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jeudi 1 novembre 2018

Ambivalence immobilière





Y'a des gens qui ont une relation amour-haine avec certains de leurs amis ou des membres de leur famille, voire avec leur partenaire.

Moi, j'ai ça avec mon appartement.

J'ai souvent dit que si c'était à refaire, je ne l'achèterais pas, parce que c'est loin d'avoir été l'économie qu'on me faisait miroiter et que ça m'a plus ou moins enchaînée à Monpatelin ces 15 dernières années.

Mais à côté de ça, dans les périodes où ça allait mal avec Chouchou, j'ai toujours su que j'avais un endroit où me réfugier en cas de besoin. Et maintenant que j'ai fini de le payer, je peux respirer un peu du côté financier (même s'il faudrait que j'investisse dans quelques travaux de rafraîchissement).

mardi 23 janvier 2018

Où je démontre chiffres à l'appui qu'acheter son logement n'est pas toujours une bonne idée





Devenir propriétaire de mon logement dès que j'en aurais les moyens fait partie des rares principes inculqués par mes parents que je n'ai pas une seconde songé à mettre en doute avant de l'appliquer. Mieux valait rembourser 500€ chaque mois pour l'achat d'un appartement plutôt que de les jeter par la fenêtre sous forme de loyer, pas vrai?

...Non, pas vrai du tout, en fait. 

lundi 2 janvier 2017

La Grande Purge du Nouvel An




Si je reste tranquillement chez moi le soir du 31 décembre (cette année, avec "Bedknobs and broomsticks" et un repas commandé dans un resto que nous aimons bien), j'ai quand même mon petit rituel de Nouvel An. Dans les derniers jours de décembre, je m'efforce de régler quelques problèmes domestiques en souffrance, histoire d'attaquer janvier du bon pied. Cette fois, j'ai changé mon tapis de bain anti-dérapant - l'ancien était devenu une vraie savonnette et mettait la vie de notre coccyx en péril à chaque douche -, nettoyé le tapis du salon - je savais que ça n'était pas une bonne idée de mettre un truc à fond beige si près de la porte d'entrée, mais il me plaisait tant! - et surtout, j'ai fait un énorme vide dans la bibliothèque du salon. 

Mes affaires occupaient jusqu'ici 2 de nos 4,5 étagères Billy, et je souhaitais les regrouper dans une seule en éliminant toutes les affaires de loisirs créatifs, et notamment de scrapbooking, que je n'utilise plus. Ca fait des mois voire des années que j'essaie de m'y résoudre en pleurant intérieurement à cause du gaspillage que ça représente. Mais là, j'avais atteint le stade où j'avais accepté que:
- l'argent dépensé à l'achat de toutes ces fournitures s'était volatilisé depuis belle lurette;
- je n'allais jamais en récupérer ne serait-ce qu'une toute petite partie, étant donné la faible valeur de chaque article et le travail énorme que ça aurait représenté de tenter de les revendre sur eBay;
- il y avait peu de chances que je trouve dans mon entourage quelqu'un à qui les donner, d'autant que la dernière troc party remontait à moins d'un mois et que je ne voulais pas attendre la suivante;
- beaucoup d'articles étaient en matériaux recyclables (papier essentiellement), donc, ça ne serait pas complètement perdu.

Comme d'habitude, j'ai commencé petit pour me mettre dans le bain. Notre dernière sortie géocaching remontait au 1er janvier 2016, et après plus de 5 ans de pratique assez intensive, nous avons perdu le goût de cette activité. J'ai donc bazardé en bloc tous les petits "trésors" récoltés dans des caches et stockés jusqu'ici dans une boîte en métal. Du coup, je n'avais plus l'utilité de celle-ci, mais vu qu'elle était super jolie et nickel, j'ai pensé qu'elle pourrait faire plaisir à quelqu'un. Je l'ai donc mise dans une caisse clic-clac. 

Après ça, j'étais lancée. Une étagère après l'autre, j'ai trié ce que j'avais encore une chance d'utiliser et ce qui ne me servirait vraisemblablement plus. Je plaçais les indésirables soit dans la poubelle normale pour les jeter, soit dans la poubelle à recycler, soit dans la caisse clic-clac pour les donner. Parfois, le choix était cornélien, mais je me suis montrée sans pitié. Chouchou a participé en descendant les sacs poubelle remplis à la cave, au fur et à mesure. Quand la première caisse a été remplie, j'en ai pris une seconde. J'ai viré tout mon matériel pour la peinture acrylique et le travail de la feutrine ainsi que les trois quarts de mes fournitures de scrapbooking et une moitié de mes carnets vierges, mais gardé mon matériel pour l'aquarelle et la broderie car ça prend peu de place et il est encore possible que je l'utilise un de ces quatre. J'ai commencé vers 14h et fini un peu après 19h, après avoir éliminé l'équivalent d'une grande Billy très très remplie. Juste à temps pour aller me doucher puis m'échouer sur mon canapé jusqu'à l'année suivante. 

Hier matin, j'ai imprimé un petit mot à destination de nos voisins: "Je me débarrasse de toutes ces affaires en bon état. A gauche, de la papeterie et des fournitures de loisirs créatifs; à droite, des objets pour la maison. Si quelque chose vous plaît, servez-vous; laissez-moi juste les caisses que je veux récupérer à la fin. Je disposerai mercredi de ce qui n'aura pas été pris. Bonne année à tous."J'ai déposé les caisses pleines dans le hall de l'immeuble et scotché mon mot sur le mur au-dessus. Mercredi, s'il reste des choses, je les apporterai à une givebox. Et pendant tout le mois de janvier, je vais m'efforcer de ne pas acheter de bouquins pour récupérer encore un peu de place sur l'étagère consacrée à ma PAL. En 2017, je compte bien poursuivre mes efforts minimalistes de plus belle! Je sais d'expérience que c'est dans un environnement peu encombré que je me sens la plus sereine et que je parviens le mieux à me concentrer sur ce qui m'importe vraiment. 

mercredi 13 janvier 2016

Fluide négatif


Fiat gaz!

Parfois, j'ai un truc qui ne fonctionne pas sur mon ordinateur (beaucoup plus rarement depuis que je suis sur MacBook, mais tout de même). J'essaie les manoeuvres usuelles, et quand elles ont toutes échoué, j'appelle Chouchou à la rescousse. Il s'approche et commence à tenter les mêmes trucs que moi. Je râle: "Hé, tu me prends pour une noob ou quoi? J'ai déjà essayé et ça ne mar... Ah ben si, quand c'est toi qui le fais, ça marche". C'est aussi systématique qu'inexplicable. J'ai fini par conclure que j'avais un fluide négatif avec les ordinateurs. 

Parmi mes intentions pour cette année 2016, il y avait: remettre le gaz de ville à Monpatelin. Je vous explique. Un jour, les brûleurs de ma cuisine ont cessé de fonctionner. Je me suis dit que ma bouteille était vide, et je suis allée l'échanger contre une pleine à la station-service la plus proche. Sauf que même avec la nouvelle bouteille, bernique. Et que comme le gaz, c'est un truc qui me fout la trouille, je n'osais pas trop y toucher. Du coup, ça fait quatre ou cinq ans (oui, vous avez bien lu) que lorsque je suis à Monpatelin, je mange exclusivement des salades de crudités en été, des trucs préparés au four ou des plats Picard micro-ondés en hiver. 

Mais cette fois, j'en ai eu marre. Dimanche, j'ai pris mon courage à deux mains et affronté ma peur du gaz de ville. Pour endormir ma panique grandissante, j'ai commencé par sortir tout ce qu'il y avait dans le placard caverneux sous mes brûleurs: la bouteille, mais aussi des tonnes de brols rangés là "au cas où j'en aurais besoin un jour", et dont j'avais évidemment oublié jusqu'à l'existence, ainsi qu'environ un milliard de crottes de souris. 

Une heure de ménage et de poubellisation plus tard, mon placard était nickel, et je ne pouvais plus reculer. J'ai clipsé le détendeur sur la bouteille en appuyant sur le petit bouton vert. J'ai entendu le cliquetis indiquant que tout était en place. J'ai actionné le robinet bleu pour ouvrir l'arrivée de gaz. J'ai tourné le bouton d'un des brûleurs et approché une grande allumette (allumée, je précise, car certains de mes potes ont une haute opinion de mes capacités intellectuelles): rien. J'ai répété la manoeuvre avec tous les brûleurs, soufflé dans les trous au cas où la poussière les aurait bouchés: toujours rien. 

A ce stade, j'en avais vraiment ras-le-bol, alors j'ai contacté un plombier. De toute façon, j'envisageais de changer le robinet pourri de mon évier de cuisine et il fallait que je déménage le lave-linge dans la salle de bain, donc, je me suis dit que j'amortirais le déplacement. Le plombier m'a proposé de passer cette semaine pour faire un devis. Il avait dit 18h, il était à l'heure, ça commençait bien. Je lui montre ma bouteille et je lui explique le souci. Comme moi, il clipse le détendeur en appuyant sur le petit bouton vert. Comme moi, il actionne le robinet bleu. Comme moi, il tourne le bouton d'un des brûleurs et approche une allumette. Je commente: "Et là, vous voyez, il ne se passe..." Pouf. Les flammes bleues jaillissent. J'ai l'air d'une quiche géante. 

Le plombier est gentil: il ne fait aucun commentaire. Il regarde juste l'arrivée d'eau dans ma salle de bain pour vérifier que je n'ai pas confondu avec un moule à gaufres (à ce stade il doit penser que tout est possible), me dit qu'il m'enverra un devis pour le changement de mon robinet et repart après avoir passé moins de trois minutes dans mon appartement. 

Je suis humiliée, mais j'ai de nouveau une cuisine opérationnelle. Et visiblement, un fluide négatif au champ d'action beaucoup plus étendu que je ne le soupçonnais. 

lundi 19 octobre 2015

Home




10 choses dont j'ai vraiment besoin pour me sentir chez moi:
Mon Macbook et du wifi
Un bon livre (ou deux, ou trois)
Du Yu Zi Hua Cha et de quoi le préparer
Un lit confortable
Mon appareil photo
Un pull douillet + un pantalon de yoga + une paire de socquettes
Un carnet et un Bic noir à pointe rétractable
Un flacon d'huile essentielle de menthe poivrée
Quelques fleurs fraîches dans un vase
De la lumière, beaucoup de lumière

10 choses optionnelles pour me sentir chez moi, 
mais qui améliorent sensiblement mon bien-être:
Chouchou
Un chat câlin
Un canapé où je peux m'asseoir dos contre l'accoudoir
Une douche avec de l'eau bien chaude et beaucoup de pression
La demi-douzaine de cosmétiques qui composent ma routine matinale
Une paire de chaussures rouges
Une tablette de chocolat suisse
De l'huile d'olive et de l'ail
Une "cantine" à proximité
Un bar qui sert de bons cocktails, ou un salon de thé cosy

Et 1 chose dont je n'ai pas du tout besoin pour me sentir chez moi:
Etre propriétaire des murs 

mardi 8 septembre 2015

Où je règle mes comptes avec Minnie Mouse



Hier soir, je bouquinais paisiblement sur mon canapé quand, à la limite de mon champ de vision, j'ai cru voir un éclair brun traverser mon tapis. J'ai poussé un petit cri étranglé et mis quelques secondes à jeter un regard prudent à la ronde. Pendant les dix minutes qui ont suivi, je me suis convaincue que j'avais halluciné, que mon imagination me jouait des tours. 

Puis une petite souris est tranquillement sortie de derrière le comptoir de ma cuisine, est restée plantée sur le carrelage blanc deux ou trois secondes histoires de bien s'assurer que je l'avais repérée, et a de nouveau battu en retraite hors de ma vue. Je pense avoir poussé un gémissement dans un registre sonore habituellement réservé aux chauve-souris. 

La bestiole a réitéré son manège encore deux fois, tout tranquillement comme si elle me narguait. A ce stade, pour éviter un incident cardiaque qui n'aurait été découvert que lorsque les voisins, alertés par l'odeur de décomposition émanant de mon appartement, se seraient décidés à appeler les pompiers, j'ai jugé préférable de battre courageusement en retraite dans ma chambre en mezzanine où s'est engagé un passionnant débat intérieur.

Ma Raison: Oui, parce que monter quelques marches va suffire à te mettre hors d'atteinte. Au-delà du deuxième étage, c'est sûr, l'air deviendra trop rare pour ce monstre redoutable. 
Ma Panique: Ta gueule. Je vais m'enrouler bien serré dans le drap, tête y comprise; comme ça, elle ne pourra pas me mordre et me refiler la Peste Noire. 
Ma Raison: Tu as raison: le monstre redoutable a très probablement déclaré une vendetta personnelle contre tes orteils. Mieux vaut encore t'empoisonner au monoxyde de carbone, ce sera plus rapide et moins douloureux. 
Ma Panique: C'est... c'est quoi ce bruit de meuble déplacé que j'entends à l'étage de dessous? 
Ma Raison: Certainement pas un voisin peu respectueux de la tranquillité des autres. Je penche plutôt pour un rongeur élevé au Banania et salarié chez les Déménageurs Bretons. 
Ma Panique: Moque-toi. Je te signale que si on se fait grignoter dans notre sommeil, tu y passes avec moi. 
Ma Raison: Pour qu'il y ait sommeil, il faudrait déjà que tu te décides à t'endormir. Tu t'es couchée avant minuit, et là, on approche des 2h30 tellement tu gamberges. Tu penses qu'une nuit blanche va améliorer ton jugement déjà si affûté?
Ma Panique: M'en fous, demain matin, je sors les pièges que j'avais achetés en juin
Ma Raison: Pourquoi pas maintenant? Si ça pouvait te convaincre de nous laisser fermer un oeil...
Ma Panique: Tu veux que je lise un mode d'emploi d'au moins 3 lignes AU BEAU MILIEU DE LA NUIT?
Ma Raison: *gros soupir*
Ma Panique: ...Putain, faut que j'aille faire pipi. 

Cette nuit-là, j'ai dû descendre aux toilettes pas moins de quatre fois, les pieds chaussés de pantoufles d'hiver en moumoute rose vif, en allumant toutes les lumières de l'appartement, en jetant des regards soupçonneux autour de moi, en dévalant les marches de la mezzanine et en courant dans le couloir (bien fait pour le voisin du dessous) à l'aller comme au retour. 

Ce matin, j'ai sorti un piège, lu le mode d'emploi, glissé un bout de Lindt noir à la fleur de sel dans le fond (apparemment, le bon vieux gruyère ne fait plus recette: il faut utiliser du chocolat ou du beurre de cacahouète!) et installé le tout au pied du comptoir de ma cuisine. Puis je suis partie chez le dentiste en priant pour retrouver le piège vide à mon retour: je n'avais aucune envie de devoir le trimballer bien fermé jusqu'à 400 mètres de chez moi pour pouvoir relâcher son contenu gigotant sans risque qu'il revienne aussitôt.

Quand je suis rentrée de chez le dentiste, le piège était vide. Je me suis enfermée dans mon bureau pour commencer à bosser sur le MOOC The Science of Happiness qui démarrait aujourd'hui. Quand je me suis prudemment aventurée jusqu'à la cuisine pour dîner, le piège était vide. Je suis retournée dans mon bureau, j'ai skypé avec Chouchou et commencé à rédiger ce billet. Et au moment où j'allais conclure que le piège était toujours vide et que j'espérais qu'il le resterait, j'ai entendu un premier petit bruit sec, suivi par une série d'autres petits bruits plus frénétiques. Je me suis dit: "Merde, elle est dedans".




Je me suis approchée de la cuisine sur la pointe des pieds. Oui, elle était dedans. J'ai pris une photo de loin. Puis je me suis accroupie avec un peu le coeur dans la gorge, et je me suis forcée à la regarder. Elle était... minuscule, plutôt jolie et complètement affolée. J'avais lu qu'il ne fallait pas laisser les souris trop longtemps dans ce genre de piège, car le stress pouvait les tuer, ou bien elles pouvaient réussir à ronger le plastique pour se libérer. Je n'ai pas pris le temps de me changer: j'ai juste enfilé les premières chaussures qui se présentaient, soulevé le piège très délicatement en coinçant la porte avec mes doigts, et je suis sortie dans les rues obscures de Monpatelin à 21h45, en pyjama corail et bottines léopard. 

J'ai fait deux fois la distance prescrite, juste au cas où, et aussi parce que je ne voulais pas relâcher la bestiole trop près d'une autre habitation. Arrivée en bordure d'un champ, j'ai posé le piège par terre et j'ai soulevé la porte. La souris a mis quelques secondes à se rendre compte qu'elle pouvait sortir. Puis elle s'est retournée, a hésité un instant sur le seuil du piège et détalé d'un coup - sans même emporter mon bout de Lindt noir à la fleur de sel, l'ingrate. Les fourrés ont bruissé sur son passage. Après, le calme est revenu, et je suis rentrée chez moi avec mon pyjama corail, mes bottines léopard et mon piège vide qui avait rempli son office. 

Je n'ai plus aussi peur des souris. 

Mais quand même, je vais remettre le piège en position dans la cuisine, juste au cas où Minnie Mouse aurait des frangines dans le coin. 

jeudi 30 juillet 2015

Où je me ruine pour l'amour de mon coccyx


A l'époque où je touchais, chaque mois de juin, une somme coquette en droits d'auteur excédentaires sur l'exercice précédent, j'avais pris l'habitude de programmer de petits travaux d'amélioration de mon appartement pendant l'été. Ainsi, en 2012, j'ai fait changer mes fenêtres d'origine en bois passablement abîmé pour des fenêtres en PVC dont certaines à oscillo-battant. En 2013, j'ai remplacé mon vieux tableau électrique par un modèle plus moderne et plus sûr, puis fait poser une climatisation réversible - une décision dont je me félicite depuis, aussi bien pendant les grosses chaleurs de l'été que pendant les mois les plus froids de l'hiver. L'an dernier, mes droits d'auteur excédentaires avaient tellement piqué du nez que je me suis contentée de changer mes tapis et ma table de salon (l'ancienne avait presque 15 ans et je ne pouvais plus la voir en peinture). 

Cette année, mes droits d'auteur excédentaires sont devenus quasi inexistants, mais comme le grand voyage auquel j'aspire ne s'est toujours pas concrétisé, j'avais quand même un peu de sous en banque, et après longuement hésité, j'ai décidé de les consacrer à un aménagement dont je parle depuis l'achat de mon appartement en janvier 2003: remplacer l'escalier de ma mezzanine. L'escalier d'origine n'était guère plus qu'une échelle améliorée, avec des marches de 18 cm de large couvertes d'une moquette super glissante. Chaque fois que je me levais la nuit pour descendre aux toilettes, j'avais peur de tomber et de me péter le coccyx ou pire. Et il restait jusqu'au mur d'en face assez de marge pour tirer un escalier un peu plus long qui décrirait un virage d'un quart de tour dans la fin, ce qui permettait de gagner sur l'inclinaison et donc de faire des marches plus larges.


Ceci n'est pas un bouquet de tulipes rouges. 

En octobre dernier, j'ai confié le projet à mon ami Jean-Michel, menuisier émérite qui avait déjà fabriqué ma bibliothèque sur mesure à l'époque de mon emménagement, ainsi qu'un meuble à chaussures et une étagère de cuisine assortis au reste de mon mobilier Interiors. Je savais qu'il bossait super bien et à des tarifs corrects. Je lui ai exposé mon idée; il m'a confirmé que c'était tout à fait réalisable et que ça donnerait bien, et m'a présenté un devis qui correspondait à ce que j'avais en tête. J'ai dit banco. Les travaux initialement prévus au printemps ont été repoussés deux fois, la première parce que je manquais de liquidités, la seconde parce que Jean-Michel manquait de temps. Finalement, ils ont eu lieu lundi dernier.




Le samedi précédent, Jean-Michel était passé avec son fils et un collègue pour m'apporter le plus gros morceau de mon escalier déjà assemblé (montants en fraké, marches en hêtre). Ils avaient dû le hisser par mon balcon, en une manoeuvre dangereuse qui m'avait fait grimper la tension à 28. Le dimanche, le bois encore non traité a embaumé tout mon petit appartement tandis que je me familiarisais avec la bête. J'ai ôté tous les bibelots des meubles placés sous l'escalier actuel et dégagé le reste du salon afin de laisser un maximum de place pour manoeuvrer les pièces anciennes et nouvelles. Le lundi matin, Jean-Michel est arrivé un peu après neuf heures et a commencé la dépose de mon ancien escalier. La manoeuvre, plus rapide et beaucoup moins bruyante que je m'y attendais, m'a même permis de faire un peu de relecture dans le bureau voisin. Quand il est parti déjeuner, il n'y avait plus moyen d'accéder à ma mezzanine. J'ai posté un Instagram pris de face, et plusieurs personnes ont commenté: "J'ai d'abord cru que c'était une maison de poupée!". C'est vrai que ça faisait tout bizarre. 




L'après-midi, Jean-Michel est revenu avec son collègue pour mettre en place le nouvel escalier, et ça a été une autre paire de manches. Pendant deux heures, je les ai entendus jurer, grogner, casser des plinthes et scier des trucs qui ne passaient pas. J'étais à deux doigts de m'évanouir de stress en imaginant mon salon dévasté. Mais finalement, c'est rentré. Après ça, le collègue est parti et Jean-Michel a encore passé plus de quatre heures à poser la rambarde de la mezzanine et la main-courante de l'escalier (ouvert côté pièce), puis à lazurer le tout en blanc et à remettre un peu d'ordre. Après son départ vers 20h30, j'ai dû faire la poussière, passer un sérieux coup d'aspirateur et tout remettre en place, avec quelques petites améliorations par rapport à la disposition précédente. J'ai notamment pu caser sous la partie supplémentaire de l'escalier un coffre qui jusqu'ici était coincé entre mon canapé et mon plan de travail américain. Les appareils électro-ménagers qui reposaient sur le coffre en question sont partis sur la petite commode qui contient des chopes et mes verres: la hauteur est bien plus pratique et ça m'évitera de contourner le plan de travail chaque fois que je veux faire bouillir de l'eau pour me préparer un thé.





Je maintiens que j'aurais préféré consacrer mon argent à un beau voyage, mais puisque ça n'était pas possible, investir dans un aménagement pratique et sécurisant me semble une solution de rechange nettement plus satisfaisante que le dépenser insidieusement en conneries au fil des mois. Je n'ai plus de visions d'horreur de mon corps fracassé sur le carrelage quand je me lève la nuit. Le nouvel escalier est bien plus beau que l'ancien, au bois lacéré de vieilles griffures de chat et à la moquette jaune à moitié effilochée. Je pense même qu'on pourrait y faire des photos sympas. D'un point de vue strictement esthétique, la main-courante était dispensable, mais d'un point de vue "gestion de mes angoisses idiotes", je préfère quand même l'avoir. Globalement, donc, un bilan positif pour ces travaux dont la réalisation me stressait pas mal d'avance.





La prochaine fois que j'aurai un peu de sous à consacrer à mon intérieur, je ferai refaire les peintures (la hauteur sous plafond dans ma pièce principale est telle que je ne peux pas envisager de m'en charger moi-même, et puis j'adorerais me débarrasser de l'horrible revêtement gouttelette et ça, c'est clairement un travail de pro) et j'en profiterai pour virer les petites loupiotes de la cuisine dont les caissons de coffrage se détachent du plafond et dont plusieurs ampoules ont un faux contact qui les maintient éteintes depuis des années. 

dimanche 7 septembre 2014

Si vous voulez me connaître, fouillez dans ma bibliothèque



Le petit personnage aviateur est une création de KibooChan

Mes romans mélangés vous diront que je lis indifféremment en français ou en anglais. Que j'ai une prédilection pour la littérature culinaire et les histoires de voyage dans le temps. Que je ne m'intéresse ni à la poésie, ni au polar, ni aux biographies, ni aux histoires d'amour, mais que la plupart des auteurs que j'affectionne sont des femmes. Que les grands classiques sont tout à fait absents de ma culture personnelle.
Les deux petites étagères consacrées à la littérature niponne, et les deux grandes bourrées de manga vous apprendront que le Japon occupe une place particulière dans mon coeur; le petit Fuji et la boîte remplie de cours du CNED témoigneront que j'en ai même étudié la langue pendant plusieurs années.
L'état impeccable de mes livres, leur classement méticuleux trahiront que je suis une personne psychorigide soigneuse et ordonnée.
En regardant la page de garde d'une bonne partie de mes romans de SFFF et de certaines séries jeunesse à la présence incongrue au premier abord, vous vous apercevrez que j'exerce le métier de traductrice depuis 20 ans.
Et en tombant sur la pile de mes cahiers Exacompta à tête paresseuse, vous réaliserez que je suis le genre de dinosaure qui fait toujours sa comptabilité à la main. 
Mes beaux livres vous évoqueront ma passion pour les chats, les voyages et les journaux illustrés.
Mes nombreuses bédés vous parleront de ma préférence pour les lignes claires, l'aquarelle et les récits intimistes. Et vous donneront une idée du temps (considérable) que j'ai passé à poireauter devant des dizaines d'auteurs pour une dédicace. 
Mes innombrables albums photos, agendas remplis et autres carnets de voyage vous révèleront que je suis l'archiviste de ma propre existence. 
Et les manuels de règles vieux de plus de 20 ans, bien usés sur la tranche, que j'ai pratiqué assidûment le jeu de rôles dans ma jeunesse.
En cherchant bien, vous découvrirez que j'ai une faiblesse pour les livres animés et la très bonne littérature jeunesse.
En cherchant vraiment très bien, vous repèrerez UN roman dont les pages se détachent d'avoir été trop lues - celui qui a bouleversé mon adolescence.
Vous vous demanderez sans doute pourquoi j'entasse une telle quantité de carnets vierges: la peur qu'une guerre éclate et que les usines cessent d'en fabriquer, peut-être?
Enfin, la collection de théières qui mobilise deux meubles vous laissera deviner que le thé occupe dans ma vie une place presque aussi importante que la lecture.
Bien plus que ma garde-robe ou ma salle de bain, ma bibliothèque parle de moi. 






jeudi 4 juillet 2013

La folle aventure de la clim de Schrödinger




7h30: Je me tire péniblement du lit. J'ai encore lu tard hier soir, mais l'électricien doit passer à 9h pour poser ma clim et je voudrais ranger un peu avant son arrivée. 
8h30: Je tente de vider la poubelle. Le sac trop plein se déchire et répand, moitié sur le sol moitié à l'intérieur de la poubelle, 500g de chocolat en poudre italien périmé depuis octobre 2010 ainsi qu'un demi-paquet de coquillettes complètes préhistoriques. Positivons: ça fait des mois que je me dis "Il faudrait quand même que tu nettoies cette poubelle". Là, j'ai plus le choix. 
9h: Penchée au-dessus de ma baignoire remplie de cacao, je récupère les coquillettes en fuite avant qu'elles ne s'engouffrent dans la bonde. Pourvu que l'électricien ne sonne pas maintenant!
9h10: La poubelle est propre et sèche. L'électricien brille par son absence. Mais bon, dans le Sud, on sait bien ce que ça veut dire, "à 9h". Il arrivera sans doute à 9h15. 
9h30: ...Ou pas. 
10h: Ca commence à bien faire, je l'appelle sur son portable. 
10h02: Pas de bol, il ne décroche pas.
10h20: Je retente ma chance. Cette fois, l'électricien décroche. "Bonjour, c'est Mme Armalite." "Ah oui, on est en retard, mais j'avais pas votre numéro pour vous prévenir." "..."
10h30: L'électricien arrive avec un collègue et une quantité de matos inouïe avec laquelle il cogne joyeusement les murs de mon couloir. 
10h45: Les deux électriciens se disputent sur la manière de poser ma clim. Je commence à flipper.  
10h50: J'entends "Ah merde, ça sort à droite", suivi de "Tant pis, au pire, on cassera un peu". Qu'est-ce qui m'a pris de vouloir faire poser une clim au début de l'été le plus pourri du millénaire? 
11h05: Le collègue de l'électricien demande: "On perce maintenant?" Réponse: "Ah ben non je peux pas, j'ai un rendez-vous à 11h." 
11h06: L'électricien s'en va.
11h20: Le collègue de l'électricien fume une clope en téléphonant sur mon balcon. Pendant ce temps, au moins, il ne casse rien.
11h45: Le collègue de l'électricien s'agite en maugréant entre ses dents. Je n'ose pas sortir de mon bureau pour voir ce qu'il fait. Pourtant, ce serait bien que je monte dans ma chambre vider une penderie, ça me détendrait un peu...
11h50: J'entends comme des coups de masse et un bout de mur qui s'effrite.
12h05: J'entends un genre de perceuse.
12h07: J'entends un "Oh putain!".
12h08: Re-perceuse.
12h11: Re-"Oh putain!". Où est mon Xanax?
12h25: Je n'entends plus rien depuis plusieurs minutes. Je crois que c'est pire.
12h35: L'électricien revient. Son collègue lui annonce que le marteau-piqueur est en panne. C'était donc ça.
12h37: "Madame Armalite, on va manger au McDo et on en profite pour passer au bureau chercher un autre marteau-piqueur, d'accord?"
14h20: Retour des électriciens. Je faisais la sieste sur les 7 centimètres carrés de canapé qui n'étaient pas occupés par des sacs de trucs à donner. J'ai un début de migraine et un torticolis; je sens que l'après-midi va être plaisant.
14h25: Ouh putain, il marche bien le nouveau marteau-piqueur. J'aurais peut-être dû prévenir les voisins que je faisais des travaux chez moi aujourd'hui. Et me faire prescrire du Doliprane en perfusion.
14h30: J'envisage la trépanation à la mèche de 12 pour mettre un terme à mes souffrances.
14h50: Il me semble urgent de mettre en oeuvre la célèbre tactique dite du "Courage, fuyons". J'annonce que je pars faire quelques courses au village.
15h: Evidemment, c'est la seule fois depuis douze ans que j'habite ici qu'il n'y a pas UN péquin avant moi à la Poste.
15h20: Quand je rentre, je ne peux m'empêcher d'apercevoir le trou dans le mur de mon salon: au-dessus de l'ouverture pratiquée par le tuyau, un bon morceau de revêtement s'est détaché. J'espère que ça sera masqué par l'appareil.
15h21: Chaleur oblige, le collègue de l'électricien s'est mis torse nu pour travailler. C'est pas vraiment le sosie de Vin Diesel. Mes yeux saignent. Quand on se croise dans mon couloir (plutôt étroit), je retiens mon souffle pour que son gros ventre blanc et luisant de sueur ne me touche pas.
15h22: J'aurais dû demander aux vieux sur la place du village de me laisser jouer à la pétanque avec eux.
15h50: J'offre une bière aux électriciens. Il ne s'agirait pas qu'ils meurent déshydratés avant d'avoir fini de poser cette foutue clim. "Fait chaud hein?" me lance #1. "C'est parce que vous vous agitez. Moi je suis juste bien." "Ah ouais, mais les femmes, vous, vous êtes des lézards!" Euh.
16h20: L'électricien #1 me demande une pelle et une balayette pour nettoyer, parce qu'ils ont fini. J'hésite à beugler "It goes like this, the fourth, the fifth, the minor fall, the major lift..." en levant les bras au ciel, mais je me retiens de crainte qu'il ne me dise "Moi aussi, j'aime beaucoup cette chanson de Jeff Buckley".
17h20: L'électricien #1 m'appelle pour m'expliquer le fonctionnement de ma clim. Passé "On/Off", le réglage du mode et celui de la température, je ne comprends plus rien. J'ai l'impression qu'il ne me parle même pas français. "De toute façon, c'est dans le mode d'emploi", me dit-il en brandissant un genre de catalogue de La Redoute, les photos en moins. Je réponds que ma religion m'interdit de lire les modes d'emploi, et qu'il faudra donc que je me débrouille avec les trois boutons de base.
17h35: La porte se referme sur les deux électriciens. Ils ont tout bien nettoyé avant de partir et il fait délicieusement frais dans mon salon. Allez, l'été prochain, je fais changer mes volets.

Non, ceci n'est pas le produit de ma dernière sortie geocaching, 
mais ce que les électriciens ont retrouvé à l'intérieur du radiateur de mon salon. 
Les archéologues apprécieront. 

dimanche 28 octobre 2012

Autopsie d'un week-end


Avant

Samedi matin, je laisse Chouchou et son ami Gianluca descendre le vieux meuble télé pour l'emporter chez Troc International. Je les regarde négocier l'escalier plutôt raide et étroit de l'immeuble avec des visions de marche ratée et de crâne éclaté sur le palier du dessous. Quand Chouchou rentre, nous filons chez Pêle-Mêle où je veux me débarrasser d'un sac de bouquins déjà lus, et où je réussis à en trouver 3 autres qui figuraient sur ma liste "à acheter". Puis cap sur Ikea pour acheter les deux buffets bas destinés à maximiser l'espace de rangement contre le mur face au canapé. Il fait une température négative et un beau ciel bleu; en regardant défiler les arbres jaunes-orange-rouge sur le bord de la route, je pense que c'est une journée parfaite pour la chasse, et mes larmes coulent en silence. 

Bien entendu, nous sacrifions à la tradition qui veut qu'on ressorte TOUJOURS de chez le Suédois avec quelques merdouilles supplémentaires: en l'occurrence, un tapis de douche antidérapant car ça m'arrangerait de ne pas me péter le coccyx dans les jours qui viennent - ni même jamais -, un valet de douche pour remplacer le nôtre qui est tout rouillé, un nouveau panier à linge sale car l'ancien vient de rendre l'âme, et deux mugs blancs que je veux décorer avec un feutre à céramique. En sortant, je me dis que j'aurais dû en prendre quatre pour en faire décorer deux autres à Chouchou avec nos avatars BD. Tant pis. 

Il est 14h et il commence à faire vraiment faim: nous nous garons sur l'avenue Louise pour aller tester le Makisu de la rue du Bailli. Malgré l'heure un poil tardive, la salle est encore blindée de monde. Nous parvenons néanmoins à obtenir une table et à commander. Même avec l'option customisée, le choix de makis et de California rolls reste moindre que chez Sushi Shop, mais le rapport qualité-prix est correct ici aussi, et j'aime bien le petit tempura mix traité façon donburi que je partage avec Chouchou. La soupe miso, par contre, est vraiment trop salée. Une adresse sympa sans être extraordinaire, à fréquenter seulement en dehors des heures de pointe. 




Petit détour chez Allemeersch pour acheter une de leurs délicieuses tartes aux fraises (pas de saison, je sais, et là tout de suite, je m'en cogne), puis retour à la maison et déchargement de tout le barda. J'ai monté des dizaines et des dizaines de meubles Ikea dans ma vie; j'ai un doctorat avec double spécialisation Expedit/Billy. Franchement, je suis une championne olympique de la notice de montage muette. Hé bien ces deux cons de buffets manquent me rendre chèvre quand même. Pas une seule vis, que des trucs à emboîter - mais sur une telle longueur que quand ça clique d'un côté, ça sort de l'autre. Impossible à faire seul, et à deux, clairement, on risque son couple. Les séances de thérapie conjugale de l'été 2011 étaient de toute évidence un investissement plus que rentable à long terme, car nous réussissons à finir sans divorcer avant même de nous être mariés. Mais je ne vous cache pas que ce fut rude. 

Nous laissons le chantier inachevé pour partir chez un couple d'amis qui attendent un heureux événement. Quand je trouve le monde un peu dur avec moi, les bonnes nouvelles des autres me mettent du baume au coeur et me rappellent qu'un jour, je redeviendrai gaie moi aussi. Je complote déjà pour crocheter une couverture de naissance au futur enfant, partant du principe qu'un cadeau fait main ne se refuse pas et doit même obligatoirement être accepté avec un air extatique. Je sais, je suis diabolique. Mini-madeleines à la pistache, tajine de poulet au citron confit, tarte aux fraises, Bourgogne et thé à l'orange. Surtout: pelotage éhonté d'un des deux chats de la maison, gros pépère noir et blanc super placide qui se laisse tripoter sans broncher par Chouchou et par moi. Nous ne revenons pas sur notre décision de ne pas reprendre de chat tant que nous vivons dans ce (très) petit appartement et bougeons beaucoup, mais ça me manque terriblement. 

Chouchou dort debout - ou assis, ou vautré par terre -, et nos amis semblent eux aussi un peu fatigués par leur semaine. Nous prenons congé vers 23h et rentrons nous faire une nuit exceptionnellement prolongée par le passage à l'heure d'hiver. En relevant ma boîte mail avant d'aller dormir, j'y trouve un message signé de mon père. Je comprends que ma mère ait voulu conserver son adresse, mais voir "Abel T: news" sur l'écran de mon ordi avec la date du jour, ça me retourne un tout petit peu le coeur... Comme ça doit bien faire douze heures que j'ai les yeux secs, je pleure un coup pour la bonne mesure. 


 Après 
(mais ça n'est pas terminé, il faut encore virer le vieux poste Panasonic 
pour le remplacer par un écran plat, un de ces 4...)

Dimanche matin, Chouchou part chez sa mère lui installer son nouvel ordinateur pendant que je réarrange le coin salon et fais le ménage de la cuisine et de la salle de bain. Lorsqu'il rentre, j'improvise une brouillade aux courgettes pour qu'on mange vite et qu'il puisse attaquer sa part du ménage. Pendant ce temps, je lis un des trois bouquins achetés la veille. "Intuitions", histoire de secrets de famille dans un milieu bourgeois, se révèle assez désastreux sur le plan du style avec une narration laborieuse, des personnages en carton et des dialogues qui sonnent atrocement faux. Je suis bien contente de ne l'avoir payé que 3 euros: il ne les vaut même pas. 

Nous sommes censés aller voir le dernier Tim Burton à la séance de 17h30. Trois quarts d'heure avant, Chouchou finit par suggérer que peut-être, ça n'est pas une très bonne idée vu que ça parle d'un petit garçon qui a perdu son chien qu'il aimait beaucoup et qui tente de le ressusciter. Avec toute la dignité et la maturité qui me caractérisent, je me mets alors à sangloter que je veux qu'on me rende mon papa. Hum. Une autre fois, le ciné, donc. Au lieu de ça, je me lance dans la confection d'un flan à l'ananas avec le spécimen réunionnais rapporté par mon oncle la semaine dernière. J'avais oublié combien c'est fourbe, un ananas, encore plus chiant à éplucher qu'une tranche de courge. Et bien que je suive la recette à la lettre, le résultat final ne ressemble pas du tout à la photo: l'ananas a rendu beaucoup d'eau, si bien que l'appareil ne s'est pas solidifié correctement à la cuisson. 

Si j'ajoute à ça qu'il fait maintenant nuit avant 18h, je crois que l'univers tente de m'envoyer un message: ce deuxième semestre 2012 est à jeter, et je ferais mieux d'aller hiberner sous la couette jusque début 2013. 

mercredi 26 septembre 2012

Si j'avais su, j'aurais pas achetu


Devenir propriétaire de son logement, c'est le rêve de tout Français moyen et, pour la plupart d'entre nous, de très loin la plus grosse dépense que nous ferons dans toute notre vie. Si je n'ai jamais adhéré au schéma mariage-enfants, j'ai toujours considéré comme une évidence que dès que je gagnerais ma vie, je commencerais à économiser en vue d'acheter un appartement. J'ai beaucoup bougé quand j'étais jeune adulte: études à Toulouse, passage d'un an et demi à Aix-en-Provence, puis quatre ans à Nantes et un an aux Zuess avant de revenir me poser - définitivement, croyais-je - à Monpatelin où j'avais grandi. L'arrivée à terme de mon PEL ayant coïncidé avec une donation de mes parents, j'ai commencé à chercher à la rentrée 2002, assez rapidement eu un coup de coeur pour un mignon duplex et concrétisé mon achat en janvier 2003, avec un crédit immobilier sur 15 ans. D'ici un peu plus de 5 ans, je serai donc officiellement propriétaire de mon appartement. Pourtant, si c'était à refaire, je ne suis pas certaine que je me lancerais de nouveau dans l'aventure. 

Au premier abord, l'argument financier semble sans appel: mieux vaut rembourser chaque mois 500 ou 1000€ à sa banque, en sachant qu'on les retrouvera à la fin, plutôt que de jeter la même somme par la fenêtre en payant un loyer. Mais quand on gratte un peu, on s'aperçoit que le calcul n'est pas si simple. Acheter un appartement, c'est payer, en plus de sa valeur, 7% de frais de notaire et une somme considérable en intérêts bancaires. Sachant que les premières années, les mensualités de remboursement comprennent environ deux tiers d'intérêts pour seulement un tiers de capital (tendance qui s'inverse au fur et à mesure de la durée du prêt), quelqu'un de plus savant que moi a calculé que pour qu'un achat immobilier vaille vraiment le coup du point de vue financier, il faut garder le bien au moins 7 ans. Si vous revendez au bout de 3 ou 4 ans, en réalité, vous perdez de l'argent. Or, de nos jours, il est assez rare qu'une personne en activité et en âge d'avoir des enfants conserve le même logement aussi longtemps...

Au-delà des frais de notaire et des intérêts bancaires, on sous-estime généralement les dépenses annexes que sont les impôts fonciers et les charges de copropriété (pour les gens qui sont en appartement) ou les travaux particuliers (pour ceux qui sont en maison individuelle). Au final, la note mensuelle se retrouve bien plus salée qu'un loyer, et empiète alors sur le reste du budget. Mieux vaut se sentir bien chez soi, parce qu'on ne peut plus consacrer les mêmes sommes aux sorties et aux vacances! Vous me direz que justement, être chez soi, ça n'a pas de prix: se sentir dans ses propres murs, pouvoir décorer comme on veut... Certes. En contrepartie, à vous les emmerdements (et les factures) des travaux. Et si vous avez fait un mauvais achat ou que vous vous lassez de votre logement au bout de quelques années, vous êtes bien davantage coincé qu'un simple locataire qui peut se contenter de poser son préavis et de foutre le camp trois mois plus tard. 

C'est peut-être une solution valable pour les vrais casaniers dont les goûts et les besoins ne sont pas appelés à évoluer beaucoup. En ce qui me concerne, bien que j'adore mon appartement, ma vie serait plus simple si je ne l'avais jamais acheté. (Et, non: pour tout un tas de raisons sur lesquelles je ne m'étendrai pas ici, elle ne redeviendrait pas plus simple si je vendais maintenant.) J'aurais placé mes sous autrement et conservé une mobilité qui me manque aujourd'hui. Dans le fond, même si j'adore rester chez moi, m'occuper de mon intérieur et en faire un cocon douillet, j'aime aussi déménager régulièrement, m'approprier de nouvelles villes et repartir quelques années plus tard. Parce que les choses ont tendance à me lasser au bout d'un moment, j'ai moins besoin de pérennité que de changement. Si vous êtes dans le même cas que moi, acheter votre logement n'est pas forcément une bonne solution. Réfléchissez-y avant de vous endetter pour les 20 ou 30 prochaines années.

Illustration trouvée sur cette boutique etsy

vendredi 17 août 2012

Tourner la page




Bien sûr, la tristesse ne s'est pas envolée comme par magie. Plusieurs fois par jour, je me surprends à chercher Scarlett du regard. Quand je rentre à la maison et qu'elle n'est pas roulée en boule sur le canapé, quand je me couche le soir et qu'elle n'accourt pas en miaulant à tue-tête, ça me fait tout drôle.

Oui, sans elle, cet appartement n'a plus d'âme. Mais il n'a pas non plus d'odeur musquée et tenace, impossible à évacuer faute de pouvoir ouvrir les fenêtres en grand. Le sol n'est plus jonché de touffes de longs poils blancs, ni de traces de vomi ou de déjections diverses. Nous passons moins de temps à faire le ménage. L'alèse qui nous servait de couvre-lit enlevée, nous revoyons la couleur de nos draps. Et nous faisons des nuits complètes pour la première fois depuis quatorze mois. La cohabitation était devenue vraiment difficile les derniers temps, dans nos 50 mètres carrés sans portes ni balcon si mal adaptés à un animal. Du coup, je ne peux pas nier qu'un certain soulagement se mêle à mon chagrin.

Je n'ai plus peur d'écraser une petite patte chaque fois que je repousse mon fauteuil de bureau à roulettes ni que je descends d'une chaise sur laquelle j'étais montée pour attraper quelque chose. Je peux laisser les placards ouverts sans crainte d'y enfermer Scarlett par mégarde. Je fais des plans pour changer le canapé, évacuer le bac à litière et l'arbre à chat et les remplacer par une bibliothèque supplémentaire dont nous avons cruellement besoin. Hier, je me suis offert un joli bouquet orange pour orner ma table de salle à manger, sans crainte que Scarlett s'intoxique en mâchouillant les feuilles ou renverse le vase sur nos ordinateurs. Elle me manque, mais je suis prête à tourner la page. 

samedi 4 août 2012

Où un Sicilien change mes fenêtres et découvre le thé glacé


Quelques raisins secs gisent dédaignés au bord d'un bol, parmi de vagues traces de fromage blanc, et les pétales du bouquet de tournesols posé sur le comptoir commencent juste à s'ouvrir quand on sonne à l'interphone dix minutes avant l'heure prévue. Aujourd'hui, je fais changer les fenêtres de mon appart'. C'est une décision qui m'a coûté, et pas juste financièrement, parce que la perspective  d'inconnus qui piétinent chez moi, cognent les meubles et font des saletés partout me provoque limite une attaque de panique. Mais j'ai décidé d'utiliser systématiquement une partie de mes droits d'auteur excédentaires pour faire des travaux "utiles". Cette année, les fenêtres et un tableau électrique aux normes; l'an prochain, une clim réversible et peut-être des volets en PVC. 

Le menuisier monte. Il est souriant mais seul; j'ai une porte-fenêtre dans le salon et j'habite au deuxième étage sans ascenseur. "Euh, vous êtes sûr que ça va aller?" "Oui oui, ne vous en faites pas, je suis costaud." Je guette ses premières manoeuvres. Bim le mur quand il évacue le premier battant vitré. Je grince des dents mais ne dis rien. Le MacBook posé sur la table basse que, d'ailleurs, il faudrait remplacer aussi, j'essuie un tir nourri de remarques et de questions. Misère, je suis tombée sur un bavard. Je me réfugie dans mon bureau; il hausse simplement la voix pour se faire entendre et continue à jacasser de plus belle. Ce garçon a envie de parler, et moi, j'ai envie qu'il me fasse du bon boulot. Je me résigne et retourne au salon.

Je lui offre à boire. Non, désolée, je n'ai pas de café. Un jus d'orange? "Oui, mais coupé à l'eau parce que je suis au régime." Au final, je lui fais découvrir le thé glacé et il est conquis. Je me détends. De toute façon, j'avais prévu de prendre la journée parce que je me doutais que je n'arriverais pas à bosser. Je m'installe dans le canapé avec mon ouvrage et je crochète en discutant. A défaut de ma traduction, mon couvre-lit avancera aujourd'hui! 

Le menuisier jure un peu parce que le battant gauche de remplacement peine à entrer dans les gonds. Je propose un coup de main; il me rit au nez, mais gentiment. Soit. Il me dit qu'il est d'origine sicilienne, super-macho et ancien boxeur professionnel. En fait, nous nous découvrons des connaissances communes dans le (tout petit) milieu local de la muay thai que j'ai moi aussi pratiquée il y a fort longtemps. Encouragé, il me montre des photos de ses enfants - deux petites filles à joues rebondies et un bébé-garçon de trois mois avec un énorme sourire -, me demande si moi j'en ai? Je prends une grande inspiration; ne t'énerve pas, c'est juste une question comme ça. Je réponds que non. Il me dit plus tard peut-être; je réplique qu'à mon âge ça ne va plus être possible. Il s'extasie: je vous aurais à peine donné trente ans. En voilà un qui sait brosser la cliente dans le sens du poil. 

Une fois que j'ai accepté l'idée de tenir le crachoir à un gars avec qui je n'ai absolument rien en commun hormis le fait de savoir frapper un sac sans me retourner les poignets, je me surprends à savourer le côté détendu et légèrement surréaliste de ce moment. La chaleur lourde n'incite de toute façon guère à s'agiter; d'ailleurs le polo jaune du menuisier est vite trempé de sueur. Il décline ma proposition maladroite d'utiliser la salle de bain pour se rafraîchir s'il le souhaite, mais me remercie vivement chaque fois que je remplis son verre de thé glacé et, quand il n'en reste plus, d'eau sortie du frigo. Il me demande comment je suis devenue traductrice; je mentionne que j'ai passé un an aux USA. "Où ça, aux USA?" En Pennsylvanie. "C'est de là qu'il vient Dracula, non?" ...Euh, non. On se raconte pas mal de choses finalement - enfin, lui plus que moi, mais au bout d'un moment je cesse d'être sur la défensive. Ca ne m'arrive pas souvent.

Vers 17h, les nouvelles fenêtres sont posées et habillées. En nettoyant les saletés dans mon bureau, le menuisier fait tomber ma statuette collector d'Anita Bomba, qui se brise en plusieurs morceaux - foutue. La consternation se lit sur son visage. Je lui dis qu'elle n'était pas très stable, que ça devait finir par arriver un jour ou l'autre et que ce n'est pas bien grave. Mais le plus beau, c'est que je le pense. Je ramasse calmement les morceaux et je les mets dans la poubelle au-dessus des longues échardes de bois. Quand le menuisier finit par remballer ses affaires, je note sur sa fiche d'évaluation qu'il a fait un boulot propre et très consciencieux, et il m'adresse un sourire rayonnant. J'ai l'impression qu'il traîne un peu au moment de s'en aller. Il me remercie chaleureusement pour mon accueil et pour la bonne journée qu'il a passée avec moi; puis il s'en va comme à regret après m'avoir fait répéter la "recette" du thé glacé et dit au revoir plusieurs fois. 

Ca fait déjà une personne au monde qui ne me trouve pas sarcastique, intransigeante et asociale. Par contre, je ne sais pas trop où je vais en trouver une deuxième. La reconquête de mes points de karma perdus risque d'être lente. 

vendredi 6 juillet 2012

Le 13ème travail d'Hercule


Je suis une grande consommatrice de Post-It. J'en ai des tiroirs pleins, de toutes les formes et de toutes les couleurs. Je les utilise pour déplacer proprement dans mon agenda les tâches qui n'ont pas de date d'exécution précise, au lieu de les recopier d'une semaine sur l'autre jusqu'à la fin des temps. Je les colle sur l'écran du Mac de Chouchou pour lui indiquer le montant des virements qu'il doit me faire, ou sur la porte de sa penderie pour lui demander de ranger ses classeurs d'archive avant que je finisse le crâne fracassé par leur chute. J'en ai mis un avec le numéro de fixe de l'appart' de Bruxelles sur le mur au-dessus de l'appareil concerné - parce que quand on me demande le numéro en question, je suis infoutue de le réciter de mémoire. Enfin, à Monpatelin, j'y note les choses auxquelles je dois penser lors de mon séjour suivant. La fois dernière, j'avais donc laissé dans la salle de bain un coeur rose marqué: "Eau micellaire, dissolvant" au-dessus de deux flacons quasiment vides. Et sur la grande aquarelle qui surplombe mon buffet, un deuxième coeur marqué "Acheter aspirateur de table, BORDEL" parce que ça faisait six mois que j'oubliais ou que je repoussais. 

Mais quand je suis rentrée chez moi lundi dernier à la fin ce que j'étais très tentée de qualifier de JDM, j'ai trouvé un Dustbuster Black&Decker sur mon buffet, ainsi qu'une bouteille pleine d'eau micellaire et une autre de dissolvant à côté de mes flacons vides. "Un petit remerciement de ma part et de celle d'Andromaque", a expliqué Etre Exquis, mon colocataire de la quatrième dimension. "Zut alors, ai-je plaisanté. Si j'avais su, j'aurais marqué Crème de la Mer." Comme Etre Exquis n'y connaît pas grand-chose en cosmétique féminine, il n'a pas ri. Or, je déteste que mes blagues tombent à plat. Voilà pourquoi, sur la grande aquarelle au-dessus du buffet, j'ai collé ceci en prévision du prochain passage d'Etre Exquis à l'appart':




mercredi 23 mai 2012

La coloc' de la quatrième dimension


Etre Exquis avait besoin d'un endroit où abriter ses amours illégitimes avec Andromaque, qui faisaient jusque là le bonheur (et la fortune) du Novotel local. Moi, j'avais un appartement que je n'occupais pas une bonne partie du temps, pour lequel je m'inquiétais toujours pendant mes absences et où les petits travaux en souffrance s'accumulaient depuis des années. La solution était toute trouvée: je laisserais un double de mes clés à Etre Exquis et, lorsque je ne serais pas à Monpatelin, il utiliserait mon appartement comme baisodrome garçonnière. En échange de quoi, vu qu'il est dans le bâtiment, il referait les joints abîmés de ma cuisine et la face intérieure toute décrépite de l'auvent de mon balcon, remplacerait les ampoules nues qui sortaient des murs par des appliques, etc etc. J'ai trouvé ça tellement parfait comme idée que j'ai dit oui tout de suite. 

Après, j'ai commencé à gamberger. J'ai anticipé mes cheveux qui se dresseraient sur ma tête la prochaine fois que je recevrais mes factures d'eau et d'électricité. J'ai imaginé mon congélateur débordant de Magnum Double Chocolat et incapable d'accueillir ma commande Picard, ma salle de bain pleine de serviettes mouillées abandonnées par terre. J'ai eu des visions d'Andromaque fouillant dans mes albums photos interdits aux moins de 18 ans et s'amusant à les scanner afin de les mettre sur internet, jusqu'au jour où une connaissance masculine avec qui je n'ai pas couché me féliciterait sur un ton goguenard pour ma grande souplesse et mon épilation brésilienne nickel. Ou pire: sortant mes livres de la bibliothèque et les remettant A LA MAUVAISE PLACE, sans aucun souci d'ordre alphabétique ou d'alignement. Sans aller jusque là, j'ai tout simplement eu peur de ne plus me sentir chez moi dans ce lieu dont j'ai soigneusement choisi jusqu'au moindre bibelot, ce lieu où s'entassent mes souvenirs les plus précieux et où chaque objet a une histoire, ce lieu qui est un peu une extension de moi et où j'ai toujours invité les gens avec parcimonie par crainte du désordre qu'ils y sèmeraient. 

Je me suis raisonnée. "Etre Exquis est ton ami. Tu as confiance en lui. C'est un garçon respectueux. Si Andromaque et lui abîment quoi que ce soit sans le faire exprès, il le réparera ou le remplacera. Quant au reste, ils seront bien trop occupés pour se mettre à éplucher tes archives fiscales ou à mélanger tes vieux numéros des X-Men. Reste cool; arrête de te prendre la tête. Non, ils ne vont pas finir par s'installer dans tes meubles et par décider qu'ils sont bien ici, que finalement ils vont garder l'appart' et que tu n'as qu'à aller habiter ailleurs." 

Hier matin, j'ai eu Etre Exquis au téléphone pour lui rappeler que je descendais aujourd'hui. "Au fait, m'a-t-il demandé, ça ne te dérange pas que j'aie mis une télé chez toi?" Euh, après qu'en septembre dernier j'aie hurlé sur tous les tons à la nana du contrôle de la redevance que je n'avais plus de poste depuis des années et que je serais ravie qu'elle vienne s'en assurer, mais que je ne pouvais pas passer ma vie cloîtrée chez moi à attendre sa visite surprise et qu'il était hors de question qu'elle m'impose automatiquement par défaut? Si, ça me dérange. "Pas de souci, a rigolé Etre Exquis. Et la cafetière, ça te dérange pas, la cafetière? Je l'ai prise jaune pour qu'elle aille avec le reste de tes appareils électroménagers." Non, la cafetière, ça ne me dérangeait pas en soi. Mais ma peur de ne plus me sentir chez moi est revenue à la charge de plus belle. 

Et puis finalement, quand je suis arrivée chez moi, il n'y avait pas grand-chose de changé. La télé avait été remballée. Une cafetière jaune, donc, tenait compagnie à ma bouilloire électrique et à l'appareil à croque-monsieur de la même couleur. De jolis gobelets multicolores que je n'avais pas achetés, mais dont j'ai le petit frère à Bruxelles, séchaient dans l'égouttoir de la cuisine. Une bouteille de vin blanc entamée, une de San Pellegrino, une canette de Coca Light et deux paquets de Pépito prenaient le frais dans le frigo, tandis qu'en guise de Magnum Double Chocolat, seul un litre de glace à la vanille occupait le congélateur. Deux gels douche supplémentaires avaient fait leur apparition sur le bord de ma baignoire, et mon bain moussant Harry Potter semblait donner un coup de baguette magique sur la tête du bain moussant Hello Kitty qui, d'habitude, trône dans le coin opposé. Ca m'a fait marrer. Pour le reste, mes draps avaient été lavés et mon lit refait; le carrelage blanc était nickel sans la moindre trace de chaussures. 

J'ai souri à Etre Exquis qui était venu me chercher à la gare de Monpatelin pour me conduire jusque chez moi. "En fait, c'est comme si on était colocataires de la 4ème dimension. On occupe le même espace mais jamais en même temps." Et en fin de compte, j'ai trouvé ça super cool et rassurant. 

Leçon à retenir: tout s'est passé comme la logique le voulait et non comme la parano en moi le craignait. Je suis bien contente de ne pas avoir laissé mes angoisses stupides m'empêcher de rendre service à quelqu'un sur qui j'ai toujours pu compter depuis 15 ans qu'on se connaît. Et j'espère que mes craintes s'en trouveront atténuées la prochaine fois que se présentera une situation anxiogène. A force de faire les choses malgré mon appréhension et de me rendre compte que ça n'entraîne aucune catastrophe, un jour, si ça se trouve, je n'aurai plus d'appréhension du tout - ou si peu. Je serai devenue optimiste. 

J'ai hâte. 

mardi 22 mai 2012

Qui a deux trois maisons perd la raison?


Depuis quelques années déjà, je ne sais plus dire où je vis ni d'où je suis. J'ai grandi à Monpatelin et, clairement, une partie de mon coeur reste là-bas même si la plupart des gens que j'y connaissais sont partis s'installer ailleurs. Des fantômes de moi guettent les grattements nocturnes des souris dans un studio miteux de la rue Gramat à Toulouse, dansent un peu ivres dans les caves d'Aix-en-Provence ou écument les boutiques de bédé à Nantes. Vautrés dans un canapé du Borders de Lancaster, Pennsylvanie, ils dévorent des bouquins de développement personnel en espérant y trouver une clé. Assis à l'arrêt Trois Communes de Vitry-sur-Seine, ils attendent le 183 avec leur sac de voyage. 

Aujourd'hui, j'ai une brosse à dents à Monpatelin, une autre à Bruxelles et encore une autre dans un petit bled près de Toulouse. Trois paires de pantoufles toutes achetées chez Etam Lingerie et trois tubes de crème pour peaux intolérantes Avène, histoire de ne pas passer ma vie à les trimballer. Je réserve mes billets de train à minuit une trois mois jour pour jour avant la date de mes voyages. Je connais le bon plan pour caser mes bagages dans les nouveaux TGV avec les sièges oranges et violets, et je sais quelle enseigne de boulangerie fait les meilleurs sandwichs. Je passe mes commandes internet et mes annonces eBay une semaine avant de rentrer à Monpatelin parce que les frais de poste et de douane sont moins élevés en France. De Bruxelles, je descends des speculoos Dandoy et des pièces d'euro belges ou néerlandaises à mon père. De Toulouse, je ramène des lentilles corail, des fraises séchées et des amandes roses achetées au Paradis Gourmet. A Monpatelin, je stocke mes bouquins et case tous mes rendez-vous médicaux. Mon porte-cartes bourré massacre contient d'un côté les cartes de fidélité des magasins français et de l'autre, celles des magasins belges. Je dis "escagasser" et "non, peut-être". Je jongle avec deux trousseaux de clés et deux téléphones portables (généralement déchargés l'un comme l'autre, histoire de ne pas faire de jaloux). 

Par moments, ce mode de vie me pèse. Il réclame une sacrée organisation et génère pas mal de petits tracas matériels. J'aimerais avoir toutes mes affaires sous un même toit, ne pas vouloir systématiquement porter le T-shirt qui est resté à mille kilomètres de là. Passer moins de journées entières dans des trains en retard neuf fois sur dix, me casser moins le dos avec le monstre turquoise. Surtout, j'aimerais ne pas être perpétuellement en manque de quelqu'un. Mais je me dis que par les temps qui courent, avoir trois maisons et trois fois des gens qui m'aiment, c'est une sacrée chance que je devrais m'efforcer de savourer davantage. 

dimanche 5 février 2012

Brèves du week-end (2)


- C'est systématique: lorsque je porte chez Pêle-Mêle un sac rempli de bouquins dont je souhaite me débarrasser, le monsieur du comptoir achat les trie selon le genre tout en calculant dans sa tête et, à la fin, m'annonce: "Ca fera 30 euros". Une fois, je crois, ça a fait 31 ou 32. Du coup, je m'interroge: est-ce pile la contenance de mon sac, ou le monsieur fait-il juste semblant de compter?

- Aller faire des courses au Delhaize un samedi après-midi, ça craint. Non seulement ça pourrit le week-end avec une corvée détestable, mais il y a toujours vingt grosses minutes de queue à la caisse. Je tâcherai de m'en souvenir la prochaine fois que j'aurai du mal à me motiver pour y aller un soir de semaine.

- Pour cause de musique nulle et tonitruante, la partie de bowling prévue au Crosly samedi soir s'est changée en dernier verre au célèbre café surréaliste La Fleur En Papier Doré. Un bel endroit typiquement bruxellois, à découvrir pour ceux qui ne connaissent pas déjà. Les boissons chaudes y sont servies avec une praline ornée d'un dessin représentant la fameuse fleur.

- Sur le chemin du retour, nous avons dépassé en voiture quelqu'un qui portait un matelas plié en deux sur la tête. Une vision si incongrue au premier abord que j'ai éclaté de rire - avant de réaliser que peu d'étudiants fauchés devaient déménager au milieu d'une nuit glaciale de février. Et dire que depuis 3 jours, je bassinais tout le monde avec le problème des SDF et du froid! Ma propre bêtise m'a écoeurée, et a gâché la fin de ce qui avait été une très bonne soirée jusque là. J'ai encore honte rien que d'y repenser...

- Ce matin, nous n'avons pas eu le courage d'affronter de nouveau les -7 ou -8° qu'il faisait dehors (c'est là que mes amies gruyéroises me traitent de petite joueuse, avec leurs -25° ressentis ce week-end). "Café de Flore", ce sera donc pour le week-end prochain... s'il ne sort pas de l'affiche d'ici là.

- Je kiffe notre nouvelle toile cirée rouge à pois blancs. Que nous avons reçue pliée en 32, et donc pleine de marques disgracieuses. C'est Chouchou qui s'est collé au repassage (ma religion me l'interdit), et c'est moi qui ai cherché sur Google ce que signifiait exactement le terme "pattemouille". A nous deux, on totalise pas mal de compétences, mais ni lui ni moi n'avons hérité du gène "fée du logis".

- J'ai enfin récupéré le "Granny Square Book" commandé sur Amazon et qui était arrivé à Bruxelles pendant notre semaine monpatelinoise. Dès que j'ai terminé mon écharpe au point de petites noisettes (actuellement, un peu plus de 60cm sur 135), je commence à crocheter des carrés pour mon grand oeuvre: un couvre-lit de mémé. On a les ambitions qu'on peut.

- Skype a bien travaillé ce soir. D'abord un coup de fil à mes parents. Les nouvelles ne sont pas très bonnes; mon père a dû interrompre sa chimio parce qu'un de ses paramètres sanguins était tombé trop bas. Il passe un scanner mardi et va chez son oncologue mercredi. J'essaie de ne pas flipper préventivement, mais c'est dur, très dur. Puis une heure à papoter avec O&L; non seulement j'étais ravie d'avoir de ses nouvelles et de voir qu'elle s'était remplumée un peu (merci la webcam!), mais ça m'a changé les idées.

- Pour le dîner, Chouchou fait des crêpes. Et il y a un flacon de sucre à l'abricot tout neuf dans le placard, hourra! On ne pouvait pas rêver mieux pour baptiser notre nouvelle toile cirée fraîchement repassée.

Et vous, ce week-end, c'était comment?

Wanted: un nouveau canapé


A la base, je me disais que j'attendrais que Scarlett défunte pour changer de canapé. Nous avons actuellement un bête futon Ikéa dans lequel il est impossible de faire coucher toute personne de plus de 17 ans sans la retrouver le dos en miettes le lendemain matin, et qui - plus important au quotidien - n'a pas d'accoudoirs.

Or, mis à part sa fonction primaire qui est d'offrir un endroit depuis lequel manger avec un plateau sur les genoux en regardant le dernier épisode de "Big Bang Theory", l'intérêt majeur d'un canapé, c'est qu'on puisse se vautrer dessus pour lire. Chose que je n'envisage de faire que le dos calé contre un coussin et les jambes étendues devant moi.

Du coup, pour le moment, je ne bouquine que le soir dans mon lit, un peu dans les cafés, un peu dans le train... et sur Chloé-Jasper le canapé transexuel de Monpatelin, sur lequel Chouchou et moi tenons merveilleusement bien étalés à deux. Sa fréquentation pendant une semaine a fait monter en moi un sentiment de révolte impossible à endiguer. J'ai droit à un canapé digne de ce nom, pour lire confortablement au lieu de glander sur internet une fois mon boulot fini et Chouchou pas encore rentré. Ma PAL le réclame. Mes lombaires et ma mauvaise circulation sanguine le réclament. Et Scarlett pète la forme, elle peut encore vivre 3 ou 4 ans. Mon dos, par contre... rien n'est moins sûr.

Comment, donc, résoudre le problème des poils et des vomis de chat? Plusieurs solutions sont envisagées outre l'euthanasie:
- Un jeté de canapé, comme celui qui a préservé Chloé-Jasper pendant une dizaine d'années.
- Un traitement au Scotchgard; je crois que c'est assez cher mais très efficace (quelqu'un confirme?).
- Choisir un canapé en cuir et bien l'imperméabiliser.

Mais visiblement, l'univers a décidé une fois de plus de me mettre des bâtons dans les roues. Parce que le canapé de mes rêves - ou, du moins, celui qui remplirait parfaitement à mon cahier des charges actuel - est proposé depuis hier matin sur Vente Privée à 859€ au lieu de 1869... mais pas livrable en Belgique. Je vais me pendre en grimpant sur mon futon pourri et je reviens.

Illustration piquée ici.

lundi 19 décembre 2011

I am crevède


Là tout de suite, je suis un rien fatiguée.
Le vent souffle très fort à Monpatelin depuis jeudi dernier; comme tous les phénomènes météo extrêmes, il m'angoisse et m'empêche de dormir - j'ai l'impression qu'il siffle: "La fin du monde est proche!".
Et puis, je suis en train de lire un bouquin formidable, un de ceux qu'on a du mal à lâcher même quand on baille à s'en décrocher la mâchoire et que les yeux commencent à se fermer tout seuls. C'est un roman danois qui s'appelle "Les enfants des cornacs", et vous pouvez être sûrs que je vous pondrai un article dessus dès que je l'aurai terminé.
Et puis, elle est rentrée de l'hôpital, et je l'ai convaincue d'installer Skype pour qu'on puisse se parler plus facilement. Elle récupère petit à petit, mais il va lui falloir beaucoup de courage pour affronter les épreuves qui l'attendent encore. Je suis triste de ne pouvoir l'aider davantage qu'avec des mots et une présence lointaine.
Et puis, je discute beaucoup avec elle, l'autre soir jusqu'à deux heures du mat'. C'est toujours assez excitant de découvrir quelqu'un de nouveau et d'intéressant, quelqu'un avec qui on peut tout de suite parler de choses essentielles, pas forcément très gaies ou très policées, des choses qui font mal mais qui sonnent vrai.
Et puis, il y a cette journée de samedi que j'ai... non, pas perdue. Je l'ai gagnée à faire de chouettes courses de dernière minute, des petits cadeaux pour des gens qui n'en attendent pas forcément de ma part, des choses de peu de valeur pécuniaire mais qui porteront, j'espère, mon message d'amitié jusqu'à eux. J'ai passé la fin de la journée au salon de thé avec Gabrielle et son mari; c'est excitant aussi de redécouvrir des copains perdus de vue au tout début de l'âge adulte et qui sont devenus des gens bien quand tant d'autres ont suivi le chemin inverse.
Et puis, il y a cette trad que je veux finir demain soir, quitte à boucler sa correction dans le train mercredi, ce qui me fait quand même de grosses journées de travail.
Et puis, il y a le plombier qui est venu aujourd'hui régler mon problème de cumulus. Dix minutes de boulot, une heure à me parler des études de ses filles et du choix de son fourgon. Il est très gentil, mais qu'est-ce qu'il est bavard!
Et puis, il y a ma voisine qui est passée ce soir m'apporter un quart de quiche lorraine "parce qu'elle n'arriverait pas à tout manger toute seule". C'est elle qui me nourrit, maintenant... N'empêche, c'était bon et avec une petite salade de roquette, ça m'a évité de cuisiner. Mais il faudra quand même que j'aille la voir demain soir pour lui donner son cadeau de Noël.
Et puis, il y a la mammographie que je devais passer aujourd'hui et dont j'avais hâte d'être débarrassée. Sauf que je croyais avoir rendez-vous cet après-midi, et qu'en fait, c'était à 10h. Quand j'ai eu la riche idée de vérifier l'horaire, il était déjà trop tard. Mais la gentille secrétaire m'a recasée demain. Qui s'annonce donc chargé et stressant à souhait.
Au moins après, ça me fera de vraies vacances.

samedi 19 novembre 2011

Petites victoires sur l'angoisse chronique (avec du Georges-Arthur inside)


Mercredi, Chouchou m'annonce qu'il sortira peut-être le lendemain soir. "Cool, tu vas faire quoi?" "Euuuh... j'irai sans doute boire un verre avec Gianluca." Boire un verre un soir de semaine, alors qu'il est chroniquement crevé, qu'il ne boit pas d'alcool et qu'il voit Gianluca tous les jours de la semaine puisqu'il l'emmène à leur boulot commun? Mmmh. "OK, envoie-moi juste un message si tu sors effectivement pour ne pas que je poireaute toute la soirée devant Skype." "D'accord."
Jeudi soir, je l'attends jusqu'à une heure du mat. Rien. Même pas une ligne, alors qu'il a un smartphone et qu'il pourrait m'envoyer un petit mot de n'importe où. Je commence à me dire qu'il voit une de ses ex et qu'il n'a pas osé m'en parler. Ou qu'il git mort dans un fossé et que le temps que je l'apprenne et que je rentre en catastrophe à Bruxelles, la pauvre Scarlett aura défunté de malnutrition. Pourtant, je n'appelle pas sur son GSM. Je n'écris pas non plus de mail de reproche. Je me raisonne: il doit s'amuser bien innocemment, il n'a pas vu passer l'heure, il a juste oublié de me prévenir. Après tout, ça m'arrive aussi. Ce n'est pas parce que j'ai lu "Veuf" la veille que je dois commencer à flipper sur une infidélité potentielle. Et les accidents de voiture mortels ne sont pas si courants. Du coup, je vais me coucher sans même prendre un demi-Xanax. Le lendemain, je lui envoie juste un petit message pour lui demander s'il est vivant. Il l'est, et honteuzéconfus de m'avoir zappée. Il n'y avait donc pas de quoi se mettre la rate au court-bouillon.

Le même jour, je décide de me faire un plaisir rare et de prendre un bain. Quand je plonge mon mollet droit dans l'eau, je pousse un couinement de surprise: elle est glacée. La veille au soir, déjà, je n'avais réussi à avoir que de l'eau tiédasse pour mes ablutions pré-dodotesques. Je vais sonner chez les voisins. "Excusez-moi de vous déranger, vous avez de l'eau chaude?" "Oui." Ah. Ca doit être mon cumulus. Au lieu de commencer à flipper, j'essaie de joindre Etre Exquis et, n'y parvenant pas, appelle tout simplement mon plombier. Il me dit qu'il finit avec son rendez-vous en cours et qu'il passe avant d'aller déjeuner. Bon. Entre-temps, le facteur m'apporte un nouveau Georges-Arthur envoyé gentiment par Nuryko. L'univers me fait signe qu'il est inutile d'angoisser; j'en prends bonne note.




A midi et demie, le plombier me rappelle: son rendez-vous s'est prolongé, peut-il plutôt passer vers 15h30-16h? Pas de problème, j'ai juste une course à faire en début d'après-midi, mais ensuite je ne bouge pas. Je me traîne jusqu'à la Poste sans m'être lavé autre chose que la figure et les dents. Personne ne s'évanouit ni même ne fronce le nez sur mon passage, ouf! (Mais les Monpatelinois sont peut-être juste très polis dans l'adversité olfactive.) A 16h30, pas de plombier. A 17h, pas de plombier. Au lieu de pester, je me dis que son rendez-vous précédent a dû lui prendre plus longtemps que prévu, et qu'il finira bien par arriver. Au pire, comme je repars à Bruxelles le lendemain, je prendrai rendez-vous avec lui pour le soir de mon prochain retour, et puis voilà. D'ici là, ben je ferai bouillir de l'eau au micro-ondes pour me laver. Ce sera folklorique et j'en tirerai bien un post rigolo.
A 17h20, le plombier arrive et se confond en excuses. Il examine mon cumulus qui n'a rien. Le problème vient d'un ressort cassé sur mon disjoncteur, qui empêche la bascule en position tarif économique ou un truc du style. Comme il n'a pas la pièce sous la main, il me règle le biniou en position forcée pour que j'aie de l'eau chaude jusqu'à la fin de mon séjour, et me dit de le rappeler la veille de mon retour pour qu'il passe faire la réparation. J'en profite pour lui expliquer que le détendeur de ma gazinière ne fonctionne plus depuis 3 ans (merci micro-ondes, four traditionnel et grandes salades en été). Il y jette un coup d'oeil et me montre qu'il suffit d'appuyer sur un petit bouton vert pour réamorcer la bonbonne. Grâce à ce ressort de disjoncteur cassé, je vais de nouveau pouvoir cuisiner à Monpatelin! Ca tombe bien, je commençais à faire une overdose d'Ebly pré-cuit en sachet et de tomates-cerise. Et le plombier ne veut même pas que je le paye pour si peu (mais j'insiste et il finit par accepter un chèque de 20 petits euros pour le déplacement).

Je sais que la plupart des gens penseront que dans un cas comme dans l'autre, il n'y avait pas vraiment de quoi stresser, mais l'an dernier à la même époque, j'en aurais fait une maladie. Je me serais sans doute disputée avec Chouchou pour rien, et j'aurais été infoutue de travailler toute la journée jusqu'au passage du plombier, alors que là, j'ai fait mon quota de pages tranquillement. Comme quoi, le travail sur soi, c'est dur et long, mais ça finit quand même par porter ses fruits.