dimanche 3 janvier 2021

La semaine en bref #156

 


Lundi:

Longtemps j'ai été celle qui se réveillait nue et grelottante sur le coup de 5h du matin. Mais je dois me rendre à l'évidence: désormais, la moitié de couple qui s'accapare la couette dans son sommeil pour s'y enrouler tel un maki dans du nori, c'est moi. 

 Ma nouvelle Livebox est arrivée dans son point de retrait! En allant la chercher, on se perd dans les petites rues d'un quartier résidentiel, ce qui me donne l'occasion de voir le premier mimosa en fleurs de la saison. Et le soir, après une délicieuse pizza chakchouka, on peut enfin regarder "Dix pour cent" sans câble éthernet.

Mardi:

 La première fois que je suis venue à la Maison du Collectionneur pour une nuit, j'avais pris un petit sac à dos qui contenait une robe et une culotte de rechange, un T-shirt pour la nuit, une brosse à dents et du dentifrice, point. Là, je me trimballe une valise entière de robes cottage core, d'accessoires potentiels et de cosmétiques. Voyager léger ou faire des shootings photo: il faut choisir.

 La déco de la chambre des Italiens me plaît un poil moins que celle de la Madeleine Castaing où j'avais dormi cet été, mais la vue depuis le balcon est juste magnifique, et le soleil d'hiver beau à pleurer. Nous passons presque deux heures à tester des poses avec plus ou moins de succès: "C'est quoi ces mains ecclésiastiques? On dirait un moine." Méheu.

 Venir au Book in Bar sans pouvoir manger un scone, quelle torture! Je me console avec deux livres et un chocolat chaud à emporter que je bois assise sur la margelle de ma fontaine préférée, cours Mirabeau.

 Tout en me dirigeant vers chez Carré d'Artistes, j'explique à Chouchou mon dilemme du mois d'août, quand j'avais craqué pour deux tableaux très différents mais jugé déraisonnable d'acheter les deux. "J'ai suivi ton conseil habituel et pris le paysage côtier parce que c'était mon coup de coeur initial. Mais depuis, je repense souvent à ce portrait dont la vendeuse avait dit qu'il me ressemblait. Je doute qu'il soit encore là 5 mois plus tard; si jamais c'est le cas, ce sera le signe qu'il m'est destiné."

 A peine ai-je franchi le seuil de Carré d'Artistes que la vendeuse s'écrie: "Je vous reconnais; vous êtes venue cet été avec une amie et vous aviez craqué pour un tableau d'Abbondanzia! Justement, elle va bientôt quitter la galerie et je viens juste de remballer le portrait qui vous plaisait." Alors et d'une, cette dame est drôlement physionomiste, parce qu'entre le masque chirurgical et les grosses lunettes brunes carrées qui ont remplacé les rouges rondes avec lesquelles elle m'a vue en août, je me serais à peine reconnue moi-même. (Cela dit, je soupçonne le combo coiffure de champignon-démarche de stormtrooper de m'avoir trahie.) Et de deux: clairement, l'univers veut que j'achète ce tableau et que je termine 2020 sur une note de profonde satisfaction. Qui suis-je pour le décevoir?

 Après avoir héroïquement posé sans manteau et les bras à demi-nus devant la fontaine de la place d'Albertas, je décide qu'il est temps de rentrer. Nous commandons du chinois sur Uber Eats et savourons le fait d'être complètement seuls dans l'hôtel: les autres chambres sont inoccupées et la réceptionniste est rentrée chez elle. J'en profite pour faire une expédition ravitaillement thé-madeleines-mandarines à l'accueil sur le coup de 23h. On n'est pas bien là? Oh que si.

Mercredi:

 Bonheur de prendre un petit-dej copieux et délicieux dans la jolie salle à manger aux banquettes en velours turquoise, puis de remonter glander dans notre chambre jusqu'à l'heure du check-out. 

 A midi et demie, tous les bancs et les rebords de jardinières autour de la Rotonde sont squattés par des promeneurs en train de manger qui son sandwich, qui son burger-frites, qui sa part de pizza. Pique-nique urbain à grande échelle sous le soleil et dans le froid, un peu surréaliste mais non dénué de charme. 

 En déambulant au hasard, nous tombons sur l'hôtel de Boyer d'Eguilles transformé en mini-centre commercial: un immense magasin Aromazone, deux enseignes de fringues inconnues au bataillon, et au sous-sol... une sublime librairie que nous explorons longuement. Quand les restos pourront rouvrir, il faudra revenir y prendre un brunch. 

 Le prochain car pour Toulon est dans deux heures, mais nous sommes gelés et avons suffisamment marché. Nous rentrons donc à l'hôtel toujours désert; Chouchou se cale dans le canapé en velours rouge de l'accueil pour traiter ses photos tandis que je nous prépare un thé avec le nécessaire en libre service. La réceptionniste a laissé de la lumière et de la musique en sourdine, et finalement nous sommes mieux ici que dans un café - presque comme à la maison. 

Jeudi:

 La livraison DHL programmée pour aujourd'hui n'a pas eu lieu; bien entendu, je n'ai pas été informée d'un quelconque report. Pourvu qu'on ne se dirige pas vers une répétition de l'Ikeagate!

 Après deux très belles journées, ce réveillon est placé pour moi sous le signe du stress et de l'angoisse à cause du durcissement des restrictions d'entrée en Belgique pour les non-résidents. Le haut de mon dos - l'endroit de mon corps où s'accumulent systématiquement les tensions - est douloureux et noué comme du bois. Mon royaume pour un massage de M. Oh, que je n'ai pas vu de toute l'année avec ces conneries. 

Vendredi:

 Je n’ai même pas le courage d’appeler ma famille pour leur souhaiter une bonne année. Je voudrais juste dormir et me réveiller quand cette putain de pandémie sera terminée.

 "Les chroniques de Bridgerton", ça ne va pas être possible. Toutes ces histoires de riches dénuées de la moindre ironie intéressent Chouchou encore moins que moi. Nous tenons péniblement un quart d’heure du premier épisode.

Samedi:

 Ma mère au début de notre coup de fil hebdomadaire: "Je compte me faire vacciner dès que possible." Merveilleux, on va finir par en faire une personne sensée. La même, dix minutes plus tard: "De toute façon, les étrangers qui n'arrêtent pas de critiquer la France n'ont qu'à rentrer chez eux s'ils ne sont pas contents." ...Caramba, encore raté.

Dimanche:

 Il a plu toute la nuit et ça continue ce matin. Mais nous sommes hyper motivés pour aller chercher une brioche des rois à la boulangerie. Et comme le reste de Monpatelin a préféré rester au chaud et au sec, il n'y a pas du tout de queue devant le stand de cade, ce qui nous permet d'en acheter une barquette au passage. Miaaaam.

 Minä itken ja sipuli nauraa = je pleure et l'oignon rit. Que de cruauté chez le légume finlandais!


1 commentaire:

Isa a dit…

L'Univers étant joueur, je te parie que tu vas pouvoir rentrer en Belgique avec Chouchou et me narguer parce qu'il fera un temps sublime à Bruxelles pendant qu'ici on continuera à avoir une météo pourrie. C'est tout ce que je te souhaite en tout cas <3