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mardi 27 décembre 2016

Les brunchs du dimanche (47): Chapristea à Toulouse




Très populaire au Japon, le bar à chats a débarqué en Europe depuis quelques années sans toutefois susciter le même engouement. Il faut dire que si le concept - boire et manger dans un endroit abritant plusieurs chats - semble sympathique pour les amateurs de félins, dans la pratique, j'ai entendu beaucoup d'histoires de lieux à l'hygiène douteuse et à l'atmosphère pas forcément très respirable. Du coup, la seule raison pour laquelle je me suis intéressée au Chapristea, c'est que Nekkonezumi y était passée avant moi et avait approuvé à la fois l'endroit et les produits consommés sur place. J'envisageais juste d'y prendre un goûter en amoureux jusqu'à ce que je découvre qu'il y avait un brunch le week-end. Ni une ni deux, j'ai réservé pour huit personnes et embarqué toute la famille samedi dernier, quelques heures avant le repas du réveillon. (Nous sommes des courageux de la bouffe, jamais effrayés à l'idée de cumuler deux gros repas dans la même journée.)




Le Chapristea est situé en plein centre-ville de Toulouse, à mi-chemin entre Capitole et Esquirol. On y pénètre par un sas destiné à empêcher les animaux de se faufiler dehors, et avant de s'installer, on doit se nettoyer les mains avec du gel anti-bactérien fourni au comptoir. Puis on prend connaissance du règlement, destiné à assurer le bien-être des animaux:




Une autre carte présente les pensionnaires, au nombre d'une dizaine et choisis pour leur capacité à vivre en groupe. La plupart d'entre eux sont originaires de refuges animaliers, et deux sont proposés à l'adoption. Au premier regard et à la première caresse, on voit qu'ils sont très bien entretenus - en témoigne l'incroyable douceur du pelage des chats à poil mi-long. Pour en avoir eu deux pendant plus de quinze ans, je sais qu'on ne peut obtenir un tel résultat qu'avec des soins réguliers et un brossage quotidien au minimum!






Par ailleurs, le décor est fort agréable: la plupart des tables se trouvent en sous-sol, dans une de ces caves en brique rose au plafond voûté si typiques de Toulouse. Le mobilier est d'inspiration scandinave moderne, avec des fauteuils bleus ou jaunes et de petits canapés disposés autour de tables basses. D'habitude, je trouve ça confortable pour boire un thé en bouquinant, mais pas trop pour manger; là, la hauteur est idéale et personne dans notre groupe ne s'est senti gêné. Essentiellement situés en hauteur, les nombreux aménagements pour les chats ne gênent pas du tout la circulation des bipèdes. Et surtout, il n'y a aucune litière en vue et pas la moindre odeur désagréable, les "toilettes" félines étant accessibles en permanence mais isolées de l'espace dédié à la clientèle ainsi que des cuisines. 




Concernant la nourriture, le brunch proposé le samedi et le dimanche est une formule à l'assiette d'inspiration très anglaise. La partie salée se compose d'oeufs brouillés, de saucisses, de bacon, de baked beans, d'une tomate grillée, de champignons poêlés et d'une salade mélangée. Pour la partie sucrée, deux scones au fromage blanc et à la confiture, d'une texture plus légère et plus digeste que des scones authentiques. Avec ça, une orange pressée et une boisson chaude au choix: chocolat au lait de vache ou d'amande, café ou thé à piocher parmi la carte assez variée de l'établissement. Pour 19,50€, c'est un des meilleurs rapport qualité-prix que j'ai vus en matière de brunch. Les jours de semaine, on peut déjeuner au Chapristea, y compris si on est végétarien ou végane. 




Tout était délicieux et a remporté un franc succès même auprès des membres de ma famille pas franchement habitués aux brunchs. Mes neveux qui adorent les animaux ont craqué pour un chat chacun et auraient bien voulu le ramener à la maison. En plus, le personnel est aimable, rapide et souriant. Bref, une adresse que je vous recommande chaudement si vous habitez à Toulouse ou y êtes de passage!

4, rue Jules Chalande
31000 TOULOUSE
Tel: 09 81 13 32 38
Réservation possible par internet ou téléphone,
uniquement pour le brunch le week-end et le lunch en semaine



jeudi 15 décembre 2016

"Billy Brouillard - Les comptines malfaisantes III: Histoires de chats" (Guillaume Bianco)


Après l'excellent volume 2 de son "Encyclopédie bizarre et curieuse" dédié aux chats, Guillaume Bianco remet le couvert avec un de ses sujets préférés. Cette fois, il choisit de présenter à sa façon cinq races félines: le Bombay, le Sphynx, le Persan, le Siamois et le Maine Coon, en développant une histoire courte sur chacun d'eux.

Le graphisme est toujours aussi joli; le ton général louvoie toujours finement entre cruauté et tendresse, sans oublier la dose obligatoire de fantastique et d'humour. Bref, pas de surprise avec ces "Histoires de chats", mais autant de plaisir qu'à la lecture de chaque tome de Billy Brouillard. Peut tout à fait être offert et lu indépendamment du reste de la série.





lundi 11 janvier 2016

"L'encyclopédie curieuse et bizarre Volume 2: Les chats" (Guillaume Bianco)


Si j'ai été plus que déçue par l'autre bédé sur les chats sortie juste avant les fêtes, cette encyclopédie signée Guillaume Bianco et s'inscrivant dans l'univers de Billy Brouillard a su, elle, me séduire par sa richesse. Chacune de ses 60 pages est un régal pour les yeux, fourmillante de détails mignons ou amusants. Un soin tout particulier a été apporté à la typographie, à la composition et à la mise en page; on en prend vraiment plein les mirettes. Les différentes races de chats, leurs super-pouvoirs, les croyances dont ils font l'objet, comment se confectionner un costume pour leur ressembler, que faire pour vivre comme eux - l'auteur nous explique tout cela en mélangeant vérité et fiction humoristique. Il nous raconte aussi les aventures de Billy et de son matou Tarzan ("grosse truffe, air ahuri, cou un peu tordu"), avec son penchant habituel pour le fantastique un peu macabre. Bref, un plaisir de lecture que je recommande chaudement!







lundi 23 novembre 2015

Belges, je vous ♥︎


On ne peut pas dire que le week-end ait été folichon. Pour ma part, je n'ai pas mis les pieds dehors - moins parce que j'angoissais que parce que tout était fermé à Bruxelles, y compris le musée où nous voulions aller voir une expo. Chouchou s'est aventuré dehors trois fois: pour aller faire sécher une lessive à la laverie, pour aller faire du sport à son club évacué le vendredi matin, et pour se rendre à vélo à une réunion de travail. Moi, j'ai lu, j'ai écrit et j'ai tenté de ne pas trop ruminer, mais le succès n'a pas été foudroyant. Je dois descendre à Toulon mardi et ça ne me plaît pas du tout, premièrement de devoir passer par la gare du Midi et rester six heures assise dans un train, deuxièmement de laisser Chouchou seul dans des circonstances pareilles. Bref, j'étais d'humeur plutôt morose hier soir sur le coup de 23h, quand Chouchou a éteint son ordinateur pour aller se coucher. Pendant qu'il s'affairait dans la salle de bain, j'ai fait un dernier tour sur le site de La Libre et sur Twitter, et je me suis mise à hurler. 

De rire. 

Depuis 19h, d'importantes opérations policières étaient en cours du côté de la Grand-Place et peut-être aussi ailleurs. Les médias ne reliaient rien, et les réseaux sociaux non plus, pour une bonne raison: les autorités avaient réclamé un silence absolu afin de garantir la sécurité des intervenants et la réussite des coups de filet. Or, non seulement les Belges sont plus disciplinés que les Français, mais ils ont aussi un sens de l'humour délicieusement surréaliste. Au lieu de s'obstiner à poster des infos dangereuses, ils ont noyé le hashtag #BrusselsLockdown avec... des photos de chats. Des chats coiffés de demi-pastèques évidées en guise de casque. Un chaton roux qui lève les pattes devant un pistolet brandi. Des chats vautrés par terre qui roupillent, parfaitement indifférents. Des chats fascinés par un écran d'ordinateur. Un chat en train de se limer les griffes d'un air agacé. Mais aussi, des improvisations sur le thème "je vous montre ma chatte". Bernard Minet. Des jeux de mots hilarants. Une fausse pub de lessive: Le Chat contre Dash. Ca et là, un tigre, un panda roux, une petite chèvre ou même une poule. Un déchaînement d'absurdité et de drôlerie, entrecoupé parfois d'un "Je ne comprends rien, c'est quoi, tous ces chats?". Même les principaux journaux s'étaient mis au diapason et affichaient des matous à l'air ahuri. 



On s'est tellement marrés dans notre lit, Chouchou et moi, que j'ai senti s'envoler la chape de plomb qui pesait sur mes épaules depuis une dizaine de jours. A cet instant, j'ai vraiment aimé les Belges, capables de faire face aux menaces non pas avec la fronderie ouverte des Français, mais avec un humour dévastateur qui n'appartient qu'à eux. 

Les opérations se sont soldées par l'arrestation de 16 terroristes présumés, dans différents quartiers de la capitale mais aussi à Charleroi. Pendant la conférence de presse qui a suivi, les autorités ont remercié les médias et la population d'avoir aussi bien suivi les consignes. Aujourd'hui, l'alerte de niveau 4 est maintenue à Bruxelles, mais j'ai le coeur un peu plus léger. Cette ville est pleine de Belges. Ca va bien se passer. 

(Si vous n'avez pas Twitter, vous pouvez toujours jeter un coup d'oeil à l'article en ligne du Monde.)

lundi 9 novembre 2015

"Facéties de chats"


"Facéties de chat" rassemble quinze portraits de félins domestiques, toujours sous la forme suivante: un médaillon de présentation, un poème relatant une anecdote humoristique et un dessin illustrant cette dernière - plus, à la fin, une mini-encyclopédie des races présentées. J'avais très, très envie d'aimer cet ouvrage et de le recommander comme cadeau de Noël pour les amateurs de chats et de bédé. Malheureusement, il m'a déçue de bout en bout. D'abord, on a fini de le feuilleter en dix minutes à peine - pour 14,95€, c'est tout de même un peu léger. Ensuite, les poèmes sont atroces, absolument pas maîtrisés dans la forme, avec des vers inégaux, des rimes pauvres et souvent forcées, plus quelques tournures qui font saigner les yeux ("tandis que leur maître commença à les shampouiner", sérieusement?). Enfin, Benjamin Lacombe dont j'adore le travail livre ici des illustrations que je trouve complètement dépourvues d'inspiration et d'intérêt. Pour moi, malgré une jolie couverture et un concept alléchant, c'est un ratage total.

lundi 13 avril 2015

Un goûter-lecture au MangaKat Café




Je n'ai jamais trop su quoi penser des cat cafés, qui ont vu le jour au Japon et commencé à s'exporter en Europe il y a deux ou trois ans. En théorie, l'idée de boire un verre entourée de chats me plaisait bien; en pratique, je me demandais si ce n'était pas trop stressant pour les animaux et peu hygiénique pour les humains. Certaines critiques lues sur le premier cat café parisien m'avaient confortée dans ma méfiance. Pourtant, quand j'ai entendu parler du MangaKat Café qui a ouvert mi-février au-dessus de l'Ultieme Hallucinatie, dans un bâtiment Art Nouveau réputé de Saint-Josse, la curiosité l'a emporté. 







Nous sommes arrivés à l'ouverture, samedi peu après 18h. Nous étions les premiers clients, ce qui nous a permis de visiter tranquillement les lieux: deux magnifiques et vastes salles attenantes, dans lesquelles se prélassent les six pensionnaires félins. J'avais peur qu'ils manquent de place ou qu'une odeur de litière flotte dans l'air, mais ce n'est absolument pas le cas. De plus, ils ont pour faire de l'exercice les deux plus immenses arbres à chats que j'ai jamais vus. Sophie, Domingo, Luz, Yuki, Yomi et Lord viennent tous de refuges; ils ont été choisis par la maîtresse des lieux pour leur capacité à vivre en intérieur et à bien s'entendre entre eux. (Par contre, contrairement à ce qu'on peut voir dans d'autres cat cafés, ils ne sont pas adoptables). Yuki nous a paru le plus curieux, et aussi le plus joueur. Sophie est jolie, toute douce et très câline, Yomi assez craintif. Nous n'avons qu'aperçu les trois autres de loin. 








Outre la présence de chats et comme son nom l'indique, le MangaKat Café propose une bibliothèque de mangas que l'on peut lire sur place. Pour l'instant, essentiellement des grands classiques que j'avais déjà lus pour la plupart, mais la propriétaire m'a confié qu'elle venait juste de réceptionner une cinquantaine de nouveautés qui seraient bientôt sur les étagères. Côté consommations, on peut boire des thés de la Septième Tasse ou du chocolat chaud, des jus de fruits et des sodas, et grignoter sucré ou salé grâce aux cupcakes Lilicup et aux Tartes de Françoise. A signaler également la présence sur la carte de mochis (sucreries japonaises en forme de boule, fourrées à la pâte de haricot rouge) et de glace au thé vert. Les prix sont très corrects: pour deux boissons, une tarte et une glace, l'addition se montait à 15,50€, et on peut passer autant de temps qu'on veut à bouquiner, à câliner les matous ou, comme nous, à faire plein de photos. Bref, un endroit très agréable que je recommande chaudement aux amateurs d'Art Nouveau, de chats, de mangas et de pauses gourmandes! 

Rue Royale 316
1210 Bruxelles
Ouvert les vendredi et samedi de 18h à 23h

EDIT: Cet établissement a fermé en avril 2016. 

mardi 13 août 2013

Fille à chat sans chat




Il y a un an jour pour jour, nous faisions euthanasier Scarlett dans les larmes. Et même si, depuis, j'ai subi une perte encore plus grande, je pense très souvent à elle, et elle continue à me manquer. Pendant près de vingt ans, j'avais toujours eu au moins un chat à la maison. Désormais, l'endroit où je vis me paraît vide et sans âme. 

Nous avons décidé d'un commun accord de ne pas adopter d'autre boule de poils: notre appartement est trop petit, trop dépourvu de portes, et l'un de nos buts principaux pour les années à venir est de multiplier les voyages autant que possible. Passer notre temps à confier un animal à la garde d'une amie compatissante ne nous semble juste ni pour l'animal, ni pour l'amie en question. 

Reste que chaque fois qu'un de mes contacts Facebook poste la photo d'une portée de chatons de six semaines ou d'un chat abandonné qui sera euthanasié si personne ne l'adopte rapidement, mon ventre se tord du désir de plonger mes mains dans leur fourrure, de sentir leur corps chaud roulé en boule contre moi, de les entendre ronronner comme un petit moteur. 

Ma vie est moins compliquée de ne plus avoir de chat. Elle est aussi moins belle et, quelque part, moins complète.

samedi 12 janvier 2013

"Mine: une vie de chat"


Le gros Léon vit seul dans un appartement sous les toits de Paris. De lui, on ne sait pas grand-chose. Il n'a pas l'air d'occuper un emploi; il a une tignasse épique et un ami nommé Gaspard. C'est à peu près tout. Un jour, un petit chat noir fait irruption dans sa vie et décide d'adopter Léon, qui n'est pas mécontent d'avoir un peu de compagnie. Jusqu'à ce qu'il se réveille une nuit à côté d'une très jolie femme aux yeux étranges, sans savoir comment elle est arrivée dans son lit...

Cette année 2013 commence décidément très fort sur le plan des belles découvertes. Pioché un peu au hasard dans les rayons de Brüsel, "Mine : Une vie de chat" est un enchantement de bout en bout, une  émouvante histoire pleine de magie, de poésie et d'humanité, le genre de lecture qui fait chaud au coeur et donne envie de se blottir contre une personne aimée en écoutant tomber la pluie. J'ai dévoré ses 174 pages d'une traite avec un sourire idiot.





lundi 24 décembre 2012

La belle histoire de mémé Misao et de son matou Fukumaru



Il y a 12 ans, la photographe japonaise Miyoko Ihara, désireuse de conserver une trace de la vie de sa grand-mère, a commencé à la prendre en photo dans sa petite maison à la campagne ou au travail dans les champs alentour. Et puis un jour, mémé Misao a trouvé dans sa cabane à outils un chaton aux yeux étranges - l'un jaune et l'autre bleu. Elle l'a appelé Fukumaru, dans l'espoir que le dieu de la chance (fuku) viendrait à travers lui aplanir toutes les difficultés pour rendre sa route fluide comme le tracé d'un cercle (maru). 


Très vite, une grande complicité est née entre la vieille dame et son petit protégé, qui ont pris l'habitude de tout faire ensemble: manger, dormir, cueillir fruits et légumes... Misao, aujourd'hui âgée de 88 ans, est devenue sourde avec l'âge, tandis que Fukumaru a toujours eu des problèmes d'audition. C'est avec des regards et des caresses que ces deux-là se parlent. 


Miyoko Ihara a immortalisé leur quotidien dans un livre touchant, à la fois documentaire en images sur la vie dans le Japon rural, ode à la beauté du quotidien et magnifique témoignage de l'amitié entre un humain et un animal. Oubliez Amazon, où cet ouvrage n'est plus disponible que chez des vendeurs tiers à un prix ahurissant, et rendez-vous plutôt sur la page de l'auteur



Misao et Fukumaru vous souhaitent un Joyeux Noël! 


dimanche 28 octobre 2012

Autopsie d'un week-end


Avant

Samedi matin, je laisse Chouchou et son ami Gianluca descendre le vieux meuble télé pour l'emporter chez Troc International. Je les regarde négocier l'escalier plutôt raide et étroit de l'immeuble avec des visions de marche ratée et de crâne éclaté sur le palier du dessous. Quand Chouchou rentre, nous filons chez Pêle-Mêle où je veux me débarrasser d'un sac de bouquins déjà lus, et où je réussis à en trouver 3 autres qui figuraient sur ma liste "à acheter". Puis cap sur Ikea pour acheter les deux buffets bas destinés à maximiser l'espace de rangement contre le mur face au canapé. Il fait une température négative et un beau ciel bleu; en regardant défiler les arbres jaunes-orange-rouge sur le bord de la route, je pense que c'est une journée parfaite pour la chasse, et mes larmes coulent en silence. 

Bien entendu, nous sacrifions à la tradition qui veut qu'on ressorte TOUJOURS de chez le Suédois avec quelques merdouilles supplémentaires: en l'occurrence, un tapis de douche antidérapant car ça m'arrangerait de ne pas me péter le coccyx dans les jours qui viennent - ni même jamais -, un valet de douche pour remplacer le nôtre qui est tout rouillé, un nouveau panier à linge sale car l'ancien vient de rendre l'âme, et deux mugs blancs que je veux décorer avec un feutre à céramique. En sortant, je me dis que j'aurais dû en prendre quatre pour en faire décorer deux autres à Chouchou avec nos avatars BD. Tant pis. 

Il est 14h et il commence à faire vraiment faim: nous nous garons sur l'avenue Louise pour aller tester le Makisu de la rue du Bailli. Malgré l'heure un poil tardive, la salle est encore blindée de monde. Nous parvenons néanmoins à obtenir une table et à commander. Même avec l'option customisée, le choix de makis et de California rolls reste moindre que chez Sushi Shop, mais le rapport qualité-prix est correct ici aussi, et j'aime bien le petit tempura mix traité façon donburi que je partage avec Chouchou. La soupe miso, par contre, est vraiment trop salée. Une adresse sympa sans être extraordinaire, à fréquenter seulement en dehors des heures de pointe. 




Petit détour chez Allemeersch pour acheter une de leurs délicieuses tartes aux fraises (pas de saison, je sais, et là tout de suite, je m'en cogne), puis retour à la maison et déchargement de tout le barda. J'ai monté des dizaines et des dizaines de meubles Ikea dans ma vie; j'ai un doctorat avec double spécialisation Expedit/Billy. Franchement, je suis une championne olympique de la notice de montage muette. Hé bien ces deux cons de buffets manquent me rendre chèvre quand même. Pas une seule vis, que des trucs à emboîter - mais sur une telle longueur que quand ça clique d'un côté, ça sort de l'autre. Impossible à faire seul, et à deux, clairement, on risque son couple. Les séances de thérapie conjugale de l'été 2011 étaient de toute évidence un investissement plus que rentable à long terme, car nous réussissons à finir sans divorcer avant même de nous être mariés. Mais je ne vous cache pas que ce fut rude. 

Nous laissons le chantier inachevé pour partir chez un couple d'amis qui attendent un heureux événement. Quand je trouve le monde un peu dur avec moi, les bonnes nouvelles des autres me mettent du baume au coeur et me rappellent qu'un jour, je redeviendrai gaie moi aussi. Je complote déjà pour crocheter une couverture de naissance au futur enfant, partant du principe qu'un cadeau fait main ne se refuse pas et doit même obligatoirement être accepté avec un air extatique. Je sais, je suis diabolique. Mini-madeleines à la pistache, tajine de poulet au citron confit, tarte aux fraises, Bourgogne et thé à l'orange. Surtout: pelotage éhonté d'un des deux chats de la maison, gros pépère noir et blanc super placide qui se laisse tripoter sans broncher par Chouchou et par moi. Nous ne revenons pas sur notre décision de ne pas reprendre de chat tant que nous vivons dans ce (très) petit appartement et bougeons beaucoup, mais ça me manque terriblement. 

Chouchou dort debout - ou assis, ou vautré par terre -, et nos amis semblent eux aussi un peu fatigués par leur semaine. Nous prenons congé vers 23h et rentrons nous faire une nuit exceptionnellement prolongée par le passage à l'heure d'hiver. En relevant ma boîte mail avant d'aller dormir, j'y trouve un message signé de mon père. Je comprends que ma mère ait voulu conserver son adresse, mais voir "Abel T: news" sur l'écran de mon ordi avec la date du jour, ça me retourne un tout petit peu le coeur... Comme ça doit bien faire douze heures que j'ai les yeux secs, je pleure un coup pour la bonne mesure. 


 Après 
(mais ça n'est pas terminé, il faut encore virer le vieux poste Panasonic 
pour le remplacer par un écran plat, un de ces 4...)

Dimanche matin, Chouchou part chez sa mère lui installer son nouvel ordinateur pendant que je réarrange le coin salon et fais le ménage de la cuisine et de la salle de bain. Lorsqu'il rentre, j'improvise une brouillade aux courgettes pour qu'on mange vite et qu'il puisse attaquer sa part du ménage. Pendant ce temps, je lis un des trois bouquins achetés la veille. "Intuitions", histoire de secrets de famille dans un milieu bourgeois, se révèle assez désastreux sur le plan du style avec une narration laborieuse, des personnages en carton et des dialogues qui sonnent atrocement faux. Je suis bien contente de ne l'avoir payé que 3 euros: il ne les vaut même pas. 

Nous sommes censés aller voir le dernier Tim Burton à la séance de 17h30. Trois quarts d'heure avant, Chouchou finit par suggérer que peut-être, ça n'est pas une très bonne idée vu que ça parle d'un petit garçon qui a perdu son chien qu'il aimait beaucoup et qui tente de le ressusciter. Avec toute la dignité et la maturité qui me caractérisent, je me mets alors à sangloter que je veux qu'on me rende mon papa. Hum. Une autre fois, le ciné, donc. Au lieu de ça, je me lance dans la confection d'un flan à l'ananas avec le spécimen réunionnais rapporté par mon oncle la semaine dernière. J'avais oublié combien c'est fourbe, un ananas, encore plus chiant à éplucher qu'une tranche de courge. Et bien que je suive la recette à la lettre, le résultat final ne ressemble pas du tout à la photo: l'ananas a rendu beaucoup d'eau, si bien que l'appareil ne s'est pas solidifié correctement à la cuisson. 

Si j'ajoute à ça qu'il fait maintenant nuit avant 18h, je crois que l'univers tente de m'envoyer un message: ce deuxième semestre 2012 est à jeter, et je ferais mieux d'aller hiberner sous la couette jusque début 2013. 

samedi 15 septembre 2012

Et soudain, un paquet de frites place Flagey



J'ai l'impression de peser trois tonnes en ce moment. Tout me coûte dix fois plus d'efforts que d'habitude; je n'ai pas envie de grand-chose à part dormir et, si possible, ne pas rêver de chatons. L'autre nuit ils étaient cinq, un noir un blanc un roux un rayé bleu et un rayé violet, deux mois à vue de nez, encore leur poil de bébé; ils ne faisaient pas le moindre bruit et passaient leur temps à se cacher si bien que je craignais toujours de les avoir perdus. Quand je me suis réveillée j'ai eu un tout petit peu envie de pleurer en voyant qu'ils n'étaient plus là. 

Si je n'étais pas maximégacharrette, non pas sur ma trad en cours mais sur la suivante que j'ai accepté de faire en un laps de temps ridiculement court, je passerais mes journées à boire des litres de thé en regardant dans le vague. 

Moyennant quoi, cet après-midi lors d'un passage impromptu chez Brüsel, je n'ai pas trouvé mieux que d'acheter une bédé déprimante et "Le bruit des clefs", longue lettre d'Anne Goscinny dédiée à son père mort. Ambiance. En ressortant, parce que j'avais un petit creux, j'ai cherché une boulangerie du regard. Chouchou a cru que je matais le Frit'Flagey et m'a dit un "Non" très ferme, du genre qu'une femme qui connaît sa place et qui respecte l'autorité masculine ne songerait jamais à contester. 

Dix minutes plus tard, grâce à une file miséricordieusement courte pour une fois, nous nous asseyions sur un banc avec un gros paquet de frites et deux petites barquettes de sauce, mayo pour lui et poivre pour moi. La température avait dû monter de dix degrés depuis que nous étions sortis de chez nous une heure avant; je marinais dans mon pull à étoiles et Chouchou a failli prendre un coup de soleil sur le crâne. Mais jusqu'à ce que la dernière frite soit avalée et que les papiers gras aillent nourrir la poubelle la plus proche, ma déprime s'est tenue respectueusement à distance.

Vivent les frites.




vendredi 17 août 2012

Tourner la page




Bien sûr, la tristesse ne s'est pas envolée comme par magie. Plusieurs fois par jour, je me surprends à chercher Scarlett du regard. Quand je rentre à la maison et qu'elle n'est pas roulée en boule sur le canapé, quand je me couche le soir et qu'elle n'accourt pas en miaulant à tue-tête, ça me fait tout drôle.

Oui, sans elle, cet appartement n'a plus d'âme. Mais il n'a pas non plus d'odeur musquée et tenace, impossible à évacuer faute de pouvoir ouvrir les fenêtres en grand. Le sol n'est plus jonché de touffes de longs poils blancs, ni de traces de vomi ou de déjections diverses. Nous passons moins de temps à faire le ménage. L'alèse qui nous servait de couvre-lit enlevée, nous revoyons la couleur de nos draps. Et nous faisons des nuits complètes pour la première fois depuis quatorze mois. La cohabitation était devenue vraiment difficile les derniers temps, dans nos 50 mètres carrés sans portes ni balcon si mal adaptés à un animal. Du coup, je ne peux pas nier qu'un certain soulagement se mêle à mon chagrin.

Je n'ai plus peur d'écraser une petite patte chaque fois que je repousse mon fauteuil de bureau à roulettes ni que je descends d'une chaise sur laquelle j'étais montée pour attraper quelque chose. Je peux laisser les placards ouverts sans crainte d'y enfermer Scarlett par mégarde. Je fais des plans pour changer le canapé, évacuer le bac à litière et l'arbre à chat et les remplacer par une bibliothèque supplémentaire dont nous avons cruellement besoin. Hier, je me suis offert un joli bouquet orange pour orner ma table de salle à manger, sans crainte que Scarlett s'intoxique en mâchouillant les feuilles ou renverse le vase sur nos ordinateurs. Elle me manque, mais je suis prête à tourner la page. 

mardi 14 août 2012

Scarlett, la fin du voyage


J'ai toujours détesté les chats. Probablement parce que, enfant, je n'ai connu que la chatte noire et blanche de mes cousines, une sauvageonne de la campagne prompte à envoyer les griffes quand on tentait de la caresser. Du coup, je les voyais tous comme des êtres fourbes et incompréhensibles.

Puis, au début des années 90, je me suis mariée avec un amoureux des chats et nous avons emménagé dans un rez-de-jardin où chacun de nous avait son bureau séparé. Je n'ai pas tardé à m'apercevoir que dès que j'avais le dos tourné, il ouvrait sa fenêtre pour laisser entrer un gros matou rayé gris et blanc qu'il avait pris en affection. J'ai d'abord râlé. Puis j'ai dit d'accord, mais il ne sort pas de ton bureau. Puis j'ai vu que le gros matou, qui aimait se draper sur ses épaules, bavait bizarrement. En grommelant, je l'ai emmené chez le véto - qui a dit que c'était juste une manifestation normale de bien-être chez certains félins. Je l'ai baptisé Pépito. Je lui ai acheté une gamelle et du Whiskas. Deux semaines plus tard, j'ai remarqué dans le jardin de la résidence une petite femelle gris bleuté magnifique. J'ai acheté une deuxième gamelle pour Fumée. J'étais déjà à moitié foutue. 

Le 12 novembre 1995, mon mari m'a entraînée à une expo féline, ma toute première. Je ne connaissais rien aux chats de race, et je suis passée d'une cage à l'autre en m'extasiant devant la beauté des chatons à adopter. Nous avons fait tout le tour du hangar. Et juste avant la sortie, je me suis arrêtée net, comme frappée par la foudre. Dans la dernière cage, une minuscule peluche blanche était roulée en boule autour de la main de son éleveuse qui lui grattait le ventre. Ses poils longs formaient un halo soyeux; elle avait de grands yeux d'un bleu très vif, le museau, les oreilles, la queue et la pattes couleur chocolat, et les orteils tout blancs comme si elle avait marché dans de la farine. En moins d'une seconde, j'ai su qu'elle était à moi. Ou moi à elle. Je n'avais pas la moindre idée du prix d'un Sacré de Birmanie, mais j'étais prête à manger des pâtes pendant six mois pour repartir avec la créature qui venait de me voler mon coeur. 


Eté 1996; Scarlett n'avait pas encore un an...

Puis j'ai divorcé; je suis partie aux Etats-Unis; je suis rentrée à Monpatelin; je me suis pacsée avec l'Homme; j'ai acheté un appartement; je me suis dépacsée; j'ai rencontré Chouchou et émigré à mi-temps en Belgique. D'autres chats sont entrés et sortis de ma vie pendant toutes ces années. Scarlett était la dernière, la plus maladroite, la plus jolie, la plus câline. Elle est toujours restée ma préférée. Plusieurs fois j'ai cru la perdre: quand le Somali acheté à un élevage belge s'est révélé porteur du FIV et qu'elle a été testée positive dans la foulée; quand elle a fait une occlusion intestinale en 1997 et qu'il a fallu l'opérer en urgence; quand elle a été maltraitée par le voisin à qui Chouchou et moi l'avions confiée quelques jours, en 2008, et qu'elle avait perdu le tiers de son poids à notre retour; quand suite à une cystite elle a cessé de s'alimenter il y a deux ans, et failli se laisser mourir de faim sous mes yeux. Ces accidents de parcours mis à part, je crois qu'elle a eu une vie plutôt sympa, surtout que Chouchou l'adorait lui aussi et s'en occupait énormément. J'aime penser que nous lui avons offert la fin douce qu'elle méritait.

Je l'ai trouvée à 3 mois moins 3 jours, frétillante de vie dans une cage d'exposition à Nantes; je l'ai laissée à 17 ans moins 2 jours, inerte sur la table chromée d'un vétérinaire de Bruxelles, après que son dernier battement de coeur a résonné contre ma paume. Aujourd'hui, il ne reste d'elle qu'un corps froid qui attend d'être brûlé dans un tiroir, une absence cruelle au creux de ma main et de l'amour qui n'a plus nulle part où aller.





lundi 13 août 2012

"Thanx for all little one"




Une photo un peu prophétique prise samedi après-midi à côté de Sterling Books. 
Merci à toutes les copines et les lectrices, parfois complètement inconnues jusque là, 
qui m'ont envoyé un mail de soutien aujourd'hui. 
Vos pensées comptent.