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mardi 25 décembre 2018

"Le Japon: 100 instants de voyage" (Edith Silva)


En 2016, Edith Silva et son conjoint ont passé 5 mois au Japon. Munis d'un Permis Vacances Travail, ils exploré la moitié sud de l'île de Kyushu en mélangeant tourisme et wwoofing dans des exploitations agricoles bios. Tout au long de leur périple entre Yakushima et Tokyo, l'autrice a croqué des situations de leur quotidien, et plus tard, ayant découvert cette forme typiquement japonaise de poésie dans un ouvrage de Natsume Soseki, elle a eu l'idée d'accompagner chacun de ses dessins d'un haïku. Le résultat est ce recueil d'instantanés de voyage dont le graphisme presque enfantin et l'économie de mots se combinent pour créer des vignettes douces, drôles et ultra-dépaysantes. Les notes insérées à la fin éclairent les néophytes sur les particularités de la culture japonaise. Pour ceux qui, comme moi, s'intéressent au sujet depuis longtemps et se sont lassés de lire toujours le même type de récits faits par des Occidentaux, "Le Japon : 100 instants de voyage" est aussi délicieusement rafraîchissant qu'un thé vert glacé par une journée d'été. 

dimanche 8 avril 2018

"Les petits riens T8: Tout est à sa place dans ce chaos exponentiel" (Lewis Trondheim)


Déjà le 8ème tome des "Petits riens", cette collection d'anecdotes autobiographiques dessinées par Lewis Trondheim et, jusqu'à il y a quelques mois, pré-publiées sur son blog. L'auteur y saisit des moments absurdes de son quotidien et de ses voyages professionnels, illustre ses réflexions désabusées ou perplexes, partage ses névroses dérisoires et ses victoires minuscules sur l'adversité. Et bien qu'il se présente, sans doute de manière assez justifiée, comme un type bougon qui n'irradie pas franchement la joie de vivre, beaucoup de choses me le rendent très sympathique. Sa lucidité sur lui-même. L'angle parfois un peu absurde sous lequel il considère les choses. Le couple solide, uni mais pas fusionnel, qu'il forme avec sa femme. Sa capacité, au milieu d'une kyrielle d'angoisses petites ou grandes, à profiter de la vie malgré tout. Et bien sûr, son talent pour dessiner et raconter tout cela. "Les petits riens" fait partie des très rares bédés qu'il m'arrive de relire parfois, et toujours avec le même plaisir. 

mercredi 7 février 2018

"Petite balade et Grande Muraille" (Maïté Verjux)


Au début de l'année 2016, Maïté Verjux, fraîchement diplômée d'une école de graphisme et n'ayant pas de projets précis pour la suite, décide de partir dans un endroit lointain dont elle ne parle pas la langue afin de sortir de sa zone de confort et tenter l'expérience de la communication par le dessin. Elle choisit de se rendre à Pékin pour une période de trois mois, et c'est ce séjour qu'elle relate dans cet ouvrage. Partie sans grande connaissance de la culture locale et sans attentes spécifiques, elle est choquée à son arrivée par la pollution ambiante, mais aussi par les conditions de vie dans sa coloc bondée. Après avoir passé deux jours dans son lit sans oser mettre les pieds dehors et sans manger quoi que ce soit, elle se décide à s'aventurer dans les rues de Pékin... 

Très intéressée par l'Asie et amatrice de récits de voyage, surtout illustrés, je ne pouvais que me pencher sur le premier ouvrage publié par Maïté Verjux. Si j'ai beaucoup apprécié ses dessins et son utilisation de l'écriture inclusive, je ne peux vraiment pas dire que son expérience m'a donné envie de me rendre à Pékin (ou n'importe où ailleurs en Chine, sorti de Hong-Kong). Entre la pollution abominable, l'hygiène plus que douteuse, la propagande omniprésente dans les lieux culturels, les tentatives d'arnaque dont l'auteure est plusieurs fois la cible, la façon dont les autochtones traitent les Européens comme des bêtes curieuses et le grouillement humain insupportable dans tous les lieux touristiques, y compris à l'extérieur des grandes villes, j'ai eu l'impression que tous mes cauchemars de voyage urbain se trouvaient rassemblés au même endroit. Si l'auteure a fait des expériences positives en Chine - hormis pour une journée qu'elle passe dans la montagne avec des amis juste avant de rentrer en France -, ça ressort assez peu. C'est bien la première fois de ma vie qu'un récit de voyage me donne envie de ne surtout pas bouger de chez moi. 

mercredi 26 juillet 2017

"J'aime le nattô" (Julie Blanchin-Fujita)


Expatriée à Tokyo depuis fin 2009, l'illustratrice Julie Blanchin raconte en images ses aventures nippones: ses appartements de style années 70 et ses petits boulots successifs, sa découverte de la nourriture et des coutumes locales, son apprentissage de la langue japonaise, l'ascension du Mont Fuji avec ses parents venus lui rendre visite, les tremblements de terre de mars 2011, sa rencontre avec celui qu'elle finira par épouser... Elle montre ce qu'elle aime et n'aime pas dans ce pays si différent du nôtre, évoque ses particularités plus ou moins connues: les toilettes sidérales, les transports en commun super efficaces, les vélos qui roulent à tombeau ouvert sur les trottoirs mais aussi l'omniprésence des cafards et des cigales asiatiques appelées semis. Malgré un style graphique assez différent, on pense très fort au "Tokyô sanpo" de Florent Chavouet - et on prend le même plaisir à s'immerger de nouveau dans la culture japonaise vue à travers les yeux d'un(e) gaijin. "J'aime le nattô": un mélange de carnet de voyage et de carnet intime très réussi!