dimanche 8 novembre 2020

La semaine en bref #148

 


Lundi:

L'OS de mon iPad a été mis à jour avant la nuit. Le nouveau comprend dans sa page d'accueil un widget qui indique combien de temps j'ai utilisé mon appareil dans la journée, en le décomposant entre réseaux sociaux, jeux, actualité... Je suis horrifiée de voir que mon total arrive à 5h40 en plus des heures passées sur l'ordinateur avec lequel je bosse. Pas étonnant que je ne lise presque plus, que je n'aie pas touché un pinceau depuis plus de deux mois et que je ne trouve pas la motivation pour me remettre au yoga!

Mardi:

L'héroïne de ma trad est enfermée dans un sauna à la température poussée au maximum par quelqu'un qui veut la tuer. A aucun moment elle ne pense à baisser le thermostat (qui certes n'a pas sa place dans un sauna traditionnel chauffé à la vapeur sur pierres chaudes), ni à utiliser le seau pour éclater la porte vitrée sur laquelle elle se contente de frapper avec ses petites mains, ni même à boire l'eau du seau en question pour éviter de se changer en Bolino. Puis, après qu'elle a été miraculeusement délivrée, elle sort se promener en short et brassière de sport dans une tempête de neige. Avec un instinct de survie pareil, je ne lui prédis pas une très longue existence. 

Je pensais que l'angoisse m'empêcherait de fermer l'oeil cette nuit, mais à 2h30, j'abandonne ma veille des médias américains, me couche et m'endors très vite, même si je doute d'apprendre une victoire incontestée de Biden au réveil. 

Mercredi:

"J'ai gagné, je vais saisir la Cour Suprême pour fraude." J'avoue: je m'attendais à l'un ou l'autre, mais pas aux deux en même temps.

 Première sortie depuis 8 jours, et première attestation puisque je n'étais pas en France lors du confinement printanier. Je la remplis sur mon iPad, je fais une capture d'écran du PDF, et roulez caddie! 

 Dans la rue principale de Monpatelin, quatre jeunes d'environ 14 ans marchent de front, masque sous le menton ou aux abonnés absents, en braillant à tue-tête: "Joyeux confinement non-confiné!" On n'est pas sortis des ronces, ma pov' Lucette. 

 Bien que je ne souffre pas du tout d'être enfermée chez moi (au contraire...), j'apprécie plus que jamais les échanges avec les petits commerçants du village. Surtout mon adorable primeur, qui insiste pour m'offrir quelques brins de persil croquant à mettre sur mes pommes de terre au four. 

 J'ai reçu ma robe verte Linen Naive. Elle est super froissée et je n'ai pas de fer à repasser; elle est également trop longue pour moi et ma retoucheuse n'a pas le droit d'ouvrir. En même temps, inutile de faire des frais de toilette pour traîner seule à la maison!

Jeudi:

 Chouchou commence à me manquer. C'est très bizarre de ne pas avoir la moindre idée de la date à laquelle on pourra se retrouver. 

Vendredi:

 Après les six premiers mois de pandémie qui ont semblé durer 6 siècles, la semaine des élections américaines qui semble durer un an. Et qui m'empêche de me concentrer sur mon boulot alors que je voudrais boucler ma trad en cours d'ici lundi. 

 Très déçue par le nouveau Sophie Anderson, que je trouve affreusement prévisible et "formulaïque". Où est passée l'originalité de ses deux romans précédents? Arrivée au milieu, j'abandonne "The castle of tangled magic" pour basculer sur le plus mature et plus noir "A deadly education" de Naomi Novik. Et là, par contre, j'accroche dès les premières lignes. 

Samedi:

 Vers 17h30, CNN et le NYT annoncent que la Pennsylvanie est tombée pour Joe Biden, et que celui-ci remporte donc l'élection. Liesse générale sur les réseaux sociaux. Au terme d'une année aussi difficile, ça fait un bien fou de se dire que les gens raisonnables ont repris l'Amérique aux fachos, et que leur prochain président ne nie ni l'existence du réchauffement climatique, ni la gravité de la pandémie.

 Maintenant, on va regarder Trump s'accrocher vainement à son job, puis se démener pour ne pas finir en prison. Oui, c'est un plaisir mesquin, et alors? D'ailleurs, ça commence  fort: ayant cru réserver le prestigieux Four Seasons Hotel de Philadelphie pour son discours du jour, son équipe se retrouve massée dans le parking d'un paysagiste homonyme. Que c'est bon de rigoler...

 C'est quand même assez bizarre d'être seule en un moment pareil. Je n'ai même pas une goutte d'alcool pour fêter ça. Pour la peine, je vais manger DEUX yaourts. Ouais, je suis une folle dangereuse.

Dimanche:

 J'ai probablement déjà traduit des bouquins qui contenaient autant d'incohérences que celui que je viens de rendre, mais aucun titre ne me vient à l'esprit là tout de suite. Je propose qu'on pende haut et court interdise l'écriture de thriller aux auteurs infoutus de tenir une chronologie ou de noter quelque part les faits marquants de leur intrigue afin de ne pas se contredire à trois chapitres de distance. 


7 commentaires:

Ann a dit…

Question: quand vraiment il y a matière, est-ce que tu rends en annexe à l'éditeur une liste des incohérences des bouquins que tu traduis? est-ce que c'est de bon ton ou est-ce que ce serait très malvenu? Bisous

ARMALITE a dit…

@Ann: Tu trouveras une réponse détaillée à la fin de ce billet
https://leroseetlenoir.blogspot.com/2020/02/comment-je-my-prends-pour-traduire-un.html

Karine a dit…

Deux yaourts ? Non mais ça sera quoi la prochaine fois? Un thé avec TROIS biscuits? Ou encore beurre ET confiture ?

ARMALITE a dit…

@Karine: Clairement je me suis engagée sur la pente savonneuse de la délinquance alimentaire.

Ann a dit…

Je suis vraiment désolée, je prendrai soin à l'avenir de relire ton blog avant de poser une question.

Morgan a dit…

Le parking d'un paysagiste homonyme... à côté d'un sex shop et d'un crématorium, en plus ! Les mecs essaient maintenant de faire croire que ce n'était pas une erreur mais un choix délibéré...

ARMALITE a dit…

@Ann: Euh ça n'était pas un reproche, je te fournissais simplement un lien vers l'endroit où se trouvait la réponse à ta question.