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mercredi 23 janvier 2019

Se détacher de la colère, survoler les problèmes





Début juillet, ça fera 25 ans que j'exerce le métier de traductrice littéraire avec un statut de travailleuse indépendante. Des retards de paiement, j'en ai toujours connu. Mais là où autrefois, ils étaient l'exception (hormis en août et dans la seconde quinzaine de décembre), ils sont devenus la norme au cours de la dernière décennie. Désormais, j'ai de la chance quand j'arrive à me faire régler une facture moins de deux mois après son émission. En plus de me compliquer sérieusement la vie, ça me met dans une rage folle. Je suis toujours à l'heure pour rendre mon travail, même quand les délais sont hyper serrés, même quand j'ai été malade, même quand j'ai eu à résoudre des problèmes techniques ou personnels. Pourtant, presque systématiquement, je me retrouve à mendier mon dû pendant des semaines voire des mois après le délai de traitement acceptable. Ca m'use les nerfs, et je ne sais même pas si ça sert à quoi que ce soit. 

vendredi 16 novembre 2018

L'automne de l'angoisse (1/2)





C'est peu dire que je viens de vivre un mois difficile. 

Alors que j'étais en pleine déprime post-voyage raté, combinée à une actualité méga anxiogène et à une confrontation avec ma terreur phobie sévère des souris, je me suis pour la troisième fois cette année retrouvée au chômage technique. Et contrairement aux deux fois précédentes, aucun boulot n'a miraculeusement atterri dans ma boîte mail au bout d'une semaine à peine. Les jours passaient, et tous les messages que j'envoyais me revenaient avec plus ou moins la même réponse: "Désolé(e), mais nous avons déjà du mal à satisfaire les demandes de nos collaborateurs réguliers". Pourquoi? En gros, parce que les traducteurs littéraires sont de plus en plus nombreux alors que les maisons d'édition favorisent de plus en plus la création française en raison d'un coût moindre - et que par ailleurs, comme nos charges ne cessent d'augmenter, chacun de nous a besoin de bosser de plus en plus pour maintenir son niveau de vie.

mardi 17 juillet 2018

De la zone de confort et des coups de pied au cul qui nous en éjectent





J'avais prévu de consacrer mon mois de juin à la traduction d'un livre dont la VO n'était finalement pas disponible à ce moment-là, et ne le serait sans doute pas avant début juillet. Confrontée à la perspective d'un mois de chômage technique, j'ai paniqué et battu le rappel des troupes - autrement dit, j'ai contacté toutes les éditrices avec qui j'avais déjà travaillé pour leur demander si elles auraient quelque chose à me proposer en urgence. La réponse était non. Mais deux d'entre elles avec qui je m'entends particulièrement bien ont eu la gentillesse de parler de moi à leurs collègues. Résultat: avant la fin du mois, j'avais deux romans jeunesse au planning de mon été et, pour peu que je rende du bon boulot, l'assurance d'autres commandes à venir pour deux grosses maisons qui pratiquent des tarifs très satisfaisants. 

lundi 19 mars 2018

Du boulot, de l'Irlande, de la laine et du Japon





Après une journée éprouvante et une nuit blanche, ce n'est rien de dire que je ne suis pas au meilleur de ma forme lorsque je me lève vendredi matin... Pendant que je tente de me convaincre que je ne suis pas du tout épuisée et que mon rendez-vous va très bien se passer (méthode Coué, mon amour), Chouchou descend à la bonne boulangerie conseillée par notre logeuse pour en rapporter croissants et pains au chocolat fort bienvenus puisque j'ai également sauté le dîner d'hier. Un peu rassérénée, je me dirige vers le métro avec une marge suffisante pour pallier tout nouvel imprévu, et arrive donc avec une demi-heure d'avance. Histoire de tuer le temps, je fais un tour à la Fnac voisine de chez mon éditrice et y achète deux mangas (le T8 de "March comes in like a lion", qui vient juste de sortir, et le premier d'"Artiste", dont le thème culinaire pourrait me plaire). 

dimanche 18 mars 2018

"J'ai survécu à la soirée d'inauguration de Livre Paris", un témoignage poignant de notre envoyée spéciale




Jeudi midi, une heure avant le départ de l'Izy qui doit nous emmener à Paris où j'assisterai le soir même à l'inauguration de Livre Paris, je vérifie les billets achetés par Chouchou mi-janvier et imprimés la veille. 

Ils sont au départ de Paris Nord et à destination de Bruxelles. Bien entendu, non échangeables et non remboursables. 

lundi 26 février 2018

Le patois provençal appliqué à la littérature et à la traduction





Avoir la pigne = être fortement agacé
"Quand j'achète un livre à 20€ et qu'il me tombe des mains au bout de 50 pages, j'ai la pigne."

Escagasser = massacrer
"Si mes exemplaires de traductrice étaient emballés un peu plus soigneusement, ils n'arriveraient pas tout escagassés."

mardi 30 janvier 2018

Un Vrai Travail




J'ai eu des parents fonctionnaires, qui m'ont poussée à faire les meilleurs études possibles selon eux (une grande école de commerce, alors que je rêvais d'aller en fac de langues ou de psycho) afin qu'à la sortie, je sois certaine d'avoir un Bon Travail. Un Bon Travail, dans leur esprit, c'était un emploi dans une grande entreprise, avec possibilité de monter dans la hiérarchie et d'avoir un gros salaire. Mon père étant issu de la classe populaire, je peux comprendre qu'il ait eu pour moi ce genre d'aspiration synonyme, dans son esprit, de sécurité professionnelle et financière. Sauf que le monde du travail avait un peu changé depuis qu'il y était entré, et surtout que ce qu'il considérait comme une voie royale m'emmerdait à crever. Trois ans après ma sortie de Sup de Co Toulouse, j'ai opéré un virage à 180° en devenant traductrice littéraire. 

mardi 7 février 2017

February snapshot




J'ai beaucoup trop de travail en ce moment; je rêve de prendre un après-midi de congé juste pour aller me promener. En réalité, je n'ai même plus le temps d'assister au cours d'aerial yoga du mardi - et une fois par semaine, je sens bien que ce n'est pas assez, surtout alors que je fais actuellement une obsession sur les pâtes au gorgonzola. Je compte les jours jusqu'au 2 mars, date à laquelle j'aurai rendu mes deux traductions en cours: un roman de science-fiction jeunesse super sympa et le 25ème tome d'une série qui, que, bref. Il faudrait que je termine le tout dernier dossier comptable pour mon association de gestion agréée, que je refasse ma couleur et mon profil LinkedIn, mais j'ai la flemme. Je vis pelotonnée dans mes grands gilets en tricot et quand j'ai fini de bosser, l'après-midi, je n'ai pas le courage d'affronter le froid et le jour déclinant: je préfère me réfugier sous ma couette avec un bouquin. 

Pourtant, j'ai plein d'idées de sorties, de choses à tester, de projets autour du blog. Mais ma motivation risque d'hiberner quelques semaines encore. Je teste des séries télé et les rejette les unes après les autres, hormis "A series of unfortunate events" que je regarde avec un enthousiasme mitigé. Je manque d'inspiration pour remplir mon Hobonichi de la façon que je voulais. Du moins ai-je réussi à endiguer mon angoisse face à l'actualité. Je continue à suivre l'incroyable cirque médiatique autour des présidentielles françaises et l'incroyable résistance des Américains aux horreurs trumpiennes, mais avec un peu plus de distance. Je ne vais pas mal; je ne suis même pas réellement déprimée, mais je remets tout à plus tard: quand je serai venue à bout de cet Himalaya de travail, quand mon corps et mon esprit engourdis par le manque de lumière et de chaleur commenceront à se réveiller. 

Et vous, comment ça va en ce moment?

jeudi 24 novembre 2016

Le truc de l'auto-correct


Quand je suis devenue traductrice littéraire, une chose m'est apparue assez vite: ma productivité était limitée, non pas par la vitesse à laquelle je changeais l'anglais en français dans ma tête, mais par la vitesse à laquelle j'entrais le résultat dans mon traitement de texte. J'appartiens à la dernière génération qui n'a pas appris à se servir correctement d'un clavier d'ordinateur; aujourd'hui encore, je tape avec cinq doigts maximum, dans un joyeux désordre qui fait le désespoir de mon ancienne dactylo de mère. 

Bien sûr, j'aurais pu prendre des cours pour corriger mes mauvaises habitudes, mais ça me gonflait. Alors, en bonne feignasse soucieuse de maximiser le rapport effort déployé/résultat obtenu, j'ai trouvé un truc tout bête qui m'a permis de doubler ma vitesse de frappe. Je pensais que tout le monde faisait ça, et puis chaque fois que j'en discute avec des collègues, je me rends compte que non. Donc, juste au cas où vous auriez le même problème que moi, je vous livre mon astuce. 

Dans Word (ou Neo-Office), allez dans le menu déroulant "Options" tout en haut de votre écran, et cliquez sur "Corrections automatiques" (ou "Options d'Auto-Correct"). Vous y trouverez, déjà programmées, des corrections de fautes d'orthographe et de frappe les plus courantes. Ce que je vous propose, c'est d'y rajouter des raccourcis des mots et expressions que vous utilisez le plus couramment. Par exemple: dans la colonne de gauche Remplacer:, vous tapez qm, et dans celle de droite Par:, vous tapez quand même. Puis vous cliquez sur le bouton Nouveau à droite. Répétez la procédure pour créer autant de raccourcis que vous voulez, et tout à la fin, cliquez sur le bouton OK en bas pour valider l'ensemble. Désormais, chaque fois que vous taperez qm, votre traitement de texte écrira quand même



Quel que soit le secteur dans lequel vous travaillez, vous devez employer un bon 50% de termes et d'expressions récurrents. Créez pour chacun d'eux un raccourci en 2 ou 3 lettres qui ne se trouvent naturellement telles quelles dans aucun mot de la langue française: surtout pas de va, de il, de la... Commencez par une dizaine de choses faciles à retenir et, une fois que vous avez pris l'habitude d'utiliser ces premiers raccourcis, allongez progressivement la liste en fonction des mots ou expressions qui vous semblent les plus fréquents dans votre job. 

Pour ma part, en plus des termes généraux, j'ai toujours un tas de raccourcis liés à ma traduction en cours, notamment les noms de lieux ou de personnages. Par exemple, pour une série de bit-lit bien connue: vp = vampire, lg = loup-garou, mm = métamorphe, ly = lycanthrope, sl = Saint-Louis, cd = Cirque des Damnésjc = Jean-Claude, mh = Micah, nl = Nathaniel... Vous voyez l'idée. Parfois, quand je change de bouquin, je veux réutiliser un raccourci que j'avais déjà employé pour un autre. Par exemple, si mon nouveau héros s'appelle Jean-Christophe, il me suffit de retourner dans les options de correction automatiques et de modifier le contenu de la colonne de droite en face de jc. (Toujours sans oublier de valider en bas à la fin, sinon le changement ne sera pas pris en compte.)

Plus on s'habitue à utiliser le procédé, plus on peut gagner de temps de frappe - au premier jet, mais aussi en éliminant le risque de coquilles à corriger plus tard - en compliquant les raccourcis. Dans les bouquins que je traduis, il y a des expressions liées à la gestuelle qui reviennent tout le temps; souvent, elles tiennent en un seul mot en anglais mais sont bien plus longues en français. Exemple: "he shrugged" qui devient "il haussa les épaules", ou "he glanced" qui devient "il jeta un coup d'oeil". Et hop: he = haussa les épaules, jco = jeta un coup d'oeil. Je pourrais continuer comme ça pendant des pages et des pages, mais vous voyez l'idée. Comme je tape au kilomètre (km = kilomètre) dans mon boulot, ce bête truc me fait économiser un temps fou. Essayez, vous allez voir!

mercredi 23 novembre 2016

La carotte et le tunnel




Hier matin, alors que je lui annonçais que j'allais lui rendre en fin de semaine la trad qu'elle voulait pour début janvier, une de mes éditrices m'a demandé si je serais intéressée par un autre boulot à remettre début mars au plus tard. J'ai commencé par répondre que ça ne serait pas possible, car j'avais déjà un monstre d'un million quatre cent mille signes à boucler pour cette date. Puis j'ai regardé le bouquin: il avait l'air très sympa. Et j'aime bosser avec cette éditrice. Et je vais avoir des tas de dépenses extraordinaires en début d'année prochaine: le ravalement de façade de ma résidence, mon MacBook à changer, le début des prélèvements de la fameuse retraite complémentaire obligatoire de la RAAP qui va nous pomper 8% de nos revenus bruts... Bref, je ne cracherais pas sur quelques milliers d'euros supplémentaires. Mais ça voudrait dire me taper des semaines de damnée jusqu'à début mars. A mon âge canonique et compte tenu de ma fainéantise congénitale, est-ce bien raisonnable? Indécise, je feuilletais le bouquin en me disant que ça serait quand même bien que l'univers m'envoie un signe, lorsque j'ai remarqué que l'héroïne s'appelait comme Funambuline-en-vrai, coquetterie orthographique incluse, et que le personnage masculin principal portait le prénom de mon père, qui n'était pas un prénom courant. J'ai joué au Tétris avec mon planning et dit banco à mon éditrice. 

Dans la foulée, j'ai proposé à Chouchou: "Viens, on profite des super promos de Brussels Airlines qui se terminent ce soir et on se réserve un grand week-end quelque part en mars, parce que je l'aurai bien mérité." On a regardé les destinations pour lesquelles il y avait des aller-retour à 58€, à condition de revenir au plus tard le 22 mars. Immédiatement, j'ai piaillé: "Oslo, Oslo! C'est la dernière capitale scandinave qu'on n'a pas faite, parce que la vie est tellement chère là-bas, mais si on prend un appart Air B'n'B, ce sera peut-être jouable." On a regardé les apparts Air B'n'B: il y avait moyen de dégoter un studio équipé en centre-ville pour moins de 100€ la nuit. Je ne me tenais plus de joie, mais j'ai quand même eu l'idée de vérifier les températures moyennes à Oslo en mars. -3°. Ah. Euh, non. On dirait qu'on va se garder ça sous le coude pour le mois de juin ou de juillet, plutôt. Dans les autres destinations possibles, il n'y avait malheureusement pas Dublin, qui figure sur notre liste de villes à visiter depuis longtemps mais que Brussels Airlines ne dessert pas en direct. Chouchou était très tenté par Berlin, et moi toujours pas du tout. Naples, il faudrait avoir une grosse semaine pour se faire la côte amalfitaine en voiture. En fin de compte, on a donc opté pour Lisbonne. On avait eu un goût de trop peu en 2010 - et depuis, des tas d'escapes games ont ouvert là-bas. De plus, il devrait faire beau au Portugal début mars, la vie n'y est pas chère et on n'aura pas de mauvaise surprise avec le taux de change. 

Lisbonne est donc officiellement devenue la carotte au bout d'un tunnel de boulot de trois mois. Bah, de toute façon, qui a besoin de temps libre en hiver, quand il fait froid et moche et que c'est si difficile de se motiver pour sortir? 

samedi 6 février 2016

Le festival de la boulette


Je vous présente ma dernière traduction. 


A l'époque où mon planning de ce début d'année s'est brusquement vidé, j'ai paniqué un peu et fait savoir que je cherchais du boulot. Une éditrice et amie, qui avait besoin de faire traduire assez rapidement le tome 2 d'une série dont le traducteur du tome 1 n'était pas disponible à la bonne période, m'a envoyé un fichier .pdf pour que je voie si ça m'intéressait. J'ai parcouru quelques chapitres, trouvé ça sympa et dit OK. Je disposerais de quatre semaines pour traduire et relire 400 pages, ce qui était un peu chaud mais néanmoins jouable à condition de ne pas flâner en route. 

Le contrat signé, l'éditrice m'a envoyé deux livres-papier: le tome 1 en français et le tome 2 en anglais. Je voulais bien entendu lire le tome 1 avant de commencer, pour me mettre au parfum, mais juste avant cette traduction-là, j'en avais bouclé une autre en très peu de temps aussi, et j'avais envie de souffler. Donc, au lieu de lire le tome 1 le week-end avant d'entamer la traduction du tome 2, j'ai reporté au week-end suivant, en me disant que si j'avais fait des erreurs dans le premier quart, je les corrigerais à la relecture. 

La première semaine s'est très bien passée. Je suis rentrée tout de suite dans le style de l'auteur, je me sentais vraiment à l'aise. En plus, on devait garder le même contexte mais changer de personnage principal par rapport au tome 1, parce qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne, sa famille, son passé, ses motivations... Du coup, je me suis dit que comme le traducteur précédent avait établi un lexique, je pouvais sans doute me passer de lire le tome 1. Mais par conscience professionnelle, j'ai quand même voulu m'y mettre dès le vendredi soir, après avoir bouclé mon quota de pages pour la journée. 

C'est là que je me suis aperçue que le .pdf sur lequel je bossais (le seul dont je disposais, puisque par ailleurs j'avais des livres-papier) n'était pas celui du tome 2 mais du tome 1. Dont je venais de retraduire inutilement le premier quart. Tu m'étonnes qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne...

Il me restait 3 semaines pour traduire et relire 400 pages. Et je ne pouvais pas réclamer de délai, parce que l'éditrice avait déjà accepté de mordre d'une semaine sur son temps de relecture pour me permettre de faire la traduction en premier lieu. Moi qui suis tellement attentive aux détails d'habitude, je ne comprenais même pas comment j'avais pu faire une boulette pareille. 

Je me suis traitée de tous les noms d'oiseaux. Puis, au lieu de paniquer ou de me lamenter, j'ai mis au point un plan de bataille. J'ai redécoupé le texte en fonction du temps qui me restait, en faisant sauter les après-midi libres que je m'étais gardés pour boucler ma compta pro 2015 et remplir le dossier correspondant pour mon association de gestion agréée: je m'en occuperais le week-end, ou plus tard car j'avais un peu de marge. J'ai annulé tous les autres trucs que je comptais faire un jour de semaine pendant cette période-là - tant pis pour mes 10 000 pas par jour et mes promenades de santé. J'avais une boulette à rattraper, et une grosse.

La deuxième semaine, il faisait un beau temps d'hiver, froid mais sec et ensoleillé, ce qui me donnait très envie de sortir l'après-midi. J'avais énormément de mal à m'adapter au travail fait par le traducteur précédent: plusieurs termes importants de son lexique me chiffonnaient, mais j'étais obligée de les garder. Par ailleurs, le style que j'avais apprécié dans le (début du) tome 1 devenait ici franchement basique, avec beaucoup de répétitions et d'expressions vagues qui passaient en anglais mais pas en français, et quantité d'incohérences à corriger. Les boulettes de l'auteur venant s'additionner à la mienne - quel bonheur!

La troisième semaine, il faisait super moche, et j'avais très envie de passer mes journée à lire sous la couette avec un chocolat chaud. En plus, j'avais bien mal au ventre: j'ai d'abord cru que je couvais une gastro, mais au final, ce n'était sans doute "que" mon endométriose. Je tirais la langue un peu plus chaque jour devant mon ordinateur, mais arrivée au vendredi soir, j'étais toujours dans les temps.

La quatrième semaine, je me suis coincé un nerf sous l'omoplate droite en faisant des pompes (y'a pas à dire, le sport, c'est excellent pour la santé). J'ai tendance à traiter ce genre de bobo par le mépris, en me disant que ça passera tout seul, sauf que ça empirait au fil des jours et que je n'avais pas le temps d'aller voir un ostéo. Après avoir bataillé contre des incohérences de plus en plus tragiques, j'ai rendu ma traduction hier soir un peu avant 17h, en me retenant d'écrire dans le mail d'accompagnement à mon éditrice: "Je pense que ton homologue américaine était bourrée quand elle a signé le BAT". Puis je suis partie boire des cocktails pour oublier.

J'espère qu'il va bien marcher, ce bouquin. Franchement, je l'ai mérité.

mercredi 11 novembre 2015

Découpage




C'est un des moments que je préfère dans mon boulot, et pas juste parce qu'il survient dans la foulée de la remise de ma traduction précédente (toujours une grande source de satisfaction et de soulagement mélangés). Lorsque je me suis mise d'accord avec l'éditeur sur les termes du contrat, j'ai bien entendu calculé grosso modo le temps que je devrais passer sur la VO qu'il me propose. Je sais combien de signes français je suis capable de produire par jour en fonction de la difficulté d'un texte; je convertis ça en nombre de semaines et, s'il n'y a pas d'urgence, je rajoute une marge de 25% pour absorber d'éventuels imprévus. 

Mais à la veille d'attaquer une nouvelle traduction, je ressors mon calendrier, ma calculatrice et je note un chiffre précis de pages à traduire chaque jour. Je tiens compte de mes voyages en train, de mes autres obligations et, s'il y a moyen, je me ménage deux après-midi libres par semaine pour aller marcher, faire quelques courses, glander avec un bouquin dans un salon de thé, prendre des rendez-vous plaisir genre massage ou coiffeur. Je calcule quand je pourrai caser des séances de fitness si la motivation est au rendez-vous (péniblement deux fois par semaine, ces jours-ci). Si je suis à Bruxelles, je préserve mes week-ends pour faire des trucs avec Chouchou; si je suis à Monpatelin, je prévois de bosser le dimanche parce que ça n'est pas comme s'il y avait des masses d'autres occupations. 

Petit à petit, je vois se dessiner sous mes yeux les contours de ma tranche d'année suivante. J'aime bien quand elle est courte, parce qu'en matière de traduction comme pour le reste, je suis plus une sprinteuse qu'une coureuse de fond: passer très longtemps sur le même texte m'ennuie et fait chuter à la fois ma productivité et mon plaisir de travailler. L'idéal de mon point de vue, c'est un mois - le temps qu'il me faut pour traduire très peinardement un tome de "Pretty Little Liars" ou autre roman jeunesse de format standard. Deux mois, ça va encore; au-delà, je déprime d'avance. Bien que ce soit super mal payé, j'adore travailler sur des bédés parce qu'à chaque fois, ça me fait une sorte de récréation de deux ou trois jours. 

Hier, donc, j'ai attaqué un chouette stand alone pour ados: l'histoire d'une ado grosse et bien dans sa peau qui décide de participer à un concours de beauté. Ca me mènera jusqu'aux alentours du 10 décembre. Après ça, je consacrerai un autre mois bien rempli à un thriller, sans prendre de pause pour les fêtes car je n'aurai pas le temps. Puis encore un mois au tome 2 d'une série de fantasy jeunesse. Puis... je ne sais pas. J'attends des nouvelles de plusieurs projets. Il y a dix ans, mon planning était plein un an voire un an et demi à l'avance; maintenant, j'ai de la chance quand je sais ce que je vais faire trois mois plus tard. Ce n'est pas du tout agréable mais c'est comme ça, et je tente de m'adapter avec zénitude à cette insécurité grandissante. Me concentrer en détail sur ce que je vais faire pendant la période où j'ai du boulot assuré m'aide pas mal. 

jeudi 20 août 2015

Concours: Affliction (Anita Blake T22)


C'est le festival des exemplaires de traducteur dans ma boîte aux lettres en ce mois d'août, et j'ai besoin de votre aide pour ne pas mourir écrasée sous une pile de livres écroulée! 
Après le concours-flash organisé mardi soir sur la page Facebook du blog et visant à gagner un exemplaire poche des "Quinze premières vies d'Harry August", aujourd'hui, je vous propose de remporter le dernier Anita Blake paru hier en grand format chez Bragelonne. 
Pour cela, laissez-moi un commentaire en me disant ce que vous appréciez le plus dans la série et la raison pour laquelle vous continuez à la suivre après si longtemps. 
Clôture des participations dimanche 23 à midi; tirage au sort et publication des résultats dans la foulée. J'envoie seulement à des adresses postales en France ou en Belgique. 
Bonne chance à tous! 

Edit: Les résultats du concours n'ont jamais été publiés pour la bonne raison que le bouquin que j'avais mis de côté pour l'envoyer au gagnant a été placé par erreur dans le sac des livres à apporter chez Pêle-Mêle. Désolée, je ferai plus attention la prochaine fois!

mercredi 29 juillet 2015

Je suis rapide, mais j'ai besoin de beaucoup d'élan




D'un côté, je suis une feignasse extrême, jamais à court de raisons pour procrastiner les trucs modérément fun - c'est-à-dire, tout ce qui n'est pas lire en buvant du thé ou un cocktail, aller bruncher dans un endroit bobo ou prendre un avion pour une destination semi-lointaine. De l'autre, quand je m'attaque vraiment aux choses, elles sont souvent pliées en un temps record. Exemple concret. Le matin, à moins d'avoir un train à prendre, je mets trois plombes à me lever, et je passe autres trois plombes à errer sur les internets en sirotant un mug de you zi hua cha. Comme en plus, je ne sais me mettre à bosser que sur l'heure pile ou la demie (bonjour la manie idiote), il est minimum 10h quand je tape le premier mot rémunéré de la journée. Par contre, deux heures plus tard, j'ai aligné 15 à 20 000 signes français - et pas du kilométrique, du presque propre. Au final, j'ai un super rendement professionnel en 4 heures par jour à peine, mais sauf exception en période de bouclage, je suis presque incapable de bosser davantage dans une journée. J'ai besoin de temps pour me mettre en condition, et de temps pour laisser refroidir mon moteur après l'effort. 

C'est la même chose avec les grands projets qui risquent de s'avérer difficiles à mettre en oeuvre: j'y pense pendant dans mois, voire des années, en me trouvant tout un tas d'excuses pour ne pas m'y mettre. Et puis un jour, il me prend le coquin de sort (comme on dit par chez moi) et je révolutionne ma vie dans la semaine. Vu de l'extérieur, le brusque changement de régime a de quoi surprendre: je n'ai pas d'autre mode de fonctionnement que "mollusque neurasthénique" et "Speedy Gonzales". Mais en réalité, pendant que j'ai l'air de glander, je me prépare mentalement. Je rassemble des idées - consciemment ou non, d'ailleurs; je soupèse mes propres objections; j'élimine les distractions. Je laisse mûrir ou décanter mes projets initiaux; je les apprivoise jusqu'à ce qu'ils me semblent réalisables. Extérieurement, je reste immobile. Intérieurement, je prends de l'élan pour sauter le plus loin possible du premier coup, parce que les obstacles me rebutent et que les échecs me découragent. 

Voilà pourquoi ça fait déjà deux ou trois ans que je parle de reconversion professionnelle sans rien faire de concret. Mais là, depuis quelques semaines, je tiens une piste qui me plaît beaucoup, et j'ai commencé à chercher des moyens de l'explorer, notamment à travers des lectures personnelles et des cours en ligne. Je bute encore sur un très gros obstacle, qui est mon rapport difficile à autrui. J'ai néanmoins décidé de ne pas attendre d'avoir trouvé une solution pour commencer à me former, parce que sinon, j'y serai encore à l'heure de prendre ma retraite. J'espère qu'en travaillant sur le sujet qui m'intéresse, je vais débloquer en moi les choses nécessaires. Et sinon, bah, j'aurai quand même appris des trucs. Mais je ne pars pas perdante. J'ai réussi à beaucoup progresser sur le plan personnel ces dernières années, et même le bastion "sociopathie" me semble un peu moins imprenable maintenant. 

vendredi 24 avril 2015

La culpabilité du free lance


Illustration trouvée ici

Quand on se met à son compte, on se dit "Chouette, je vais pouvoir organiser mon emploi du temps comme je veux!". Aller chez le docteur ou faire ses courses en décalé avec le reste du monde, se ménager des week-ends en amoureux et des vacances impromptues, ne rien glander les jours où on ne le sent pas, quitte à mettre les bouchées doubles plus tard...

En fait, au début, on est tellement paniqué à l'idée de ne pas avoir assez de boulot qu'on accepte tout ce qui se présente, et souvent, on se retrouve à trimer deux fois plus qu'un salarié. Pendant les 7 premières années de ma carrière de traductrice littéraire, j'ai bossé 12h par jour, 6 jours par semaine, 51 semaines par an. J'ai fini par mettre la pédale douce quand j'ai commencé à bien gagner ma vie et à me sentir un peu plus en sécurité. Aujourd'hui, j'ai un rythme de travail assez peinard, avec un planning connu plusieurs mois à l'avance qui me permet de m'organiser pour ne jamais être à la bourre tout en me ménageant un après-midi libre par semaine (mon RTT à moi!). 

N'empêche que, même quand je peux me permettre de me reposer, j'ai du mal à faire taire la petite voix culpabilisante qui me traite de glandeuse, qui me souffle que ça n'est pas bien normal d'être en train de bouquiner au salon de thé à 15h un jour de semaine et que je ferais mieux de travailler autant que possible pour mettre de l'argent de côté en prévision du jour où le boulot se tarira. Cette voix, c'est je crois un peu celle de mon père qui avait une nature encore plus angoissée que la mienne et qui a été fonctionnaire toute sa vie. J'ai beaucoup de mal à la faire taire. 

Mais j'ai appris à l'ignorer. Par exemple, vendredi dernier, j'ai rendu une traduction de 330 feuillets que j'avais expédiée en deux semaines et demie, après 3 mois à plancher sur un bouquin pénible. Depuis début janvier, je n'avais guère pris que trois jours de congés pour le week-end de mon anniversaire, et... j'avais sérieusement envie de souffler. Besoin, je ne sais pas: je fais partie des gens qui pensent que tant que tu n'as pas 42° de fièvre et les deux bras dans le plâtre, tu es apte au boulot. Mais envie, ça oui. Et je pouvais me permettre une pause, car je suis très large sur la date de rendu de ma prochaine traduction. 

Du coup, cette semaine, je n'ai rien fait de productif. J'ai profité du soleil pour mettre en oeuvre mes résolutions de promenades en ville. J'ai longuement farfouillé chez Sterling Books et Waterstone's. Je me suis fait plusieurs déjeuners en terrasse, un vrai bonheur. J'ai bricolé une surprise maison pour l'anniversaire de Chouchou (en plus de son cadeau que nous irons acheter ensemble demain). J'ai lu un roman tous les deux jours. Je suis allée me faire masser par le divin M. Oh. J'ai timidement commencé mon fameux projet dessiné. J'ai trié ma garde-robe d'hiver, et je me suis offert une nouvelle robe d'été en coton turquoise imprimé de nuages. 

Et oui, j'ai culpabilisé, mais ça ne m'a pas gâché mon plaisir. 

mardi 14 avril 2015

Le mardi où il fait beaucoup trop beau pour rester enfermée




Aujourd'hui, il faisait beaucoup trop beau pour rester enfermée. 
Et en même temps, j'ai une deadline en fin de semaine - encore 90 pages à traduire et un bouquin entier à relire d'ici vendredi soir. Glups. 
Mais ce soleil... 
Alors ce matin, je me suis dépêchée d'abattre 15 pages, et puis j'ai hésité: faire ma séance de fitness, ou sortir déjeuner en terrasse? 
Pourquoi choisir? J'ai fait les deux. D'abord le workout 4 du Body Revolution, sur lequel j'ai transpiré comme une folle mais qui m'a vraiment plu. J'étais toute fière de tenir le hollow man sur un intervalle entier pour la première fois. Puis une douche, assortie d'un coup de rasoir sur les mollets. Comme d'habitude, je me suis éraflé la malléole, et j'ai dû coller un bout de papier-toilette dessus jusqu'à ce que ça arrête de saigner. 
Et après ça... Le bonheur d'enfiler une des deux petites robes sans manches achetées pour une bouchée de pain sur le marché de Spitalfields lors de notre dernier passage à Londres, et que je n'avais pas eu l'occasion de mettre depuis. Pas de collants, juste glisser mes pieds dans des san... ah non, mes orteils ne sont pas vernis. Mes ballerines à paillettes Anniel, alors. Un mini-gilet par-dessus la robe et me voilà dehors. 
La terrasse du Taihon est blindée, mais une table de deux vient juste de se libérer et je m'y glisse promptement. Je commence un menu lunch, une eau plate, et en attendant d'être servie, je bouquine le roman commencé hier soir. Je n'aime pas du tout l'écriture mais j'espère que l'histoire va me surprendre agréablement. 
Mon plat tarde à arriver. Je ne soupire pas après la lenteur du service; je ne me crispe pas en pensant à l'heure qui tourne et au boulot qui m'attend à la maison: je savoure la caresse du vent sur mes jambes et le soleil sur mon visage. 
Déjeuner fini, je me dirige vers le marchand de journaux voisin sans grand espoir d'y trouver le dernier Flow français. Et pourtant, il est là - un seul exemplaire, c'est mon jour de chance! Je l'emporte à la caisse en trépignant de joie. 
Au point où j'en suis, je peux bien faire un détour par le Carrefour Market pour prendre quelques bricoles. Des bananes pour les shakes de Chouchou. Du yaourt bio pour mon petit-déjeuner. De la feta pour faire une salade ou une tarte salée, je ne suis pas encore bien décidée. 
Comme je remonte le piétonnier en gambadant presque, il me prend une envie irrésistible de tourner à droite et d'aller m'allonger dans l'herbe du parc Léopold pour y faire la sieste au bord du lac. Mais non, ça ne serait pas raisonnable.
Rentrer à la maison. Rallumer le MacBook et me servir un grand verre de thé glacé. Relire une grosse centaine de pages en deux heures et demie - je pourrais aller plus vite si seulement je n'étais pas obligée de vérifier certains détails dans les tomes précédents et de signaler des incohérences à l'éditrice. 
Les fraises achetées sur le marché ce week-end ont pourri; j'aurais dû les mettre au frigo. Ca me servira de leçon pour la prochaine fois. 
J'appelle ma soeur. "Salut ma vieille!" Elle a 40 ans aujourd'hui, et pour l'occasion, profitant des vacances de Pâques, elle se fait le tour des châteaux de la Loire avec mari et enfants. Je l'enrôle pour un escape game toulousain cet été - je pense que mon beau-frère et elle devraient adorer.
Ce soir, c'est Chouchou qui se colle aux fourneaux; après, on regardera la suite de Game of Thrones, et si je me sens inspirée, je rédigerai peut-être un ou deux billets d'avance avant de me réfugier dans mon lit avec Flow. 
Aujourd'hui, il faisait beaucoup trop beau pour rester enfermée, et je suis bien contente d'en avoir profité un peu.



dimanche 5 avril 2015

Trolls & Légendes 2015: la der des ders




Nous sommes des habitués du "Festival de toutes les fantasy" qui se tient à Mons début avril toutes les années impaires. Si nous avons pris beaucoup de plaisir à y traîner nos guêtres en 2009 et en 2011, l'avant-dernière édition nous avait laissés sur notre faim: file d'attente interminable pour entrer, impossibilité d'accéder aux stands du marché féérique ou même de circuler dans les allées trop étroites, re-file d'attente interminable pour les dédicaces des auteurs qui m'intéressaient... Nous étions repartis assez vite, et je n'étais pas très chaude pour y retourner cette année. Mais deux noms d'invités m'ont appâtée: ceux de Trudi Canavan et de David Petersen, dont je suis la traductrice française. Si j'avais déjà eu le plaisir de rencontrer la première, et établi un contact qui m'a ensuite permis de lui mailer toutes mes questions relatives à ses ouvrages, je ne connaissais pas du tout le second dont j'admire énormément le double travail de scénariste et de graphiste sur la série "Légendes de la Garde". Du coup, je me suis laissée tenter. Et cette fois, pour éviter de faire la queue à l'entrée, j'ai bien pris soin d'acheter ma place à l'avance sur le site internet de la manifestation. Ainsi parée, samedi dès 10h du matin, j'ai posé mon fondement sur la banquette arrière du carrosse des Gasparde pour me laisser transporter jusqu'à Mons. 

A 10h30, nous arrivions sur place, et nous devions nous rendre à l'évidence: la file kilométrique qui faisait la moitié du tour du hangar, ce n'était pas les gens sans billet. Non, ceux-là ne pouvaient même pas espérer entrer, car toutes les places disponibles dans la limites des normes de sécurité avaient déjà été vendues. J'ai entendu une dame fort énervée protester qu'elle avait fait 1200 km pour venir alors qu'elle était enceinte, et qu'elle n'arrivait pas à croire qu'on ne la laisserait pas entrer. A sa place, moi aussi, j'aurais été passablement énervée. A la mienne, je me suis contentée de piétiner pendant une heure et demie sous la pluie et dans le froid, perdant peu à peu toute sensation dans mes extrémités et toute volonté de vivre. Le temps d'entrer dans le hangar, il était midi et tous les auteurs étaient partis manger. Nous sommes allés faire de même au centre commercial voisin. J'ai eu le plaisir d'y déguster un atroce vol au vent probablement sorti d'une boîte de conserve, mais que j'ai presque fini quand même tant je mourais de faim. Inutile de dire que ça n'a pas amélioré mon humeur. Pas plus que le fait de m'apercevoir, en retournant vers le hangar, qu'il n'y avait désormais plus aucune file d'attente devant. Si on avait su, on aurait prévu d'arriver en début d'après-midi, ça nous aurait considérablement facilité la vie (et la digestion, dans mon cas). Mais bref, nous ne sommes pas devins. 




Le début de l'après-midi s'est mieux présenté. Grâce aux gentils bénévoles de l'organisation, j'ai pu pénétrer sur le stand de la librairie bédé pour échanger quelques mots avec David Petersen, aussi adorable que talentueux. Cela dit, comme il était en dédicace, je ne me suis guère attardée: ç'eût été manquer de respect envers les gens qui attendaient devant sa table depuis je ne sais combien de temps. L'essentiel, c'est que j'ai pu me présenter et obtenir de lui une adresse mail où envoyer mes futures questions (manque de chance, j'avais rendu la traduction du tome 4 des "Légendes de la Garde" le mercredi d'avant!). J'ai aussi fait signer un de mes exemplaires du tome 3, histoire de garder un petit souvenir. Je suis ensuite passée sur le stand librairie romans, où j'ai salué Trudi Canavan rapidement pour les mêmes raisons. J'aurais vraiment aimé passer un peu de temps à bavarder avec elle, mais les circonstances ne s'y prêtaient pas. Tant pis! Mon objectif de la journée était atteint. 









Nous avons ensuite pris quelques photos des visiteurs costumés et exploré le marché féérique (où j'ai croisé Laëtitia, une lectrice du blog déjà rencontrée là en 2013). Bon point: les allées avaient été élargies, et on circulait beaucoup mieux entre les stands. La contrepartie, c'est qu'un grand nombre de ces derniers avaient été dressés à l'extérieur, alors que la météo ne donnait pas du tout envie de traîner dehors. Nous n'avons donc fait qu'un tour rapide. Trois des exposants m'ont marquée par l'originalité de leurs produits: 




Gonzal, avec ses "mécacrânes" et ses animaux empaillés steampunkisants




Magic Within et ses créatures fantastiques épinglées sous verre comme des papillons ou présentées sous cloche (comme vous pouvez le voir, j'ai craqué sur un arbre animé!)




Gnoko le cryptozoologue


Après ça, j'ai essayé de saluer un maximum de gens que je connais, mais... je n'ai même pas eu le courage d'aller me poser à la buvette afin de passer un moment avec eux: il aurait fallu faire la queue pour acheter des jetons, puis faire la queue pour échanger les jetons conter une boisson, et enfin attendre qu'une table se libère. C'était trop d'efforts à exiger de mes lombaires en compote depuis le matin. Idem pour les quelques dédicaces que j'aurais aimé obtenir: je ne me voyais pas piétiner encore une heure devant la table de chaque dessinateur. Les Gasparde étant dans des dispositions similaires, nous avons pris le chemin du retour à 16h seulement, assez peu contents de notre journée. Je ne blâme pas les organisateurs, qui sont tous bénévoles et abattent un travail considérable pour livrer une manifestation très riche, globalement bien structurée. Mais Trolls & Légendes est un peu victime de son succès: la foule énorme qu'il attire désormais gâche complètement mon plaisir. Je suis au regret de dire qu'on ne m'y reverra pas en 2017. 

mercredi 1 avril 2015

Concours: "Magie volée" (La loi du millénaire T1)


Dans un empire où la magie alimente l'industrie, Tyen, étudiant en archéologie, découvre un livre doué d'intelligence. Créé par l'un des plus grands sorciers de tous les temps, cet ouvrage n'a cessé d'accumuler les connaissances au cours des siècles - parmi lesquelles, une information vitale pour le monde de Tyen. 
Quant à Rielle, elle possède un don pour la magie alors qu'elle vit dans un royaume très pieux où celle-ci est proscrite. Risquera-t-elle le courroux des Anges pour apprendre à l'utiliser?
Très vite, les deux jeunes gens se rendent compte que la réalité est bien différente de ce qu'on leur a enseigné. Rien n'est vraiment tel qu'ils le croient: ni la nature de la magie, ni les lois de leur pays, ni même ceux en qui ils ont confiance. 

Trudi Canavan est l'une des auteurs les plus adorables avec qui j'ai eu le plaisir de travailler - toujours prête à répondre à mes questions, ravie que je la consulte et amusée par mes suppositions abracadabrantesques. Je suis d'ailleurs ravie à l'idée de la revoir "en vrai" ce week-end à Trolls & Légendes

"La loi du millénaire T1 - Magie volée", qui vient juste de paraître, est le premier tome d'une trilogie située dans un tout nouvel univers. J'ai pris beaucoup de plaisir à le traduire et à chercher à deviner comment les histoires très différentes de Tyen et de Rielle allaient se rejoindre, ou ce que les deux jeunes gens se révèleraient être l'un par rapport à l'autre. Même si j'avoue une grosse préférence pour le monde steampunk du premier, j'ai été très émue par le sort qui échoit à la seconde. Je suis également curieuse de découvrir la véritable origine et la nature de la magie dans cet univers. Bref, j'ai beaucoup aimé!

Et comme je viens de recevoir mes exemplaires de traducteur, je vous propose d'en remporter un. Si vous avez une adresse postale en France ou en Belgique, laissez-moi un commentaire en répondant à la question suivante: Dans quel monde de fantasy aimeriez-vous vivre? Clôture du concours le mardi 7 avril à minuit, et annonce du gagnant dès le lendemain. Bonne chance à tous!

vendredi 27 février 2015

Concours: "Baiser rebelle" (Anita Blake T21)




Oui, je sais: pas de concours pendant plusieurs mois, et d'un coup, deux en l'espace d'une semaine. Les exemplaires de traducteur sont comme les ennuis - ils voyagent en bande!

Si vous habitez la France ou la Belgique, je vous propose donc de gagner (peut-être) le tome 21 de la série Anita Blake. Pour cela, laissez-moi un commentaire en me disant lequel des hommes de l'héroïne vous séduirait le plus dans la vraie vie.

Clôture des participations mercredi 4 mars à minuit; tirage au sort et annonce du résultat le lendemain dans la journée. Bonne chance à tous!

vendredi 20 février 2015

Concours: "Ici"




Ce roman graphique est sans aucun doute l'un des ouvrages les plus ambitieux et les plus originaux que j'ai traduits ces dernières années.

"Ici" raconte l'histoire d'un lieu, vu d'un même angle, et celle des êtres qui l'ont habité à travers les siècles - depuis la préhistoire jusqu'à un futur lointain. Dans cet espace délimité, les existences se croisent, s'entrechoquent et se font étrangement écho avant d'être précipitées dans l'oubli. Richard McGuire propose ainsi une expérience sensorielle inédite, puissante et presque magique du temps qui passe. 

Si vous habitez la France ou la Belgique, je vous propose d'en gagner (peut-être!) un exemplaire en me laissant dans les commentaires le titre de la dernière bédé que vous avez lue et ce que vous en avez pensé.

Clôture des participations mardi 24 février à minuit; tirage au sort et annonce du résultat le lendemain dans la journée. Bonne chance à tous!