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jeudi 8 octobre 2015

California Dreamin'


A la base, je suis une grande fan de Pénélope Bagieu. J'adorais le blog dans lequel elle mettait en scène son quotidien; j'ai eu l'occasion de la rencontrer plusieurs fois et je l'ai toujours trouvée sympa, sincère et pas prétentieuse du tout malgré son énorme succès. J'apprécie également ses prises de position contre le racisme dans la pub ou la pêche en eux profondes. Quand elle a commencé à publier de la fiction, j'ai beaucoup aimé "Cadavre Exquis", trouvé la série des "Joséphine" facile et assez creuse, râlé à cause l'absence de résolution à la fin de "La page blanche" (sur un scénario de Boulet) et carrément détesté "Stars of the stars" (sur un scénario de Sfar). Comme je la suis sur Twitter, j'avais vu passer les deux premiers chapitres de sa nouvelle bédé, "California Dreamin'", et n'accrochant ni au sujet: la biographie d'une chanteuse des années 60, ni aux dessins crayonnés qui me semblaient paresseux, j'avais décidé de faire l'impasse. Mais Chouchou, lui, était assez intéressé pour l'acheter, et puisqu'elle traînait sur la table de chevet voisine, j'ai quand même jeté un coup d'oeil à la bête.

Il ne m'a fallu que quelques chapitres pour me sentir complètement emballée. Je n'y connais pas grand-chose en graphisme, au fond, et ce qui m'était d'abord apparu comme des dessins pas vraiment finis s'est rapidement imposé comme un parti pris très riche et très maîtrisé, beaucoup plus abouti que tout ce que l'auteur avait fait avant. J'ai également adoré l'idée de présenter l'histoire d'Ellen Cohen, fille d'épiciers juifs dotée d'une voix sublime et animée par une passion pour la musique, à travers les yeux d'une personne différente de son entourage à chaque chapitre. Mais au fil des pages, mon enthousiasme est quelque peu retombé. Assez vite, le gimmick du narrateur extérieur cesse de fonctionner, parce que le narrateur en question n'a plus vraiment de point de vue propre; il n'est souvent qu'un témoin passif, une paire d'yeux totalement neutre. Du coup, le principe perd de son intérêt. Et à partir du moment où Ellen Cohen devient Cass Elliot, ses débuts de chanteuse traînent franchement en longueur. L'auteur choisit de se concentrer sur son besoin d'amour, son côté envahissant et les relations dysfonctionnelles au sein du groupe où elle s'est incrustée - soit. Mais du coup, la bédé se termine de façon fort abrupte avant qu'il ne se passe vraiment quelque chose. On entend à la radio que des jeunes filles idolâtrent Cass pour son talent et sa personnalité, mais jamais on n'a eu l'occasion de voir sa carrière décoller jusqu'à susciter ce type d'engouement. Au final, je trouve "California Dreamin'" très réussi du point de vue graphique, mais quelque peu insatisfaisant sur le plan de la narration. 

dimanche 8 septembre 2013

"Stars of the Stars" T1


J'aime bien Joann Sfar et Pénélope Bagieu séparément, aussi étais-je curieuse de ce qu'ils pourraient produire ensemble. 

"Stars of the Stars" est une histoire déjantée d'aliens qui, considérant la Terre comme un obstacle gênant sur leurs routes commerciales, décident de la faire exploser purement et simplement. Mais avant ça, ils enlèvent sept danseuses censées les représenter à un concours intergalactique. Problème: elles sont toutes nulles, et la plupart ne s'entendent pas du tout entre elles, si bien que ça devient rapidement le bordel à bord du vaisseau spatial...

Malgré ma curiosité initiale, "Stars of the Stars" ne m'a pas convaincue. Je n'ai pas été sensible à son humour vaguement trash, ni séduite par ses personnages de danseuses calamiteuses et toutes plus ou moins hystériques. Reste l'originalité d'une histoire rondement menée, mais je doute qu'elle suffise pour m'inciter à poursuivre la série.

jeudi 19 janvier 2012

"La page blanche": quand Boulet et Pénélope font un bébé ensemble


Hier paraissait "La Page blanche", roman graphique signé Boulet pour le scénario et Pénélope Bagieu pour les dessins. Deux artistes que je suis pratiquement depuis le début de leurs blogs respectifs, et dont j'ai toujours admiré le talent. J'attendais donc beaucoup de ce mariage professionnel, au point que j'ai foncé chez Filigranes dans l'après-midi pour me procurer leur bébé, et que je ne l'ai même pas feuilleté avant de passer à la caisse.

Erreur.

Par où commencer la liste de tout ce qui m'a déçue ou déplu dans ce roman graphique? Les dessins, d'abord. Pénélope est très douée pour les expressions faciales, et elle fait de beaux extérieurs parisiens, surtout quand ils sont monochromes. Pour le reste... Je trouve que son style ne passe pas en format long: manque de détails et couleurs informatisées atroces donnent des images plates et inintéressantes, une impression de bâclage au milieu de laquelle seules surnagent quelques planches isolées. Oui, Pénélope a un très bon sens du découpage. Mais ses cases ne sont pas assez pleines ni assez travaillées à mon goût.

Quant au scénario... Cette histoire de fille amnésique qui tente de retrouver la mémoire donne lieu à quelques jolis délires tandis que l'héroïne échafaude des hypothèses toutes plus farfelues les unes que les autres. On a l'impression que les auteurs se sont fait plaisir: "Tiens, là, on va caser une scène d'action comme dans un film hollywoodien!" Pourquoi pas? Le problème, c'est que le reste du temps, il ne se passe rien et qu'on s'ennuie ferme. Petit à petit, Eloïse Pinson reconstitue les détails de sa vie "d'avant". Elle était une parfaite Mlle Tout-Le-Monde, avec des goûts et une existence d'une banalité affligeante. Mais on continue à la suivre parce que, quand même, on attend une révélation finale qui justifiera les 200 pages précédentes. Et on a tort: le bouquin s'achève juste en queue de poisson frustrante au possible. Désolée pour le spoiler, mais comment peut-on spoiler un grand rien?

Ma déception est à la hauteur de mon attente: immense.

Leo, Vaness, je compte sur vous pour sauver culturellement la fin de mon mois de janvier.

mardi 10 janvier 2012

Les 3 sorties très attendues de fin janvier


- Le 18 paraîtra "La Page blanche", un roman graphique avec Boulet au scénario et Pénélope Bagieu au dessin. Sans même savoir de quoi ça va causer, j'ai hâte de découvrir cette collaboration entre deux artistes que j'adore.

- Le 23, rendez-vous au cinéma pour voir "Café de Flore", un film de Jean-Marc Vallée (le réalisateur québécois à qui on doit déjà "C.R.A.Z.Y.") avec Vanessa Paradis brune et paraît-il presque méconnaissable dans le rôle d'une mère célibataire qui peine pour élever son fils autiste à la fin des années 60. La bande-annonce n'est pas follement gaie, mais depuis que je me suis tapé le débile "Atomik Circus" et le sordide "La clef" pour Vanessa, plus rien ne m'effraie.






- Le 31, enfin, mon héros Leonard Cohen sortira un nouvel album studio, "Old Ideas", le premier depuis 8 ans. J'en suis toute chamboulée d'avance, au point que j'ai terriblement peur d'être déçue. Et que je ne sais pas si je dois le commander sur Amazon, au risque de ne pas le recevoir avant le 5 février, ou me ruer à la Fnac City 2 que je déteste le jour même de sa sortie. Il faut aussi que je prévoie des bougies pour la première écoute - oui, oui, tout un cérémonial à la limite du religieux.

Bref, avec ces trois sorties très attendues, janvier 2012 ne peut fondamentalement pas être un mauvais mois!

mercredi 28 avril 2010

"Cadavre Exquis"

Après l'hilarant recueil des meilleures notes de son blog, après les deux tomes de "Joséphine" qui m'avaient moins convaincue, Pénélope Bagieu se lance pour la première fois dans l'exercice du "récit au long cours" plutôt que des gags en une page.

L'héroïne de "Cadavre exquis" s'appelle Zoé. Elle a 22 ans, un job pourri d'hôtesse d'accueil, un copain chômeur qui pète au lit, un appartement de douze mètres carrés et aucune ambition dans la vie. Un jour, son chemin croise celui de Thomas Rocher, ex-écrivain à succès en mal d'inspiration qui vit terré dans son somptueux appartement...

Je ne peux ni vous dévoiler la fin, ni même vous révéler le pitch de cette bédé - ce serait gâcher son principal intérêt, qui est de surprendre le lecteur tout en restant dans la logique d'une histoire dont la mise en place dure presque cent pages. Je l'avoue: avant de comprendre où Pénélope Bagieu m'emmenait, j'ai failli m'ennuyer. Puis j'ai juste eu envie d'applaudir. Malgré quelques longueurs, "Cadavre exquis" est une jolie réussite qui prouve que son auteure est bel et bien capable d'écrire de la fiction pure, et pas seulement de faire rire en se moquant d'elle-même.

samedi 17 octobre 2009

Pénélope Jolicoeur en dédicace chez Tropismes: le retour!

Comme la fois précédente, j'ai choisi d'arriver chez Tropismes avec une heure d'avance pour être la première à passer, plutôt que de me pointer à 16h pile et de devoir piétiner pendant trois heures dans une file de plus de cent personnes. Et le calcul était encore meilleur que la fois précédente, car entre-temps, Pénélope "Jolicoeur" Bagieu a vendu bien assez de "Ma vie est tout à fait fascinante" ou de tomes de "Joséphine" pour ne plus être considérée juste comme une blogueuse qui a sorti un album, mais comme une auteure de bédé à part entière. Sa popularité a grandi en conséquence, et lorsque je repartirai, la queue fera tout le tour de L'Appartement, descendra jusqu'au 1er étage de la librairie, traversera celui-ci et occupera encore une bonne moitié de l'escalier du rez-de-chaussée.

Pénélope, donc, arrive un peu avant l'heure prévue, vêtue tout à fait comme dans ses posts hélas de plus en plus rares - la rançon du succès: robe-nuisette style vintage (Manoush?) sous un gilet noir, collants gris foncés, bottes marron. Visiblement amincie, elle porte son traditionnel vernis rouge vif, mais pas le moindre soupçon de maquillage sur son visage très pâle, aux traits tirés et un peu plus creusés que dans mon souvenir. Je la trouve émouvante de se montrer ainsi sans fard. Je sais comme beaucoup de monde qu'elle a connu un gros chagrin il y a quelques mois, et ça me donne envie de prendre soin d'elle, de lui offrir un thé et des petits gâteaux, de lui parler doucement et de lui recommander de se ménager. Mais peut-être pas aujourd'hui, car derrière moi, des dizaines de clones jeunes filles coiffées et habillées comme elle attendent sagement leur tour. Ca change du public souvent très fortement masculin que l'on rencontre aux dédicaces des autres dessinateurs...

Pénélope ne fait pas sa diva: elle répond "Bien sûr!" quand on lui demande si on peut la prendre en photo et accepte le verre d'eau tiède qu'on lui propose pour ne pas envoyer quelqu'un lui chercher un Coca light au bar d'en face. Ca aussi, ça la rend attachante. En plus, Pénélope a bonne mémoire: elle se souvient de moi, de Régis et de la visite que nous lui avions rendue l'an dernier à son atelier parisien. Petite fierté de fan. Je lui réclame un beau dessin à offrir, et puis un petit deuxième pour moi (ce qui me fait racheter un agenda 2010, mais tant pis: il est super et je trouverai bien quelqu'un à qui donner le premier). Et bien entendu, je lui demande si elle peut poser pour moi avec Ernest-Raoul dans les bras, précisant au passage: "J'ai douze ans et demi d'âge mental et j'assume". "Tu as bien raison", approuve-t-elle. Je la remercie, traîne encore un peu dans le coin pour faire quelques photos supplémentaires et prends le chemin du retour un grand sourire aux lèvres. Pénélope, you rock!

jeudi 1 octobre 2009

"Joséphine 2: Même pas mal" et l'Agenda 2010 de Pénélope

Le premier tome de "Joséphine" m'avait inspiré une réaction mitigée. Le second m'a davantage plu, et même arraché quelques éclats de rire. Mais je maintiens qu'il lui manque l'ironie mordante et la mauvaise foi caractérisée qui ont fait le succès mérité de la Vie Fascinante de l'auteure. Au lieu de ça, sans doute pour tenter de créer un personnage fictif vraiment différent d'elle, Pénélope Bagieu continue de puiser à la source intarissable des clichés Cosmopolitan sur les Bridget Jones d'aujourd'hui. Le résultat est fort sympathique mais pas fracassant.

Par contre, je craque littéralement pour son Agenda 2010 vendu au prix ridicule de 8€. A peine plus gros qu'un livre de poche, muni d'une solide couverture cartonnée et d'un marque-page en satin gris, il est bourré de dessins originaux: un pour annoncer chaque mois, et d'autres pour illustrer les listes que Pénélope nous propose de dresser tout au long de l'année ("Les pires daubes que j'ai vues au cinéma", "Les choses les plus stupides que j'ai pu faire par amour", "Les mauvaises idées que j'ai eues en matière de look"*, "Les super-pouvoirs que j'aimerais avoir", "Les chansons honteuses que je connais par coeur", "Les choses que je ferais avec 1 million d'euros"...). Je sens que je vais beaucoup m'amuser à le remplir.

*Là, j'ai peur qu'une page ne suffise pas, ou alors je vais devoir écrire tout petit petit...

mercredi 24 septembre 2008

"Joséphine"

Vu que j'ai failli m'étrangler de rire en lisant "Ma vie est tout à fait fascinante" et que je vénère le travail de Pénélope Bagieu au point de lui avoir créé son propre tag dans ce blog, j'attendais beaucoup de "Joséphine", son premier album non-autobiographique (même si on devine très vite que certaines des situations qu'il met en scène ont dû être vécues, sinon par elle, au moins par une de ses copines).
Joséphine, donc, c'est la quintessence de la nana de 30 balais pas encore casée, et à qui tout son entourage ne cesse de rappeler cette tare impardonnable. Une sorte de Bridget Jones française, moins pathétique que sa célèbre grande soeur. Toutes les célibataires urbaines devraient se reconnaître dans la majorité de ses (més)aventures. C'est le point fort de l'album, et aussi son gros défaut. Il tape juste - bien qu'avec moins de mordant que "Ma vie est tout à fait fascinante" -, mais il ne surprend pas. Du début jusqu'à la fin, j'ai eu l'impression de lire un numéro de Cosmo illustré. Agréable, donc, mais pas transcendant. En fait, le point fort de Pénélope Bagieu, c'est définitivement son dessin archi-expressif: les mimiques, les postures de ses personnages sont toujours mille fois plus éloquentes qu'une énorme bulle de texte. A se demander si elle ne devrait pas carrément faire dans le muet.

lundi 17 mars 2008

Salon du Livre 2008 à la Porte de Versailles

Quand, samedi vers 17h, nous sommes sortis du métro Porte de Versailles avec Hawk, nous avons été accueillis par une bande de manifestants peu nombreux mais extrêmement remontés qui braillaient "Israël, criminels!" planqués sous leurs keffieh. On s'est dit que vraiment, ça commençait bien. On avait déjà une bonne journée de marche dans les pattes, on était complètement déshydratés et j'avais prévenu Hawk que les années précédentes, il faisait 72° à l'intérieur du Hall 1 avec une foule tellement compacte qu'il fallait jouer des coudes pour avancer. Du coup, j'ai presque failli faire demi-tour.
Un Ricqlès à 4,20 euros plus tard (après six mois à Bruxelles, les prix des brasseries parisiennes me font encore plus halluciner qu'avant), nous nous sommes enfin décidés à tenter une incursion. Il a fallu faire une queue immense et passer un portique de sécurité comme dans les aéroports. Super rassurant. Mais une fois dedans, bonne surprise: la température était raisonnable et la foule, bien que nombreuse, permettait une circulation assez fluide dans les allées.
Nous sommes d'abord passés sur le stand d'Editeur Préféré, où nous avons croisé et bavardé brièvement avec plusieurs stars du forum. C'est toujours sympa de mettre une tête sur un pseudo avec lequel on échange des insultes à longueur de journée; ça permet de personnaliser les vannes et de jouer bassement sur le physique d'autrui ^^
Puis nous avons décidé de faire un tour d'horizon et, peut-être, d'essayer de glaner quelques dédicaces. La liste des auteurs présents était impressionnante; il m'a fallu plusieurs minutes pour la parcourir. Chouette, Frédérique Deghelt que j'avais manquée à la Foire du Livre de Bruxelles la semaine précédente se trouvait justement là. Nous avons foncé vers le stand d'Actes Sud où nous avons rencontré une auteure charmante qui s'est gentiment prêtée au jeu du groupie shot avec Régis. Aude Picault dont j'ai adoré les deux "Moi, je" était là aussi, mais beaucoup de filles attendaient devant sa table, et j'avais déjà acheté mais négligé d'emporter ses bouquins. Lola Lafon, hélas, était prévue pour le mardi 18, bien après notre retour à Bruxelles. Et selon le programme Pénélope Bagieu avait commencé sa séance à 15h; nous approchions des 18h30 et je doutais fort qu'elle soit encore là.
Comme toujours, Hawk s'est ri de mon pessimisme naturel et m'a tout de même entraînée vers le stand des éditions La Martinière qui publient le Chama Sutra illustré par Pénélope. Et là, surprise inverse de la Foire du Livre de Bruxelles: sa dédicace avait été déplacée sur le créneau 17-19h, donc elle était toujours là avec son co-auteur! Mieux encore, elle a reconnu Régis pour l'avoir rencontré chez Tropismes et aperçu jeudi soir au vernissage de son expo, et elle lui a fait son premier fan art (que nous publierons très prochainement). Mieux que tout, elle a accepté la proposition parfaitement décente que je lui ai faite. Moins bien, Hawk était tellement sonné par la fatigue et hypnotisé par son décolleté qu'il en a oublié de prendre les photos d'usage, tsss tsss. Pénélope, ceci est un message personnel: pour la paix des ménages, peux-tu envisager de faire tes prochaines dédicaces en burqa, si on t'en trouve une mauve ou bleu Klein? Merci d'avance.
Au final, je suis sortie de là les jambes lourdes et le porte-monnaie plus léger, mais complètement ravie.

Expo Pénélope Bagieu / Cha / Jérômeuh à la galerie Jamault

Puisque j'étais sur Paris jeudi soir avec très peu de choses à faire (juste passer chez mon éditeur dans le 8ème, dîner avec Kris et assister à l'inauguration du Salon du Livre porte de Versailles), je me suis dit que j'allais faire un tour au vernissage de l'expo de Pénélope Bagieu dans le Marais. J'ai déjà raconté ici combien je suis fan du blog de cette demoiselle et de son bouquin, et j'avais envie de voir ce qu'elle était capable de faire d'autre.
J'ai eu un peu de mal à trouver la rue des Blancs-Manteaux. Résultat, en m'égarant dans le quartier, je suis tombée sur un magasin Muji dont je suis ressortie avec deux sacs très encombrants et pas du tout prévus au programme. Manque de chance, la galerie Jamault est un espace de dimensions modestes qui était blindé de monde ce soir-là. Je serais curieuse de savoir combien de bleus j'ai infligés aux mollets des autres visiteurs avec mes caissons en acrylique aux coins bien pointus et bien durs.
Bref, revenons au sujet de ce post: l'expo. Pas plus d'une douzaine d'oeuvres pour chacun des trois artistes. J'avoue que le travail de Jérômeuh m'indiffère. Je ne suis pas non plus fan de Cha, mais le tableau d'elle accroché en vitrine (deux amoureux sur une toile lacérée et recousue au point croisé, dans des tons de rose et de rouge, avec l'inscription "Love kills") m'a beaucoup plu.
Quant aux collages de Pénélope, ses planches naturalistes m'ont laissée un peu perplexe; par contre j'ai eu le coup de foudre pour une photo des toits de Paris sur laquelle elle a rajouté plein de cordes à linge avec de petits enfants tout plats en train de sécher, et dans un coin une jeune femme en sous-vêtements en train d'en repasser d'autres d'un air concentré. Je me suis précipitée vers le comptoir en égratignant quelques mollets supplémentaires au passage. "Trop tard, elle est déjà vendue", m'a dit le propriétaire de la galerie. J'étais super déçue. Ca faisait longtemps que je n'avais pas acheté de tableau parce que je ne trouvais rien qui me touchait, et j'aurais vraiment aimé accrocher celui-ci sur les murs de notre appartement bruxellois.
Dépitée, je n'ai même pas tenté de faire un coucou à Pénélope (de toute façon assaillie par une file de visiteurs qui voulaient se faire dédicacer son bouquin). Je suis tristement ressortie sous la pluie pour rejoindre Kris et noyer mon chagrin dans un Rose Paradis au Paradis du Fruit.
Pour les gens intéressés, l'expo se poursuit jusqu'au 22 mars; c'est au 19 rue des Blancs-Manteaux, métro Saint-Paul ou Rambuteau. Mais n'espérez pas repartir avec une oeuvre sous le bras: au moins la moitié d'entre elles se sont vendues dans la première heure du vernissage.

Paris, mars 2008


vendredi 15 février 2008

Pénélope Jolicoeur en dédicace chez Tropismes

Bonne surprise: Pénélope Jolicoeur est arrivée à l'heure prévue. Julie et moi, qui attendions vautrées sur les canapés de Tropismes depuis 16h, l'avons reconnue au premier coup d'oeil. Tant pis pour celles qui espéraient qu'elle s'arrangeait un peu au passage; la miss est tout aussi jolie en vrai que sur ses dessins. Fashion victim du genre coquette sans ostentation (je ne savais pas que le 24h de Gérard Darel existait en gris clair), elle a une silhouette enviablement féminine et un savant échafaudage de cheveux châtains qui donne juste envie de lui retirer ses épingles - comme ça, pour jouer. La seule chose qui m'a un peu surprise c'est sa voix, plus basse et gouailleuse que je ne m'y attendais. Et puis évidemment le fait qu'elle dessine à main levée, sans l'aide du "pomme Z", aussi vite et aussi bien qu'avec une palette graphique. Si elle n'avait pas l'air aussi sympa, cette fille serait détestable, tiens. J'espère qu'elle va vendre assez d'exemplaires de sa bédé pour justifier la publication d'une suite. Et que quoi qu'il advienne, elle continuera son blog dont le post quotidien est ma petite injection de bonne humeur quand je me lève hagarde à l'aube blême (aux alentours de 10h, donc) pour entamer une nouvelle journée de boulot toute seule à la maison devant mon ordinateur.

lundi 7 janvier 2008

"Ma vie est tout à fait fascinante"

Pour celles d'entre vous qui auraient vécu dans une caverne ces derniers mois et qui ne feraient pas déjà partie des fans de Pénélope Jolicoeur, je ne saurais trop vous conseiller d'investir dans son livre qui vient de paraître aux Editions Jean-Claude Gawsewitch (oué, je connaissais pas non plus jusqu'ici, mais je suis fan de la couverture souple et du format plus pratique que celui d'une bédé classique).
Or donc, comme le blog dont il est tiré, "Ma vie est tout à fait fascinante" est un monument de drôlerie. Toutes les filles feignasses, gourmandes, de mauvaise foi, bordéliques et girly à mort s'exclameront au moins une fois: "Haaaan, c'est exactement moi!" devant une des planches de Pénélope. Absolument tout le monde, garçons et filles mélangés, devrait se reconnaître dans la virée chez Ikea de la page 46. La 32 et la 80, j'aurais pu les faire moi-même si je savais dessiner. La 40 a fait exploser Hawk de rire (jaune). La 77 ressemble méchamment à une situation vécue par nous il y a peu. Et la 83 est juste irrésistible.
Je sais, présenté comme ça, ça ne vous dit pas grand-chose. Si vous ne connaissez pas déjà le blog de Pénélope, allez donc y faire un tour en urgence - et puis achetez son livre dans la foulée, parce que 1/ une fille aussi talentueuse mérite de vivre de son boulot 2/ c'est un fabuleux investissement anti-morosité par ces temps hivernaux tristounets.