aurait pu habiter encore chez ses parents.
MOI: A nos âges???

samedi 11 août 2007

Le grand ménage

J'aime à dire que les possessions matérielles ne m'intéressent pas, que je préfère dépenser mes sous en expériences plutôt qu'en objets.
Ce n'est que partiellement vrai. Certes, j'ai investi dans un modeste duplex de 60m² alors que j'aurais pu m'offrir une maison avec jardin. Certes, je n'ai pas le goût des voitures de luxe (ni même des voitures tout court), non plus que des gadgets à la mode sur lesquels la plupart de mes contemporains se jettent la bave aux lèvres. Grosso modo, les signes extérieurs de richesse me laissent suprêmement indifférente... A l'exception, sans doute, des chaussures et des sacs griffés - ma plus grande faiblesse.
Pourtant, je me sens encombrée par mes affaires. J'ai depuis toujours deux frayeurs irraisonnées : les incendies et l'amnésie, parce qu'ils détruisent les souvenirs tangibles ou non et qu'il m'a toujours semblé que je n'étais que le produit de mon vécu. Que sans preuves de mon passé, je ne serais personne dans le présent. Mais ça fait longtemps qu'une toute petite partie de moi aspire à voir flamber l'endroit où je vis (en mon absence, ça va de soi) juste pour se sentir libérée de cette montagne de choses qui me paralysent.
Car c'est un fait: les possessions matérielles enchaînent. Il faut les stocker, les entretenir, les déplacer. Bien longtemps après leur acquisition, elles continuent à coûter indirectement de l'argent, du temps et de l'énergie. Et elles restreignent les mouvements. Lorsque j'ai acheté mon appartement, j'ai accepté l'idée de me retrouver plus ou moins prisonnière d'un lieu en contrepartie de la sécurité affective que cela me procurerait: savoir que j'étais enfin chez moi, dans un cocon que je pourrais modeler à ma guise. J'ai, en quelque sorte, choisi de satisfaire mon besoin de stabilité au détriment de mon besoin de liberté.
Beaucoup de choses ont changé dans ma vie depuis. Il y a quinze mois, lorsque je me suis séparée de l'Homme, j'ai envisagé une première fois de me transplanter. Mais il n'y avait pas d'endroit précis où j'aurais aimé m'installer, et surtout je répugnais à quitter mon nid douillet. Parce que je m'y plaisais, et aussi parce que ce Xième déménagement s'annonçait encore plus chiant que les autres: compliqué par la nécessité de revendre un bien immobilier, d'en chercher un autre à acheter et de faire coïncider les deux événements.
J'ai opté pour la solution de facilité. Je suis restée, moitié mécontente de m'encroûter dans une ville où je n'avais plus rien à faire ni personne à aimer, moitié satisfaite de ne pas devoir chambouler mon existence une fois de plus.
Puis Hawk est arrivé dans ma vie. Et au fil des mois, une évidence s'est imposée: ma priorité, c'était d'être près de lui, quoi qu'il puisse m'en coûter. Mon seul foyer, c'était ses bras. Si je devais construire quelque chose, ça ne pourrait être qu'avec lui.
Restait à vaincre des réticences très fortes et à solutionner une foule de problèmes matériels. Se lancer dans une expatriation, que de prises de tête en vue pour une travailleuse indépendante comme moi, qui galérait déjà avec l'administration de son propre pays! Rien que d'y penser, je sentais poindre une migraine tenace, une de celles qui vrillent les tempes et contre lesquelles l'Efferalgan demeure impuissant. Que faire de l'appartement: le garder comme résidence secondaire au mépris du bon sens financier, le mettre en location pour couvrir partiellement le remboursement de mon crédit immobilier ou le revendre pour réinvestir en Belgique? Et mes meubles tous assortis entre eux, notamment la bibliothèque de mes rêves qui aurait beaucoup de mal à trouver sa place ailleurs que dans la pièce pour laquelle elle avait été conçue, sans parler du coût vraisemblablement prohibitif de son déplacement?
Bien sûr, il était possible de temporiser, de prendre une location à Bruxelles avec Hawk sans rien changer à mon statut en France, histoire de voir si je m'habituais à la vie en Belgique et si notre cohabitation se passait bien. Le cas échéant, il aurait tout de même fallu faire le grand saut tôt ou tard, et j'avoue que cette perspective m'angoissait follement.
Je ne me suis pas fixé de plan précis. J'ai laissé s'écouler les semaines en espérant qu'une solution finirait par se présenter à moi.
Et c'est ce qui est en train de se passer. J'ai commencé à envisager des moyens de faciliter la transition (par exemple, m'adresser à un conseil juridique et fiscal pour régler au mieux la partie administrative), à imaginer des réponses concrètes à mes questions matérielles (comme la location de l'appartement meublé en saison pour couvrir mes frais sans me départir de la possibilité de redescendre dans le Midi). Je me rends compte que si j'évite de me mettre la pression, mon aptitude naturelle pour l'organisation et ma capacité à inventer des solutions de vie sur mesure prennent facilement le dessus. Tout n'est pas encore arrêté pour autant, mais les obstacles contre lesquels je butais jusque là sautent un à un.
Parallèlement, une chose assez curieuse est en train de se produire. Je me détache peu à peu de tous ces objets sans lesquels je pensais ne pas pouvoir être heureuse. Je ne relirai ni ne consulterai jamais les deux tiers des livres qui composent ma bibliothèque, alors à quoi bon les garder? Pour épater les gens qui viennent chez moi? Ce serait cher payer quelques instants de fierté mal placée. Ma garde-robe est pleine à craquer de fringues, de chaussures et de sacs dont je ne porte pas le quart. Je n'utilise réellement qu'un dixième des fournitures de scrap que j'entasse sur mes étagères comme un écureuil stockerait des noisettes pour l'hiver. De quoi ai-je peur, que tous les fabricants du monde mettent la clé sous la porte et cessent de produire des nouveautés? Je ne parle même pas des ustensiles de cuisine flambant neufs conservés dans l'hypothèse improbable où je déciderais de me lancer dans la confection de muffins maison - alors qu'on peut en acheter de délicieux déjà tout faits. Et ces souvenirs dont j'ai oublié jusqu'à la provenance, ou qu'il m'est désormais pénible de regarder? Ces disques vinyles de mon adolescence que je ne peux plus écouter faute de platine, ces cassettes vidéo que je ne peux plus regarder faute de magnétoscope?
J'ai entrepris un grand nettoyage. Je suis en train de revendre ma collection de comics US sur eBay, avec une partie de mes bédés, de mes mangas et de mes autres bouquins. Après ça, j'attaquerai les fournitures de scrap, et à la rentrée, je ferai le vide dans ma garde-robe. Je ne veux conserver que des objets utiles ou chers à mon coeur. Tout le reste, comme on dit, doit disparaître. Et quand j'aurai nettoyé mon espace, je ferai de même avec mon budget pour supprimer les dépenses inutiles et voir ce qu'il est possible d'envisager ou non en termes de style de vie.
Chaque jour, je me sens un peu plus libre, un peu plus légère.