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lundi 28 mars 2016

Le plus beau des cadeaux d'anniversaire




Mercredi dernier vers 16h30, j'étais en train de déprimer sec sous la couette. Notre vol du matin pour Genève avait été annulé suite aux attentats de la veille, et le vol de jeudi sur lequel nous nous étions reportés allait sûrement l'être aussi puisque l'aéroport de Zaventem avait annoncé en fin de matinée que les enquêteurs se trouvaient toujours sur place et qu'il n'était pas question de rouvrir pour le moment. J'avais exploré toutes les options alternatives: le train était outrageusement cher (600€ les deux aller-retour), nous bouffait deux jours sur les quatre restants et de toute façon, la SNCF refusait de nous vendre des billets car il était trop tard pour nous les envoyer par la Poste et de toute évidence, nous faire parvenir un PDF à imprimer à la maison était trop compliqué. Même problématique pour la voiture: cher puisque nous devions en louer une, et long avec en plus des risques d'accident. Bref, je voyais mon séjour en Suisse tant attendu s'envoler en fumée. 

Jusqu'à ce que Chouchou, qui rafraîchissait la page de news d'EasyJet toutes les dix minutes pour voir ce que proposait la compagnie, me lance depuis le salon: "Notre vol est reporté au départ de Lille". Branle-bas de combat. Le dernier TGV pour Lille était à 19h13, la valise de Chouchou n'était pas prête et moi je traînais ma peine en pyjama et pas douchée. Nous nous sommes dépêchés de réserver des billets de TGV par internet, de chercher un hôtel - près de l'aéroport, plus que du Formule 1 ou du vraiment cher, donc plutôt près de la gare -, de vérifier les horaires des navettes et de boucler nos préparatifs personnels avant de nous jeter dehors un peu hagards. Notre rue était complètement bouchée par les voitures; Chouchou a suggéré que nous marchions jusqu'au métro. Mais en arrivant à la station Trône, nous l'avons trouvée fermée. Nous avons donc poussé jusqu'à la Porte de Namur, où le métro était fermé aussi mais où nous avons pu prendre un taxi (en plus, pour une fois, le chauffeur était charmant et ne nous a ni secoués ni infligé une musique atroce ou des commentaires navrants). Gare du Midi, des blindés s'alignaient devant l'entrée, il y avait des soldats en armes et des contrôles de sécurité partout, nous avons un peu eu l'impression de fuir un pays en guerre.

Dans le TGV, enfin, nous nous sommes détendus et Chouchou a envoyé un MP à mon ami Philou pour lui demander s'il était libre à dîner ce soir. Je trouvais ça un peu dernière minute, mais Philou a dit oui, et nous avons donc eu le plaisir impromptu de manger des tartines avec lui à l'Arrière-Pays en bavardant de nos voyages respectifs et des villes européennes qui nous avaient plu ou pas. De retour à l'hôtel, nous avons éteint vers minuit, et comme chaque fois que je dois me lever très tôt pour prendre un train ou un avion, je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit de crainte de ne pas entendre le réveil. A 5h10, branle-bas de combat pour se préparer et partir prendre la navette de 6h à destination de l'aéroport. A ce stade, je craignais encore que tout ne s'écroule au dernier moment, que l'employé du comptoir d'EasyJet me dévisage avec de gros yeux ronds en me disant qu'il n'avait jamais entendu parler de cette histoire de report et qu'il n'y avait pas de vol de 8h40 pour Genève. Mais non. J'ai rarement été aussi heureuse de monter dans un avion. 

Comme d'habitude, nous avons pris le train pour rejoindre Lausanne où Funambuline nous attendait à la gare. Il faisait un temps magnifique au bord du Léman et je n'arrêtais pas de répéter en boucle: "Qu'est-ce que c'est beau... qu'est-ce qu'on est bien... qu'est-ce que je suis contente...". Avant d'aller déjeuner à la brasserie de Montbenon, nous avons pris le métro pour descendre jusqu'à Ouchy dire bonjour au lac. Et là, Funambuline nous a révélé le plan que Lady Pops, Shalf, Marika et elle avaient ourdi par MP sur Facebook tout en discutant avec nous sur un fil séparé où ils suivaient nos efforts pour tenter de les rejoindre. Sur une idée de Lady Pops, ces grands malades avaient prévu, au cas où nous serions coincés à Bruxelles, de partir de Lausanne samedi matin avec la Popsmobile, un caquelon, un kilo et demi de mélange moitié-moitié et une bouteille de vin blanc dans le coffre, plus une glacière pour ne pas que la crème double des meringues tourne, et de se taper toute la route jusqu'à Bruxelles afin que j'aie quand même ma fondue d'anniversaire et que je ne sois pas seule pour mes 45 ans. Ceci, alors que Lady Pops partait en vacances avec sa famille, également en voiture, le lundi matin, que Funambuline est actuellement à la limite de la hernie discale et peine à rester en position assise plus d'une heure d'affilée, et que Marika est tellement débordée de boulot qu'elle doit bosser sept jours sur sept pendant tout le mois à venir. 

Je me suis sentie aimée, vous n'imaginez même pas. 

(En plus, ils m'ont fait lire leur fil de discussion secret, c'était hilarant, surtout le ABORT MISSION ABORT MISSION de Shalf alors qu'on venait d'annoncer qu'on pouvait partir de Lille mais que Lady Pops au taquet et n'ayant pas vu notre message récapitulait la grande manoeuvre de samedi matin avec sa détermination et son énergie coutumières.) 

Alors voilà. Le monde devient fou, mais j'ai les meilleurs amis qui puissent exister. Pour quelqu'un d'aussi ours que moi, c'est surprenant autant que merveilleux. Je ne sais pas ce que j'ai fait pour les mériter, mais j'espère bien les garder toujours. Et n'avoir plus jamais autant de mal à les rejoindre pour partager un repas à 15 638 calories/tête. 

vendredi 22 mai 2015

[LAUSANNE] I-docens One




En cherchant des activités pour nous distraire durant notre séjour en Suisse, Lady Pops a découvert un escape game situé du côté de Vernayaz, dans un coin passablement paumé. I-docens One occupe un ancien abri militaire: les amateurs de décors "bruts", ambiance post-apocalyptique, devraient adorer. C'était le 6ème jeu de ce type que je testais avec Chouchou; notre équipe de 5 personnes comprenait en outre les novices Lady Pops, sa fille Miss A. (12 ans) et notre amie Marika.

Première spécificité: ici, il n'y a pas de chrono visible, et aucun système audio-vidéo permettant au responsable du site de communiquer avec les participants. Nous avons donc tout fait sans indice quasiment jusqu'à la fin, d'où quelques longueurs par moments. Des boîtes contenant la solution des énigmes les plus complexes sont à disposition des joueurs, mais le fait d'en briser les scellés pour regarder dedans entraîne une pénalité de X minutes à chaque fois, et nous préférions trouver par nous-mêmes - aussi, nous n'y avons pas touché.

Deuxième spécificité: pas d'électricité à l'intérieur de l'espace de jeu; tout se fait à la lumière de lampes frontales, ce qui ajoute à l'ambiance légèrement flippante du lieu. Troisième spécificité: là où les autres escape games testés précédemment se déroulaient dans un espace de trois pièces contiguës au maximum, ici, il y en a bien davantage: on ne sait pas trop quand on va en voir le bout! Quatrième et dernière spécificité: les joueurs ne sont pas enfermés; le but n'est pas de trouver un moyen de sortir, mais une clé USB sur laquelle figurent les noms de tous les participants.

Pour le reste, le principe de base reste le même: il faut fouiller partout et beaucoup, beaucoup se creuser les méninges. Ce qui n'a pas empêché Miss A. de prendre une participation très active au jeu et de découvrir plusieurs éléments cruciaux (I-docens One est ouvert aux enfants à partir de 10 ans, pourvu qu'ils soient supervisés par au moins un adulte). Tous les novices de notre équipe ont adoré, et oui, nous avons réussi à trouver la clé USB, même si nous ne savons pas en combien de temps exactement car personne n'avait pensé à regarder sa montre son smartphone au début.

Plus je teste d'escape games, plus j'adore ça. Le principe très simple se prête à une infinité de variations en matière de thèmes et de décor, et je trouve que c'est vraiment une activité de groupe géniale - en famille, entre amis ou même collègues pour faire du team building. A titre d'information, les organisateurs d'I-Docens One préparent déjà deux autres jeux sur le même site, plus un autre à Lausanne. Amis helvètes, n'hésitez pas à tester: je vous garantis que vous vous amuserez! Pour nous, la prochaine aventure aura lieu à Bruxelles dans un des décors XIXème d'Escape Hunt.



jeudi 21 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (4/4)


Merci la fondue d'hier soir pour cette nuit remplie de cauchemars; la prochaine fois, je tâcherai d'avoir les yeux moins gros que le ventre. Pour autant, suis-je dégoûtée de la nourriture, ai-je l'appétit coupé pour les deux jours à venir? Même pas. Lorsque nous arrivons sur le coup de 11h à la ferme aux Cretegny, j'ai de nouveau une faim de loup. Et ce serait de toute façon pécher que de ne pas faire honneur à ce superbe brunch presque exclusivement composé de produits fabriqués sur place. J'aime toujours autant la rösti, et cette cuchaule est une merveille. Mais attention au gaspillage: les deux cochons sont au régime! Bien que citadine endurcie, j'avoue: je ne déteste pas l'odeur du crottin. Par contre, la décharge que je me prends en touchant involontairement la clôture électrifiée non signalée de l'enclos des poules et des lapins, je m'en serais bien passée (même si c'est plus surprenant que réellement douloureux). 







Pour l'honneur, une géocache nano rapide et facile à Morges, où les places de parking sont aussi rares que les repas sautés dans l'histoire de ma vie, puis un dernier verre avec Lady Pops et Miss A. dans un salon de thé de la grande rue piétonne, et c'est déjà l'heure de prendre le train pour l'aéroport de Genève. On serait pourtant bien restés quelques jours de plus, fût-ce au péril de la vie de nos estomacs...

(Le lendemain matin, de retour à Bruxelles, je me pèse en frémissant d'avance: je fais exactement le même poids que la veille de notre départ, alors que je me suis gavée et que je n'ai pas fait de fitness pendant 4 jours, juste nettement plus marché que d'habitude. Mon généraliste doit avoir raison quant aux activités bénéfiques pour moi. Je me commande donc immédiatement un bracelet connecté pour m'encourager à accumuler les pas supplémentaires. Mais ceci fera l'objet d'un autre billet!)

mercredi 20 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (3/4)






Ce matin en me levant, je trouve Lady Pops en train de préparer des scones maison. La loi suisse permet-elle de se faire adopter par une personne plus jeune que soi? Moka le lapin de combat a le poil doux comme de la soie, tandis que Timmy le patapouf arbore une magnifique paire d'oreilles hélicoptère. Chouchou se fait prendre en photo sur le ponton du château de Chillon (visité en 2011) pour illustrer son nouveau site professionnel. J'aime bien le concept du croque-monsieur à la béchamel, un peu moins les deux cheveux que je trouve dans mon assiette.




Cette sculpture géniale qui allie science et poésie, entre le parking et le bord du lac à Vevey - est-ce que c'est possible de la piquer en douce pour la rapporter à la maison? Marika nous rejoint en robe bain de soleil et tongs; je porte une jupe d'hiver, des collants et des boots de moto: on dirait qu'on n'appartient pas au même espace-temps. Le timing est serré; modifions nos plans et commençons par faire les courses. Claquer 100€ en fromage (plus 5 tablettes de chocolat), c'est une expérience inédite pour moi. Euh, Chouchou, tu as vu le prix du livre que tu guignes chez Payot? Il coûte 12€ de plus qu'en France; achète plutôt l'e-book sur Amazon!








L'Alimentarium est un bien beau musée, mais peut-on se fier aux informations nutritionnelles diffusées par Nestlé? En attendant, l'expo Détox (très bien foutue) m'apprend deux ou trois choses sur la digestion - j'ignorais par exemple que les vitamines A,D, E et K étaient solubles dans le gras alors que les B et C sont solubles dans l'eau. Et aussi, l'estomac d'un buveur de bière, ça fait un peu peur. "Viens faire des câlins au fenouil violet". En effet, il a une texture tout à fait particulière, comme de la peluche caoutchouteuse. Breaking news: on peut tenir (et même s'attacher) à trois à l'arrière d'une Fiat 500 rose, pourvu que l'une des trois soit une Miss A. filiforme. La fondue moitié-moitié, c'est très bon; la fondue au vacherin, c'est encore meilleur, mais la fondue au fromage de chèvre, accompagnée d'olives noires et de tomates séchées, ça tabasse TOUT. Le problème, c'est que je ne sais pas m'arrêter et que j'en mange à peu près deux fois plus que nécessaire pour me rassasier. Compteur calorique du jour: 17 356, à vue de nez. Burps. Et si quelqu'un me chante "Julie la petite olive" encore une fois, je le noie dans le fond du caquelon, merci, bisous. 

mardi 19 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (2/4)




Commencer la journée par un brunch maison: fromages suisses, charcuterie, pain aux céréales, tresse, assortiment de confitures et de pâtes à tartiner, miam! Après le quasi coup de soleil d'hier, ça fait un peu bizarre d'enfiler des collants en laine et de sortir le parapluie, mais soit. Le chic suisse: Marika nous donne rendez-vous devant les poubelles de sa rue. "Prends à droite. De toute façon, on est en Suisse: c'est TOUJOURS à droite." L'escape game I-docens est bien planqué au bout d'un chemin boueux qu'on ne peut remonter qu'à pied. Une heure et demie à courir d'une pièce à l'autre de cet ancien abri militaire, mais au final, nous parvenons à récupérer la clé USB sur laquelle sont écrits tous les noms des participants, hourra! Et les novices de notre équipe ont adoré, ce qui est l'essentiel. (article à venir) Par contre, sous ce déluge, pas question de faire la géocache de la cascade qui semblait pourtant sympa.





De retour à Vevey, nous errons dans les rues aux pavés luisants de pluie à la recherche d'un endroit sympa où boire un truc chaud, et après plusieurs déconvenues, nous finissons au café littéraire près de l'Alimentarium. Le chocolat chaud n'est pas bon du tout, mais l'endroit se révèle fort agréable, et nous y passons près de deux heures à bavarder.





Même à demi planquées par le brouillard, les montagnes sont magnifiques. Marika championne de photobombing (elle a tout appris à Benedict Cumberbatch). Elle me prête son bracelet connecté pour que je puisse tester, en m'ordonnant de marcher au moins vingt minutes le soir pour ne pas pourrir sa moyenne. Résultat, une fois rentrée chez Lady Pops, je fais les cent pas dans le salon. Histoire de faire semblant d'avoir une alimentation équilibrée, la maîtresse de maison nous prépare une soupe fabuleuse: une chaudrée au poulet, chorizo, épinards et crème de maïs, recette de la blogueuse Trois fois par jour. Chouchou en engloutit 3 assiettes, tandis que je me restreins à 2 - malgré quoi je n'ai plus beaucoup de place pour la tarte aux pommes préparée avec amour par Miss A. Compteur calorique de la journée: moins pire qu'hier, mais clairement, la malnutrition ne nous guette pas. 

lundi 18 mai 2015

Opération sabotage de régime en Helvétie (1/4)


Bizarrement, quand le réveil sonne à 6h parce que j'ai un avion à prendre, je n'ai aucun mal à me tirer du lit. On a bien fait de prendre la navette de 7h plutôt que celle de 8h: Zaventem est blindé de monde en ce début de week-end de 4 jours. ...Comment ça, je n'avais pas droit à une valise avec mon billet Check & Go, et je vais devoir payer 35€ à l'aller et autant au retour pour l'emporter avec moi? L'aéroport, que j'ai toujours trouvé limite sinistre, vient d'être refait; il est maintenant hyper-lumineux, moderne et bien agencé. Et le magasin de lunettes de soleil solde un modèle rouge de chez D&G absolument parfait pour moi - ça tombe bien, il m'en fallait une paire. A peine une heure et quart pour faire Bruxelles-Genève; autant dire que la Suisse, c'est la porte à côté. Dans le train jusqu'à Lausanne, écouter mine de rien la conversation des voyageurs d'à côté qui parlent des moutons employés par la société de chemins de fer nationale pour désherber les voies - un moyen écolo à souhait qui me ravit. 




"On t'a reconnue de loin à tes chaussures", m'annoncent Lady Pops et Funambuline. Le métro de Lausanne est le même que celui de Toulouse; nous ne sommes pas dépaysés, et ici aussi, Chouchou essaie de se mettre à l'avant de la rame sans conducteur comme s'il avait 5 ans et demi. Les jouets suspendus au bras de la statue de Guillaume Tell, on va dire que ça change des baskets jetées sur les fils électriques. La brasserie de Montbenon, petit coin de paradis à la fois champêtre et luxueux en plein centre-ville. J'ai l'impression d'être une riche expatriée qui prend le soleil en terrasse avec ses amis dilettantes - le bonheur, quoi. Et l'ail des ours, que je n'avais encore jamais goûté? Je kiffe grave. 




Par contre, l'expo d'art brut, euh, comment dire... je préfère une bonne petite promenade dans les rues de la ville. Non, je ne suis pas très intéressée par la rosace de la cathédrale. Oui, je veux absolument visiter ce musée de zoologie où le temps semble s'être arrêté dans les années 50. Quel taxidermiste fou a donné cet air shooté aux rapaces et aux singes? On est en train de perdre Shalf, qui s'endort sur le divan de l'entrée. Ouh la bonne odeur de shit qui flotte sur le bar à sirops en plein air de la place de la Riponne. La pince incrustée dans un pavé: une touche de déco urbaine à la fois discrète et originale. 




A Ouchy, il y a une statue envoyée par "la Belgique reconnaissante". Les bords du Léman sont toujours aussi magnifiques. La carte des cocktails du Beau-Rivage, clairement, ça change de l'assortiment mojito-cosmo-gin tonic habituel - d'ailleurs, je crois que je vais tenter un "Mon grand-père a planté une betterave". And now, pour le plaisir du contraste: le petit resto chinois familial bien planqué au premier étage d'un immeuble. Moi qui ne supporte pas les trucs qui piquent, j'ai réussi à choisir le plat qui arrache le plus de toute la tablée (un agneau au cumin délicieux mais klaffi de piments); heureusement que Funambuline veut bien me faire un échange avec le sien (un canard au basilic croustillant à tomber par terre). Nous sortons au moment où tombent les premières gouttes de pluie, commençons à nous mouiller dans la longue rue pavée qui descend vers la gare et roulons vers le patelin de Lady Pops sous un gros déluge - si c'était moi qui conduisais, je n'oserais pas dépasser le 20 km/heure. Compteur calorique en fin de journée: dans les 4560, à vue de nez, mais ça valait le coup!

jeudi 27 septembre 2012

Café Tivoli: la meilleure fondue du monde?




A la fin du Shalbuline Day, j'aurais sans doute pu rentrer en roulant si quelqu'un m'avait poussée. Il me semblait que je n'aurais plus jamais besoin de manger de toute ma vie. Moyennant quoi, après avoir sauté le déjeuner du lendemain, j'ai commencé à avoir un petit creux en milieu d'après-midi. A 19h, j'étais parfaitement d'attaque pour ce que Lady Pops m'avait vanté comme étant "la meilleure fondue du monde". 




Je me dois de préciser qu'autant je me défends pas mal en gyoza ou en burgers, autant je suis une quasi-novice pour ce qui est de la fondue. Je n'en avais mangé qu'une seule fois auparavant, l'an dernier à Gruyères, une moitié-moitié dont mon estomac conservait un souvenir ému. Cette fois, comme nous étions six à table avec la famille Pops, nous avons commandé deux caquelons: un de moitié-moitié et un de vacherin. Mes aïeux, quelle révélation! La fondue au vacherin, c'est une tuerie interstellaire. "Au bout d'un moment, on peut trouver ça écoeurant", m'avait prévenue Lady Pops. Afin d'éviter tout drame papillesque, j'ai donc pris soin d'alterner un peu avec la moitié-moitié (disons, une fois sur 4 ou 5). Et ben c'est très, très bien passé. Je n'ai pas laissé une goutte de fromage au fond de ce caquelon. Si vous me cherchez pendant les trois prochains mois, je suis à la maison en train de brouter de la laitue sans sauce. 




L'adresse! réclameront les gourmands. Or donc, ce massacre calorique a eu lieu au Café Tivoli, sis à Châtel-Saint-Denis. L'intérieur est décoré tout en bois avec des tables gravées, des bancs rembourrés et de robustes chaises. Des cloches de vache géantes pendent au plafond - pas de doute, on est bien en Suisse. L'établissement, très connu, se remplit rapidement à partir de 19h. Les serveuses en tablier folklorique ne chôment pas, et le service est efficace bien qu'un peu bourru. La carte propose tout un tas de spécialités locales, et bien entendu, les fameuses meringues double crème en dessert. Je n'ai pas assez de points de comparaison pour affirmer que le Café Tivoli sert la meilleure fondue du monde, mais je sais que j'y ai passé un moment aussi agréable pour mon estomac que néfaste pour mon tour de taille. 




Place d'armes 18
1618 Châtel-Saint-Denis
Tel: 021 948 70 39

mardi 25 septembre 2012

Shalbuline Day


Je n'avais pas assisté à un mariage depuis celui de Soeur Cadette en 1999. Un peu parce que mes amis les plus proches étaient déjà mariés quand je les ai rencontrés, ou sont du genre à rester en concubinage ad vitam eternam, un peu parce que j'ai tendance à avoir piscine le jour où on me propose un combo église-robe meringuée-dîner interminable-DJ avec une centaine de parfaits inconnus. Cette fois, j'ai décidé de remettre mes ablutions chlorées à plus tard. Parce que les mariés se sont connus sur Twitter, parce qu'Il a décidé qu'elle était la femme de sa vie avant même de l'avoir embrassée pour la première fois, parce qu'ils avaient fixé la date de leur union un an jour pour jour après leur rencontre "en vrai", parce qu'on ne refuse jamais une invitation à se rendre au bord du Léman, parce qu'il n'y avait pas de dress code et qu'Elle avait prévu de porter une robe rouge achetée chez Trashy Diva, parce que les oncles aux mains baladeuses avaient été priés de rester chez eux, parce qu'une grande partie des invités étaient des blogueurs ou des Tweetos venus des quatre coins de la francophonie, parce qu'Ils sont tous les deux épicuriens et notamment amateurs de vraie bonne bouffe, tout simplement parce que je les aime assez pour accepter de ne pas savoir ce que je vais faire de ma journée, hormis le fait qu'on va m'obliger à monter sur un bateau.




Et de fait, cette journée était à Leur image: chaleureuse et décontractée. On a pu y croiser une nonne en bleu égarée sur le pont du Général Guisan, une minuscule blondinette à zyeux bleus qui faisait à la fois l'oeil du tigre et le signe de la bête, des filets de perche du lac dans les assiettes, une hotte de vendangeur sauvagement renversée par Godzilla et Indiana Jones (sacrés duettistes du jour), un officier d'état civil qui récitait du Joe Dassin, un saladier de petits coeurs en mozzarella, des carafes d'infusion froide dont les étiquettes avaient bavé, un atelier construction en marrons et en cure-dents, des talons aiguilles pourtant interdits sur le plancher de la salle paroissiale, un rhinocéros en chocolat, des nappes en kraft couvertes de dessins plus ou moins obscènes et de poèmes plus ou moins réussis, des lasagnes à la truffe qui déboîtaient, de la tomme vaudoise qui tentait de s'échapper du buffet, des cucurbitacées à emporter, un barbu très ému qui s'empêtrait dans ses remerciements. J'ai eu beaucoup de plaisir à faire la connaissance de certaines personnes et à en retrouver d'autres que j'ai peu d'occasions de voir en chair et en os. Et je me dis que si Chouchou et moi décidons de sauter le pas un jour pour des raisons administratives, il se peut finalement que j'accepte de faire quelque chose d'un peu plus élaboré que choper deux personnes au hasard dans la rue pour nous servir de témoins.

vendredi 1 juillet 2011

Château de Chillon


Je l'avoue: je ne suis pas très branchée vieilles pierres. Si je dois faire du tourisme, j'ai plutôt tendance à jeter mon dévolu sur les musées d'art moderne que sur les monuments historiques. Mais comment refuser de visiter ce petit bijou qui surplombe le lac Léman?

Agé d'un millénaire, le château de Chillon vient juste d'être superbement restauré. Les jours de grand beau temps, il y règne une lumière et une fraîcheur sublimes. Même sans points de comparaison, je comprends que ce soit le monument le plus visité de Gruyérie.






Les latrines (photographiées du dessus) étaient conçues de telle sorte
que les seigneurs puissent s'échapper par là en cas de, euh, siège.


Elle ne serait pas un tout petit peu équivoque,
cette poignée de porte? Si, hein?







That's all, folks!

jeudi 30 juin 2011

Geocaching: la lose lausannaise


A Lausanne comme dans toutes les villes que nous visitons, Chouchou et moi avions prévu de faire un peu de géocaching, d'autant que Funambuline souhaitait voir comment ça fonctionnait. Samedi, après avoir bu un verre à Vevey, au bord du lac Léman, et pris quelques photos de la fameuse fourchette géante, nous nous sommes mis en quête de la cache la plus proche: la Vibiscum III, située aux abords de la statue de Charlie Chaplin (qui a fini sa vie dans le coin). L'indice semblait désigner l'un des deux panneaux de signalisation tout proches, mais nous avons eu beau ôter le "bouchon" en plastique qui coiffait les poteaux en métal, nous n'avons rien trouvé, pas plus que dans les autres cachettes possibles aux environs.

Comme il faisait beau, nous avons marché le long de la rive jusqu'à la seconde géocache la plus proche: la Vibiscum II, dissimulée près du Musée du Jeu au château de la Tour-de-Peilz. Là, l'indice était beaucoup moins probant et les cachettes potentielles très nombreuses: beaucoup de murs et de murets en pierre pleins d'anfractuosités. Mais même en nous y mettant à quatre, nous avons échoué, comme pas mal d'autres gens avant nous. Il semble qu'il y ait un "truc" que nous n'avons pas pigé. Tant pis, nous venions juste d'arriver en Suisse et nous avions encore trois jours devant nous.

Le lendemain, au village de Gruyères, nous avons tenté une géocache de type "chasse au trésor" assez compliquée mais aussi très fun. A partir de 20 photos fournies par le créateur, nous devions repérer dans le village autant de détails architecturaux et noter l'indice correspondant: numéro de la maison concernée, nombre de vitres sur telle fenêtre ou de fenêtres rondes sur telle façade, etc. Les chiffres récoltés permettaient d'obtenir les coordonnées de la cache. Nous avons arpenté le village de 14h à 17h sous un soleil de plomb, ne nous accordant qu'une pause rafraîchissement au café Giger avant de localiser les deux derniers indices avec l'aide d'un commerçant du coin. Mais nous avons dû faire une erreur quelque part dans notre relevé, car les coordonnées nous ont entraînés fort loin du village, en pleine nature et dans un endroit qui ne correspondait nullement à la description fournie par le créateur de la cache. Après tant d'efforts, nous sommes donc rentrés bredouilles. Contents, quand même, de cette recherche très ludique qui nous a forcés à observer si attentivement le village, mais un peu frustrés (voire beaucoup, en ce qui me concerne). Nous méritions vraiment de découvrir ce "trésor"!

Lundi après-midi, comme Funambuline travaillait, c'est M'dame Jo qui a gentiment proposé de nous guider dans notre périple. Nous avons commencé par descendre vers le parc Mon-Repos. Dans la partie sud, nous avons admiré plusieurs volières contenant, entre autres oiseaux, le premier paon blanc que j'aie jamais vu. Nous sommes également restés perplexes devant les oeuvres éparpillées sur les pelouses: quelle pouvait bien être la signification de cette boule de bowling géante ou de ce tourniquet qui tournait tout seul et assez vite pour battre des blancs en neige? Mystère. Dans la partie nord, nous sommes montés jusqu'à la Tour de Perdonnet qui surplombe une jolie cascade. Nous avons cherché plusieurs minutes avant de localiser le tube en plastique logé dans une fissure de la roche. Mais il était enfoncé si loin que même ma très petite main ne parvenait à en toucher que le fond. Impossible de trouver une prise suffisante pour le sortir, d'autant qu'il semblait coincé. Damn, damn, et triple damn.

Nous n'avons pas eu davantage de chance à la cathédrale, où les préparatifs du Festival de la Cité nous ont empêché d'atteindre le banc près duquel se trouvait une seconde cache qui doit être super facile à loguer le reste de l'année. Sous un soleil toujours aussi plombé, nous sommes montés à pied jusqu'à la forêt de Sauvabelin. Déshydratation et coup de soleil me guettaient quand, au terme d'une longue marche, nous avons atteint la cascade que M'dame Jo pensait être celle de Valmont. Sauf que non. La vraie cascade de Valmont se trouvait encore à 900 mètres à vol d'oiseau, mais de l'autre côté d'un canyon assez profond. Nous avons renoncé et repris en bus le chemin du centre-ville. A la gare de Lausanne, malgré un faible nombre de cachettes possibles sur le quai des voies 3 et 4 en direction de Brig, nous avons une fois de plus fait chou-blanc.

6 échecs sur 6; ça ne nous était jamais arrivé, même à nos tout débuts de géocacheurs! J'ai bien cru que nous allions rentrer bredouilles de Gruyérie. Heureusement, mardi à Genève, nous avons trouvé en compagnie de Funambuline la totalité des 5 caches qui figuraient sur notre liste; l'une d'elles était même assez grande pour que j'y dépose un des Travel Bugs trouvés à Anvers fin avril. Et je crois que nous avons transmis le virus à une nouvelle géocacheuse :-)

mercredi 29 juin 2011

Musée H.R. Giger


Dans le village de Gruyères, il n'y a pas que des chalets mignons et des joueurs de cor des Alpes. Il y a aussi, de façon assez incongrue, un musée dédié à H.R. Giger. "C'est qui ce type?" vous demandez-vous peut-être. Réponse: c'est un designer essentiellement connu du grand public pour avoir conçu la créature des films de la série "Alien". Il a une façon de mêler l'organique et la mécanique que certains pourraient qualifier de géniale, voire visionnaire, et que je trouve personnellement juste dérangeante. La quasi totalité de son oeuvre prolifique montre des femmes pénétrées par tous les orifices à l'aide de divers tuyaux et ustensiles mécaniques, ou éventuellement des bébés décapités. Je ne veux même pas savoir ce qui se passe dans l'inconscient de ce malade mental monsieur. J'avoue néanmoins avoir beaucoup apprécié la déco du café à thème qui lui est consacré, juste en face de son musée.





Ces sculptures se trouvent devant l'entrée du musée.
Bien entendu, il est interdit de prendre des photos à l'intérieur...





Heureusement, on peut faire ce qu'on veut dans le café!

4 choses à savoir sur la Gruyérie


1. LA GRUYERIE, C'EST BEAU

Bon d'accord, nous n'en avons vu qu'un tout petit bout: le bord du lac Léman, le village de Gruyères perché dans les montagnes vaudoises, quelques rues piétonnes de Lausanne et la forêt de Sauvabelin, la vieille ville et les rives du Rhône à Genève. Mais waouh, quoi. Tout a l'air... tellement sain. C'est vraiment un pays de carte postale. J'ai passé quatre jours à répéter en boucle: "Rhooo, cébô". Amies gruyéroises, ne vous y trompez pas: en temps normal, j'ai un vocabulaire de plus de trois mots. Si si.

La fameuse fourchette de Vevey



Le village de Gruyères et ses environs

Le jet d'eau de Genève

Par contre, la Gruyérie, ça monte et ça descend vachement. Les non-habitués tireront la langue et choperont des crampes aux mollets. L'avantage, c'est qu'ils brûleront les calories inévitablement ingurgitées par millions à chaque repas (voir point 3).


2. LES GRUYEROISES SONT TERRIBLEMENT ACCUEILLANTES

Lady Pops est venue nous chercher jusqu'à l'aéroport de Genève avec sa Popsmobile rose. Elle avait crocheté un amigurumi Yoda pour Chouchou, m'avait raflé deux vernis Essence d'une collection limitée et préparé des cupcakes roses et noirs en l'honneur de mon blog. Le dimanche matin, elle m'a donné une leçon de crochet, et le midi, elle a fait son Kettch en payant en douce l'addition du resto où nous venions de manger. Et en plus de ça, elle a dit qu'on revenait quand on voulait.


Funambuline m'avait concocté une séance de shopping sur mesure. Elle m'a offert deux cartes postales avec des Georges-Arthur, et fait une manucure rose et noire que je vais m'employer à préserver le plus longtemps possible (je lui laisse le soin de vous la dévoiler en premier, et je rajouterai une photo ensuite). Elle a pris un après-midi de congé pour nous accompagner à Genève et a carrément poussé jusqu'à l'aéroport pour nous livrer au comptoir Brussels Airlines. Elle a dit que "c'était facile" de nous avoir chez elle le soir. Et qu'on revenait quand on voulait.

M'dame Jo nous a promenés dans Lausanne lundi après-midi pendant que nous cherchions vainement des géocaches (more about that later). Darwinette et Océane sont venues boire l'apéro avec nous alors que la première est enceinte jusqu'aux yeux et que la seconde n'habite pas sur Lausanne. Calamity et Invidiosa ont partagé leur déjeuner d'hier avec nous. Franchement, on n'avait plus envie de rentrer.


3. EN GRUYERIE, ON MANGE DROLEMENT BIEN

Le samedi soir, la famille Pops nous a fait goûter la charcuterie locale de son petit boucher et du rösti (prononcer "reuchti") fait maison. Miaaaam. Je ne vous parle même pas des cupcakes citron-matcha de Lady Pops, qui a eu la bonté de poster la recette .


Le dimanche midi, par plus de 30°, nous avons englouti une fondue moitié-moitié (50% gruyère, 50% vacherin), avec supplément pommes de terre pour Chouchou et moi. Croyez-moi ou non, ce n'était même pas lourd.


Lundi midi, nous avons déjeuné au Holy Cow qui sert ce que Funambuline considère comme les meilleurs burgers de Lausanne. Indeed. Je vais être obligée de retourner à Lausanne pour tester l'ensemble de la carte. Et leur mystérieuse boisson baptisée "Mieux que du thé" est délicieuse aussi.

Lundi soir, nous avons dîné à la terrasse de la Pinte Besson, un joli petit resto à l'ancienne où j'ai goûté du féra, un poisson d'eau douce pêché dans le lac Léman. Yummy.


Par contre, nous n'avons pas eu l'occasion d'essayer les fameuses meringues double crème. Ce sera pour une prochaine fois.


4. LA GRYUERIE, C'EST CHEEEEER

Le taux de change avec l'euro étant particulièrement défavorable en ce moment, un Coca dans un bar revient à peu près à 4€, et un (bon) sandwich à l'aéroport de Genève, à 7€. Glups. A repas équivalent, il faut compter une addition 30% plus élevée qu'en France ou en Belgique. Les produits La Marelle ou Pantone prennent entre 30 et 50% d'augmentation dans les magasins où ils sont vendus. Moralité: ramener des spécialistés locales, oui. Faire du shopping de choses qu'on peut trouver ailleurs, non.

Demain, je vous raconte notre lose géocaching à Lausanne...