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jeudi 7 juin 2018

"The memory shop" (Ella Griffin)


A la mort de ses grands-parents bien-aimés, Nora Malone rentre à Dublin pour vendre leur maison et tous les trésors qu'elle contient. Elle ne compte rester que quelques jours avant de regagner Londres où l'attendent son fiancé Adam et son boulot de décoratrice. Puis, se retrouvant subitement célibataire et sans emploi, elle a l'idée d'ouvrir une boutique afin de chercher le propriétaire idéal pour chacun des objets auxquels sont rattachés tant de souvenirs...

Comme on parle de comfort food, on devrait utiliser l'étiquette de comfort books pour ces livres un tout petit peu trop graves pour être qualifiés de feel good. C'est le cas de "The memory shop", dont les personnages présentent à peu près toute la gamme des drames intimes: veuvage prématuré, kleptomanie, violences domestiques, conjoint infidèle, passé d'alcoolique ou de droguée... Mais grâce à la boutique tenue par Nora, tous vont apprendre à chérir leurs souvenirs sans laisser ceux-ci les empêcher d'avancer. 

J'ai aimé me représenter les merveilles de Lainey, la grand-mère de Nora, et découvrir petit à petit son histoire tragique à travers elles. J'ai aimé la description des vitrines magiques que Nora crée afin de les mettre en valeur. J'ai aimé que l'auteure utilise une des citations les plus célèbres de Leonard Cohen et l'art japonais du kintsukuroi pour illustrer une certaine philosophie de vie. J'ai aimé l'aspect choral de ce roman, où des individus malmenés par la vie comme nous le sommes tous passé un certain âge tissent des liens forts qui finissent par les guérir. J'ai aimé la chaleur sincère qui se dégage de ces pages, la sérénité qu'on éprouve en voyant les protagonistes se réconcilier avec leur passé et en faire le socle d'un avenir plein de promesses. J'ai aimé tout court. 


mercredi 15 novembre 2017

Impressions irlandaises




Dans l'ensemble, nous avons eu la chance de jouir d'une météo assez belle, en ce début octobre, pour faire mentir la réputation du pays. 
J'ai adoré les trains confortables, peu chers et équipés de wifi gratuit (par contre, à Galway comme à Dublin, j'ai trouvé les bus et autres transports en commun urbains absolument hors de prix). 
J'ai aimé, comme toujours dans l'Union Européenne, le fait de ne pas avoir de frais bancaires et de me rendre compte en temps réel de ce que je dépensais. Et malgré les mises en garde, il ne m'a pas semblé que la vie était si chère que ça - pas plus qu'à Bruxelles, en tout cas, et clairement moins qu'à Paris!

mercredi 18 octobre 2017

[DUBLIN] The Blind Pig




C'est dans le guide "The 500 hidden secrets of Dublin" que j'ai appris l'existence de The Blind Pig, un bar à cocktails dont l'emplacement secret changeait tous les 3 mois et n'était communiqué par mail qu'aux gens qui réservaient sur le site internet. Forcément, ça a éveillé ma curiosité, et j'ai programmé une visite. Les instructions que j'ai reçues m'ont enchantée: "Rendez-vous à telle adresse, entrez dans l'établissement principal, descendez l'escalier au-dessus duquel il est marqué "Chut", allez au bout du couloir et appuyez sur le cochon. Si quelqu'un vous demande ce que vous faites là, dites que vous venez pour les obsèques de la vieille dame."

samedi 14 octobre 2017

[DUBLIN] La bibliothèque de Trinity College




Plus ancienne université d'Irlande, fondée en 1592 par Elisabeth 1ère, Trinity College abrite surtout ce qui est considéré comme la plus belle bibliothèque du monde. Pour 13€ par personne, on peut non seulement y pénétrer, mais y prendre autant de photos sans flash qu'on le désire. En revanche, il est impossible de consulter les livres eux-mêmes, dont le contenu a été scanné depuis belle lurette pour les protéger contre les dégradations. On se console - ou pas - en admirant, dans la salle d'exposition attenante, des reproductions du célèbre Livre de Kells (une Bible enluminée vieille de douze siècles, confectionnée par des moines celtes).

vendredi 13 octobre 2017

[GALWAY] Excursion aux falaises de Moher


Si nous avions choisi Galway plutôt que Cork comme première étape de nos vacances irlandaises, c'était aussi pour la possibilité d'excursions à la journée au départ de cette ville. Deux circuits semblaient particulièrement intéressants: les falaises de Moher et les lacs du Connemara. Le second obligeait à partir tôt le matin, et je n'avais aucune envie que Michel Sardou squatte ma tête pendant 14 heures d'affilée. J'ai donc réservé pour les falaises de Moher. Avouez que les photos font envie:





jeudi 12 octobre 2017

[DUBLIN] Vintage Cocktail Club




Après Lisbonne et Oslo, c'est le troisième voyage pour lequel les bars à cocktails font partie des adresses que je recherche avant le départ (avec les escape games, les librairies et les lieux où l'on brunche) et que je teste en autant d'exemplaires que possible. A Dublin, mon premier choix s'était porté sur le Vintage Cocktail Club, pour lequel il est conseillé mais pas obligatoire de réserver en ligne, et qui sert aussi à manger le soir. Cet établissement se situe dans le quartier piéton de Temple Bar, le long de la rivière Liffey, à deux pas de la grande rue commerçante de Dame Street. Il est très bien dissimulé derrière une porte qui ne paye pas de mine, et sur laquelle seules figurent les initiales VCC. Il faut montrer patte blanche, sonner à l'interphone et attendre qu'une hôtesse vienne ouvrir, puis gravir un escalier moquetté pour accéder enfin à une salle qu'on croirait sortie d'un autre âge...

mercredi 11 octobre 2017

[GALWAY] Un afternoon tea chez Cupan Tae




Nous avions choisi de commencer notre séjour en Irlande à Galway, située à la même hauteur que Dublin mais tout à fait de l'autre côté du pays, sur l'océan Atlantique. Nous n'avions prévu de rester dans la ville même qu'une seule journée, et nous avions bien fait: Galway, c'est tout petit, et on n'y trouve pas grand-chose d'intéressant pour s'occuper une fois qu'on a fait le tour du ravissant mais minuscule Quartier Latin aux si jolies façades.

mardi 10 octobre 2017

[DUBLIN] Escape Boats: S.O.S.




Pas facile de trouver à Dublin un escape game à la fois original dans son thème et accessible à une équipe de 2 personnes seulement. Je commençais à désespérer quand je suis tombée tout à fait par hasard sur le site d'Escape Boats, une toute jeune société entrée en activité au début de l'été et qui ne propose pour l'instant qu'une seule salle, mais... à bord d'un vrai bateau, le Zorg Ella. J'ai pensé qu'à défaut d'autre chose, nous aurions droit à un décor original et réaliste à la fois, et j'ai réservé pour la fin de notre dernier jour complet en Irlande - un dimanche qui s'est révélé gris et pluvieux, comme on peut le voir ci-dessus. 

mardi 3 octobre 2017

Comment j'ai failli ne pas passer mes vacances en Irlande




Soit un vol Bruxelles-Dublin décollant à 10h10, avec début de l'embarquement à 9h45. Comme nous avons déjà nos cartes d'embarquement et juste un bagage cabine chacun, il nous suffit de passer le contrôle de sécurité - très rapide depuis les transformations de l'aéroport de Zaventem il y a 3 ans - et d'aller nous affaler à notre porte d'embarquement. Je prévois donc de prendre la navette qui quitte Luxembourg à 8h et arrive à Zaventem à 8h30. Comme j'ai calculé large entre chez nous et Luxembourg, on chope même la précédente. Du coup, arrivés à l'aéroport, on se dit cool, on va en profiter pour prendre un petit-dej' digne de ce nom chez Exki, puis aller faire un tour au Relay et râler contre le niveau lamentable de la presse magazine. Ne cherchez pas, c'est une tradition. 

jeudi 20 avril 2017

"Mon midi, mon minuit" (Anna McPartlin)


Emma et John sont ensemble depuis l'adolescence. Douze ans plus tard, ils filent toujours le parfait amour - jusqu'à ce que, suite à une fête un peu trop arrosée, John soit brutalement emporté par un accident de la route. Heureusement, Emma peut compter sur sa famille et ses amis pour l'entourer pendant qu'elle réapprend à vivre sans lui... 

Sur un thème assez similaire, j'avais énormément aimé "Les derniers jours de Rabbit Hayes", premier roman d'Anna McPartlin à être traduit en français. Aussi n'ai-je pas hésité à investir dans "Mon midi, mon minuit" dès sa sortie. Je l'ai même emporté pour un long voyage en train. Et sans ça, je l'aurais abandonné au bout de 3 chapitres. Là, comme je n'avais rien d'autre à lire, je me suis farci près de 400 pages d'un style à la platitude consternante, de personnages atrocement banals et d'intrigue prévisible à dix lieues avec, cerise sur le gâteau, un bon petit fond de bondieuserie mièvre. Renseignements pris, "Mon midi, mon minuit" est la traduction d'un roman écrit en 2005. La chose la plus gentille que je puisse dire à son sujet, c'est qu'il prouve combien un(e) auteur(e) peut évoluer en l'espace de dix ans.

dimanche 26 juin 2016

"La drôle de vie de Zelda Zonk" (Laurence Peyrin)


Les jours s'écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu'un grave accident de voiture la cloue sur un lit d'hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk. A ses côtés, et n'ayant rien d'autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d'une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s'il est encore possible de changer la sienne... 

J'ai un peu hésité à acheter ce roman couronné du Prix Maison de la Presse. Grosse snob littéraire que je suis, j'ai tendance à trouver consternants les bouquins qui cartonnent en termes de ventes (celui-ci, que j'ai détesté, ou celui-là qui m'est tombé des mains au bout de 70 pages, par exemple). Mais les gens qui cherchent à se réinventer, c'est un thème qui me parle, et au prix des poches, je ne prenais pas trop de risques.

L'excellente surprise que j'ai eu en commençant "La drôle de vie de Zelda Zonk", c'est que Laurence Peyrin écrit drôlement bien. J'ai aimé l'arrangement de vie peu conventionnel d'Hanna et son mari Jeff: ne pouvant avoir d'enfants, ils élèvent Patti, la nièce d'Hanna dont la mère hôtesse de l'air est trop occupée à parcourir le monde. Et j'ai adoré le mystère qui plane autour de Zelda Zonk: est-elle ou n'est-elle pas Marilyn Monroe ayant feint sa propre mort pour repartir à zéro loin du feu des projecteurs?

En revanche, je n'ai pas du tout apprécié que les velléités de changement de vie d'Hanna se traduisent par une liaison extra-conjugale archi-convenue et prévisible. Les histoires d'amour, ça me gonfle. Lorsque je lis: "Les yeux de Michael l'assassinèrent de leur éclat d'airain, sa mâchoire ombrée se contracta, sa main chaude serra son bras. Elle crut mourir, à le voir de si près (...). Il était beau à faire mal.", j'ai juste envie de pousser un gigantesque soupir. Un, parce que s'il y a une chose au monde que le fait de la mettre en mots affadit au lieu de la sublimer, c'est bien la passion amoureuse. Deux, parce que l'idée qu'une femme qui a besoin de se trouver aille le faire dans les bras d'un homme, je trouve ça confondant de manque d'imagination.

Ainsi, l'excellente impression que j'ai eue pendant les trois premiers quarts du bouquin a été gâchée par l'escapade parisienne d'Hanna qui m'a donné un sentiment de mille fois lu et relu. Et je passe sur la fin peu satisfaisante, apparemment conçue pour frustrer le lecteur en ménageant la possibilité d'une suite. Dommage, ça aurait pu être vraiment bien.

jeudi 26 mai 2016

"Les derniers jours de Rabbit Hayes" (Anna McPartlin)


Mia Hayes, surnommée Rabbit par tous ses proches, arrive au centre de soins palliatifs où elle va bientôt finir ses jours. Bien qu'elle n'ait que 40 ans et un féroce appétit de vivre, le cancer du sein qu'elle croyait avoir vaincu quelques années plus tôt est revenu en force, métastasant dans son foie, ses poumons et ses os. Alors, sa famille et ses amis se rassemblent autour d'elle pour lui dire au revoir...

Bon, présenté comme ça, il est certain que ça n'a pas l'air gai. D'ailleurs ça ne l'est pas, malgré de beaux moments d'humour noir irrévérencieux comme je les aime. Accompagner vers la mort une personne aimée encore jeune et qui souffre, ou se trouver soi-même dans cette position, c'est sans doute le pire cauchemar de beaucoup de gens. De ce postulat tragique, Anna McPartlin réussit pourtant à tirer un roman lumineux où l'amour l'emporte sur la douleur.

C'est que de l'amour, il y en a à revendre dans cette famille irlandaise, même si ça n'empêche pas Rabbit et sa mère de s'engueuler parce que l'une est farouchement athée et l'autre Catholique fervente. Grace, la soeur aînée qui a eu quatre garçons et peine à gérer le pré-diabète du petit dernier, se demande comment faire de la place dans sa maison déjà pleine à craquer à sa nièce bientôt orpheline. Davey, le frère batteur qui a réussi dans son métier mais jamais eu de relation amoureuse de plus de quatre mois, accourt en lâchant la tournée américaine d'une star de la country. Molly et Jack, la mère fonceuse et le père taiseux, refusent de croire leur benjamine perdue et se battent pour lui trouver un traitement expérimental. Juliet, douze ans, brave petit soldat qui prend soin de sa mère au quotidien depuis des années, est persuadée que Rabbit sera bientôt guérie et attend son retour à la maison encore plus impatiemment que ses premières règles.

Au-dessus d'eux tous plane l'ombre de Johnny, le très talentueux et très charismatique chanteur de l'ancien groupe de Davey qui fut aussi le premier amour de Rabbit. Au fil des jours, ses souvenirs s'égrènent et son histoire fait douloureusement écho à celle de l'héroïne, lui apportant une perspective et une épaisseurs poignantes. J'ai juste regretté que le blog sur le cancer de Rabbit ne soit mentionné que quelques fois en passant; il me semble qu'il aurait soit fallu l'intégrer davantage à la narration, soit l'oublier complètement. Ce détail mis à part, "Les derniers jours de Rabbit Hayes" est un roman très réussi, pas une leçon de vie et de mort mais une de ces fictions qui nourrissent l'âme et éventuellement la réflexion. Moi, en tout cas, malgré son sujet difficile, il m'a fait beaucoup de bien.

dimanche 8 mai 2016

"Academy Street" (Mary Costello)


Fille d'un petit propriétaire terrien irlandais, Tess voit sa vie bouleversée par la mort de sa mère adorée alors qu'elle n'a que 7 ans. Sa jeunesse campagnarde n'est pourtant pas exempte de douceur. Devenue adulte, elle passe un diplôme d'infirmière et va s'installer à New York où elle retrouve sa soeur aînée Claire. Mais sa nature passive l'empêche de se faire des amis, ou d'agir de manière décisive lorsqu'elle tombe amoureuse, si bien que le bonheur la fuira toute sa vie. Tandis qu'elle perd peu à peu tous les gens qu'elle aime, Tess se réfugie dans la lecture et apprend à faire son deuil d'un monde auquel elle n'a toujours participé que de loin.

Moins de 200 pages, c'est très peu pour balayer toute une existence, ou du moins, ça le serait s'il arrivait autre chose à Tess que tomber enceinte la seule fois où elle couche avec un homme. Pour le reste, l'héroïne du premier roman de Mary Costello se contente de se laisser ballotter par les événements et de compter ses morts avec plus de résignation que de douleur, semble-t-il. J'ai rarement eu autant envie de secouer un personnage de fiction comme un prunier en lui disant: "Mais fais quelque chose, bon sang!". La quasi absence de dialogues n'aide pas à lutter contre l'impression d'une femme sans voix et sans volonté.

Et c'est bien dommage, car malgré tout, "Academy Street" se laisse lire avec un certain plaisir. Il y a une sensibilité frémissante dans l'écriture, du talent dans la description de rares instants de bonheur fugaces et inarticulés, une mélancolie puissante qui se dégage de l'ensemble. Dans l'ensemble, un roman plutôt déprimant, mais qui peut néanmoins plaire.

"Cette nuit-là elle rêva. Elle entendit la terre pleurer. A l'aube elle écouta l'appel claironnant de la ville. Des rues qui attendaient ses pas. Des portes à ouvrir, des livres à lire, sa vie telle qu'elle l'avait vécue. Et toutes ces journées à traverser, les journées interminables, les nuits, les pièces silencieuses. Il n'y avait pas d'Eden, il n'y en aurait pas, pas d'élan flamboyant, pas de métamorphose. Rien que du temps, et des tâches allégées par le souvenir de l'amour, et des jours comme tous les autres où elle mettrait un pied devant l'autre et poursuivrait sa route, obéissant au destin."