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jeudi 22 novembre 2018

[BRUXELLES] Blitz Tour à l'Ancienne Belgique: Daho impérial





Je ne suis pas une grande fan de l'AB où, faute de places numérotées, mon mètre cinquante-quatre doit arriver dès l'ouverture des portes pour avoir une chance de se poster à un endroit d'où il distinguera autre chose que les omoplates de son voisin de devant. Mais un concert d'Etienne Daho, même par un soir de novembre glacial, ça ne se refuse pas. Surtout quand on y est invitée alors qu'on ne pensait pas avoir d'occasion de voir l'un des shows de cette tournée - celle de l'album "Blitz" qui est peut-être mon préféré de toute la carrière de l'artiste. Le plus abouti, en tout cas, même s'il est difficile de lutter avec les souvenirs de jeunesse rattachés à "La Notte La Notte", "Pop Satori" et, dans une moindre mesure, "Pour nos vies martiennes" et "Paris ailleurs".

dimanche 5 novembre 2017

Où je surmonte mon angoisse de la foule pour assister (enfin) à un concert de Metallica




Il en a fallu des choses pour arriver au Sportpaleis d'Anvers ce vendredi 3 novembre 2017 aux alentours de 20h20. Il a fallu que, longtemps après que j'avais lâché l'affaire en raison du prix des places et des problèmes techniques du site le jour de la mise en vente, fin mars, Chouchou s'obstine à se connecter et réussisse à nous obtenir deux fauteuils qui me semblaient plutôt mal placés. Il a fallu décider si on louait une voiture pour rentrer à Bruxelles juste après le spectacle, ou si on prenait une chambre d'hôtel à Anvers pour y passer la nuit et profiter d'une journée sur place le lendemain. Il a fallu que j'ignore l'angoisse qui grandissait en moi à l'approche de la date fatidique: la foule m'oppresse de plus en plus en vieillissant, et difficile de ne pas penser à l'attentat de Manchester il y a quelques mois. Je refuse de laisser la peur m'empêcher de faire les choses dont j'ai envie, mais d'un autre côté, j'aime bien arriver à respirer normalement et ne pas me sentir au bord de l'attaque de panique pendant des heures d'affilée. 

dimanche 2 novembre 2014

Etienne Daho: Diskönoir Tour au Cirque Royal


La première fois que j'ai vu Etienne Daho en concert, c'était pendant le Tour Martien. Je devais avoir 18 ou 19 ans, et j'écoutais déjà sa musique depuis plusieurs années. L'album "Pop Satori" avait rythmé ma prépa; j'avais adopté "Paris le Flore" comme mon hymne à la dolce vita étudiante, mi-arty mi-intello. Puis le temps a passé, et si j'ai délaissé beaucoup des chanteurs de mon adolescence, je suis restée fidèle à Etienne. J'ai adoré chacun de ses albums - à l'exception d'"Eden" dont les tonalités électro m'ont rebutée. Ses chansons sont un peu devenues la bande-son de ma vie, surtout "Des attractions désastres", qui parle si bien du désordre des sens, et "L'orage" que j'ai écoutée en boucle à une période où j'étais assez malheureuse. Chaque fois que j'en ai eu l'occasion, je suis retournée le voir sur scène, et je n'ai jamais été déçue. Il y a 6 ans, à l'occasion de l'Obsession Tour, j'ai assisté à son show au Cirque Royal avec Chouchou. C'était notre premier concert ensemble, celui d'un artiste que nous aimions tous les deux, dans une salle à taille humaine et à l'acoustique excellente. Nous en avons passé toute la seconde moitié à danser dans une allée, près de la scène. Alors, quand j'ai vu que le Diskönoir Tour serait de nouveau au Cirque Royal ce 31 octobre, je me suis dépêchée de prendre des places. Ca a même été mon tout premier achat de l'année 2014, dans la journée du premier janvier...

Vendredi soir, donc, nous arrivons à la salle 5 minutes avant l'heure indiquée sur nos billets. Pourtant, la première partie est déjà commencée. Un jeune homme chante en français sur une musique très connotée années 80 (et qui me plaît bien, du coup). "Je m'appelle Thérèse", répète-t-il à plusieurs reprises pendant son set, et je me dis que quand même, ses parents sont cruels. (Plus tard, en surfant sur internet, je découvrirai que son nom est en réalité Perez. Je crois qu'il va être temps d'investir dans un sonotone.) J'ai encore en mémoire les trois premières parties de 2008 qui avaient duré une bonne heure et demie et m'avaient mise au bord de la crise de nerfs; aussi suis-je été très soulagée de voir Etienne Daho monter sur scène un peu avant 20h30. Il attaque sur "Satori Theme" avec quelques grands coups de cymbale. Lunettes noires, costard Saint-Laurent, images en noir et blanc qui défilent sur un écran derrière lui: le ton est donné. Et quand j'entends les premières notes de "Des attractions désastre", la chanson de lui que je préfère entre toutes, je me lève de mon siège dans les gradins et entraîne Chouchou dans l'allée comme il y a 6 ans. Je finis au premier rang sur la droite, avec une excellente vue sur Etienne et largement la place de me trémousser tout mon soûl - l'avantage des concerts où le public se compose essentiellement de bobos enthousiastes mais bien élevés.

Pendant une heure 40 environ, Etienne Daho alterne avec bonheur ses plus grands tubes ("Epaule tattoo", "Tombé pour la France", "Le grand sommeil", "Saudade", "Bleu comme toi", "Heure hindoues", "Comme un boomerang"...), des morceaux moins connus ("Soleil de minuit" ou "Il ne dira pas") et des extraits de son dernier album studio ("La peau dure", "En surface", "L'homme qui marche", "Les chansons de l'innocence"). Il transpire abondamment dans son costume sombre; ses cheveux grisonnent maintenant, et les contours de son visage accusent sa presque soixantaine. Mais il n'a rien perdu de son élégance de dandy de la pop, et si la pure légèreté d'autrefois s'est mâtinée d'une certaine gravité avec l'expérience, je ne crois pas l'avoir jamais vu prendre un plaisir aussi évident sur scène. La scénographie hyper sobre laisse la part belle au son qui, franchement, déménage grâce aux excellents musiciens dont Daho a toujours su s'entourer. Les décennies écoulées n'ont terni ni son sourire en coin un peu timide, ni l'éclat pétillant de ses yeux; elles n'ont pas entamé le mélange de grâce et de sexytude avec lequel ses bras ondulent et son corps svelte se déhanche. Comme la salle refuse de le laisser partir après deux rappels, pour finir, Etienne Daho s'agenouille au bord de la scène et entonne "Week-end à Rome" a capella, en duo avec les centaines de personnes qui viennent de lui faire une longue ovation. Petit moment magique qui me vaudra ma seule photo réussie de la soirée. Ciao, Etienne. On se revoit pour ta prochaine tournée.




lundi 4 novembre 2013

Où je fais intimement connaissance avec la fesse gauche d'Amanda Palmer




Il y a quelques mois encore, je ne savais quasiment rien d'Amanda Palmer à part que c'était Mme Neil Gaiman à la ville. Puis j'ai visionné sa conférence TED qui m'a profondément remuée. Je me suis abonnée à son blog, et j'ai découvert une artiste étonnante - quelqu'un qui refuse le système avec une intelligence émotionnelle assez stupéfiante. Du coup, quand j'ai appris qu'elle passait en concert à Bruxelles samedi dernier, je me suis dépêchée d'acheter deux places sans avoir écouté un seul de ses morceaux... et sans savoir du tout si j'aimerais sa musique. Mais je me disais que même si ça me cassait les oreilles, ce serait sûrement un show mémorable. Et vous savez quoi? Sur le second point, j'avais mille fois raison.




D'habitude, les premières parties m'ennuient toujours. Mais Perhaps Contraption (orchestre de cuivres) et Die Roten Punkte (duo frère-soeur au look goth dont les chansons parlent d'un dinosaure, d'une banane ou d'un bébé robot qui se prend pour un lion) offrent tous les deux une prestation tonique et déjantée. Je n'ai pas fait de concert debout depuis 20 ans au moins; le temps qu'Amanda Palmer entre en scène, je commence déjà à avoir mal au dos et à la nuque à force de me tordre le cou pour tenter d'y voir entre les têtes des gens devant moi - l'inconvénient de ne pas atteindre le 1,60 m même avec les 5 cm de talons de mes confortables boots de moto.


Photo reliée sur le Tumblr d'Amanda Palmer, yay!

Pourtant, dès les premiers accords de "Do it with a rockstar", je commence à sauter dans tous les sens comme tout le monde. Soudain, je perds Amanda Palmer de vue. Où est-elle donc passée? Puis la foule s'écarte devant moi et une petite rousse au dos trempé de sueur se jette à reculons contre moi. Tiens c'est bizarre, on dirait qu'elle a un micro à la m... Elle se retourne en m'agrippant l'avant-bras et continue à chanter en me fixant sans me voir, comme si elle était en transe. Ah, euh, bonjour madame Palmer. Je dois être une des seules personnes dans la salle qui n'est pas en train de hurler les paroles du morceau; c'est très gênant. Alors, je souris bêtement et je tiens son bras en retour pour l'empêcher de s'écrouler en arrière. Une très longue demi-minute s'écroule ainsi avant qu'elle se propulse vers quelqu'un d'autre comme une boule de flipper. (Corynne Charby, sors de ce corps!) Dis donc, c'est physique comme communion avec le public.




Pour "The killing type", elle reste sur scène à hurler, gesticuler et grimacer en brandissant son micro. Ca change un peu des chanteuses en contrôle permanent de leur mignonnitude. Puis elle va se placer derrière son synthé et entame le début d'une mélodie plutôt calme quand tout à coup... son guitariste se lance dans les premières mesures de "Smells like teen spirit". S'en suivent cinq minutes de folie furieuse. Amanda Palmer se jette dans le public qui la porte allongée, d'abord de dos puis à plat ventre, à travers toute la salle sans qu'elle s'arrête une seule seconde d'éructer dans son micro. Quand je vois le mal que j'ai à chanter en position verticale, je ne peux qu'applaudir la performance. Enfin, je l'applaudirais si je n'étais pas occupée à soutenir la fesse gauche de l'artiste tandis qu'elle passe au-dessus de ma tête.

De mon point de vue imprenable, je peux constater combien elle est athlétique malgré son petit gabarit. Ca aide sans doute pour exécuter ce genre de performance. Moi, je fais des bonds dans tous les sens avec le reste du public, mais j'avoue que je crache très vite mes poumons qui n'ont pourtant pas vu une seule volute de fumée de clope depuis presque 8 ans. C'est bien que j'aie décidé de me remettre au sport. Mon pull en angora est roulé en boule au fond de mon sac à main, et je ruisselle quand même de sueur; mon nichon droit (le plus petit mais le plus fourbe, apparemment) tente une échappée de mon débardeur pas vraiment conçu pour une utilisation en conditions aussi extrêmes; j'arrive tout juste à respirer et mon dos commence à me faire un mal de chien. Bref, je passe une des meilleures soirées de ma vie.




Il y aura deux autres reprises marquantes au cours de la soirée. D'abord "Walk on the wild side", en hommage à Lou Reed mort quelques jours plus tôt et qui fut l'une des grandes inspirations d'Amanda (on s'appelle par nos prénoms depuis que ma paume droite a fait intimement connaissance avec la partie la plus charnue de son anatomie). Pour ce morceau, elle s'assied sur un ampli au bord de la scène et confisque le smartphone d'un spectateur qui était en train de la prendre en photo. "Lou would have punched you in the face, you know" ("Lou t'aurait foutu son poing dans la gueule, tu sais") raille-t-elle avant de brandir l'appareil à quelques centimètres de son visage pour réaliser un autoportrait grimaçant. Elle appuie sur un bouton et... oups, l'appareil était en mode vidéo. Elle le restitue très vite à son propriétaire avant de se mettre à chanter. (Un autre spectateur aura moins de chance plus tard, quand elle lancera son smartphone dans sa direction au lieu de le lui restituer en mains propres. Difficile de dire ce qu'est devenu l'appareil dans la cohue.)




Pour sa troisième reprise, Mandy (on devient de plus en plus proches au fur et à mesure que la soirée avance), explique que d'habitude, à Bruxelles, elle fait une reprise de Jacques Brel qu'elle adore, mais que pour ne pas lasser les gens qui étaient déjà là les fois précédentes, elle a choisi quelque chose de différent ce soir. Et elle se lance dans un surprenant mais endiablé "99 luftballons" qui est l'occasion de piquer une nouvelle suée en jouant les pois sauteurs dans la fosse.




Parmi les autres moments mémorables de ce concert, on peut citer le morceau (je n'ai pas retenu suffisamment les paroles pour pouvoir l'identifier a posteriori grâce à mon ami Google, mais une spécialiste me souffle qu'il s'agit sans doute de "Bottomfeeder") durant lequel Amanda enfile une veste munie d'une très longue et très ample traîne multicolore avant de se lancer dans la foule pour un nouvel épisode de crowdsurfing. Son énergie et la confiance qu'elle place en son public sont absolument bluffantes.




Le deuxième tiers du concert, beaucoup plus calme, permet à tout le monde de reprendre son souffle. Amanda reste seule en scène et chante en s'accompagnant au piano ou au ukulélé. Puis le Grand Theft Orchestra revient, accompagné des musiciens  de Perhaps Contraption, pour un dernier tiers de concert et un rappel qui déménagement au niveau du son même si l'Orangerie est une salle de taille très modeste. Je ressors de là lessivée mais ravie.




La musique a tenu une grande place dans ma vie quand j'étais ado et jeune adulte (j'imagine que c'est le cas pour la plupart des gens). Puis plus du tout, au point que depuis quelques années, j'ai pris l'habitude de dire "je n'aime pas trop la musique" comme je dis "je n'aime pas trop le cinéma". Mais samedi soir au concert d'Amanda Palmer, j'avais de nouveau quinze ans et le rock dans le sang. Cette fille est une performeuse exceptionnelle. Si elle repasse en Belgique ou même à Paris, je serai dans la salle.

Toutes les photos ont été prises par Chouchou.
Vous pourrez en admirer d'autres sur son blog, ici

mercredi 27 février 2013

Sigur Ròs à Forest National: grandiose, forcément grandiose




Malgré l'acoustique déplorable de Forest National; malgré le placement libre à cause duquel, arrivés à 20h pile, nous nous sommes retrouvés au deuxième balcon et sur le côté; malgré le trentenaire barbu qui m'a forcée à me lever sept fois en deux heures pour aller se chercher une putain de bière; malgré les flashs violents qui ont presque réussi à m'aveugler sur plusieurs morceaux, le concert que Sigur Ròs a donné hier soir à Bruxelles devant une salle comble était rien moins que grandiose.




Au début du spectacle, la scène est enveloppée d'un rideau de gaze sur lequel sont projetées en ombres chinoises des images difficiles à identifier - de l'infiniment petit agrandi au microscope, peut-être? On se demande si les musiciens vont rester ainsi isolés de leur public pendant toute la soirée. Puis, à la fin du troisième morceau, le rideau tombe brusquement, révélant dix ou douze personnes sur scène et une multitude de petites lumières dispersées telles des étoiles sur fond de ciel nocturne. Tout en haut, un écran horizontal continue à diffuser des bouts de clips monochromes qui ajoutent à l'ambiance étrange.




En principe, dans la musique, ce que je préfère, ce sont les paroles. Or, je ne comprends pas un mot d'islandais. En principe, dans les concerts, ce que je préfère, ce sont les interventions du chanteur entre les morceaux. Or, il n'a pas prononcé une seule syllabe, à part peut-être un "merci" à la toute fin. Pourtant, j'ai passé deux heures quasiment en transe, envoûtée par les mélodies aux sonorités incantatoires et la voix si particulière de Jònsi, prise aux tripes par des basses et une batterie dignes de Muse, hypnotisée par des effets visuels hallucinants.




La setlist enchaîne tous les meilleurs morceaux des premiers albums, faisant presque l'impasse sur le petit dernier Valtari que j'avoue avoir trouvé décevant. L'unique rappel se clôture sur une envolée hallucinante, d'une puissance sonore incroyable. Sigur Ròs, ou comment faire lourd et mélodieux à la fois, comment mélanger électro et violons pour créer un son qui n'appartient à personne d'autre. A voir sur scène, absolument.




mardi 15 juin 2010

Le live de la mort qui tue

Plus je vieillis j'avance en âge, plus la foule m'oppresse. Je fuis la rue Neuve le premier jour des soldes, je dois me forcer pour prendre le métro aux heures de pointe et surtout, ça fait des années que je n'ose plus mettre les pieds dans les concerts de rock. Ou alors, il faut que je puisse avoir une place assise et la certitude de ne pas me retrouver pressée comme un vieux tube de Colgate entre mes voisins. Pour cette raison, je ne serai pas parmi le public du Hellfest samedi soir alors que je REVE de voir Fields of the Nephilim sur scène depuis, boah, à peine un peu plus de vingt ans. Pour cette raison aussi, je n'ai pas osé prendre de place pour Muse au stade de France vendredi dernier. Mais aujourd'hui, en tombant sur cette vidéo, je m'en mords les doigts...

vendredi 10 juillet 2009

Leonard Cohen à Bercy



Mardi soir, à Bercy, la majesté de Leonard Cohen, la voix d'ange de Sharon Robinson, la virtuosité de Javier Mas et des autres musiciens n'ont pas réussi à déchirer le voile noir sous lequel je me débats et suffoque depuis des mois.

mercredi 5 novembre 2008

Utopiales 2008: le concert du Naheulband

Samedi soir, en raison d'une virée shopping prolongée au centre commercial de Beaulieu, Gren et moi avons regagné la Cité des Congrès juste au moment où démarrait le concert du Naheulband. Résultat: la fosse et les alentours de la scène étaient déjà archi-combles; des gens se pressaient contre toutes les balustrades de la mezzanine en surplomb, et je me demandais bien comment j'allais y voir quelque chose. Et puis, miracle, au bout d'un quart d'heure à peine, les deux personnes assises sur des chaises devant Gren et moi sont parties, et nous avons pu récupérer de fort bonnes places pour assister à la suite du spectacle.

J'ai entendu parler du Donjon de Naheulbeuk pour la première fois durant l'été 2006. Après avoir écouté quelques podcasts, j'ai lu toutes les bédés au fur et à mesure de leur parution. Et comme beaucoup de rôlistes, passés ou présents, j'y ai retrouvé avec délectation mes parties d'AD&D les plus pourraves. Mais jusqu'ici, je ne connaissais pas du tout les chansons. Prévenue par quelques personnes qui avaient déjà vu le Naheulband en concert, je m'attendais à un joyeux bordel n'ayant qu'un lointain rapport avec de la musique. J'ai été agréablement surprise: même si leurs textes sont clairement parodiques et leurs voix pas hyper justes, John Lang et ses acolytes se débrouillent plutôt bien avec leurs instruments. Emmené par une magicienne à l'énergie contagieuse et à la poitrine tressautante, leur show est aussi drôle qu'entraînant. J'ai ri, j'ai balancé la tête en cadence et tapé du pied avec enthousiasme. A la sortie, j'ai filé acheter leur premier CD. Et pendant les vingt-quatre heures qui ont suivi, j'ai passé mon temps à m'écrier brusquement: "C'est en marchant dans les entrailleuh que les barbares vont... A-LA-BASTON!". Pour quelques jours, le Naheulband a ravivé les souvenirs d'une époque que je ne revivrais pour rien au monde mais qui a servi de fondations à toute mon existence telle qu'elle est aujourd'hui.

mardi 21 octobre 2008

Leonard Cohen à Forest National

Leo entre et sort de scène en sautillant comme un jeune homme. Le reste du temps, malgré sa silhouette un peu tassée par l'âge, il se balance au rythme de la musique; souvent, il met un genou en terre et ferme les yeux comme s'il était totalement absorbé par la puissance de ses propres mots. Deux écrans géants restituent son expression tantôt grave et mélancolique, tantôt éclairée par un sourire très doux. Sa voix est toujours aussi magnifique, grave et profonde. Elle n'a rien perdu de sa force ni de ses nuances; le temps n'a pas altéré son timbre fabuleux. Si les cigarettes, le café fort et le whisky avaient une tonalité, ce serait celle-là. Cet homme n'est pas spécialement beau, et il ne l'a jamais été. Mais il a un charisme époustouflant, une aura qui fait que le public, au lieu de chanter à tue-tête avec lui, retient son souffle et l'écoute religieusement.

Leo s'adresse rarement à son public: tout est déjà dans ses chansons. Mais quand il remercie, il enlève son chapeau, le porte à son coeur et appelle les spectateurs "friends". Il fait même l'effort de prononcer quelques phrases en français. Son humilité, sa chaleur, la sincérité profonde qui émane de lui sont bouleversantes. Cet homme ne triche pas, et ça se sent. Sur scène, il est accompagné par des artistes fantastiques, choristes et musiciens qu'il place chacun à leur tour dans la lumière en leur faisant interpréter une chanson ou jouer un long solo, et qu'il présente (deux fois!) avec des termes merveilleusement poétiques - par exemple, "the master of timekeeping" pour son batteur, ou "the prince of arpegio" pour son guitariste. Cet homme est la générosité incarnée.

Leo ne plaint pas son temps. Entracte de vingt minutes compris, le spectacle dure près de trois heures et comporte trois rappels. Pour le premier, il interprète "So long, Marianne" et "First we take Manhattan". Il conclut le second par "Closing time", et on pense que ça va s'arrêter là. Mais presque aussitôt, le public lui faisant une énième standing ovation, il revient entonner "I tried to leave you" avec un petit sourire ironique. Oui, en plus de tout le reste - le talent, l'intelligence, la sensibilité -, cet homme a de l'humour!

Leo a 74 ans. Il a tout vécu, tout essayé - fréquenté les plus grands artistes des années 60 et 70, logé au mythique Chelsea Hotel et habité dans une semi-réclusion sur une minuscule île grecque, enchaîné les amours tumultueuses et politiquement incorrectes, été menacé de mort par un de ses producteurs et plumé par sa secrétaire particulière*, écrit de nombreux romans et recueils de poésie en plus de sa carrière de chanteur. Et partout, tout le temps, il a cherché Dieu, ou du moins, quelque chose de divin. Comme Siddharta dans le roman éponyme de Herman Hesse, il est à la fois un pécheur et un saint, capable de se vautrer dans les plaisirs terrestres et de passer plusieurs années dans un monastère zen. Son parcours chaotique mais sans compromission lui a donné une sagesse rayonnante. Cet homme irradie l'amour - amour des femmes, de son prochain en général et surtout de la vie. Alors, quand il chante,dans "Anthem": "There is a crack in everything; that's how the light gets in", je me sens pardonnée pour toutes mes erreurs, validée dans mes propres choix parfois erratiques. Moi qui ne crois pas en Dieu, c'est comme si je recevais l'absolution de la part de la personne qui incarne à mes yeux toute la beauté complexe et glorieuse de l'être humain.

Avant le premier couplet de la première chanson ("Dance me till the end of love"), j'ai déjà les yeux pleins de larmes tellement c'est fort pour moi de me retrouver dans la même salle que lui. Même si je ne distingue que vaguement sa silhouette minuscule - son éternel feutre et son pardessus noir - sur la scène de Forest National, j'ai l'impression que sa voix résonne directement dans mon coeur sans passer par mes oreilles. Pendant "In my secret life", qui n'est même pas un de mes morceaux préférés, les vannes s'ouvrent et je me mets à sangloter sur l'épaule de Chouchou. "I smile when I'm angry, I cheat and I lie, I do what I have to do to get by, but I know what is wrong and I know what is right..."

Mais le pire arrive au moment de ses magnifiques adieux. Je sais que ce concert sera unique, que je ne reverrai probablement jamais Leo. C'est "Ravie de faire votre connaissance", "Vous êtes une personne sublime qui me touche comme nulle autre au monde" et "Au revoir à jamais" en l'espace de quelques heures. Alors, quand il dit (je reconstitue vaguement de mémoire): "We thank you for your unforgettably warm welcome. It's getting chilly up there (...), but when the cold gets too bitter, may we remember one another. Thank you friends, and good night", je m'effondre totalement. Il me semble que toutes les émotions intenses, bonnes ou mauvaises, que j'ai jamais éprouvées ressurgissent d'un coup pour me submerger. Je suis anéantie, terrassée par le poids de mes propres joies et de mes propres chagrins passés ou à venir. Ce que je viens de vivre, ce n'est pas juste un concert inoubliable: c'est ce qui peut se rapprocher le plus d'une expérience mystique pour une athée comme moi. Tout ça par la grâce d'un petit bonhomme imparfait et sublimement humain.

Thanks to you too... friend.

*d'où cette tournée dont il nous gratifie quinze ans après la précédente afin de renflouer les caisses: le malheur des uns, etc.

dimanche 12 octobre 2008

Holding my breath...

Tout à l'heure, je me connecte sur le site de Forest National comme ça, au hasard, pour pleurer sur le fait que les deux dates de Leo (oui, son âme et la mienne sont très intimes, alors je l'appelle simplement Leo) sont sold out depuis longtemps... Et là, je vois défiler un bandeau en haut de la page: "NOUVEAU: Leonard Cohen, places à visibilité réduite disponibles". Je me doute que "réduite" signifie "quasi-nulle", mais tout de même, c'est sans doute ma toute dernière chance d'assister à un concert de mon idole*. Même si je ne le vois pas ou peu, je serai dans la salle, je l'entendrai, nous respirerons le même air!
Donc, je lance une commande. Et là, grosse perplexité. Les places en catégorie 4 sont toujours indisponibles sur Sherpa.be. Toutes les autres, en revanche, sont indiquées dispos. Je soupçonne un bug de programmation, mais je continue quand même. Je réclame deux places en catégorie 1. Ca passe. Je paie avec ma Visa. Ca passe. Quelques minutes plus tard, je reçois un mail de confirmation pour les places suivantes: Fauteuils A, 8-113 et 114. Je ne comprends rien et n'ose pas y croire. Depuis, j'attends que Sherpa.be m'envoie un mail pour s'excuser de son erreur.
*La musique de Leo est immortelle, mais je crains que son corps ne le soit pas, et il a quand même plus de 70 ans.

dimanche 28 septembre 2008

Je suis triiiiiiiste

Ce midi, pendant que nous déjeunons au Balmoral avec Ingrid (une lectrice de nos blogs qui a très gentiment proposé de nous passer des cartons pour notre déménagement), nous nous apercevons qu'elle et moi partageons une passion pour Leonard Cohen. Je lui dis ma tristesse de n'avoir pu me procurer de place pour le concert de Bruges le 12 juillet dernier. Elle me raconte que non seulement elle y était, ayant acheté ses tickets 5 minutes après la mise en vente sur internet, mais qu'elle a trouvé ça génial. "Mais il repasse bientôt à Forest National", ajoute-t-elle. Mon coeur fait un bond dans ma poitrine. Tiendrais-je une chance de réaliser mon vieux rêve (la dernière, sûrement, car il s'agit de la tournée d'adieu de l'artiste - et encore ne l'a-t-il entreprise que parce qu'il était ruiné par son manager)?

Rentrée à la maison, je me précipite sur mon ordi. Hélas, trois fois hélas! Le concert est sold out. Les rares places en circulation, sur eBay par exemple, ne se trouvent pas à moins de 300 euros les deux (sachant que leur valeur nominale est comprise entre 40 et 80€, je me demande s'il ne serait pas possible de gagner ma vie en achetant des tas de billets pour des spectacles courus et en les revenant cinq fois plus cher que je ne les ai payés!). A un autre moment, je me serais fait plaisir même à ce tarif. Mais avec le déménagement juste avant et toutes les dépenses qu'il va entraîner... Mon rêve s'envole. Tant pis, je me contenterai de me repasser les CD de Léo en boucle.

dimanche 15 juin 2008

Bon Jovi au stade Roi Baudouin

Après un trèèèès long trajet en tram, les VIP et moi-même sommes arrivés au stade Roi Baudouin à l'heure où le concert était censé commencer. Bien entendu, nous étions à l'opposé de l'entrée des tribunes rouges pour lesquelles nous avions des billets. Le tour du parc a bien dû nous prendre un quart d'heure. A peine installés dans les gradins, nous avons vu deux ou trois voitures aux vitres teintées entrer dans le stade et s'arrêter derrière la scène. Jon Bon Jovi et ses acolytes en sont descendus sous les acclamations du public. Trente secondes plus tard, ils déboulaient sur scène et commençaient directement à jouer.

C'était la première fois que je mettais les pieds dans un stade, et aussi que je voyais un concert de jour et en plein air. J'avoue que ça m'a un peu désarçonnée. D'abord, malgré une affluence très correcte pour un groupe pas vraiment à la mode, la fosse avant et une bonne partie des gradins sont restés vides. Ensuite, la lumière du soleil, fût-il couchant, ce n'est pas ce qu'il y a de plus rock'n'roll. L'obscurité ne s'est vraiment installée qu'à la fin du concert, pour le rappel. J'ai trouvé que ça nuisait à l'ambiance, même si le public dans son ensemble s'est montré très enthousiaste tout du long. Dernière chose: en fin de soirée, il ne faisait que 12° à Bruxelles, et on commençait à grelotter légèrement dans nos blousons de mi-saison.

Pour ce qui est du spectacle lui-même: pas de doute, c'est du show à l'américaine, super bien rodé sans un poil de cul qui dépasse. Les musicos assurent comme des bêtes - en même temps, le contraire serait inquiétant, vu qu'ils tournent depuis presque 30 ans. Richie Sambora est un guitariste hors pair (de plus, comme l'a fait remarquer Autre Moi, il chante mieux que Jon Bon Jovi!); le batteur dont j'ignore le nom a des bras comme mes cuisses et un enthousiasme à la limite de la psychopathie. Quant à Jon, bah, c'est le Ken du hard FM. Il saute dans tous les sens, prend la pose tel un mannequin pour les pages mode de QG, sourit en découvrant un râtelier Pepsodent du plus bel effet, et le tout sans jamais déranger la moindre mèche de ses cheveux savamment brushés. Bien sûr, il n'oublie pas de gratifier le public féminin d'un petit mouvement de danse dos à la salle - et bien sûr, toutes les caméras s'empressent de projeter l'image de son délectable postérieur sur les écrans qui entourent la scène.

Pas de doute, l'énergie et le professionnalisme sont au rendez-vous. Manquent, pour moi du moins, la spontanéité et l'émotion qui auraient pu faire d'un bon concert (car c'en était un) un moment inoubliable. Je reste néanmoins très contente de l'avoir vu, ne serait-ce que pour les cinq minutes où les bras en l'air, j'ai hurlé (faux, très faux) "It's my liiiife, it's now or never, I ain't gonna live foreeeever". Et puis parce que je n'avais pas fait de sortie avec les VIP depuis fort longtemps - mais ceci est une autre histoire.

mercredi 14 mai 2008

Etienne Daho au Cirque Royal

Hier soir, l'honneur d'assurer la première partie du concert d'Etienne Daho au Cirque Royal revenait aux Ukulélé Girls : quatre filles jeunes et jolies qui, munies d'instruments loufoques, font des reprises drôles et originales de morceaux comme "Killing in the name", "Losing my religion" ou "Back in black". ACDC et le ukulélé, ça semble être un mariage bien mal assorti, et pourtant ça fonctionne. La dizaine de morceaux interprétée par les demoiselles est passée toute seule.
Là où j'ai déchanté, c'est en voyant s'installer un second groupe devant le rideau de velours rouge. Daphné? Qui c'est ça, Daphné? La réponse n'a malheureusement pas tardé. Daphné, ce sont d'excellents musiciens, des textes pas déplaisants et... une chanteuse dont la voix m'a fait penser à celle d'Emiliana Torrini en mille fois plus grinçant. Pendant toute sa prestation, j'ai eu l'impression d'entendre des ongles crisser sur un tableau noir. C'était juste insupportable. En plus, les quatre projos qui surplombaient le groupe envoyaient à intervalles réguliers de douze secondes et demie des décharges blanches qui ressemblaient à des flashs d'appareils photo géants. Les yeux fermés, la tête posée sur l'épaule de Hawk, j'ai failli m'endormir de désespoir.
Le temps que le rideau s'ouvre enfin sur Etienne, il était déjà 22h, et je n'espérais plus un concert entier mais juste un set raccourci, à peine plus long que ceux des deux groupes précédents. Inutile de préciser que l'humeur n'était pas au beau fixe. Une minute trente d'intro a suffi pour me réveiller, et bien. Debout dos au public, Daho est apparu très droit, les bras tendus le long du corps et les poings énergiquement fermés, tandis que des faisceaux blancs et rouges s'entrecroisaient sur toute la scène. Le "yeah yeah yeah" de son dernier album m'a immédiatement électrisée. Puis un enchaînement plutôt mou d'une demi-douzaine de chansons que je ne connaissais pas ou n'aimais guère m'a fait craindre le pire. Jusqu'à ce que retentissent les premières notes de "Des attractions désastre". MA chanson. Là, j'avoue que mon coeur a accéléré un petit peu. Il ne devait pas être le seul, car toute la salle s'est levée. Résultat: même si je n'étais qu'au dixième rang du parterre, je devais me tordre le cou pour essayer d'apercevoir Daho entre les tête et les épaules des gens assis devant moi. Ce qui ne m'a pas empêchée de me trémousser avec enthousiasme.
Quand, deux morceaux plus tard, la salle s'est de nouveau levée pour "Saudade", je n'ai pas tenu longtemps avant de filer dans l'allée latérale pour me rapprocher de la scène. Excellente idée. Je me suis retrouvée au niveau du troisième rang, avec une vue quasi dégagée sur Daho et bien assez de place pour danser à ma guise, ce qui est quand même vachement plus fun que de se tortiller sur un fauteuil inconfortable. Passé un premier tiers bof bof, j'ai adoré la suite du concert qui mêlait habilement chansons du dernier album et vieux tubes: "Comme un igloo", un autre de mes morceaux préférés, "Heures hindoues" qui ne me fait pas plus craquer que ça version studio mais qui était absolument magique en live, "Mon manège à moi", "Promesses", "Le grand sommeil", "Ouverture"... Bien sûr, si j'avais fait la playlist, ça n'aurait pas été celle-là. J'ai notamment regretté l'absence de titres de "Réévolution". Mais le plaisir des oreilles était tout de même au rendez-vous, d'autant plus que je partageais ce moment avec Hawk.
Malgré une accoustique assez pourrie, j'ai aimé la salle du Cirque Royal, bien configurée et intimiste juste comme il faut. J'ai moins apprécié la présence de cerbères presque aussi nombreux que les spectateurs, qui bondissaient à la moindre tentative de prise de photo. J'ai quand même réussi à en prendre une en douce à 5 mètres de la scène: elle était désespérément floue. Pas de regrets, donc.
Quant à Etienne... Je retire tout ce que j'ai pu dire avant d'aller le voir: il vieillit très bien. Non que son visage soit épargné par les signes de l'âge. Mais il a de nouveau maigri; il portait son éternelle veste de costard noire sans rien dessous, ce qui nous a permis d'entrevoir un appétissant triangle de poitrine bronzée et glabre; il bouge toujours de façon aussi sexy (malgré des gesticulations un poil trop théâtrales à mon goût: par moments, on aurait dit le mime Marceau s'essayant à la tektonik...); et surtout, il a conservé son charme canaille - celui du gars papillonneur par essence, dont tu sais d'avance qu'il va te briser le coeur, mais qui avant ça t'aura fait vivre un tourbillon de sentiments dont tu resteras nostalgique jusqu'à la fin de tes jours.
J'aime sa façon d'exulter sur scène, d'ouvrir grand les bras et de renverser la tête en arrière avec un sourire ravi, comme si l'amour du public était le soleil qui l'inonde et le sustente. Il est heureux comme un môme de se trouver là, de faire son show et d'affoler les trentenaires en goguette. Au bout de vingt-cinq ans de carrière, il n'est toujours pas blasé le moins du monde. Ses textes sont devenus un peu plus graves, mais on sent encore en lui un élan très juvénile, un appétit inchangé pour les plaisirs de la vie, et cette faculté très séduisante de basculer en un quart de seconde dans une nostalgie poignante ou une mélancolie contagieuse. Il me fait penser qu'il est possible de rester fidèle à soi-même sur la longueur, de mûrir sans pour autant se renier. Hier soir, j'ai eu l'impression de retrouver un vieux copain perdu de vue depuis longtemps et de me rendre compte que, dans le miroir qu'il me tendait, j'aimais ce que moi aussi j'étais devenue depuis notre dernière rencontre.

mardi 13 mai 2008

Etienne, Etienne, Etienne...

La première fois que j'ai entendu une chanson d'Etienne Daho, je devais avoir douze ou treize ans. Ma cousine Fred avait acheté le 45 tours du "Grand Sommeil" et l'écoutait en boucle. Plus tard pendant notre adolescence je l'ai vue, vautrée sur son lit, se repasser des dizaines de fois d'affilée la cassette de l'album "La notte, la notte" - elle, une fan notoire de Jean-Jacques Goldman! Il me semble même qu'elle avait surnommé son copain de l'époque Kiko. Personnellement, les susurrations du monsieur ne me touchaient guère.
Puis est venue mon année de prépa, et ma petite bande de copains d'école m'a convertie à "Pop Satori". Tout ce printemps-là, j'ai rêvassé sur "Paris le Flore" en écoutant d'une oreille distraite mon prof d'économie nous débiter le programme des concours à 200 à l'heure. C'est peu de temps après que j'ai dû assister à un concert de Daho pour la première fois, avec mon ami Fanfan qui était un grand fan depuis le début.
Ensuite, les souvenirs se mélangent un peu. Je crois l'avoir vu sur scène trois fois lors d'autant de tournées différentes, toujours dans ma ville natale et toujours avec Fanfan. Je n'arrêtais pas de déménager; ma vie sentimentale était un vrai bordel et mes goûts musicaux me portaient plutôt vers le métal et le goth, mais je continuais à suivre fidèlement la carrière d'Etienne. Jusqu'à son album "Eden" dont le son électro m'a fait décrocher.
Je n'ai pas non plus acheté "Corps et armes". Mais quand j'ai rencontré Etre Exquis fin 1997, le "Daholympia" était un de ses albums préférés. Combien de fois avons-nous braillé ensemble la chanson d'ouverture dans le Range Rover qu'il conduisait à l'époque? "M'avez-vous déjà vu quelque part? Rafraîchissez-moi donc la mémoire..." Quand on rentrait tard le soir, ou tôt le lendemain, il mettait systématiquement "Saint-Lunaire dimanche matin" dont l'atmosphère musicale correspondait pile à son humeur.
Les années ont passé. En juin 2004, je nageais en pleine dépression mâtinée de frustration sexuelle. "Réévolution" venait de sortir et je me repassais "L'orage" avec une grosse boule dans la gorge en me demandant si je devais oui ou non tromper l'Homme. Daho se produisait pas loin de chez moi; j'ai voulu aller le voir avec Etre Exquis, mais celui-ci avait déjà prévu d'assister au concert avec sa fuck buddy de l'époque et je ne voulais pas tenir la chandelle. Le soir du spectacle - je m'en souviens encore, c'était le 19 et ça tombait un samedi - j'étais seule chez l'Homme parti en stage d'aïkido pour le week-end. Je sirotais tristement un verre de vin rouge en me demandant comment j'allais sortir de l'impasse dans laquelle j'étais. Rien de tragique, mais ce fut un moment bien down.
Quatre ans plus tard, je vais aller voir Daho interpréter en live son dernier opus, "L'invitation". Il m'a moins touchée que les albums précédents, mais je l'aime quand même beaucoup. Daho a pris un sacré coup de vieux ces dernières années; lors d'un récent passage à la télé, Soeur Cadette et moi l'avions trouvé bedonnant et looké "quinqua qui se prend encore pour un djeûne". De fines lignes sillonnent désormais son visage et, lui aussi, il a la peau qui pendouille sous le menton. Son charme vénéneux de bisexuel assumé en a évidemment pâti. Mais il a accompagné mon histoire sentimentale depuis le début, ou presque. Pour rester dans la continuité, ce soir, j'irai l'applaudir avec Hawk au Cirque Royal.

jeudi 12 juillet 2007

Entre les deux mon coeur balance

...Et si je me faisais les deux?
Après tout, cette année, j'ai déjà raté Pink et Aerosmith à Bercy, Olivia Ruiz deux fois - bientôt trois parce que j'ai pas envie d'aller seule aux Voix du Gaou -, Mika dont le concert était sold out quelques heures après la mise en vente des places, et je ne parle même pas d'Iron Maiden, de Metallica, de Placebo et de tous les autres. Evidemment, Vanessa c'est pas tout à fait le même style que Bruce Dickinson ou Brian Molko, mais ça me consolera un peu.

vendredi 2 mars 2007

Totoro vs. les Enfoirés

Deuxième année d'affilée que je rate la rediff du concert des Enfoirés alors que c'est l'unique possibilité qui me reste d'apercevoir Goldman depuis qu'il a décidé de faire une pause boulot à durée indéterminée. Et puis OK, les comiques, les acteurs et les mannequins qui viennent pousser la chansonnette me soûlent, mais à côté de ça y'a encore un paquet de gens que j'aime bien. Bénabar. Cabrel. Lavoine. Euh Bénabar j'l'ai déjà dit? Bon d'accord un paquet de 3 c'est maigre mais je dois en oublier. Ca m'apprendra à avoir rompu avec la sacro-sainte tradition familiale en cessant d'acheter Télé 7 Jours au prétexte risible que comme je ne regarde jamais la télé, c'était un peu des sous gaspillés. A la place, ce soir, je me suis fait le DVD de Totoro. Et j'ai été assez déçue. Ca part pas mal, mais ça ne décolle jamais vraiment. Le rythme est lent, le propos bien plus superficiel que dans les Miyazaki suivants. Bref, gentil mais pas inoubliable.

mardi 12 décembre 2006

Nolwenn Leroy à l'Olympia

*Beaucoup aimé:
- la première partie (Julie d'Aimé), assez agréable pour une fois
- nos places à l'avant de la mezzanine, face à la scène (mais pile devant le projo principal, d'où interdiction de nous lever pendant tout le spectacle)
- le décor façon cabinet de curiosités
- la robe et les chansons de la première partie
- la reprise de "Running up that hill"
- le passage instrumental bien lourd à la fin de "J'aimais tant l'aimer"
- l'ambiance assez survoltée avec un public hyper enthousiaste, notamment pendant le premier rappel
- les sièges de l'Olympia, de loin les plus confortables de toutes les salles de concert que je connais
- le sourire 10 000 volts et les gesticulations de Junior
*Moins aimé:
- la tenue blanche et les chansons de la deuxième partie (je me suis beaucoup ennuyée pendant le duo avec Teitur)
- la reprise soporifique de "Time after time"
- Nolwenn est d'une beauté renversante mais elle bouge comme une patate (encore plus flagrant 4 jours après le concert de X-tina)

jeudi 7 décembre 2006

La minute blonde d'hier

Un type hurlant et gesticulant devant l'entrée de Bercy: Pour les places fosse, c'est porte 27!
Moi, stupéfaite: Y'a tant de gens que ça qui ont acheté des faux billets?
Mes potes, écroulés de rire: ...

"Back to Basics" Tour - Christina Aguilera à Bercy


En arrivant dans la salle, déjà, j'étais toute excitée. Premier concert avec les VIP. Super bonnes places au second rang des gradins pile face à la scène. Chouchoute croisée dans le hall et trois des autres filles aperçues de loin. Première partie (Bob Sinclar) pas mon style mais assez bien pour chauffer la salle.
Et puis à 21h20, alors que nous voyions au loin la chouchoute solitaire finir son second magazine, le rideau s'est levé et tu es apparue. Costume blanc moulant, borsalino assorti, escarpins à talons de 12 cm. Une mini dynamo platine dotée d'une énergie débordante et d'une voix incroyable sortant d'un aussi petit bout de femme. Je ne peux pas dire que j'aie beaucoup apprécié les chansons du premier tiers de ton spectacle - trop jazzy pour moi. Le second tiers, où tu portais un justaucorps à paillettes rouges, a déjà commencé à me plaire un peu plus. Il s'est achevé par une petite tirade assez touchante sur ta maman, femme battue à laquelle tu rends hommage pour le courage avec lequel elle a élevé ses deux filles dans "Oh Mother". J'ai été choquée par la violence du clip en noir et blanc qui passait derrière toi pendant que tu chantais avec une voix plus fêlée que rugissante, pour une fois.
A cette claque registre "émotion" en a succédé une autre bien différente comme la scène de Bercy se changeait en piste de cirque féérique avant ton retour en Mme Loyal insupportablement sexy. Autre Moi et Junior me disent que le coup du cheval de carrousel, tu l'as piqué à Madonna, mais je m'en fous. Avec ton bustier rouge, des bottes en satin noir à talon aiguille et ta cascade de boucles platine, tu étais juste à tomber par terre pendant que tu te cambrais et te déhanchais lascivement. Mais le meilleur restait encore à venir. Pour la chanson suivante, tes danseurs ont choisi un jeune homme dans le public et l'ont fait monter sur scène. Ils l'ont attaché à une roue de lanceur de couteaux. Et tu lui as fait un numéro qu'il n'oubliera jamais de sa vie. S'il était hétéro, il risque d'en faire des rêves mouillés pendant longtemps. Tu t'es agenouillée devant lui, dos au public, la tête renversée en arrière et le micro tenu à la verticale au-dessus de ta bouche en une attitude plus qu'évocatrice. Tu as ondulé du bassin en faisant claquer ton fouet à quelques centimètres de lui. La roue a basculé à l'horizontale; tu as grimpé dessus avec quatre de tes danseuses elles aussi en petite tenue et munies de fouets. Et tu t'es trémoussée honteusement à l'aplomb du pauvre Olivier qui n'avait pas l'air de bien réaliser ce qui lui arrivait. Moi j'étais juste KO face à tant de sexitude glamour.
La fin du spectacle s'est enchaînée assez vite jusqu'aux rappels, le célébrissime "Beautiful" et "Fighter" pour lequel Junior et moi nous sommes levées afin de danser et de chanter à notre aise. A la sortie, j'ai textoté l'amour de ma vie pour le prévenir que tu avais ravi mon coeur. Et quand je dis mon coeur...

mercredi 6 décembre 2006

Pensées du jour

12h25: Marseille St-Charles. Pluie qui ruisselle sur les vitres du TGV arrêté. "She's in the bathroom, she pleasures herself; says I'm a bad man, she's locking me out"...
15h17: Croquis de layouts dans carnet de scrap. Je sais où on peut acheter du papier à motifs Mickey, M&M's, Harley-Davidson ou même Elvis Presley... Mais faut aller où pour trouver des illustrations à thème BDSM?
15h50: RER A, direction Boissy St-Léger. La fille assise en face de moi lit un bouquin que j'ai traduit. Résister à la tentation de lui demander si elle aime et le cas échéant, me présenter avec un sourire ravi: much too dorky.
19h10: Départ pour Bercy, voir le concert d'une chanteuse dont je connais trois titres en tout. Wish me luck...
EDIT
23h: Sortie du concert. Texto à Hawk: "Désolée toi et moi ça va pas être possible en fin de compte. Quand je serai grande, je veux épouser Christina Aguilera."