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dimanche 19 novembre 2017

Le besoin plutôt que l'envie



Depuis que je m'intéresse au minimalisme, je m'interroge beaucoup sur mes réflexes de consommation. Clairement, comme la plupart des gens qui ont la chance d'avoir des revenus suffisants, j'achète les choses non pas parce que j'en ai besoin, ou en tout cas pas seulement, mais plutôt parce que j'en ai envie. Résultat: un gaspillage d'argent et un intérieur encombré. Ainsi, depuis quelques années, je m'efforce de ne plus acquérir que des objets utiles (soit parce que je vais m'en servir souvent, soit parce que leur possession va vraiment m'apporter de la joie - un beau tableau que j'adore et qui m'émeut, par exemple, rentre tout à fait dans cette définition). 

vendredi 6 mars 2015

Je ne consomme plus aujourd'hui comme il y a 10 ans




Hier après-midi, je suis allée faire quelques courses dans le centre de Bruxelles. Par la vitre du 95, j'ai aperçu le nouveau magasin Christian Louboutin du Sablon, et j'ai secoué la tête d'un air amusé en me rendant compte qu'il y a dix ans, posséder une paire d'escarpins de ce créateur figurait sur ma bucket list alors qu'aujourd'hui, si on m'en offrait une paire, je serais affligée de ne pas savoir qu'en faire. Un peu plus tard, alors que je sortais d'un magasin de sport avec deux tops et un corsaire en lycra, j'ai réalisé que depuis début janvier, une robe et une jupe en soldes exceptées, je n'avais acheté que des fringues de fitness. Et du coup, cela m'a amenée à réfléchir à la manière assez spectaculaire dont ma consommation a évolué au cours de la dernière décennie. 

Au début du millénaire, donc, je convoitais des Louboutin comme une sorte de Graal. 
Aujourd'hui, je n'achète plus que des chaussures avec lesquelles je peux marcher un laps de temps raisonnable, et qui vont avec ma vie pas particulièrement glamour. Je veux bien investir une fois de temps en temps dans une paire de Chie Mihara un peu délirantes, mais seulement si elles restent portables et si je les trouve en soldes. Le reste du temps, je tente désespérément de vider mon placard à chaussures. 

Au début du millénaire, les fringues étaient mon premier poste budgétaire après le logement. Je n'achetais pas forcément des choses chères, mais j'en achetais des quantités ahurissantes, souvent des trucs qui ne m'allaient pas trop ou qui ne me plaisaient même pas vraiment à bien y réfléchir. Je me comportais comme une personne boulimique vis-à-vis de la nourriture. 
Aujourd'hui, je n'achète plus beaucoup de vêtements. Un peu parce que j'ai moins de sous qu'à l'époque. Un peu parce que j'ai trouvé mon style et que ma penderie est déjà pleine de pièces qui y correspondent. Un peu parce que les apparences m'intéressent de moins en moins, et que désormais je conçois tout à fait de sortir plusieurs fois avec la même tenue - c'est le contraire qui me paraît un gaspillage aberrant. 

Au début du millénaire, je me suis offert un sac à main Vuitton, un Marc Jacobs et deux paires de mules Prada. 
Aujourd'hui, non seulement les marques de luxe ne m'attirent plus, mais elles m'écoeurent. J'ai porté chacun de ces articles trois fois dans le meilleur des cas, et j'ai un peu envie de pleurer quand je pense à tout ce que j'aurais pu faire avec l'argent qu'ils m'ont coûté. Ce qui me fait sérieusement baver et dégainer ma Visa en un temps record, maintenant, ce sont les voyages. Des expériences inoubliables plutôt que des objets pas indispensables. 

Au début du millénaire, je consommais avec frénésie pour combler le vide de mon existence et me positionner socialement.
Aujourd'hui, je réfléchis à deux fois avant d'acquérir quoi que ce soit. Je n'achète que des choses réellement utiles ou qui vont me procurer une forme de joie et de bien-être. Je me soucie des conditions dans lesquelles elles ont été produites, de l'impact qu'elles peuvent avoir sur l'environnement ou sur ma santé.

Au début du millénaire, je gardais tout comme s'il allait y avoir la guerre sous prétexte que "ça peut toujours servir"; mon intérieur était un vrai musée, et cela m'apportait un sentiment de sécurité.
Aujourd'hui, je fais du tri régulièrement; je me débarrasse de tout ce qui ne me sert plus, soit en le jetant soit en le donnant, et cela m'apporte un sentiment de légèreté.

Au fur et à mesure que ma vie acquérait du sens, que je me rapprochais de la personne que je voulais être, j'ai pris conscience de mes vrais besoins et envies. Cela m'a rendue quasi-imperméable aux sirènes de la publicité, aux pressions à la conformité sociale. J'en suis venue à considérer le shopping, non plus comme une activité de loisirs ou un shoot de satisfaction éphémère, mais comme un acte politique, une façon d'influer en bien sur le monde qui m'entoure.

Je ne suis toujours pas devenue économe (hélas!), mais je choisis avec soin ce à quoi je veux dépenser mon argent - c'est-à-dire, justifier le temps de travail qu'il m'aura fallu pour me l'offrir, et donc l'équivalent-énergie que cela représente.
Payer plus cher pour des légumes bio cultivés dans la région, oui. Acheter des plats préparés plein de cochonneries ou aller me détruire la santé dans un fast-food, non.
Investir dans un manteau de bonne qualité à la coupe flatteuse, ou une robe à l'imprimé craquant et à la jupe qui tourne, oui. Accumuler une demi-douzaine de fringues à la mode fabriquées au Bangladesh, non.
Dépenser 50€ en participant à un chouette projet en crowdfunding, oui. Les claquer en produits de beauté qui font plus de mal que de bien à ma peau, ou en produits de maquillage dont je ne me sers pas au final, non.
Casser ma tirelire pour un MacBook, un canapé confortable, une oeuvre d'art coup de coeur ou quinze jours au Japon, oui. Pour le dernier It Bag, un smartphone dont je n'ai pas l'usage, un objet déco improbable repéré dans le dernier ELLE ou un dîner dans un resto hype à la bouffe prétentieuse, non.

Et vous? Qu'est-ce que vous achetiez il y a 10 ans pour lequel vous ne dépenseriez pas un centime actuellement? A l'inverse, qu'est-ce que vous n'auriez jamais pensé acheter un jour, mais pour lequel vous dépensez volontiers aujourd'hui?

mercredi 16 avril 2014

Ma routine beauté minimaliste




J'ai toujours eu une peau de merde à problèmes. Arrivée à la quarantaine, ça devenait vraiment critique: reste d'acné persistante + premières rides + mélasma profond causé par mon traitement progestatif contre l'endométriose... J'avais beau dépenser des fortunes chez Sephora, essayer toutes les crèmes soi-disant miraculeuses vantées par les blogueuses beauté, me tartiner matin et soir selon la désormais célèbre méthode du mille-feuille - le seul résultat, c'est que j'étais plus pauvre à la fin du mois. Alors, comme à cette époque je commençais à m'intéresser à la déconsommation, j'ai eu envie de tenter une expérience folle: au lieu d'utiliser toujours plus de produits pour remédier à tel ou tel défaut, réduire ma routine au strict minimum. Deux ans plus tard, je pense avoir assez de recul pour faire un bilan significatif. 

Ce que j'utilise encore
- Un produit nettoyant (le matin uniquement, sauf si par extraordinaire je me suis maquillée, que j'ai beaucoup transpiré ou que je séjourne dans un endroit très pollué).
J'alterne entre la Washing Cream Tsukika de Menard, dont je suis fan depuis 5 ou 6 ans, et la Mousse Nettoyante Pureté de Thémis, une découverte récente. De tous les nettoyants que j'ai testés, ce sont les deux seuls qui ne me provoquent aucune réaction cutanée. Quand je suis pressée ou que j'ai besoin de me rafraîchir en journée, je passe juste un coup d'eau micellaire. J'aime bien la Créaline de Bioderma pour son petit prix et son flacon trapu qui rentre bien sur mon étagère de salle de bain. 
- Un gommage visage (deux fois par semaine)
Pas de chouchou particulier, j'ai tendance à taper dans les marques bios et à changer chaque fois, en privilégiant les exfoliants mécaniques aux exfoliants chimiques. Je continuerai sans doute jusqu'à ce que j'aie un coup de coeur. 
- Une crème hydratante (le matin): 
Là aussi, j'alterne entre un classique qui a fait ses preuves, la Crème pour Peaux Intolérantes d'Avène, et une petite nouvelle, la Crème Tolérance Riche de Thémis. Les deux nourrissent bien sans laisser de film gras sur ma peau, et n'ont pratiquement aucune odeur. 
- Une crème solaire (quand la météo l'exige)
N'importe quelle marque fait l'affaire pourvu qu'elle ne sente pas trop fort et que l'indice de protection soit supérieur à 30. J'aime bien la Réflexe Solaire SPF50+ d'Avène, super pratique à glisser dans le sac pour faire des retouches toutes les deux heures. 

Ce que je n'utilise plus:
- Des crèmes blanchissantes censées venir à bout des taches brunes. Aucune ne fonctionne sur un mélasma aussi profondément installé et entretenu que le mien. 
- Une crème de nuit. Je n'ai pas la peau du visage particulièrement sèche, donc je n'en ai pas réellement besoin. 
- Une crème anti-rides. J'ai de bonnes joues rondes, je ne fume pas et ne me mets pratiquement jamais au soleil; je suis donc relativement épargnée par le problème. 
- Un contour des yeux. La plupart d'entre eux me faisaient larmoyer, et je ne leur ai jamais constaté quelque efficacité que ce soit. 
- Des sérums anti-ceci et des masques pro-cela, sans autre bénéfice que me donner l'impression de prendre soin de moi. 

Résultat? Je n'ai toujours pas une belle peau, parce que je ne rajeunis pas et que mon mélasma est de plus en plus incrusté. Mais si je devais comparer, je dirais sans hésitation qu'elle est en meilleur état aujourd'hui qu'il y a deux ans. Les seuls boutons que je chope encore (généralement le long de la mâchoire) sont ceux liés à mon traitement progestatif. Je n'ai pas mis les pieds chez Sephora depuis un an et demi. Je n'achète plus que des produits bios ou de parapharmacie. J'économise un fric fou. Je n'enrichis plus les actionnaires de Loréal et Cie. Je dois bien gagner une ou deux heures par semaine sur le temps que je passais autrefois dans ma salle de bain. Mes envies de poupougnage et de cosmétiques "doudou", je les cristallise désormais sur une crème pour le corps de type chantilly au parfum délicieux, notamment la Gloomaway d'Origins (malheureusement difficile à trouver en France et en Belgique) ou les crèmes de chez Rituals

Bref, c'est un domaine dans lequel j'estime ma démarche de déconsommation 100% réussie. Pour un peu, je penserais que les grandes marques nous vendent sciemment des produits inefficaces, voire mauvais pour notre peau, dans le seul but de nous en faire acheter toujours plus... mais c'est peut-être mon anticapitalisme primaire qui s'exprime là. Si certaines d'entre vous ont aussi fait l'expérience de réduire leur routine beauté au strict minimum, et/ou de boycotter les produits de parfumerie et de grande surface depuis un laps de temps significatif, je suis très intéressée par leur retour! 

dimanche 2 février 2014

Où je décide de puiser dans mes stocks pendant un mois




Mon défi personnel du mois de janvier était de me taire pour travailler sur le lâcher-prise. En février, mes préoccupations seront d'ordre plus matériel. J'ai tendance à accumuler certaines choses en grande quantité: les livres bien entendu, mais aussi le thé, la laine (et les fournitures de loisirs créatifs en général), les carnets (et la papeterie en général)... Ce n'est bon ni pour mon portefeuille, ni pour mon espace vital. Aussi, pendant 4 semaines, je vais m'efforcer activement de faire baisser mes stocks:
- lire les livres de ma PAL au lieu d'en acheter de nouveaux
- consommer les thés que j'ai dans mes placards, et si vraiment je n'ai pas pu me résoudre à boire certains entre eux d'ici la fin du mois, les jeter ou les donner
- chercher des patrons d'ouvrage au crochet à réaliser avec la laine qui s'accumule dans mon panier
- imaginer des façons d'utiliser toute cette papeterie et ces fournitures de scrapbooking qui encombrent mes étagères
Il y a quelques années, j'aurais pu ajouter les cosmétiques et les vêtements à cette liste, mais mes achats dans ces deux domaines sont maîtrisés de façon satisfaisante à présent.  Rendez-vous en fin de mois pour mon rapport sur l'opération "je shoppe dans mes propres placards"!

mardi 9 octobre 2012

"Comment j'ai arrêté de CONsommer"


J'ai déjà plusieurs fois évoqué ce livre dont la lecture a accompagné la première semaine de mon mois de "no buy". Frédéric Mars, auteur de plusieurs romans et essais, y raconte son "année de lutte contre l'enfer marchand". L'expérience - dans laquelle il entraîne sa compagne et leur fils de 7 ans - commence de manière assez soft, quand il décide de ne pas faire les soldes d'hiver et de soumettre tous ses achats envisagés au verdict de l'indice MBA ("Minimum de Bonheur Acheté"). Chaque objet convoité est noté selon divers critères, et s'il n'atteint pas un total d'au moins 50 points sur 100, la famille renonce à en faire l'acquisition.

Enthousiasmé par les premiers résultats, l'auteur passe à la vitesse supérieure en explorant d'autres moyens de réduire sa consommation, notamment le troc à travers les réseaux SEL. Il guette les sorties culturelles gratuites, résilie ses divers abonnements et annule ses prélèvements automatiques, rend sa carte de crédit et demande la réduction de son découvert autorisé à une banquière ahurie, cesse de fréquenter les hypermarchés pour se tourner vers les petits producteurs, et réussit même une fois à passer 16 jours sans acheter quoi que ce soit, fût-ce une baguette de pain. Il touche aux limites de son expérience lorsqu'il tente de bannir les marques de sa vie: d'abord en arrachant ou en recouvrant tous les logos présents dans son logement, puis en cessant d'en utiliser le nom. Imaginer la tête de la caissière du MacDo quand il lui demande "un soda goût caramel allégé", ou celle de son fils à qui il réclame de lui apporter "des notes repositionnables" est assez savoureux.

Mais alors qu'il s'efforce de modifier ses comportements d'achat en profondeur, il se heurte à l'incompréhension de son entourage. Si sa compagne adhère plus ou moins à ses idées, son fils est trop jeune pour en comprendre l'intérêt, et il peine à comprendre pourquoi la télé du salon tombée en panne ne va pas être remplacée immédiatement (au final, elle ne le sera pas du tout, et il s'y habituera très bien). Le pire, toutefois, ce sont les amis, dont la plupart commencent par ricaner ou se montrer sceptiques avant de finir par traiter l'auteur de radin, voire de parasite. Frédéric Mars ne le cache pas: durant cette année, il développe beaucoup de recul par rapport à la société de consommation, mais sa vie sociale en pâtit sérieusement... et au final, il se rend compte qu'à moins de devenir un vrai marginal, il est impossible d'échapper complètement à la pression ambiante à acheter toujours plus. Un récit édifiant.