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lundi 2 juillet 2012

Laque Couture 18: Bleu Majorelle, d'YSL


En mai 2009, je partais passer une semaine au Maroc pour un stage de carnets de voyage avec Antonia Neyrins. L'avant-dernier jour, nous sommes allées dessiner au jardin Majorelle, l'ancienne résidence d'Yves Saint-Laurent. 








L'autre jour, en accompagnant ma mère chez Sephora pour la faire bénéficier d'un bon de réduction de 10% auquel j'avais droit avec ma carte, j'ai craqué pour le vernis YSL de la teinte de bleu si particulière qu'on trouve dans ce jardin. 




Contrairement à celui du vernis Dior acheté il y a peu, le pinceau large du YSL est bien conçu pour retenir juste la bonne quantité de produit et le déposer en respectant l'arrondi de l'ongle. La couleur est brillante, intense, vraiment magnifique, et j'ai trouvé le temps de séchage particulièrement court. Sûrement un de mes chouchous de l'été!

lundi 11 mai 2009

Une semaine au Maroc: dessins


Je ne sais pas dessiner, ou en tout cas, je n'ai jamais vraiment essayé. Seules tentatives en la matière: quelques portraits au crayon du chanteur de a-Ha quand j'avais 15 ans, deux-trois dessins humoristiques et un crayonné de Chouchou allongé sur le flanc en début d'année dernière. Point. Mais j'ai toujours eu envie d'apprendre, notamment l'aquarelle. Il y a dix ans, je m'étais même inscrite à un stage. J'avais acheté tout le matériel... et annulé au dernier moment de peur que le prof et les autres élèves me trouvent ridicule. Depuis, ma petite boîte de couleurs jouait les Belles au Bois Dormant au fond d'un tiroir.


Mon tout premier essai, sur une idée d'Antonia: reproduire la symétrie d'une architecture à partir d'un dépliant publicitaire. Quand j'ai montré le résultat aux autres filles du groupe (qui savaient déjà toutes très bien dessiner), la réaction a été unanime. Mes traits au stylo à l'encre de Chine et mon souci du détail donnent un effet graphique très "bédé". Sur le coup, et même si je ne peux nier l'influence exercée sur moi par le 9ème art, je n'ai pas trop compris pourquoi elles me disaient ça. Puis j'ai vu leurs oeuvres, beaucoup plus dans le flou, le suggéré, l'impression - disons-le carrément, le ressenti. A ce stade, je ne suis capable que de reproduire laborieusement ce que j'ai sous le nez, puis de barbouiller les zones délimitées par mes traits au petit bonheur la chance. Bon, en même temps, il faut bien commencer quelque part.


Deuxième dessin: la skyline de Marrakech vue depuis la terrasse du Café des Epices, sur la place du même nom. Il aurait fallu la colorier à l'encre de Chine pour obtenir un beau résultat contrasté, mais je n'en avais pas sous la main et je n'ai pas eu la patience d'attendre mon retour pour emprunter celle de Chouchou. Autrement dit, ça aurait pu être bien mais. L'exercice reste néanmoins très intéressant. Petite touche personnelle, j'ai ajouté mes commentaires avec un feutre fin au-dessus de différents éléments du paysage.


Troisième aquarelle, et ma préférée à ce jour: une silhouette d'Essaouira vue depuis le port. J'ai coupé sur la photo une grand partie de la page de gauche sur laquelle on ne voit que la mer, et que j'ai laissée presque vide à dessein afin de pouvoir y coller de petites photos ou autres éléments. Le format paysage de mon carnet Moleskine s'y prêtait très bien. A regarder ce dessin, on a l'impression qu'il est très simple et qu'il a dû me prendre cinq minutes; et bien pas du tout, j'ai passé au bas mot une heure et demie dessus. Pendant ce temps-là, les autres filles en faisaient au moins deux chacune.



Dernière aquarelle du séjour, la plus ratée de toutes: l'entrée du musée de l'Islam dans le jardin Majorelle. Le bleu caractéristique du lieu était difficile à traiter, et faute d'être capable de faire du flou, je n'ai pas pu finir correctement les côtés occupés par des arbres. A la mise en page du carnet, je me suis d'ailleurs débrouillée pour les masquer histoire de sauver les meubles. Ce dessin représente tout de même un bon souvenir, puisqu'il a initié une conversation entre moi et l'un des gardiens, très bon aquarelliste à ses heures perdues, qui m'a donné quelques conseils judicieux et gentiment fourni de l'eau propre pour mon gobelet.


En bonus, je vous livre un dessin de poignard bêtement réalisé avec un feutre ordinaire, et que je n'ai donc pas pu aquareller pour ne pas faire baver les contours. Ce kummiya était exposé au Musée de Marrakech en compagnie d'autres armes, de bijoux ethniques et de tissus traditionnels. Sur la page suivante, j'ai dessiné une fibule, ces broches qui vont par paires et qui servent à fixer les plis de tissu des vêtements de femme.


Je suis globalement assez satisfaite de mon travail pendant cette semaine, et j'ai très envie de poursuivre dans cette voie. Le mois prochain, Chouchou et moi passerons une partie de notre séjour à Prague à gribouiller dans nos carnets respectifs sur des tables de café. D'ici là, j'aurai sûrement fait une razzia de nouveaux godets d'aquarelle chez Schleiper, et aussi l'emplette de feutres de calligraphie.

Une semaine au Maroc: impressions et couleurs

dimanche 10 mai 2009

Une semaine au Maroc: j'ai...

- oublié ma Visa dans le distributeur où je venais de retirer du liquide la veille de mon départ. Ce, alors que mon code était composé et que quelqu'un m'avait immédiatement succédé devant la machine.

- bousillé en une fois mon crédit de communications en téléphonant à Chouchou depuis l'aéroport de Madrid où je venais de réaliser mon étourderie, afin de lui donner les instructions nécessaires pour faire opposition.

- essayé de ne pas laisser cette petite grosse contrariété gâcher le début de mes vacances (mais ce fut dur).

- tout oublié ou presque en découvrant Marrakech depuis la banquette de la minuscule et antédiluvienne Fiat beige qui me conduisait au riad. Responsables de cet accès momentané d'Alzheimer: les rosiers, bougainvillées et autres fleurs aux couleurs éclatantes que je serais bien en peine d'identifier mais qui foisonnaient le long des remparts d'ocre rouge. Un enchantement pour les yeux.

- été surprise et impressionnée par le nombre de mobylettes et de vélos qui roulent à toute allure dans la medina*. Mieux vaut marcher en file indienne et raser les murs si on ne veut pas finir dans un fauteuil roulant comme les nombreux handicapés croisés durant cette semaine.

- risqué ma vie à chaque traversée d'une avenue: il n'y a pas de feux tricolores dans la medina, et très peu dans la partie moderne de la ville. Et les voitures ne ralentissent pour personne!

- eu envie d'adopter au moins deux douzaines des chats errants, minuscules et faméliques, qui faisaient le guet près des restaurants, des boucheries et des poissonneries dans l'espoir de grapiller quelques déchets.

- pris des douches glacées 6 jours sur 8 pour cause de plomberie défaillante et de propriétaire de riad persuadé que j'étais une dinde incapable de tourner correctement un robinet d'eau chaude.

- acheté trois paires de babouches (alors que j'ai toujours une seule paire de pieds et que je m'étais promis de ne pas en rapporter), plein de carnets en cuir sublimes, deux théières marocaines, une bouteille d'huile d'argan pour la cuisine, un chèche, deux bagues et un pendentif en argent, les obligatoires magnets touristiques, mais pas d'épices dont je n'aurais su que faire ni de grande tunique locale (djellaba? caftan?) qui aurait quelque peu juré avec mes boots de moto et mes blousons en cuir.

- ingurgité de la cannelle pratiquement à tous les repas: pas un dessert qui n'en soit saupoudré. Et finalement, ça va très bien avec les oranges, les fraises, les bananes ou même le jus d'avocat. D'ici à ce que je me convertisse aux speculoos, il n'y a qu'un pas que je ne suis pas encore prête à franchir.

- encore aggravé ma récente prise de poids en faisant honneur à la cuisine sublime de Fatma, qui préparait nos dîners au riad. Si j'arrive à trouver des msemen** à Bruxelles, je peux abandonner tout espoir de revoir un jour un 5 en premier chiffre sur ma balance.

- réalisé mes premières aquarelles, pas trop moches dans l'ensemble. Je suis particulièrement contente de mon Essaouira vue depuis le port.

- rhabillé jusqu'en 2012 le propriétaire du riad dont l'attitude paternaliste m'exaspérait (le premier jour, il nous a quand même expliqué qu'il ne fallait pas que l'on tombe amoureuses d'un Marocain!). Et qui riait de mes soucis de plomberie comme si j'étais bien pénible de hurler pour un peu d'eau glacée mais reprenait, à la moindre petite erreur de service, ses employés devant les clientes. Je pense qu'il n'a pas dû être déçu en découvrant le mot que j'avais laissé sur son livre d'or.

- soûlé mes compagnes de voyage (surtout la pauvre Antonia qui a passé les 7 heures de l'aller-retour Marrakech-Essaouira assise près de moi à l'avant du minibus) en leur racontant ma vie dans les grandes largeurs. Si quelqu'un connaît un remède contre l'incontinence verbale, je prends.

- oublié mon Lumix dans un resto où nous venions de mal manger et de nous prendre la tête avec le serveur. Heureusement, "les Arabes ne sont pas voleurs: Allah les regarde", m'a dit Antonia pour me rassurer lorsque je m'en suis aperçue et que j'ai commencé à paniquer. Elle avait raison: j'ai pu récupérer mon appareil et toutes mes photos de la semaine avec. Je ne suis pas certaine que j'aurais eu autant de chance en France. Tout de même, j'ai eu du mal à me pardonner d'avoir commis deux étourderies aussi monumentales en l'espace d'une seule semaine.

- fait plein de belles rencontres: Majoub le sympathique chauffeur de taxi, Hassan et Samira, respectivement gardin souriant et gouvernante diligente du riad, Mohamed Boustane, calligraphe mystique, Larbi le vieux tanneur qui ne parlait pas un mot de français et ne voulait plus nous laisser repartir, Abdou le petit marchand de bijoux d'Essaouira qui tenait absolument à ce que je vienne manger un tajine chez lui, ou Abas le gardien des jardins Majorelle qui a changé l'eau de mon gobelet et m'a aidée avec mon aquarelle. C'est vrai que les Marocains sont extraordinairement gentils. A part peut-être les plus jeunes vendeurs dans les souks, auxquels il fallait répéter cinq ou six fois "la chokran"*** avant qu'ils nous lâchent la grappe, nous ne sommes tombées que sur des gens adorables et chaleureux.

- beaucoup appris, d'une part en dessin, d'autre part et surtout sur le plan humain. En observant Antonia, j'ai par exemple réalisé que la douceur couplée à l'insistance vient pratiquement à bout de tout (les guichetiers de banque mal embouchés mis à part). En écoutant les récits de voyage des autres stagiaires, j'ai compris qu'être mère de famille ne condamnait pas à une vie sédentaire et exempte de passions personnelles. En échangeant avec des Marocains, j'ai complètement révisé mon opinion sur ce pays si plein de charme et dont les habitants savent se montrer si accueillants.

- déjà envie de repartir faire un autre stage carnet de voyages. A Bali en 2011, peut-être?

* vieille ville
** sorte de crêpe feuilletée qui peut se manger entière et tartinée de confiture au petit déjeuner, ou coupée en petit bouts semblables à des pâtes grossières et intégrée à un plat salé. Une tuerie.
*** "non merci"

Une année d'auto-portraits: semaine 19


Photo prise jeudi après-midi dans une tannerie d'Essaouira, au milieu d'un quartier vaguement typé Beyrouth où très peu de touristes doivent s'aventurer de leur plein gré. Récit complet de mon voyage dans les jours à venir. Mais Antonia, si tu passes par là: je suis super contente :-D

(Mention spéciale pour ma casquette, achetée dans Harajuku voici quatre ans maintenant et qui accompagne chacun de mes voyages dans des régions ensoleillées. Je ne la porte JAMAIS en France ou en Belgique. Idem pour mes pantalons en toile pleins de poches, dans lesquels j'ai eu la désagréable surprise de constater que je ne rentrais presque plus depuis ma dernière expédition au Japon. Il va falloir reprendre la Wii Fit sans tarder.)

mardi 14 avril 2009

A la découverte du Maroc... bientôt

Du 2 au 9 mai prochain, je serai au Maroc en stage carnet de voyages avec la rayonnante Antonia Neyrins. Admiratrice de ses oeuvres publiées, j'avais eu l'occasion de la rencontrer à Monpatelin en octobre 2007 et je m'étais promis de l'accompagner un jour dans un de ses déplacements.

N'empêche que, à peine inscrite, j'ai commencé à me demander si j'avais bien fait. Comment allais-je supporter de vivre en groupe une semaine entière avec des activités imposées et des compagnons que je n'avais pas choisis, moi qui suis tellement sociopathe indépendante? Comment allais-je réussir à dormir dans un lit autre que les miens, qui plus est en partageant ma chambre, alors que je suis insomniaque et vis en horaires décalés? Comment allais-je gérer les contacts avec la population locale, sachant que je déteste le marchandage, craint les sollicitations verbales comme la peste et dois me retenir de frapper quiconque me touche sans y avoir été invité? Coïncidence malheureuse, à la même période, j'ai entrepris la lecture du Carnet de Voyage de Craig Thompson, un récit autobiographique dessiné dont l'auteur séjourne justement deux semaines au Maroc (entre autres pays). Les déboires qu'il raconte dans son livre m'ont filé des sueurs froides pendant quelques soirées. J'ai bien failli tout annuler.

Et puis je me suis raisonnée. L'été 2005, je ne voulais pas partir en voyage organisé avec les VIP, et j'ai passé dix jours merveilleux à sillonner l'ouest américain avec eux dans un bus qui roulait à tombeau ouvert. Ma sauvageonnerie, même si elle subsiste partiellement, s'est pas mal calmée ces dernières années. Bien lunée, je pense être désormais quelqu'un de tout à fait fréquentable, voire agréable à l'occasion. Il faut juste que j'aborde les gens de manière détendue, sans partir du principe qu'ils vont tous me prendre la tête et que la cohabitation avec eux sera forcément un supplice. Je dois me focaliser sur toutes les bonnes choses que j'espère retirer de cette expérience: l'enseignement d'Antonia, qui a promis de me prouver que je savais dessiner même si je pensais le contraire; la découverte d'un pays très exotique pour moi, riche en couleurs, en odeurs et en saveurs; de jolis moments de camaraderie, sûrement, si j'arrive à ne pas m'exclure toute seule à titre préventif. J'ai rarement regretté de m'être fait violence pour surmonter ma peur; pourquoi en irait-il autrement cette fois? Les compte-rendus des stages précédents organisés par Antonia me font toujours envie, et les carnets réalisés par ses stagiaires, même débutantes en dessin, sont tous très beaux.

C'est donc assez sereine que j'ai reçu hier matin la liste du matériel à emporter pour notre séjour à Marrakech et à Essaouira:
- un carnet moleskine accordéon
- une petite boîte d'aquarelle et un bon pinceau à aquarelle (ça, j'ai déjà, même si je ne m'en suis encore jamais servie: ce sera l'occasion idéale pour me lancer)
- du papier de soie de plusieurs couleurs
- un tube de gouache blanc, un or, un argent (j'ai de l'acrylique dans ces couleurs, mais les tubes sont un peu gros... à voir)
- une petite boîte de pastels gras (aaaaaaah j'ai toujours rêvé d'apprendre à dessiner aux pastels gras! c'est merveilleux!)
- quelques crayons de couleur aquarellables (de ce côté-là, je suis plus que parée: c'est avec ça que je décore mes pages de scrap quand j'ai envie d'un effet aquarelle)
- de la colle vinylique et un pinceau brosse (je pense emporter ma colle-vernis Décopatch qui colle tout très bien et dont je trouve le petit flacon plastique bien pratique)
- optionnel: des feutres noirs à encre de Chine et/ou de calligraphie (je prendrai un ou deux Staedtler et ma petite pochette d'artist pens sépia Faber-Castell; je suis sûre qu'il y a moyen de faire des trucs intéressants avec)
- un crayon à papier, un taille-crayon et une gomme (je n'ai même pas de 2B sous la main, la honte... enfin ce sera facile à trouver)
- des tampons alphabet (yiiiihaaaa, je vais enfin pouvoir utiliser ces petits machins carrés dont je ne me suis jamais servie sur mes pages de scrap!)
- des ciseaux
J'ai également prévu de me munir des dizaines de stylo-gels dont je ne me sers pas pour offrir aux enfants que je pourrais être amenée à rencontrer là-bas; avoir un petit quelque chose à donner me permettra d'être moins sur la défensive en cas de sollicitations, me semble-t-il.

Bref, en fin de compte, j'attends le 2 mai avec pas mal d'impatience... Contraintes Chouchouesques obligent, je n'ai pas bougé autant que je l'aurais voulu depuis un an et demi, et j'avoue que j'ai des fourmis dans les pattes.