Affichage des articles dont le libellé est Ecosse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ecosse. Afficher tous les articles

mardi 4 septembre 2018

"Why Mummy drinks" (Gill Sims)


Cette année, tout sera différent, décide Ellen à la veille de la rentrée des classes. Elle sera mieux organisée, ne criera plus sur ses enfants Peter et Jane, aura une maison toujours impeccable et une relation harmonieuse avec son mari Simon. Mais dès le lendemain, la réalité reprend ses droits, et pour tenir le coup, Ellen n'a pas d'autre choix que de recourir à des quantités copieuses de vin et de gin tonic. L'impossibilité de gérer sa vie autrement qu'en enchaînant les crises domestiques lui inspire une app vengeresse dont, à sa grande surprise, les ventes se mettent très vite à cartonner...

Ne vous laissez pas rebuter par cette vilaine couverture qui semble sortie du crayon d'un enfant de 8 ans sans doute destiné à travailler dans la finance. A l'heure où on parle beaucoup de la charge mentale des femmes, surtout quand elles sont mères de famille, Gill Sims illustre le concept d'une façon hilarante avec son héroïne au bout du rouleau, changée par les circonstances en mère indigne semi-alcoolique. Mention spéciale aux vacances de Noël durant lesquelles Ellen doit supporter à domicile sa belle-soeur hippie qui vide son bain moussant de luxe, la ruine en produits bios et utilise son blender pour préparer des smoothies... très particuliers, tandis que ses nombreux rejetons font caca par terre ou tentent de voler les iPads de leurs cousins.

Bien entendu, certaines situations sont extrêmement outrées et vous feront regarder vos enfants turbulents ou votre belle-famille de l'enfer avec une indulgence nouvelle, mais le fond me paraît tout à fait réaliste. Partant du principe qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, "Why Mummy drinks" a tellement bien marché en Grande-Bretagne que l'auteure a déjà publié une suite, "Why Mummy swears". Je serais très étonnée qu'une traduction française ne soit pas disponible prochainement. 

lundi 25 juin 2018

La semaine en bref #25




Lundi:
★ Très chouette expo temporaire sur le développement des transports à la Scottish National Portrait Gallery. J'aime particulièrement les propos de ce photographe qui, après avoir crashé son avion 9 fois et s'être fait virer par l'armée, a continué à voler dans le civil et à prendre des clichés en se penchant hors de son appareil: selon lui, il suffisait de s'attacher la jambe droite avec un bout de corde pour que ce soit "parfaitement sûr"!
★ Pendant qu'on est là, on jette un coup d'oeil à la partie moderne de l'expo permanente. Je suis fascinée par un tableau intitulé "Trois oncologues" et censé représenter les ténèbres qu'ils excisent du corps de leurs patients. J'aime aussi beaucoup le portrait de Tilda Swinton par John Byrne
★ Le midi, nous retournons au White Hart, le plus vieux pub d'Edimbourg, que nous avions bien aimé lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de bangers and mash (saucisses-purée) un peu chiche cette fois, et en repartant, j'oublie mon foulard sur le dossier de ma chaise. C'était un de mes préférés; j'espère que la gérante l'adoptera et l'aimera. 
★ Qu'il pleuve comme il y a deux ans ou qu'il fasse très beau comme aujourd'hui, deux heures passées au café du Waterstones de Prince's Street, à la table devant la baie vitrée qui donne pile sur le château, sont toujours une excellente idée. Un thé vert, un scone, un manga génial repéré par Chouchou: le bonheur. 
★ Le soir, nous retournons chez Henderson's, ZE resto vegan d'Edimbourg que nous avions adoré lors de notre séjour précédent. Nous trouvons la portion de tofu teriyaki (très bon) et celle de galettes de haricots noirs (trop sèches) un peu chiches. Tout est décidément moins bien la seconde fois. A part peut-être le sexe. Au moins, je n'oublie rien sur place en repartant.

dimanche 24 juin 2018

Miscellanées écossaises





LES HEBERGEMENTS QU'ON A ADORES:

- A Glasgow, cet appartement lumineux dans une maison georgienne, avec une cuisine et une salle de bain super bien équipées et un lit très confortable, à la limite entre le centre-ville et le quartier étudiant où se trouvent un beau parc et l'un des principaux musées de la ville. 
- A Edimbourg, cette superbe et très grande chambre avec salle de bain en suite, dans l'appartement d'une artiste qui a tout décoré avec un goût impeccable. Elle se trouve dans la Ville Neuve, à un quart d'heure de marche de la gare de Waverley en ligne droite ou moins de dix minutes de la station de bus. 
- Sur l'île de Skye: cet éco-studio attenant à la maison des propriétaires, un couple de dames adorables. Frigo garni à mort, lit queen size et couette archi-moelleuse, chauffage par le sol dans la salle de bain, baie vitrée avec une vue sublime sur le loch en contrebas, calme à toute épreuve. La tannerie Skyeskyns, dont je recommande fortement la visite, est à moins de 300 mètres. 
- Près de Fort William: cet hostel plutôt destiné aux randonneurs, mais qui convient très bien aussi pour un séjour d'une nuit quand on est juste de passage et qu'on ne veut pas exploser son budget. Accueil d'une gentillesse incroyable (la dame parle français), immenses parties communes comprenant entre autre une buanderie toute équipée, chambres fonctionnelles mais très correctes. Un rapport qualité-prix imbattable dans la région.

lundi 18 juin 2018

[ECOSSE] Où je ne vais pas tarder à devenir sociable si ça continue comme ça





Samedi matin. Après une nuit moyenne (nos matelas n'étaient vraiment pas terribles) et un petit-déjeuner si copieux que nous avons des restes à emporter pour un en-cas, nous quittons notre oubliable Air B'n'B et roulons en direction d'Armadale, le point de départ du ferry qui relie Skye au continent. Celui de 10h40 était plein quand nous avons réservé, et d'ici à celui de 12h10, nous avons le temps de faire un tour au château local. Ce dernier était en si mauvais état faute d'entretien que les autorités ont dû le démolir aux trois quarts et que ses ruines sont inaccessibles, mais les jardins abritent un musée dédié au clan MacDonald qui a principalement dirigé l'île pendant des siècles. Si je suis intéressée par l'histoire de Skye, je trouve l'expo bavarde et assez indigeste. Nous notons cependant, avec un certain amusement, que le Celte ressemble fort à la langue des Grands Anciens imaginée par Lovecraft - ou l'inverse, plus probablement. Et je retiens une ligne du chant de guerre des MacDonald: "Be strong, nurse your wrath" ("Sois fort, nourris ta colère"). Si je me fais créer un blason un jour, ça pourrait bien être ma devise. Nous faisons également un tour dans le jardin botanique luxuriant, qui contient de très beaux spécimens d'arbres, mais la pluie battante ne nous incite hélas pas à nous attarder.

samedi 16 juin 2018

[ECOSSE] Où je me découvre de nouveaux super-pouvoirs pourris





En me réveillant, je suis une fois de plus stupéfaite par la vue depuis notre studio Air B'n'B. Cet endroit est extraordinairement beau et paisible, un vrai coup de coeur à l'encontre de tous mes goûts habituels d'über-citadine. Nous en discutons avec Chouchou tout en retournant à pied vers Skyeskyns, et nous nous disons que nous aimerions bien revenir ici une semaine entière pour écrire le matin et visiter l'île en profondeur l'après-midi. A l'occasion de ses 50 ans ou des miens, par exemple - ce serait un chouette moyen de marquer le coup. 

vendredi 15 juin 2018

[ECOSSE] Où un pirate nous conduit à bon port





Après une mauvaise nuit, nous pique-niquons dans notre chambre et nous mettons en route vers 9h30.  En faisant marche arrière pour sortir du parking, nous entendons un "crac" de mauvais aloi: nous venons de heurter un muret très bas que le radar de recul ne nous a pas signalé. C'est juste du plastique griffé et fendu sur quelques centimètres au-dessus d'un feu arrière et nous avons une assurance illimitée, mais tout de même, ça ajoute à la pression déjà élevée de cette journée. 

jeudi 14 juin 2018

[ECOSSE] Où Napoléon roule en Béhème





Mardi matin, après deux nuits passées dans un très bel appartement Air B'n'B au premier étage d'une maison georgienne et une journée sur la piste des fresques de street art de Glasgow, nous refaisons nos bagages et nous rendons à la station de bus de Buchanan pour y prendre la navette vers l'aéroport. £8 pour un trajet d'un quart d'heure contre £12 le voyage aéroport d'Edimbourg-Glasgow centre qui dure une heure et quart, mais bref. 

jeudi 16 novembre 2017

"The diary of a bookseller" (Shaun Bythell)


"A dix heures, le premier client a passé la porte: "Les livres ne m'intéressent pas vraiment" fut suivi par "Laissez-moi vous dire ce que je pense de l'énergie nucléaire." A dix heures et demie, ma volonté de vivre n'était plus qu'un lointain souvenir."*

Comme son nom l'indique, "The diary of a bookseller" est le journal d'un libraire. Mais pas n'importe quel libraire: Shaun Bythell possède la plus grande bouquinerie d'Ecosse, située dans le petit village de Wigtown qui accueille chaque année un festival littéraire de renom au début de l'automne. Pendant un an, de février 2014 à février 2015, il a consigné les menus faits de son quotidien professionnel, notamment ses échanges avec les clients aux exigences outrancières ou farfelues, ainsi qu'avec sa vendeuse Nicky, excentrique Témoin de Jéhovah qui classe les livres de Darwin en fiction et se nourrit d'invendus récupérés dans la benne de la coopérative locale. 

Shaun étant Médaille d'Or Olympique de sarcasme et ne se laissant jamais influencer dans ses réactions par ce que d'autres considèreraient comme le B.A. BA de la diplomatie commerçante, cela peut donner des dialogues totalement hilarants - mais aussi, parfois, d'autres où l'auteur semble manquer d'humanité. Sorti de son entourage proche, il s'intéresse si peu aux gens qu'il ne s'aperçoit pas qu'un de ses clients les plus fidèles souffre de la maladie d'Alzheimer, alors même qu'il consigne au fil des mois quantité de détails hurlants. Par ailleurs, son style est assez sec, et beaucoup d'informations dénuées d'intérêt pour le lecteur se répètent d'un jour sur l'autre ou d'une semaine sur l'autre. Ceci peut s'expliquer par le fait que son journal n'était, à la base, pas destiné à la publication - mais à la place de son éditeur, j'aurais expurgé les mentions les plus ennuyeuses. 

Bref. Je ne voudrais pas donner l'impression que je n'ai pas aimé ce mémoire, car c'est tout le contraire. Les explications de Shaun sur la manière dont Amazon est en train de détruire le métier de libraire et dont il a dû s'adapter pour faire survivre son commerce sont hyper intéressantes. J'ai apprécié le récit en filigrane de la vie d'un petit village écossais, le passage des saisons et les fluctuations qu'elles engendrent. Je me suis imaginée fouillant pendant des heures dans cette immense bouquinerie dont les rayons recèlent des trésors. Des dizaines de fois, j'ai ri tout haut de la logique incompréhensible de Nicky ou d'une répartie particulièrement mordante de Shaun. En fait, je n'avais pas encore fini ma lecture que j'étais déjà abonnée à la page Facebook de The Book Shop, me demandais si je n'allais pas souscrire au Random Book Club, et inscrivais sur ma Bucket List qu'à mon prochain passage en Ecosse, je devrais absolument me rendre à Wigtown. 

*traduction par mes soins, cet ouvrage n'étant pas disponible en français pour le moment. 

jeudi 8 juin 2017

"Eleanor Oliphant is completely fine" (Gail Honeyman)


Eleanor Oliphant, bientôt 30 ans, travaille au service financier d'une société de design graphique, à Glasgow. Ses collègues se moquent ouvertement de sa façon de s'exprimer et de ses manières bizarres, mais Eleanor s'en fiche. C'est une créature de principes et de routines. Tous les midis, elle mange son sandwich en faisant les mots croisés du journal. Tous les vendredi soir, elle va faire ses courses chez Tesco. Et tous les week-ends, elle reste enfermée chez elle avec sa plante Polly, à descendre 2 litres de vodka pour ne surtout rien ressentir. 

Eleanor n'a pas d'amis et pas de famille hormis une mère enfermée dans un hôpital psychiatrique, qui lui téléphone tous les mercredi soir pour la rabaisser et l'humilier encore et encore. Mais malgré les cicatrices sur le côté droit de son visage, malgré son enfance trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil, malgré la violence du seul petit ami qu'elle a jamais eu, Eleanor trouve que sa vie n'est pas si affreuse. Lors d'une soirée organisée par son entreprise, elle a le coup de foudre pour le chanteur d'un groupe local et décide immédiatement qu'il est l'homme de sa vie. Fidèle à son mode opératoire, elle met au point une stratégie logique pour le conquérir...

J'ai acheté "Eleanor Oliphant is completely fine" en pensant tenir un "The Rosie project" ("Le théorème du homard") au féminin. Mais Eleanor n'est pas une autiste Asperger attachante en dépit de sa maniaquerie: c'est une femme au passé dramatique qui s'est délibérément isolée pour se protéger, une survivante pragmatique qui refuse l'auto-apitoiement et assume sa totale absence de compétences sociales. Si j'ai souvent souri à la lecture de ses réflexions, ce n'était pas parce que je me moquais d'elle mais parce qu'elle mettait en évidence l'absurdité de beaucoup de nos conventions. Et parce qu'il fallait bien cette part d'amusement pour contrebalancer l'émotion poignante que le personnage suscite un peu plus à chaque chapitre. Au fur et à mesure qu'elle réapprend à s'ouvrir grâce à sa rencontre avec Raymond (le nouveau du service informatique qui mange la bouche ouverte, s'habille comme l'as de pique et envoie d'incompréhensibles mails en langage SMS), Eleanor voit remonter à la surface des souvenirs réprimés depuis trop longtemps, et petit à petit, on reconstitue son histoire tragique en même temps qu'elle, jusqu'à une fin surprenante qui évite tous les écueils de la mièvrerie. Un très beau premier roman, et une héroïne que je n'oublierai pas de sitôt.

lundi 28 novembre 2016

"La boutique Vif-Argent T1: Une valise pleine d'étoiles" (P.D. Baccalario)


Finley McPhee, treize ans, vit à Applecross, un minuscule village du nord de l'Ecosse où il ne se passe jamais rien. Ses parents élèvent des moutons, et les jours où il fait beau, le jeune garçon sèche l'école pour aller à la pêche avec son meilleur ami: son chien Chiffon. Jusqu'au jour où une mystérieuse boutique aux murs rouges, tenue par l'envoûtante Aiby Lily, apparaît sur la plage comme si elle sortait de nulle part... 

J'avoue: c'est la couverture, avec sa belle illustration et son enseigne embossée, qui a attiré mon attention en librairie. Et quand j'ai feuilleté ce premier tome de "La boutique Vif-Argent", j'ai été enchantée par les petits dessins qui en ornent les pages, ainsi que par les fiches d'objets magiques à la fin de certains chapitres. Restait la possibilité que ce soit mal écrit/traduit, ou que l'histoire soit inintéressante, mais ce n'est pas le cas du tout. J'ai adoré l'atmosphère d'Applecross (comme j'adore à peu près tous les bouquins qui se passent dans les highlands écossais), été intriguée par l'histoire originale de la boutique Vif-Argent et enchantée par les créatures et les artefacts mis en scène. Et si certains romans jeunesse pèchent par un style simpliste, ce n'est pas du tout le cas ici, où ni l'auteur ni la traductrice ne dédaignent un bon imparfait du subjonctif lorsqu'il se justifie. Bref, je suis plus que séduite, et la suite de cette série est déjà dans ma LAC (Liste A Acheter)! 




jeudi 28 avril 2016

"The little shop of Happy Ever After" (Jenny Colgan)


En Angleterre, les bibliothèques licencient à tour de bras. Lorsqu'elle perd son emploi, Nina se demande comment elle pourrait bien faire pour continuer à travailler avec ces livres qu'elle aime tant. La réponse se présente à elle sous la forme d'un camion à vendre dans un petit village écossais, et qu'elle envisage de ramener dans sa ville de Birmingham pour en faire une librairie ambulante. Hélas, la municipalité lui refuse un permis de stationnement. C'est ainsi que Nina plaque tout pour aller s'installer à Kirrifief et, avec l'aide d'un conducteur de train amateur de poésie, tenter de faire de son rêve une réalité...

Paru un peu avant "La petite boulangerie du bout du monde", "The Little Shop of Happy-Ever-After" (qui n'a à ma connaissance pas été traduit en français) obéit exactement au même schéma: une jeune citadine perd son gagne-pain et se voit forcée de repartir à zéro dans un endroit isolé. Là, elle commence par déprimer avant de s'intégrer à la communauté, connaît une première romance qui se termine mal puis trouve l'amour en sauvant au passage un(e) ado mal parti(e) dans la vie. Cela dit, la recette a fonctionné encore cette fois - d'autant mieux que si je ne détestais pas conduire, je rêverais moi aussi de devenir libraire ambulante comme Nina et de convertir des villages entiers à la lecture. L'évocation de la campagne écossaise, où je n'ai encore jamais mis les pieds, m'a complètement séduite et transportée. En ce qui me concerne, 340 pages de pure et délicieuse évasion!

"Nina had called around the authorities and been told that to get a licence to sell from the van would be difficult bordering on impossible. Apparently it would be much easier if she just wanted to flog burgers and cups of tea and dodgy hot dogs. She had pointed out to the man at the council that surely it would be much easier to accidentally kill a member of the public with a dodgy burger than with a book, and he had replied with no little snippiness in his voice that she obviously hadn't read Das Kapital." 

"- Do you read?
Lennox shrugged. 
- Don't see the point.
Nina's eyebrows lifted. 
- Really? 
(...)
- I never understand, he said, shaking his head, why anyone would go to the trouble of making up new people in this world when there's already billions of the buggers I don't give a shit about."