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mardi 19 mars 2019

Les conversations absurdes #56


Hier, Sunalee est passée au Nong Cha et m'a annoncé que leur fournisseur cessait d'exporter mon You Zi Hua Cha bien-aimé vers l'Europe. Entendant mon cri d'agonie résonner jusqu'à Bruxelles, et redoutant probablement de me supporter au réveil à l'état sauvage, Chouchou s'est immédiatement proposé d'aller rafler le reste des stocks. Ce qui suit est notre échange sur Messenger pendant qu'il était à la boutique. 

mercredi 27 février 2019

Gérer les angoisses: un exemple illustré





Ce matin, histoire de titiller autre chose que ma misanthropie rampante très excitée par les événements des derniers jours (que je vous laisse découvrir dans ma future récap hebdomadaire), l'univers a décidé de m'envoyer une épreuve de nature administrative. 
Mi-janvier, constatant que je n'étais pas prélevée de mes cotisations Agessa, j'ai envoyé un mail auquel on m'a répondu que le souci était de leur côté, et que l'échéance de janvier serait prélevée en même temps que celle de février. Pour une fois que les problèmes d'un de mes interlocuteurs se révélaient bénéfiques à ma trésorerie, j'ai trouvé ça plutôt cool. 
Mi-février, toujours rien. Ce matin, par curiosité, je me connecte à mon espace personnel: mon échéance de janvier est notée comme en retard et à régler auprès de l'Urssaf du Limousin, désormais chargée du recouvrement des contentieux (ne cherchez pas, ça fait partie de l'usine à gaz de la réforme de la Sécu des auteurs).

mercredi 23 janvier 2019

Se détacher de la colère, survoler les problèmes





Début juillet, ça fera 25 ans que j'exerce le métier de traductrice littéraire avec un statut de travailleuse indépendante. Des retards de paiement, j'en ai toujours connu. Mais là où autrefois, ils étaient l'exception (hormis en août et dans la seconde quinzaine de décembre), ils sont devenus la norme au cours de la dernière décennie. Désormais, j'ai de la chance quand j'arrive à me faire régler une facture moins de deux mois après son émission. En plus de me compliquer sérieusement la vie, ça me met dans une rage folle. Je suis toujours à l'heure pour rendre mon travail, même quand les délais sont hyper serrés, même quand j'ai été malade, même quand j'ai eu à résoudre des problèmes techniques ou personnels. Pourtant, presque systématiquement, je me retrouve à mendier mon dû pendant des semaines voire des mois après le délai de traitement acceptable. Ca m'use les nerfs, et je ne sais même pas si ça sert à quoi que ce soit. 

vendredi 16 novembre 2018

L'automne de l'angoisse (1/2)





C'est peu dire que je viens de vivre un mois difficile. 

Alors que j'étais en pleine déprime post-voyage raté, combinée à une actualité méga anxiogène et à une confrontation avec ma terreur phobie sévère des souris, je me suis pour la troisième fois cette année retrouvée au chômage technique. Et contrairement aux deux fois précédentes, aucun boulot n'a miraculeusement atterri dans ma boîte mail au bout d'une semaine à peine. Les jours passaient, et tous les messages que j'envoyais me revenaient avec plus ou moins la même réponse: "Désolé(e), mais nous avons déjà du mal à satisfaire les demandes de nos collaborateurs réguliers". Pourquoi? En gros, parce que les traducteurs littéraires sont de plus en plus nombreux alors que les maisons d'édition favorisent de plus en plus la création française en raison d'un coût moindre - et que par ailleurs, comme nos charges ne cessent d'augmenter, chacun de nous a besoin de bosser de plus en plus pour maintenir son niveau de vie.

vendredi 5 octobre 2018

[MACAO] Où est il est vraiment temps que ça se termine





Grâce à notre repérage d'hier soir, nous arrivons au terminal des ferries sans encombre et très en avance, ce qui grâce à la procédure de Standby (attribution des places libres en dernière minute) nous permet de nous caser sur celui de 12h au lieu du 12h30 pour lequel nous avions réservé. Le Turbojet est très différent des petits ferries que nous avons pris jusqu'ici pour passer de Hong Kong Island à Kowloon, ou même pour aller à Cheung Chau: c'est un monstre dans lequel les places sont numérotées, où on doit attacher sa ceinture et éviter de se déplacer pendant le voyage comme en avion. J'ai pris un anti-nauséeux pour éviter le mal de mer, et le trajet se déroule sans encombre. 

lundi 1 octobre 2018

[SINGAPOUR-HONG KONG] Où le retour à Hong Kong ne se révèle pas des plus plaisants





Nous arrivons à l'aéroport de Changi samedi en début de soirée. Du terminal 2 où nous a laissés le métro, nous prenons un bus jusqu'au 4 d'où partira notre vol. Dans l'ascenseur puis au comptoir d'embarquement, nous discutons avec le couple le plus chargé du monde (je leur demande s'ils déménagent, l'homme me répond "Presque!") qui prend le même vol que nous. Apprenant où nous vivons, ils nous disent qu'ils connaissent la Belgique car ils sont allés plusieurs fois à Francorchamps pour des courses de Formule 1. Un pilote et sa compagne? Ils en ont le look... et les bagages griffés. Après avoir récupéré nos cartes d'embarquement, passé la sécurité très vite sans même sortir nos appareils électroniques de nos sacs et franchi le portillon automatique de l'immigration en quelques secondes, nous décidons de profiter du temps qui nous reste (plus de 3h30 avant le début de notre embarquement) pour retourner aux terminaux 1 et 3 où nous avons repéré plusieurs attractions intrigantes. En effet, Changi est présenté comme un quasi parc d'amusement, plein de divertissements fabuleux et gratuits pour occuper les voyageurs en transit. 

mardi 25 septembre 2018

[HONG KONG] Où je veux rentrer chez moi, et plus vite que ça





Le surmatelas a fait son office; j'ai assez bien dormi et je me réveille très tard, vers 11h30. Chouchou n'a plus qu'un jeu de vêtements propres: il est temps de faire une lessive. Le réceptionniste nous a prévenus que le service de nettoyage de l'hôtel revenait un peu cher et indiqué un pressing dans la ruelle voisine, mais nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre 24h ni même ce soir pour récupérer notre linge car nous serons en vadrouille à l'heure de la fermeture. Du coup, je repère une laverie automatique quelques rues plus loin dans le quartier, et nous partons avec mon sac à dos jaune plein de fringues sales qui puent la transpiration. La laverie est minuscule mais super bien fichue et équipée, avec changeur de monnaie, lessive intégrée, ventilateur mécanique dont des flèches collées au mur mènent jusqu'à l'interrupteur... 

vendredi 15 juin 2018

[ECOSSE] Où un pirate nous conduit à bon port





Après une mauvaise nuit, nous pique-niquons dans notre chambre et nous mettons en route vers 9h30.  En faisant marche arrière pour sortir du parking, nous entendons un "crac" de mauvais aloi: nous venons de heurter un muret très bas que le radar de recul ne nous a pas signalé. C'est juste du plastique griffé et fendu sur quelques centimètres au-dessus d'un feu arrière et nous avons une assurance illimitée, mais tout de même, ça ajoute à la pression déjà élevée de cette journée. 

jeudi 14 juin 2018

[ECOSSE] Où Napoléon roule en Béhème





Mardi matin, après deux nuits passées dans un très bel appartement Air B'n'B au premier étage d'une maison georgienne et une journée sur la piste des fresques de street art de Glasgow, nous refaisons nos bagages et nous rendons à la station de bus de Buchanan pour y prendre la navette vers l'aéroport. £8 pour un trajet d'un quart d'heure contre £12 le voyage aéroport d'Edimbourg-Glasgow centre qui dure une heure et quart, mais bref. 

dimanche 22 avril 2018

Où aller admirer les jacinthes du bois de Halle manque nous coûter très, très cher





Tous les ans en cette saison, les jacinthes sauvages fleurissent au bois de Halle, formant au pied des arbres des tapis violets considérés comme une des principales attractions touristiques de Belgique. Or je ne les avais encore jamais vues, et Chouchou a désormais un blog photographie à alimenter. Nous avions donc décidé de nous rendre sur place hier, et l'endroit n'étant pas franchement desservi par les transports en commun, nous avions loué une Cambio. Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Cambio est un système de voitures partagées que l'on prend à une station donnée et que l'on ramène à cette même station quand on a fini de l'utiliser. C'est très pratique quand on habite en ville et qu'on n'a pas l'usage quotidien d'un véhicule motorisé. 

mercredi 4 avril 2018

Mésaventures ferroviaires (2)





Autant vous prévenir tout de suite: ce billet n'aura sans doute pas grand intérêt sauf pour les gens qui sont embêtés pour circuler pendant la grève de la SNCF. C'est pour eux que je relate mon expérience, en espérant que ça pourra leur servir!

Or donc. Mon plan initial pour la semaine prochaine était le suivant: faire Toulon-Aix-en-Provence le jeudi matin, passer la journée à Aix avec mon amie Isa, dormir sur place dans un joli hôtel et repartir le lendemain pour monter à Bruxelles avec un combo TGV Aix-Paris puis Thalys Paris-Bruxelles. Problème: le vendredi sera un jour de grève où on s'attend à ce que très peu de TGV circulent, surtout sur l'axe Sud-Est, et je ne voulais pas me retrouver coincée à Aix une deuxième voire une troisième nuit sans hébergement. Donc, j'ai présenté mes excuses à Isa et lui ai dit que ça ne serait que partie remise, puis j'ai entrepris de déplacer mon Aix-Bruxelles du vendredi au jeudi histoire de faire Toulon-Bruxelles dans la journée.

mercredi 28 mars 2018

Mésaventures ferroviaires (1)





Hier, au retour d'une super excursion d'anniversaire que je vous raconte très bientôt, j'essaie de changer mon Bruxelles-Toulon prévu pour le 3 avril, premier jour de la grève des cheminots. Le numéro du service client est, bien entendu, toujours en dérangement. Sur la page concernée du site internet, on m'indique que mon billet n'est échangeable gratuitement que dans un point de vente SNCF, mais que sur internet, je peux annuler le billet initial à 94€, direct et en 1ère classe, puis racheter pour le 2 avril un billet de 2nde avec 2 correspondances pas pratiques pour la modique somme de 288€. Euh, non. A la billetterie internationale de la gare du Midi, où je me suis traînée exprès, on me dit qu'il ne reste plus aucun point de vente SNCF en Belgique depuis 7 ans. Au bord de la En pleine crise de nerfs, j'achète des billets de Ouibus pour faire un aller-retour à Lille le lendemain en bousillant une journée de travail. 

dimanche 18 mars 2018

"J'ai survécu à la soirée d'inauguration de Livre Paris", un témoignage poignant de notre envoyée spéciale




Jeudi midi, une heure avant le départ de l'Izy qui doit nous emmener à Paris où j'assisterai le soir même à l'inauguration de Livre Paris, je vérifie les billets achetés par Chouchou mi-janvier et imprimés la veille. 

Ils sont au départ de Paris Nord et à destination de Bruxelles. Bien entendu, non échangeables et non remboursables. 

vendredi 27 octobre 2017

Pas cool, Raoul




J'ai descendu la poubelle, fermé les volets, arrêté la chaudière, coupé l'arrivée d'eau et bien verrouillé la porte; je peux m'en aller l'esprit tranquille pour prendre le bus de 10h30, qui m'amènera à la gare plus d'une demi-heure avant le départ de mon TGV pour Paris. Comme ça, j'aurai le temps de m'acheter de quoi manger et lire pendant le trajet. Cool, Raoul.

mardi 3 octobre 2017

Comment j'ai failli ne pas passer mes vacances en Irlande




Soit un vol Bruxelles-Dublin décollant à 10h10, avec début de l'embarquement à 9h45. Comme nous avons déjà nos cartes d'embarquement et juste un bagage cabine chacun, il nous suffit de passer le contrôle de sécurité - très rapide depuis les transformations de l'aéroport de Zaventem il y a 3 ans - et d'aller nous affaler à notre porte d'embarquement. Je prévois donc de prendre la navette qui quitte Luxembourg à 8h et arrive à Zaventem à 8h30. Comme j'ai calculé large entre chez nous et Luxembourg, on chope même la précédente. Du coup, arrivés à l'aéroport, on se dit cool, on va en profiter pour prendre un petit-dej' digne de ce nom chez Exki, puis aller faire un tour au Relay et râler contre le niveau lamentable de la presse magazine. Ne cherchez pas, c'est une tradition. 

mardi 28 février 2017

Où je passe pour la fille qui abuse (alors que non)


Admirez ce splendide humérus

Fin janvier, pour la première fois, j'ai réussi à faire un exercice assez difficile à l'aerial yoga. Pour les gens qui font du fitness: vous voyez ce qu'est une planche latérale? Bien; maintenant, imaginez que vous la faites avec la jambe du dessus suspendue, par la cheville, à une hauteur équivalente à celle de vos genoux quand vous êtes debout, et qu'une fois en appui sur un seul bras, vous tendez la jambe de dessous en l'air devant votre buste pour attraper votre pied avec votre main du dessus. Et que vous restez comme ça pendant 3 à 5 respirations. Je galérais avec ce truc depuis septembre, et voilà que ça y est, j'y arrivais! Ma prof m'a même félicitée. 

Quelques heures plus tard, j'ai commencé à avoir hyper mal à l'épaule et au coude gauches chaque fois que je levais le bras. Je me suis dit: "Bon, tu as un peu trop présumé de ta musculature embryonnaire, c'est pas grave, ne force pas dans les jours qui viennent et ça va passer." Quand je suis malade ou souffrante, ma réaction par défaut, c'est d'attendre que ça guérisse tout seul. Comme je suis solide, ça marche en général assez bien.

Puis les jours se sont changés en semaines. Non seulement la douleur ne passait pas, mais elle empirait et remontait le long de mes cervicales. Je ne pouvais plus m'habiller, sortir mes cheveux de l'intérieur de mon manteau ou attraper quoi que ce soit sur une étagère sans frémir et grimacer. Quant à porter quoi que ce soit de plus lourd qu'un petit sac à main de ce côté-là, il ne fallait plus y penser. J'ai conclu que j'avais dû me faire une belle tendinite, et au bout d'un mois, je me suis décidée à aller consulter mon généraliste pour qu'il me prescrive des anti-inflammatoires. 

Mon généraliste m'a fait ce qu'on appelle un palm test et prescrit une radiographie assortie d'une échographie de l'épaule gauche, pour voir de quoi il retournait réellement. Le seul double rendez-vous disponible avant qu'il ne parte en congés plusieurs semaines tombait à deux jours de la date de remise de mon énorme trad (terminée, elle devrait faire dans les 1140 pages) et m'obligeait à me rendre dans une clinique de l'autre côté de la ville. Investissement: au moins trois heures du précieux temps qui me restait. Tant pis, je voulais en finir, recommencer à bouger normalement et à aller à l'aerial yoga - fût-ce sans retenter les planches latérales à l'avenir. 

Hier en fin d'après-midi, donc, j'ai vu un charmant radiologue qui m'a demandé de lui montrer dans quelles positions j'avais mal. Et là, grand moment de solitude. J'ai eu beau faire rouler mon épaule, tourner et plier mon bras dans tous les sens: rien. Nada. Nichts. Des nèfles. Même pas une petite gêne symbolique. Le gars a dû me prendre pour une illuminée qui aimait gaspiller son temps et l'argent de la sécurité sociale. Je me suis rhabillée en bredouillant des excuses incohérentes et j'ai filé avec mes radios où toute lésion brillait par son absence. Je me suis dit que bon, au moins, ce n'était pas une capsulite comme ma mère en a eu une, que j'échappais au combo intervention chirurgicale et immobilisation subséquente pendant un mois et demi, et que de toute façon, si le ridicule tuait, je serais déjà morte plus de fois que Kenny dans South Park. 

Après, je suis passée chez Sushi Shop m'acheter des makis pour fêter ça; je suis rentrée chez moi et une fois installée sur le canapé avec mon bidon plein de riz et un bon bouquin, je me suis rendu compte que j'avais de nouveau mal au bras. Surtout au coude, en fait.

Sérieusement, l'univers?

Bon, pour être honnête, la douleur est beaucoup moins forte que les semaines passées. Si je réfléchis bien, il me semble qu'elle a commencé à diminuer juste après la visite chez mon généraliste - sauf que comme j'étais hyper focalisée sur mon boulot, je n'y ai pas vraiment fait attention. Donc, je vais continuer à me ménager de ce côté jusqu'à ce que ça passe, point. Je serai Batman, un T-shirt mis à sécher au soleil ou même une banane pendant les cours d'aerial yoga, mais j'éviterai de me prendre pour les biscottos de Jean-Claude Van Damme jusqu'à nouvel ordre (et sans doute même après).

jeudi 23 février 2017

La semaine de la mort qui tue



D'ici mercredi soir prochain, je dois:
- traduire 174 pages d'inepties et en relire 300
- constituer le dossier comptable annuel pour mon association de gestion agréée (soit réunir, remplir, photocopier  et envoyer 12 milliards de documents diverzévariés)
- assister à l'assemblée générale de ma copropriété - où nous sommes censés voter le ravalement de façade de l'immeuble, auquel s'oppose une bonne moitié des gens alors qu'il y en a vraiment besoin
- aller passer une radiographie et une échographie de mon épaule gauche dans une clinique à l'autre bout de Toulon
- retourner voir mon généraliste sans rendez-vous (compter 2 à 3h d'attente pour sa consultation libre, car il est très populaire)

Bizarrement, je me suis réveillée à 6 heures ce matin et je n'ai pas réussi à me rendormir. Je ne suis pas du tout stressée, pensez-vous. 

Mais bon, je sais qu'en m'organisant bien, en me levant un peu plus tôt et en buvant deux fois plus de thé que d'habitude, ça passera. Et qu'après, je vais me sentir hyper libre et soulagée. 

Au mois de mars, je fais un aller-retour à Paris en semaine pour le boulot; je pars quelques jours à Lisbonne avec Chouchou puis en Suisse pour fêter les 40 ans de Lady Pops. Et je commence à bosser sur le deuxième tome d'"Archer et Bennett" de Candice Fox, qui contiendra peut-être quelques scènes bien gore mais qui devrait être globalement agréable à traduire si je me réfère à mon travail sur le précédent*. Les jours seront déjà plus longs; j'aurai le temps et la motivation pour recommencer à sortir un peu. 

Tout ce qu'il faut, c'est serrer les dents une semaine encore malgré ma fatigue générale et mon bras douloureux. 

Je peux le faire. 

(Je crois.)




mardi 22 mars 2016

Où je m'autorise une réaction égoïste



Je vous préviens tout de suite: ceci va être un billet profondément caliméresque. 

Cela fait maintenant cinq semaines que je suis en crise d'angoisse permanente, à mal dormir, à avoir tout le temps envie de pleurer, à lutter chaque jour pour ne pas m'écrouler. J'ai évoqué certaines des raisons ici, je préfère ne pas parler des autres, mais au fond peu importe. Depuis cinq semaines, je tiens en pensant aux quelques jours où nous devions aller en Suisse fêter mon anniversaire au bord du lac Léman, avec des amis très chers que nous voyons bien trop peu souvent. J'ai bossé comme une malade pour terminer la traduction du troisième Claire North aujourd'hui et passé une grosse heure hier soir à faire ma valise en chantonnant "Plus que deux dodos, plus que deux dodos!". Bien sûr, je craignais que le réveil ne sonne pas mercredi matin, ou que la navette de l'aéroport tombe en panne et qu'on rate notre vol, parce que j'avais trop besoin de ces quelques jours de vacances et que je ne pouvais pas m'empêcher d'imaginer tout ce qui pourrait venir les compromettre. 

La possibilité d'un attentat à Zaventem ne m'avait même pas effleurée. 

Pourtant, ce matin en me levant, j'ai découvert que deux explosions venaient d'avoir lieu dans le hall des départs, pile à l'heure où nous nous y serions trouvés si nous avions décidé de prendre un jour de vacances supplémentaire. Première pensée: "On l'a échappé belle". Deuxième pensée (quand même): "J'espère qu'il ne va pas y avoir trop de victimes". Puis j'ai vu une photo des dégâts, et je me suis dit: "Bon, ben pour la Suisse, c'est mort". 

Ne voulant pas faire une croix dessus si vite, j'ai regardé les tarifs des billets de train. Bruxelles-Lausanne, 312 euros l'aller simple par personne. Ah. Euh. Non. 

Après, il y a eu l'explosion à Maalbeek, près des communautés européennes, la fermeture du métro et de la gare Centrale, le relèvement du niveau d'alerte terroriste à 4, l'effet domino sécuritaire, l'impression d'entrer dans un long cauchemar. Les amis qui s'inquiètent sur Facebook, sur Twitter ou par texto. Le décompte des copains bruxellois: "Machine va bien, Truc aussi, tu as des nouvelles de tes nièces?". Chouchou qui tient quand même à aller à ses rendez-vous de boulot cet après-midi, et moi qui dois prendre sur moi très fort pour ne pas le supplier de rester à la maison. 

J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose dans la rue. Je sais, c'est peu probable, mais peu probable, c'est déjà trop. 
Je crains que ma soeur et sa famille renoncent à venir nous rendre visite pendant les vacances de Pâques, parce que Cahouète avait déjà été très choqué par les attentats du 13 novembre à Paris. 
Je ne parierais pas non plus sur ma tranquillité d'esprit dans les mois à venir. 
Je suis bien sûr extrêmement triste pour les victimes d'aujourd'hui (et toujours pas le moins du monde haineuse envers quelque catégorie de population que ce soit). 

Mais là, pour être honnête, je suis surtout en train de faire une fixette sur la malédiction des anniversaires ratés qui me poursuit depuis toujours. Entre ma grande-mère maternelle enterrée le jour de mes 20 ans, Lucrèce morte dans mes bras la nuit de mes 25 ans, les disputes homériques avec Chouchou pour mes 41 et mes 42 ans, et j'en passe... Pour mes 43 ans, j'avais contourné le truc en allant passer deux jours seule à Aix-en-Provence. Pour mes 44, j'avais organisé un week-end à Paris qui fut très réussi. Cette année, j'étais si impatiente de noyer la déprime des dernières semaines dans un caquelon à fondue, entourée d'amis que j'adore!

Je suppose que je devrais juste me réjouir d'être vivante: tout le monde n'aura pas cette chance. 

Si vous êtes à Bruxelles, prenez bien soin de vous et de vos proches.

samedi 6 février 2016

Le festival de la boulette


Je vous présente ma dernière traduction. 


A l'époque où mon planning de ce début d'année s'est brusquement vidé, j'ai paniqué un peu et fait savoir que je cherchais du boulot. Une éditrice et amie, qui avait besoin de faire traduire assez rapidement le tome 2 d'une série dont le traducteur du tome 1 n'était pas disponible à la bonne période, m'a envoyé un fichier .pdf pour que je voie si ça m'intéressait. J'ai parcouru quelques chapitres, trouvé ça sympa et dit OK. Je disposerais de quatre semaines pour traduire et relire 400 pages, ce qui était un peu chaud mais néanmoins jouable à condition de ne pas flâner en route. 

Le contrat signé, l'éditrice m'a envoyé deux livres-papier: le tome 1 en français et le tome 2 en anglais. Je voulais bien entendu lire le tome 1 avant de commencer, pour me mettre au parfum, mais juste avant cette traduction-là, j'en avais bouclé une autre en très peu de temps aussi, et j'avais envie de souffler. Donc, au lieu de lire le tome 1 le week-end avant d'entamer la traduction du tome 2, j'ai reporté au week-end suivant, en me disant que si j'avais fait des erreurs dans le premier quart, je les corrigerais à la relecture. 

La première semaine s'est très bien passée. Je suis rentrée tout de suite dans le style de l'auteur, je me sentais vraiment à l'aise. En plus, on devait garder le même contexte mais changer de personnage principal par rapport au tome 1, parce qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne, sa famille, son passé, ses motivations... Du coup, je me suis dit que comme le traducteur précédent avait établi un lexique, je pouvais sans doute me passer de lire le tome 1. Mais par conscience professionnelle, j'ai quand même voulu m'y mettre dès le vendredi soir, après avoir bouclé mon quota de pages pour la journée. 

C'est là que je me suis aperçue que le .pdf sur lequel je bossais (le seul dont je disposais, puisque par ailleurs j'avais des livres-papier) n'était pas celui du tome 2 mais du tome 1. Dont je venais de retraduire inutilement le premier quart. Tu m'étonnes qu'on faisait vraiment la connaissance de l'héroïne...

Il me restait 3 semaines pour traduire et relire 400 pages. Et je ne pouvais pas réclamer de délai, parce que l'éditrice avait déjà accepté de mordre d'une semaine sur son temps de relecture pour me permettre de faire la traduction en premier lieu. Moi qui suis tellement attentive aux détails d'habitude, je ne comprenais même pas comment j'avais pu faire une boulette pareille. 

Je me suis traitée de tous les noms d'oiseaux. Puis, au lieu de paniquer ou de me lamenter, j'ai mis au point un plan de bataille. J'ai redécoupé le texte en fonction du temps qui me restait, en faisant sauter les après-midi libres que je m'étais gardés pour boucler ma compta pro 2015 et remplir le dossier correspondant pour mon association de gestion agréée: je m'en occuperais le week-end, ou plus tard car j'avais un peu de marge. J'ai annulé tous les autres trucs que je comptais faire un jour de semaine pendant cette période-là - tant pis pour mes 10 000 pas par jour et mes promenades de santé. J'avais une boulette à rattraper, et une grosse.

La deuxième semaine, il faisait un beau temps d'hiver, froid mais sec et ensoleillé, ce qui me donnait très envie de sortir l'après-midi. J'avais énormément de mal à m'adapter au travail fait par le traducteur précédent: plusieurs termes importants de son lexique me chiffonnaient, mais j'étais obligée de les garder. Par ailleurs, le style que j'avais apprécié dans le (début du) tome 1 devenait ici franchement basique, avec beaucoup de répétitions et d'expressions vagues qui passaient en anglais mais pas en français, et quantité d'incohérences à corriger. Les boulettes de l'auteur venant s'additionner à la mienne - quel bonheur!

La troisième semaine, il faisait super moche, et j'avais très envie de passer mes journée à lire sous la couette avec un chocolat chaud. En plus, j'avais bien mal au ventre: j'ai d'abord cru que je couvais une gastro, mais au final, ce n'était sans doute "que" mon endométriose. Je tirais la langue un peu plus chaque jour devant mon ordinateur, mais arrivée au vendredi soir, j'étais toujours dans les temps.

La quatrième semaine, je me suis coincé un nerf sous l'omoplate droite en faisant des pompes (y'a pas à dire, le sport, c'est excellent pour la santé). J'ai tendance à traiter ce genre de bobo par le mépris, en me disant que ça passera tout seul, sauf que ça empirait au fil des jours et que je n'avais pas le temps d'aller voir un ostéo. Après avoir bataillé contre des incohérences de plus en plus tragiques, j'ai rendu ma traduction hier soir un peu avant 17h, en me retenant d'écrire dans le mail d'accompagnement à mon éditrice: "Je pense que ton homologue américaine était bourrée quand elle a signé le BAT". Puis je suis partie boire des cocktails pour oublier.

J'espère qu'il va bien marcher, ce bouquin. Franchement, je l'ai mérité.

mercredi 13 janvier 2016

Fluide négatif


Fiat gaz!

Parfois, j'ai un truc qui ne fonctionne pas sur mon ordinateur (beaucoup plus rarement depuis que je suis sur MacBook, mais tout de même). J'essaie les manoeuvres usuelles, et quand elles ont toutes échoué, j'appelle Chouchou à la rescousse. Il s'approche et commence à tenter les mêmes trucs que moi. Je râle: "Hé, tu me prends pour une noob ou quoi? J'ai déjà essayé et ça ne mar... Ah ben si, quand c'est toi qui le fais, ça marche". C'est aussi systématique qu'inexplicable. J'ai fini par conclure que j'avais un fluide négatif avec les ordinateurs. 

Parmi mes intentions pour cette année 2016, il y avait: remettre le gaz de ville à Monpatelin. Je vous explique. Un jour, les brûleurs de ma cuisine ont cessé de fonctionner. Je me suis dit que ma bouteille était vide, et je suis allée l'échanger contre une pleine à la station-service la plus proche. Sauf que même avec la nouvelle bouteille, bernique. Et que comme le gaz, c'est un truc qui me fout la trouille, je n'osais pas trop y toucher. Du coup, ça fait quatre ou cinq ans (oui, vous avez bien lu) que lorsque je suis à Monpatelin, je mange exclusivement des salades de crudités en été, des trucs préparés au four ou des plats Picard micro-ondés en hiver. 

Mais cette fois, j'en ai eu marre. Dimanche, j'ai pris mon courage à deux mains et affronté ma peur du gaz de ville. Pour endormir ma panique grandissante, j'ai commencé par sortir tout ce qu'il y avait dans le placard caverneux sous mes brûleurs: la bouteille, mais aussi des tonnes de brols rangés là "au cas où j'en aurais besoin un jour", et dont j'avais évidemment oublié jusqu'à l'existence, ainsi qu'environ un milliard de crottes de souris. 

Une heure de ménage et de poubellisation plus tard, mon placard était nickel, et je ne pouvais plus reculer. J'ai clipsé le détendeur sur la bouteille en appuyant sur le petit bouton vert. J'ai entendu le cliquetis indiquant que tout était en place. J'ai actionné le robinet bleu pour ouvrir l'arrivée de gaz. J'ai tourné le bouton d'un des brûleurs et approché une grande allumette (allumée, je précise, car certains de mes potes ont une haute opinion de mes capacités intellectuelles): rien. J'ai répété la manoeuvre avec tous les brûleurs, soufflé dans les trous au cas où la poussière les aurait bouchés: toujours rien. 

A ce stade, j'en avais vraiment ras-le-bol, alors j'ai contacté un plombier. De toute façon, j'envisageais de changer le robinet pourri de mon évier de cuisine et il fallait que je déménage le lave-linge dans la salle de bain, donc, je me suis dit que j'amortirais le déplacement. Le plombier m'a proposé de passer cette semaine pour faire un devis. Il avait dit 18h, il était à l'heure, ça commençait bien. Je lui montre ma bouteille et je lui explique le souci. Comme moi, il clipse le détendeur en appuyant sur le petit bouton vert. Comme moi, il actionne le robinet bleu. Comme moi, il tourne le bouton d'un des brûleurs et approche une allumette. Je commente: "Et là, vous voyez, il ne se passe..." Pouf. Les flammes bleues jaillissent. J'ai l'air d'une quiche géante. 

Le plombier est gentil: il ne fait aucun commentaire. Il regarde juste l'arrivée d'eau dans ma salle de bain pour vérifier que je n'ai pas confondu avec un moule à gaufres (à ce stade il doit penser que tout est possible), me dit qu'il m'enverra un devis pour le changement de mon robinet et repart après avoir passé moins de trois minutes dans mon appartement. 

Je suis humiliée, mais j'ai de nouveau une cuisine opérationnelle. Et visiblement, un fluide négatif au champ d'action beaucoup plus étendu que je ne le soupçonnais.