dimanche 6 juin 2021

La semaine en bref #178

 


Lundi:

 Mon 5ème test PCR est le plus douloureux de tous; j'espère vraiment que ce sera le dernier! (Par chance, la dame ne m'a ravagé qu'une seule narine et je peux toujours respirer du côté gauche. Petites bénédictions, tout ça tout ça.)

Ces deux semaines de repos m'ont fait beaucoup de bien; c'est gonflée à bloc que j'attaque la traduction d'un roman jeunesse décrit comme "un croisement entre La servante écarlate et Pacific Rim". Tout un programme. 

 Chouchou est triste et choqué d'apprendre la mort d'une adorable modèle qu'il avait photographiée plusieurs fois et avec qui il échangeait encore hier sur les réseaux sociaux. La dépression, cette saloperie qui fait basculer des vies en un clin d'oeil. 

Mardi:

 26°, sérieusement? Bon, ben on va ressortir les Chub Rubs...

 Comme c'est bon de filer en ville après le boulot! Même si aucune librairie n'a le bouquin que je cherche, que toutes les pharmacies sont en rupture de ma lotion Caudalie et que visiblement, y'a pas moyen de dépenser les sous gagnés à la sueur de mon front. Ah, et aussi: la librairie Brüsel a cédé la moitié de sa surface de vente à un magasin de bouffe japonaise. Après l'Amour Fou et le Yamato, les endroits qui ont marqué mes premières années à Bruxelles deviennent méconnaissables l'un après l'autre...

 A l'heure où on veut dîner, le Woodpecker a déjà fermé et le Dam Sum de Ste-Catherine pas encore ouvert, si bien qu'on finit au Menma qui n'était pas du tout mon premier choix. Mais le bouillon au yuzu de mes ramen est délicieux, et le temps qu'on sorte de table, il est encore assez tôt pour aller acheter la première glace de l'année chez Gaston. Cette pandémie aura au moins eu le mérite de relever très nettement mon seuil de contrariété.

Mercredi:

 Une collègue qui doit refuser un boulot urgent propose de me recommander à l'éditeur. C'est pour un petit bouquin de SF 9-12 que je pourrais intercaler dans mon planning, surtout si ça me permet d'accrocher un nouveau client, mais... j'ai moins besoin de sous que de repos en ce moment. Quand même, ça me fait super bizarre de laisser passer une opportunité pour une autre raison qu'un manque de temps ou de qualifications. 

 Le masque sous le menton, il rouspète parce qu'on ne peut toujours pas se faire la bise alors que tout le monde ici est déjà vacciné, sauf lui - n'étant jamais malade, il n'en voit pas la nécessité. Puis il passe un long moment à discuter avec sa collègue sans prêter la moindre attention aux gens qui attendent. Il ne faudrait jamais rencontrer les gens qu'on admire, surtout si on les admire pour l'humanité, la sensibilité et la délicatesse qui émanent de leur travail. 

★ Si vous croyez que la mini-série très acclamée avec Kate Winslet s'appelle "The mare of Easttown" et que vous vous attendez à voir une histoire de cheval, je vous préviens tout de suite: vous allez être cruellement déçu.e.

Jeudi:

 11,45€ pour renvoyer deux exemplaires d'un contrat de Bruxelles à Paris - sans parler du coût écologique de l'impression et du transport. Je voudrais bien que mes éditeurs se décident à accepter les signatures électroniques...

Vendredi:

 Alors que je tente de rentrer chez moi après avoir fait ma B.A. de la semaine, la SNCB m'annonce que mon train aura 45 mn de retard. Du coup, j'en prends un autre qui me laisse à la moitié du chemin, en me disant que je finirai en bus. Puis la STIB reprend la balle au bond et supprime tous les 80 jusqu'à nouvel ordre. WTF, le karma? 7 mn de trajet à l'aller, plus d'une heure au retour. Mais certes, l'essentiel, c'est que j'arrive à l'appart' avant le début d'un énorme orage. 

 Le soir, j'ai l'impression qu'un 38 tonnes conduit par un ex vengeur m'a roulé dessus plusieurs fois d'affilée. J'ai le dos en compote, et je suis absolument claquée. Le fait que toutes les autres bénévoles avaient l'âge d'être mes filles aurait peut-être dû m'alerter sur le fait que c'était une tâche très physique. 

Samedi:

 Les salles des restaurants ne rouvrent que le 9; il fait froid et et la pluie menace lourdement à Han-sur-Lesse en ce premier week-end de juin. Nous déjeunons emmitouflés sur la terrasse de Monsieur Wang, au pied d'un superbe cerisier dont les fleurs en plastique rose fluo planquent des ampoules électriques, en priant pour qu'aucune saucée ne vienne gâcher mon délicieux canard à l'orange et le non moins délicieux boeuf au poivre noir de Chouchou. 

 La visite des célèbres grottes dont de très belles affiches Art Déco clamaient autrefois qu'elles étaient "la plus grand curiosité naturelle du monde" (très loin à l'ouest, le Grand Canyon proteste énergiquement) est ma seconde sortie de zone de confort de cette semaine. Lundi, je postule pour un poste en open space. Dans les RH. 

 On tente le destin une nouvelle fois en s'installant au bord de la Lesse pour boire un verre. Il crachine doucement, mais la vue est très jolie, et la brume donne un charme certain au paysage. J'estime que c'est une météo à chocolat chaud, tandis que Chouchou opte pour un Schweppes et une portion de fromage - tellement copieuse qu'on dirait qu'elle est pour deux personnes. En accompagnement, des chips de pleurotes à huîtres qui me plaisent tant que j'en achète deux sachets à la sortie. 

 Vu la météo, je suis bien contente de dormir à l'hôtel et pas dans une des cabanes spartiates du domaine. Oui, ça me tentait de passer la nuit au milieu des animaux, mais pas sous une tente juchée en haut d'une plateforme. Je suis vieille et extrêmement attachée à la notion d'eau courante. (Par contre, je trouve que le Mercure local abuse sur les prix en regard de la taille des chambres et de leur peu d'équipement: même pas une petite table et une chaise, sérieusement? Trop pratique si on veut bosser ou prendre le petit déjeuner sans en foutre partout sur le lit.)

Dimanche:

 On voulait faire le tour du domaine à pied, mais on est tellement crevés tous les deux qu'on opte sagement pour la solution safari car. Alors, oui, on doit supporter les cris stridents des gamins de la rangée derrière nous. Mais quand je vois l'étendue du domaine, je me dis qu'il nous aurait fallu deux jours pour tout voir autrement, et qu'on n'était pas en état. Inconvénient: c'est moins pratique pour les photos d'animaux qu'on doit prendre à travers le grillage plutôt que du haut des plateformes qui permettent d'en avoir une vue non obstruée. On survivra. 


1 commentaire:

Sarah M a dit…

Je te lis depuis plusieurs années et ton commentaire "postuler en open space au service rh" m'a fait éclater de rire. Merci, ça fait toujours du bien de rire.
J'aime beaucoup tes résumés de semaine, c'est toujours très agréable à lire.