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samedi 21 septembre 2013

Le sens des priorités


MOI: Oh, regarde le magasin en face! "Pieds du monde". Trop ringard. Franchement, qui achète ses chaussures dans un magasin appelé...?
CHOUCHOU, imperturbable: Toi, en 2007.
MOI: Pardon? 
CHOUCHOU: En 2007, j'ai acheté une paire de chaussures dans ce magasin, et toi aussi. 
MOI: C'est une blague? Je ne m'en souviens pas du tout. 
CHOUCHOU: Je te jure que si. 
MOI, soupçonneuse: Mouais, et c'était quoi comme chaussures?
CHOUCHOU: Aucune idée. 
MOI: Attends, tu te rappelles que j'ai acheté des chaussures dans ce magasin ringard en 2007, mais tu ne sais plus lesquelles c'était? 
CHOUCHOU: Des chaussures, tu en as des milliards, je ne tiens pas l'inventaire de ta collection. Et puis à l'époque, c'était surtout ton cul qui m'intéressait. 
MOI, partagée entre l'indignation et le fou-rire: ...
CHOUCHOU: D'ailleurs, aujourd'hui encore, je sais très bien à quoi il ressemble et à quel endroit exact il se trouve. 

mardi 29 mai 2012

De l'importance de l'attirance physique dans une relation


Pendant très longtemps, je me suis obstinée à avoir des relations avec des hommes qui parlaient à ma culotte* et qui ne me convenaient pas du tout par ailleurs. J'ai été malheureuse avec eux, et ça a toujours fini par mal se terminer au bout de plusieurs années. 

Du coup, entre ces couples de longue durée, j'ai tenté de sortir avec des types brillants, drôles et généreux, des mecs bien mais qui ne me plaisaient pas physiquement. Résultat: je me suis forcée au lit pendant quelques mois avant de fuir avec des excuses plus ou moins lamentables. Souvent plus que moins, d'ailleurs.

Dans l'idéal, l'important, c'est la beauté intérieure. Mais il ne faut pas se leurrer: quand on fait la connaissance de quelqu'un, la première chose qu'on voit, c'est son physique. Et sauf dans le cas de l'ami(e) de longue date qu'on se met soudain à regarder d'un autre oeil, la plupart du temps, on se découvre en même temps qu'on commence à construire son histoire de couple, période où on est gouverné par les phéromones - l'hormone du désir sexuel. 

Après, quand on connaît bien son partenaire et qu'on a appris à l'aimer pour ses qualités de coeur, qu'on a bâti une histoire commune, le physique prend un rôle secondaire. Si Chouchou était défiguré demain, je ne le quitterais pas pour ça, alors que je n'aurais sans doute jamais couché avec lui s'il avait déjà été défiguré quand je l'ai rencontré. 

Cela dit, il peut arriver aussi qu'on soit très attiré par quelqu'un avec qui ça ne collera pas du tout sur le plan horizontal, sachant en outre les gens les plus beaux et les plus courtisés sont ceux qui ont tendance à donner le moins en la matière (sans doute estiment-ils que leur seule présence dans votre lit est un cadeau suffisant!). Si Hugh Jackman veut me prouver le contraire, je suis joignable par mail à l'adresse mentionnée dans la colonne de droite. 

J'aurais donc tendance à dire que l'attirance physique est une condition préalable nécessaire mais pas suffisante. Pour que le couple fonctionne, il faut en plus une compatibilité à long terme, d'abord sexuelle, puis à tout un tas d'autres niveaux intellectuels et affectifs.

Une copine demandait l'autre jour sur Facebook ce qu'on penserait du cas d'une personne qui nous connaît depuis un moment et qui ne se décide à nous draguer qu'après qu'on ait perdu 30 kilos. Personnellement, à moins que cette personne m'apparaisse comme archi-superficielle de manière générale, ça ne me rebuterait pas. Et vous, qu'en pensez-vous? L'attirance physique vous semble-t-elle indispensable ou pas pour former un couple? 

Funambuline

mercredi 29 décembre 2010

Ah oué, quand même

Voici le dernier paragraphe que j'ai traduit aujourd'hui:

"Au début, quand j'essayais de les branler en même temps, je n'y arrivais pas. Je n'arrivais pas à partager mon attention entre eux de manière égale; or, mieux vaut être concentrée quand on manipule ce qu'un homme a de plus fragile. Mais l'entraînement a fini par payer, et maintenant, ma technique est au point. J'ai enfin trouvé un domaine dans lequel je suis ambidextre."

C'est vraiment une bonne chose que je n'aie pas d'enfants. J'aurais beaucoup de mal à leur expliquer comment Maman gagne sa vie.

dimanche 1 août 2010

Une réflexion en passant

Quand j'ai commencé à traduire de l'heroic fantasy, j'ai arrêté les jeux de rôles parce que j'avais trop l'impression d'être encore en train de bosser le week-end.

Là, ça fait deux mois que je planche sur un bouquin composé à 80% de scènes de cul débridées (au programme de demain: ma première copulation zoophile, youhou!), et j'ai peur pour ma vie sexuelle.

jeudi 22 juillet 2010

Dilemme de traductrice

Je souffre.

Pour faire plaisir aux fans, à l'éditeur et aussi, accessoirement, à mon banquier et à mon dealer de chaussures, j'ai accepté de traduire le tome 12 de Série Préférée, un monstre de près de 2 millions de signes, en quelque chose comme deux mois et demi. Ce qui aurait été assez peinard si un certain nombre de facteurs ne s'étaient pas ligués contre moi. En tête: la chaleur étouffante dans notre appartement et... une tripotée de scènes de fesses toutes plus elliptiques les unes que les autres.

Passe encore que la description de chaque geste et chaque sensation prenne un paragraphe entier, dans lequel reviennent sans cesse les mêmes mots (ce qui ne gêne pas trop en anglais mais devient vite lourdingue en français). Non, ce qui me hérisse le poil, c'est que l'auteur n'emploie pas un seul terme anatomique. On est dans le registre BDSM orgiaque, avec des situations incroyablement osées, mais le sexe de l'héroïne n'est jamais appelé que "down there" ou autre formule équivalente, son clitoris "this special spot"... Quant au pénis de ses nombreux partenaires, il est assimilé à toute leur personne ("he was swollen") ou à ses caractéristiques physiques ("his hardness").

Ne pouvant soupçonner l'auteur de pudibonderie, j'en suis réduite à penser qu'il existe une raison logique à son choix de vocabulaire. Si elle utilisait certains mots, ses romans seraient peut-être considérés comme du porno et classés dans un rayon pas franchement grand public, ce qui pourrait nuire à ses chiffres de vente. J'avoue que sur ce point, je ne connais pas les usages en vigueur aux USA.

Bref, je ne la blâme pas, mais ça ne me facilite pas vraiment le boulot. Je ne peux pas rester aussi vague qu'elle, et je ne veux pas employer des mots d'argot car cela changerait complètement le ton de la narration. J'essaie donc de m'en tenir aux termes anatomiques susmentionnés... tout en ayant conscience que, dans l'intérêt de la fluidité de la lecture en français, je m'éloigne de l'original. Mon boulot consiste aussi à faire des choix, mais comme la traduction n'est pas une science exacte et qu'il y a rarement de solution unique à un problème donné, je peux être certaine qu'à un moment où à un autre, quelqu'un contestera ma décision et m'accusera d'avoir fait du mauvais travail. C'est la vie.

Dernier dilemme en date: l'héroïne couche avec un homme qu'elle vouvoie en français, bien qu'il soit son amant régulier (un choix que j'ai déjà dû justifier à peu près un million de fois). Dans le feu de l'action, elle crie "Fuck me". Alors, je traduis par "Baise-moi" ou "Baisez-moi"? Malgré la rupture de continuité, je vais opter pour la première solution, parce qu'il me semble que les circonstances sont assez intimes pour justifier une petite entorse aux règles de la bienséance. Mais je suis à peu près certaine que dans les semaines qui suivront la publication du bouquin, je vais recevoir des mails disant "Oui alors c'est quand même bizarre, elle le vouvoie avant et après mais pas pendant, je ne trouve pas ça très logique...". Si quelqu'un a les coordonnées d'Arielle Dombasle et de BHL, ça m'arrangerait qu'ils puissent me filer un mot d'excuse.

lundi 31 mai 2010

Imaginales 2010: impressions après refroidissement


Bien sûr, c'était pas le FSO.

D'abord, on n'a pas crevé de chaud et passé notre temps à chercher de l'ombre ou à piquer le parasol des voisins, parce que les Vosges fin mai, c'est pas la Provence en juillet, même si on a eu beau temps presque tout du long.

Ensuite, on n'a pas campé sur les remparts dans des sacs de couchage poussiéreux et mangé des salades de thon en boîte pendant quatre jours: on a dormi au charmant et très abordable Hôtel Azur et fait bombance au resto à chaque repas (sauf pour le pique-nique de spécialités régionales où on a fait bombance assis dans l'herbe avec des assiettes en carton, un unique couteau en plastique et pas assez de pain, mais c'était chouette quand même).

On n'a pas baisé furieusement à quatre pattes dans des douches communes à moitié inondées ou au milieu de la forêt avec des aiguilles de pin qui nous rentrent dans les fesses et les genoux et les copains qui matent par les meurtrières sans qu'on s'en rende compte: on s'est contentés, en vieux couple paresseux, d'un câlin matinal dans les draps en désordre.

Au lieu d'enchaîner des jeux de rôles dont le scénario nous avait été livré à l'heure où la partie était censée commencer, on a assisté à une table ronde sur le thème "La violence dans la fantasy", écouté Editeur Préféré récapituler la belle aventure qui est la nôtre depuis 10 ans (et fêté ça avec du champagne et de délicieux petits fours) et apprécié les confidences de Jacqueline Carey sur sa géniale série "Kushiel".

Au lieu d'acheter un Xème supplément pour "L'Appel de Cthulhu" ou une superbe mais quelque peu encombrante hache de bataille en latex, on s'est fait dédicacer des bouquins par des auteurs qu'on aime déjà bien ou qu'on voudrait découvrir: Jacqueline Carey, donc, mais aussi Gudule, Jeanne A. Debats, Maïa Mazaurette ou Don Lorenjy. On a hésité à investir dans "Le déchronologue" ou "Les lames du cardinal" parce que bon, valise déjà trop pleine et compte en banque plus assez.

A première vue, non, ces Imaginales n'avaient pas grand rapport avec la manifestation culte qui a marqué la fin de mon adolescence et le début de mon âge adulte.

Pourtant...

Pourtant dans les deux cas, l'esprit était le même. Ce week-end, des potes qui vivent aux quatre coins de la France le reste de l'année se sont retrouvés pour partager, en plus d'une passion, le plaisir d'être ensemble. Loin de leur quotidien, dans une bulle qui n'a duré que quelques jours et dont ils sont ressortis aussi crevés que ravis avec des souvenirs plein la tête.

...Et une seule envie: remettre ça l'année prochaine.

vendredi 30 avril 2010

Il faudrait qu'on m'explique...

Je ne suis pas bien sûre de comprendre le battage médiatique qui entoure l'affaire Ribéry et Cie. J'ai beau tourner et retourner chacune des composantes de cette histoire dans tous les sens, je ne vois pas de quoi il faudrait que je m'offusque.

Un footballeur de l'équipe de France s'est tapé une prostituée. So what? La prostitution ne me choque pas si elle relève d'un choix librement consenti. Une femme en détresse qui ne trouve pas d'autre moyen de gagner sa vie; une fille qui préfère, pour le même prix, tailler une pipe à un inconnu en 5 minutes que bosser une demi-journée à l'usine ou derrière une caisse chez Carrefour; une gamine pas spécialement dans la misère mais qui voit là un moyen rapide et facile de se payer un sac Dolce & Gabbana, je trouve ça triste mais pas scandaleux. C'est leur corps, leur vie, leur choix.

Zahia était mineure, OK. Peut-être a-t-elle menti à son client (que j'imagine mal exiger une carte d'identité avant d'ouvrir sa braguette). Et puis de toute façon, en France, l'âge du consentement sexuel est fixé à 15 ans. Elle en avait 17, donc légalement, je ne situe pas trop le problème.

Un sportif censé représenté la France a fauté. Ha ha ha. Notre beau pays a été gouverné pendant 14 ans par un type qui menait une double vie et qui avait une fille cachée avec sa maîtresse, puis pendant 12 ans par un cavaleur notoire. Ne parlons même pas de Nanito 1er dont les frasques extra-conjugales ont fait fuir son épouse n°2. Je m'excuse, mais si on devait établir une échelle de l'obligation de comportement exemplaire, il me semble que le dirigeant d'une nation devrait se trouver plus haut qu'un type qui tape dans un ballon avec une dizaine de ses potes, fût-ce devant des millions de spectateurs déchaînés.

J'ai envie de dire que dans cette histoire, la seule personne qui a le droit d'être vraiment fâchée, c'est Mme Ribéry. Pour le reste, ce serait bien que l'opinion publique se mêle de ses affaires - ou, si elle tient absolument à s'émouvoir, qu'elle le fasse pour un truc qui en vaut la peine, genre la marée noire dans le golfe du Mexique.

vendredi 9 avril 2010

La minute coquine

Comme Maïa Mazaurette qui a attiré mon attention sur cette boutique en ligne, je n'ai jamais porté de cache-tétons (ils me font un peu le même effet que les menottes en fourrure: trop soft pour moi! ^^), mais je serais prête à essayer si on m'offrait ceux-là:



Autant les coeucoeurs ou les pampilles qu'on trouve dans les sexshops de luxe ne me tentent guère, autant je fantasme total sur l'idée d'avoir des yeux au bout des seins. Ou un Pacman et un fantôme rouge. Ou des champignons de Super Mario. Ou des revolvers. Ou des croissants. Allez faire un tour chez Lady Tornade, ça vaut franchement le détour!

samedi 20 mars 2010

Où Dumbo se trouve un nouveau passe-temps

Entre Dumbo et nous, tout avait pourtant bien commencé.
Quand nous avons emménagé dans notre nouvel appartement, il a gentiment accepté de nous donner accès à son wifi en attendant que Belgacom se décide à installer le nôtre (ce qui a pris plusieurs mois).
Quand il a décidé d'apprendre à jouer de la guitare, Chouchou et moi nous sommes payé plusieurs gros fou-rires à l'écouter massacrer quelques classiques du genre.
Quand il s'est enfermé hors de chez lui, je l'ai aidé à tenter de forcer sa porte. Sans succès, certes, mais c'est l'intention qui compte. En attendant que sa mère arrive avec une deuxième clé, je lui ai fait la conversation chez nous et offert un jus de fruit. Il m'a dit qu'il avait eu un chat dans sa Slovénie natale, et j'ai pensé qu'on pourrait peut-être lui confier le soin de veiller sur Scarlett et Copernique durant nos absences de courte durée.

Et puis en décembre, le week-end où ont commencé les vacances de Noël, Dumbo a invité tous ses potes à faire la teuf dans son duplex. Une bande d'ados bourrés et stoned, ça fait un raffut de tous les diables, surtout dans un vieil immeuble où les bruits résonnent. Chouchou voulait appeler la police pour y mettre un terme. J'ai joué les conciliatrices: "C'est la première fois que ça arrive, et puis on a été jeunes nous aussi. Ca nous est arrivé de faire du bruit, et on a été bien contents que les voisins ne nous envoient pas les flics, non?"
Vers quatre heures du matin, alors que le vacarme ne faisait pas mine de se calmer et que je ne parvenais pas à fermer l'oeil, j'ai commencé à regretter mon indulgence. Vers huit heures du matin, quand Dumbo & Cie ont descendu leurs poubelles de bouteilles vides en hurlant, j'étais limite prête à réclamer leur expulsion vers leur pays natal.
Quand j'ai croisé Dumbo dans l'escalier quelques jours plus tard, il s'est excusé pour le bruit. Entre-temps ma colère était retombée, et je lui ai juste dit: "S'il y a une prochaine fois, ce serait sympa de nous prévenir à l'avance."
En vertu de quoi, mi-janvier, Dumbo est venu m'informer que le samedi soir suivant, il fêterait son anniversaire. Argh. Mais bon, me suis-je dit, au moins, on aura la paix pendant les onze mois suivants.
Que nenni. Mi-février, le soir où je suis rentrée de Monpatelin et où, mon avion ayant du retard, je suis arrivée à l'appartement vers deux heures et demie du matin, les murs de l'immeuble vibraient sous l'effet des basses qui s'échappaient du dernier étage.
Trois fois en moins de deux mois, ça commençait à bien faire. "La prochaine fois, j'appelle la police direct!" a menacé Chouchou. J'ai suggéré une solution plus diplomatique: aller voir la proprio et lui demander d'en toucher deux mots à Maman Dumbo afin qu'elle mette un terme aux ardeurs musico-biéro-jointesques de son rejeton.
Lundi, la proprio est passée me voir pour me demander si son avertissement avait porté ses fruits. J'ai répondu qu'en tout cas, il n'y avait plus eu de bordel depuis un mois. Satisfaites, nous avons considéré l'affaire comme classée.

Et puis jeudi soir, lorsque Chouchou et moi sommes allés nous coucher vers minuit et demie, un bruit étrange, sorte de grincement rythmique et persistant, s'est fait entendre dans un coin du plafond de notre chambre. Un peu interloqués, nous nous sommes interrogés sur sa provenance. Mais au bout de quelques minutes, le bruit s'est tu.
J'avais à peine lu quatre pages supplémentaires de mon bouquin quand le grincement a repris. Beaucoup plus fort, cette fois. "Mais... il est en train de s'envoyer en l'air!" s'est exclamé Chouchou. Hypothèse rapidement confirmée comme des chocs répétés, semblables à ceux que produit une tête de lit en heurtant un mur, venaient s'ajouter au grincement initial. Dumbo remettait ça avec toute la fougue de ses... quoi, 17, 18, 19 ans?
Il ne lui avait pas fallu cinq minutes pour récupérer.
Sale jeune, va.

lundi 15 mars 2010

De la pédophilie chez les prêtres catholiques

(Juste après le maquillage à deux roubles, ça calme, hein!)

Suite à cet article, plusieurs de mes amis Facebook se sont lancés dans un mini-débat sur le thème: "Dire que le célibat conduit à la pédophilie, c'est n'importe quoi. Si j'ai envie de sexe, je m'adresse à un autre adulte consentant et puis c'est tout!".

Le problème me paraît un peu plus compliqué.

Affirmer que le célibat n'a aucune influence sur les tendances pédophiles importantes - c'est-à-dire supérieures à celles constatées parmi la population générale - au sein du clergé catholique revient à admettre, soit que les pédophiles sont attirés en masse par la prêtrise (et je ne suis pas sûre de comprendre pourquoi ce serait le cas), soit qu'un autre aspect de la vie de prêtre les pousse à développer ces tendances (et je ne vois pas bien non plus lequel).

Je pense plutôt que la chasteté contrainte et forcée pervertit les repères sexuels. Que se tourner vers des enfants (chose qu'une bonne partie de ces prêtres n'auraient sans doute jamais envisagé de faire s'ils avaient eu une vie amoureuse normale) est peut-être une façon d'assouvir des besoins insupportablement réprimés avec quelqu'un qui ne paraît pas "dangereux" vis-à-vis du voeu lui-même et des risques de dénonciation. Une femme adulte pourrait s'offusquer et parler, alors qu'un enfant est une proie facile et, d'une certaine façon, "sous le radar".

D'ailleurs, les criminels a priori hétéros emprisonnés à vie ne finissent-ils pas, pour une bonne partie, par s'adonner à des pratiques homosexuelles parce que c'est tout ce qui leur est accessible? Dans un tout autre registre, quand les secours tardent trop, n'arrive-t-il pas que les survivants d'une catastrophe finissent par manger la chair des victimes mortes, alors que le cannibalisme est un tabou si profondément ancré dans notre société? Notre corps a des besoins qui, s'ils ne sont pas satisfaits, peuvent finir par rendre dingo certaines personnes et leur faire oublier toute notion de moralité. Nous sommes avant tout des animaux; je crois que nous avons un peu trop tendance à l'oublier.

mardi 9 février 2010

Je ne sais pas si "rigolo" est le terme le plus approprié

Pour l'année 2010, j'ai adopté l'agenda réalisé par Pénélope Bagieu, dans lequel l'auteure propose chaque semaine de compiler une liste différente. La première, bien entendu, s'intitulait "Les choses que j'aimerais faire d'ici un an". Ensuite, "Les choses que les gens aiment chez moi" (et là, passé "mes madeleines au chocolat" et "mon flair pour choisir des cadeaux", j'avoue que j'ai séché complètement!). "Mes mauvaises habitudes" s'est remplie tout seule en un clin d'oeil; "Les plus jolies choses dans mon physique" va rester lamentablement bloquée à 5 items, dont "mes chaussures" (...). "Les célébrités avec qui j'aimerais bien coucher au moins une fois" m'a demandé plus de réflexion qu'on ne pourrait croire. "Les animaux que j'aurais dans mon zoo privé" ne m'a pas inspirée plus que ça. Et cette semaine - à cause de la Saint-Valentin qui approche, j'imagine -, je suis arrivée à "Les endroits rigolos où j'ai fait l'amour". Believe it or not, malgré une vie amoureuse assez mouvementée, il a fallu que je me creuse la tête pour déterrer quelques souvenirs croustillants de ma mémoire. Here goes!

- Dans l'escalier de secours de mon immeuble quand j'avais 18 ans. (Et je me suis fait gauler par mon père qui descendait chercher le pain pour accompagner le gigot d'agneau dominical. Grand moment de solitude, surtout pour lui.)
- Sur la couchette supérieure d'un train de nuit. (Et j'en ai gardé une belle bosse à l'arrière du crâne. C'est pas haut, la couchette supérieure d'un train de nuit.)
- Dans une voiture en train de rouler. Avec le chauffeur. (Oui, c'est très con et très dangereux.)
- Dans le lit de l'écrivain Robert Harris. (Mais pas avec lui.) Et sur l'îlot central en pierre de lave de sa cuisine. Et sur les chaises longues en bois précieux au bord de sa piscine à débordement.
- Debout contre le bar d'une boîte échangiste.
- Dans la nacelle d'une grande roue. De plusieurs, même.
- Au milieu des autels du temple de Fushimi Inari, à Kyoto. (Et le lendemain, j'avais les jambes couvertes de minuscules boutons rouges qui démangeaient atrocement, à cause des araignées qui infestaient l'endroit: le dieu-renard s'était vengé!)

Par contre, je ne fais toujours pas partie du mile-high club. Une lacune à laquelle il faudra remédier lors d'un prochain vol long courrier. Et vous, des lieux de galipettes insolites à avouer?

mardi 20 octobre 2009

Le (mauvais) sens du timing de madame Mère

Pendant des mois - que dis-je? des années -, j'ai fait le forcing auprès de mes parents pour qu'ils prennent un abonnement à Internet. Argument massue: "On pourra utiliser Skype pour se parler et même se voir, ça vous fera faire de méga-économies de téléphone".

Ils ont mis le temps à se décider, mais depuis, qu'est-ce qu'ils se rattrapent! Surtout Mère. Désormais, à toute heure de la journée, alors que je suis en train d'essayer de battre le record hallucinant de LaContradiction à Bubble Spinner de peiner sur une traduction difficile, une petite fenêtre s'ouvre subitement sur mon écran tandis que retentit une sonnerie impossible à ignorer. Et dans la seconde suivante, une voix guillerette s'exclame: "Allô Zouzou? C'est maman." Quinze ans que je bosse à la maison; pourtant, elle n'a toujours pas compris que je ne passe pas mes journées à glander, que je ne vole pas les milliards de paires de pompes qui encombrent mes placards, et que non, Air France ne me fait pas cadeau de mes billets d'avion à destination des USA ou du Japon parce que j'ai une tête sympathique: je paie tout ça avec les sous gagnés à la sueur de mes petits neurones. Si si. Mais allez expliquer ça à une retraitée un peu désoeuvrée et notoirement dans la lune...

Ainsi, tout à l'heure, je me débattais avec une difficulté assez particulière. J'étais en train de traduire une scène de triolisme dans laquelle l'auteur réussit le tour de force de n'employer aucun terme anatomique et encore moins argotique, ce qui fait quelque peu pudibond en anglais et carrément ridicule en français. L'héroïne se trouvait coincée en sandwich entre ses deux partenaires masculins, un qu'elle chevauchait et l'autre qui tentait, mesdames-messieurs, de s'introduire dans "un orifice qu'elle n'était pas prête à lui concéder". Faute d'y avoir accès, le malheureux se contentait de "faire glisser sa raideur entre ses fesses humides" alors qu'elle n'avait pourtant "pas encore connu la libération".

J'étais en train de me dire, premièrement que c'est bien hypocrite de ne jamais écrire le mot "bite" ou simplement "pénis" alors que la demoiselle se livre régulièrement à des orgies nécrophiles; deuxièmement, que dans les mêmes romans, on trouve des descriptions de scènes de crime épouvantables - et franchement, qu'est-ce qui est plus choquant pour vous: un gamin démembré avec les tripes à l'air, ou trois adultes consentants qui s'envoient joyeusement en l'air? Bref, je suais sang et eau pour rester dans le ton et narrer une double pénétration avec le vocabulaire de la comtesse de Ségur quand la sonnerie désormais familière a retenti et la voix de Mère claironné: "Allô Zouzou? Je comprends pas ce qui se passe, ma webcam marche pas!"

Cette femme a pris 26 kilos et hurlé autant d'heures sur un lit d'hôpital pour me mettre au monde. En outre, elle a réussi le tour de force de ne pas me passer par la fenêtre de notre appartement situé au 12ème étage quand j'étais ado et que je lui en faisais voir de toutes les couleurs. Il y a des jours où c'est vraiment la seule chose qui me retient de l'envoyer bouler.

vendredi 11 septembre 2009

De la séduction

Certaines de mes amies, et amies d'amies, se sont récemment montrées plus ou moins dénudées sur leur blog. Les photos étaient très jolies, de bon goût, et on n'y voyait pas leur visage. Pourtant, même si j'étais aussi bien foutue qu'elles, il ne me viendrait pas à l'esprit de les imiter. Pas par pudeur, un sentiment qui m'est passablement étranger. Simplement parce que (et c'est un peu un choc pour moi de m'en rendre compte) j'ai cessé depuis un petit moment de jouer la carte de la séduction dans mes rapports avec les autres.

La faute en incombe sans doute partiellement au traitement hormonal qui flingue ma libido depuis deux ans et demi. Mais je sais qu'il n'y a pas que ça. La séduction, c'est l'arme que j'utilisais pour me valoriser quand j'avais l'impression de ne pas avoir grand-chose d'autre à offrir, de ne pas être assez aimable au sens étymologique du mot pour susciter un intérêt - et à plus forte raison un intérêt durable. Sur le coup, je prenais ça pour un plaisir narcissique, ce qui me semblait très sain; en vieillissant, j'ai réalisé que ça n'était qu'un piège et que je donnais de moi une image fâcheusement tronquée, voire carrément faussée. Le fait d'être en couple durable m'a sûrement bien calmée aussi: je sais que mon amoureux me trouve désirable, et cela suffit à ma vanité.

Les autres gens que je rencontre, je ne cherche plus à les charmer. J'essaie d'être moi-même, de montrer que j'ai de l'humour, de la culture et de la compassion. Si mes plaisanteries ne font pas rire mon interlocuteur, si nous n'avons pas de références communes, si ma bienveillance lui paraît mièvre, il n'est de toute façon pas utile que nous développions une relation. Et mon ego se passe très bien de la certitude que si je voulais, je serais capable de lui donner une érection. Dans les bons jours, j'aime y voir une forme de sagesse. Dans les mauvais jours, je songe avec une pointe de nostalgie que flirter avec des gens sans avoir nécessairement l'intention d'aller plus loin était tout de même bien agréable.

NB: Il va sans dire que tout ce qui précède ne concerne que moi, et que je ne présume absolument pas des motivations personnelles des amies ou amies d'amies évoquées en début d'article ^^

jeudi 29 mai 2008

20 vs. 40: ce qui a changé

L'autre jour avec Soeur Cadette, on listait les raisons pour lesquelles on se sentait mieux aujourd'hui qu'à 20 ans. Here goes:

A 20 ans, j'essayais de suivre la mode au mépris de mes limitations financières et de mes défauts physiques. Ainsi me suis-je trimballée un moment avec un perfecto Schott marron qui pesait sept ou huit kilos, donnait l'impression que j'étais aussi large que haute et avait allégé mon compte en banque de 3000 francs (dans les 450 euros de maintenant). Je ne vous parle pas de ma salopette en jean délavé, extrêmement seyante sur silhouette de Barbamama, ni des bottes sudistes à bout carré qui me comprimaient affreusement le pied. J'avais décidé que j'étais une fille rock'n'roll and by Jove, j'allais en arborer toute la panoplie coûte que coûte.
A (presque) 40 ans, j'ai appris qu'il n'y a pas de filles parfaitement foutues: juste des filles qui savent s'habiller. Désormais, je compose avec mes défauts physiques. Oui aux robes et aux jupes longues qui camouflent mes jambes grassouillettes; non aux pantacourts qui les raccourcissent visuellement et accentuent encore la circonférence de mes mollets. Oui aux compensées qui donnent de la hauteur et du galbe; non aux ballerines qui malgré leur mignonnitude me filent l'allure d'un Culbuto. J'ai fait mon deuil d'un certain nombre de choses: les cols en V et les cache-coeurs qui rapetissent encore ma poitrine symbolique, les pantalons à pinces qui pochent sur mes cuisses, les tops droits qui coincent immanquablement au niveau des hanches et blousent dans le dos. Je connais les marques dont les fringues me plaisent et me vont bien, et les boutiques que je ne dois pas approcher à moins de cent mètres sous peine de me faire mal au coeur ou de commettre une grave erreur d'achat.
A 20 ans, je ne supportais pas que mes amis fassent un pas sans moi. Ma phrase fétiche, extraite de "L'invitée" de Simone de Beauvoir, était d'ailleurs: "Ailleurs, quelque chose était en train de vivre sans elle, et il n'y avait que cette chose-là qui comptât". Après une enfance et une adolescence extrêmement solitaires, la moindre peccadille suffisait pour que je me sente rejetée. Les événements auxquels je n'assistais pas prenaient des proportions mythiques dans ma tête, et j'enrageais très longtemps de les avoir ratés.
A (presque) 40 ans, je suis de moins en moins dépendante des autres affectivement. Si j'ai l'occasion de faire une sortie, une soirée ou un voyage avec les gens que j'aime, je m'en réjouis et tente d'en profiter au maximum. Le reste du temps, je n'y pense juste pas. Je sais qu'il y aura d'autres occasions, d'autres moments à partager, et que ceux qui se déroulent sans moi ne sont pas nécessairement pile ceux qu'il aurait fallu ne pas rater!
A 20 ans, je mettais tous mes problèmes sur le dos de mes parents, de l'éducation que j'avais reçue, de la loterie génétique qui ne m'avait pas gâtée, de mes profs incompétents, de mes camarades de classe stupides, de la société pourrie dans laquelle j'étais forcée de vivre, etc etc. Au lieu de chercher des solutions, je ruminais ma rancoeur envers le reste du monde.
A (presque) 40 ans, il y a longtemps que j'ai appris à assumer mes responsabilités. Du temps où je vivais aux USA, j'ai lu un bouquin de David Burns dont j'ai fait mienne la philosophie: en gros, on ne maîtrise pas nécessairement ce qui nous arrive, mais on est seul à décider de la façon dont on va y réagir. Concrètement, on ne peut pas éviter un licenciement économique, mais on peut le traiter comme une opportunité de trouver un boulot plus agréable ou mieux payé au lieu de se poser en victime des circonstances. Depuis, je ne perds plus beaucoup de temps à m'apitoyer sur moi-même: après m'être accordé un peu de temps pour chouiner symboliquement, je m'attaque à la résolution du problème.
A 20 ans, je ne baisais pas pour moi mais pour mon partenaire. Je n'avais encore jamais eu d'orgasme avec personne hormis moi-même, et pas étonnant: tout ce dont je me souciais, c'était de prendre des positions visuellement bandantes et de déployer des trésors de technique pour que le monsieur époustouflé par mon savoir-faire me range aussitôt dans la catégorie des bons coups. Je n'avais par ailleurs pas vraiment identifié les choses capables de me faire jouir, et aurait donc été bien en peine de les indiquer à quelqu'un. Simuler me paraissait beaucoup moins compliqué.
A (presque) 40 ans, je continue à jouer les stars du porno au début d'une relation. Mais très récemment, j'ai aussi appris à me laisser aller, à ne pas me crisper au-delà de tout espoir de grimpette aux rideaux juste parce que mon épilation n'était pas nickel ou que ma dernière douche remontait à plus d'une heure. J'ai découvert qu'entre le missionnaire expédié à la va-vite et la totale Disneyland avec parade et feu d'artifice, il y avait moyen de s'amuser sans prétentions acrobatiques et en toute décontraction. Il était temps...
A 20 ans, j'étais attirée par les bad boys, les mecs entourés par une aura d'indifférence ou de danger. Les gentils garçons m'ennuyaient à mourir. Je pensais que si je ne souffrais pas, ce n'était pas vraiment de l'amour. Les sentiments tiédasses, la relation de petit couple plan-plan, très peu pour moi.
A (presque) 40 ans et après bien des histoires désastreuses avec des hommes pas du tout faits pour moi, j'ai réalisé que les gentils garçons n'étaient pas tous des bonnets de nuit; que se montrer attentionné envers moi n'était pas forcément synonyme d'absence de jugeotte, de culture ou de fantaisie; que se réveiller tous les matins lovée contre son meilleur ami valait quand même mieux que de se faire lentement détruire par son meilleur ennemi; et que l'harmonie au quotidien ne virait pas nécessairement à Waterloo morne plaine.
A 20 ans, je me souciais énormément de l'opinion qu'on pouvait avoir de moi. J'essayais de me conformer aux attentes de mes parents, de mes profs, de mes chefs, de mes amis. Résultat: des études que je n'ai pas choisies et qui ne m'ont servie à rien, un début de vie professionnelle qui m'a poussée au bord du suicide, une tripotée de déceptions affectives contre lesquelles je ne parvenais pas à me blinder, et le sentiment désagréable de ne jamais être à la hauteur.
A (presque) 40 ans, je me moque totalement de l'image que je renvoie. J'essaie de vivre en accord avec ma nature et mes principes. Les gens à qui ça ne convient pas n'ont de toute façon rien à foutre dans mon carnet d'adresses, non parce que ce sont de mauvaises personnes mais parce que nous sommes socialement incompatibles. Ca n'a pas été facile, mais je crois que mes parents ont fini par comprendre que ma vie bizarre me rendait heureuse, et ils m'aiment suffisamment pour l'accepter même si ça les dépasse. Et j'ai la chance d'avoir un métier où, tant que je fais du bon boulot, tout le monde se fout de mon apparence et de ce que je fiche avec ma vie privée.
A 20 ans, j'avais, comme tout le monde, le physique que m'avait accordé Mère Nature. J'étais juste un peu boulotte et très complexée. Dans mes rapports avec les autres, je ne savais pas jouer sur un autre registre que celui de la séduction, et j'en faisais des tonnes pour qu'on me trouve sexy.
A (presque) 40 ans, j'ai, comme tout le monde, le physique que j'ai mérité. Je suis très boulotte et juste un peu complexée. Ma peau blanche m'a obligée à éviter le soleil, si bien que le tour de mes yeux est miraculeusement épargné par les rides. Sous ma teinture, j'ai moins d'une douzaine de cheveux blancs au dernier recensement. J'ai appris à tolérer les défauts de mon corps et à les camoufler le mieux possible, même si j'avoue que certaines photos peu flatteuses ont encore le don de me plonger dans le désespoir - pas au point, néanmoins, de me couper l'appétit plus de quatre heures. J'ai déplacé mes rapports avec les autres sur le terrain de l'authenticité et de la franchise, et désormais, quand je joue de séduction, c'est seulement sur un plan intellectuel.
A 20 ans, j'étais dépensière et endettée. Chaque fois que j'allais mal, j'essayais de me remonter le moral en effectuant une multitude d'achats inutiles. Et j'allais souvent mal.
A (presque) 40 ans, je suis toujours dépensière mais dans la limite de mes moyens, qui ont considérablement augmenté entre-temps. Je suis l'heureuse détentrice d'un crédit immobilier; je cotise dans la tranche maximum pour ma retraite complémentaire obligatoire et j'ai souscrit une retraite facultative que j'alimente tous les mois sans faute. Après, OK, je claque tout ce qui reste. Mais mourir riche ne m'intéresse guère. J'ai plus ou moins cerné les déclencheurs de mes crises de shopping-ite aigues et la plupart du temps, j'arrive à les désamorcer.
A 20 ans, je détestais la noix de coco, la salade verte, le thé et le vin, les ris de veau, les coquilles Saint-Jacques et les crustacés. Je ne savais pas faire la cuisine et me nourrissais essentiellement de soupes chinoises déshydratées.
A (presque) 40 ans, je fourre de la roquette dans tout, bois au moins un litre de sencha par jour, garde un souvenir ému du Haut-Brion 65 dégusté pour le mariage du demi-frère de l'Homme et commande systématiquement les coquilles Saint-Jacques ou les ris de veau quand il y en a sur la carte d'un restaurant. J'adore les cuisines inventives qui utilisent des céréales rares, des épices exotiques, et qui mélangent le salé et le sucré. Je suis capable de préparer quelques spécialités délicieuses et d'improviser un bon petit repas équilibré avec les restes du frigo.
A 20 ans, je ne supportais pas les chats et pensais qu'un animal en appartement, c'était le diable.
A (presque) 40 ans, j'ai eu successivement 7 chats dans ma vie. Ils saccagent mon mobilier et ma moquette en se faisant les griffes dessus, empuantissent la cuisine avec leur litière - quand ils ne déposent pas leurs crottes à côté pour signifier que le bac est insuffisamment propre à leur goût, sèment leurs poils partout sur mon canapé et sur mes fringues, posent problème chaque fois que je veux partir en vacances. Et je ne conçois plus ma vie sans eux.
A 20 ans, je ne voulais pas d'enfants et tout le monde me répétait d'un air entendu: "Tu verras, tu changeras d'avis".
A (presque) 40 ans, j'ai bon espoir qu'on arrête bientôt de me casser les noix avec la question de la maternité. Alors, c'est moi qui pourrai ricaner: "Vous voyez, je n'ai pas changé d'avis".

mardi 22 avril 2008

La vérité toute nue sur l'épilation du maillot brésilien

Armalite dit :
en ce moment tout ce que j'ai de l'agneau c'est la toison ha ha ha
Armalite dit :
faut vraiment que je me trouve une esthéticienne à bruxelles
M&M's dit :
ce qui est ardu parce que... ?
Armalite dit :
as-tu déjà tenté ce rituel barbare qu'est l'épilation du maillot brésilien?
M&M's dit :
eh bien, je suis RAVIE que tu lances ce sujet de conversation
M&M's dit :
parce que... eh bien... nan
M&M's dit :
j'y pensais récemment
M&M's dit :
quand mon épilady a failli m'assassiner
Armalite dit :
je n'ai qu'une chose positive à dire en faveur de cette pratique
Armalite dit :
après ça, l'accouchement doit te paraître une promenade de santé
Armalite dit :
et il se trouve que j'ai réussi à trouver une esthéticienne à monpatelin qui me fait ça sans que je hurle à la mort
M&M's dit :
si ça dure longtemps, ça peut valoir le coup
M&M's dit :
donc question... à quelle fréquence tu le fais?
Armalite dit :
ah parlons-en de la durée!
Armalite dit :
les dix premiers jours, un entrejambe de bébé, le bonheur total
Armalite dit :
et les jours 11 à 13: tu te grattes comme une forcenée
Armalite dit :
parce que les poils essaient de crever la peau et que chez moi du moins, ils ont du mal
Armalite dit :
ensuite, jours 14 à 21 ou 30 (selon la vitesse de repousse) : ton minou a le look barbe de trois jours
Armalite dit :
donc en gros j'ai vue vie sexuelle torride dans la semaine et demie après mon rv chez l'esthéticienne
Armalite dit :
les jours 11 à 13 mon copain ne m'approche qu'au péril de sa vie
M&M's dit :
lol
Armalite dit :
(mais il peut réclamer une p'tite pipe, j'suis pas chienne)
Armalite dit :
les jours 14 à 30 c'est contorsions savantes pour cacher la zone problématique
Armalite dit :
"et si je m'asseyais sur toi mais de dos?"
Armalite dit :
"boa non merci pas de cunni aujourd'hui je veux juste m'occuper de toi"
Armalite dit :
tu vois l'idée
M&M's dit :
et en + tu passes pour la fille généreuse qui fait passer l'autre avant
M&M's dit :
ingénieux!
Armalite dit :
et ouééééééé
Armalite dit :
vingt-deux ans d'expérience feront toujours la différence
Armalite dit :
par contre il faut quand même dire
Armalite dit :
qu'au bout d'un certain nombre de fois les poils se clairsèment
Armalite dit :
là j'en ai plus qu'un sur deux qui repousse
Armalite dit :
je pense que je devrais être tout à fait chauve du minou d'ici la ménopause

samedi 19 avril 2008

Après la séance de rangement du samedi matin

MOI: C'est quand même plus pratique d'avoir tous les livres de cul sous la main, non?
HAWK: Ah ben c'est sûr que c'est mieux que d'avoir tous les livres de main sous le cul.

samedi 29 mars 2008

Panne des sens

Très peu de temps après que je sois venue m'installer à Bruxelles, un problème de santé inopiné a fait que notre vie sexuelle jusque là extrêmement intense est tout d'un coup passée au quasi point mort. Imaginez une Ferrari qui ne peut subitement plus rouler qu'en première et vous aurez une petite idée de l'effet produit.

Or, le couple que je forme avec Hawk s'est fondé sur nos libidos hypertrophiées et passablement tordues. C'est d'ailleurs l'une des raisons qui me faisaient redouter la vie à deux. La familiarité et la disponibilité engendrant fatalement une forme d'ennui, je craignais soit qu'on parte dans des délires de plus en plus intenables pour entretenir le désir à toute force, soit qu'on retombe dans l'apathie qu'on avait tous deux connue sur la fin avec nos précédents partenaires. Et qu'on réalise qu'au-delà de notre merveilleuse entente sexuelle, on n'avait finalement pas grand-chose en commun.

C'est tout le contraire qui s'est produit. Oh bien sûr, la frustration n'a pas manqué de pointer le bout de son nez et de provoquer un ou deux accrochages. Mais dans l'ensemble, la situation nous a surtout permis de nous rendre compte que le sexe n'était qu'une toute petite partie de ce qu'on partageait. Que nos sentiments ne dépendaient que très peu de ce que nos corps pouvaient se faire ou non. Que notre relation n'était pas juste basée sur le cul, mais aussi sur l'écoute, la compréhension, le respect des blessures et des blocages de l'autre, un besoin constant de se parler et d'échanger des idées, une envie commune de créer, une dynamique qui fait ressortir le meilleur de chacun de nous et nous donne envie d'avancer en tant que couple et qu'individus.

Et même si je me serais bien passée de le découvrir de cette façon, savoir cela est immensément rassurant.

lundi 18 février 2008

Salon de l'érotisme

Les deux filles saucissonnées shibari, l'une debout les bras attachés dans le dos et l'autre accrochée au plafond, qui jouaient à se rentrer dedans maladroitement: not sexy.
Le chauve en gilet de cuir et chaps assortis qui se baladait dans les allées en exhibant fièrement ses fesses plates et sa petite bite circoncise en forme de champignon: not sexy.
Les très grosses dames aux seins pendouillants en mini-robe rose fluo décolletée jusqu'au nombril et collants résille: not sexy (mais assez décomplexant pour moi qui n'avais pas osé mettre autre chose que des collants noirs opaques sous ma jupe en jean).
La fille aux yeux bandés et à la bouche baîllonnée, qui portait des cuissardes à talons aiguille et qui était menottée à demi nue sur un chevalet: very sexy. Mushroom man qui la badigeonnait d'huile comestible: not sexy.
Les rangées de nuisettes à cinq euros et autres sous-vêtements bon marché en acrylique qui gratte: not sexy. Mais Julie en bustier microscopique et jupette à carreaux ras les fesses: very sexy (avoir 20 ans et peser 49 kilos toute mouillée permet apparemment de sublimer les tenues les plus tacky. Je dis "apparemment" parce que quand j'avais vingt ans, le 4 en chiffre des dizaines sur ma balance n'était déjà plus qu'un lointain souvenir).
Les sextoys fluo alignés par dizaines près de caisses de bites en fourrure aux couleurs de l'arc-en-ciel: not sexy. Le vibro skin touch 7 vitesses: very sexy ; avec le gland qui clignote violet: not sexy at all.
Si on ajoute à ça le fait que plein de gens fumaient alors que je ne supporte plus l'odeur de la clope, et qu'il faisait un froid polaire dans les caves de Cureghem (mais comment faisaient toutes ces filles à moitié dévêtues pour ne pas attraper une pneumonie?), on comprendra que je n'ai pas adoré ma visite au salon de l'érotisme 2008 et que je m'abstiendrai d'y retourner l'an prochain.

dimanche 27 janvier 2008

Amis de la poésie, nous vous souhaitons un bon dimanche

MOI (contemplant le résultat de mes ministrations matinales): Purée!
HAWK: Tu l'as dit...

lundi 12 novembre 2007

Life in Brussels: the reality check

Je pensais que le climat me déprimerait. D'abord, il fait moins froid et moins pluvieux que je ne m'y attendais: juste un vrai temps d'automne avec un ciel souvent couvert, une température qui avoisine les 10°, de petites averses assez fréquentes mais aussi quelques chouettes éclaircies, comme hier matin pendant que nous brunchions au Balmoral avec Chou et Julie. J'ai pris l'habitude de ne jamais sortir sans mon bonnet rayé, de porter des chaussures qui ne craignent pas les flaques et de marcher tête baissée pour ne pas que mes lunettes soient trempées trop vite.
Je craignais que la promiscuité de la vie dans un appartement sans murs me tape rapidement sur le système. Mais non. Je suis désormais blindée contre tous les bruits de toilettes existants... ou presque (notre amour résistera-t-il à la première gastro de l'hiver?). A part ça, j'adore bosser côte à côte avec Hawk, chacun devant son ordi sur la grande table Markör avec une théière japonaise pleine de Fujiyama entre nous et un chat qui tente plus ou moins subtilement de taper l'incruste. J'adore la facilité avec laquelle on accorde nos rythmes de vie, nos besoins et nos envies. J'adore qu'on ait du plaisir à faire même les trucs les plus bêtes ensemble, au lieu de peiner à trouver des sorties qui ne soient pas un immense sacrifice pour l'un d'entre nous comme c'était le cas avec mon ex.
J'avais peur de me languir de mon appart et du Midi de la France malgré mon affection pour Bruxelles. Même pas. De tout ce que j'ai pu laisser là-bas, très peu de choses me manquent, et j'en rapporterai une bonne partie lors de mon prochain aller-retour en avion. Si me retrouver à mille kilomètres de la plupart de mes possessions matérielles m'affecte, c'est de façon très positive. En l'absence de distractions, je peux enfin me concentrer sur ce que j'ai envie de faire et profiter réellement du peu que j'ai sous la main (même si à l'allure où j'écume les boutiques, ce "peu" risque de ne pas le rester longtemps).
J'appréhendais que notre vie sexuelle soit frappée par ce curieux mal qui semble affecter tous les couples cohabitants: plus on a l'autre sous le nez et sous la... main, moins on en profite. Comme si le désir se nourrissait surtout de l'éloignement et des absences, comme si la trop grande disponibilité d'une chose tuait l'envie qu'elle suscite - ou, plus prosaïquement, comme si les mille et unes exigences d'un quotidien partagé étaient vouées à prendre le pas sur les aspects plus "fun" de la relation. Sur ce point-là, je n'avais pas complètement tort. D'un autre côté, la nature désormais plus spontanée, plus improvisée de nos rapports facilite une détente que je n'avais encore jamais atteinte avec mes partenaires précédents.